ÉTRANGÈRES
Total
Chlorure
Total
Chlorure
des sels.
do sodium.
des sels*
de sodium.
Gr.
Gr.
Arbonnc (Savoie).
Luneburg. .
Salies- de-Béarn.
Mer Morte..
Médilerranée....
Ashby.....
Atlantique
Naulicim . .
Salies (Haute-Ga-
ronnc) ,
Manche
Hammam Me-
louane
Salins (Jura)....
Roncas Blanc....
Lons-le-Saulnier.
Hombourg. .
Moutiers (Savoie).
Kreuznach .
SottAville-loz-
Soden
Rouen
Gheltenham
Auzin
U.60 U.lî
Uriage
Sierk
Vignolles
Mézières
Balaruc
Kissingen . .
Bourbonne
Wiesbaden .
Forbach
Ischia
Plan de.Phazy..
Soutenay (Cdte-
d'Or
La Bourboule...
Salcon..,...,..
Lamotte
Sala
Saint-Noctaire..
Ghàtel-Guyon...
Bourbon-TAr-
chambault. . . .
Salces
Saint-Gervais,..
Eaux moyennes.
Chatenois (Alsace).
Miederbronn (Alsace)
Seuls -sous- Forêts (Alsace)
(!) Miers (France, Lot). Eaux sulfatées sodiques froides, renfermant S^'ôTS de sulfate de soude.
200 grammes, et les eaux de Brides-en-Savoie (1), que Philbert a surtout vantées contre l'obésité : elles sont analogues aux précédentes, mais chaudes, et contiennent 1 gramme de sulfate de soude. On les donne à la dose de cinq à six verres par jour. A côté de ces eaux, il faut placer deux sources françaises, celles d'Aulus (2) et celle de Châtel-Guyon(3),qui ontune action purgative manifeste. La première doit probablement son effet laxatif au sulfate de chaux qu'elle renferme; la seconde, d'après Laborde, au chlorure de magnésium qui entre dans sa composition.
(1) Brides (France, Savoie). Eaux sulfatées sodiques et magnésiennes, très analogues aux eaux de Garlsbad, avec celte différence toutefois que les carbonates de soude et de chaux que renferment ces dernières sont remplacés à Brides par â grammes de sulfate de chaux; ces eaux renferment l^'OSi de sulfate de soude; elles se boivent à la dose de deux à quatre verres par jour.
(2) Aulus (France, Ariège) renferme trois sources sulfatées calciques : la plus purgative des trois serait la source Bacque. A la dose moyenne de deux à quatre verres, (1 litre), on obtient un effet purga* tif(a).
Voici d'après 0. Henry l'analyse de l'eau de la source Bacque :
Sulfate de 8oude 1.00
— de magnésie 3.00
Bicarbonate de chaux 4.97
— de magnésie.... 0.43 Chlorure de sodium )
— de calcium > 0.40
— de magnésium . . . )
Sels de potasse sensible
Acide silicique | ^ ^^
Alumine et phosphate i
Oxyde de fer et de manganèse . 0 . 05
Iode, arsenic traces
Matière organique indéterminée.
(3) Châtel-Guyon (France. Puyde-Dôme) est une source thermale, 31 ii 35*, renfermant du chlorure de sodium (i"617) et du chlorure de magnésium (i'^lS). Cette source a été comparée à celle de Rackoczy (de Kissiqgen) (d).
Voici d'après J. Le Fort, la composition de l'eau de Chàtel-Guyon (source Deval), 35"* :
Acide carbonique libre 0.258
Chlorure de sodium 1 .617
— de potassium 0.178
— de magnésium 0.S18
— de lithium indice
Bicarbonate de soude 1 .051
— de chaux 1.105
— de magnésie 0.440
— deprotoxydodefcr. 0.051 Sulfate de chaux 0.498
— de strontiane indice
Arséniate do soude indice
Alumine 0.008
Silice 0.126
Matières organiques bitumineuses indice
Somme 7.556
(fl) A. Piquet, De la constipation et de son traitement par les eauar ^ Aulus, Paris, 1877. — Alricq, Des eaux d' Aulus {Soc. d'hydrologie, t. XXIY).
(6) Baraduc, Châtel-Guyon et les eaux purgatives allemandes (Société d'hydrologie médicale, t. XXI, 1876).
Ici Tétranger remporte, et l'Autriche possède deux sources célèbres : Carlsbad et Marienbad (1). La Sprudel bue à Carlsbad est une des eaux les plus estimées, elle renferme du sulfate de potasse et du sulfate de soude. C'est une source chaude, à température très élevée. Il faut reconnaître du reste, comme le fait remarquer Caulet, que la grande réputation de ces thermes réside et dans leur véritable action purgative et dans le régime sévère auquel sont soumis les malades. Marienbad et Franzensbad (2) sont des eaux renfermant du sulfate de soude en grande quantité, 3 à 4 grammes, et un peu de sulfate de potasse; les eaux purgatives deTarasp-Schuls(3) rentreraient dans ce groupe.
Mais toutes ces eaux sulfatées sodiques sont surpassées par une nouvelle source découverte en Espagne près de notre frontière, je veux parler de l'eau de Rubinat (4) qui renferme près de 100 grammes de sulfate de soude par litre d'eau. Mais l'eau de Rubinat a été elle-même dépassée comme action purgative par l'eau de Villacabras, près de Madrid, qui
(i) Carlsbad et Marienbad. Voir source froide (6«60 et 7H0); elle
Dyspepsie acide et pituiteuse. renferme pour la même quantité
(2) Franzensbad (Autriche, Bo- d'eau:
héme) renferme neuf sources minérales, dont trois servent surtout en Sulfate de potasso .« 4.0233
boissons : Tune d'elles, la Franzens- ^'*^''*^ **® *<'"^« ^-^'^
quelle, renferme 3"18 de sulfate ^^^ ^^„„ „^ «-^„„«„* x i„ Ar..^ j«
5 1 .M p--^ 111 , '^cs eaux se prennent a la dose de de soude et 15«^ de chlorure de „„«,^^ x „:^ „^L«« ^»„«« ./v»«^»«..^^
,. quatre a six verres d une contenance
sodium. 1 ,oA ^^.««,«0
^ . 1 .. de loU grammes.
ijCs eaux sont laxatives
(3) Tarasp-SckuU (Basse-Enga- (^) L'eau de Rubinat (Espagne) dine, Suisse) renferme deux sources *"""**t la composition suivante. Pour d'eaux purgatives: Luciutquelle et ^®*^ grammes d'eau elle renferme :
VEmeritaquelle. Sulfate de .oude 96.275
La première est une eau froide Potasse ', 0 259
(5*50 à 6«70); elle renferme pour Magnésie...... ..!!!!.!!.!!! 3.268
10,000 parties : Chaux i .949
^ . Chlorure do sodium 2.055
Su fiite de potasse 3.^69 silice, alumine, oxyde de fer,
Sulfate de soude 21 .COU pertes 0.638
VEmeritaquelle est aussi une Total des maUëres salines. 104.106
Eaus sulfatées magnésiennes.
