‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 98 sur 254 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

L'ENDARTÉRITE

ET

Rôle physique de l'etadartère et sa texture presque physique. — Causes physiques ;de ses altérations : choc, fatigue et usure. — Loi des diamètres, loi des courbures, loi des éperons, loi des violences extérieures, — Vieillesse; ce que c'est. — Alcoolisme, vieillesse anticipée. — Diathèses; sont des tempéraments morbides : mauvaise qualité primitive des tissus et spécialement des tissus épithéliaux dans ces cas; leur caducité et leurs altérations précoces : goutte, rhumatisme, scrofule, syphilis.

Messieurs,

Nous avons vu dans la leçon précédente que trois grands systèmes de canaux traversent notre organisme : deux pour le mettre en rapport avec le monde extérieur, le troisième pour le mettre de partout en rapport avec lui-même. Les deux premiers systèmes sont destinés à livrer passage à des corps étrangers. Pour l'un, c'est l'air et les particules qu'il tient en suspension; pour l'autre, ce sont les matières alimentaires de nature si variée. Le troisième est parcouru par le sang. (Je ne parle pas ici des systèmes secondaires, qui sont des canaux d'émonction.)

Les deux premiers systèmes avaient à la fois à se défendre contre le contact des corps étrangers et à modifier ceux-ci. La membrane muqueuse respiratoire avait seulement à lutter contre l'état tbennométrique et bygroscopique de l'air ; elle avait à ré-

«78 ENDARTÉRITE ET BÉOÉNÉRESCENCES ARTÉRIELLES.

sister à la dessiccation qu'aurait produite à sa surface le passage continuel du gaz respiré ; aussi est-elle incessamment lubrifiée, et la seule modification qu'elle fasse subir à cet air est-elle toute physique : dans l'état normal de la respiration, elle l'échauffé et l'humecte, s'il est froid et sec ; l'échaufife seulement, s'il est froid et humide; de telle sorte que l'air arrive aux vésicules pulmonaires dans un état convenable de température et d'humidité. Il s'ensuit que la muqueuse des voies respiratoires est d'autant plus fournie de glandes et de vaisseaux qu'elle est située plus haut dans ces voies, c'est-à-dire qu'elle subit le premier contact de l'air. Telle est la raison de la richesse en glandes et en vaisseaux de la membrane de Schneider qui tapisse Ventrée des voies aériennes, et qui contient une multitude telle de ces glandes qu'en certains points son épaisseur est de 2 à 5 millimètres, et une telle quantité de réseaux veineux que le tissu en est en quelques parties comme caverneux (1). Telle est aussi la raison subsidiaire dès anfractuosités des fosses iiasales et des cavités des sinus de ces ibsses, ob. tout est calculé pour multiplier les surfaces et prolonger le contact entre la muqueuse et l'air, de façon à échauffer et humeoter celui-ci.

Des conditions analogues s'observent au larynx, qui est comme une seconde entrée des voies de l'air, et où se retrouve encore une notable quantité de glandes en grappe (â).

Enfin, ces glandes disparaissent dans les ramuscules bronchiques, qui n'ont plus que 2 à 3 millimètres de diamètre (3), l'air s'étant suffisamment humecté dans ce long trajet parcouru et n'étant plus désormais offensif pour les vésicules ; de telle façon que les glandes muqueuses n'ont plus de raison d'être»

Qu'une entrave soit apportée à l'accomplissement normal de la respiration, qu'un coryza habituel rende ordinairement imperméables les voies nasales, ainsi qu'il arrive aux enfants scrofùleux» et l'air pénétrant alors, non modifié, par une entrée qui ne lui est pas destinée, la bouche, frappe directement et brusquement la muqueuse de la langue, du voile palatin, des amygdales et du

(1) Kœlliker, Eléments d^histologk humame^ 1856, p. 715. [%) M., éid., p. 510.

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