‹ Leçons de clinique thérapeutique (volume 3)Chapitre 23 sur 41 · DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

DE L'ESTOMAC

Sommaire. — Ti'oubles fonctionnels de la couche musculaire. — Dyspepsie atonique. — Dyspepsie flatulente. — Dilatation de l'estomac. — Cathétérisme stomacal. — Moyens pharmaceutiques : Médicaments tétanisants. — Gouttes amères de Beaumé. — Amers. — Quassia amara. — Colombo. — Tisanes amères. — Poudre absorbante. ■ — Moyens mécaniques. — Curage et lavage de l'estomac. — Pompe stomacale. — Electricité. — Moyens diététiques. — Hydrothérapie. — Gymnastique. — Traitement thermal.

Dans les leçons précédentes, nous avons étudié le traite ment des troubles fonctionnels de la muqueuse stomacale; nous allons aborder maintenant celui des modifications qui se produisent dans les fonctions de la tunique musculeuse, et, tout d'abord, résumer brièvement ce que nous savons de l'a natomie et de la physiologie de cette couche musculeuse.

C'est une tunique peu épaisse, enveloppant l'estomac dans oe la tunique

musculeuse.

toute son étendue, et constituée par des fibres disposées de telle sorte qu'elles forment par leur direction plusieurs couches secondaires. Ce muscle a pour fonction de brasser les aliments et les imprégner de suc gastrique (1). Brinton

(I) La tunique musculaire de l'es- l'œsophage, s'épanouissent sur l'estomac, enveloppée extérieurement tomac et se continuent au niveau du par la séreuse péritonéale, revêtue - pylore avec les fibres longitudinales intérieurement parla muqueuse, est de l'intestin grêle. Au niveau delà composée de trois ordres de fibres : petite courbure de l'estomac, elles longitudinales, circulaires et ellip- sont très rapprochées et forment une tiques, constituant trois plans super- sorte de ruban musculaire, appelé posés. Le plan superficiel, mince, cravate de Suisse; au niveau du mais partout continu, est formé par pylore, ces fibres en partie s'implanles fibres longitudinales, qui font tent (Gruveilhier) sur l'anneau pylosuite aux fibres longitudinales de rique, en partie se continuant avec

472 LEÇONS DE CLINIQUE THÉflAPEUTIQUE.

a bien montré le chemin que parcourt le bol alimentaire sous l'influence de ces mouvements, qui sont rhythmiques et se produisent, régulièrement et d'une façon constante, de gauche à droite, c'est-à-dire de la grande courbure vers l'extrémité pylorique. Leven (4), qui a étudié attentivement ces °^* mouvements péristaltiques, affirme qu'ils se produisent

mouvements ' ^ '■ ^

dei-estomac. mêmc à jcun, mais cependant qu'ils sont plus actifs pendant la période digestive. Pour ce médecin, les aliments séjourneraient peu dans l'estomac, qui n'aurait pour unique fonction que d'imbiber le bol alimentaire de suc gastrique et de

les fibres longitudinales du duodénum. D'après Luschka, Kûss, Larger, la bande musculaire dite cravate de Suisse peut, en se contractant, former une sorte de canal entre le cardia et le pylore, et permettre ainsi le passage direct des liquides entre l'œsophage et le duodénum.

Le plan moyen, plus régulier que le précédent, est constitué par des fibres musculaires qui forment des anneaux circulaires perpendiculaires à l'axe de l'organe ; au niveau du pylore elles sont plus nombreuses, plus serrées et contribuent à former le sphincter pylorique. D'après C. Richet, chez certains poissons il n'y a pas un simple resserrement musculaire au niveau du pylore, mais un canal présentantune certaine étendue dont les parois sont musculeuses et se contractent vigoureusement par l'excitation directe ; sur un congre vivant, il a provoqué c une contraction de ces muscles, qui prirent alors une rigidité absolue (comme un morceau de bois) ».

Le plan profond est formé par les

fibres' elliptiques, dont la partie moyenne, dense, serrée, embrasse la partie moyenne de la grosse tubérosité de l'estomac, tandis que les extrémités vont se perdre sur les deux faces de l'organe et sur le reste de la grosse tubérosité en se dirigeant vers la grande courbure.

(1) Pour Leven l'estomac se diviserait en trois portions : la première, située à gauche, portion cardiaque, servirait surtout de réservoir aux aliments, les mouvements y seraient peu accusés ; les vaisseaux et les glandes peptiques seraient peu abondants. La seconde portion, ou portion droite, constituerait la partie utile de l'estomac, les mouvements y seraient énergiques, la circulation et la sécrétion du suc gastrique très actives. Enfin dans la dernière portion, àiie pylorique, les mouvements seraient encore très manifestes mais la sécrétion du suc gastrique cesserait en ce point. Ce serait surtout trois ou quatre heures après un repas copieux que les mouvements musculaires de l'estomac seraient le" plus actifs (a).

(a) Leven, Des mouvements de Vestomac (Gaz. méd., décembre 1875), et Traité des maladies de l'estomac. 1879, p. 9.

DYSPEPSIE ATOiNIQUE ET DILATATION DE L'ESTOMAC. 473

le faire passer rapidement dans l'intestin par l'ouverture pylorique, qui s'ouvrirait à cet efFet six à huit fois par minute.

Ces mouvements rhythmiques, vous avez pu les observer chez une malade couchée au numéro iîl de la salle Sainte- Marie. Cette femme, jeune encore, était atteinte du cancer du pylore : l'amaigrissement des parois et l'exagération de la couche musculaire permettaient devoir les mouvements de l'estomac qui se produisaient sous l'influence de la digestion. On pouvait remarquer qu.e la moindre impression sur les parois de l'abdomen provoquait des mouvements vermiculaires et rhythmés,vrai systole de l'estomac, qui, commençant à la grande courbure, se terminaient du côté du pylore. Schiff prétend que les mouvements peuvent se faire en sens inverse; mais Leven nie ce fait et pense que les mouvements antipéristaltiques n'existent pas, même lorsqu'il y a vomissement.

Sous quelle influence se produisent ces mouvements? C'est là un point fort intéressant. La couche musculaire reçoit, en eftet, des plexus placés dans la couche cellulaire supérieure et inférieure, plexus d'Auerbach et de Meissner, des filets nerveux très abondants. Ces plexus proviennent de deux sources : du pneumogastrique d'une part, et du grand sympatique de l'autre. Ces deux nerfs ont une action différente, et, à cet égard, les expériences de Pflûger et celles plus récentes de Braam-Honckgeest (d'Amsterdam) (a), paraissaient démonstratives. L'excitation du pneumogastrique aurait pour effet d'accélérer les mouvements de la couche musculaire; il serait le nerf moteur de l'estomac et de l'intestin, tandis que, au contraire, le nerf grand sympathique modérerait ces mouvements etserait considéré comme un nerf d'arrêt. Telles

(rt) Braam-Honckgeest, Pflûger's Arch., septembre 186i et 1873, p. 163 et 17

174 LE4:05S DE CLIMC'UE THERAPEUTIQUE.

seul, en résumé, nos connaissances physiologiques et anatomiques sur la tunique musculeuse.

Étudions maintenant les troubles fonctionnels de la membrane musculeuse. Ils sont de deux ordres : ou bien il y a atonie de la couche musculaire et, par suite . affaiblissement des mouvements péristaltiques : c'est la dyspepsie atonique, ou bien les mouvements sont exagérés, pervertis, et l'estomac rejette les substances qu'il renferme : c'est le vomissement. Ces deux états doivent être examinés séparément : commençons par l'étude de la dyspepsie particulière dépendant de l'atonie de la couche musculaire. La dTFpepde La dvspepsie atonique offre plusieurs degrés. Au début, le

aic.Eiqae. i i t • i <

malade ressent au moment de la disestion stomacale une sensation de lourdeur, de plénitude d'estomac ; il est forcé de déboutonner les vêtements qui serrent son abdomen, et il éprouve une torpeur générale, résultat d'une digestion lente et laborieuse.

