TRAITEMENT DE L'ULCÈRE DE L'ESTOMAC
adoptée d'une façon exclusive, mais que, selon les cas, elles doivent être tour à tour invoquées; aussi tous les traitements sont-ils dirigés non contre la cause première, qui nous échappe, mais contre les symptômes déterminés parla perte de substance des parois de l'estomac.
Les symptômes qui résultent de la présence de cet ulcère sont les suivants : vomissements d'une part (1), et souvent vomissements de sang dus à l'ouverture de vaisseaux plus ou moins importants ; douleurs parfois très vives (2) , avec accès ; d'autre part, enfin, perforation des parois et les conséquences fatales qui en résultent. Tels sont les trois points principaux de l'histoire pathologique de l'ulcère. Ajoutons à ce propos que l'ulcère, s'il peut amener la mort, peut aussi guérir, et cela dans la moitié des cas (3).
Do l'uleôre de l'ostomac.
(1) D*après Leube les vomissements ne constitueraient pas la règle dans Tulcèrc de Teslomac et ne se montreraient que dans le quart des cas. Ces vomissements sont glaireux et se produisent pendant les crises dooloureuses. Cependant il est des cas où ces vomissements sont incoercibles et empêchent toute alimentatation.
Souvent il y a vomissement de sang. D'après Mûller, dans 120 cas d'ulcère de l'estomac on aurait observé rhématémèse 35 fois ; l'hémorragie peut être considérable et entraîner la mort subite, ou bien se reproduire k intervalles assez rapprochés pour amener une anémie grave et mortelle.
Il y a souvent du mélœna, mais ce dernier est beaucoup plus fréquent dans l'ulcère du duodénum.
(2) La douleur de l'ulcère rond est
caractéristique et Brinton l'a bien décrite, elle est cuisante et rappelle la sensation de brûlure ; elle est augmentée par l'alimentation; elle se présente par crises et a des irradiations dans l'hypocondre et l'épaule gauche ; son point maximum est à l'appendice xyphoïde. Gruveilher a décrit un point dorsal qui correspond au point xyphoïdien et qui donne à la douleur la sensation d'un corps pénétrant à travers la base du thorax (a).
(3) Nous ne pouvons mieux faire que de donner les chiffres fournis par Brinton, et qui résultent de ses propres observations. Sur iOO cas, il a trouvé :
Cicatrisation 56 cas
Perforation 13 —
Hémorragie 4 —
Consomption 2 —
Indéterminés 25 -—
(a) Brinton, On the Pathology. Sympionê and ireaimenl of ulcère of the Stomach.y 1857.
d'ar'rnt.
i92 LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
Que peut faire le médecin pour calmer ces symptômes et hâter la cicatrisation de l'ulcère? Il peut employer un traitement pharmaceutique et un traitement diététique, et, bien que ce dernier constitue le meilleur et peut-être Tunique moyen de guérison, permettez-moi de vous exposer d'abord rapidement les agents pharmaceutiques dont vous pouvez faire usage. Ils ont deux buts : les uns prétendent agir localement sur Tulcère pour amener sa cicatrisation; les autres sont destinés surtoutàcombattre les accès douloureux si vifs qui se produisent.
Da nitraio Lcs prcmîcrs sontdebeaucoup les plus nombreux : en première ligne se trouvent les sels d'argent, et particulièrement le nitrate d'argent. Frappés des bons effets des cautérisations légères faites avec le nitrate d'argent sur les ulcérations cutanées, quelques médecins ont pensé que ce sel modifierait avantageusement la surface de l'ulcère et amènerait la cicatrisation; aussi voyons-nous Trousseau, Gros, Schûtzenberger (a) préconiser l'usage des pilules de nitrate d'argent de 1 centigramme, pilules dont on élevait la dose progressivement jusqu'à dix pilules. Fleming a été plus loin et a proposé d'injecter, au moyen d'une sonde œsophagienne, une solution de nitrate d'argent directement dans l'estomac.
Je partage absolument, à l'égard de cette médication par les sels d'argent, l'avis de Brin ton. Ce dernier la croit, en effet, inefficace dans la cure de ces affections, et affirme que, si on a noté des guérisons par ce moyen, c'est simplement parce qu'on usait concurremment du régfme lacté, qui est capable à lui seul de les produire. D'ailleurs, il est difficile de limiter l'action du nitrate d'argent à la surface même de l'ulcère.
(a) Trousseau, Clinique médicale de P Hôtel-Dieu de Parit, 1" édit., t. II, p. 409. — Gros, Union médicale^ 1857. — Schiitzenbcrgcr, Ga%elte médicale de SlratbouTQy 1856. — Floming^, New Mode of treating êevere Dyipepsiaand chronic Inflammation of the Stomach [Med. Times and Ga%,y 1859, t. I", p. 108).