traces 0.025 traces
(3) Royat (Puy-de-Dôme, France), sources thermales dont les eaux se
rangent dans le groupe des bicarbonatées sodiques; elles renferment aussi, comme à Ems, du chlorure de sodium; elles sont au nombre de trois principales : la source thermale de rétablissement, température 35*; la source de César, température 27»; la source Saini-Mart, 30*.
(4) Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme, France), eaux gazeuses thermales, bicarbonatées sodiques, avec part égale de bicarbonate de soude et de chlorure de sodium et des traces d*arséniate de soude.
On y remarque six sources principales : Source Mandon, éO'^l ; grande et petite source Boète (source tempérée, 38*1 ; source froide 28*8); Rouget 23*i; Serre, 27* à 27*5; à l'émergence, il y a trois filets à U% 40% 32») ; source du Mont'Cornadore, 38^9.
(5) Hambotirg-ès-Monts (Hesse), sources chlorurées sodiques fortes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes (Rotureau) au nombre de cinq, dont deux surtout ferrugineuses. La Lnisenbrunnen (source de Louise) et le Stahlbrunneriy dont la température est 10*; trois principalement salines : VElisabethen (s. Elisabeth), 10*5; le Ludwigs-
de Kissingen (i), de Carlsbad (2), de Marienbad (3); puis, dans une gamme moins élevée, vous pourrez ordonner des eaux de Ghâtel-Guyon (4), de Saint-Moritz (5), de Vic-
brunnen (source de Louis), iO»; Kaiserbrunnen ou Sprudel (source de TEmpereur), 11«. Les plus importantes sont la source Elisabeth, qui contient 19.93 d'acide carbo* nique libre, et la source Louise qui contient 1.89 d'acide carbonique libre.
(1) Kissmgen (Éavière), sources athermalesy gazeuses, ferrugineuses faibles,, çont classées dans les eaux chlorurées sodiques. Elles sont au nombre de cinq : le Rakoczy, temp. :
9*3; le Pandur, il«; le Maxbrunnen, 10*9; le Solensprudely 18*5, et le Schonbornsprudely i8'5. En boissons se prend Teau de Rakoczy, en boissons et en bains le Pan dur; comme simple boisson gazeuse, le Maxbrunnen ; en bains et en douches, les eaux du Solensprudel et du Schonbomsprudel.
(2) Carlsbad (Bohême), sources sulfatées, type des eaux sulfatées sodiques, très nombreuses; 10 principales, dont la température varie entre 40 et 70*. La plus importante est le Sprudel , 74* ; les autres sont: Schlossbrunne% Markbrunnen, MUhlbrunnenf Neubrunneriy Bemardbrunnenj TheresieubrunneUf Felsenbrunneny Spitalbrunnen. Elles sont employées en boissons.
(3) Marienbad (Bohême), sources sulfatées sodiques moyennes, carboniques fortes (Rotureau) ; les sources sont au nombre de huit : l"* Carolinenbrunnen (s, de Caroline); 2** Ambrosiusbrunnen (s. d'Ambroise); 3» Kreussbrunnen (s. de la Croix); 4* Marienquelle (s. de Marie); 5« Waldquelle{s. du Bois) ; 6^ Ferdi-
nandsbrunnen (s. de Ferdinand); V Rudolfsquelle (s. de Rodolphe), 8® Moorlagerbrunnen (s. du Dépôt des Boues). La source de CaroUne^ donnée en boisson, sans odeur, d'un goût très ferrugineux, amer et salé, a une température de 8®. La source à'Ambroise, peu employée, d'un goût franchement ferrugineux, 8'5. La source de la Croix, donnée à la dose de 1 à 6 verres chaque matin à jeun, est la plus employée et constitue le traitement principal à Marienbad; elle a une action favorable dans les affections chroniques de la digestion ; sa température est de 8<>5. La source de Marie est des plus riches en acide carbonique et n'est pas employée en boisson, sa température est de 11**5. La source du Bois dégage peu de gaz ; employée en boisson, elle a une saveur fraîche et agréable, légèrement styptique; sa température est de 7«5. La source de Ferdinand, gazeuse, employée en boisson, goût assez agréable, bien que légèrement salé; sa température est de 10». La source de Rodolphe, prise en boisson ; sa température est de 10^. La source du Dépôt des Boues se prend en boisson ; elle a un goût agréable, légèrement ferrugineux; température, 18».
(4) Châlel'Guyon (Puy-de-Dôme, France), sources hypothermales, polymétalliques, carboniques fortes ou moyennes (Rotureau) : sources très nombreuses, dont la température varie entre 24» et 55*; peuvent être rapprochées des eaux de Kissingen.
(5) Saint-Moritz (Suisse), sources athermales, bicarbonatées calciques
sur-Cère en Auvergne (i), de Brides (2) et de Saint-Gervais en Savoie (3).
Parmi ces sources thermales, deux surtout doivent être mises hors de pair, c'est Vichy, d'une part, Carlsbad, de l'autre. Je vous ai déjà parlé des sources de Vichy, je n'y reviendrai pas, mais je veux vous dire quelques mots des sources de Carlsbad qui jouent dans la cure des aflFections de l'estomac un rôle si important. Carlsbad constitue le type des eaux sulfatées-sodiques et le Spnidel (4) est considéré comme la source la plus importante et la plus renommée de cette station. Caulet nous a montré d'ailleurs combien est rigoureuse l'hygiène alimentaire suivie à Carlsbad (5), où
moyennes, ferrugineuses faibles, car- Sulfate do potasse 0.1635
boniques fortes (Rotureau); trois — <lo soxido 0.3719
sources Saint-Moritz, Paracelse, Carbonate de soude 1.3619
5<>5; et source Innomée 6». Ces - de sodium 1.0307
' ^ ., ^ — de chaux 0.2976
sources froides se prennent concur- ^^ ^^ ^^^39
remment avec du petit-lait. __ ^e strontiano 0.0008
(1) Vic-SUr-Cere (Cantal, France), Protocarbonate de fer 0.0028
sources alcalines froides, fortement — de magnésie.. 0.0006
gazeuses. Phosphate d'alumine 0.0004
(2) jBn'^l^s (Savoie, France), hyper- — de chaux 0.0002
thermale, sulfatée calcique et sodique Fluorure de calcium 0.0036
forte, chlorurée sodique moyenne, ^*^*^® ,^-^^^
sulfureuse faible (Rotureau); tem- Total.... 5.4307
pérature 34*5. Se prennent en bois- Acide carbonique libre 499«
sons, bains, bains de vapeur et de
boaes, douches et inhalations ga- La température de cette eau est
zeases. Avec trois à quatre verres, de 73°05 et il faut la laisser refroi-
effet tonique; avec six à huit verres, dir pour Fusage interne. Sa saveur
effet laxatif. est salée et fortement alcaline. Elle
(3) Saint-Gervais (Haute-Savoie, sort en bouillonnant par intermit- France), sources hypothermales,éma- tence, c'est ce qui lui a fait donner sothermales, ou alhermales sulfatées le nom particulier de Sprudel (le et chlorurées sodiques moyennes, bouillonnement). La dose est habisulfurées calciques ou ferrugineuses tuellement de deux à trois verres de faibles (Rotureau), au nombre de sept 160 grammes chacun par jour, principales, dont la température va- (5) Voici, d'après Caulet, les règles rie entre 38«8 et 32«8. de la cure à Carlsbad. Les eaux se
(i) Le Sprudel a, d'après Ragsky prennent de grand matin, de cinq à (de Vienne), la composition sui- sept heures du malin; une heure après vante : ^^ prise du dernier verre d'eau, le
Ton voit, chose assez rare, les médecins et les hôteliers marcher d'accord pour obtenir de leurs eaux les effets les plus utiles dans la cure des affections stomacales; c'est ce qui explique la vogue de ces thermes.
Goutaret place dans la cure du catarrhe gastrique au même rang que les eaux de Carlsbad celles de Saint-Nectaire qui seraient selon lui les deux types les plus parfaits des eaux chlorurées sodiques bicarbonatées calciques. Les eaux de Saint-Nectaire seraient admirablement appropriées au traitement du catarrhe gastrique et des autres affections rhumatoïdales.
Telles sont les principales indications à remplir dans le traitement du catarrhe gastrique. Dans la prochaine leçon je me propose d'étudier devant vous une des affections les plus intéressantes de la pathologie stomacale, je veux parler de la dilatation de l'estomac.
matin à huit heures, on déjeune avec et le nombre sont fixés par les méde-
du café au lait et, pour éviter que le cins.
malade mange trop souvent sous Tin- Au point de vue des affections
fluence de Texercice matinal et de stomacales, les eaux de Carlsbad
Taction excitante des eaux,on rationne s'adressent surtout aux irritations
avec le plus grand soin la quantité gastro-intestinales, irritations très
de pain, de lait et de café que doit fréquentes dans les pays d'outre-Rhin
prendre le malade à ce premier re- oii Talimentation est beaucoup plus
pas. Le dîner a lieu à une heure, il forte et plus substantielle que dans
est plus substantiel quoiqu'il ne se nos pays.
compose que d'un seul plat de viande. Les eaux de Carlsbad sont porga-
Le soir le souper a lieu à huit heures tives et déterminent des évacuations
et il consiste en un potage, une tasse alcalines ayant l'apparence de poix
de chocolat ou un œuf. Une règle fondue et auxquelles on a donné le
très sévère enjoint à tous les hôte- nom de selles critiques on selles
liers de ne donner que des aliments carlsbadoises (a), de bonne qualité, mais dont la liste
(a) Caulct, De la cure à CarUhad, — Le Brel, Manuel des eaux min^raiei, p. 329.
DOUZIÈME LEÇON
SoMMAinE : De la dilatation de Testomac. — DéOnition. — Symptdmes de la dilatation. — Du bniit de clapotement. — Du gargouillement intestinal. — Symptômes fonctionnels. — Symptômes concomitants. — Congestion du foie. — Ectopie rénale. — Nodosités de IJouchard. — Symptômes généraux. — Neurasthénie gastrique. — Pathogénic de la dilatation. — Théorie de Glénard. — Théorie de Bouchard. — Des troubles nerveux et de la dilatation. — Traitement de la dilatation. — Indications thérapeutiques. — Antisepsie intestinale. — Médicaments antiseptiques. — Charbon. — Salicylate de bismuth. — Naphtol. — Salol laxatif. — Régime alimentaire. — Repas espacés. — Régime sec. — Aliments défendus. — Médications directes sur la dilatation. — Lavages. — Lavage de Tintestin. — Electricité. — Massage. — Ceintures abdominales. — Sangle pelvienne de Glénard. — Traitement thermal. — Traitement des accidents secondaires. — Résumé.