Ls. iTspepde A un degré plus avancé, on observe un gonflement notable de l'estomac et, si l'on examine la région stomacale, on voit cet organe, distendu par les gaz, se dessiner sous les parois abdominales. Cette distension est une conséquence de la faiblesse de la couche musculaire, qui ne résiste pas au développement gazeux qui se produit dans l'estomac ; c'est ce que l'on décrit sous le nom de dyspepsie flatuleiite. Le malade a des éructations nombreuses; puis, s'il s'agite, il éprouve une sensation de glou<ilou toute particulière, identique à la succussion hippocratique. Ce bruit, dû au choc des liquides et des gaz, et que Chomel a considéré comme appartenant à la dyspepsie des liquides, est un signe caractéristique, non, comme le veut Matice, du cancer, mais du défaut de contraction de la couche musculeuse (i).

<]) Le docteur Twald a analysé uns de ses malades, il a trouvé: les gaz de l'estomac chez quelques- Acide carbonique 20.57

flatoleiite .

Puisque je vous parle de ce bruit, permettez-moi d'appeler votre attention sûr un- point qui n'est pas indiqué par les auteurs : c'est le bruit de tintement métallique entendu dans certains cas de distension extrême de l'estomac, et qui fait croire, avec les symptômes précédents, à la possibilité d'un pneumothorax. Comment expliquer ce tintement métallique? comment éviter l'erreur? Si vous examinez attentivement votre malade, vous constaterez que ce bruit correspond aux battements du cœur, et qu'il résulte du choc du cœur contre le diaphragme soulevé par l'estomac dilaté et de la transmission de ce bruit à la cavité pleine de gaz formée par la distension de l'estomac. Il suffit donc de constater le développement de l'estomac et la coexistence du tintement avec les battements du cœur pour reconnaître la cause de ce symptôme.

Au bout d'un certain temps, l'estomac, paralysé et n'effec- o tuant plus que des contractions incomplètes, se distend de plus en plus et l'on a affaire alors à la période la plus avancée de la maladie; c'est la dilatation de l'estomac. Kûssmaul a bien étudié cette forme de dyspepsie avec dilatation, et F. Penzoldt (i) en a donné une étude fort complète («).

Hydrogène i0.51 gaz du tube digestif, Leven a, de

Gaz des marais 10.75 plus, montré ({ue ces gaz ne prove-

Oxygene 6.ot naient point des aliments, mais de

/°.^" ■■■■■■;■. -il.d» Y^ir du sang et des matières fécales.

Acide sulfhydrique ..... traces. ,,lr, in f • i i- »

'' (I) Penzoldt a fourni un bon nisto-

Leven a trouvé de roxygènc, de rique de la dilatation de l'estomac.

l'azole et de l'acide carbonique; ces Cette dilatation n'aurait été signalée

deuxderniers peuvent manquer, mais qu'au xvi'^ siècle et c'est Fabrice

l'oxygène existe toujours. Chez un d'Aquapendente qui a signalé l'un

chien à jeun, il a retiré de l'estomac des premiers les dimensions extraor-

17 centimètres cubes de gaz et les dinaires que pouvait prendre l'esto-

proportions relatives étaient 6,4 d'à- mac. En 1623, Spiegel parle d'un es-

cide carbonique, 12,4 d'oxygène et tomac qui pouvait tenir seize litres

81,2 d'azote. Dans son étude sur les de liquide; en 1685, Bonnet signale

(a) Penzoldt, Die Magenerwelterung . Ein klinisches Studiiim. Br. Erlangen, 1864.

la dilatation dcrestoiiKic.

La dilalation de restomacpeut avoir deux origines : tantôt elle dépend, comme nous venons de le voir, du défaut de contractililé de la couche musculeuse, ce qui permet à ses parois de se distendre sous les moindres influences; tantôt elle est produite par des troubles mécaniques.

Dans le premier cas la paralysie de la couche musculeuse peut être le fait de l'atonie générale du système musculaire, ou bien encore de modifications apportées à l'innervation de l'estomac. C'est ainsi que nous observons des gastro-ectasies à la suite de la dyspepsie atonique ou chez les hystériques.

D'autres fois cette parésie résulte de l'inflammation; vous savez en effet que lorsque la phlegmasie atteint la couche musculaire, elle détruit par cela même la contractilité de ses fibres. C'est ce qui arrive dans les gastriques chroniques, et

aussi le cas d'une femme avec une énorme dilatation de l'estomac. Blanchard, en 1697, signale aussiune dilatation de restomac. Au x\iiP siècle, ces faits se multiplient et c'est ainsi que Plembuis d'Amsterdam) , Stengel Blegny, Letube, Henricus Ab-her, Bejpr, signalent des cas de dilatation gastrique énorme, mais surtout àtitre de curiosités anatomiques.

En I7i3, W'idmann et Van Swieten et Morgagni jettent les bases de la pathogénie de cette affection et ils admettent que les grands buveurs, les contractions exagérées de l'estomac, le cancer du pylore peuvent être la cause de cette dilatation.

Lieutaud, en 1752, signale Tune des premières observations de dilatation de l'estomac sans rétrécissement du pylore.

En 1833, Duplay fait paraître son travail sur les dilatations de l'estomac auxquelles il reconnaît les causes suivantes : l" le rétrécissement et l'oblitération du pylore; 2° ies adhérences anormales de l'estomac : 3° la destruction des fibres musculaires ; -i"' Tinduration du tissu cellulaire qui avoisine le pylore; 5° l'atrophie de la totalité de la couche musculaire ; B° les tumeurs hydatiques développées dans la cavité de l'estomac; 7° la paralysie de ses parois.

Naumann, en 1834, admettait trois espèces de dilatations : 1" celle des gros mangeurs; 2° celle produite par l'atrophie de la couche musculaire chez les cachectiques ; 3° les dilatations avec rétrécissement du pylore (a).

(d\ Penzoldt. Di^ Magenerweiterung, Erlangen, 1875. — Mathieu, De la dilatation de Vestomac [Revue de médecine, lù mai 18^). — Enrique de Argaez, Essai sur la dilatation adynamique de Vestomac (forme douloureuse).

DYSPEPSIE ATOMQUE ET DILATATION DE L'ESTOilAC. 477

presque toujours, si ce n'est toujours, on voit le catarrhe de l'estomac s'accompagner d'une dilatation plus ou moins grande de cet organe (l).

Les autres causes qui produisent la gastro-ectasie sont d'ordre mécanique, et elles résultent soit de l'introduction d'une trop grande quantité d'aliments dans l'estomac, comme chez les gros mangeurs, soit surtout de la présence d'un obstacle empêchant les aliments de passer à travers le pylore. Dans ces derniers cas, la couche musculeuse de l'estomac prend alors un. grand développement, et l'on voit se produire en même temps quela dilatation une hypertrophie des parois stomacales (^). Ces faits sont tout à fait analogues à ce qui se passe du côté de la vessie lorsqu'il existe un rétrécissement de l'urèthre.

