‹ Leçons de clinique thérapeutique; (volume 2)Chapitre 29 sur 48 · THAITÎIMENT DE J/ULCÈRE DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

THAITÎIMENT DE J/ULCÈRE DE L'ESTOMAC

H est surtout des cas où le résultat a été véritablement merveilleux ; c'est lorsqu'il s'est agi de ces gastrites ulcéreuses encore mal connues au point de vue de leur anatomie pathologicfue, et où il n'existe pas de ces ulcères profonds qui coupent comme à l'emporte-pièce les différentes couches des parois de L'estomac, mais de simples érosions de la muqueuse, qui s'accompagnent de vomissements sanguins très peu abondants et où la présence du sang n'est indiqué? que par une coloration légèrement noirâtre des matières vomies. Ce lavage de l'estomac a aussi un autre avantage ; c*est qu'il permet l'alimentation du malade. En effet, vous pouvez, par le siphon, après avoir nettoyé et pansé la muqueuse de l'estomac, introduire une certaine quantité de lait, et même, si vous craignez que la masse de lait soit trop considérable, vous pourrez faire un mélange de lait et de poudre de lait, comme le pratique Debove, cette poudre de lait augmentant dans de très notables proportions la valeur nutritive du lait. Vous pourrez aussi, à une période plus avancée, user des mélanges de lait et des différentes poudres alimentaires que je vous ai signalées.

Mais revenons au traitement hygiénique : comme je vous Jj^^J^*™/ Tai déjà dit, le régime diététique doit occuper ici la première place, et Cruveilhier a complété sa découverte, lorsqu'après avoir démontré le mal et sa marche, il a signalé le remède qu'on doit lui opposer. Ce remède, c'est le lait; il faVit, en effet, soutenir le malade, tout en faisant fonctionner le moins possible l'estomac; or le lait remplit bien cette indication.jLa diète lactée est donc absolument nécessaire, et tobs les, auteurs qui se sont occupés de cette question, Schûlzenbei*ger, Brinton, Wade, Leube (a), etc., sont à cet égard d'un avis unanime.

(a) Waioughlejr-Wade, Traitement de Vulcire simple de Vestomae (BriUth HM. Jomm-f 1859). — Leube, Ziemssen*» IJandbuch, — Brinton, On the Pothûlogu CLIlfIQUB THÉRÀP.y 6* édit. I. — 32

Du réffime C'cst ici quc la cure de lait doit être la plus rigoureuse, et vous devrez la prescrire avec grand soin. Kareil (de Saint- Pétersbourg) (a) a soutenu avec juste raison que le médecin ne devait pas dire à son client : c Buvez du lait autant que vous voudrez » ; il faut qu'il limite et indique la quantité, la nature du lait et les heures auxquelles il doit être pris. Vous ferez prendre quatre fois par jour, à espaces rigoureusement indiqués, 60 à 200 grammes de lait. Si le malade ne peut supporter cette quantité prise en une fois, suivez le conseil de Gallard, faites-le prendre en très petites quantités à la fois. Kareil conseille le lait écrémé; pour moi, je préfère le lait aussi vivant que possible, c'est-à-dire le lait qu'on vient de traire.

Vous pouvez y ajouter des alcalins ou de l'eau de chaux; Luca (de Naples) a même prétendu que l'eau de chaux était l'unique remède de l'ulcère de l'estomac ; ces substances n'ont pas ces vertus héroïques, elles permettent simplement la digestion plus régulière et plus prompte du lait. Lorsque vous êtes loin d'endroits où l'on peut obtenir du lait de bonne qualité, il faut avoir recours au lait stériliséy lait que l'on trouve aujourd'hui commercialement dans tous les pays du monde et qui nous rend des services si importants dans l'alimentation des nouveau-nés.

U faut être très prudent pour le retour à l'alimentation solide, et ce passage vous sera facilité par l'usage des poudres alimentaires. Ce qu'il faut éviter, avons-nous dit, c'est de donner un travail trop actif à l'estomac ; vous éviterez ce travail en employant le régime végétarien dont je vous ai parlé, vous commencez par des potages au lait, bouillies au gruau de blé, de riz, d'orge, de mais et d'avoine, puis par •

Sytnptons and Treatment of Ulcère of ihe Stomacht London, Churchill, i857. (a) Kareil, De la cure de lait {Arch. génér, de méd. Paris, t. VUL P* ^^3, €9i, ). — Debove, Du régime lacté. Thèse d*agrégatloD, 1878.