Eaux amèrcs.
renfermerait 122 grammes de sulfate de soude; l'Espagne possèdeencorcuneautresourcepurgative,reaudeCarabana, qui renferme 106 grammes de sulfate de soude par litre.
Les eaux sulfatées magnésiennes sont de véritables eaux purgatives : elles sont prises rarement à la source, mais on les exporte beaucoup. Ces eaux froides se trouvent surtout en Bohême et en Hongrie; il existe près de Buda-Pesth une nappe d'eau purgative très abondante et très active, qui doit ses propriétés à des couches marneuses magnésiennes qu'elle traverse et il suffit, comme l'a montré Labat, de percer des puits au niveau de cette couche pour recueillir ces eaux purgatives ; c'est ce qui explique leur abondance et leur variété.
Ces eaux amères, Bilterwassery comme on dit en Allemagne, ont pour type : Piillna, Sedlitz, Saidschiitz, enBohême; Hunyadi-Janos, Rakoczy de Buda-Pesth, Royale-Hongroise en Hongrie, Friedrichshall en Allemagne, Birmenstorff en Suisse (1); en France, nousne possédons qu'un seul exemple de ces eaux amères, c'est l'eau verte de Montmirail-Valgueyras (2).
(1) Birmenstorff (Suisse, canton d'Argovie), ces eaux jaillissent à deux kilomètres de Baden; elles auraient d'après Bolley, la composition suivante :
Sulfate] de soude 7.0357
— dépotasse 0.i042
— de chaux I«â692
— do magnésie 22.0135
Chlorure de sodium 0.4603
Carbonate de chaux 0.0133
— de magnésie 0.0324
Crurate de fer 0.1010
Oxyde de fer 0.0107
Alumine 0.0277
Acide silicique 0.0302
{^) Montmirail'Vaigueyras (France, Vaucluse) renferme une eau
purgative sulfatée sodique et magné* sienne. On lui a donné le nom d'eau verte de MontmiraiL Cette source froide renferme 9*21 de sulfate de magnésie et 5"06 de sulfate de soude. Voici d'ailleurs l'analyse complète de cette eau d'après 0. Henry.
c ,^^ . \ demaffnésie. 9.31
Sulfates supposés ^^^^^ 5.06
anhydres j ^e chaux... 1.00
Chlorure de magnésium 0. 83
— de sodium ) ^ ^g
— de calcium j
Bicarbonate de chaux ) q ^
— de magnésie (
lodures traces
Sels de potasse et ammoniacaux non appréc.
A reporter 16.91
DES PIHGATIFS SALIlNS. 735
Toutes ces eaux (i) contiennent plus ou moins de sulfate de soude et de magnésie et Tune des plus purgatives est hongroise, c'est Hunyadi-Janos, qui renferme 22^55 de sulfate de soude et 22»'35 de sulfate de magnésie par litre.
D'un usage commode et facile, ces eaux sont bien supportées et rendent, il faut le reconnaître, de réels services dans la thérapeutique ; leur action est peu prolongée à petites doses, et elles sont un des meilleurs moyens employés pour combattre la constipation. Les eaux amères provoquent, à doses peu élevées, une garde-robe une heure après avoir été bues; elles ne produisent pas de constipation si on cesse leur emploi et, agissant toujours à des doses relativement faibles, elles remplissent toutes les conditions qu on peut souhaiter pour administrer un purgatif habituel.
Pour leur emploi vous vous réglerezd'une part sur le degré de constipation et la résistance plus ou moins grande du malade à l'action de ces eaux, et d'autre part, sur la puissance purgative de ces différentes sources. Vous donnerez par exemple, un grand verre d'eau de Pûllna à jeun, tandis
Report 16.01 /.v v j • x
Phosphate terreux ) (0 Nous donnons ci-après un ta-
Silice et alumine i 0.39 ^^^^^ fl^» montre, d'après Gassot,
Sexquioxyde de fer ) la composition des différentes eaux
Principe arsenical indices sulfatées magnésiennes :
Matière organique do l'humus, tr. sens.
Sulfate Sulfate Chlorure Bicar- Chlorure
de do do magné- bonate do de
magnésie. soude. sium. magnésie. sodium.
Gr. Cf. Gr. Gr. Gr.
Rakocïy 25.03 20.82 » » 21.14
Uuoyadi-Janos 22.35 22.55 i» » 17.04
Birmenstorff 22.91 7.03 0.46 0.03 •
Sedlitz 20.80 5.10 » » »
PiiUoa 12.61 10.70 2.49 0.30 »
Saidscbûtz 10.94 6.08 0.28 0.95 »
Yalgueyras-Montmi-
rail 9.31 5.06 0.83 0.16 0.18
Friedrichshall 5^14 6.05 3.93 0.40 7.94
Kpsom 2.58 » » » )>
que vousn'emploierez qu'un demi-verre d'eau de Birmenstorflf, etsivous usez d'eau hongroise un verre à bordeaux peut suffire, enfin pour l'eau de Rubinat ne conseillez qu'un verre à liqueur. Mais n'oubliez pas que l'effet doit être prolongé, c'est-à-dire que pendant quinze jours ou un mois vous ferez prendre au malade une dose tous les matins. Si, au contraire vous désirez obtenir un effet purgatif, il faut donner non pas un verre, mais plusieurs verres.
Mais, je le répète, pour le traitement spécial de la constipation, c'est plutôt dans le nombre des doses et leur répétition que dans la quantité que vous trouverez le remède au mal à combattre. Lorsque je ne puis user d'eau purgative naturelle, comme à l'hôpital, j'emploie un mélange artificiel qui se rapproche de ces eaux, et dont je vous ai parlé à propos du sulfate de soude.
J'ai ai fini, messieurs, avec les eaux purgatives. Pour terminer, je dois étudier les purgatifs sucrés drastiques et cholalogues, c'est ce que je ferai dans la prochaine leçou-
QUATRIÈME LEÇON
Sommaire. — Des purgatifs sucrés. — Manne. — Miel. — Des purgatifs végétaux non drastiques. — Casse. — Tamarin. — Pruneaux. — Des purgatifs cholagogues. — Calomel. — Rhubarbe. — Podophyllin. — Aloès. — Des purgatifs drastiques. — Séné. — Jalap, — Scammonée. — Turbilh. — Huile de croton. — Des purgatifs musculaires. — Belladone. — Atropine. — Hyoscyamine. — Electricité. — Des purgatifs par action locale. — Graine de moutarde blanche. — Purgatifs huileux. — Huile de ricin. — Applications thérapeutiques. — Des purgatifs appliqués à la cure de la constipation. — Résumé du traitement.
