‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 188 sur 254 · THORACOCENTÈSE DANS LA PLEURÉSIE AIGUË · texte numérisé non relu

THORACOCENTÈSE DANS LA PLEURÉSIE AIGUË

Le lendemain, la pleurésie dont on soupçonnait la venue se révélait enfln par l'existence d'une raatité encore peu étendue, avec souffle très-évident et égophonie du côté gauche.

En même temps, le pouls était fréquent, la peau chaude et la température axillaire à 38 degrés.

On prescrit un large vésicatoire et de l'oxymel scillitique.

Les jours suivants, on pouvait suivre les progrès graduels de l'épanchement, et l'oppression qui, au début, avait été peu intense, augmentait au point que la malade ne répondait plus que d'une voix entrecoupée aux questions qui lui étaient faites.

Le 12 avril, la matité se percevait en arrière jusqu'au niveau de l'épine de l'omoplate, en avant, à partir de quatre travers de doigt au-dessous de la clavicule; il était évident que l'épanchement était considérable. La fièvre persistait avec 38 degrés le matin et 38',4 le soir.

Le 13, en raison des signes physiques et parce que la pointe du cœur était légèrement déviée à droite, M. Cadet-Gassicourt faisait observer à ses élèves qu'on aurait pu pratiquer la thoracocentèse ; mais, parce que la fièvre existait encore, que la pleurésie était dans sa période d'acuité, que l'épanchement datait d'une dizaine de jours seulement, il pensa que la résorption en était possible encore par des moyens médicaux, et peut-être dans un délai de quelques jours seulement.

En conséquence, il fit appliquer de nouveau un très-large vésicatoire, prescrivit une potion avec 4 grammes de teinture de digitale et le régime lacté. Ce jour-là même, la malade se sentit un peu soulagée.

Le lendemain, l'oppression était moindre, l'épanchement n'avait pas augmenté, la fièvre tombait et la température revenait à 37 degrés.

Du 15 au 17, on suivait de jour en jour et avec le plus grand soin la diminution graduelle de l'épanchement : la pointe du coBur revenait à sa position normale, et la respiration s'entendait dans une étendue de la poitrine chaque jour plus grande.

Le 18, la malade pouvait être considérée comme complètement guérie. Il n'y avait plus de symptômes généraux ; la respiration s'entendait dans tout le côté gauche, affaiblie, il est vrai, dans la PKTER. - CUn, méd. i. — **

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moitié inférieure, où persiste sans doute une couche épaisse de fausses membranes.

Trois semaines plus tard, la guérison ne s'était pas un seul instant démentie (1).

11 est difficile de trouver une observation plus probante : on savait la date exacte du début de la pleurésie, qui s'était développée à l'hôpital ; on en avait suivi les progrès quotidiens, et si M. Gadet-Oassicourt s'abstint volontairement de pratiquer la thoracocentèse, ce n'est pas qu'il ignorât l'existence de l'épanchement ni son abondance, bien au contraire, mais c'est qu'il savait, d'observation personnelle, qu'à cette période de la pleurésie aiguë rien n'est plus fréquent que de voir les vastes épanchements rétrocéder par le seul traitement médical convenablement dirigé. Et les événements firent voir combien ses prévisions étaient justes et sa conduite sage : en cinq jours, à dater de celui oii Ton discutait l'opportunité de la ponction de la poitrine, Vépanchement était résorbé. Que ceci vous serve de leçon !

Quand le liquidé ne se reproduit pa$, tout indique qu'il aurait pu disparaître par de tout autres moyens que la ponction de la poitrine. Celle-ci n'était donc pas nécessaire, la maladie pleurétique n'en a pas été notablement abrégée, et il n'y avait pas utilité à ajouter la chance mauvaise, si minime soit-elle, d'une opération à celles que crée déjà la maladie.

Quand le liquide se reproduit^ il faut ou ponctionner à nouveau, ou attendre que l'épanchement se résorbe, ce qu'il fait quelquefois; et alors à quoi bon la première opération?

Quand le liquide se reproduit en changeant de nature^ qu'au lieu de sérosité, c'est du pus qui s'est épanché, quel bénéfice le malade a-t-il eu de l'opération? et quels reproches le médecin n'a-t-il pas à s'adresser ! Nous le verrons tout à l'heure.

Puisque, en présence d'un épanchemenl pleurétique récent et alors qu'il y a fièvre ou un état aigu qui s'en rapproche, c'est-àdire alors qu'il y a hypérémie de la plèvre ou un grand état d'activité de celle-ci, on peut espérer que la séreuse sera capable de résorber spontanément le liquide ; et puisque, d'autre

(1) Observation recueillie par M. Hirna, interne du sarfica»

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