TRAITEMENT DE L'ULCÈIŒ DE L'ESTOMAC
raenls dans Testomac et vous devrez, pour soutenir votre malade, vous servir exclusivement du rectum et user des lavements peptonisés.
Telles sont, messieurs, les règles thérapeutiques qui doivent présider au traitement de l'ulcère de restomac,etjevais maintenant aborder l'étude d'une affection qui a des points communs avec l'ulcère de l'estomac, je veux parler de la gastrite chronique.
ONZIÈME LEÇON
Sommaire. — Du catarrhe gastrique. — Étiologie, traitement du catarrhe gastrique. — Emploi des alcalins. — Eaux de Vichy, eaux de Vais. — Emploi des poudres inertes. — Poudre de Paterson. — Poudres et pilules de Trousseau, de Radius, de Gendrin. — Traitement hygiénique. — Des vins et des alcools. — Diète lactée. — Lavage de Testomac. — Traitement thermal.
Messieurs, j'ai rintention de vous parler dans cette leçon d» du traitement d'une affection que vous voyez communément "Jj^^ dans nos salles, je veux parler du catarrhe de l'estomac ou gastrite chronique. Cette affection était autrefois rangée dans la grande classe des dyspepsies (dyspepsie acide et pituileuse), et considérée comme un trouble fonctionnel de Testomac; mais ces notions sont aujourd'hui abandonnées, et tout le monde paraît d'accord pour rattacher cette affectian à une inflammation chronique de la muqueuse stomacale. Quoique cette inflammation diffère par bien des points de la conception pathologique que Broussais se faisait de la gastrite, elle n'en est pas moins réelle et susceptible d'un traitement méthodique.
Vous ne serez pas étonnés, sans doute, de voir avec quelle Éuoiogie fréquence nous observons le catarrhe de l'estomac dans nos etu^he salles de malades, c'est qu'en effet le catarrhe gastrique p»«»ria«ereconnaît pour origine principale Tusage immodéré des boissons alcooliques. Si. vous joignez à cela de mauvaises
^i LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
conditions d'hygiène alimentaire, vous comprendrez l'extrême fréquence de cette maladie dans la classe sociale hospitalisée.
Récemment Coutaret (û), dans son étude sur la dyspepsie et le catarrhe gastrique, a grandement étendu le domiune de cette affection et il en a fait le point de départ de la diathèse rhumatoïde. Pour lui, le catarrhe gastrique est une manifestation constitutionnelle caractérisée par des troubles digestifs d'origine rhumatoïdale. Cette affection altérerait la crase sanguine et formerait le premier degré de la dyspepsie acide. Nous verrons tout à l'heure que pour combattre ce catarrhe gastrique il prescrit une médication presque exclusivement acide et les eaux de Saint-Nectaire. Malheureusement Coutaret ne base sur aucune démonstration positive cette extension qu'il donne au catarrhe gastrique; aussi celte hypothèse n'a pas été jusqu'ici acceptée et l'on continue à penser que la gastrite chronique a pour type celle déterminée par les abus de boisson.
Mais, pour que vous compreniez clairement et facilement la raison d'être des règles thérapeutiques que je vais poser devant vous, il est nécessaire que je vous dise en quelques mots les diverses étapes que parcourent les malades avant d'arriver à la gastrite chronique franchement déclarée. C'est qu'en effet le catarrhe de l'estomac ne se développe pas brusquement; il est, la plupart du temps, la résultante d'une série de causes inoffensives en apparence, mais dont l'action répétée un grand nombre de fois finit par irriter l'estomac et bientôt par l'enflammer.
Ainsi que je vous l'ai dit, ce sont surtout les excès de table et les excès alcooliques qui, par leur répétition, amènent la production du catarrhe gastrique ; aussi ne seriez-vons pas
(a) Coutaroly Df/ipepiie et catarrhe gastriquCf Paris, 1890.
py rosis.
