COMPOSITION MOYENNE PAR LITRE
Femme. Anosse. Vaclio. Clièvre.
Densité 1033,50 1032,10 1033,40 1033.85
gr. gr. §T. gr.
Eau 900,10 914,00 910,{)8 869,52
Extrait sec 133,40 118,10 123,32 .164,31
Beurre 43,43 30,10 34,00 60,68
Sucre 76,14 69,30 52,16 48,56
Caséine 10,52 12,30 28,12 44,27
Sels 2,14 4,50 6,00 9,10
Voici, d'après Filhol et Joly, la composition des cendres provenant de 1000 parties de lait de femme et de lait de vache :
Femme Vache
Chlorure de sodium.. . . 1.34 0.81
— potassium. 0.41 3.41 Phosphate de chaux.... 3.95 3.87
— soude traces. »
— magnésie. 0.27 0.87
— fer traces, traces.
Carbonate de soude. .. . » »
Soude ( lactate) » »
Fluorure de calcium traces, traces.
Sulfate et silicate de
potasse » »
On a quelquefois trouvé normalement de l'albumine dans le lait; elle existe toujours dans le colostrum et le lait de truie (10,0) qui ne contient pas de caséine. E. Marchand a remarqué que lorsqu'on prive les vaches de leurs ovaires, leur lait devient assez riche en albumine. Outre les substances énoncées plus haut, on a trouvé encore dans le lait des gaz, oxygène, azote et acide carbonique, des acides lactique, butyrique, silicique, du fluor, de l'urée (Rees et Picard), de l'hématine (Marchand), de la cholestérine et de la lécilhine dans le lait de femme (Tolmatscheffj.
(a) Henri Fery, Etude comparée sur le lait de la femme, de Vânesse, de la vache et de la chèvre. Paris, 1884.
en général et de son emploi, principalement chez l'adulte.
Voyons comment il se comporte en présence du suc gastrique. Tout d'abord il se coagule par l'action de l'acide du suc gastrique ; la caséine insoluble qui en résulte se trans- De la digestion forme, sous l'influence de la pepsine, en une pepto-caséine soluble; puis, le suc gastrique agissant de plus comme ferment sur le sucre de lait ou lactose, le lait fermente, et il se développe de l'acide lactique.
Charles Richet a étudié avec soin cette action spéciale de la digestion sur le lait et a démontré deux faits très imporrants au point de vue thérapeutique. Le premier fait, c'est que le lait, est, pour ainsi dire, le régulateur de l'acidité du suc gastrique; c'est-à-dire que, tandis qu'une petite quantité du suc gastrique peut amener très rapidement la fermentation lactique d'une grande quantité de lait, une très faible quan-
Diverses circonstances, du reste, lieu de la traite 15 pour 100 et à la influent sur la composition du lait : fin 20 pour 100. le climat, le milieu, le repos, la fa- La composition du lait change tigue, l'alimentation, la gestation, la pendant l'état de maladie ; aussi traite, les maladies. Pendant le re- doit-on le rejeter dans ces cas. Huspos, le lait est plus riche en beurre ; son a fait remarquer que le lait des avec une bonne alimentation, il y a vaches atteintes de phthisie est beauplus de beurre, et on peut faire ac- coup plus riche en phosphates, et quérir des qualités diverses au lait. Herberger a constaté dans du lait de De même, lorsqu'on nourrit une vache atteinte d'une maladie des chienne exclusivement de viande, on sabots la présence de carbonate voit l'albumine apparaître assez d'ammoniaque. Dans certains cas abondamment. D'après Lassaigne, enfin, on a trouvé du sang et du pus. avant le part, le lait de vache con- Enfin, certaines substances méditient de l'albumine. La traite a une camenteuscs absorbées par un animal influence; on effet, au commen- se retrouvent dans le lait; ce qui a cément de la traite , le lait «st suggéré l'idée de donner ces laits, moins riche en crème et en beurre ; devenus ainsi médicamenteux, soit à d'après Quévenne, il contiendrait au des enfants, soit à des adultes (a). début 6 pour 100 de crème, au mi-
(a) Payen, Précis historique et pratique des subst. alimentaires, etc., 1865. — Micliel Lévy, Traité cfhijgiene. — Wurtz, Bicl. de chimie, 1869, t. III. — Husson, Le Lait, la Crème et le Beurre,lS18. — Proust, Traité d'hygiène, 1877. — Coulier, Dict. encyclopédique dès se. médicales, t^ série, t. IV.