Vous VOUS rappelez, messieurs, que, dans la;division des purgatifs, j'ai rangé dans le premier groupe de ces médicaments ceux qui augmentent la sécrétion sans exagérer les contractions intestinales, et je vous ai dit qu'il existait pour ce groupe deux sous-variétés : les purgatifs salins, qui ont été étudiés dans la leçon précédente, puis les purgatifs sucrés, dont je veux vous entretenir aujourd'hui.
Certains sucres ont la propriété de déterminer dans Tinteslin un effet dialytique analogue à celui des purgatifs salins, et la médecine utilise surtout deux de ces substances, la manne et les miels. La manne (1) a été employée pour les enfants ; c'est un purgatif agréable, renfermant un principe
(1) Manne, C'est une exsudation sucrée retirée du frêne (Oléacées de la tribu des Fraxinées). Presque toute la manne du commerce vient de Sicile; on l'extrait du Froa^inus orntis et aussi du Fraxinus cxcelsior.
Lorsque le frêne a huit ans et que sa tige offre une épaisseur d'au moins
CLINIQUE THI^RAP., 6* édit.
8 centimètres, on fait surl'écorce des incisions transversales, par lesquelles s'écoule un suc qui, recueilli et séché sur des planches, constitue la manne en larmes ; le suc qui s'écoule des incisions, après celte première récolte, se concrète en petits fragments sur l'arbre, constitue ce I. — 47
Des purgatifs sucrés.
De la manne.
Dos inicl«.
738 LEÇONS DE GLLNIQUË THÉKAPËUTIQUE.
particulier: la marmite (1). Vous savez que cette manne est tirée de la tige d'un frêne cultivé en Italie, et que ce produit s'écoule par incisions transversales faites au moment de la floraison, et selon son aspect, la manne est dite en larmes ou en sorte. L'odeur et la saveur sucrée de ce purgatif fatiguent rapidement l'estomac, et il est assez difficile d'en prolonger l'usage ; aussi est-ce un moyen à peu près abandonné pour combattre la constipation habituelle.
Les miels sont des laxatifs doux ; on utilise surtout pour cet objet les miels communs, dits gros miels {^). Le pain d'épice devrait ses propriétés laxatives à ce miel, et la foire
qu'on appelle la petite manne. On distinguait autrefois une manne de feuilles (manna di foglia).
La manne se dissout à la température ordinaire dans 6 parties d'eau.
Selon la pureté du produit, on distingue dans le commerce trois espèces de manne : la manne en larmes, la manne en sorte, la manne grasse.
Celle dernière est très active, mais d'un goût fort désagréable.
La manne contient de la mannite Cclli406 (la meilleure manne en contient 70 à 80 p. 100), du sucre, de la matière résineuse et acide, une substance azotée, une matière insoluble, eau et cendres. La coloration verdûtre de certaines mannes est due à la présencedela fraxine (C^sH^^O").
D'autres sortes de mannes ont été retirées de VAthagi camelorum (Légumineuses), du Tamarix gallican du Cotoneaster nummularia (Rosacées) et de VAtraphaxis spinosa (Polygonacées), du Quercus vallonea et du Quercus persica, du Pinut larix (manne de Briançon, dans le Dauphiné), du Pinus cedrus, du Cistus ladaniferus, de VEucalypius viminatis (Labillardière).
La dose est de 15 à 30 grammes
pour Fenfant, de 30 à 60 grammes pour l'adulte.
(1) La mannite 0*11* *0* se trouve, non seulement dans la manne d'où elle a été retirée pour la première fois par Proust en 1806, mais elle existe encore dans un grand nombre de végétaux (céleri, seigle ergoté, racine de grenadier, racine de chieDdent, olives, etc.).
Cette substance serait un alcool hexatomique, comme l'a montré Berthelot.
(3) Le miel est surtout formé de glucose dextrogyre, de sucre de canne et de sucre interverti ; il possède, en outre, plusieurs acides libres et des principes aromatiques variant avec la fleur qui l'a formé.
On distingue plusieurs espèces de miels, et en particulier les miels de Narbonne et du Gàtinais, qui sont blancs, et le miel de Bretagne, qui est de couleur brune très foncée.
Pour les elTets purgatifs, on préfère surtout les miels communs ou gros miels.
Le miel sert de base à deux ordres de médicaments : les mellites et les oxymels.
« au pain d'épice » (1), qui se tient, en ce moment, près de cet hôpital, est l'objet de bien des quolibets et de bien des plaisanteries qui, toutes, ont pour sujet l'action purgative des objets qu'on y vend et qu'oh y consomme.
Il est surtout une préparation dans laquelle le miel joue un grand rôle, et qui a une action bien réelle : c'est le mellite de mercuriale (2). Vous connaissez tous cette planle de nos jardins, à laquelle les dictons populaires ont donné les noms caractéristiques de caquenlity de foirolle. On en fait un mellite (3) employé surtout en lavement, à la dose de 30 à 50 grammes.
A côté de ces purgatifs sucrés, vous placerez certaines substances qui appartiennent au règne végétal et constituent les purgatifs laxatifs doux des anciens ; purgatifs qui ont joui d'une grande vogue, surtout sous Louis XIV, qui sont abandonnés aujourd'hui : ce sont la casse (4) et le tamarin. La
Du mellite de mercuriale.
Delà casse.
(1) La foire au paind*épice se tient dans le faubourg Saint-Antoine, pendant le mois d'avril.
(2) Mercuriale^ foirolle, foîrotte, foirande, chiole, caquenlit, etc. (Ëuphorbiacées), diœcie, ennéandrie L.
La mercuriale annuelle pousse dans les jardinS) les décombres, le long des murs et dans les terrains pierri eux.
D'une odeur fétide, d'une saveur amère et désagréable, cette plante s'emploie fraîche. Elle contient, d'apros Fenouil; un principe amer purgatif, du mucus, de la chlorophylle, de l'albumine végétale, une substance grasse blanche, une huile volatile, de l'acide pectique, du ligneux, des sels et de l'ammoniaque. Richardt a extrait de la mercuriale la mercurialine, principe très vénéneux.
On donne la mercuriale à l'intérieur en décoction : 20 à 50 grammes
par demi-litre et, sous forme de mellite, en lavement, à la dose de 50 à 120 grammes.
(3) Mellite de mercuriale (Codex français) :
Suc non dépuré de mercuriale
(Mercurialis annua)
Miel blanc (Apis mellifica), . .