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da racahout, de la farine lactée, de la revalescière, enfin par des panades passées, des pâtes alimentaires, des nouilles et du macaroni ; en même temps vous donnerez des jaunes d'œuf dissous dans le lait, des crèmes cuites. Puis lorsque Testomac fonctionnera mieux, vous utiliserez les légumes etlesfruits*.

Mais n'oubliez jamais, en prescrivant votre régime, qu'il existe toujours de Thyperacidité du suc gastrique, il faudra donc additionner votre lait soit d'eau alcaline, soit d'eau de chaux, soit surtout de bicarbonate de soude, n'oubliez pas non plus que cette hyperacidité se produit deux heures après les repas. C'est donc ce moment que vous devrez choisir pour donner vos solutions alcalines.

11 est enfin un dernier point sur lequel insiste Brinton, c'est de recommander le repos, et de défendre les exercices violents. Vous comprenez bien la valeur de cette interdiction; elle a pour but d'éviter la rupture de l'estomac et de favoriser, au contraire, les adhérences protectrices qui empêchent la perforation de s'ouvrir dans la cavité péritonéale. Ce sont ces mêmes raisons qui doivent nous rendre prudents dans l'examen de la région stomacale des individus atteints d'ulcère; en effet, sous l'influence des pressions, les adhérences peuvent se rompre, d'où péritonite mortelle ou bien hémorragie grave.

Ces hématémèses, qui sont une des caractéristiques de du l'ulcère simple de l'estomac, méritent un traitement parti- ars'^Tmàculier. Lorsqu'elles sont peu abondantes, la glace, le per- ^^'"^«*^* chlorure de fer, et surtout les injections sous-cutanées soit d'ergotinine de Tanret à la dose d'un demi-milligramme, soit d'ergotine à la dose de 10 à 20 centigrammes, suffisent pour les arrêter. Dans d'autres cas, au contraire, ces hémorragies prennent un caractère inquiétant; tantôt elles sont tellement abondantes qu'elles entraînent la mort du malade.

tantôt elles se répètent avec une telle pei^sévérance que là mort survient par suite de cet épuisement graduel et progressif.

Dans le premier cas, nous pouvons peu de chose : l'ulcère, en effet, a atteint une des branches importantes du tronc caeliaque et détermine une hémopragie foudroyante ; dans le second cas, il nous est possible d'intervenir utilement par la transfusion. Ici la transfusion remplit plusieurs indications, elle agit comme hémostatique et je reviendrai sur ce point lorsque je vous parlerai du sang au point de vue thérapeutique (a); elle soutient le malade sans user de Testomac, enfin elle relève le pouls et Faction du cœur.

Dans un cas d'ulcère de l'estomac, où par suite d'hémorragies très répétées et très abondantes, le malade était arrivé aux périodes ultimesde la maladie, que pâle, refroidi, ayant un pouls imperceptible, il était agonisant, nous avons pu, par une transfusion de 150 grammes de sang faite avec l'appareil de Roussel et avec l'aide de ce médecin, rappeler le malade à la vie et, chose plus importante, à partir de ce moment les hémorragies n'ont plus reparu et le malade a pu guérir (b).

C'est donc là un moyen qu'il ne faut pas oublier dans des cas semblables et on devra toujours y avoir recours en ayant bien soin cependant de ne pas injecter une trop grande quantité de sang, 450 grammes au plus, car lorsqu'on dépasse ce chiffre on produit une pléthore du système artériel qui peut amener une rupture de la plaie artérielle et reproduire rhéraorragie. Il est bien entendu que pendant toute la durée des hématémèses on doit éviter d'introduire des ali-

(fl) Voir l. UI, Leçons sur les maladies générales. — Du sang au poini de ffue thérapeutique, (b) Uousscl, Sur la transfusion {Progrés médical, octobre 1884).

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