TRENTE-DEUXIEME LEÇON
LES PNEUMONIQUES
Saignée et pneumonie. — Vanité des raisonnements théoriques eontre Futilité de la saignée. — Diminution immédiate de la douleur, de la dyspnée et de la température. — La pneumonie et les pneumoniques. — Pneumonie rhumatismale.
Messieurs,
Vous avez été témoins, hier matin, d'un fait presque monstrueux ; TOUS avez vu saigner un malade dans un service de médecine! C'est que, «par un juste retour des choses d'ici-bas », à Paris, cette ville où, il y a un demi-siècle, on versait le sang bumain avec une si prodigue complaisance, à Paris la saignée est devenue chose à peu près inconnue. Pourquoi de telles exagérations en sens différent? et les vues théoriques qui motivent Tabstentioii actuelle sont-elles fondées ? C'est ce que nous examinerons tout à l'heure, mais, avant d'aborder le point de doctrine, voyons le fait qui le soulève.
Avant-hier est entré, au n" 19 delà salle Saint-Paul, un jeune homme de dix-neuf ans, garçon de salle, pâle, lymphatique et qui, le soir môme de son entrée, parut assez peu malade au chef de clinique. Le lendemain matin, les choses étaient bien changées ; le malade était très-pâle, mais de la pâleur asphyxique ; ses lèvres violacées ressortaient en vigueur sur le fond livide de son visage et le jeu de ses narines indiquait assez la dyspnée qui