UU THAITËMËNT DE LA GASTHITË CHHOiNlQUE. S05
étonnés que certains corps de métier prédisposent au catarrhe gastrique, je vous citerai, par exemple, les dégustateurs, les marchands de vin, les cuisinières, professions dans lesquelles on est tantôt entraîné, tantôt obligé & boire d'assez fortes proportions d'alcool. ,
Quoi qu'il en soit, les premiers troubles que vous obser- du verez seront caractérisés au début par un sentiment de. chaleur à l'estomac pendant la digestion ; cette sensation est habituelle mais elle s'exaspère par les moindres écarts de régime. Plus tard cette sensation de chaleur à la région de l'estomac, va encore en augmentant; pendant la nuit il y a des régurgitations de matières acides qui remontent jusque dans la cavité buccale au niveau de l'oriflce supérieur du larynx, en laissant le long de l'œsophage une sensation de chaleur ou de brûlure ; c'est le pyro&is.
Si le malade continue ses excès nous franchissons un De ta degré de plus; à ces symptômes se joint une douleur mal définie, spasmodique, siégeant surtout vers l'orifice du cardia ; cette cardialgie se manifeste la plupart du temps à la région dorsale par une douleur vive, comparable à la sensation qui résulte du passage dans l'œsophage d'un bol alimentaire trop volumineux. L'ingestion des aliments sucrés, du vin et des alcools, augmente ces symptômes et continuellement le malade a une aigreur tout à fait particulière.
Sous l'influence des mêmes causes, la maladie change encore de caractère et va en s'accentuant. Au début, en effet, l'estomac irrité s'était contenté de sécréter du suc gastrique trop acide; plus tard, sous l'influence de cette sécrétion exagérée, les glandes à pepsine se sont fatiguées, les corpuscules pepsinifères ont cessé de se reproduire et ces glandes ne sécrètent plus que du mucus. C'est alors qu'il survient des vomissements ; vomissements de matières glai-
carilialj^io.
De la pilttiCa.
reuses, composées de mucus et q li constituent la pituite (1) des buveurs. Ces vomissements deviennent habituels et ont lieu ordinairement le matin; au réveil le malade est pris de renvois acides, d'éructations et il vomit une certaine quantité de glaires ; il a sa pituite. C'est là, vous le savez, un symptôme que Ton trouve presque toujours chez les individus adonnés aux boissons alcooliques.
Le catarrhe stomacal des buveurs peut souvent atteindre un haut degré de gravité; car non seulement la muqueuse s'épaissit, mais elle peut aussi arriver dans des phases avancées de la maladie à s'ulcérer; aux vomissements glaireux succèdent bientôt des hématémèses, et on a alors sous les yeux un ensemble symptomatique qui ressemble beaucoup à celui du cancer. Ce sont là ces faux cancers de l'estomac que vous devez bien connaître, car ils sont très curables et ne doivent pas vous en imposer pour une affection organique de l'estomac.
D'autres fois il se fait une véritable atrophie des glandes de l'estomac bien étudiée en Allemagne sous le nom de gastrite atrophique, et que l'on voit souvent coïncider avec le cancer. Cette gastrite atrophique est essentiellement caractérisée par la suppression complète ou presque complète du suc gastrique (2/.
(1) La pituite consiste dans le rejet, par Testomac proviendrait par exos-
au matin, d*une manière filante, vis- mose des vaisseaux sanguins de la
queuse, constituée par un véritable muqueuse stomacale (a),
mucus auquel se mélangent un li- (3) La gastrite atrophique que Ton
quide fade et la salive avalée par le a décrite aussi sous le nom de phtisie
malade pendant la nuit. PourFrerichs, de Testomac peut être localisée ou
ces matières ainsi rejetées par les généralisée. Elle se manifeste de
buveurs contiennent des composés quarante à soixante ans et accom-
de sulfocyanures et ont presque tou- pagne soit la gastrite alcoolique soit
jours une réaction alcaline. le cancer ; elle a été étudiée par Fen-
Pour Leven, le liquideainsi expulsé wick, Gluzinski, Jaworski, Litcen,
(a) Leven, Bull, de VAcad, de méd,, st^ancr du 10 mars 1874.
Je viens de vous exposer en quelques mots la marche progressive du catarrhe gastrique; laissez-moi vous dire que cette exposition méthodique n'aura pas été inutile, car suivant le degré d'intensité de la maladie vous aurez à faire un traitement un peu différent.