Quelle que soit la cause qui ait présidé au développement

{[) Brinton a très bien décrit ce qu'il appelle binitis plastique des buveurs. Il attribue la dilatation à la paralysie de la tunique musculaire consécutive à Tinfiltration générale du tissu conjonctif. « La dilatation est rarement excessive, l'organe a tout au plus le volume maximum de l'organe sain, mais il le conserve; c'est un estomac dont les parois épaissies ne peuvent plus se contracter, bien plutôt qu'un organe réellement dilaté. 3

(2) Pour juger l'énergie de la musculature de l'estomac, Fiosenbach (d'Iéna), a proposé un procédé basé sur l'étude du niveau des liquides versés dans cet organe. D'après lui!

ce niveau s'élève ou s'abaisse suivant la résistance de la couche musculeuse de l'estomac. Si la résistance est faible, le niveau s'abaisse, il s'élève au contraire si la couche est contractile et résistante.

Pour déterminer le niveau des

licpiides versés dans l'estomac, voici comment Fiosenbach procède :

Il fait communiquer la sonde œsophagienne avec un réservoir plein d'air analogue à celui de l'appareil de Ilichardson. On commence par verser une certaine quantité de liquide de l'estomacpar la sonde œsophagienne.

Puis on exerce une pression sur le réservoir à air, et l'on applique en même temps Toreille sur l'estomac. Si l'extrémité de la sonde ne plonge pas dans le liquide, on entendra le simple sifflement de l'air ; si au contraire cette extrémité pénètre dans le liquide, l'air produira en passant dans le liquide un bruit de gargouillement spécial et il suffira alors de mesurer l'étendue de la sonde qui est hors des dents du malade. Si le niveau du liquide s'abaisse, le bruit de gargouillement ne se produira plus lorsqu'on fera pénétrer de l'air par la sonde et Ton devra enfoncer la sonde plus avant pour obtenir ce bruit. Si

de l'estomac, l'ensemble symptomatique est le même, du moins pour les signes locaux : par la vue et par la percussion, on peut constater la dilatation notable de l'organe qui se dessine souvent sous les parois abdominales. Vous constaterez aussi une sonorité exagérée qui se produit dans tout l'hypocondre du côté gauche au niveau des parois costales et qui résulte de la distension du grand cul-de-sac de l'estomac, qui refoule le diaphragme. Pour bien juger de ces modifications de l'estomac, il faut se rappeler les rapports du ventricule avec les parois abdominales, rapports qui ont été bien étudiés dans ces derniers temps par Lesshaft (de Saint- Pétersbourg) (1).

le niveau du liquide s'élève, il faudra au contraire la retirer (a).

( 1 ) Lesshaft (de Saint-Pétersbourg) a étudié sur douze cents cadavres préalablement congelés la situation de l'estomac et voici le résultat de ses recherches :

L'estomac n'est pas placé horizontalement avec le grand cul-de-sac à gauche, le pylore à droite, le petite courbure en haut, et la grande en bas. Quand il est rempli, il ne subit pas de torsion autour de son axe de manière à ce que la grande courbure se place en avant, la petite en arrière, la paroi antérieure regardant en haut, et la postérieure en bas.

Normalement les 5/6 de l'estomac se trouvent à gauche de la ligne médiane, 1/6 seulement à droite. Le cardia répond en avant, à la réunion des sixième et septième cartilages costaux avec le sternum, en arrière au fibrocartilage qui réunit la neuvième vertèbre dorsale à la dixième.

Le grand cul-de-sac se trouve à

gauche du cardia. Sa portion la plus élevée atteint sur la ligne mamillaire la hauteur de la cinquième côte ; souvent même celle du quatrième espace intercostal.

A partir du grand cul-de-sac, la grande courbure descend dans l'hypocondre gauche et se replie ensuite horizontalement à droite vers la ligne médiane, sa partie horizontale est située plus ou moins bas, mais en moyenne elle passe derrière le tiers moyen de l'espace qui réunit la base de l'appendice xyphoïde à l'ombilic. La petite courbure commence au niveau du bord gauche de la base de l'appendice xyphoïde, se dirige d'abord un peu à gauche et en bas, puis descend verticalement à gauche de la colonne vertébrale. Au niveau de l'extrémité du cartilage de la huitième côte, elle se dirige à droite pour aboutir au pylore qui correspond auborddroit du sternum. La position de l'estomac est donc principalement verticale : le grand cul-

(a) Rosenbach, Ueber Magenerwelterung {Berl. klin. Wochens., n" 51, p. 742, 1876).

Mais le signe à coup sur le plus caractéristique et le plus du ciapoteimportant, c'est ce bruit de clapotement que l'on obtient soit "^ maca^' en secouant brusquement l'abdomen du malade, soit en pressant la paroi abdominale par des mouvement vifs et répétés. On a insisté avec juste raison sur ce bruit de clapotement que Chomel avait décrit si minutieusement il y a bien des années (4) ; ce bruit ne peut devenir un signe de dilatation de l'estomac que s'il se produit dans certaines conditions. Lorsqu'il siège dans les limites de l'estomac, ce signe a peu d'importance, et comme l'a bien fait remarquer Audhoui («), c'est là un symptôme physiologique; mais pour qu'il ait toute sa valeur, il faut que ce bruit de clapotement se produise au-

de-sac est dirigé en haut, la grande courbure à gauche, la petite à droite.

L'ouverture du pylore regarde à droite et souvent un peu en arrière et correspond au bord droit du sternum. La paroi antérieure de l'estomac regarde en avant, la postérieure en arrière.

Quelle position l'estomac occupet-il lorsqu'il est rempli? Des replis péritonéaux fixent ce viscère en haut, à droite, à gauche, en arrière et en bas. Ces replis sont d'autant plus courts qu'on se rapproche davantage du cardia et du pylore, qui sont ainsi les points les plus fixes de l'estomac; en outre, le repli qui se porte de ce viscère sur la rate est très court dans sa partie supérieure, de sorte que ces deux organes sont intimement liés.

Les parties les plus mobiles sont donc la partie de l'estomac qui se trouve sous le ligament gastrosplé-

niquc et la partie inférieure de la portion pylorique ; mais elles ne peuvent se porter qu'en bas, car tout déplacement de la grande courbure en avant aurait pour résultat de tirailler la rate, fixée elle-même par des replis péritonéaux.

Ces rapports anatomiques suffisent pour montrer que l'estomac ne peut se mouvoir autour de son axe, de façon à ce que sa grande courbure se place en avant; il peut seulement se dilater régulièrement pendant que son bord externe se porte plus à gauche et en bas. Les cas de gastroectasies le démontrent de la manière la plus évidente (b).

(1) Voici comment Chomel s'exprime à cet égard. « Le symptôme particulier à cette dyspepsie, disaitil, est la production dans la région stomacale d'un bruit de clapotement dû évidemment à la présence simultanée d'une quantité plus considérable sans doute que dans l'état sain.

(a) Audhoui, Clapotement de l'estomac [Compte rendu de l'Académie des sciences, juillet 1884).

(b) Lesshaft, Sw la situation de l'estomac, sa forme et son fonctionnement [Archives de Vircfioiv, vol. LXXVI, fasc. 1).

dessous d'une ligne horizontale menée de l'ombilic au bord gauche des cartilages costaux. Pour que le bruit de clapotement se produise, il est nécessaire que l'estomac contienne une certaine quantité de liquide, aussi chez les personnes à jeun sera-t-il utile de les faire boire avant d'examiner la région stomacale.

