‹ Leçons de clinique thérapeutique; (volume 2)Chapitre 37 sur 48 · V.thm · texte numérisé non relu

V.thm

Éméliqiic 25 milligr. demi-heures, jusqu'à effet poi^gratif*

Faites dissoudre, filtrez.

Crème de tartre soluble. 80 grammes. A prendre par verres toutes Jes

à remploi du séné; vous le ferez disparaître en partie, en ayant soin de faire macérer vos follicules de séné dans Talcool avant de les employer.

Le séné fait aussi partie d'une poudre aujourd'hui très employée et que vous trouverez formulée dans la pharmacopée allemande sous le nom de Poudre de réglisse composée ou Poudre de réglisse laxative.

Voici la composition de celte poudre :

V Follicules de séné en poudre passés i

à Talcool i ùà 6 grammes.

Soufre sublimé )

Anis étoile en poudre / , . .^

Fenouil en poudre )

Crème de tartre pulvérisée t —

Réglisse en poudre 8 —

Sucre en poudre 25 —

On prend une dose variant d'une cuillerée à café à une cuillerée à bouche et même davantage dans un peu d'eau, le soir en se couchant. C'est un excellent laxatif, qui vous donnera de bons résultats surtout dans le cas de constipation habituelle.

Les autres purgatifs drastiques appartiennent surtout à Purgatifs deux familles : les Convolvulacées et les Cucurbitacées. *"**''""' Dans la première famille se rangent le turbith (i), le jalap, la scammonée (2) ; dans la deuxième, la coloquinte (3),

(i) Le turbith {Convolvulus turpe- due au latex résineux que renferme tum) est une racine dont on se sert cette racine, résine qui contient un comme purgatif drastique; elle nous principe actif, la turpétine analogue vient de l'Inde et de Pile de Ceylan. à la convolvuline et à la jalapine. C'est Ylpomœa turpetum qui fournit (!2) Pour le jalap et la scam menée, cette racine, qui se présente dans le voir la leçon des Maladies du cœur^ commerce sous forme de morceaux concernant le traitement des hydropleins on creux à Tintérieur, et sou- pisies.

venttordussureux-mémes.Ilyad'ail- (3) L^ coloquinte (Cucumiê colo-

leurs, au point de vue de la structure, cynthii) est une plante annuelle,

une extrême analogie entre la racine grêle, à racine vivace, originaire de

de turbith et la racine de scammonée. TOrient (Cucurbitacées). Le fruit, seul

Son action purgative énergique est employé, est de la grosseur d'une

CLIÏflQUE TBÉRAP., 6* édît. I. — 48

rélatérium (1) et le cayapona. De tous, c'est le jalap et surtout la scammonée qui sont le plus employés. La scammonée entre dans la confection de certains gâteaux, petits* fours, chocolat et anisetle purgatifs. Médicament d'un goût agréable, il se prend sans dégoût, mais a des inconvénients

orange, d'une couleur verte ou jaunâtre lorsqu'il est frais, brune lorsqu'il est sec ; dans le commerce, il est débarrassé de son enveloppe croùteuse, et se présente sous forme de boule blancbe, spongieuse, sèche et légère ; il renferme de nombreuses semences aplaties, jaunes. D'une saveur amère et nauséuse, la coloquinte contient un principe amer, la colocynthiue (glucoside), étudié par Lebourdais en 18^(8 et par Walz eu 1858, une huile grasse, une résine amère, de Textractif, de la gomme, de Tacide pectique, de Textrait gommeux et des sels (Meisner).

La colocynthiue est une substance jaune, brunâtre, translucide, amère, soluble dans Feau, plus dans Talcool.

On fait avec la coloquinte: une infusion (1 à 3 grammes par litre), une teinture, un vin, un extrait aqueux et un extrait alcoolique.