Ce qui domine au début, je vous Tai dit, c'est Taugmentalion de Tacidité du suc gastrique ; aussi est-ce à cette acidité exagérée que nous nous adressons tout d'abord. Comment devons-nous la traiter? Ici, nous devons établir une distinction entre les moyens pharmaceutiques et les moyens diététiques. La pharmacie nous offre, d'une part, les alcalins; d'autre part, les poudres inertes.
L'application des alcalins est parfaitement indiquée, et Addué conforme aux expériences de Ch. Richet, qui montrent que "^^tue les alcalins introduits dans l'estomac à hautes doses, neu- «•»*'**ï"fî
' son Iraile-
trah'sent Tacidité du suc gastrique (i). "»««*•
Les poudres produisent un autre effet; elles atténuent la sécrétion du suc gastrique. Reportez-vous aux expériences de Cl. Bernard, de Blondlot, de Schiff, et vous verrez que, par leur présence, elles provoquent une sécrétion de suc
Rosenheim, Ewald, Boas, Meyer, Ba- des aliments, de l'eau de Vichy, et il
ginsky, Mathieu, Hanot et Gomhaux. a pu constater que, loin d'augmenter
Lyon en a donné dans sa thèse plu- l'acidité du suc gastrique, comme le
sieurs observations personnelles (a), yeulent quelques médecins, les alca-
(l)Ch. Richet a injecté dans l'esto- lins ou l'eau de Vichy affaiblissent
mac de Marcelin, pendant la diges- au contraire cette acidité (6). tion, deux heures après l'ingestion
(«) Boas, MUnch. Med, Woch,, p. 792, 816, 1887. — Baginsky, BerL KL Woch,, p. 192, 1889. — Cahn, ZeiUch, f. Physiol, Chemie, X, p. 517, 1886 (gastrite toxique). — Corazzini, Morgagm, p. 189-200, 1885. — Edinger, Berl. Kl. Woch., p. 117-120,1880.— Ewald, Deutsche Med. Zeitung, 1889; Berl. Kl. Woch.y p. 527- 531y 1886. — Jaworski, Munchener Med. Woch., n*" 7 et 8, 1887, et Congrès do Wfcsbaden (compte rendu, p. 272-279, 1888 ; BerL KL Woch., p. 345, 1888 ; Wiener Med. Preue, n- 48 et 49, 1888. — Lewv, BerL Klin. Woch., 24 janvier 1887. — Litton, ZeiUchr. f. Klin. Med., p. 573'-579, 1888. — Meyer, BerL KL Woch., p. 98, 1889 ; Wiener Med. Woch., n» 45, p. 520, 1888. — Rosenheim, BerL KL Woch., n- 51 et 52, 1888. — Fenwick, Arch. fur AnaL Palh. und Phyn.y 1889. — Lyon, Analyse du suc gastrique. Thèse de Paris, 1890.
(b) Gb. Richet, loe. ciL, p. 89, expér. XLVI.
gastrique non acide, ou bien très peu acide, et le plus souvent une sécrétion de mucus.
Ces deux moyens sont donc logiquement indiqués. Aussi les a-t-on fréquemment associés Tun à l'autre, et, dans Ténumération de ces poudres, vous verrez que bien souvent les poudres inertes et les poudres alcalines ont été réunies dans une même formule.
E»fjoi Commençons par l'étude des alcalins : c'est le bicarbonate
Dieaiiiu. de soude qui est le plus souvent employé : on le donne en poudre, à la dose de i à 2 grammes, au moment du repas ou ce qui vaut mieux deux heures après; car comme je vous l'ai dit dans une leçon précédente, c'est à cette période de la digestion que se produit le summum d'acidité du suc gastrique; on peut aussi faire dissoudre le bicarbonate de soude dans l'eau, à la dose de 4 grammes par litre, et on obtient ainsi une eau de Vichy artificielle. Mais il faut reconnaître que cette eau est bien inférieure, comme goût et comme qualité, aux eaux alcalines naturelles.