Il faut, à propos de ce signe, éviter une cause d'erreur qui est la suivante : c'est de confondre les bruits de gargouillement qui se passent dans le gros intestin au niveau du côlon transverse avec le clapotement stomacal. On connaît les rapports intimes qui unissent l'estomac au côlon transverse et l'on comprend aisément la facilité de cette confusion. Cependant le clapotement stomacal a un timbre différent de celui du gargouillement intestinal ; de plus la direction de ces bruits n'est plus la même; pour ceux de l'intestin, vous les verrez se prolonger dans le côlon ascendant et descendant ; pour ceux de l'estomac, ils se perçoivenl à la région même de l'organe; enfin, pour lever tous les doutes, vous pourrez juger de l'augmentation de volume de l'estomac en auscultant

de liquides et de gaz, dans la cavité Plus loin encore Chômai ajoute : de ce viscère. Ce bruit se fait enten- « Le clapotement stomacal pourdre dans les grands mouvements rait se confondre avec un bruit auxquels le malade se livre, qu'il se analogue dont le gros intestin est lève ou se couche, qu'il s'incline ra- quelquefois le siège, qui se propidement sur un côté ou sur l'autre. duit également par le mouvement Le médecin le constate facilement et de la totalité du tronc, mais mieux à peu près constamment, à quelque encore par la pression de la main distance des repas qu'il examine le sur les régions occupées par les sujet, en exerçant avec la main une côlons. On le rencontre particupression rapide sur la partie gauche lièrement chez les sujets qui ont pris de l'épigastre dans le point correspon- récemment un lavement, et chez dant au grand cul-de-sac de l'estomac. ceux qui sont atteints de diarrhée Il le produit également et mieux en- séreuse. La connaissance de cesconcore en plaçant ses deux mains sur ditions et le siège spécial du claies flancs du malade, et en impri- potement suffisent pour le distingue? mant au torse, légèrement soulevé, du clapotement intestinal » («). deux ou trois secousses latérales. »

(a) Cliomel, Des dyspepsies, 1867. '

la région abdominale; lorsque vous faites boire le malade dans la situation verticale vous entendez alors quelquefois, plus ou moins loin des limites de l'estomac, le bruit de collision qui résulte de la chute du liquide à la partie inférieure de l'estomac.

Mais je ne crois pas utile d'employer ici pour mesurer ces dilatations les procédés conseillés par Leube et Penzoldt (1), ces mesures ajoutant peu de chose à votre diagnostic.

Les vomissements ne sont pas constants dans tous les cas de dilatation de l'estomac. Ils ne surviennent surtout que dans celles qui ont pour cause une origine mécanique, et alors ils revêtent un caractère particulier. Ils ne se reproduisent que tous les deux, trois, quatre ou cinq jours et sont alors extrêmement abondants, et se composent de tous les aliments que le malade a ingérés pendant les jours précédents.

Bouchard a attribué à ces dilatations un rôle pathogénétique considérable et, reprenant sous une autre forme les idées de Beau qui, comme vous le savez, avait décrit à la dyspepsie des troubles primitifs, secondaires et tertiaires, Bouchard a pensé que cette dilatation réalisait une diathèse acquise et engendrait un grand nombre de maladies (2).

(l)Leube a proposé, pour apprécier mac serait de 56 centimètres ; pour

exactement le degré de dilatation les hommes, la taille étant de Im^gO,

de l'estomac, de faire pénétrer le plus cette même distance serait de 59 cen-

profondénient possible une sonde timètres.

œsophagienne dans le ventricule Dans trois cas de dilatation de

gastrique et de voir, par le point oîi l'estomac, voici les différents chiffres

l'on peut sentir l'extrémité de la obtenus :

sonde, l'abaissementmême des parois ., , .„ .

, 1, , T? " r> 11. - Taule im,bJ, Distance des incisives, 70

de 1 estomac, rranz Penzoldt a même ^ ^r) < , .• , , U, ^

,,,,., , — 1 ,d5v a la partie la plus ;d4,5

donne a cet égard des mesures pre- - ^ ,57 (profonde de l'estomac.(73

cises. D'après lui, chez la femme, ^oy. 1 ,62 Moyenne 69 (a)

pour une taille moyenne de i™,53, la

distance entre les deux incisives et (2) Bouchard constate que la dila-

la partie la plus profonde de l'esto- tation de l'estomac est extrêmement

(a) Franz Penzoldt, Die Magenerweiterung, Br., Erlangen, 1875. — Leube, Zur Diagnose der Magendilatation (Deutsch. Arch. fur klin. Med., vol. XYI, p. 394).

CLINIQUE THÉRAP., 4'' édit. 31

Tout en reconnaissant que la dilatation est beaucoup plus fréquente qu'on ne le pensait et cela parce que nous la recherchons avec plus de soin, il me paraît difficile d'adopter entièremenl les idées du professeur Bouchard, car si la dilatation de l'estomac peut être le point de départ de troubles généraux de la nutrition qui favorisent certaines affections diathésiques, on est en droit de se demander si cette dilatation

fréquente. Il a pu trouver celte dilatation chez le tiers de ses malades (30 p. 100) etsil'on restreint les malades à ceux atteints d'affection chronique, la proportion est de 60 p. 100.

11 n'a considéré comme dilatés que les estomacs oîi le clapotage pouvait être perçu à jeun au-dessous du milieu d'une ligne tirée de l'omhilic au rehord costal gauche. Il a décrit un ensemble symptornatique très complexe qui résulte de cette dilatation, et, par l'analyse de ces deux cent vingt observations, il a décrit plusieurs formes. D'abord une forme latente dans laquelle les malades n'éprouvent aucun trouble dyseptique, puis une seconde forme, cette fois à troubles dyspeptiques qui s'accompagne soit de dyspepsie flatulente, soit de gastralgie, soit enfin de dyspepsie intestinale. Il y a quelquefois enfin des troubles du foie caractérisés par de la congestion de cet organe.

Enfin Bouchard admet des formes larvées qui comprennent des types très nombreux et très divers. Ce sont le type nervosique avec tous les symptômes du nervosisme ou de l'hypocondrie ; le type cardiaque avec

des palpitations, de l'intermittence et des fausses angines de poitrine; le type asthmatique, avec des troubles du côté du poumon; le type rénal, dans lequel on peut constater la maladie de Bright; le type cutané, que l'on observe surtout chez l'enfant et qui s'accompagne d'eczéma; enfin le type rhumatismal avec nodosités des doigts. Il considère tous ces troubles comme pouvant dépendre de fermentations se produisant dans le tube digestif et qui auraient pour point de départ les alcaloïdes animaux que développent ces fermentations putrides.

Pour lui, la dilatation de l'estomac réalise une diathèse acquise et engendre un grand nombre de maladies.

Dujardin-Beaumetz, à la suite de cette communication, a fait observer que Bouchard, reprenant les idées de Beau, attribuait à la dyspepsie tous les symptômes concomitants sans preuves plus positives que celles invoquées par Beau, car dans ces cas on est toujours en droit de se demander si la dilatation de l'estomac, au lieu d'être l'origine primitive du rnal, n'en est pas une manifestation (a).

— Bordier, Des dijspepsies et de leur tratlement {Journal de Thérap., 1876) et Leven, Traité des maladies de l'estomac, 1879, p. 135.

(fl) IJouchard, Du rôle pathogénique de la dilatation de l'estomac et des relations cliniques de cette maladie avec divers accidents morbides [Soc. méd. des hop., 13 juin 1884, et Gaz. hehd., n» 25, 20 juin 1884, p. 412j.

DYSPEPSIE ATONIQUE ET DILATATION DE L'ESTOMAC. i83

est bien un fait primitif et si elle-même ne résulte pas d'un trouble général du système nerveux réagissant sur l'innervation de la couche musculaire de l'estomac. .

Au point de vue thérapeutique nous devons distinguer le traitement de la dyspepsie atonique de celui de la dilatation de l'estomac proprement dite; dans le premier nous étudierons les médicaments tétanisants, les amers, les antifermentescibles; pour le second, nous nous occuperons plus particulièrement du curage de l'estomac. Enfin nous terminerons par l'étude des soins hygiéniques applicables à ces deux affections.