Parties égales.
Faire bouillir, écumer; faire cuire à D. 1,57 (31" B.), bouillant; passer.
Se donne surtout en lavement. Doses :
30 à 100 grammes.
(i) Casse, Cassia fistula (Légumineuses). Le cassier est un arbre indigène de l'Inde qui donne des gousses cylindriques énormes (casse en bâtons), contenant des graines renfermées dans les cavités limitées par des cloisons très minces ; on trouve de plus, dans ces loges, une pulpe molle à l'état frais, mais qui sur de vieillesjgousscs, se dessèche et forme
casse a servi de base à une multitude d'apozëmes très vantés jadis, tels que la marmelade de Tronchin (1), la confection d'Hamec (2) le lénilif,et surtout le célèbre catholicum (3),
une sorte d*endult visqueux sur les cloisons. Cette matière noirâtre, sucrée, fade, contient, diaprés Vauquelin et Henry : sucre, gomme, matière analogue au tanin, gluten et une matière colorante soluble dans réther. C'est cette pulpe qui est employée en pharmacie : on la donne à la dose de 30 à 60 grammes pour les adultes.
On fait avec la casse : un extrait, une tisane, des conserves, des électuaires. On l'associe souvent avec la manne et avec la pulpe de tamarin.
(1) Marmelade de Troncbin :
ManDe en larmes 8 grammes.
Casse cuite, pulpe de casse. 8 —
Sirop de violettes t . 8 —
Huile d'amandes douces.. 8 —
Triturez la manne et incorporez les autres substances :
Une cuillerée à café d'heure en heure.
Cofifection de casse composée :
Hydrolat de fleurs d'orang. 1 gramme.
Pulpe de casse 2 grammes.
Pulpe de tamarin 1 gramme.
Manne en larmes 1 —
Sirop de nerprun 2 grammes.
Dose : de 15 à 20 grammes.
(2) La confection d'Hameck, due à Hameck, médecin arabe, comprenait 27 ingrédients. En voici la formule :
Coloquinte coupée en pe- .
tits morceaux |
Feuilles de séné J
Ecorces de myrobolans |
citrins
Ecorces de myrobolans I
chevelus
Ecorces do myrobolans
indiens
ââ 2 onces.
ââ
once 1/2
Polypode de chènc. .
Violettes
Feuilles d*absinthe.,
— de thym I ââ
— de fenouil ( 1/2 once.
— de roses rouges. ]
On met les drogues concassées dans un vase d'étain, ayant un goulot étroit, bien fermé, et on les laisse macérer pendant deux heures dans du petit-lait récemment trait, 5 livres, et du suc de fumeterre, 1 livre.
On fait bouillir l'infusion jusqu'à ce qu'elle se réduise à 3 livres. On la coule en l'exprimant avec les mains, et on ajoute à la colature ou dépuration :
Miel épuré.
Sucre
ââ livre.
On fait cuire de nouveau jusqu'à ce que la matière ait la consistance du miel, et on y fait dissoudre loin du feu :
Pulpe do prune.
— de raisin..
ââ ifi livre.
A la fin de l'opération, on mêlera :
Poudre d'agaric { &â
— de séné ( 2 onces.
— de rhubarbe 1 oucc 1/2.
ââ
1 once.
1/'2 once.
1 drachme.
de scammonéo...
d'épithyme
de cinnamome...
de gingembre. . . .
de semences d'anis.
do semences de
fumeterre
de spicanard
ââ 1 drachme.
c Misce. fiât electuarium secundum artem. >
(3) Calholicum (formule du Codex de 1856) :
DES PURGATIFS DRASTIQUES ET MÉCANIQUES. 7 il
toutes préparations (1) oubliées aujourd'hui et qui restent comme des témoignages du grand engouement dont la casse a été Tobjet, engouement contre lequel Molière a dirigé sa verve railleuse, ce qui n'a pas empêché Delille d'affirmer que c'était à la casse que Voltaire devait sa longue vieillesse. Je n'insisterai pas davantage, et je passe de suite au tamarin (2), qui est une gousse comme la casse. On en faisait
Du lamrtrin.
Racine de polypode. . . 80 grammes.
— de chicorée... 20 —
— de réglisse.... 10 — Feuilles d*aigremoine. .
— de scolopendre. 30 —
Sucre blanc 610 —
Pulpe de tamarin 40 —
— de casse 40 —
Poudre de rhubarbe. . . 40 —
— de séné 40 —
— de réglisse.... 10 —
— de fruits do fe-
nouil 15 —
— de semences de
violettes 15 —
— de semonces do
potiron 45 —
Eau 1000 —
Od fait une décoction des feuilles et des racines dans l'eau, sous un feu modéré, jusqu'à réduction d'un tiers ; on passe avec expression. On ajoute le sucre à la liqueur, et on fait rapprocher jusqu'à consistance de sirop très cuit. On retire la bassine du feu et on délaye dans le sirop, d'abord les pulpes de casse et de tamarin, et ensuite les autres matières pulvérisées. On fait une masse homogène queTon conserve dan un pot de faïence couvert.
30 grammes de cet électuaire contiennent environ i gramme de rhubarbe, de séné, d'extrait de casse et de pulpe de tamarin.
(1) Ce sont les Arabes qui ont introduit la casse dans la thérapeutique vers le onzième siècle. Aux pré-
parations déjà signalées plus haut, il faut joindre la tisane de casse ou eau de casse, la seule préparation qui mériterait d'être tirée de l'oubli.
Voici comment elle se formule: casse, 50 à. 100 grammes que l'on délaye dans de l'eau tiède, en ayant soin de ne pas faire bouillir.
(2) Tamarin. Le tamarinier (7amarindus indica L.), de la famille des Légumineuses, est un arbre immense atteignant de 18 à 25 mètres de hauteur, cultivé dans les contrées tropicales. Son fruit est une gousse oblongue, de la grosseur du doigt, contenant des graines enfermées chacune dans une membrane celluleuse, résistante et entourée par la pulpe, partie employée en médecine. Cette pulpe contient, d'après Vauquelin :
acides citrique, tartrique et malique libres, bitartrate de potasse, sucre, gomme, gelée végétale, parenchyme et eau.
11 y a dans le commerce deux sortes de tamarins : l'un, conservé dans du sucre ou du sirop de sucre, c'est le tamarin, brun ou rouge, des Indes occidentales, et l'autre, conservé sans sucre, p'est le tamarin noir des Indes orientales ; c'est la pulpe de ce dernier qui est surtout usitée en pharmacie.