A ce propos, permettez-moi d'insister un peu sur la prescription de ces eaux alcalines, surtout lorsqu'elles sont prises loin de la source. On en fait grand usage, et il faut savoir comment elles doivent être ordonnées. Prenons par
Dcseaax Bxemple Ics eaux de Vichy. Vous savez, qu'à Vichy, station qu'on peut considérer comme unique en Europe, les eaux se divisent en plusieurs groupes : les unes, eaux thermales proprement dites, sont à température élevée, 31, 35, 43% ce sont les sources de l'Hôpital, du puits Chomel, de la Grande- Grille ; les autres sont froides, 42, 44, 45% ce sont les Célestins, Hauterive, Saint-Yorre (4).
Toutes ces eaux contiennent une quantité à peu près
(i) Vichy (Allier). Sources aica- carbonate de soude, entre 5*29 et lines; leur température varie entre 4" 016* Les sources exploitées sont 4i' et 14* C, leur richesse en bi- au nombre de onze; ce sont :
do Vicliv.
égale de bicarbonate de soude, c'est-à-dire 4 à 5 grammes. Si vous êtes loin de la source, choisissez toujours les eaux froides, qui peuvent être transportées au loin sans subir trop de modifications. Vous les ferez prendre au moment des repas, et si le malade les supporte bien, vous lui ferez boire son eau, non pas avec du vin, mais pure, à la dose d'un ou deux verres par jour et même davantage. Si vous administrez les eaux de Vais, votre embarras est Desowx
de Vais.
moindre. Vais a un grand nombre de sources; mais ce n est point à proprement parler une station thermale, car toutes ses eaux sont froides; elles ont sur Vichy cet avantage qu'elles présentent une graduation dans leur alcalinité et
Tcm- Bicarb.
pératuro. do soudo.
Gr.
Puits Carré...., 44» 3.893
- Chomel 43» 5.001
Crandc-Crille 43* 4.883
L'Hôpital 31* 5.029
Lucas 29» 5.004
Source Lardy 23* 3.910
Seurce Urbaud 2i« 4.840
- du Parc 22« 4.856
Source Mesdames . .
— d'Hauierive.
Gélestins
Sainl-Yorrc
Terapératuro.
Bicarb.
de soude.
Gr.
D*ailleurs, voici, d'après Bousquet, l'analyse comparative des principales sources de Vichy :
Gélostlns. HApitaL Gr.-Grillo. S.-Yorro.
Gr. Gr. Gr. Gr.
Acide carbonique libre 1.049 1.067 0.908 1.519
Bicarbonate de soudo 5.103 5.029 4.883 4.838
— dépotasse 0.315 0.440 0.358 0.337
— de magnésie 0.328 0.200 0.303 0.274
— de strontianc 0.005 0.005 0.003 0.007
— de chaux 0.462 0.570 0.434 0.683
— de protoxydo de fer 0.004 0.004 0.004 0.010
— — de manganèse . . traces traces traces traces
Sulfate de potasse 0.291 0.201 0.291 0.280
Phosphate de soude 0.091 0.091 0.046 traces
Arséniate de soude 0.002 0.002 0.002 0.002
Borate de soude traces traces traces traces
Chlorure de sodium 0.534 0.518 0.634 0.555
SUicc 0.060 0.050 0.070 0.035
Matière organique bitumineuse traces traces traces traces
Totaux.... 8.244
Température ... 14* 3 30" 7 4 1» 8 12» 5
qu'on trouve, par exemple, des eaux de Vais qui conlieiment de 1 à 9 grammes de bicarbonate de soude, ce qui vous permettra de varier ces eaux selon les indications à remplir (1).
Quant aux poudres dites inertes ^ elles sont nombreuses; on les administre au moment des repas ; elles ont pour base le sous-nitrate et le salicylate de bismuth, le phosphate ou le carbonate de chaux, que Ton peut donner isolément à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme.
Toutes ces poudres agissent aussi comme alcalins; ce sont en effet, des sels tribasiques qui peuvent céder une partie de leur base à Facide du suc gastrique. Le sousnitrate de bismuth est de beaucoup le plus employé. Trousseau, en 1833, après Odier (de Genève) et Carminali (2), en
(1) Vais (Ardèche). Sources alcalines froides ; très nombreuses (Saint- Jean, Rigolette, Précieuse, Désirée, Magdeleine, Marquise, Souveraine, Chloé, source des bains, des Convalescents, Saint-Louis,Pauline,sources Vivaraises et Dominique (arsenicale).