Messieurs, comme je vous le disais dans une de mes der- do ^ nières leçons, c'est Tétude de la dilatation de l'estomac qui **""*^»""" a le plus profondément modifié dans ces dernières années l' estomac. la pathologie et la thérapeutique des affections stomacales. D'abord considérée comme une simple curiosité scientifique, l'ectasie du ventricule n'avait été étudiée jusqu'aux travaux de Bouchard et de ses élèves que comme une alfection secondaire, et l'on avait classé ces ectasies stomacales selon leur origine en des groupes plus ou moins nombreux. Je vous signalerai particulièrement la classification qu'en a donnée Duplay en 1833 (1). En 1869, commencent les travaux aile- Ci) La dilatation de Testomac neuf pintes de liquide; Stengel siest d*abord une curiosité scienti- gnale un estomac renfermant douze fique. C'est ainsi que Plempius au- mesures; Schûrig un estomac courait observé un estomac renfermant tenant 48 litres; Henricus ab Heer
mands sur cette dilatation. Mais c'est à Bouchard que Ton doit le grand mérite d'avoirmontré le rôle pathogénétique de cette dilatation.
Déûnition. Que devcz-vous entendre par dilatation de l'estomac? Je crois que la meilleure définition est celle donnée par Bouchard, qui veut que tout estomac qui ne se rétracte pas quand il est vide soit dilaté, ce qui nous permet de distinguer la distension de la dilatation de Testomac. Laissant de côtelés dilatations symplomatiques qui résultent d'obstacles mécaniques apportés aux fonctions du pylore, rétrécissement ou cancer, je ne m'occuperai ici que de cette dilatation, je n'ose dire essentielle, que nous retrouvons si fréquemment chez un grand nombre de malades, et je passe maintenant aux signes qui vous permettront de reconnaître cette dilatation, symp. On peut par la percussion et la palpation, je dirai même
T^iûu- quelquefois par la vue, reconnaître les dilatés de l'estomac. L'aspect du ventre des dilatés est souvent caractéristique; ce sont des malades le plus souvent à ventre excavé et aux parois abdominales peu contractiles. On peut voir à travers ces parois abdominales sous l'influence du froid se produire
aurait trouvé un estomac qui rem- gastriques ; 3<^ par la mollesse et le
plissait tout Tabdomen; Penzold a si- relâchement de la muqueuse ; V^ en-
gnalé un grand nombre de ces faits, fin par hypertrophie de Testomac.
J.-P. Franck en 1794 fit le pre- Duplay complète toutes les données mier une classification parmi les en 1833 et classe de la façon suivante dilatations, qu'il distinguait en di- les causes de la dilatation : V Toblilatations consécutives au rétrécisse- tération et le rétrécissement du pyment du pylore et en dilatation par lore;2" les adhérences anormales de atonie musculaire. Son fils a com- Testomac; 3® la destruction des fibres piété cette classification. 11 admit musculaires; 4" Tinduration du tissu quatre classes de dilatations, qu*il cellulaire qui avoisine le pylore; distinguait par leur pathogénie. Ce 5* l'atrophie totale de la couche mussent : 1° dilatation par obstacle culaire;6''les tumeurs hydatiques démécanique à la sortie des aliments ; veloppées dans la cavité de Testomac; 2° par défaut de résistance des parois 7** la paralysie de ses parois (a).
(a) Duplay, De l'ampliaiion morbide de Vesiomac considérée surtout sous le rapport de ses causes et de son diagnostic.
tation.
des mouvements rythmiques qui correspondent aux contractions stomacales. Mais c'est là un fait exceptionnel. Aussi faut-il avoir recours à la percussion et surtout à la palpation pour reconnaître cette dilatation. La percussion fournit peu de données; il n'en est pas de même de la palpalion, qui provoque l'un des signes caractéristiques de la dilatation de l'estomac, le bruit de clapotement.
Pour qu'il ait toute sa valeur, il faut que ce bruit se per- du bmu çoive dans un point plus ou moins éloigné des limites nor- tomenT maies de l'estomac. Toutes les fois que vous l'observerez au-dessous d'une ligne menée de l'ombilic au bord costal gauche, vous pourrez dire qu'il existe de la dilatation de l'estomac et plus il se percevra bas dans la cavité abdominale, plus la dilatation sera considérable.
Pour le percevoir, onpeutemployerdeux moyens, ou bien la succussion partielle, ou bien la succussion totale. Pour la première, c'est avec un doigt ou plusieurs doigts de la main que l'on imprime des chocs brusques sur la paroi abdominale. Pour la succussion totale au contraire, c'est en secouant tout l'abdomen du malade que l'on perçoit ce bruit de collision hydro-aérique. Ces deux procédés sont employés. Seulement, je dois vous rappeler que chez les malades impressionnables et chatouilleux la contraction rigide des muscles droits de l'abdomen empêche de constater ce bruit de clapotement. Il faut donc faire respirer largement le malade ou bien détourner son attention pour percevoir ce bruit,
II y a une confusion souvent faite à propos de ce bruit de du garclapotement, c'est le bruit de gargouillement qui se produit *^^"eni^ dans le gros intestin quand il est dilaté. Chomel (1), qui l'un *"*<*«""»»• des premiers a signalé le bruit de clapotement dans ce qu'il
(1) Pins loin encore Chomel rait se confondre avec un bruit ana-
ajoate : logue dont le gros intestin est quel-
c Le clapotement stomacal pour- quefois le siège, qui se produit
appelait la dyspepsie des liquides, insiste sur la nécessité de distinguer le bruit de clapotement stomacal du bruit de gargouillement intestinal. Avec quelque habitude la confusion est facile à éviter. Le timbre des bruits, leur siège, sont des signes très suffisants pour établir cette distinction.
Je vous disais tout à l'heure qu'il fallait faire parler le malade quand on pratique la succussion totale ou partielle de l'abdomen. Il est une autre précaution que je vous indique; c'est, lorsque le malade est à jeun, de lui faire prendre une certaine quantité de liquide. Je passe maintenant à l'étude des troubles fonctionnels qui accompagnent cette dilatation, sans insister sur les autres signes physiques vous permettant de reconnaître cette ectasie et en laissant dans l'ombre le procédé de Leube, qui a proposé de mesurer directement à l'aide d'une sonde rigide l'abaissement de la grande courbure de l'estomac, symp- Les symptômes fonctionnels peuvent faire complètement défaut, et il y a des dilatés de l'estomac qui pendant des mois et des années n'ont éprouvé aucun symptôme dyspeptique. Le plus grand nombre au contraire éprouvent des désordres plus ou moins nombreux, mais surtout caractérisés par des éructations, par un ballonnement de l'estomac, une sensation de lourdeur et de pesanteur qui se prolonge très longtemps après l'ingestion des aliments ; en un mot, tous les symptômes que l'onavait l'habitude autrefois de rattacher à la dyspepsie atonique et à la dyspepsie putrique. L'haleine a une odeur toute spéciale.
également par le mouvement de la lavement, et chez ceux qui sont at-
totalité du tronc, mais mieux encore teints de diarrhée séreuse. La con-
par la pression de la main sur les naissance de ces conditions et le siège
régions occupées par les côlons. On spécial du clapotement sufGsent pour
le rencontre particulièrement chez le distinguer du clapotement intesti-
les sujets qui ont pris récemment un nal (a) >.
{a) Chomel, Des dyspepsies, 1867.
lôincs personnels
Quant aux symptômes concomitants du côté de Tintestin, symp-
, , , , tAmescon-
lis sont spécialement caractérisés par de la constipation comitants. ou de la diarrhée. C'est la constipation qui est le plus ordinairement observée, mais il existe quelquefois de la diarrhée, diarrhée le plus souvent putride et constituée par des matières fécales pâteuses.
Un des organes abdominaux le plus souvent atteints est le ^^^^^2î foie. Quand je vous parlerai du foie au point de vue thérapeu- foi°tique, je vous montrerai Tinfluence de cette glande, véritable barrière placée entre l'organisme et le tube digestif pour s'opposer au passage des ptomaïnes développées dans le tube digestif ou absorbées par lui. Ce rôle de destructeur des alcaloïdes est souvent exagéré, et l'on voit alors se produire des congestions passagères du foie.
Enfin le rein droit, placé sous ce foie fréquemment abaissé Eciopio par la congestion de cet organe, tend à se mobiliser, et cela d'autant plus que le corset chez la femme augmente l'abaissement du foie. De là cette règle qui souffre bien peu d'exceptions, c'est que lorsqu'on constate une ectopie rénale, il existe toujours une dilatation de l'estomac.
Mais il n'y a pas que des troubles intestinaux et abdo- Nodosuéi mmaux déterminés par la dilatation de l'estomac, il en est Bouchard. d'autres bien autrement intéressants et qui se produisent dans une sphère très éloignée de l'abdomen ; c'est d'abord le refroidissement des extrémités : les pieds et les mains deviennent froids, humides, donnant la sensation de la peau des reptiles; c'est ce que Ton a décrit par euphémisme sous le nom de main de serpents. Les doigts se déforment, et l'on voit apparaître alors ces nodosités si bien décrites par l'un de mes élèves, le docteur P. Legendre (a), nodosités auxquelles on donne le nom de nodosités de Bouchard.
(a) Paul Logondro, Dilatation de l'e$tomac et fièvre tuphoide. Thèse de Paris, I88G.
sjmpiè- Puis, couronnant la scène, apparaissent alors des troubles gén'éwux. généraux qui peuvent revêtir deux grands caractères : les uns constituent la diathèse rhumatismale, et l'on voit survenir alors Tensemble symptomatique qui caractérise Tarthritisme. Nous avons vu que Coutaret attribuait cette même diathèse rhumatismale à la gastrite chronique. Je n'insisterai pas davantage sur ces troubles arthritiques, me proposant de les traiter dans leur entier lorsque je parlerai du traitement du rhumatisme et de la goutte. Mais bien plus intéressante est Tétude des troubles nei'veux qui accompagnent cette dilatation de-l'estomac et que j'ai décrits sous le nom de neurasthénie gastrique.