On confectionne avec le tamarin une tisane : 15à 30 grammes, 60 grammes, si on veut obtenir un effet purgatif ; un sirop, un électuaire, un
pruneaux.
une tisane et un électuaire purgatif (i); et tout cela est abandonné.' Cependant dans ces dernières années, Grillon a repris cette préparation et a fait des pastilles de pulpe de tamarin avec de l'extrait de séné, le tout revêtu de chocolat. Des Les pruneaux enfin peuvent rentrer dans ce groupe. Toutes ces substances contiennent des principes sucrés, et c'est à eux qu'elles doivent leur action purgative. Je joindrai à ces purgatifs doux, presque oubliés aujourd'hui, deux autres sirops : celui de fleurs de pêcher et celui de roses pâles (2), qui sont encore utilisés^de nos jours, dans la médecine des enfants, à la dose d'une à deux cuillerées à dessert ou à soupe, pour produire un effet laxatif.
Tel est le premier groupe des purgatifs que vous pouvez utiliser dans la cure de la constipation soit habituelle, soit accidentelle. Vous voyez que la part faite aux diverses subdivisions qui les composent est inégale : tandis que les purgatifs sucrés et végétaux non drastiques, qui, autrefois étaient seuls vantés, sont abandonnés aujourd'hui, les purgatifs salins, au contraire, et les eaux purgatives occupent sans conteste la première place, et cela avec juste raison. Purgatifs J'aborde maintenant le second groupe de la division que nous avons admise pour les purgatifs ; vous vous rappelez
cholagojpies
petit-lait tamariné, des pastiUes pur- Délayez ; laissez infuser une heure
gatives, etc. On l'associe aussi assez et passez à Tétamine. Opérer dans
souvent avec le séné. un vase de porcelaine ou de faïence,
(i) Électuaire purgatif au tamarin : (2) Sirop de fleurs de pêcher (Codex français) :
Pulpe de tamtirinépurée. 10 grammes.
Crème de tartre pulv... i gramme. Suc de Heurs de pécher. . . 10 grammes.
Sel de Seignette pulv.. . 2 grammes. ^ucre blanc 19 —
Manne en larmes 3 — Faire dissoudre au bain-marie.
Sirop de roses pâles.. . . 8 — jj^^g^g : 10 à 50 grammes.
Dose : 15 à 30 grammes. Sirop de roses pâles (Codex Iran- Tisane de tamarin (Codex français): çais) :
, - . • //r - Sucde pétales de roses... 10 grammes.
Pulpe de tamarin (Tama- o ki jo
",..., ^ «rt Sucre blanc 19 —
nndus tndtca) ..... 30 grammes.
Eau bouillante 1000 — Doses : 20 à 50 grammes.
ctlomel.
qu'il est constitué par ceux qui, en augmentant la sécrétion intestinale, augmentent aussi la contraction. Nous aurons ici à faire deux subdivisions comprenant les cholagogues et les purgatifs drastiques proprement dits. Je commencerai par vous dire quelques mots des cholagogues, et je ne vous signalerai ici que les principaux médicaments qui agissent en augmentant la sécrétion de la bile, me réservant de vous parler de leur action physiologique lorsque nous étudierons ensemble le traitement des maladies du foie (a).
En première ligne se place le prolochlorure d'hydrar- du gyre, ou calomel, qui détermine ces garde-robes verdâtres auxquelles les Anglais donnent le nom de calomel stools. Cette matière verte, sur laquelle on a longuement discuté, est reconnue aujourd'hui comme appartenant à la bile. Lorsqu'on administre ce médicament à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, on détermine rapidement un effet purgatif ; on emploie assez cette substance pour les enfants; mais c'est principalement en Angleterre que ce sel est en usage.
Si l'administration de ce sel est commode, à cause de son petit volume et de son absence de goût, rappelez-vous cependant que vous avez affaire à un protosel de mercure, et qu'il faut éviter dans son administration tout ce qui pourrait le transformer en bichlorure ou sublimé, substance éminemment toxique. Vous éviterez les acides minéraux et végétaux, vous défendrez les confitures acidulés, vous repousserez son union aveclesalcalis, les sels, chlorures, bromures etiodures solubles, qui ont la propriété de décomposer ce protochlorure et de le transformer en bichlorure ; il faut aussi éviter les substances contenant de l'acide cyanhydrique, et ne pas administrer le calomel, soit dans un looch, soit avec de l'eau de laurier-cerise. Il ne faut pas cependant exagérer cette
(a) Voy. t. H, Traitement des maladies du foie (Le(on «ir les cholagojues).
Do la rliubarbo.
lU LEÇONS DE CLINIQUE THÉKAPELTIQUE.
crainte de la transformation du calomel en sublimé, et Vernes (1) a montré récemment que le protochlorure de mercure est plus fixe qu'on ne le croit généralement et se transforme difficilement en bichlorure.
A côté du calomel, il est aussi un purgalif très répandu, c'est la rhubarbe (2), qui se donne à la dose de 2à 3 grammes.
(i ) Dans un trarail sur les altérations du calomel, Vernes a montré que le sucre, en contact avec ce sel, ne subissait pas de décomposition ; il en serait de même des acides; l'acide citrique, après quinze jours de contact avec le calomel, ne Ta pas modifié ; le chlorure de sodium n'a lui-même aussi, aucune action même en présence de l'albumine. D'après cet auteur, le protochlorure de mercure est plus fixe qu'on ne le suppose généralement, et le bichlorure deviendrait protochlorure bien plus facilement que ce dernier ne passe au second degré de chloruration (a).
(2) Rhubarbe, La rhubarbe est une plante vivace du genre Rheurriy famille des Polygonées. La partie de plante employée en médecine est la tige souterraine ou rhizome soit de rhubarbe ondulée {Rheum undula-tum\ soit de la rhubarbe compacte {Rheum compactum), soit de la rhubarbe palmée {Rheum palmatum).
On distingue dans le commerce :
i"* la rhubarbe de Chine ou des Indes ; 2" la rhubarbe de Moscovie ; 3° la rhubarbe de Perse ou rhubarbe plate, rhubarbe mondée au vif. En Angleterre et dans le nord de la France on cultive une espèce de rhubarbe {Rheum emodt ou australe) qui est employée surtout pour les préparations culinaires. Les autres
espèces qui ont été cultivées en France et en Allemagne sont les R, palmalum, undulatum, campactum et rhaponticum. Elles sont bien moins actives que celles de Chine et de Perse, qui sont les plus estimées.
Composition chimique du rhizome — D'après de nombreuses analyses (Pfaff, Henry, Caventou, Brandus, Schlossberger, Dopping, etc.), il contiendrait : matière jaune cristallisée, granuleuse, résine, acides tannique et gallique, extrac tif, sucre incristallisable, amidon, pectine, malate et oxalate de chaux, oxyde de fer et quelques autres substances.