Elles contiennent de la chaux, de
Talumine, du fer et surtout du bicarbonate de soude.
Saint-Jean contient 1«'480 de bicarbonate de soude ; Rigolette B*' 800 ; Précieuse 5*940; Désirée 6^40; Magdeleine, 7* 289. — Voici une analyse de ces eaux donnée par Ossian Henry.
Acidulées, gazeuses, bicarbonatées, sadiques.
Âcido carbonique libre
Bicarbonate do soude
— de potasse
— do chaux
— do magnésie
— do for et de magnésie.
Chlorure de sodium
Sulfate de soude et de chaux
Silicate et silice, alumine
lodures alcalins, arsenic, lithino. . .
Sl-Joaa.
RlfolcUo.
Préciouso.
Dcâtrcc.
delêine.
Gr.
Gr.
Gr.
Gr.
Gr.
indice
traces
indice
indice
traces
(2) Odier en 1786, Carminati en 1788 et Trousseau en 1833 ont signalé les bons effets du sous*nitrate de bis-
muth dans les dyspepsies. Trousseau le conseillait surtout dans les vomissements spasmodiques de la gastral-
DU TRAITEMENT Dh LA GASTRITE CHRONIQUE. 51 i
ont vanté les bons effets dans la dyspepsie (a). Je lui préfère cependant le salicylate de bismuth.
Mais, le plus souvent, les formules sont plus complexes et Ton associe les poudres inertes aux alcalins, et je vais vous signaler les principales. D'abord, voici le mélange de sousnitrate de bismuth et de magnésie, mélange auquel on a donné le nom de poudre américaine ou de Paterson.
Vous pouvez employer soit la formule de Paterson (1), De» soit la préparation suivante, qui m'a donné de bons résultats : ,5caiines.
if Salicylate de bismuth \
Magnésie anglaise > ââ 10 grammes.
Bicarbonate de soude. )
Pour trente cachets médicamenteux. Prendre un cachet à chaque repas.
Trousseau avait fait avec ces mélanges des poudres (2) et des pilules (3) : dans Tune, il réunissait le sous-nitrate de bismuth et le carbonate de chaux; dans rautre,la magnésie et le bicarbonate de soude. Gendrin conseille le mélange
gie;il donnait de 18 à 48 grains par B. Bicarbonate de soude. \
jour, c'est-à-dire de 90 centigrammes Craie J ââ 3 décigr.
à2» 40 par jour. Magnésie )
(l)Poudre de Paterson : p^^ ^^ p^^^^ p^^^^^^ ^^.^.^ ^^
Sous-nilrato de bismuth, j . . . .^ quatre paquets par jour, deux heures
Hydrate de magnésie... j ^^^^' avant chaque repas et avant de se
Sucre blanc pulvérisé.. 8 — coucher, dans un demi-verre d*eau
. j - . sucrée.
A prendre en une fois. . , ^
(2) Poudre de Trousseau : <3) Pilules de Trousseau :
A. Magnésie calcinée 4 dccigr. Sous-nitrate de bismuth... 1 décigr.
Bicarbonate de soude. 6 — Carbonate de chaux 25 milligr.
Sucre blanc 2 grammes. Miel Q. S.
Pour un paquet. En poudre, deux F. S. A. une pilule. Prendre de à quatre par jour avant les repas. deux à vingt pilules par jour.
(a) Odicr (de Genève), Ancien Journal méd., 68 vol., 1786. — Carminatl, Opiwcul. thérap.^ 1788. — Trousseau, Bull, dt thérap.f t. V, p. 43.
de bicarbonate de soude avec le sous-nitrate de bismuth (1). Radius, enfin, a donné la formule d'une composition contenant de la magnésie, du sirop d'écorces d'oranges et de Thydrolat de menthe : c'est la potion antiacide de Radius (S).