Ncura»- D^ns uuc Icçon sur les Nouvelles Médications ^ 2® série j j'ai '^t?*® consacré à l'étude de cette neurasthénie une conférence tout
gastriquo.
entière (a). J'y renverrai ceux qui veulent approfondir ce sujet; je les renverrai aussi à l'excellent travail d'un de mes élèves, le docteur Blanc-Champagnac, qui a consacré sa thèse inaugurale à cette étude (b). Je ne ferai donc ici que vous résumer à grands traits l'histoire de cette neurasthénie.
Les anciens, comme je vous l'ai signalé, dans mes premières leçons, avaient insisté longuement sur les rapports qui existaient entre les troubles nerveux et les affections de l'estomac, et je vous rappelle à cet égard les citations que j'ai faites des œuvres d'Hippocrate et de Galien.
Ces faits qui étaient si connus de l'antiquité paraissent avoir été oubliés pendant longtemps. Cependant les personnes qui s'occupèrent des affections du système nerveux renouvelèrent les obsei'vations des médecins de l'antiquité et s'efforcèrent de rattacher à l'estomac un certain nombre de ces troubles nerveux. Ces faits devinrent encore plus précis
(a) Dujardin-Bcaumetz, Nouvelles Médicalions, 2« série, Leçon sur la neurasthénie gastrique^ p. 35, Paris, 1891.
(6) Blanc-Chainpagnac, Etude palhogénétique et thérapeutique sur la dilatation de l'estomac et sur son influence sur la neurasthénie. Thèse de Paris, 1890.
lorsque, sous la dénomination vague de neurasthénie, de nervosisme, on s'efforça de grouper les phénomènes nerveux qui s'éloignaient de Thystérie proprement dite et de la mélancolie.
Beard, qui fut l'un des créateurs de ce mot neurasthénie, s'empressa de décrire une neurasthénie gastrique, c'està-dire ayant pour point de départ le trouble fonctionnel de l'estomac. Mais ce fut surtout après les travaux de Bouchard sur la dilatation de l'estomac et la connaissance plus exacte des toxines que sécrète l'économie, et cela à la suite des travaux d'Armand Gautier et de Brieger, que cette question de la neurasthénie gastrique prit une direction nouvelle.
Aujourd'hui que nous recherchons avec plus de soin les symptômes de la dilatation, il est certain que nous voyons un nombre très notable d'individus chez lesquels on trouve un ensemble symptômatique tout spécial qui caractérise cette neurasthénie d'origine gastrique. Ce sont, comme les a appelés Trastour, les déséquilibrés du ventre.
Les symptômes nerveux présentent les formes les plus bizarres, sans offrir cependant les caractères essentiels de l'hystérie. Mais ce qui domine, ce sont les deux facteurs suivants : épuisement général des forces, douleurs névralgiques multiples, enfin tendance aux idées tristes.
Bien des hypothèses ont été faites pour expliquer la rela- Paihogénie lion de cause à effet qui peut exister entre la dilatation de l'estomac et ces troubles nerveux. Elles peuvent être rangées sous trois chefs principaux : les théories mécaniques, les théories humorales et les théories nerveuses. C'est Glénard (i) qui a le plus insisté sur les théories mé-
(i) GuiUeret, qui a fait une bonne 1* L'entéroptose pure, ou accoro-
revue clinique de l'entéroptose de pagnée d'autre ptôse des organes
(ilénardy adopte les conclusions sui- abdominaux, est une entité morbide
Tantes qui résument celles du méde- nettement déûnie, très fréquente, et
dn de Lyon < dont la fréquence s'accroît avec l'ba-
delà dilatation.
caniques. Se fondant sur certaines dispositions delà statique abdominale, il a soutenu que la dilatation de Festomac était toujours la conséquence de déplacements de certaines portions de rintestin par rapport à d'autres, déplacements auxquels il a donné le nom de ptôses. La dilatation de l'estomac serait une splanchnoptose dépendant du déplace-
bileté à en porter le diagnostic, sous les symptômes les plus variés, grâce à une meilleure classilicalion des signes subjectifs et à des procédés plus exacts d'exploration objective;
2** Cette entité est caractérisée anatomiquement par le prolapsus du coude droit du côlon et de la première anse transverse. C'est là la lésion organique fondamentale, constante et irrémédiable de Tentéroptose;
3** L'affection décrite sous le nom de rein mobile doit être considérée comme étant, en réalité, une affection du tube digestif. 11 y a des entéroptoses sans néphroptose, mais il n'y a pas de néphroptose sans entéroptose. 11 y a lieu d'ouvrir en nosologie un chapitre particulier pour Veniéroptosedxxmaladie deGlénard^ chapitre dans lequel rentreront, à titre de variétés de cette maladie, les diverses splanchnoptoses : entéronéphroptose, hépatoptose, splénoptose, métroptose, maladies qui impliquent ridée de diminution de la tension abdominale et d'entéroptose ;
4" De même que, chez un sourd, la première chose à faire est d'examiner ses oreilles, de même, dans toute affection mal déterminée où il existe des symptômes dyspeptiques, on devra insister sur la description de ces symptômes, et examiner systématiquement l'abdomen (méthode d'exploration de Glénard) ;
5" 11 faut attacher, dans l'interro-
gatoire des dyspeptiques, une grande importance, non seulement à la digestion elle-même, mais encore aux grandes fonctions de la vie végétative : genre d'alimentation, sommeil, état des forces, état des seUes, tout autant de phénomènes qui, en général, sont trop négligés.
On aura présents à l'esprit les symptômes qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic d'entéroptose :
Faiblesse générale^ insomniey constipatiouy intolérance pour certains alimeniSf symptômes qui, malgré leur peu de valeur apparente, sont les signes fondamentaux caractéristiques de cette entité morbide. Ce sont ces symptômes subjectifs qui apparaissent dès Torigine de Tentéroptose, avec la tension et la sensibilité du cœcura comme seuls signes objectifs de début;
6* Dans Tinterrogatoire de tout dyspeptique, on tiendra grand compte de l'étiologie, car l'élément étiologique (traumatisme, efforts répétés ou accidentels, chute, accouchement, pour l'entéroptose primitive; dyspepsie ancienne, lièvre typhoïde, typhlite, péritonite partielle, pour l'entéroptose secondaire), joue un rôle important comme présomption du diagnostic de cette maladie ; en tont cas, il sert à la spéciGer (entéroptose traumatique, puerpérale, primitive, secondaire, etc.);
7» La méthode rationnelle du traitement de l'entéroptose doit répondre
ment primitif du coude droit du côlon. Celte entéroptose serait la cause essentielle de la dilatation de restomac et de Tectopie rénale, qui ne serait qu'une néphroptose.
Cette théorie ingénieuse n'a pas été admise sans conteste, et dans un récent travail purement anatomique, le D' Formont (4) a soutenu que le point de départ de la théorie de Glénard n'était pas exact et qu'on n'observait pas à l'état normal la disposition anatomique qui est pour Glénard le point de départ de toute sa théorie.
La théorie de Bouchard est beaucoup plus physiologique, ThëoKo de et elle a pour elle non seulement les faits acquis par l'étude de la chimie biologique, mais encore des résultats thérapeutiques. La dilatation de l'estomac pour Bouchard serait le point de départ d'une mauvaise digestion des aliments, ce qui produirait une augmentation dans la production des toxines stomacales et intestinales, et ces toxines en pénétrant dans l'économie produiraient une auto-intoxication dont les symptômes se traduiraient par ceux que nous observons chez les neurasthéniques gastriques.
Cette théorie me paraît exacte et elle rend parfaitement compte des symptômes observés. Seulement, elle n'explique pas le début de la dilatation de l'estomac, et c'est ici qu'interviennent les théories nerveuses, théories qu'adopte Bouveret
simultanément aux indications sui- c En résumé, les symptômes
vantes : décrits par Glénard sont vrais, le
Combattre le prolapsus viscéral et traitement qu'il a institué contre augmenter la tension abdominale eux donne de bons résultats, mais (sangle pelvienne), lutter contre Ten- les considérations sur lesquelles il téroptose fonctionnelle (laxatifs), to- s'appuie pour arriver à établir son nifier les organes digestifs (alcalins, entité morbide, entéroptose ou entérégime de viande et œufs, cure de rosténose, sont purement théoriques Vichy, hydrothérapie). et ne répondent à aucun des faits
(1 ) Voici les conclusions finales de constatés par nous sur le cadavre (a). > la thèse de M. Froment :
(a) Fromont, Anatomie de la portion abdominale de Vintestin, Thèse de Lille,
CLllflQtJB TBÉRAP., 6* édit. I. — 34
dans son récent travail sur la neurasthénie. En effet, la dilatation ne serait, pour ceux qui adoptent l'origine nerveuse de Tectasie gastrique, qu'une conséquence de lapai^ésie de la couche musculeuse de l'estomac ayant son point de départ dans un état morbide encore mal défini du système nerveux. Puis surviendrait la série des accidents causés par Tautoîntoxication.
A coup sûr la dilatation parait être une affection héréditaire et pour ma part j'en ai vu de très nombreux exemples ; elle peut rester latente durant une grande période de la vie, puis les phénomènes neurasthéniques se montrent tardivement. Donc, je suis disposé à admettre qu'en effet c'est à une influence héréditaire, portant probablement sur le système nerveux, que l'on doit l'origine de cette dilatation.
Quand on embrasse d'un coup d'œil général tous les cas troubles de dilatation chez les pereonnes présentant des troubles et de la ucrvcux, OU voit qu OU peut les grouper en deux classes distinctes. Chez les uns, la dilatation de l'estomac ne parait pas avoir d'influence sur les phénomènes nerveux. On dirait que les troubles nerveux et les troubles de la dilatation de Teslomac marchent de pair sans influer l'un sur l'autre; et si dans ces casnous intervenons par une médication exclusive dirigée contre la dilatation de l'estomac, nous améliorons les troubles digestifs sans modifier l'intensité des phénomènes nerveux.