D'après les recherches de Kubly, la rhubarbe contient : acide rhéumique, une substance incolore, de la phéoritine, la chrysophane, et une matière pectique.
La rhubarbe se prescrit, i Tintérieur en poudre : 30 à 60 centigrammes comme tonique; i à 5 grammes comme purgatif; en macération, 6 à 10 grammes pour250 grammes d'eau; en teinture, en sirop, en vin et en extraits. On l'associe au calomel, à la magnésie, à Taloès, etc.
Torréfiée, la rhubarbe perd sa propriété purgative, mais devient plus tonique.
L'usage de la rhubarbe provoque du côté des urines une coloration jaune très accentuée.
(a) Vernes, Des altérations du calomel (Comptes rendus de la Société médicale de VIsère, 1879).
DES PURGATIFS DRASTIQUES ET MÉCAMQUES. 7i5
Elle présente certains avantages ;elle agit comme tonique Stomachique, et elle est généralement bien supportée par l'estomac; aussi se prend-elle le plus souvent au moment des repas.
On utilise la rhubarbe soit en poudre, soit en potion, soit en sirop. Le sirop est très employé, chez les enfants, sous le nom de sirop de rhubarbe composé onsirop de chicorée. Vous voyez journellement ce sirop (1) administré à la dose d'une h deux cuillerées à bouche chez les enfants du premier âge. Pour ma part, je ne partage pas cet enthousiasme pour ce purgatif, et je préfère la magnésie, et surtout la magnésie de Henry.
Le podophyllin est aussi rangé dans le groupe des médicaments cholagogues, et je reviendrai sur ce médicament lorsque je parlerai des affections calculeuses du foie; je veux seulement vous en parler aujourd'hui au point de vue de la constipation.
Podophyllin.
(1) Sirop de rhubarbe composé; sirop de chicorée composé (Cod. fr.) :
Rhubarbe {Rheum palmatum) 200 grammes.
Raeinc sèche de chicorée {Cichorium intybu9) 200 —
Feu illes sèches Ue chicorée {Cichorium tn/ybu9) 300 —
Feuilles sèches de fumeterre {Fumari officinalU) 100 -
Feuilles sèches de scolopendre {Scolopen^ drium officinale).,.. 100 —
Baies d'alkékenge (P%- $alii alkekengi) 50 —
Cannelle {Laurus cinnamomum) 20 —
Santal citrin {Santalum album) 10 —
Sucre blanc 3 kilos.
Eau Q. s.
Versez un litre d'eau à + 80* sur la rhubarbe, la cannelle et le santal concassé; laissez infuser six heures, passez, exprimez, filtrez. Faites infuser douze heures, avec cinq litres d'eau bouillante le résidu de la première opération, réuni à toutes les autres substances divisées; passez, exprimez, clarifiez ce second infusé au blanc d'œufs; passez à l'étamine ; faites un sirop par coction et clarification avec le second infusé et la quantité de sucre prescrite ; lorsque ce sirop bouillant marquera 1,26 D.
(SO'B.), prenez-en le poids ; continuez l'évaporation jusqu'à ce qu'il ait perdu un poids égal à celui du premier infusé; alors ajoutez celui-ci pour ramener le sirop à 1,26 D. 20 grammes représentent les principes solubles de 88 centigrammes de rhubarbe. .
Doses : 10 à 40 grammes.
7ifi LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
Employé d'abord en Amérique, d'où la plante, le Podih phyltum pellatim (4), dont on extrait lepodophyllin, est originaire, cette matière résineuse a été vantée, en France, par Trousseau, et par Constantin Paul (a) qui en a montré tous lesavantages. Pour ce médecin, le podophyllinest le régulateur par excellence des garde-robes, et par cela même le meilleur médicament pour la constipation ; il aurait de plus, sur les autres purgatifs, l'avantage de ne pas déterminer d'accoutumance; il produirait ses effets laxatifs à doses faibles, à 2 centigrammes, mais donnerait à la dose de 10 centigrammes des effets très actifs, et l'on aurait alors un vrai purgatif drastique.
Malgré la compétence des auteurs qui ont vanté le podophyllin, malgré le travail fort consciencieux de Marchand(i), celte résine n'a pas la vogue que lui prédisaient les médecins qui l'ont étudiée, et cela résulte, je crois, de ce que, le plus souvent, le podophyllin détermine des coliques assez vives; pour ma part, chaque fois que je l'ai prescrit, surtout à des femmes, j'ai vu que nous devions l'abandonner, à cause
(9) Le podophyllum peltatum, est tient : de la berbérine, un alcaloïde
une berbe vivace de la famille des incolore, un acide particulier, une
Berbéridacées, qui croit dans l'Ame- matière odoriférante et de la sapo-
rique du Nord. Les parties employées nine.
sont le rhizome et les racines : on La résine (cadbury) est solnbie
en extrait une résine appelée podo- dans Talcool, Téther^ les huiles es-
phylline, qui se présente sous Fas- sentielles, le sulfure de carbone, so-
pect d'une poudre brillante, dépour- lubie en partie dans les alcalis,
vue d'apparences cristallines, d'une En le donnant à la dose tie 2 i
couleur jaune brunâtre, d'un goût 5 centigrammes, le podophyllin pro-
acre et amer. voque des garde-robes régulières,
D'après Mayer (de New-York), outre dix à douxe heures après sonadmi-
cette résine, le podophyllum con- nistration.
(à) Constantin Paul, Du traitement de la constipation habituelle par le podO' phyllin {Soc. de thérap., avril 1873).
(fe) Marcliand, Nouvelle» Recherches sur le podophyllin (Bull, de thérap.j t. LXXXVli, 1874, p. 164).
DES PURGATIFS DRASTIQUES ET MÉCANIQTES. 7 il
des douleurs qu'il provoquait, et cela avec les doses minimes de 2 ou 3 centigrammes.
La formule des pilules de podophyllin varie peu : C. Paul y joint la poudre de gingembre ; les Anglais s'efforcent de diminuer l'action excitante du podophyllin en lui associant l'extrait de jusquiame ; quant à Trousseau et à Blondeau, ils obtiennent le même résultat avec les préparations de belladone (4).
Si le podophyllin a été abandonné dans une certaine mesure, il est un autre médicament qui a mieux résisté aux attaques dont il a été l'objet, et qui est resté l'un des meilleurs remèdes pour combattre la constipation ; je veux parler de l'aloès (2), qui fait aussi partie des médicaments cholagogues,
De raloèf.
(1) Pilules (Trousseau et Blondeau) :
Podophyllin 2 centijçr.
Extrait de belladone 1 —
Poudre de racine de belladone 1 —
Pour une pilule. Une à deux pilules par jour.
Pilules de podophyllin (Van den Corput) :
Podophyllin 1 contigr.