Telles sont les bases de la plupart de ces préparations dont on tire assez bon parti dans la gastrite aux périodes de début. Vous pourrez joindre k ces poudres et potions Tusage des médicaments antifermehtescibles qui empêchent raction trop prompte du suc gastrique. C'est ainsi que le sulfite de soude, conseillé par Pinalli (de Padoue), aurait une action favorable dans le catarrhe gastrique. Ce médicament se donne à la dose de 5 grammes dans 150 gram^pes d'eau (a).
A l'inverse de tous les auteurs qui ont traité du catarrhe de l'estomac et qui ont surtout préconisé les poudres alcalines, Goutaret vante au contraire la médication acide et en particulier une préparation qu'il a appelée l'acide sulfonitrique rabelisé (3) à la dose de 10 à 30 gouttes après les repas dans de la bière.
Mais ici encore, comme pour les autres troubles de l'esto-
(1 ) Gendrin a associé le sous-nitrate Acide sulfuriquc chimi-
de bismuth au bicarbonate de soude quoment pur 28 grammes..
{Joum. de méd. et de chirurg. pra- ^^^^^ nitrique 8 -
tiques, im). Alcool de vin à 80- Car- ^^
Bicarbonate de soude.. . . 2 grammes. Renrermer dans un flacon à verre
Sous-nitrate de bismuth. 1 gramme. ^^10,.^, ne boucher que ISjoursaprès
A ««««^-^ «„ «««• --^«^ avoir fait le mélange et le conserver
A prendre en quatre prises. ,.40 . . t »
/av n .. j « j. ok S mois avant de s en servir.
(2) Potion de Radius : q„^„^ y^^ pharmaciens n'ont pas
Magnésie calcinée 4 grammes. d'acide sulfo-nitrique vieilli voici la
Sirop d'écorcesd*oraogcs. 14 — formule qu'on peut employer :
Hydrolat de menthe.... 90 — . .j i* • u- •
* Acide sulfurique chimi-
A prendre par cuillerées à soupe. AcrnHdquT TS
(3) Voici la formule proposée par Alcool de vin à 80* Cor-
Goutaret : tier 18 grammes.
(a) Pinalli, Lo Sperimentale, 1873, fasc. 8.
mac, la première place est au traitement hygiénique. Aussi devons-nous insister sur le régime.
Voyons l'hygiène alimentaire. Le premier point, c'est la Traiiemem suppression OU la diminution des boissons alcooliques. Les nique. expériences de Richet sur Marcelin sont des plus instructives et j'ai insisté sur ce point lorsque je vous ai parlé des boissons alcooliques ; le vin et l'alcool, en particulier, peuvent augmenter ou même doubler l'acidité du suc gastrique. Recommandez donc aux malades atteints des premiers symptômes du catarrhe gastrique, symptômes encore peu accusés mais qui décèlent cependant une irritation commençante de la muqueuse, de ne pas boire de vin, et s'ils ne peuvent supporter cette privation, permettez seulement les vins peu alcoolisés et surtout les vins naturels.
C'est dans ce genre de maladie, en effet, que les falsifications, malheureusement si nombreuses dans nos vins de table, ont les conséquences les plus fâcheuses. Vous voyez, en effet, des personnes qui ne peuvent pas dîner au restaurant, sans voir se réveiller aussitôt les symptômes dénotant l'irritation de la muqueuse gastrique.
Choisissez donc un vin naturel, peu alcoolique ; c'est ainsi Des que certains vins du Centre et certains vins de Bordeaux ^c^i" pourront donner de bons résultats. 11 m'a semblé que les **"*'*• vins blancs légers sont aussi bien supportés, et, comme vous prescrivez l'eau de Vichy aux repas, ce mélange de Vichy et de vin blanc constitue une boisson agréable et supérieure au mélange de ces eaux avec les vins rouges. Permettez donc ces vins coupés; mais proscrivez absolument les alcools
Laisser en contact 48 heures puis Une cuillerée à bouche après ajouter: les repas dans un demi -verre
Sirop de limons 100 grammes. ^*" W-
Kan de fontaine 150 —
(a) Coutaret, Dy9peptie et catarrhe gaslriquCt Paris, 1890, page 684.
CLIIIIQUE THÉRAP.» 6« édit. I. — 33
soil avant, soit pendant, soit après le repas, et défendez surtout le vin blanc pris à jeun (1).