Dans la dyspepsie atonique, on doit agir sur la fibre mus- Des

1 • Al 1) • • rtj l'ivT • médicaments

culaireettacherd exciter ces contractions. L est lai indication musculaires. des médicaments dits tétanisants, à action élective sur la fibre musculaire lisse ou striée. Les strychnos atteignent ce but, et il faut placer en première ligne une préparation qui donne, dans ces cas, d'excellents résultats : les gouttes amères de Baume. Je vous en ai déjà parlé à propos des maladies du cœur; elles se donnent à la dose de 1 à 5 gouttes, soit au début, soit plutôt à la fin du repas. Vous pouvez aussi employer la poudre dite de Trastour (i)^ qui renferme de la noix vomique et dont vous ferez prendre un paquet, contenant 5 centigrammes de noix vomique au moment du repas.

Les amers atteignent e même but, et bien que nous ^les amers. n'ayons pas sur ces médicaments des indications thérapeutiques précises, je suis cependant porté à admettre qu'ils agissent en excitant les contractions musculaires de l'estomac. En première ligne se trouvent deux substances : le quassia amara et le colombo.

(1) Poudre de Trastour. pulvérisée {cinnamo-

-, . . , num malabathrum) . . 1 décigr.

Noix vomique pulven- Carbonate de chaux pul-

see (sryc/mos nux ^,^-^. i jécigr.

vomica) 5 centigr.

Écorce de cassia lignea Pour un paquet.

Du quassia. L'usagG du quassia est classique ; on l'administre dans les cas de dyspepsie atonique, surtout dans la première période, sous forme de macération. Vous savez que le quassia (1) donne ses meilleurs principes amers par l'eau froide; vous ferez donc macérer 5 à 8 grammes de bois par litre d'eau froide. On a confectionné des gobelets taillés dans ce bois, et ils sont assez en usage, je pense cependant qu'il y aurait inconvénient à s'en servir; en effet, lorsqu'on emploie un mélange d'eau et de vin, ce liquide pénètre dans le bois, fermente et aigrit ensuite toutes les boissons versées plus tard dans ce gobelet.- Vous userez avec avantage des copeaux de quassia ou de ces petites feuilles taillées régulièrement, et qu'on place dans un verre d'eau, une ou deux heures avant le repas.

Quelques médecins prescrivent la quassine. Gampardon nous

(1) Quassia (rutacées, sùnarou- système nerveux; il serait même bées). Sous ce nom on connaît : le toxique pour les oiseaux. D'après le quassia de Surinam et le quassia de professeur Gubler, on pourrait y voir la Jamaïque. Le quassia de Surinam un agent analogue à la coque du ou gimssm amara est un arbrisseau Levant, et jusqu'à un certain point de 2 à 3 mètres d'élévation : on se à la noix vomique. sert de sa racine en infusion (tisane, La quassine ou quassite, principe vin, extrait). C'est un amer franc et amer du quassia, a été découverte pur; il ne contient pas de tannin ni en 1835, par Winckler. Elle se préd'acide gallique comme le quassia sente sous forme de petits cristaux delà Jamaïque. Celui-ci est un arbre prismatiques, inodores, très amers, de 18 à 20 mètres de hauteur; son très solubles dans l'alcool, moins écorce contient: une matière rési- dans l'eau, et insolubles dans l'éther. neuse, une huile volatile, de la quas- Campardon a étudié les effets physiosine, et quelques sels. logiques de la quassine et a montré

Ces deux quassia ont une amer- que c'était un des meilleurs stimu-

tume excessive et on les emploie lants de Ja contraction des fibres

quelquefois l'un pour l'autre; mais lisses à la dose de 10 centigrammes

d'après les expériences sur les ani- par jour pour la quassine amorphe et

maux, le quassia de la Jamaïque au- de 10 milligrammes pour la quassine

rail une action très manifeste sur le cristallisée (a).

(a) Campardon, De la quassine, son action physiologique et thérapeutique {Bull, de Thérap., 15 nov. 1882, t. GUI, p. 385).

a montré l'influence de ce principe actif sur la contraction des fibres lisses en général ;■ si vous employez la quassine amorphe, vous ordonnerez 10 centigrammes par jour de cette quassine par granules de 2 centigrammes ; si vous vous servez de la quassine cristallisée, vous abaisserez la dose à 10 milligrammes.

Le Colombo s'ordonne, soit en poudre à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, soit sous la forme d'un vin ou d'un élixir, qui sont de bonnes préparations dans le traitement de la dyspepsie atonique (1).

Puis arrive la série des espèces amères : d'abord la germandrée, la petite centaurée et l'absinthe, qui constituent les espèces amères proprement dites, puis le houblon, le houx, la chicorée, les écorces d'oranges amères (2), etc., avec lesquelles on confectionne des tisanes que vous pouvez prescrire sans inconvénient.

Du Colombo.

Des tisanes amères.

(1) Le Colombo (cocculus palmatus, menispermum palmatum, ménispermacées) est originaire de l'Afrique tropicale. C'est un arbuste dioïdique, rampant, à tige grêle, volubile ; ses racines, seules employées, sont épaisses, charnues; on les coupe par tranches et on les fait sécher à l'ombre. Dans le commei'ce, on les trouve sous forme de rouelles circulaires ou ovales, de 2 à 5 centimètres de diamètre, de 1 centimètre à peu près d'épaisseur, mais plus minces au centre; d'une coloration jaune verdâtre.

D'après Planche, le colombe contient : un tiers d'amidon, une ma^ tière azotée, une matière jaune amère, des traces d'huile volatile, du ligneux, des sels de chaux et de potasse, d'oxyde de fer et de silice.

En 1830, Wiltstock a découvert la colombine, principe amer, cristallisable en prismes rhomboïdaux. incolores ; pour Bodecker (1830), la

coloration jaune est due à la berbérine combinée avec l'acide colombique.

Il ne contient pas d'acide tannique.

Le Colombo est un tonique amer, franc, sans astringence.

Voici la formule de l'élixir de colombe composé, donnée par Bouchardat.

Racine de Colombo 16 gr.

— de gentiane 16

— de bistorte 16

Écorce de quinquina .... 16

— d'orange 16

Baies de genièvre 32

Alcool à 80" centésimaux. -40

Eau filtrée 1000

Acide chlorhydrique 15

Laisser macérer quinze jours, filtrer et conserver pour l'usage. Une cuillerée à bouche après chaque repas.

(2) La germandrée {teucrium chamœdrys, labiées), on la décrit aussi

Vous comprenez qu'on ait réuni toutes ces substances amères dans des formules plus ou moins complexes; on a fait des apozèmes, des élixirs et des pilules, qui tous ont pour

sous le nom de germaudrée officinale ou petit chêne; onutilise ses feuilles et ses sommités fleuries. Il ne faut pas la confondre avec la germandrée aquatique {teucrium scordium), qui entre dans la préparation du diascordium qui lui doit son nom, ni avec la germandrée maritime {teucrium marinum) et la germandrée des bois {teucrinm scorodonia).

La tisane amère se fait avec les espèces amères, qui sont : les feuilles sèches de germandrée, les sommités de petite centaurée et les sommités d'absinthe, àparties égales.

On met 8 grammes de ces espèces amères dans un litre d'eau bouillante et on fait infuser pendant une heure .

Nous avons aussi les apozèmes amers, dont voici deux formules :

A. Gentiane 5 gr.

Camomille 2

Sirop d'absinthe 50

Eau bouillante 1000

B. Quassia 3 gr.

Centaurée 5

Eau 500

Sirop d'absinlhe 20

Prendre chacun de ces apozèmes par petites tasses avant le repas.