Savon médicinal i —
Essence de cannelle 1 —
Pour une pilule. Deux à quatre par jour.
Pilules de podophyllin (C. Paul):
Podophyllin 3 centigr.
Poudre de gingembre 3 —
Miel Q. S.
Pour une pilule.
(2) Aloés, C'est un suc amer fourni par plusieurs espèces à'Aloê (Liliacées) originaires pour la plupart de l'Afrique méridionale et orientale.
Lorsqu'on veut recueillir le suc des
aloés, on coupe les feuilles prés du pied de la plante, on les place aussitôt, la surface de section en bas, dans une auge de bois ou dans une peau de chèvre, recouvrant un trou creusé en terre ; le suc s'écoule et on le fait ensuite évaporer, soit au feu, soit au soleil, dans des cuves de cuivre ou de fer. La drogue est extraite principalement des espèces suivantes :
V Aloe socotrina (aloès de Bombay, des Indes orientales ou de Zan* zibar), couleur brun rougeâtre foncé, d'une odeur assez agréable;
2" Aloe vulgaris, qui donne 1 aloès de Curaçao et Taloès des Barbades, substance sèche, dure, couleur brun chocolat, à cassure nette, cinMi<o;
3« Aloe ferox, qui fournil Taloès du Cap, d'une couleur foncée, avec reflets verdâtres, d'une odeur de souris, à cassure conchoïdale brillante;
4" Aloe afticana, qui donne un suc peu actif;
i" Aloe arborescem.
Le suc de l'aloès, d'une saveur amère et désagréable, doit son odeur
et qui mériterait certainement un chapitre à part dans Tétude des purgatifs.
L'aloès a une action élective sur la partie inférieure de l'intestin, dont il excite les fibres musculaires et augmente la circulation ; c'est même là un des plus sérieux inconvénients de Taloès, inconvénient ou avantage, selon les cas. Inconvénient pour les hémorroïdaires, chez lesquels il augmente la congestion des varices rectales; avantage, parce
à une buiie rolatile. L*aloès est solubie dans Talcool, insoluble dans le ehloroforme; mis dans Teau chaude, il se dissout, mais il se sépare de la solution une masse brune, formée de gouttes résineuses constituant ce qu*on a appelé la résine d'aloès : la portion soluble a été nommé amer d'aloès ou aloétine.
Le principe amer de Faloés est une substance cristalline, Valoïne^ dans laquelle on a reconnu trois espèces : la babaloïne, la nataloïne et la soccUoïne.
L'aloés est prescrit comme apéritif et comme purgatif. Comme purgatif (50 centigrammes à 1 gramme), il agit très lentement (cinq à six heures) et provoque des selles diarrhéiques, avec évacuation de bile ; il amène en même temps une irritation et une congestion du côté de Textrémité inférieure de rintestin, et chez la femme une congestion des organes du petit bassin. f
A doses très fortes, Taloès peut produire, outre les selles abondantes, de la faiblesse générale avec ralentissement du pouls et abaissement de la température.
On associe Faloés à la gommegutte, au calomel, à la myrrhe, etc. ; pour le rendre moins irritant, on peut Tassocier à l'extrait de jusquiame (15 centigrammes pour 1 gramme d'aloès), à la rhubarbe, au sulfate de fer.
L'aloès des Barbades se donne à doses moindres (cinq fois) que l'aloès du Cap.
On confectionne :
1* Des pilules apériiives : pilules ante cibum ou grains de vie, pilules ou grains de santé du docteur Frank; purgatives: pilules d'Andorson ou écossaises, ou pilules de Bontius, pilules de llorisson, etc. ; emmenagogues : pilules de Rufus, pilules d'aloès et de fer (Pereira) ;
2" Des teintures;
3" Des vins ;
4** Des élixirs(élixirs de longue vie);
5* Des lavements (5 grammes pour 300 de décoction d'avoine) et des suppositoires (i gramme pour 10 grammes de beurre de cacao).
Pilules ante cibum :
Poudre d'aloès 24 grammes.
Extrait de quinquina. .. . 1â —
Poudre de cannelle 1 —
Sirop d'absinthe Q. S.
F. S. A. des pilules de 20 centigrammes ; une ou deux avant le repas.
Pilules écossaises ou d'Anderson :
Aloès des Barbades 8 centigr.
Gomme-gutte 8 —
Essence d'anis i milligr .
Miel blanc i centigr.
Pour une pilule. Doses : deux à six.
que le médecin peut en user pour provoquer des congestions physiologiques du côté de Tutérus et des organes du petit bassin; avantage aussi, si nous voulons créer des hémorroïdes. Quoi qu'il en soit, Taloès est un médicament fort employé, qui sert de base à toutes les pilules stomachiques ou autres qui ont la propriété de déterminer des garde-robes régulières. Il agit à longue portée et s'administre au repas du soir pour provoquer les garde-robes le lendemain matin. C'est un bon médicamentdontj'aiparlé à propos desaflections de Testomac, et qui est utilisé à la dose de 5 à 10 centigrammes, soit en pilules, soità l'état naturel.
J'en ai fini, messieurs, avec les purgatifs que l'on comprend dans la classe des cholagogues, et je vais aborder maintenant l'exposé rapide des médicaments de la seconde subdivisiondece groupe de purgatifs, qui agissent, vous vous le rappelez^ non en augmentant la sécrétion de l'intestin, mais en exagérant ses contractions, c'est-à-dire qui purgent en amenant des coliques plus ou moins vives; ce sont les
Teintare d'aloès composée ou élixir de longue TÎe (Codex français) :
Aloès du Cap {Aloe
ferox) 40 grammes.
Racine de gentiane
{Gentiana lutea),,. 5 — Racine de rhubarbe
{Rheum palmalum). 4 — Racine de zédoairo
(Curcumaiedoaria), 5 — Stigmates de safran
{Crocus $aUvuÉ),,,. 5 — Agaric blanc (Polypo-
ru9 officinalU) 5 —
Thôriaque 5 —
Alcool à 60» 2000 —
Divisez; faites macérer dix jours; passez, exprimez, filtrez.
Doses : 6 à 15 grammes.
Pilules d'aloés (Codex français) :
Aloès du Cap {Moe ferox), 1 décigr.
Conserve de roses 1 contigr.
Pour une pilule argentée.
Pilules d'aloès et de savon (Codex français) :
Aloès du Cap....
Savon médicinal.
àà 1 décigr.
Pour une pilule.
Pilules de Franck, grains de santé du docteur Franck :
Aloès socotrin (Aloe 80^ \ cotrina) / âà
Jalap pulv. {Evogonium i 4 contigr.
purga) )
Rhubarbe pulv. {Rheum
palmalum) 1 ccntigr.