Dans un autre groupe au contraire, il existe une relation évidente, indéniable entre les désordres fonctionnels dusys* tème nerveux et la dilatation de Teslomac et il suffit d'intervenir par une thérapeutique appropriée et dirigée exclusivement contre la dilatation de l'estomac pour atténuer et faire disparaitre ces troubles nerveux.
Ces troubles peuvent présenter une marche lente, c'est ce qui arrive le plus souvent pour la neurasthénie dont je
Déi
dilatation.
viens de parler, ou bien au contraire une marche rapide caractérisée par des convulsions tétaniformes analogues à la contracture des extrémités. Après Kussmaul, j'ai montré plusieurs cas de ces contractures suivis de mort.
J'arrive, messieurs, à la partie la plus intéressante de Trtîtemont cette leçon, c'est-à-dire au traitement de la dilatation de duatoUon. l'estomac.
Ce traitement comporte deux grandes indications : d'abord modifier l'état fonctionnel de l'estomac et de l'intestin, puis combattre les troubles secondaires, deutéropathiques, comme l'on dit, qui résultent de ces troubles fonctionnels.
Pour remplir la première indication, nous mettrons en ïn^icaœuvre deux ordres d'agents thérapeutiques, les premiers ihëmpeu. constituant par leur ensemble l'antisepsie médicale, les se- "''"*'' conds, au contraire, formant le groupe des procédés mécaniques.
L'antisepsie médicale, le premier de ces agents thérapeu- Antisepsie tiques, comprend lui-même plusieurs subdivisions; d'abord '"*^o. les moyens pharmaceutiques qui ont pour but surtout de modifier les fermentations stomacales et intestinales ; puis des laxatifs destinés à mettre hors les toxines intestinales, enfin un régime alimentaire ayant surtout pour but de diminuer les boissons et d'introduire le moins possible de ptomaïnes dans l'économie.
Examinons d'abord les premiers agents thérapeutiques, c'esl-à-dire les moyens pharmaceutiques que nous pouvons mettre en œuvre.
Ces agents sont essentiellement formés par des substances Médicaantifermentescibles , et nous aurons à étudier successivement "ep^i^uo!! le charbon, le salicylate de bismuth, le naphtol et le salol. Avant Tapplication thérapeutique de ces trois derniers corps j'avais proposé l'eau sulfo-carbonée. Aujourd'hui je reconnais que le naphtol et surtout le salol lui sont bien supé-
rieurs; aussi ai-je abandonné cette eau sulfo-carbonée.
Charbon. Quant au charbon, c'est à Belloc que Ton doit son introduction dans la thérapeutique sous le nom de poudre de charbon de Belloc. Le charbon (4) est plutôt un absorbant et un désinfectant qu'un antifermentescible, et les expériences de Bouchard ont montré que si le charbon était assez puissant pour faire disparaître l'odeur des garde-robes, il ne les privait pas de leur pouvoir septique.
saueyiate II n'cu cst pas dc mèmc du salicylate de bismuth. J'ai été
bismuth, le premier à introduire il y a dix ans, dans la thérapeutique, ce corps qui avait été préparé par Schlumberger. En 1882, Vulpian reprit cette étude en l'appliquant à la fièvre typhoïde, et depuis les travaux de Bouchard le salicylate de bismuth s'est substitué peu à peu au sous-nitrate de bismuth. Je reviendrai d'ailleurs sur l'histoire de ce corps lorsque je vous parlerai du traitement de la diarrhée. Qu'il me suffise de vous dire que d'après le travail de mon élève Jaillet et de Ragoucy (a), les salicylates de bismuth commerciaux contiennent toujours de l'acide salicylique libre.
Naphtoi. C'est à Bouchard que l'on doit le naphlol, qu'il a substitué à l'iodoforme, puis à la naphtaline. Il y a deux espèces de naphtol, le naphlol a et le naphlol ^. Le premier plus soluble que le second, mais aussi plus irritant, saioi. Quant au salol dont je vous ai déjà parlé, c'est un salicylate de phénol qui ne se décompose que dans les milieux alcalins. C'est en associant ces trois corps et en les unissant aux pou-
(1) Charbon végétal. Il est préparé Le charbon le plus employé est
avec le bois de saule, de peuplier ou celui du peuplier lavé, de Belloc. On
de hêtre. Donné à Fintérieur, il agit, l'administre à la dose d'une coilie-
d'aprèsGubler, comme léger excitant rée à soupe dans un peu de pain
et comme absorbant mécanique. azyme
(a) Jaillet, Des salicylates de bismutfi (Bulletin de thérapeutique, 1883, t. CV, p. 113). — Ragoucy, Sur la composition des salicylates de bismuth {Bull, de thér., 1883, t. CV, p. 328).
dres de magnésie et de bicarbonate de soude que Ton constitue ces cachets médicamenteux antiseptiques qui jouent un rôle prépondérant dans l'antisepsie stomacale et intestinale. Vous pouvez varier à Tinfini ces préparations, et voici les trois formules dont je me sers le plus souvent. Dans les cas les plus simples, j'emploie le mélange suivant :
7f Salicylate de bismuth )
Magnésie anglaise > ââ 10 grammes.
Bicarbonate de soude )
en trente cachets médicamenteux.
Mais lorsqu'avec de la putridité stomacale il y a de la putridité intestinale, j'use de la formule suivante :
^ Salicylate de bismuth \
Salol [ ftà 10 grammes.
Magnésie anglaise /
En trente cachets médicamenteux.
Enfin lorsqu'il existe de la diarrhée, c'est au mélange suivant que j'ai recours :
¥ Salicylate de bismuth
« I I j aa 15 grammes.
jâa15
Entrente cachets médicamenteux.
'' Quelle que soit la forme que vous adopterez, il est bien entendu que le malade prendra un de ces cachets au déjeuner et au dîner.
La seconde indication de l'antisepsie intestinale, c'est de uiaur*. chasser au dehors les toxines de Tintestin. Vous l'obtenez par les laxatifs et en particulier par les eaux purgatives naturelles ou par les poudres dites laxatives. Je fais souvent usage de Fassociation suivante :
espaeéf.
•ec.
y Follicules de séné passés à Talcool en poudre. ) g grammes
Soufre sublimé )
Anis étoile en poudre ) .. « „^^^^„
-, ., "j âà 3 grammes*
Fenouil en poudre )
Crème de tartre pulvérisée 2 grammes.
Réglisse en poudre 8 grammes.
Sucre en poudre 25 grammes.
Régime Puis arrive le régime alimentaire.
lairer C'est là uii des points les plus importants du traitement de la dilatation de l'estomac et vous devez tenir la main à ce que ces prescriptions soient rigoureusement observées.
Repas Je vous ai dit que d'après les recherches de Leube, un estomac sain devait être absolument vide sept heures après Tadministration d'un repas. Pour les dilatés il n'en est plus de même, et souvent sept heures après le repas le bruit de clapotement indique que l'estomac s'est incomplètement vidé, d'où la nécessité d'éloigner les repas. Dans les cas graves, le malade ne devra faire que deux repas, l'un à 10 heures, l'autres à 7 heures et vous lui défendrez de manger entre les repas.
Régime Les liquides, comme l'avait remarqué Ghomel, sont mal supporté par les dilatés, d'où cette seconde indication de réduire autant que possible les aliments liquides et les boissons et de soumettre le malade à un régime sec. Vous ne lui ferez donc boire que un verre et demi de liquide aux repas, vous lui défendrez de boire entre les repas, vous supprimerez les soupes trop liquides et enfin vousinterdirezle thé et le café au lait.
Enfin à propos de ces boissons, n'oubliez pas que les substances tanniques ont un mauvais efl*et chez les dilatés; aussi les vins de quinquina, les préparations ferrugineuses, les vins tanniques, doivent-ils être tous proscrits : ils ont des efiets désastreux chez les dilatés. Il en est de même des eaux gazeuses et des vins pétillants. Vous ordon-
nerez donc des vins blancs très légers coupés avec de Teau ordinaire ou de l'eau d'Âlet.
Quant aux aliments, la règle que vous devez adopter dans Aliments leur prescription est la suivante. Il faut repousser tous les ^^'*"^'"' aliments qui par leur putridité et leur altération peuvent introduire des toxines dans Testomac et Tintestin; de là la suppression du poisson, du gibier, des mollusques, des crustacés, des fromages faits; de-là aussi la nécessité de préférer aux viandes saignantes les viandes très cuites telles que le poulet au riz, le bœuf à la mode, le veau en gelée, les volailles en daube, le bouilli, le fricandeau et les viandes braisées; de là enfin les avantages du régime végétarien sur le régime carné.
Le second groupe des agents s'adressant directement à Médict- Testomac et à l'intestin comprend les agents mécaniques, àitleten J'ai à vous parler ici du lavage deTestomac et de l'intestin, duautto». de Télectricité, du massage et enfin des ceintures abdominales.
Le lavage de l'estomac n'est pas applicable à tous les '-•^•ire. cas de dilatation de l'estomac. Il faut réserver cette méthode pour la cure des dilatations considérables. Lorsqu'il y a une putridité extrême du contenu stomacal, non seulement vous laverez l'estomac, mais encore vous le désinfecterez, et pour cela vous userez de solutions naphtolées, 50 centigrammes de naphtol oc pourl litre d'eau.
Chez les dilatés, ces lavages ne doivent pas être trop sou« vent répétés ; vous ne devez faire ce lavage qu'une fois par jour et même tous les deux jours. On voit en effet .dans certains cas où ces lavages sont répétés deux à trois fois par jour, se produire des accidents nerveux et tétaniformes souvent assez graves pour entraîner la mort.
Gomme je vous le dirai dans mes leçons sur la thérapeu- Lataçe de tique des affections intestinales, il existe une dilatation du *'*"'®'""-
gros intestin très analogue au point de vue pathogénétique à la dilatation de Testomac et pouvant s'accompagner, comme pour cette dernière, de symptômes neurasthéniques. Dans ces cas ce n'est plus le lavage de l'estomac qu'il faut pratiquer, mais bien celui du gros intestin appliquant ici la méthode que Gantani a décrite sous le nom d'entéroclisme. Vous emploierez comme pour les lavages de l'estomac les solutions naphtolées.