Petite centaurée (gentiana centaurium, gentianées). Elle contient, d'après Mehu, une matière cristallisée, Vérijthro-centaurinc, et une matière résineuse, la centaurirétine.

On emploie la petite centaurée en infusion (15 à30 grammes par litre), en eau distillée, en sirop, en teinture, en vin (50 à 60 grammes pour un litre de vin blanc).

Eonhlon {humulus, hqnilus), fam.

des urticacées, diajcie pentandrie L.)

On se sert des fleurs, des sommités et des racines. Les fleurs ou cônes présentent à la base de leurs bractées des petits points jaunes, sorte de poussière qui a reçu le nom de lupulin, partie active de ses cônes. Le lupulin a une saveur très amère; il contient, d'après Chevalier et Payen:

huile volatile, matière amère (lupulite de Pelletan), résine, gomme, matière extractive, matière grasse, osmazôme, acide malique, malate de chaux et sels.

On emploie les cônes en infusion ou décoction (20 à -10 grammes par litre), en teinture alcoolique (1 à 4 grammes), en extrait, en sirop. On donne le lupulin en poudre (50 centigrammes à 2 grammes), en teinture (50 centigrammes à 3 grammes), en sirop (15 à 30 grammes).

Chicorée sauvage {chicorum intybus, fam. des synanthérées-chicoracées). Contient d'après Soubeiran :

extractif, chlorophylle, matière sucrée, albumine, sels. Se donne en décoction ou infusion (10 grammes de feuilles par litre, 15 à 20 grammes de racines par litre).

Houx {ilex aqulfolium, fam. des aquifoliacées). D'après Deleschamps leprincipe actiî estVilicine. Se donne en décoction (30 à 50 grammes de feuilles fraîches par litre).

Gentiane (^en/mna lutea, fam, des gentianées). Le principe amer est le gentianin. Se donne en macération et décoction (10 à 20 grammes par liire, en sirop, en vin, en teinture (2 à 9 grammes dans du vin).

On emploie aussi quelquefois le copalchi ou natri, que Stark a conseillé dans la dyspepsie atonique

base ces diverses plantes : apozème stomacal anglais (1), élixir viscéral de Hofïrnan (^), pilules toniques de Moscou (3). Vous le voyez, chaque pays a donné une formule spéciale, et je vous signale ces préparations sans y attacher trop d'importance.

A côté de ces substances dites amères se placent deux médicaments qui donnent dans cette forme de dyspepsie de bons résultats : c'est la rhubarbe et l'aloès. Je reviendrai plus complètement sur ces deux agents thérapeutiques lorsque, en m'occupant de maladies de l'intestin, je vous tracerai alors l'histoire des purgatifs. Mais Je puis vous dire, dès maintenant, que ces substances ont été souvent associées pour constituer des préparations stomachiques sous forme de poudre, de vin ou de pilules (4).

{Edimburgh Mecl. Journ., 18-48).

C'est un arbuste de 4 à 10 pieds d'élévation, le crotoniveus Jacquin, de la famille des euphorbiacées.

L'écorce est employée en infusion (15 grammes par litre). Mauch en a retiré par la distillation une huile essentielle et un principe amer incristallisable.

(I) Apozème stomachique anglais :

Écorces d'oranges amères sèches {citrus blgaradla) .... 13

Écorces de citron, fraîches [citrus medica) 8

Girofle {caryophijUus aromaticiis) i

Eau bouillante 500

Infusez jusqu'au refroidissement ; passez.

Dose : trois tasses par jour (I.) (^2) Élixir viscéral d'Hoffmann :

Zestes frais d'orange {citrus OMrantium) 6

Écorce de cannelle de Ceylan (laurus cinnamonum) 2

Carbonate de potasse 1

Vin d'Espagne .... 48

Extrait de gentiane \

— d'absinthe f ,. .

3 , . „ ,, S aa 1

— de trèfle d eau L

— de cascarille /

Faites macérer les zestes d'orange et la cannelle dans du vin additionné de carbonate de potasse, pendant quatre jours ; passez, exprimez; faites dissoudre les extraits ; laissez en contact pendant huit jours; filtrez.

Dose : 8 à 20 grammes avant le repas (Jeannel).

(3) Pilules toniques de Moscou :

Extrait de Colombo (coc-\ culus palmatus)

Extrait de gentiane {gen-j JianohUea)..... ( ^^ 5 «entigr.

Extrait de quassia [quas-i sia amara) \

Extrait de filet de bœuf!

[bos taurus) /

Racine de gentiane pulvérisée {G. lulea) Q. S.

Dose : 1 à 2 après le repas.

(4) Voici, d'après Jeanne!, quelques-unes de ces préparations :

Contre le développement des gaz qui résulte souvent delà fermentation. vicieuse que subissent les aliments d'une part et de la faiblesse des parois de l'estomac de l'autre, on doit employer les poudres dites absorbantes et les antifermentescibles. Pour les premières il faut placer en tête la poudre de charbon de peuplier dite charbon de Belloc (1). Je pense que cette poudre de charbon n'agit pas comme absorbant les gaz, car l'on sait que cette absorption ne se fait que lorsque la poudre de charbon est sèche, mais je crois que l'on peut expliquer cette action favorable par ses effets antiputrides qui sont des plus manifestes. C'est de la même façon qu'agissent les poudres dites inertes, telles que. le sous-nitrate de bismuth, qui s'opposent aussi à la fermentation. De On a aussi conseillé, comme antifermentescible l'iodoforme ;

J'iodoforme. . , . . , .

tout en reconnaissantlapuissanceaseptiquede cette substance, je suis peu parlisan de son emploi, car elle a toujours occasionné, dans les cas où je l'ai employée, une irritation plus ou moins vive del'estomacetjeluipréfèredebeaucoupl'eau sulfo-

A. Poudre stomachique (hôpitaux Extrait de quinquina gris

de Londres) : huanucj 0.05

Écorce de cannelle pulv 0.02

Rhubarbe pulvérisée 0.5 sirop d'absinthe 0.03

Gingembre pulvérisé 0.5

Fleur de camomille pulvérisée. 1 Pour une pilule.

Pour un paquet, que l'on devra Prendre une de ces pilules avant

prendre une heure avant ou après le chaque repas,

principal repas. Les pilules dites gourmandes sont

B. Vin de rhubarbe composé (Gui- analogues.

bourt) : (1) Charbon végétal. 11 est préparé

„, , , ,- avec le bois de saule, de peuplier ou

Rhubarbe 1;> , , . ^ .,,,../ .,

Cannelle 5 "'^ helre. Donne a linterieur, il agit,

Vin de Malaca 500 d'après Gubler, comme léger excitant

et comme absorbant mécanique.

Faire macérer pendant quatre l^ charbon le plus employé est .

jours, passer, exprimer, filtrer. Dose : ^^^^- ^^^^ pe^pUer lavé, de Belloc. On

5 à 25 grammes avant chaque repas. l'administre à la dose d'une cuillerée

C. Pilules antecibum (Codex fr.) : ^ g^^^pg ^|^j^g ^^^ p^^^ ^^^ ^^-^^

Aloès du Cap 0.10 azyme.

carbonée dont je vous ai parlé dans la dernière leçon et que vous administrerez à la dose de quatre à six cuillerées à soupe par jour.

Reste enfin le point le plus important de la question, le traitement de la dilatation de l'estomac par des moyens spéciaux. Le traitement des gastro-ectasies, quelle que soit leur cause, consiste surtout et presque exclu sivement dans le lavage de l'estomac, et de même que chez les individus qui sont atteints de rétrécissements de l'urèthre, ou qui vident mal leur vessie, on doit, parlecathétérisme, en faire sortir le résidu, de même on doit, par le lavage de 1 estomac, donner issue du ventriculelesliquides quiséjournentetstagnentdansleventric-ule.