A doses modérées, la coloquinte est un purgatif puissant; à doses élevées, c'est un purgatif drastique très violent, provoquant des coliques vives, desnausées,des vomissements, des douleurs atroces, du délire, de la rétention d'urine, avec rétraction des testicules et priapisme, pâleur de la face, petitesse du pouls, crampes, hoquet et quelquefois la mort.

Doses :

Extrait de coloquinte, de

Vin de coloquinte, de

Teinture alcoolique de

âo cent, à 2 grammes, i - - ù W - 1 à 5 ou 6 —

On l'associe souvent à l'aloès, la scammonée et l'extrait de jusquiame.

On ne doit pas la prescrire avec les alalis, les sels de fer, d'argent et de plomb.

(1) Elateriumy momordica elaUrium (concombre sauvage ou momordique, concombre d'âne, galante, pomme de merveille, Cucurbitacées).

C'est une plante vivace du midi de la France. On fait usage des fruits et "de la racine. Le fruit, d'une amertume très désagréable, est ovoïde, oblong, de la grosseur d'une petite noix verte, contenant de nombreuses graines ; lorqu'on détache le fruit de la plante, il y a une sorte de contraction de la pulpe du Iruit, qui expulse violemment les grains et le suc.

On retire du fruit un suc contenant une substance très amère, acre. Vêlatériumj dont Morriès (1831) a extrait un principe actif, Velaiérine. L'élatérium cristallise en prismes hexagonaux; elle est d'une saveur amère, acre, soluble dans l'alcool, les acides faibles, l'éthef et les huiles; insoluble dans l'eau et les alcalis.

Braconnot et Paris ont décrit cette substance sous le nom d'élatine.

Vélatérium est un purgatif drastique qui, à haute dose produit un empoisonnement analogue à celui de la coloquinte.

S'il est d'une bonne sorte, Vélatérium produit des effets à la dose de 3 à B milligrammes.

el surtout celui de déterminer toujours des coliques plus ou moins vives. Il se donne à la dose de 50 centigrammes dans le lait sucré.

Employez-vous le jalap ? Prenez la teinture de jalap composée ou eau-de-vie allemande à la dose de 15 grammes à 20 grammes. Déjà, dans une autre leçon, dans la thérapeutique des maladies du cœur, j'ai insisté sur ces purgatifs : je vous renvoie à ce que j'en ai dit (1).

Dans Tune des dernières communications que fit un des maîtres de la thérapeutique française, Gûbler (a) il présenta à la Société de thérapeutique un nouveau purgatif, le cayapona, et son alcaloïde la cayaponine. A la dose de quelques milligrammes, cet alcaloïde produit des coliques très violentes. Gûbler l'avait aussi donné en injections sous-cutanées, mais il n'avait obtenu que des effets locaux irritants.

A ces purgatifs il fautjoindre une substance très employée De h aux États-Unis la Cascara sagrada ou pour parler plus scientifiquement, le Rhamnus purshiima^ dont la famille fournit déjà à la thérapeutique le nerprun {Rhammis calharliens) ^ purgatif drastique. On donne ce purgatif sous forme de poudre d'écorce, à la dose de 25 centigrammes, dans des cachets médicamenteux. Mon élève, le docteur Eymeri, a d'ailleurs consacré à l'étude de cette plante un intéressant travail (2).

(1) Voir Maladies du cœur, trai- ciue un purgatif très utilisé, le

tement des hydropisies. nerprun (Rhamntis catharticus) et

Ci) L^ Cascara sagrada dont le une plante fort connue dans nos pays,

véritable nom est le Rhumnns purs- T/i/at^me. C'est un arbuste originaire

hianaf ainsi appelée du nom du de rAmérique du Nord, sur la côte

botaniste allemand Frédéric Pursh du Pacifique,

qui l'a étudiée le premier en 1811, U renferme, d'après Prescott, qui

est classée dans la famille des Rham- Ta analysé» des résines brune, rouge

nacées qui a déjà fourni à la médc- et jaune et des acides tannique, raa-

(a) Gûbler, De la cayaponine (Soc. de Uiétapeuiiquet 1878, liulL de thirap.. i. XCV, 1878).