Quant aux aliments, vous pourrez ici donner des aliments féculents et herbacés; le régime végétarien en effet convient spécialement à tous les cas de gastrite chronique quelle que soit la période où l'on intervienne. Recommandez aussi aux malades de ne pas prendre des mets trop épicés ; il faut, au contraire, qu'ils soient accommodés le plus sobrement possible, car, l'acidité exagérée du suc gastrique résulte souvent des condiments pris en trop grande abondance.
Tels sont les moyens que vous aurez pour combattre les troubles légers du début du catarrhe gastrique; joignez-y l'exercice et même quelquefois des bains de vapeur, comme
(1) Voici d'après Bouchardat, la composition de quelques vins : la quantité d*alcool sur 100 est pour :
Les vins do Tonnerre 10.70
— du Lot (terrains cal-
caires) 11.36
— du Lot (terrains argi-
leux) 10.00
— de Bafjnols 15.16
— rouges de la Gironde.. 11.57
— blancs de la Gironde.. 11.57
— de Saint-Émilion 9.18
— de Château-Lafflte .... 8 . 70
— de Château-Margaux . . 8.75
— blancs de Sautcrne.... 15.00
Voici d*après Chevalier et Baudrimont, les proportions en volume d*alcool pur pour 100 parties de quelques vins :
Vin de Marsala 23.83
— de Madère rouge 20.50
— — blanc 20.00
— de Porto 20.00
— deBagnols 17.00
— deMalaga 17.42
— de Roussillon 16.88
— de Malaga ordinaire 15.00
Vin de Chypre 15.80
— de Jurançon rouge 13.70
— de Lunel 13.70
— d'Angers 12.90
— de Champagne 12.77
— de Graves 12.30
— de Baune, blanc 12.20
— de Frontignan 11.80
— de Champagne mousseux.. . 11.77
— de Cahors 11.36
— de Mâcon, blanc 11.00
— de Volnay 11.00
— d'Orléans 10.66
— de Bordeaux, rouge 10. 10
— de Larose 9.85
— de Pauillac 9.70
— de Vouvray, blanc 9.66
-- de Chàteau-Latour 9.33
— Léovaic 9.10
— de Pouilly, blanc 9.00
— de détail à Paris 8.80
— de Ghàteau-Margaux 8. 75
— de Châtean-Uffito 8.73
— de Chablis, blanc 7 .88
Certains vins du centre delà France et du Nord ne contiennent» comme du reste presque tous les Tins des environs de Paris, pas plus de 5, 6 et 7 pour 100 d'alcool.
les bains turcs, par exemple, qui amènent une sudation exagérée et diminuent ainsi l'acidité du suc gastrique.
Lorsque la maladie est plus avancée, il faut que les malades apportentdansleur hygiène alimentaire une sévérité excessive, et qu'ils se soumettentau régime lacté plus ou moins longtemps. Le lait, en effet, ce médicament héroïque est eocore indiqué ici, parce qu'il modère l'acidité exagérée du suc gastrique et permet de laisser reposer l'estomac, tout en suffisant à la nutrition. C'est là un point important du problème thérapeutique à résoudre, car la muqueuse de l'estomac n'échappe pas à la loi qui régit tous nos organes; larègle primordiale dans le traitement d'un viscère enflammé doit être de le laisser reposer.
Le traitement par le lait rend des services immenses, et vous avez vu dans nos salles avec quelle rapidité, par ce moyen, nos malades obtiennent de l'amélioration. Je dis amélioration, parce que malheureusement le proverbe qui dit: cQuiabu,boira, y> s'appliquetrop réellement à nos malades, qui, une fois sortis de l'hôpital, améliorés et pour ainsi dire guéris, reprennent rapidement l'usage des boissons alcooliques et voient ainsi reparaître les symptômes de leur affection stomacale.
Comment diriger cette diète lactée? Lorsque, avec des oe u symptômes locaux du côté de l'estomac, il y a les signes généraux de l'alcoolisme, vous ne devrez pas supprimer brutalement l'usage des alcools. Dans ce cas vous pourrez employer les laits fermentes (koumys, kéfir etgalazyme) dont je vous ai parlé dans une précédente leçon. Ces laits fermentes contiennent en effet, une faible proportion d'alcool et vous permettent ainsi d'attendre sans inconvénient l'époque où vous pourrez supprimer totalement l'alcool; à ce moment vous donnerez le lait pendant quelques jours, huit jours par exemple, à la dose de 2 à 3 litres par jour. Coupez-le avec de
diôte lactée.
