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ÉLECTRISATION DANS LES MALADIES DU CŒUR

fôre suivant la direction du courant : les courants centripètes déterminent un resserrement des artérioles ; les courants centrifuges, au contraire, en provoquent la dilatation. Enfin, on obtient toujours le resserrement des vaisseaux en électrisant le sympathique, même avec un très-faible courant (1).

Eh bien , c'est cette action de l'électricité sur les muscles des vaisseaux ainsi que sur le sympathique qui les anime, que je voudrais voir utiliser dans le traitement des maladies du cgeur. 11 y a là, je crois, un moyen de soutenir ces muscles vasculaires — dont le rôle est si puissant et neutralise pendant si longtemps les fâcheux effets de la lésion du cœur — et de retarder leur asthénie^ qui commence la déroute de la canalisation vasculo-cardiaque.

On pourrait appliquer les courants continus au cou, sur les ganglions cervicaux du sympathique et le long de la colonne vertébrale. Dans ce dernier cas, on exciterait les vaisseaux par l'intermédiaire de la moelle, d'où le sympathique soutire son innervation ; et les expériences de Thiry et Ludwig ont fait voir l'action des nerfs splanchniques sur la tension vasculaire.

C'est là un projet que je me propose de mettre à exécution ; mais vous comprenez qu'il faudra du temps et d'assez nombreuses observations pour pouvoir conclure. En tout cas, l'expérience est rationnelle et n'a rien de périlleux. On ne saurait en dire autant de l'électrisation directe du cœur par les courants induits : chez un de ses malades, M. Duroziez avait comme tétanisé le cœur, et le plus faible courant produisait des accidents. Moi-môme, j'ai toujours vu l'application du rhéophore sur le plexus cardiaque, à la région stemale supérieure, déterminer une souffrance trèsvive et produire une sensation immédiate de suffocation. Il n'en était pas ainsi de l'application de ce même rhéophore à la région précordiale, en le promenant de la base à la pointe du cœur : en général, le pouls, étant presque filiforme avant l'électrisation, devenait plus fort pendant et surtout après l'électrisation du cœur à la région précordiale, par un courant d'induction.

Quelques mots maintenant sur un sujet trop négligé par les au-

(I) Oûimus et Lcgros, DraUé d'électricité médicafe, 1872, p. 728 et suiv. VBTKti. — Clin, méd, i. — 17

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leurs, je veux dire Vhygiène au cas de maladie organique du cœur. Il y a cependant là quelques bons conseils à donner.

L'individu atteint d'une lésion orique ou valvulaire n'est pas d'abord ni toujours un malade : il va, vient, participe à la vie commune et joue quelquefois un rôle social très-important. Mais, s'il n'est pas un malade, il est, de par sa lésion, dans un état d'imminence morbide continuelle : un acte physiologique exagéré ou émouvant l'expose à des accidents, surtout si sa lésion est cardio-aortique, auquel cas l'éveil peut être donné à la névrose cardiaque.

L'hygiène d'un malade du cœur peut se résumer en peu de mots : éviter tout ce qui est susceptible de stimuler le cœur outre mesure, soit physiquement, soit moralement; suivre un bon régime diététique, tonique et réparateur sans être excitant; éviter l'anémie ; soutenir les forces du cœur et celles des vaisseaux.

S'il s'agit d'un enfant, dont le cœur et les vaisseaux peuvent lutter si longtemps avec efficacité contre la lésion orique ou valvulaire, vous déconseillerez les jeux trop actifs, la course, le saut, la danse, la gymnastique, l'équitation, la natation, les bains froids, oti l'on reste trop longtemps volontiers, les bains de mer prolongés. Vous conseillerez, au contraire, un exercice modéré, des lotions, froides chaque matin pour tonifier les vaisseaux de la périphérie, lotions à l'eau marine dans la saison des bains de mer, le séjour alors sur la plage, en évitant le froid humide. L'usage modéré d'un instrument à vent, ou le chant, ne peut qu'être bienfinisant, en produisant un déplissement vésiculaire plus complet, facilitant la circulation de l'hématose et contre-balançant ainsi la tendance à l'hypérémie passive des poumons. Vous conseillerez plus tard une profession qui n'entraîne ni une vie trop sédentaire ni une vie trop active ou trop émouvante. Que votre jeune client ne soit ni médecin, ni avocat, ni marin ; qu'il se fasse notaire ; qu'il entre dans une administration du gouvernement, on ne s'y fatigue guère (les Postes exceptées) ; certaines professions industrielles loi sont également ouvertes.

Le mariage, pour le jeune homme atteint d'une affection cardiaque, est préférable au célibat : c'est un frein aux passions. Au

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