TRAITEMENT DE L'ULCÈKE DE L'ESTOMAC
exemple toutes les deux heures deux cuillerées à soupe de la solution suivante ;
2C Chlorhydrate de cocaïne. .... 0.50 centigr.
Eau 300 grammes.
On a aussi conseillé, pour combattre les douleurs et les vomissements, Temploi de révulsifs énergiques : vésicatoires, cautères, cautérisations au fer rouge, etc. Je pense qu'il faut être prudent dans l'emploi de ces moyens, dont l'action favorable n'est pas, du reste, absolument démontrée.
Tout autre est le but que s'est proposé Debove dans le dm traitement de l'ulcère de l'estomac. Se basant sur ce fait **'^**"*' que dans l'ulcère de l'estomac il y a toujours une exagération dans l'acidité du suc gastrique, ce médecin a songé à employer dans la cure de Vulcm rolundum les alcalins à haute dose, alcalins qui ont pour but de neutraliser complètement cette acidité et de faire en sorte que les aliments ne subissent que la digestion intestinale. Les faits de guérison par cette méthode thérapeutique sont encore trop peu nombreux pour que nous jugions sa valeur, mais on est en droit de se demander si l'introduction d'une grande quantité de sels alcalins dans l'économie (30 à 40 grammes par jour) ne peut pas avoir de sérieux inconvénients (a).
Mais avant d'aborder le régime diététique qui constitue la du larago thérapeutique la plus active de Tulcère simple de l'estomac, icsitLac. il faut que nous discutions ici la valeur du lavage de l'estomac, dans la cure de cette affection. Nous sommes ici en présence de deux opinions diamétralement opposées, les uns voulant que l'on pratique le lavage dans l'ulcère simple de Feslomac, soutenant que par ce moyen on active la cicatrisation de la muqueuse ulcérée, les autres repoussant com-
(a) Debove, Du traitement de Vuleère de Peitomac {Soc. méd, des hôpitaux, 1884).
plètement cette pratique, parce que, pour eux, elle exciterait les contractions de Testomac et favoriserait les hémorragies par les mouvements qu'elle imprime à la surface ulcérée.
Je crois, pour ma part, que la vérité est entre ces opinions extrêmes, et que le lavage, à certaines périodes de l'ulcère de l'estomac, peut donner de bons résultats, tandis que dans d'autres il peut devenir funeste. Je m'explique : lorsque l'ulcération est à ses débuts, qu'aucune hémorragie ne s'est encore produite et qu'il n'existe que ces douleurs si vives compliquées de vomissements, qui se montrent au début de cette affection, on peut intervenir utilement avec le lavage, et en particulier en employant ces laits de bismuth dont je vous ai parlé.
C'est surtout aux périodes terminales de Tulcère, lorsque le travail de cicatrisation se produit et que les hémorragies ont cessé que le lavage peut rendre de grands services. Paice nettoiement de la muqueuse et de la surface de l'ulcère, on empêche le séjour de particules alimentaires qui, par leur présence, gênent la cicatrisation et irritent la surface de l'ulcère. Et, de même que nous voyons les plaies ulcéreuses de la peau se guérir sous l'influence de lavages ou de pansements souvent répétés, de même aussi les ulcérations de la muqueuse de l'estomac subissent, sous l'influence de ces mêmes moyens, d'heureuses modifications.
Mais le lavage devient dangereux lorsqu'on veut agir immédiatement après les hématémèses ; il*est à craindre que, par ce moyen, on ne provoque de nouveaux vomissements de sang, soit en détachant trop promptement des caillots obturateurs, soit en provoquant de nouvelles contractions de l'estomac. Depuis quelques années j'ai pratiqué très souvent le lavage de l'estomac dans les cas d'ulcère, et je m'en suis toujours bien trouvé lorsque j'ai suivi scrupuleusement les règles que je viens de vous tracer.