Castiafii •agrada.

Purgatifs muscalairos.

Enfin, au sommet du groupe des drastiques se place une Euphorbiacée, le croton (1), dont on se sert, par exception, Il la dose de i à 2 gouttes dans de la mie de pain. C'est un médicamenl dangereux, qui agit en déterminant dans l'intestin une irritation analogue à celle qu'il produit sur la peau.

Le troisième groupe de médicaments purgatifs comprend oeux qui agissent en déterminant les contractions intestinales : ce sont les strychnos, et particulièrement la teinture amère de Baume, dont je vous ai déjà vanté l'usage dans les

lique et oxalique. On se sert surtout de la poudre d'écorce de la Cascara sagrada et on peut employer plusieurs préparations; soit la poudre elle-même enveloppée par des cachets médicamenteux, comme Ta fait Limousin, ces cachets médicamenteux renferment 25 centigrammes de poudre, le plus souvent une dose sufût; soit un extrait fluide très répandu en Amérique. Cet extrait fluide se donne à la dose de 30 à ^0 gouttes par jour.

C'est à Bundy que Ton doit Fintroduction du Cascara sagrada dans la thérapeutique. En France, elle a été expérimentée pour la première fois par Landowski. Dujardin-Beaumetz l'a expérimenté dans son service et le D' Èymeri a rendu compte de ses expériences (a).

(1) Croton tlglium (Eupliorbiacées). Le Croton tiglium est un arbre de 5 à6 mètres déliant, qui croit dans Ws Indes orientales, à Ceylan, aux lies Moluques. Il fournit des graines (graine de Tilly, graine des Moluques, petit pignon d'Inde) contenues dans un fruit de la grosseur d'une aveline, à trois coques.

Ces graiaes ovoïdes, de 15 millimètres de long sur i centimètre de large, contiennent : une huile fixe et de l'acide crotonique (Pelletier et Caventou;, une huile volatile (Brandes).

une résine jaune brun, de la stéarine, de la cire, etc.

L'huile est retirée des graines soit par broiement et expression, soit au moyen de l'éther ; elle est transparente, d'unecouleurbrune visqueuse, d'une odeur désagréable et nauséabonde, d'une saveur acre. Elle est soluble dans l'alcool, Téther et les huiles fixes; insoluble dans Teau.

Ingérée, cette huile cause d'abord une sensation d'àcreté dans le gosier, de chaleur à l'estomac, quelques nausées, parfois des vomissements, puis des coliques plus ou moins vives et de nombreuses évacuations ; à haute dose (3 à 4 gouttes), elle provoque des accidents toxiques, des convulsions, et quelquefois la mort.

On l'emploie à l'extérieur comme révulsif (Voy. Maladies du cœur) : à Tintérieur, elle se donne à la dose de i à'i gouttes, en pilules ou en dissolution dans de l'huile de riciu.

(û) Kymcri, la Caftcara sagrada (Rhamnu^ pnrshiann). Thèse de Parif, 1884.

dyspepsies musculeuses (i), et qui peuvent combattre efficacement la constipation des personnes atteintes de parésie intestinale. C'est ainsi qu'agissent certaines Solanées, telles que la belladone, que Trousseau a beaucoup vantée. Il la donnait en pilules de i centigramme d'extrait de belladone et i centigramme de poudre. Cette médication mérite de rester, et vous en userez utilement pour combattre la constipation habituelle.