Ces liquides qui ont été bien analysés récemment par Van den Velden (i) s'altèrent et se corrompent par leur séjour prolongé dans l'estomac, et leur présence est une cause d'irritation constante de la muqueuse. Il faut, pour donner issue à ces liquides putrides, laver et panser l'estomac.

Aussi, messieurs, cette opération s'impose dans ces cas et toutes les fois que vous l'appliquerez, même lorsque le malade ■sera atteint de cancer du pylore, vous soulagerez le patient. Quant à la conduite que vous devrez tenir, je vous renvoie à ce quej'ai dit dans une précédente leçon en vous recommandant, toutefois, d'avoir toujours soin de terminer votre lavage de f estomac par un gavage avec les poudres alimentaires et le lait.

Quelle est la durée du traitement, de la dilatation de l'es-

(1) Van den Velden a analysé le et ne reparaîtrait plus même après

liquide retiré 'de l'estomac dans les les lavages. Cette disparition permacas de gastro-ectasie. Ces liquides . neute de l'acide chlorhydri^ue dans

sont toujours acides et renferment de lesliquidesretirésdel'estomacserait,

l'acide chlorhydrique libre. Toutefois, pour Van den Velden, un signe carac-

dans le cas de cancer de l'estomac, téristique du cancer accompagné de

l'acide chlorhydrique disparaîtrait dilatation de l'estomac (a).

(a) Van den Velden, De la gastro-ectasie et de ses rapports avec la présence ou l'absence cVaclde chlorhydrique libre dans le suc gastrique (Deutsch. Ardu fur klin. Med., XXUI, 4.).

Du curage de l'estomac.

490 LEÇONS DE CLIiNlQUE THEP.APEUT[QUE.

toniac par le lavage ? Ce tte durée dépend absolument de la cause de la gastro-ectasie; souvent elle est fort longue, même dans les cas de dyspepsie simple et j'ai vu des malades qui ne présentaient aucun rétrécissement du pylore être forcés de pratiquer ce lavage pendant des années; vous trouverez la plupart de ces observations dans la thèse de mon élève, le docteur Lafage [a). Mais ne vous effrayez pas de cette durée, carie malade tire un tel bénéfice de ce lavage qu'il le pratique avec régularité et l'on voit grand nombre de personnes qui entretiennent leur estomac avec les mêmes soins de propreté que la main et la figure.

En dehor§ du lavage, les autres moyens sont des plus secondaires. Je dois vous dire cependant quelques mots de l'électricité et du massage.

Furstner et Neffel {b) ont montré qu'en employant des cou- De rants induits et intermittents faibles, on peut réveiller les

l'électricité. • ^ ^t -\ii • t\ n

contractions de 1 estomac; Macario et Bonneim en ont aussi retiré de bons effets. Je ne vois pas d'inconvénient à user de ce moyen pour provoquer les contractions de l'estomac dont la couche musculeuse est frappée de paralysie, tout en reconnaissant que, le plus souvent, cette électricité agit plutôt sur les parois de l'abdomen que sur l'estomac lui-même.

Il n'en est plus de même lorsque l'on porte directement l'électricité dans la cavité stomacale. Peiii en 1879 et Bocci en 1881 (i) ont conseillé de faire pénétrer un des électrodes

(J) Perli a employé la faradisation d'application était une sonde termi-

de l'estomac en même temps que le née par une pièce métallique mise

lavage à l'aide delà pompe stomacale en communication avec un appareil

contre la dilatation et le catarrhe d'induction par un conducteur qui

clironic|ue de l'estomac et il cite passait à l'intérieur de la sonde.

quelques cas de succès. Le moyen Perli a constaté que l'on obtenait des

(a) Lafage, De la dilatation de l'estomac et de son traitement par le lavage. Thèse de Paris, 1881.

[b) Furstner et Neffel, Cenlralblatt f. Med., n" 21, !876.

DYSPEPSIE ATONIQUE ET DILATATION DE L'ESTOMAC. iOI

dans l'estomac. Mais c'est Bardet qui a rendu cette application facile en construisant l'instrument que je vous présente (voir fig. V2) et qui se compose, comme vous le voyez, d'un siphon stomacal coupé en deux parties, réunies par une portion métallique en forme de T qui permet l'introduction d'un mandrin dans l'intérieur du tube qui pénètre dans l'estomac. Ce mandrin est terminé par une olive de charbon et son extrémité inférieure ne dépasse pas celle de la sonde; le mandrin

Figr. 12.

consiste lui-même en un ruban mince de maillechort à l'extrémité duquel on peut fixer un des électrodes. On. fait pénétrer le tube comme à l'ordinaire dans l'estomac sans

contractions très énergiques de l'estomac, lorsque le conducteur externe était placé à la hauteur de la neu viéme vertèbre dorsale, un peu à gauche de la colonne vertébrale.

Baldrino Bocci a aussi fait des expériences sur l'électrisation directe

de l'estomac. 11 se servait aussi d'un appareil faradique.

Bardet, dans le service électrothérapique de l'hôpital Cochin, a utilisé avec succès l'appareil qu'on vient de décrire dans plusieurs cas de dilatation avec vomissements.

(a) Perli, Il Morgagnl, mai 1879. — Baldino Bocci, Lo Sperimentale, juin 1881. - Bardet, De la galvanisation directe {Bull. gén. de Thérap., 1884, t. GVI, p. SiiO).

492 LEÇOiNS DE CLINIQUE THÉHAPEUTIQUE.

le mandrin bien entendu, puis on introduit ce dernier. On a soin alors de remplir, par ce siphon, l'estomac d'une certaine quantité d'eau et c'est par l'intermédiaire de l'eau que l'on 1 électrise ainsi, sans aucun inconvénient, la surface interne de la muqueuse.

Le courant que l'on doit faire pénétrer ainsi dans la cavité de l'estomac est le courant négatif, le pôle positif au contraire, est appliqué sur la région antérieure de l'abdomen au niveau de l'estomac. Ce sont des courants continus bien entendu dont vous ferez usage, mais vous aurez soin d'interrompre de temps en temps ce courant. La force du courant ne doit pas dépasser vingt-cinq milliampères et la durée de la séance est de cinq à dix minutes, puis vous avez soin de siphonner l'estomac de manière à retirer le liquide que vous avez introduit dans le ventricule. J'ai appliqué souvent cette méthode dans mon service et j'en ai obtenu de bons résultats, surtout dans les cas de dilatations énormes si tenaces et ordinairement si rebelles à tous nos moyens de traitement.

Du massage. Daily a conscillé aussi le massage méthodique de l'estomac, et Hand, se fondant sur les expériences physiologiques, a proposé de comprimer artificiellement le pneumogastrique pour augmenter les contractions de l'estomac; il pratique ces compressions sur le côté gauche du cou. Voilà, messieurs, pour les moyens thérapeutiques proprement dits ; passons aux moyens hygiéniques.

Comment pouvez-vous, par des moyens diététiques, combattre cette atonie qui frappe la tunique musculaire de l'estomac? Commençons par l'ahmentation.

Traitement Autaut que possiblc, voussuivrezlarèglcprescriteparBrown- Séquard dans le traitement des dyspepsies, règle qui s'applique presque exclusivement à cette variété de trouble fonctionnel. Il faut multiplier le nombre des repas et faire manger le malade toutes les heures, mais peu à la fois. Vous choisirez

diététique.