Teau de Vichy, deux verres à peu près, de façon à mettre 1 à 2 grammes de bicarbonate de soude par litre.
Puis, lorsque tous les symptômes d'irritation stomacale seront atténués, permettez au malade de prendre des potages au lait, des semoules, des crèmes; en un mot, pendant huit jours encore, les repas seront composés par des mets à base de lait et d'œufs. Puis ensuite, vous commencerez doucement à donner d'autres aliments, même un peu de via blanc, mais vous aurez soin d'exclure pendant longtemps l'alcool et les autres vins.
Aux dégustateurs et aux marchands de vin qui ont l'habitude, pour ainsi dire obligatoire, de boire de l'alcool, recommandez de prendre le plus de lait possible le matin et le soir, et au moment de leur repas, de manière à compenser un peu l'action irritante de l'alcool (1). Du larage Lc lavagc dc l'cstomac, même dans le cas de catarrhe des buveurs, donne d'excellents résultats, et vous voyez dans mon service des faits qui témoignent de la véracité de l'opinion que je soutiens. Sous l'influence de l'eau qui vient ainsi panser chaque jour l'estomac, on voit la sécrétion muqueuse se ralentir, et celle du suc gastrique reparaître. J'ai soin après chaque lavage de donner au malade du lait dans lequel j'introduis une certaine quantité de poudre de viande (100 gr. par exemple) ; onpourrait aussi ajouter de la poudre de lait. Lorsque le catarrhe de l'estomac s'accompagne de
(1) Dujardin-BeaumeU et Audigé, ment hémorragique de ces divers
dans leurs recherches expérimentales points de la muqueuse,
sur les chiens, ont montré que Fin- Ce fait très important explique
troduction de Talcool par la peau comment les individus qui tivent
détermine des lésions graves du côté dans une atmosphère remplie de va-
de la muqueuse stomacale et du duo- peurs alcooliques ou qui, sans a?a-
dénum; ils ont toujours trouvé, chez 1er d'alcool, le laissent en contact
les animaux qu'ils tuaient, plus ou avec la muqueuse buccale, peuvent
moins rapidement en introduisant présenter des troubles du côté de
Talcool sous la peau, un ramollisse- l'estomac.
do rcitomac
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douleurs vives, vous pourrez employez le lait de bismuth dontje vousai parlé.
Quant au traitement thermal, voici comment on doit l'instituer. Pour le cataiThe gastrique à son début, vous éviterez les eaux ferrugineuses et celles qui sont trop chargées d'acide carbonique; vous ordonnerez surtout Vichy et, s'il faut une eau moins minéralisée, vous conseillerez BagnoUes (Orne) (1), Alet(2) etEvian. Pour la gastrique avec pituite, Vichy, Royat (3), Saint-Nectaire (4) vous rendront de grands services; il en sera de même des eaux de Hambourg (5),
TrailerneBi Ihemal.
(1) Ba{yiio/M(0rcn, France), protothermales ou athermales, amétallites ou ferrugineuses faibles, carboniques faibles et non gazeuses (Rotureau); deux sources principales : ferrugineuse, 12*,3 ; légèrement sulfureuse, :â*,l. On administre ces eaux dans la gastralgie et les différents troubles ncrreux de Testomac (boisson et bains).
(^)Alet (Aude, France) renferme quatre sources, dont trois bicarbonatées, calciques et magnésiennes à 28 degrés, et une source froide ferrugineuse (eaux rouges).
Voici Tanalyse faite par Bouquet pour an litre d'eau :
Source thorm.
Acide carbonique 0.059
— «ulfuriquo O.OÎO
— phosphoriquo . . 0.082
— chlorhjdriquc. 0.031
Soude 0.071
Potasse traces
Chaux 0.101
Magnésie 0.026
Peroxyde de for »
Alumine O.Oil
Soureo forrug.