L'électricité peut être aussi considérée, non pas précisé- Éiedricuc. ment comme un purgatif musculaire, mais comme étant un agent thérapeutique qui combat la constipation en exagérant les contractions intestinales. Âlthaus, Duchenne, et surtout Onimus et Legros (2), ont fort bien étudié cette action de l'électricité sur les mouvements intestinaux, et ces deux derniers expérimentateurs nous ont montré que l'on peut employer soit les courants continus, soit les courants

(1) Voir Maladies de Vestomac^ tiques au momentde leur application, traitement des dyspepsies muscu- c Les courants d*induction sur les leuses. nerfs splanchniques font augmenter

(2) Voici le résumé des expériences progressivement la tension sans déterd*Onimus et Legros sur Faction des miner de mouvements péristaltiques. courants sur les contractions intesti- c Les courants continus sur les nales : splanchniques donnent lieu à des

c Les courants d'induction appli- contractions péristaltiques.

qués directement aux intestins don- c L'électricité portée sur les plexus

nent une contraction au niveau des nerveux et les nerfs mésentériques

pôles; entre les pôles, il y a relâche- produit des effets analogues,

ment des parois. c Les courants interrompus sur les

c Les courants continus abolissent pneumogastriques causent une dila-

les mouvements péristaltiques et tation de l'intestin et son immobilité;

amènent une diminution de tension, ce phénomène a lieu par action ré-

ot le courant suit la direction nor- llexe. Ils amènent, au contraire di-

maie des mouvements, ou une aug- rectementla contraction de l'estomac,

mentation, si le courant va en sens c Les courants continus modérés

contraire. sur les pneumogastriques opèrent

c L'électrisation de la moelle par peu sur l'intestin; ils arrêtent les

les courants continus augmente no- contractions normales ou patholo-

tableroent les contractions péristal- giques de l'estomac (a), t

{a) Legros et Onimus, Electricité médicalty 1872, p. 666.

interrompulB; pour les premiers, il faut appliquer Félectricilé sur la moelle ou sur les nerfs splanchnîques ; pour les seconds/qui sont les plus efficaces et les plus employés, on introduit un des pôles dans Tanus pendant que Ton promène Taulre sur la paroi abdominale; d'ailleurs nous reviendrons sur ce point lorsque je vous parlerai, dans la prochaine leçon, du traitement de rétranglemenl intestinal. Porgtub II y a enfin des substances purgatives qui agissent pai* niques, action mécanique, et dans ce groupe rentrent les huiles et

la graine de moutarde.

Monurde La graiuc de moutarde blanche (i) a été très en vogue pour

bluncbo*

le traitement de la constipation, et, à une certaine époque, grâce à une réclame formidable, elle a été fort employée. Depuis que la réclame a diminué, la vogue delà moutarde s'est éteinte. Cette graine de moutarde, qui pouvait avoir une action purgative réelle, avait aussi des inconvénients; elle s'accumulait dans le tube digestif, et on a vu, dans certains cas, de vraies occlusions, dues à l'accumulation de ces graines de moutarde réunies en masse compacte dans l'intestin.

Repoussez donc l'usage de ces graines, comme en général l'emploi de tous ces corps étrangers que le vulgaire avale quelquefois pour en obtenir des effets purgatifs, sauf toutefois celui de la graine de lin qui, souvent à la dose d'une cuillerée à soupe en macération dans un verre d'eau, produit des effets laxatifs évidents. Rappelez-vous ce fait qui s'est passé dans le service du professeur Potain : un homme y est mort des suites d'une encéphalopalhie saturnine causée par des

(1) La moutarde blanche (Bro^stca les bienfaits pour combattre la cons-

alba) est une crucifère qui croit dans tipalion. Cette moutarde contiendrait

nos pays, dont la graine a été très un principe irritant, qui se dévelop-

vantéeparCullen et Marcatan et sur- perait sous Tinfluence de la réaction

tout a r un nommé John Taylor, qui, de la myrosine et de Tacide m3rro-

en 1 826 parcourut le monde pour sique en piésence de l'eau, répandre ce médicament et en vanter

huilos.

balles de plomb qu'il avalait de temps en temps sous prétexte de nettoyer, disait-il, son tube digestif. Il prétendait qu'il tenait exactement compte des entrées et sorties, et qu'il ne devait, par conséquent, rester aucune balle dans son intestin. L'autopsie a montré que ses calculs étaient mal faits ; on trouva en effet dans l'estomac dix-sept balles dont la présence avait déterminé l'empoisonnement saturnin.