DYSPEPSIE ATONIQUE ET DILATATIOiN DE L'ESTOMAC. 493

les aliments les plus nutritifs et les plus digestibles possible sous un petit volume, tels que les viandes saignantes et les viandes rôties.

Pour activer l'imbibition des aliments par le suc gastrique, vous recommanderez de bien mastiquer ces aliments et si le malade ne peut le faire, vous lui conseillerez les hachis, en évitant de donner trop de graisses ou de féculents, qui séjournent souvent très longtemps dans l'estomac sans subir de modifications. Si vous donnez des substances azotées, choisissez les aliments qui ont déjà subi une fermentation commençante : du gibier légèrement faisandé, du fromage, de la choucroute.

Recommandez au malade d'être réservé sur les boissons, Schroth et BarLels (de Kiel) vont plus loin et ordonnent la privation absolue des hquides c'est ce que, bien des années auparavant, Ghomel avait décrit sous le nom de régime sec, dont tout récemment Huchard nous a montré les avantages dans la cure de la dyspepsie atonique et delà dilatation de l'estomac (1 ) . Dans la dilatation de l'estomac, en effet, les boissons restent très longtemps dans la cavité ventriculaire, et leur présence détermine souvent le glouglou caractéristique. Soumettez donc les malades au régime sec, c'est-à-dire à la diète des liquides.

Recommandez surtout aux malades d'éviter à tout prix ce sommeil torpide qui les saisit après les repas. Prescrivez un exercice régulier après avoir mangé, de manière à éviter

(1) Contre certaines dilatations de gie (de ^r.poç, sec, et cpâ-^wje mange), l'estomac, que Chomel décrivait sous ' Huchard adopte absolument cette

le nom des dyspepsie des liquides, manière de voir et a montré tous les

il avait recommandé le régime sec avantages que l'on pouvait tirer de

qui consiste dans la suppression des la diète des liquides dans certaines

boissons, diète à laquelle Fonssa- dilatations de l'estomac (a). grives a donné le nom de xéropha-

(a) Huchard, Du régime sec clans les maladies de l'estomac et surtout dans la dyspepsie des liquides {Bull, de Thérap., 31 août 1884, t. CVII, p. 145).

cette fâcheuse disposition, si fréquente dans ces maladies. Auprès des jeunes gens, auprès des vieillards, insistez sur la nécessité de la marche après un repas copieux.

Un autre point important, c'est d'exciter la circulation générale, pour favoriser la congestion stomacale qui accompagne la digestion; car cette congestion, vous le savez, a une part dans les contractions des fibres musculaires; vous y parviendrez par le grand air, l'exercice, les promenades, les longues courses. A ces moyens vous pouvez joindre l'usage Dei'hydiothé- (3e l'hydrothérapie et de la gymnastique.

rapie. t ii n i » • i

L hydrothérapie a non seulement une action tonique sur l'économie, mais elle agit directement par le froid qu'elle procure à la surface de l'estomac. Remarquez, en effet, ce qui se passe sur un malade atteint de dilatation de l'estomac : le froid appliqué sur le ventre provoque des mouvements péristaltiques de la tunique musculaire de l'estomac. Il y a là une indication que remplit bien l'hydrothérapie, et surtout les douches en cercle frappant au niveau de la zone stomacale.

La gymnastique peut avoir une grande part dans la cure

de la dyspepsie atonique; mon ami, le docteur Tourangin, m'a

montré à cet égard plusieurs malades atteints de cette alïec-

. tion, et qui ont guéri sans autre médication que des exercices

méthodiquement dirigés.

Mais, ce que vous devrez surtout conseiller aux malades atteints de dyspepsie atonique, c'est de surveiller leurs garderobes. En effet, la tunique musculeuse de l'intestin est la continuation de la tunique de l'estomac, et la paralysie de l'une amène la paralysie de l'autre ; aussi presque tous ces dyspeptiques atoniques sont-ils constipés. Il faut donc stimuler les fibres musculaires de l'intestin et ne pas ajouter la paresse stomacale, le ralentissement de l'activité musculaire de l'intestin. Ordonnez au malade de se présenter régulièrement à la garde-robe; et, si l'habitude ne peut pas vaincre

la constipation, prescrivez les eaux minérales purgatives.

La dyspepsie atonique et surtout la dyspepsie flatulente Traitement

- r • 1 T • thermal.

réclament un traitement thermal tout spécial. Ici vous ne devez plus chercher l'action digestive de ces eaux, mais celles qui agissent sur la surface cutanée; vous devez, en un mot, préférer la médication externe avec les bains à la médication interne en boissons; aussi vous repousserez les eaux trop gazeuses, qui sont plus nuisibles qu'utiles dans ce cas, et vous enverrez votre malade à Plombières, à Luxeuil (1), à Bourbon-Lancy (2), à Ussat (3), à Bagnères-de-Bigorre (4), à Lamalou (5), à Saint-Sauveur (6), à Aulus (7).

Lorsqu'il s'agira de dilatation de l'estomac et que le malade

(1) Luxeuil (France, Haute-Saône) compte dix-huit sources, dont deux ferrugineuses et seize salines; les premières sont ferrugineuses magnésiennes, les autres chlorurées sodiques. Les eaux se prennent en boissons, en bains et en douches.

Elles sont thermales, les sources ferrugineuses, ayant de 27°,9 à 19°, 6, et les sources chlorurées sodiques de 30 à 36 degrés.

[T) Bourbon-Lancy (Fr3iUce,Saôneet-Loire). Six sources très thermales alimentent cette station, elles appartiennent au groupe des eaux chlorurées sodiques. Les principales sources sont le Limbe (57 degrés), source Descuve (53 degrés), la Reine (59 degrés), Saint-Jjéger (50 degrés); les trois dernières sont employées en boissons.

(3) Ussat (France, Ariège). Eaux thermales (41", 25 à 32°,25), à minéralisations simples; se prennent surtout en douches.

(4) Bagnèrcs-de-Bigorre (France, Hautes-Pyrénées) a des sources très

nombreuses. Ses eaux sont limpides et incolores, et dépourvues d'odeur ; leur température varie entre 22 et 50 degrés. Elles appartiennent pour la plupart aux eaux sulfatées calciques et magnésiennes; certaines sources {Salies, Dauphin, Roc de Lannes, des Pauvres) contiendraient de l'ai'senic. On prend ces eaux en boissons, mais surtout en bains.

(5) Lamalou (France, Hérault) compte trois établissements : Lamalou-le-Bas, Lamalou- du- Centre ou Capus et Lamalou-le-Haut. Ce sont des eaux thermales ferrugineuses bicarbonatées, qui se prennent en bains et en boissons.

(6) Saint- Sauveur, Voir la Hontalade, p. 429.

(7) AIriq a signalé récemment les avantages que l'on peut retirer de Feau d'Aulus dans les maladies du tube digestif et a indiqué particulièrement ses bons effets dans les cas de la dyspepsie atonique et flatulente (a).

(a) Alriq, Clinique des eaux d'Aldus, Maladies du tube digestif. Paris, 1882.

sera soumis au lavage, vous pourrez l'envoyer aux eaux où ce lavage est pratiqué méthodiquement, comme à Vichy ou à Ghâtel-Guyon. On tire un bon effet de ces eaux en les mettant, par le siphon, directement en contact avec la muqueuse stomacale.

Telles sont, messieurs, en résumé, les règles diététiques qui peuvent s'appliquer au traitement de la dyspepsie atonique et de la dilatation de l'estomac.

Dans la prochaine leçon, nous étudierons les troubles dus à la perversion des mouvements de l'estomac; je veux parler du vomissement, qui, à cause de sa fréquence, mérite de nous arrêter quelque temps.

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