‹ Leçons de clinique ophtalmologiqueChapitre 24 sur 28 · DOUBLE ATROPHIE OPTIQUE AVEC AMAUROSE TOTALE · texte numérisé non relu

DOUBLE ATROPHIE OPTIQUE AVEC AMAUROSE TOTALE

veaux moyens, injections de suc testiculaire et autres, sont loin d'avoir remplacés.

DOUBLE ATROPHIE OPTIQUE AVEC AMAUROSE TOTALE A DROITE, HÉMIANOPSIE TEMPORALE ET AMBLYOPIE A GAUCHE; ORIGINE NASALE.

Vous venez de voir un malade de trente-deux ans, bien portant d'apparence, et qui depuis six mois, sans aucun trouble encéphalique, a constaté l'abaissement progressif de sa vision. Le goût, l'ouïe, l'odorat sont intacts. Jamais de douleurs de tête, ni de vomissements ; rien à noter du côté de la sensibilité ni de la motilité générales. Aucun autre antécédent qu'une rougeole étant enfant; jamais de syphilis. Depuis de longues années, il est sujet à du catarrhe nasal, avec croûtes desséchées et ozène. Pendant son service militaire, il fut sujet à des épistaxis répétées provenant sans doute d'altérations de la muqueuse. L'examen rhinoscopique fait, à ma demande, par le Dr Castex lui a révélé les lésions caractéristiques de l'ozène, plus accentuées à droite, avec disparition presque totale du cornet inférieur. Pour notre confrère, les divers sinus seraient indemnes, mais je fais des réserves pour le sphénoïdal,dontl'exploration est difficile, au point que le diagnostic se fonde le plus souvent sur des signes subjectifs, en particulier la douleur ressentie par le malade vers la région sous-occipitale, qui me semble un symptôme peu pathognomonique»

Actuellement, l'œil droit est entièrement amaurotique, au point de distinguer à peine le jour de la nuit; l'œil

gauche est le siège d'un scotome hémianopsique temporal, avec réduction du fonctionnement de la macula, l'acuité visuelle s'étant abaissée à 1/30, sans rétrécissement périphérique de la partie nasale de son champ visuel ; sens chromatique conservé.

A l'ophtalmoscope les deux disques optiques sont blancs et atrophiés, en apparence au même degré, ce qui ne doit pas vous étonner, car, en pareil cas, l'examen fonctionnel prime l'ophtalmoscope. Un détail très important à noter, c'est la délimitation exacte des bords de la papille, où l'on aperçoit nettement l'anneau scierai, sans bavures blanches d'aucune sorte vers les parties attenantes de la rétine, caractère qui, joint à la netteté de l'image des vaisseaux centraux, réduits de volume, il est vrai, mais nulle part interrompus, ni accompagnés de liséré blanc sur le côté, prouve qu'il s'agit ici d'une atrophie simple, non précédée d'inflammation des nerfs. De là à chercher la cause de cette atrophie dans une compression du tronc nerveux, il n'y a qu'un pas. Or, en l'absence de tout signe de lésion dans l'orbite et le crâne, puisqu'il n'y a ni exorbitis ni signes encéphaliques d'aucune sorte, nous devons invoquer une autre étiologie. ,

Nous avons établi que le sujet est un ozéneux avec lésions osseuses (destruction du cornet inférieur); rien n'empêche donc de supposer qu'il puisse y avoir chez lui une sinusite sphénoïdale, principalement du côté droit.

Vous n'ignorez pas les rapports intimes qui existent entre le nerf optique au moment où il traverse la base du crâne et le sinus sphénoïdal. Pour vous en convaincre, il vous suffit d'ouvrir cette cavité ; vous verrez que le canal optique y fait saillie par toute sa demi-circonférence inféro-interne, et que même chez des sujets âgés, le

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