Ce fait me remet en mémoire les fameuses pilules perpé^ Piiuies tuellesj jadis employées, et qui, avalées, produisaient un effet tuXt. purgatif amenant la sortie de la pilule non détruite ;celle-ci, reprise avec soin, pouvait alors servir de nouveau et elle était même transmise par héritage dans certaines familles.

Revenons à des purgatifs plus sérieux, aux corps gras, aux De^ huiles. L'huile, quelles que soient son origine et sa nature, si elle est prise en grande abondance, n'est pas attaquée complètement parle suc pancréatique; elle provoque alors, à titre de corps étranger, une action locale qui excite la sécrétion intestinale et amène un effet purgatif.

Dans ces huiles, une surtout a une action purgative remar- huao de quable, c'est l'huile de ricin (i), qui est le type des purga-

{i)Ricin{Bicinu8Communi8^Rici'' d'un principe volatil acre, et Sounu$ palma Christi), Euphorbiacées. beiran a retiré une huile résineuse. Originaire de Tinde, le ricin, qui en molle. On n'emploie pas les se- France atteint 1 ",50 de haut, est dans mences, qui possèdent des propriétés les Açores un petit arbre de 3 à purgatives trop énergiques et ont 5 mètres, tandis que dans d'autres trop souvent causé des empoisonnecontrées il peut atteindre 12 mètres, ments.

Le fruit du ricin est une capsule L'huile de ricin est extraite des se-

tricoqne, couverte d'épines, à trois mences, soit par expression, soit par

loges contenant chacune une graine infusion dans Teau bouillante. C'est

ovale et comprimée» dure, tachetée et en épuisant les graines de ricin par

de la grosseur d'un haricot. Ces se- l'eau bouillante que Tuson a retiré,

mences contiennent (Greiger):rdans en 1864, un alcaloïde» la ricinine^

les enveloppes : résine insipide et cristallisant en prismes rectangu-

extractif, gomme brune, ligneux; laires.

2* dans les amandes : huile grasse ; Par saponification on retire de

gomme, caséine ou albumine, ligneux l'huile de ricin trois acides gras : ri-

et amidon. Pereira admet la présence cinique, élaïdique et margaritique.

ricin.

tifs huileux. C'est un purgatif doux, non irritant, et qui rend de grands services. Vous savez quelle différence notable il y a entre le fruit du ricin et Thuile que Ton extrait. Séduites par l'aspect engageant de ces graines, qui ressemblent si bien à des coléoptères, et se fondant sur l'action purgative de l'huile, certaines personnes ont mangé ces graines, et on a vu alors se produire chez elles des désordres graves et même des empoisonnements. Les fruits contiennent en effet un principe acre, drastique, très énergique.

L'huile de ricin obtenue aujourd'hui est parfaite, et, grâce aux perfectionnements apportés à sa fabrication, elle n'est pas désagréable à prendre; et il y a loin de l'huile de ricin d'aujourd'hui à celle qui existait il y a quelques années et que son goût et son odeur rendaient si répugnante ; ajoutons, de plus, que nous avons perfectionné aussi son mode d'administration et que l'union de l'huile el du café noir sucré ou bien celle de l'huile de ricin avec la soupe à l'oignon rendent son administration supportable, même pour les personnes les plus difficiles. Vous pouvez aussi masquer complètement le goût de l'huile de ricin en vous servant d'une émulsion, et vous verrez que sur ce point comme sur bien d'autres la médecine a grandement progressé et que nous ne sommes plus à l'époque où, pour connaître le grand

L'huile de ricin se donne ordi- Eau commune 60 grammes.

nairement à la dose de 30 grammes Ja«n« d*œuf n* 1

soit avec du jus de citron ou d*o- i^ i * range, soit avec du bouillon dégraissé

et très chaud, de l'infusion de thé ou H^ij^ ^e ricin 30 grammes.