Éiectri. L'électricité a été aussi appliquée à la cure des dilatations de l'estomac. On espérait en s'adressant directement aux fibres musculaires du ventricule amener des contractions et le retrait de la cavité stomacale. Bardet avait même construit un appareil très ingénieux pour pratiquer cette électrisation stomacale. Quoique Baraduc ait repris dans ces derniers temps ces mêmes recherches, je crois qu'elles doivent être abandonnées. Je n'ai jamais vu, pour ma part, l'électricité diminuer l'étendue des ectasies stomacales.
Massage. Lc massago est mieux indiqué ; non pas qu'il guérisse la dilatation, mais il permet d'activer le passage des aliments de l'estomac dans l'intestin, et, déplus, lorsqu'il est appliqué au gros intestin, ce massage combat activement la constipation. Dans mon Hygiène thérapeutique j'ai décrit les procédés à employer pour pratiquer ce massage stomacal et intestinal, et je vous renvoie à ce que j'ai écrit à ce sujet (a). La pratique qu'il faut mettre en œuvre est celle de mon élève le docteur Hirschberg, qui a fait des travaux et consacré sa thèse inaugurale à cette étude du massage abdominal (1).
(1) Le massage de l'estomac com- Pour le premier, vous faites
prend deux parties : le massage des d'abord un eflflcurage des muselés
muscles de Fabdomen et le massage obliques suivi de quelques malaxa-
de l'estomac. tiens lentes et superficielles et de
(a) Dujardin-Beaumetz, Hygiène thérapeutique^ 2* édition, Paris, 1880, p. 59.
DE LA DILATATIOiN DE L'ESTOMAC. 537
Quant aux ceintures abdominales, c'est Glénard qui a le ceimurci plus insisté sur l'utilité de leur emploi, il a même pensé 'mIm. trouver dans cette utilité une confirmation de sa théorie des
Sangle pelvienne en place.
ptôses. Mais je crois que l'on peut expliquer tout aussi bien les bons effets qu'on retire d'une contention efficace des
quelques hachures ; ensuite on pro- cela, après avoir délimité Testomac, cède au massage de l'estomac. Pour on produit, avec la paume d*une
parois de l'abdomen en soutenant que cette contention diminue les tiraillements que provoque l'abaissement exagéré de l'estomac et permet surtout de maintenir dans une
Sangle immobilité relative le rein déplacé. Aussi dans tous les cas ^* d?*** où vous aurez affaire è des dilatations considérables, et sur-
Giénard. j^^j ^^^^ ^^^^ j^^ ^^^ ^^ jj oxistcra uu déplacement du rein,
vous devrez employer ces ceintures; et la meilleure à coup sûr est celle que je mets sous vos yeux et à laquelle Glénard a donné le nom de sangle pelvienne (1). Traitement j'^jj aurai fini avcc tous les agents médicamenteux qui
Ihorroal. ® ^
s'adressent à l'estomac en vous parlant de la cure thermale. Glénard vante beaucoup les eaux alcalines. Deschamps soutient la suprématie des eaux de Châtel-Guyon comme modifiant heureusement les fonctions intestinales. Mais ce que je vous recommande particulièrement, c'est de repousser de votre thérapeutique les eaux gazeuses et d'utiliser surtout comme eaux de table les eaux d'Alet et de Fougues. Traitement La sccoudc ludicatiou à remplir dans la cure de la dilata-
des aeei*
main ou des deux mains, des près- l'une des extrémités, on place paraisions d'abord légères, puis de plus lélement trois bandelettes de tissu en plus fortes, qui vont de la grosse élastique de i centimètres et demi tubérosité de l'estomac vers le de large sur 30 centimètres de long; pylore ; puis on s'efforce de saisir à l'autre extrémité, on adapte trois l'estomac et de le malaxer en pous- boucles de 5 centimètres de large, sant toujours la masse alimentaire placées l'une à côté de l'autre dans vers le pylore, et on termine la le sens de la longueur. Des sousséance, qui ne doit pas durer plus cuisses maintiennent cette ceinture à d'une demi-heure, par un massage la partie inférieure de l'abdomen, de de l'intestin et surtout du côlon (a), telle sorte qu'elle soit placée juste
(1) Voici la description que donne au-dessus du pubis et que son bord
Glénard de sa sangle pelvienne : supérieur ne dépasse pas la crête
c C'est une bande de tissu élas- iliaque de plus d'un travers de
tique de 12 centimètres de large et doigt (6) ». de 68 à 75 centimètres de long. A
(a) Hirschberg, Massage de Vabdomen; son action sur la diurèse (Thèse de Paris, 1889, et Bulletin de thérapeutiquey 30 septembre 1887 et 30 septembre 1889, t. CXVni, p. 259).
(b) Glénard, Exposé sommaire du traitement de Veniéroptose (Lyon médical^ 26 juin 1887, t. LV, p. 287).
denti secondaires.
tion de restomac s'adresse aux afTections deutéropathiques qui ont pour origine cette dilatation ; tantôt ce sera une médication s'adressant à Tarthritisme, tantôt aux troubles nerveux, et dans ce dernier cas c'est l'hydrothérapie, la kinésithérapie, les exercices, en un mot tous les moyens dont je TOUS parlerai à propos de la cure du nervosisme. S'il fallait maintenant me résumer, je le ferais, si vous le voulez bien, sous forme d'une ordonnance que nous supposerons s'adresser à une dilatation moyenne de l'estomac. Vous formuleriez ainsi cette ordonnance :
1 "" Le malade prendra à chacun de ses repas un des cachets Ré«nmé. médicamentaux suivants :
Tf Salicylate de bismuth. )
Magnésie anglaise > àft 10 grammes.
Bicarbonate de soude )
. En trente cachets.
2** Prendre le soir, en se couchant, dans un demi-verre d'eau, une cuillerée à dessert de la poudre suivante :
9 FoUicules de séné, passés à Talcool, en poudre.. ) ^
Soufre sublimé...! !..... j " 6 grammes.
Fenouil en poudre ) ^ ^
An is étoile en poudre ) ^
Gréme de tartre pulvérisée 2 grammes.
Réglisse en poudre » 8 grammes.
Sucre en poudre 25 grammes.
3* Prendre chaque jour une douche froide en jet le long de la colonne vertébrale. La durée de la douche ne dépassera pas quinze secondes (si c'est une dame, on devra doucher les pieds avec de l'eau chaude). Frictions sèches énergiques après la douche avec un gant de crin.
4* Les promenades en plein air, les exercices musculaires (gymnastique de l'opposant, escrime, etc.), sont favorables.
5^ Suivre avec rigueur l'hygiène alimentaire suivante :
mettre au moins sept heures entre les deux principaux repas. Si le malade fait trois repas par jour, le premier aura lieu à 7 heures et demie, le deuxième kil heures et demie et le troisième à 7 heures et demie. S'il n'en fait que deux, le premier aura lieu entre 10 et 11 heures et le deuxième à 7 heures. Ne jamais manger ni boire entre les repas.
Faire prédominer dans l'alimentation les œufs, les féculents, les légumes verts et les fruits.
a Les œufs seront très peu cuits (crèmes).
b Les féculents seront en purée (purée de pommes de terre, de haricots, de lentilles, revalescière, racahout, farine lactée, panades passées, riz sous toutes les formes, pâtes alimentaires, nouilles, macaroni, fromentine).
c Les légumes verts seront très cuits (purée de carottes, de navets, de julienne, de petits pois, salades cuites, épinards).
dhes fruits seront en compote, sauf les fraises et le raisin.
Comme pain, prendre du pain grillé. Repousser de l'alimentation le gibier, le poisson, les mollusques, les crustacés et les fromages faits, ainsi que les aliments trop liquides et en particulier les soupes liquides. Prendre, au contraire, des soupes épaisses, sous forme de bouillies au gruau de blé, de riz, de maïs, d'orge et d'avoine.
Préférer aux viandes saignantes les viandes très cuites, telles que le bœuf à la mode, le veau en gelée, le fricandeau, le poulet au riz, les volailles en daube, les viandes braisées. Les viandes gélatineuses, telles que les pieds de mouton, tête de veau peuvent être favorables.
Pour les boissons, ne prendre qu'un verre et demi (300 grammes) d'un mélange de vin blanc léger avec de l'eau ordinaire ou de l'eau d'AIet ; pas de boissons gazeuses; pas de vin pur; pas de liqueurs.
Les promenades en plein air, les exercices du corps sont éminemment favorables.
Telles sont les règles thérapeutiques qui s'appliquent à la cure de la dilatation de l'estomac. Maintenant que nous connaissons le traitement des principales affections de Testomac : cancer, ulcère, gastrite chronique, dilatation, nous allons étudier les dyspepsies, ou du moins ce qui reste de ce groupe des maladies de Testomac, et examiner la thérapeutique qui leur est applicable.
TREIZIÈME LEÇON
Sommaire. — Des dyspepsies chimiques. — Division des dyspepsies. -^ Des moyens de diagnostic* — Derhyperchlorhydrie. — De lagastroxie. — De Thyperchlorhydrie chronique. — Symptômes. — Traitement. — Des alcalins. — Des doses administrées. — Moment de l'administration. — Variétés des alcalins. — Traitement thermal. — Des hypochlorbydries. — De la médication acide. — De la pepsine. — Des peptones. — Des amers; quassia et colombe. — Des tisanes améres. — Des dyspepsies chimiques par fermentation.
Messieurs, je me propose de consacrer cette leçon à Des
Il r 1 1 1 • «t f dyspepsies
I étude des dyspepsies, et j avoue que ce n est pas sans un certain embarras que j'aborde un pareil sujet qui est plein d'obscurité et de difficultés. Sous ce nom de dyspepsie on a compris un grand nombre d'afFections, et à un moment même toute la pathologie stomacale fut renfermée dans ce mot. Aujourd'hui on s'est efforcé de donner des limites plus précises à ces troubles fonctionnels de l'estomac, et celui qui a été le plus loin dans cette délimitation est à coup sûr le professeur G. Sée.