tité de lait en présence d'une grande quantité de suc gastrique diminue ou atténue l'acidité de ce dernier. Nous verrons plus tard l'utilité de ce rôle de régulateur au point de vue thérapeutique. Le second fait important, c'est que la lactose, mise seule en présence du suc gastrique, ne fermente pas; il est nécessaire, en effet, qu'il y ait dans le mélange une certaine quantité de caséine pour que la fermentation lactique se produise.
La digestion du lait est des plus promptes : c'est l'aliment qui pénètre le plus rapidement dans l'économie en réclamant le moins de travail digestif possible. Quant à sa valeur nutritive, elle n'est pas douteuse; en effet, uniquealimentde l'enfant dans les premiers mois de la naissance, le lait lui fournit les éléments d'un accroissement rapide; de même, chez l'adulte, il peut, employé seul, suffire aussi à Talimentation; et vous constaterez que certains malades soumis à une diète lactée rigoureuse obtiennent par ce régime une nutrition suffisante.
Le lait est un admirable médicament dans certaines formes d'affections de l'estomac; il est même, vous le verrez, presque l'unique traitement du catarrhe ou de l'ulcère de cet organe. Quand nous traiterons de ces affections, je vous démontrerai par des faits l'utilité de ce moyen thérapeutique.
Ce que je veux établir maintement, c'est la façon dont vous j),i régime (Jevcz iostitucr ce régime lacté. Quand vous ordonnerez la
lacté. o ^•
diète lactée, vous aurez soin, le plus souvent, de prescrire le lait cru et non cuit; plus, en effet, vous vous rapprochez du lait vivant, c'est-à-dire sortant de la mamelle, plus les conditions seront favorables pour l'absorption de cet aliment. La cuisson fait perdre au lait, en le coagulant, certains principes albumineux,etdiminue,dansdes limites restreintes, il est vrai, la digestibilité et la nutritivité de ce liquide. Employez dont le plus possible le lait cru et prescrivez-en 1 , 2 ou
3 litres par jour. Ajoutez à ce régime des potages préparés au lait, et vous aurez ainsi établi ce qu'on désigne sous le nom de diète lactée»
Pour faire tolérer le lait par l'estomac, pour rendre sa digestibilité plus grande, surtout dans le cas de dyspepsie acide ou irrrtative, vous ferez bien d'associer au lait des principes alcalins, qui viendront, en se joignant à ce liquide, atténuer l'acidité du sac gastrique. Ordinairement, par litre de lait, je prescris un verre d'eau de Vichy, source Hauterive ou source Saint-Yorrô, ou bien encore d'eau de Vais, source Saint-Jean ; vous pourrez aussi couper chaque verre de lait avec une cuillerée à bouche de ces eaux minérales.
Un des inconvénients du régime lacté résulte, non pas de l'aliment par lui-même, mais du dégoût insurmontable que son usage prolongé provoque chez certains malades. Pour surmonter ce dégoût, on a proposé d'aromatiser ce liquide avec différentes essences : anis, vanille, etc. Ces moyens peuvent donner quelques succès ; mais, cependant, d'une façon générale, il ne faut pas trop prolonger le régime lacté contre la volonté du patient, car, dès que le dégoût apparaît, quoi que vous fassiez, le malade refusera de le continuer, et cela même en présence d'accidents graves.
Une autre préparation de lait, qui, elle'aussi, lui a donné de oupetit-iait. bons résultats dans la cure des affections de l'estomac, c'est le petit-lait (1). Vous constaterez ses bons effets- dans certaines dyspepsies atoniques, chez les estomacs fatigués par des
(1) Lorsqu'on abandonnne le Liit à Lait pur de vache 1000 gr.
lui-même à l'air, il se coaa:ule, et le r> » i > u'i, n»- * •