de café noir, de menthe ou de gi- Gomme arabique pulv.. 8 —

rofle, etc. Eau de menthe poivrée. 15 —

On Êdt aussi des potions et des — commune 60 —

émulsions. Sirop de sucre 30 —

^*^*'^° • Les feuilles de ricin ont été vantées

Huile de ricin 32 grammes. comme emménagogues, en applica-

Eau de menthe 32 — tion sur les mamelles.

art de la purgation, il fallait adapter le tempérament de la plante à celui du malade (i). Quant à la dose, elle est de 20 à 30 grammes, même davantage. Cependant, il paraît acquis qu'à dose moyenne (15 grammes) Thuile purge relativement autant qu'à doses très élevées.

J'en ai fini, messieurs, avec la longue énumération des purgatifs, énumération fatigante, mais que je suis heureux cependant de vous avoir exposée, pour ne plus y revenir.

L'ensemble de tous ces moyens constitue la médication purgative, médication qui joue un si grand rôle dans la thérapeutique ; ce rôle avait été mal compris jusque dans ces derniers temps, mais les travaux de Bouchard et d'Armand Gautier ont permis d'avoir à ce sujet une juste appréciation.

La principale fonction des purgatifs consiste dans l'élimination au dehors des produits septiques contenus dans l'intestin, qui, par leur séjour prolongé, peuvent produire des phénomènes d'intoxication. Ces purgatifs constituent donc une des armes les plus puissantes de l'antisepsie intestinale; et de même que l'on voit chez les individus qui urinent mal, ou dont les reins fonctionnent incomplètement, des accidents se produire sous l'influence des produits toxiques non éliminés, symptômes qui disparaissent quand la fonction rénale est rétablie, de même la rétention des matières fécales

(i) Maurice Raynaud a donné dans chez riiomme tempéré, le chou

son ouvrage les Médecins du temps échauffe au premier degré, le cassis

de Molière un hon exposé de cet art au deuxième, la cannelle au troi-

dê la purgation. Les qualités prc- siéme, etc. L*orge rafraîchit au

mières du tempérament des plantes premier degi'é, le concombre au

étaient, comme chez Thomme, la deuxième, etc. De plus, elles possé-

chaleur» le froid, Thumidité, la se- daient aussi des qualités secondes :

cheresse. Dans chacune de ces qua- elles étaient raréfiantes, atténuantes,

lités il y a huit degrés, d'où résul- etc., etc. (a). taient mille combinaisons. Ainsi,

{a) Maurice Raynaud, les Médecins au temps de Molière, 1851, p. 368.

H\f LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

peut être le point de départ d'une véritable sfercorémie, que les purges feront disparaître.

Les détails dans lesquels je suis entré me permettent d'ailleurs d'être bref dans l'exposé du traitement de la constipation; vous connaissez le riche arsenal que nous fournit la thérapeutique; quelles sont les meilleures armes que l'on peut y puiser pour combattre efficacement la constipation? c'est ce qui me reste à vous enseigner.

Au point de vue thérapeutique, la constipation offre non seulement les divisions que nous avons établies, mais encore elle se présente sous deux aspects fort différents; tantôt la constipation n'est qu'un fait isolé, passager, produit soit par un changement de régime, soit par l'introduction de substances médicamentéuses^ou toxiques, comme dans l'intoxication saturnine, soit par mille autres causes : c'est la constipation accidentelle; tantôt elle fait partie du tempérament individuel, et se montre ainsi pendant des mois, des années et même pendant toute la vie si Ton n'y porte remède : c'est la constipation habituelle. De u Dans la constipation accidentelle, vous pourrez puiser à tten"'âcdl large main dans tout le groupe des purgatifs. Les purgatifs salins, les purgatifs huileux, et même les drastiques seront mis en usage, en ayant soin toutefois de mesurer Tintensité du remède à l'opiniâtreté de la conslipalion. Vous pourrez varier le traitement par des lavements, d'abord simples, puis purgatifs ; ces derniers , où l'on associe heureusement l'action mécanique de l'eau à l'effet irritant et convulsivant local de certaines substances purgatives, sont un excellent moyen thérapeutique, mais il échoue souvent.