Prenant pour caractéristique exclusive de la dyspepsie les do» troubles chimiques qui se produisent dans la composition chimiîws! du suc gastrique en dehors de toute lésion viscérale, il a pu dire, en s'inspirant d'un mot prononcé autrefois par un grand homme d'État : « Les dyspepsies seront chimiques ou ne seront pas. » Et comme ces altérations se produisent sous deux formes : diminution dans l'acidité du suc gastrique ou exagération d'acidité de ce suc, il avait été conduit à classer les dyspepsies en deux groupes : les dyspepsies hyper-»
chlorhydriques et les dyspepsies hypochlorhydriques, tous les autres troubles fonctionnels de Testomac qui ne s'accompagnent pas de modification chimique devant être rangés, selon lui, dans le groupe des névroses.
Pour établir cette division, G. Sée et ses élèves s'étaient basés exclusivement sur l'absence ou l'exagération de l'acide chlorhydrique libre dans le suc gastrique et sur les réactifs colorants et en particulier sur celui de Gunzburg pour établir non seulement l'existence de la dyspepsie, mais encore le groupe auquel elle doit appartenir. Malheureusement, les recherches entreprises par Hayem et par Winter sur le chimisme stomacal k l'état normal et à l'état pathologique ont détruit en grande partie tout cet échafaudage.
Le procédé d'analyse du suc gastrique proposé par ces auteurs et dont je vous ai d'ailleurs entretenus dans ma seconde leçon, porte non plus exclusivement sur l'acide chlorhydrique libre mais sur l'acide chlorhydrique total, c'est-à-dire soit combiné, soit libre; cet examen à montré qu'il fallait reprendre à nouveau l'étude de cette question.
Tout en admettant que le pouvoir chlorhydro-peptique du suc gastrique peut être le point de départ de dyspepsies auxquelles le professeur Hayem propose les dénominations d'hyperpepsie, hypopepsie et apepsie, selon qu'il se trouve exalté, diminué ou supprimé, il reconnaît cependant qu'il y a d'autres phénomènes qui peuvent se montrer en dehors de ces actes chimiques défectueux et appartenant au groupe des dyspepsies. C'est là aussi l'opinion que j'avais soutenue il y a longtemps, lorsque j'ai fait paraître ma première édition de Clinique thérapeutique, c'est-à-dire il y a près de douze ans.
Diviiion Appliquant le mot dyspepsie à l'ensemble des fonctions dyipeTtiei. digestives, j'avais étudié successivement une dyspepsie buccale, stomacale et intestinale. Pour les dyspepsies stoma-
cales, examinant chacune des parties constituantes de Testomac, j'avais montré qu'il y avait pour chacune de ces parties constituantes, couche musculeuse et couche muqueuse, des troubles fonctionnels caractérisés par l'exagéralion, ou bien par la diminution, ou bien encore par la perversion de cette fonction. Pour les troubles fonctionnels de la muqueuse, nous voyons que cette même division est adoptée soit par l'école allemande et le professeur G. Sée, soit par le professeur Hayem.
Les dyspepsies motrices, que l'on peut opposer aux dyspepsies chimiques, étaient représentées par la dyspepsie atonique, caractérisée par la parésie de la couche musculaire ou bien par l'exagération de ses contractions et de leur perversion, c'est-à-dire par le vomissement et le mérycisme. Enfin l'estomac reçoit des nerfs qui président à un sens spécial, celui de la faim et de la soif, et, d'autre part, aux phénomènes sensitifs de l'estomac.-Ce sont les troubles de ces différents nerfs qui constituent les dyspepsies nerveuses.
Quelque artificielle que soit cette classification, elle offre le grand mérite de pouvoir classer tous les traitements que nous pouvons opposer aux troubles fonctionnels de l'estomac. Aussi, sans y attacher beaucoup d'importance, j'étudierai successivement dans des conférences distinctes les dyspepsies chimiques, puis les dyspepsies motrices, les dyspepsies nerveuses, les dyspepsies buccale et intestinale, et je terminerai par une étude sur les troubles fonctionnels de l'estomac dans la première enfance, la dyspepsie des nouveau-nés.
Je ne saurais trop le répéter, cette division en dyspepsies chimiques, motrices et nerveuses est absolument artificielle ; et si je l'ai adoptée, c'est que je me suis placé bien plus sur le terrain de la thérapeutique que sur celui de la clinique, car, à ce dernier point de vue, chacune de ces formes de dyspep-
CLUflQDE TfliRAP.» 6« édiU I. — 3S
sie est bien rarement isolée ; elles se combinent entre elles. S'il fallait adopter une division absolument clinique de ces troubles de l'estomac, il faudrait diviser les dyspepsies en dyspepsies irrilatives et dyspepsies aloniques. Dans les premières vous trouverez l'hyperacidité, les crampes, les vomissements et les phénomènes douloureux ; dans les secondes au contraire on constate l'anachlorhydrie, la parésie de la couche musculeuse et l'absence des phénomènes douloureux.
Après toutes ces réserves, je vais aborder l'étude des dyspepsies chimiques, qui fait l'objet de cette leçon ; mais avant de le faire je tiens à vous dire sur quelles bases doit être établi le diagnostic de pareilles affections. La seule méthode véritablement scientifique, le seul procédé positif, c'est l'examen chimique du suc gastrique, que vous vous serviez des procédés approximatifs fournis par les réactifs colorants ou bien que vous preniez comme base de vos recherches la méthode plus scientifique d'Hayem et de Winter. Malheureusement, pour faire une pareille analyse il faut pratiquer le lavage de l'estomac, et bien des malades repousseront cette pratique faite dans un but de diagnostic.
Les partisans de ces méthodes ont voulu comparer l'analyse du suc gastrique à celle des urines; la comparaison ne peut être établie, car l'analyse des urines se fait sans souffrance du malade, et l'on ne peut pas en dire autant du lavage de l'estomac. Mais en admettant même que cette pratique soit adoptée par le plus grand nombre des dyspeptiques, il y a encore un point qu'il ne faut pas oublier et qui vient jeter quelque doute sur la valeur de ces méthodes; c'est que le chimisme de Testomac n'a pas une réaction constante, et il suffit que le malade ait pris, la veille, certains aliments ou certaines boissons, pour modifier, le len-
demain, l'acidité du suc gastrique. Une seule analyse ne suffit donc pas ; il faudrait pratiquer une série d'analyses pour avoir une opinion positive sur le chimisme stomacal du dyspeptique qu'on est appelé à soigner. Ce sont donc là des circonstances qui limiteront toujours dans une grande mesure ^application de pareilles méthodes à notre clinique courante et journalière et ce n'est que dans des eas excep-* lionnels que vous devrez avoir recours à de pareils procédés.
Comme je vous l'ai dit, les dyspepsies chimiques sont ca- »«• ractérisées essentiellement par la diminution ou l'augmen* dingoosue. talion du pouvoir chlorhydro-peptique de l'estomac : hypochlorhydrie ou hyperchlorhydrie de G. Sée; hypopepsieou hyperpepsie d'Hayem. Examinons d'abord l'exagération de l'acidité du suc gastrique.
L'hyperchlorhydrie ou l'hyperpepsie peut se montrer sous L^yperdeux formes, la forme aiguë et la forme chronique. Je laisse drie. bien entendu dans l'ombre la* forme ulcéreuse, que j'ai déjà étudiée avec vous dans ma leçon sur l'ulcère rond de l'estomac .
L'hyperchlorhydrie aiguë s'offre au point de vue clinique sous deux types : l'un qui est symptomatique des affections tabétiques; l'autre, encore mal connu, qui constituerait la gaslroxie ou gastroxyusis. Pour le premier type, c'est Sahli qui a montré que les crises stomacales des tabétiques s'accompagnaient d'hypeirchlorhydrie. Lorsque je vous parlerai des affections de la moelle je vous montrerai la marche de ces crises gastriques.
En 1885, Lépine (a) nous a donné une bonne étude de dcu la gastroxie, que, une année auparavant, Rossbach avait le premier décrite. La symptomatologie en est assez confuse : le malade a de la fatigue cérébrale, une très grande exaltalion des idées, puis une sensation de brûlure au creux de
(a) Lepine, De la goitroxie {Soc* méd. des hôpitaux, 10 avril 1885). ~ Lonj^^et, Union méd., 10 févr. 1885. — Rossbach, Dauttch. Arehiv fik' Uin. Jlfed.,1884.
gastroxie.
l'estomac et des vomissements d'une extrême acidité. Tout cela rapproche la gastroxie de la migraine. Do Quant à Thyperclilorhydrie chronique, elle a bien des
chkfrhy- points communs avec la gastrite; ce sont le plus ordinaire-
cbronlque. ^^^^ ^cs gcns maigTcs, ressentant une douleur plus ou moins vive au creux de l'estomac, leur appétit est augmenté, et ils éprouvent souvent des vertiges et des intermittences cardiaques. Ces malades sont sujets à des troubles urinaires sur lesquels Â. Robin a insisté ; ils ont presque tous de la phosphaturie et de la diminution dans les chlorures. Jaworski (1) a distingué plusieurs. phases dans l'évolution de rhyperchlorhydrie, qui aboutirait comme type extrême à la gastrite atrophique.
symp- Lorsqu'on examine le suc gastrique de ces malades, on constate toujours une notable quantité d'acide chlorhydrique libre. L'acidité générale du suc gastrique est aussi augmentée. Il y a peu d'acide lactique et peu d'autres acides dus à la fermentation, l'acide chlorhydrique ayant un pouvoir antifermentescible d'une certaine intensité.
Traite- Quel traitement appliquer aux malades atteints d'exagération dans le pouvoir chlorhydro-peptîque du suc gastrique? Ce sont les alcalins qui doivent être ici prescrits et il
(1) Voici, d'après Jaworski, la mar- 4. Au bout d'un temps variable,
che de rhyperchlorhydrie : rhyperchlorhydrie cesserait, le taux
l.Audébutrhyperaciditésemani- de THCl s^abaissant et tombant au-
festerait seulement pendant la période dessous de la normale. La disparition
digestive. progressive de THCl serait le Mt des
2. Plus tard surviendrait la sécré- progrès de la maladie ou serait tion ininterrompue du suc gastrique, provoquée par le traitement; les rhyperacidité étant surtout marquée eaux de Carlsbad notamment poui^ pendant la période digestive. raient déterminer la suppression
3. A son degré extrême le désordre rapide de la sécrétion chlorhydrique. fonctionnel serait caractérisé par 5. Enfin la dernière période serait l'hypersécrétion continue d*un suc celle de la gastrite atrophique (a). hyperacide.
