‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 73 sur 254 · THÉOHIE DES ACCIDENTS GR.WIDO-CARDIAQUES · texte numérisé non relu

THÉOHIE DES ACCIDENTS GR.WIDO-CARDIAQUES

équilibre instable ; tout leur est devenu, l'hiver, une occasion de bronchite congestive ou de congestion bronchitique ; mais enfin le cœur droit tient bon et le système de la grande circulation n'est pas touché.

C'est que ces deux dames sont privilégiées de la fortune, et qu'à cela près qu'elles n'aillent pas trop dans le monde, leur existence est à peine celle d'une valétudinaire. Mais voici un cas où la grossesse a été l'occasion du développement et de la persistance des accidents de la troisième période des aflFections du coeur. C'est chez cette pauvre femme également couchée à la Charité, au n« 25; celle-ci est atteinte d'insuffisance mitrale compliquée de rétrécissement. Vers le sixième mois de sa dernière grossesse, elle fut prise d'étouffements et de malaise tels, qu'elle dut garder le lit. Après ses couches, qui furent pénibles, elle dut reprendre sa rude existence de travailleuse et elle est définitivement arrivée à la phase des troubles de l'hématopoièse depuis six mois : la cyanose est considérable ; le nez, les oreilles et les extrémités sont livides et froids ; il y a des congestions du foie et des viscères abdominaux , un peu d'hydropisie ascite et un œdème considérable des membres inférieurs.

Maintenant, comment la grossesse peut-elle produire de pareils accidents au cas d'une maladie cardiaque préexistante ? Par une double raison, suivant moi : !• la masse totale du sang de la femme enceinte a augmenté, et cela par le fait même de sa grossesse ; 2« son ventricule gauche s'est hypertrophié,

l* Que la masse du sang ait augmenté chez la femme grosse , voilà qui n'a pas besoin d'être démontré à qui connaît la circulation utéro-placentaire. Alors, en effet, circule dans l'utérus et le placenta une quantité considérable de sang, inutile à la mère, uUle seulement au fœtus, auquel elle apporte les matériaux de son hématose et de sa nutrition. Et il est bien évident que cette quantité de sang, absolument adventice quant à l'organisme de la femme, et qui s'est ajoutée à la quantité du sang propre et nécessaire à celle-ci , il est bien évident que cette quantité s'accroît à mesure qu'augmentent le volume et par suite les besoins du fœtus. De sorte qu'elle est à son maximum au moment de

raccouchement et qu'alors Thémorrhagie qui accompagne la délivrance et qui, restreinte dans de certaines limites, n'entraîne pour la femme aucun symptôme d'anémie, n'est au fond qu'un fait phjsiologiquement nécessaire, un moyen qu'emploie la nature pour débarrasser immédiatement la femme du trop-plein sanguin, tout à l'heure encore destiné à son fœtus : c'eslrà-dire que la mère est alors tout à la fois délivrée de l'organisme parasitaire qu'elle nourrissait et du fluide qui servait à la nutrition de celui-ci, fluide qui, bien que circulant dans son propre système vasculaire, y circulait réellement en étranger et n'y pourrait persister sans y créer une pléthore plus ou moins périlleuse. 11 est vrai que la sécrétion lactée va dériver bientôt vers les mamelles ce qui reste encore de sang destiné au fœtus et continuer pour tout le temps de l'allaitement cette vie à deux, qui a commencé à l'imprégnation.

2** Mais, la masse du sang à lancer étant devenue plus considérable, les contractions du cœur doivent être plus énergiques, et le cœur doit s'hypertrophier consécutivement ; or c'est, en efl'et, ce qui arrive. Vous savez, messieurs, qu'il est une hypertrophie physiologique du cœur créée par la grossesse. Le fait a été démontré par les recherches d'un médecin très-distingué de Passy, le docteur Larcher.

11 est assez naturel, en eflfet, que, pour faire équilibre à la circulation utérine devenue beaucoup plus active, le cœur gauche s'hypertrophie proportionnellement à l'hypertrophie m^me de l'utérus. Ici il n'y a pas de doute ; les recherches de M. Larcher, confirmées parcelles de M. Blot, de M. Zambaco, nous ont appris que l'épaisseur des parois du ventricule gauche augmente d'un quart au moins, d'un tiers au plus, et qu'elle croît et décroît en môme temps que celle des parois utérines. Cependant j'avoue ne pas comprendre comment le ventricule droit ne participe pas, sinon également, au moins en partie, à ce travail d'hypertrophie, car il est bien évident que, chez la femme en état de gestation, la masse du sang qui circule n'augmente que pour les besoins du fœtus et que le plus urgent de ces besoins est l'hématose ; or l'hématose ne peut se faire que dans les poumons maternels : il faut donc que tout le sang destiné au fœtus aille dans le système

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