‹ Leçons de clinique thérapeutique; (volume 2)Chapitre 27 sur 48 · TRAITEMENT DE L'ULCÈHE DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'ULCÈHE DE L'ESTOMAC

Luton, en se basant sur les bons effets obtenus, dans le dh pertraitement des ulcères de mauvaise nature, par l'action "^ "Jl"'* "^ modificatrice profonde du perchlorure de fer, a conseillé ce moyen dans le traitement de Vulcm rotundum de Testomac. II administre, trois ou quatre fois par jour, 10 gouttes de perchlorure de fer dans un quart de verre d'eau sucrée.

C'est pour la même raison que Bonnemaison (de Tou- »« 8o«»louse) (a) a conseillé le sous-nitrate de bismuth à très haute bismuth.^ dose. Ce médecin se guidait sur les importants travaux de Monneret, pour administrer dans ces cas de 70 à 80 grammes de sous-nitrate de bismuth en vingt-quatre heures.

Je ne vous parlerai que pour mémoire du sulfate de fer proposé par Abercrombie et de la laitue vireuse que Cazin (de Boulogne) (1) a aussi administrée dans ces cas et j'arriverai au traitement de l'ulcère de l'estomac par le chloraf.

C'est Ch. Hertzka (de Buda-Pesth) qui a le premier pt^éco- DucLbrai. nisé l'emploi de cette substance dans la cure de la gastrite ulcéreuse, se basant en cela sur les résultats que j'avais obtenus par l'application externe du chloral dans le traitement des ulcérations de mauvaise nature.

Malheureusement le chloral est irritant par lui-même, et je vous ai déjà dit que son usage longtemps prolongé était une cause d'inflammation catarrhale de Pestomac ; c'est ce qui fait que, dans bien des cas, cette médication ne peut être conseillée. Et ce que je dis du chloral, on peut l'appliquer

(1) Cazin administrait d'abord qu'il faisait prendre en deux fois

10 centigrammes d'extrait de laitue dans la journée, et cette dose fut

Tireuse dans un peu d'eau sucrée, môme portée à 15 grammes après

et il arriva ainsi progressivement, quarante-cinq jours (b). en six jours, à la dose de l^'âS

(a) Bonnemaison, Du traitement de Vulcère simple de Vestomac (Essai de clinique médicale. Toulouse, 1874). — LnioUy Nouveau Dictionnaire de médec. et de chirurg., art. Estomac. — Lufon, De Vulcère de Vestomac {fiull. de la Soc, méd. d'observation, 1858). — Hertzka, Bull, de thérap., t. XCIV, p. 193, 1878.

(6) Cazio, DulL de thérap.j 1858.

m LEÇOiNS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

à tous les modificateurs locaux irritants, que je viens de vous décrire et que l'on a conseillé dans la cure de l'ulcère simple de l'estomac.

Des prépa- Sovcz douc très réservés dans l'emploi de ces médicaments

rations *

opiacées, modificateurs ; vous le serez moins dans l'usage des préparations opiacées, qui atteignent un triple but: d'abord de combattre les crises douloureuses, quelquefois si violentes dans le cours de la maladie, puis de calmer les vomissements, et enfin de dominer la sensation de la faim et de permettre ainsi de maintenir le malade à jeun pendant quelque temps.

Brinton, et plus récemment Gallard (a), ont montré les bons effets des médicaments opiacés. Vous vous servirez des gouttes noires anglaises, ou des gouttes blanches, ou de ces mélanges de poudres inertes, mélanges dont je vous parlerai à propos des névroses de l'estomac. Mais à coup sûr la morphine est la médication qu'il faut surtout ici recommander puisqu'on peut l'administrer par la voie hypodermique et par conséquent sans fatiguer l'estomac.

A côté des préparations opiacées nous devons placer aussi deux médicaments : l'eau chloroformée saturée d'une part, la cocaïne de l'autre. Très recommandée par Lasègue, dans la cure des douleurs stomacales, l'eau chloroformée peut trouver son application pour combattre les phénomènes douloureux provoqués par l'ulcère simple, mais, même étendue de moitié, cette eau est un peu irritante et les malades la supportent avec peine.

Il n'en est pas de même de la cocaïne, qui est toujours bien tolérée et qui, en anesthésiant la muqueuse de l'estomac, apaise les douleurs et diminue les sensations de faim. Vous pourrez donc user de cette cocaïne et donner par

(a) Gallard, Du traitement de Vulcère simple de Cettomae (Bull, de thcrap., t. XCII, p. 1, 1877).

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