(a) Jaworski, Verhandl, d, Cong. /*. innere, {Med, Wietbaden, pp. 280-289,1888. — DeuUche med. Woch., p. 695, 1887).
mont.
faut reconnaître que ces nouveaux travaux sur le chimisme stomacal nous ont permis de baser d'une façon plus précise qu'auparavant les indications des alcalins dans les maladies de l'estomac ; déjà dans une leçon précédente je vous ai entretenu de ce groupe de médicaments, je complète ici les indications que je vous ai fournies.
D'abord quelles doses administrer? C'est le bicarbonate De» doses de soude, bien entendu, dont on se sert presque exclusive- *,*i"r' ment. Les uns ont voulu en donner des doses massives, considérables : 10 grammes plusieurs fois dans la journée, de manière à atteindre une dose de 30 à 40 grammes dans les vingt-quatre heures; d'autres soutiennent que des doses faibles de 3à 4 grammes sont suffisantes. Je me rallie à cette dernière opinion, et je crois en effet que les hautes doses ne sont pas sans inconvénients. D'ailleurs A. Robin, a fait remarquer qu'un gramme d'acide chlorhydrique étant saturé par 1*'50 de bicarbonate de soude, en admettant que l'acidité du suc gastrique est de 4 p. 1000 et qu'il existe 250 grammes de ce suc gastrique dans l'estomac, cette dose serait suffisante pour neutraliser l'acidité de ce suc.
A quel moment administrer les alcalins? L'étude atten- Moment de tive des phénomènes chimiques de la digestion ont montré î,°i"[^fj™^" que c'était deux heures après le repas que le suc gastrique atteignait son maximum d'acidité, et les récentes expériences d'Hayem (i) montrent ce fait d'une façon parfaitement évidente. Ce n'est donc pas en mangeant qu'il faut prendre les alcalins, mais deux heures après les repas, et G. Sée a longuement insisté sur l'importance de cette prescription.
Comment administrerez-vous ce bicarbonate de soude? v.ri6iés Sée recommande des infusions chaudes de thé ou des boissons .,c**3„„, stimulantes. Vous pouvez très bien utiliser simplement l'eau ou bien encore vous servir des eaux alcalines. Vais ou Vichy.
(1) Voici, d'après Hayem, la marche de la digestion normale au point de
Jusqu'ici je ne vous ai entretenus que du bicarbonate de soude, mais on peut utiliser d'autres alcalins, la magnésie par exemple, ou bien encore les sels basiques de bismuth. On constitue alors ayec ces derniers des mélanges plus ou moins complexes, très analogues à la poudre de Paterson, qui est comme vous le savez un mélange de sons-nitrate de bismuth avec la magnésie. J'ajoute à ce mélange du bicarbonate de soude et je formule ainsi ma prescription :
▼ue de l*acîdité du suc gastrique. Elle est représentée par le tablean suivant (a) :
Courbe du chimUtne stomacal à féiat normal.
tt^
Miruitet
Ne
so
-T-Chlore total
♦...♦-» A-AcidiU totale
CK^KIore combiné
F*Chlort fix«
H-HCI Libre
(a) Hayem, Du ehimUme normal {Mim, et BuU. de la Soe. des kâp*t iS juOleC
y Sons-nitrate de bismuth )
Magnésie anglaise « • . . • v âft 10 grammes.
Bicarbonate de soude )
En 30 cachets médicamenteux. Un cachet avant le déjeuner et le dîner.
D'ailleurSi ces mélanges peuvent varier à Tinfini^ et Ewald, Rosenthal, Wolff(l) en donnent plusieurs formules. Enfin, VOUS pouvez encore utiliser Teau de chaux, que vous donnerez dans du lait à la dose de 3 à 4 cuillerées par jour.
Dans cette dyspepsie hyperchlorhydrique il existe toujours de la douleur qu'il faut combattre, mais je n'insiste pas sur ce point puisque dans une conférence prochaine à propos des dyspepsies nerveuses je m'occuperai de la cure des phénomènes douloureux.
Le traitement thermal joue un rôle assez considérable Tnitedans la cure de ces hyperchlorydries. C'est, bien entendu, les thêi^. eaux bicarbonatées sodiques qui occupent le premier rang : Vichy et en particulier la source de l'Hôpital, ou bien les eaux variées de Vais. On peut encore conseiller les eaux de Fougues, d'Alet et de Mahourat. Et je passe maintenant à l'étude des dyspepsies anachlorhydriques.
De même que nous avons vu l'ulcère rond de l'estomac i>«« i»ypoprésenter le type le plus accentué des hyperchlorhydries, de ^\hJ'
(i) Voici la formule que propose Carbonate de sodium.. . 25 grammes. Ewaid : Blborato de sodium 10 — *
Carbonate de potassium... I aa ^r -, Prendre 3 fois par jour une cuil-
Carbonate de bismuth. . . . ( *^' lerée à café de ce mélange 2 heures
En 30 cachets méd avant le repas.
Rosenthal associe 'le bromure de , Bouchardavait conseillé une tisane
sodium au bicarbonate de soude. »^^^^'"<^ ^^«^^ roici la formule :
WoIiT emploie la lormule sui- ^j^lg . Bicarbonate de soude.... i grammes.
Teinture de cannelle j .. .
Sulfate de sodium 30 grammes. — vanille j aa i gr.
Sul&te de potassium.... 5 — Sirop de sucre 100 grammes. *
Chlorure de sodium.... 80 - Eau 1000 —
De la médicatioo
mêm e on peut dire que le cancer de Testomac est le type le plus complet des anachlorhydries; et quand ce cancer s'accompagne de gastrite atrophique, cette anachlorhydrie peut être absolue, c'est-à-dire qu'il y a une disparition complète ou presque complète du suc gastrique : c'est l'apepsied'Hayem.
Ici c'est l'état saburral qui domine, mauvaise odeur de l'haleine, renvois ayant l'odeur d'œufs pourris. Autrefois j'avais attribué à ce genre de dyspepsie le nom de dyspepsie putride. Comme le fait très bien remarquer Lyon dans sa thèse, cette anachlorhydrie ne s'accompagnant pas de douleurs passe souvent inaperçue, et c'est le pancréas qui supplée au défaut de sécrétion du suc gastrique ; aussi verrons-nous se produire quelquefois chez ces malades des troubles intestinaux que je décrirai lorsque je vous parlerai de la dyspepsie intestinale.
Aux dyspepsies hyperchlorhydriques nous avons opposé acide, les alcalins, aux dyspepsies anachlorhydriques nous opposeserons la médication acide, et en particulier l'acide chlorhy-< drique.
Cette médication acide est conseillée depuis longtemps. C'est ainsi que Trousseau (1) et Caron (2) ont formulé des potions antidyspeptiques à base d'acide chlorhydrique, et que quelques médecins ont conseillé la limonade lactique pour combattre ce défaut d'acidité du suc gastrique. Vous trouverez aussi dans vos vieux formulaires, sous le nom d'élixir vitriolique de Mynsichty d'eau de Théden^ d'élixir de
(1) Potion anlidyspeptique (Trous- (2) PoUon contre la dyspepsie seau: (Caron):
^ ., , Vin de quinquina au
PoUon gommeuse du ^^^^^^ 100 grammes.
A ^ .'.••;.••;• o^r"^"- Sirop thébaïque 30 -
Acide chlorh,dr,que... 3à4goutte.. Acide chlorhydrique... i -
Doses : une i deux cuillerées à M. F. S. A. Prendre une ou dens bouche après les repas. cuillerées à bouche avant le repas.
Paracelse, etc., etc., des liqueurs acides qui ont été proposées en pareil cas (1).
Quant à Bouchard, il conseille Tacide chlorhydrique et sous la forme que voici :
Of, Acide chlorhydrique 4 grammes.
Eau iOOO —
Prendre un demi-verre de cette solution à la fin des repas.
En Allemagne, on est très partisan de Tacide chlorhy-
(1) Voici ia formule de Télixir vi- Mêlez, d'une part, et avec précau-
triolique de Mynsicht : tion, Facide sulfurique et l'alcool;
R«^ A*^^^^ ^A^^^é^ • d'autre part, faites fondre le sucre
Rac. d acore odorante. i .j. .|v ^^^^^^ , ., . , ., .., *,.,
— de galanga |aa«> grammes. dans leau et le suc d'oseille. Mélei
Sommités d'absinthe.. \ les deux liqueurs dans un matras,
— de menthe./. A an et filtrez après huit jours de macé-
— erépue i ration.
— de sauge. J L^^^^ ^^ Théden se donne à la Fleurs de camomille. \ ^ ^^ ^. ^ ^^^^^^ ^^^^ ^^^^
Cannelle fine J ., ** .. ?
ç^j^j^ f un verre d eau aromatisée.
Gingembre > ââ 15 — Audhoui ^ proposé, sous le nom de
Girofle i liqueur halsamique acide, une li-
Mnseade / queur qui résume les propriétés des
Bois d'aloès { ââ 5 — élixirs précédents. Voici comment il
Zestes de citron j ^ prépare cette liqueur :
Aleool à ' eô*! ! . . .' ! .' . .* ! 950 — Prenez de bon alcool de vin à 85*,
Acide sulftirique purifié! 160 — des zestes d'oranges et des berga-
, ,, ., „ . motes fraîches. Mettez les zestes dans
Mêlez d'abord 1 acide sulfurique p^j^^^j baissez infuser pendant deux
et l'alcool, versez le mélange dans .^^^ y^^^ distillation lente
un matras sur les autres ingrédients ^^ bain-marie, les deux Uers de la
pulvénsés; faites macérer pendant ijqueur.
quinze jours à une douce chaleur et n , * •,
^1 * Préparez un sirop de sucre que
nTunez de cet élixir, de deux l^ ^^^^'^^^ ^^ J^^^V" ^'^^^'^«^
gouttes à quarante, dans une suffi- ^ «^»^«« P~^«»^»^ ^« C^«^^^-
santé quantité d'eau. Réunissez le sirop et l'alcoolat dans
L*eau de Théden se préparait de la des proportions convenables,
façon suivante : Ajoutez une quantité déterminée
..,:.,. .«- - d'acide chlorhydrique dissous.
