I. Les lésions dont les effets nuisibles s'accumulent sont
1** Vinsuffisance mitrale combinée au rétrécissement aortique. En
(i) Voir, plus haut, VII« leçon, p. 111; et VlII» leçon, p. 167.
DES LÉSIONS PRÉTENDUES COMPENSATRICES. i€5
effet, dans ce cas, le reflux du sang du ventricule gauche dans l'oreillette, par le fait de l'insuffisance mitrale, est rendu plus considérable en raison du rétrécissement de l'orifice aortique. Vous remarquerez d'ailleurs que, le ventricule étant hypertropliié par suite du rétrécissement aortique, le reflux en doit être plus puissant encore ;
2* Le réiricissement aortique associé au rétrécissement mitrcj, ce qui n'a pas besoin de démonstration, puisque le sang, gêné pour entrer dans le ventricule, est gêné pour en sortir, a Cepetidant » , ajoute-t-on, sans prendre garde qu'on va se mettre en contradiction avec ce qu'on a dit du rôle providentiel de l'hypertrophie compensatrice, « cependant on remarquera que le ventricule gauche, recevant moins de sang et en lançant moins dans l'aorte, doit s'hypertrophier moins que dans le cas de simple rétrécissement aortique {i). »
Ce qui revient à admettre implicitement que, contrairement à des assertions antérieures, l'hj^ertrophie ventriculaire est un mal, puisque son moindre développement est donné comme un bon résultat de cette double lésion aortique et mitrale.
U. Les lésions associées dont les effets se neutraUsent ou se compensent seraient : 4» le rétrécissement mitral asiocié à V insuffisance aortique: 2» le rétrécissement mitral associé à l'insuffisance également mitrale.
i^" Le rétrécissement mitral, a-t-on dit (2), s'ajoutant chez le même individu à une insuffisance aortique corrige les fâcheux effbts de cette dernière lésion. — n G*est là, dit Raynaud, une des associations les moins rares et c'est relativement la plus heureuse ; car les effets* des deux lésions tendent à se compenser mutuellemenf : le rétrécissement mitral a pour conséquence ordinaire de diminuer la capacité du ventricule gauche ; l'insuffisance aortique tend à produire une énorme dilatation avec hypertrophie de ce même ventricule. Les dimensions de cette
(I) Raynaud, biouveau DtetUmnaire d$ médecine et de chirurgie pratiques, art. Cœur, Pathologie, t. VIII, p. 666.
( i) Bucquoy, Leçons sur les maladies du coeur ^ — Voir aussi Raynaud, hc, cit.