Puis viendront les purgatifs doux, salins et huileux ou sucrés, et enfin les drastiques; ceux-ci sont réservés pour certaines constipations toxiques, comme celles dues au plomb; dans ce cas, pour vaincre cette constipation, vous serez forcé

dentelle.

DES PURGATIFS DRASTIQUES ET MÉr.ANIQUES. 76:î

de recourir au plus violent des drastiques, à l'huile de croton, que vous administrerez à la dose de 1 goutte, soit en pilules, soit avec de Thuile de ricin. Quand la constipation saturnine est vaincue, vous me voyez user dans le service d'une préparation qui entretient facilement et à peu de frais la liberté du ventre chez les saturnins, c'est le mellite de soufre, et je vous recommande tout particulièrement l'emploi de ce moyen si simple et si bien supporté (1).

Pour la constipation habiluelle, Thygiène occupe le pre- De u mier rang dans les prescriptions que vous aurez à formuler. '^uoiT* Puis vous devez aussi, avant d'établir votre traitement, vous •»•*>'*"*"•• eflbrcer de reconnaître la pathogénie de cette constipation. S'agit-il d'un défaut dans la contractilité musculaire, comme chez les dyspeptiques arthritiques, ou bien comme chez certains névropathes, qui présentent une parésie qui ne frappe pas seulement la couche musculeuse de l'estomac, mais celle du tube digestif tout entier, vous userez soit des purgatifs musculaires, soit de ceux qui agissent en exagérant la contractilité intestinale ; vous pouvez même vous servir dans ce cas de l'électricité et surtout du massage abdominal, qui donne, comme l'a montré Berne (2), d'excellents résultats dans la constipation habituelle.

(1) Voici la formule de quelques (2) Voici comment Berne (a) pro-

lavemenls purgatits : cède dans le massage contre la

Sulfate de 5oude 30 grammes. constipation. Après avoir pétri les

Miel mercuriale: 20 - téguments abdominaux, puis les

Infusion de séné 200 — muscles abdominaux, on presse dou-

, ^ . cernent sur la région cœcale au moyen

Lavements purgatifs de feuilles: ^^, extrémités palmaires des quatre

Feuilles de séné 8 grammes. derniers doigts, puis au moyen des

Eau bouillante 500 — points fermés on exécute un mas-

Jalap en poudre 4 — sage de tout le côlon. Berne veut que

Diaphœnix 30 ^g massage soil à la fois très doux

Sirop de nerprun 30 ^j ^^^^ p^^^j „ recommande, de

Pour un layemenl. plus, de faire uriner le malade avant

(a) Berne, Trailemenl de la comtipatwn par le maaage abdominal, Paris, 1887.

lU LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

Lorsque, au contraire, la constipation tient à un défaut de sécrétion du suc intestinal, vous emploierez les purgalifs appropriés, en vous rappelant que c'est souvent par le fractionnement des doses et leur répétition que vous viendrez à bout de la constipation. Mais ce qu'il faut éviter, c'est l'usage prolongé des drastiques, qui ne sont iiécessaires que pour ouvrir le chemin à d'autres médications.

En effet, dans beaucoup de cas, pour obtenir les premières garde-robes, nous sommes obligés d'employer les purgatifs les plus violents; mais une fois le résultat obtenu, nous devons revenir à des purgatifs plus doux, sous peine d'irriter l'intestin et de déterminer des entérites plus ou moins graves.