Sirop d'absinthe Q. S.
Pour une pilule argentée.
drastiques, purgatifs très nombreux et dont je ne puis, daos cette leçon, vous signaler que les principaux. En tête du groupe, et comme intermédiaire au précédent, je placerai une plante qui mérite de nous arrêter quelques instants, et qui sert de base à la plupart des apozèmes purgatifs» c'est une casse particulière, le séné.
Du séné. Le séné (i) à Tétat de feuille ou de follicule est un excellent purgatif; si Ton en croit les expériences des médecins anglais, ce serait à une combinaison ammoniacale de Tacide cathartique, le cathartate d'ammoniaque, que serait due son action purgative. Il n'est pas de tisane purgative qui n'ait pour base le séné : la médecine noire (2), les tisanes Royale ou Impériale (3), la tisane du curé de
(1) Le séné ou plutôt les sénés pro- Sulfate de soude cris-
viennent d'un très grand nombre tallisé 15 graramct.
d'espèces de cassia (C«Mia acutifo- Rhubarbe concassée
/ta, abovaia, anqustifoHa), dont les ^ ^'^'^««"^ palmalum).. 5 -
folioles sont mélangées à desfeuilles ^tTr*" Z T ^
d'une plante de la famille des Apo- ^^^ bouillante 120 -
cynées, Targuel (Cynanchum ar^
guel) : ce mélange est vendu sous le Faites infuser le séné et la rhu*
nom de séné de la palte, du nom de barbe dans l'eau pendant une demi-
rimpôt (palte) dont est frappé ce heure, passez, exprimez; ajoutex le
produit qui nous vient de l'Egypte, sulfate de soude et la manne ; faites
On distingue encore par leur prove- dissoudre en chauffant doucement;
nance, des sénés de Syrie, du Séné- passez, laissez déposer, décantez,
gai, de Tripoli, de l'Inde et de Tltalie. A prendre en une fois le matin i
On donne le nom de follicules de jeun.
séné aux gousses de ces légumineuses (3) Tisane royale (Codex français) : cœsalpiniées.
D'après de Lanessan, les follicules Feuilles de séné ((^(um
seraient moins purgatifs que les fo- acutijolia) 15 grammes.
liQles^ Sulfate de soude 15 —
Le séné contient un principe acUf, ^^"»*f, <*'*'!" (Ptmpt-
la cathartine, que Stahl a employée ^ "^^^^ anx^m) . ... . 5
Aij jiAArA A- Fruits de coriandre (Co-
A la dose de 10 à 50 centigrammes, ^iandrum sativum). 5 -
comme purgatif. Feuilles fraîches de
(2) Médecine noire,apozème purga- persil {Petroselimum
tif, potion purgative (Codex français); sativum) 15 —
Eau t 1000 —
Feuilles de séné (Cassia Citron coupé par tran-
aculifolia) 10 grammes. chos (Citrus limon), n* * •
Deuil (i),les thés purgatifs, de Saint-Germain (2) ou autres : dans toutes ces préparations entre le séné.
L'une des meilleurs tisanes purgatives est celle que Ton connaît sous le nom de tisane purgative de l'hôpital Saint- Louis j et que le professeur Hardy formule ainsi :
y Séné
Pensées sauvages.
ââ 8 grammes.
Faire infuser pendant une heure dans un litre d'eau bouillante et édulcorer avec du miel. Un grand verre le matin.
Vous pourrez aussi associer d'une façon fort heureuse le séné aux pruneaux en accommodant ceux-ci avec une infusion de séné, au lieu et place de l'eau que l'on emploie ordinairement.
Faites macérer vingt-quatre heures en remuant de temps en temps; passez, exprimez, filtrez. Doses : par verres.
(1) Voici maintenant la formule de médecine du curé de DeuiU et qui a été autrefois fort vantée.
Racine de guimauve \
{AUheaofficinalis). \
Racine de patience i
{Rumex acuttu).. I Racine de chiendent ) âà 15 grammes.
{Trilicumrepem). ' Racine de réglisse
(Glycyrrhiza gla-
bra)
Feuilles de chicorée
(Cichoriumintybus), 7 —
Faire bouillir pendant dix minutes, dans trois bouteilles (environ ^•'250) d'eau; ajoutez :
Feuilles de séné (Coisiû aculifolia) 20 gram mes .
Rhubarbe {Rhcum pal"
fîiatum) • • • 4 grammes.
Sulfate de soude 4 —
Faites infuser le tout pendant deux heures, passez à Tétamine.
Doses : par tasses dans la matinée, en deux ou trois fois.
(f) Thé de Saint-Germain (Codex français) :
Feuilles de séné (Cassia
aculifolia) 12 grammes.
Fleurs de sureau {Sam^
bucus nigra) 5 —
Semonces d'anis {Pimpi'
nella anisum) 5 —
Semences de fenouil (Fœ-
niculum dulce) 5 —
Bitartrate de potasse pulv. 5 —
Incisez; mêlez; faites des paquets de 5 grammes chaque paquet à préparer une tasse d'infusion (environ
Doses : de deux à six tasses dans la matinée.
La tisane Impériale (i), que Corvisartfit préparer pour Napoléon P% qui réclamait ses soins pendant une campagne d'Allemagne pour un eczéma du cou, fort gênant pour porter l'uniforme, avait pour base ce séné. Si je vous cite ce fait, c'est parce qu'il donna lieu à une discussion fort intéressante.
Le médecin allemand auquel l'empereur s'était tout d'abord adressé, s'était opposé à la cure rapide de cet exanthème, en affirmant que sa suppression pourrait avoir les plus graves conséquences. L'empereur, pressé par la campagne militaire qu'il conduisait avec sa vigueur habituelle, ne suivit pas les conseils du médecin allemand, mais ceux de Corvisart, qu'il fit venir de Paris. Le triomphe de Gorvisart fut complet et l'eczéma disparut; mais, à la mort de l'empereur, qui fut déterminée, comme vous le savez, par un cancer de l'estomac, le médecin allemand voulut prendre sa revanche, et s'efforça de démontrer que, si on avait suivi sa prescription, cette affection ne se serait pas déclarée. Malheureusement pour cette affirmation, si on remonte aux antécédents de famille, on constate que, le père et l'oncle de Napoléon étant morts de cancers, on peut penser que l'hérédité a joué probablement ici le principal rôle.
Quoi qu'il en soit, le séné mérite de rester dans la thérapeutique, comme un excellent purgatif et comme celui de tous les drastiques donnant lieu aux coliques les moins intenses.
Cependant ces coliques existent et c'est là un inconvénient
(1) Médecine de Napoléon (Corvi- Sucre 60 grammes.
Infusion de séné 1000 —
sart)