Acide sulfurique purifié. 5 grammes. ^, ... ; 7 ., ,
Aleool à 90* i ^^^ cuillerée a café à prendre
Suc d'oseille ^ àâ 250 — ^^^^ chaque repas (a).
Bau distillée. 5 —
{a) Audhoui, Traité du neltoiement det voiet digeMtwes, Paris, 1881, p. 128.
55i LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
drique, mais on le donne à doses plus élevées, et c'est ainsi que Ewald administre de 10 à 15 et même jusqu'à 100 gouttes d'acide chlorhydrique dans les vingt-quatre heures ; Boas partage le même avis. Quant à moi, je crois qu'il faut être très prudent dans Tadministrationde l'acide chlorhydrique; car il m'est difficile d'admettre que l'acide chlorhydrique du commerce soit identique à celui qui est sécrété parle suc gastrique. Les travaux de Richet, ceux plus récents de Hayem, nous ont montré que cet acide était à l'état de combinaison intime avec les substances albuminoïdes, de telle sorte qu'il faut peu compter sur cet acide chlorhydrique. Faut-il avoir plus d'espoir dans la pepsine? Nullement, messieurs. D« u Tous les physiologistes sont aujourd'hui d'accord pour peptine. reconnaîtrc que la pepsine est toujours en quantité suffisante, même dans les cas d'anachlorhydrie les plus avancés, sauf cependant les cas d'apepsie complète qui accompagne la gastrite atrophique.
Dm Ainsi donc, l'espoir que l'on avait fondé sur l'introduction de la pepsine dans la cure des affections stomacales doit être aujourd'hui abandonné, et c'est au moment même où les procédés industriels nous ont permis d'obtenir des produits d'une extrême activité et d'une parfaite pureté.
Je ne veux pas insister longuement sur cette pepsine, puisqu'elle est appelée à jouer un rôle si secondaire dans la cure des affections qui nous occupent. Je dois cependant vous signaler au point de vue purement thérapeutique quelques-unes des préparations de pepsine, et en particulier les élixirs de pepsine (1), et appeler votre attention sur les
(1) Élixir de pepsine (Gorvisart) : Élixir de pepsine de Mialbe :
Élixir de Garus . \ Pepsine amylacée 6 franiiaes.
Sirop de cerises / ^ 5^ grammes. ^a" àiBUMét 24 -
ai^es i Vin blanc de Lunel 34 —
Eaa distillée ... ] Sucre blanc 50 —
Pepsine amylacée 10 — Alcool à 80 degrés 12 —
peptones.
discussions qui se sont élevées à ce propos. Vùlpian et Houmit ont prétendu que Talcool modifiait les propriétés digestives de la pepsine. Mon chef de laboratoire, Bardet, a examiné cette question et a montré que lorsque le titre de la solution alcoolique ne dépasse pas 20 pour 100, les propriétés physiologiques de la pepsine ne sont pas diminuées. De son côté, Yigier a montré que pour les vins de pepsine il faut que le titre alcoolique ne dépasse pas 15 pour 100(1).
Ce que j'ai dit de la pepsine je le dirai des peptones ; et quoiqu'aujourd'hui nous possédions des peptones d'une pureté parfaite et ayant un goût agréable, il faut bien reconnaître que ces peptones ne sont appelées à jouer qu'un
Voici la formule d*élixir de pepsine, qu'à 20 pour 1 00 d'alcool, la pepsine
sui?ant le nouveau Codex (1884) : peut impunément rester en présence
^ . ,.. » . de la solution alcoolique. A partir
Pcpsme^ médicinale en ^ ^^^^^ ^^ ^^ ^.^^^ ^^^^ ,^^ ^^,^^.^^^ ^^ 2^ ^
Per»ineVx\;iâVvë.V/// 20 gl^mmes! ^0 pour 100 d'alcool, la pepsine perd
Eau distillée 450 — ^e son activité, et cela, d une façon
Alcool à 80* 150 — rigoureusement proportionnelle à la
Sirop simple 400 — quantité d'alcool introduite dans la
Essence de menthe ou solution. Au delà de 70 pour 100, la
autre pour aromatiser. Q, S. pepsine est tuée brutalement. Dans
^,, , . , „ ,. toutes ces expériences, il Êtut éviter
Délayez la pepsine dans 1 eau dis- ,,^,^^, ^ directement sur
tillée puis mêlez au sirop et à lai- ^ pepsine. De son côté, Vigier
cool dans lequel 1 huile essentielle ^^^^ ^^^ ^^^^ 1^3 préparations
aura été dissoute. , ^ . ^ pliarmaceutiques le vin ne doit pas
Laissez en contact pendant vingt- ^^^^^^^^ ,^ ^^^^^^ ^^ ^5 ^^^ ^00
quatre heures. Filtrez. d'alcool. Voici, d'après lui, comment
(1) Mourrut a montré que 1 action devraient être formulés les vins de
de Talcool retarde les effets de la pepsine (a).
pepsine, ainsi que ceux des autres ^
ferments, la diastase et la pancréa- Vin de pepsine.
tine. Pepsine médicinale en
Bardet a repris complètement poudre 50 grammes.
cette question et a montré par des Pepsine extraotive..,. 20 —
recherches comparatives, que jus- Vin de Lunel 1000 —
(a) Bardet, De Vaetion de Valcool sur Us propriétés physiologiques de la pep-sine {BuU. et Mém, de la Soc. de thérap., juin,1887). — Mourrut, Acad, de tnéd,, 4870, t. Vni, p. 901.
rôle très inférieur dans la cure des affections stomacales. Il est bien entendu que la même condamnation frappe les pepsines végétales comme la papaïne (1 ).
En est-il de même des amers? Non messieurs. Car ces médicaments ont une action réelle sur l'activité digestive. Des expériences récentes faites dans mon service et sous ma surveillance par mon élève le docteur Egret (%) me
(1) Wûrte a démontré que la papaïne, ferment soluble du Karica papayùy dissout mille fois son poids de fibrine humide dont la plus grande partie est transformée en peptone non précipitable par l'acide nitrique :
la papaïne commencerait par se fixer sur la fibrine et donnerait un produit qui, sous l'action de l'eau, amènerait la solution de la fibrine, en même temps que le ferment redevenu libre pourrait exercer son action sur une nouvelle portion de fibrine. Pour Wûrtz, la papaïne possède la composition des matières albuminoldes et se rapproche du ferment pancréatique nommé trypsine. Le Kùrica papaya ne serait pas la seule plante qui fournirait une pepsine végétale, et les ficus jouiraient de la même propriété, Bouchut donne le nom de cicolne à ce ferment spécial (a).
(2) La méthode employée par Egret est la méthode conseillée par Ewald.
Elle consiste en un repas appelé repas d'épreuve, composé de 40 grammes de pain et de 250 grammes d'eau. Une heure après ce repas, on fait l'extraction par la méthode aspiratrice et on analyse le suc gastrique après avoir filtré les matières extraites.
Pour plus d'exactitude, on a voulu opérer sur des quantités fixes, soit
iO centim. cubes de liquide filtré pour chaque expérience.
Dans un premier essai, on a recherché l'acidité totale. Il a été employé comme base la liqueur de soude au 1/10* et comme témoin la phtaléine.
Dans une deuxième expérience, on a cherché l'acidité due aux acides gras. Le liquide filtré a été agité avec de l'éther, qui dissout les acides gras. La différence entre l'acidité totale et la nouvelle acidité indique la quantité d'acides gras.
Dans un troisième essai, on a recherché l'acidité due aux phosphates acides, en agitant à froid 10 centim.
cubes de carbonate de chaux précipité, n se dégttge de l'acide carbonique qu'on chasse en chauffant légèrement.
Les expériences ont été faites sur cinq malades et l'on a choisi comme amers la gentiane et le colombe.
Chez un premier malade, les expériences ont duré vingt-cinq jours. Le suc gastrique au début était d'une acidité assez faible. Il y avait absence d'acide lactique et peu de phosphates acides. Après un traitement par la gentiane, 125 grammes de macération, prise pendant douze jours, une heure avant le repas, l'acidité a subi une progression ascendante. Admi-
(a) WQrtz et Bouchut, De la papaine (Académie dei seieneett juin et noTembre 1880, et Bull, de thérap., 1880, t. XCIX, p. 13Î, 179, 402).
paraissent démonstratives de ce fait. Nous avons expéri* mente la gentiane et le colombo, et nous avons obsei^vé chez nos malades, en nous servant du procédé d'Ewald, une augmentation dans la sécrétion du suc gastrique et une augmentation dans son acidité, lorsque nous avions soin d'administrer ces amers une heure avant les repas. Ces résultats viennent confirmer en partie ceux déjà obtenus par Reichmann(i) et s'éloignent de ceux deJaworski, qui avait soutenu que Teau agissait aussi bien que les amers. Vous pourrez donc dans les cas d'anachlorhydrie utiliser
Distrée pendant les treize jours sui* rants, une demi -heure seulement avant le repas, racidité s*est accrue dans une proportion plus grande et s'est maintenue.
Chez un second malade, on a prescrit le Colombo, 60 grammes de macération. Les expériences ont duré un mois entier. L'amer était pris une demi-heure avant le repas : l'acidité du suc gastrique après avoir d'abord augmenté, est retombée à ce qu'elle était au début. 11 semble qu'il y ait eu accoutumance.
Chez un troisième malade, la gentiane a produit une augmentation assez considérable du suc gastrique dans une progression régulière.
Dans une quatrième expérience qui a duré vingt-huit jours, la gentiane a produit également une augmentation assez considérable de l'acidité du suc gastrique.
Enfin dans une dernière observation, l'acidité du suc gastrique a doublé en dix jours.
Bien que ces expériences aient porté sur des sujets atteints de différentes affections de l'estomaci Egret se croit autorisé à poser les conclusions suivantes :