Jusqu'ici, messieurs, je ne me sui» occupé que de la constipation déterminée soit par un défaut de sécrétion, soit par un défaut de contractilité musculaire, laissant de côté celle qui est due à une obstruction mécanique. Je me propose, dans la prochaine leçon, d'étudier cette forme de constipation, qui mérite des indications toutes spéciales.

le massage et d'examiner s'il n'existe chaque séance doit être de quinze à ni tumeurs dans Tabdomen, ni calcul vingt minutes, dans le vésicule du foie; la durée de

CINQUIÈME LEÇON

Sommaire. — De Tocclusion intestinale. — Palhogênie. — Symptômes. — Diagnostic de la cause : certain, probable, incertain. — Diagnostic du siège. — Traitement. — Purgatifs. — Moyens mécaniques. — Mercure. — Lavements. — Irrigations forcées. — Injections d'air, d'acide carbonique.

— Lavements d'eau de Sell«. — Lavements de tabac. — Ponctions intestinales. — Café. — Belladone. — Massage. — Electricité. — Traitement chirurgical. — Terminaison des étranglements. — Choix de l'opération.

— Laparotomie. — Entérotomie. — Moment de l'opération.

Lorsque, dans les dernières leçons Je vous ai exposé le traitement de la constipation, je vous ai dit, messieurs, que je réservais pour un chapitre spécial celle qui résulte des obstructions mécaniques qui s'opposent au cours des matières et provoquent ainsi l'occlusion intestinale. C'est cet accident, malheureusement trop fréquent, que je veux étudier aujourd'hui, en vous exposant les ressources thérapeutiques qui permettent de le combattre.

Je serai bref sur la symptomatologie, car je ne puis ici vous tracer l'histoire pathologique de l'occlusion intestinale ; je vous renverrai à cet égard à vos traités de pathologie et surtout au remarquable mémoire de mon ami et collègue E. Besnier(«).

(a) £. Bcsnicr, Des étranglements internes de Vinteslin. Paris,. 1860. On peut aussi consulter pour rocclusion intestinale, les ouvrages suivants :

En Franco : Luton. article Occlusion intestixale {Nouveau Dictionnaire de méd. et de chirurg. pratiques, t. XIX, p. 328). — Noël Gucneau de Mussy, Clinique mi-dicalCf t. II, p. 157. — Largicr des Bancels, Elude sur le diagnostic et le traitement des étranglements internes. Paris, 1870. — Fleuriot, Du traitement de focclusion intestinale interne. Thèse de Paris, n* 3, 1875. — Doligcr, De Cintervention cliirurgicale dans les occlusions intestinales. Thèse de Paris, iSli, n* 417. — Bou-

Causes de Quaiit EUX causes capables de s'opposer à la marche des inusiinric. matières fécales, vous savez qu'elles peuvent siéger soit dans rinteslin, soit dans les parois intestinales, soit en dehors de ces parois ; parmi celles ayant leur point de départ dans l'intérieur du canal intestinal, se rangent les corps étrangers, les matières fécales durcies, les calculs intestinaux, etc. Celles qui ont leur origine dans les parois sont plus fréquentes et se présentent dans deux circonstances : ou bien l'intestin est sain, ou bien il est malade. Dans le second cas, c'est un cancer ou des cicatrices qui diminuent le calibre de l'intestin, c'est le rétrécissement intestinal ; dans le premier cas, il s'agit d'une invagination ou d'un enroulement de rintestin, c'est l'iléus ou le volvulus.

Quant aux causes qui agissent en dehors de la paroi intestinale (1), elles sont fort nombreuse et naissent, tantôt de . brides provenant soit du mésentère, soit du péritoine, soit

(1) Classement des causes de rocclusiou iiitesUuale, d'après Dolîger :

1** Rétréci»seincut ioflaiumatoiru.

i 2** Rétrécissement cicatriciel.

I. Par aâectiou organique des ^ ;)" Rétrécissement bypcrtrophiqiic.

parois intestinales. ) 4*> Rétrécissement valvulaire.

' 5" Rétrécissement par polype.

^ 6» Rétrécissement cancéreux.

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