‹ Leçons de clinique thérapeutique (volume 3)Chapitre 26 sur 41 · C. Sirop de chlorhydrate de mor- Potion éthérée · texte numérisé non relu

C. Sirop de chlorhydrate de mor- Potion éthérée

P'^^"^ • Éther sulfurique. D. 0,725.. 1 gr. Chlorhydrate de morphine. . . 5 cent. Eau aromatique de menthe. 60 Sirop simple blanc 98 gr. Sirop simple 30

Eau cliloroformce.

Vous pourrez bien entendu aussi user des injections de morphine, mais en vous rappelant toutefois que si ces injections sont un des plus puissants agents thérapeutiques à employer contre les affections douloureuses de l'eslomacj elles présentent cependant ce très sérieux inconvénient d'habituer les malades à ce médicament et de les transformer très rapidement en morphio mânes.

A côté de la morphine, il faut placer l'eau chloroformée, c'est là un nouveau médicament introduit dans la thérapeutique par Nathalis Guillot (1), bien étudié par Lasègue et

M. dans une fiole bouchée. Dose :

par cuillerée à bouche.

Potion avec le chloroforme :

Chloroforme 5 déc.

Alcool à 58 degrés 2 gr.

Gomme Sénégal pulv.

(Acacia veker) 1

Sirop simple 30

Eau distillée 100

Faites dissoudre la gomme dans l'eau, versez dans une fiole le chloroforme et l'alcool, ajoutez le sirop, agitez ; versez les solutions de gomme par parties ; agitez.

(1) Lasègue et Regnault ont établi le mode de préparation de l'eau chloroformée que Nathalis Guillot avait conseillé l'un des premiers. L'eau chloroformée est d'une conservation parfaite et renferme 03'",90 de chloroforme pour 100 grammes d'eau lorsqu'elle est saturée. On doit toujours avoir soin d'étendre d'eau cette eau chloroformée saturée pour l'usage médicinal, de manière à la formulée de la façon suivante :

Eau chloroformée saturée. 1 ,> .„

aa 150 gr.

Eau )

Prendre une cuillerée à dessert du mélange au moment où la douleur stomacale se produit et continuer de

quart d'heure en quart d'heure jusqu'à ce qu'elle ait disparu:

On peut d'ailleurs, comme l'a montré de Beurmann, varier à l'infini ces formules en aromatisant l'eau chloroformée saturée. Voici quelques-unes de ces formules.

N° 1. Eau chloroformée saturée. 150 gr. Eau de fleurs d'oranger. . 50 Eau 100

N" 2. Eau chloroformée saturée. 150 gr.

Teinture de badiane 5

Eau 145

N" o. Eau chloroformée saturée. 150 gr. Eau distillée de menthe.. 30 Eau ...... 120

On peut d'ailleurs faire entrer cette eau chloroformée dans toutes les préparations calmantes.

Voici toutes les formules de ces potions.

Potion narcotique :

Eau chloroformée saturée. 60 gr.

Eau de fleurs d'oranger ... 60 Sirop de morphine 30

Potion opiacée :

Eau chloroformée saturée. 80 gr.

Eau de fleurs d'oi'anger. . . 20 Sirop d'opium 50

Polion calmante pour les enfants:

' Regnault et qui donne dans les cas de gastralgie avec dilatation de l'estomac d'excellents résultats, en calmant les douleurs stomacales d'une part et en s'opposant de l'autre aux fermentations putrides, le chloroforme étant, comme vous le savez, non seulement un agent anesthésique mais encore un puissant aseptique. Rien de plus facile que la préparation de cette eau chloroformée : elle consiste à agiter du chloroforme avec de l'eau, puis à décanter le liquide.

On donne le nom d'eau chloroformée saturée à cette dissolution qui renferme un peu moins d'uni gramme de chloroforme par 100 grammes d'eau. Vous ne devez pas vous servir de cette eau chloroformée à l'état pur et il faudra l'étendre dans une égale quantité d'eau; c'est cette eau que l'on nomme eau chloroformée diluée, que l'on administre alors par cuillerée à café, à dessert et à bouche selon le besoin. Le plus ordinairement, dans les cas de gastralgie, vous prescrirez cette eau chloroformée diluée par cuillerée à dessert de quart d'heure en quart d'heure jusqu'à la disparition des phénomènes douloureux. D'ailleurs ces mélanges d'eau chloroformée saturée peuvent varier à l'infini, comme l'a montré de Beurmann et vous pourrez vous servir des diverses formules qu'il a données de ces mélanges.

A côté de l'eau chloroformée se place l'eau sulfocarbonée dont je vous ai déjà parlé et qui se prépare absolument de la même façon que l'eau chloroformée. Cette eau sulfocarbonée est moins calmante que l'eau chloroformée, mais son pouvoir antiputride est beaucoup plus considérable , aussi est-ce

Eau chloroformée saturée. 50 gr. Bromure de potassium.... 1

Eau de fleurs d'oranger. . , 20 Sirop diacode 30 (a)

Eau de tilleul 50

(o) Lasègue et Regnault, De Veau chloroformée {Arch. gén. de méd., février •1882, p. 131). — De Beurmann, Indications pratiques sur les usages thérapeutiques de l'eau chloroformée {Bull, de Thérap., 1883, .t. CV, p. 97).

inertes.

plutôt dans les dilatations accompagnées de légères douleurs' avec fermentation putride que vous pourrez utiliser cette eau sulfocarbonée, réservant l'eau chloroformée aux cas où les douleurs sont beaucoup plus vives.

Poudres Les poudrcs inertes donnent d'excellents résultats dans

le traitement de la gastralgie, comme l'avait déjà signalé Trousseau. Dans ces cas, c'est le sous-nitrate de bismuth que vous pourrez employer et j'use alors très fréquemment du mélange suivant :

2£. Sous-nitrate de bismuth \

Mao-nésie anolaise / . . m

„ ^ , ^ V aa 10 srrammes.

Craie préparée i °

Phosphate de chaux ;

Pour 40 cachets médicamenteux, donner un cachet à chaque repas.

Lorsque je vous parlerai du traitement des névralgies, je vous montrerai que parmi les médicaments qui s'adressent à cet état il faut placer au premier rang l'électricité. Les troubles nerveux de l'estomac sont aussi tributaires de cette médication ; et dans ce cas vous emploierez l'électricité polaire positive suivant la méthode d'Apostoli, méthode dont je vous ai tracé les bases à propos du traitement des vomissements et qui avait déjà été conseillée contre la gastralgie par Semmola (de Naples) (1).

(1) Pour Semmola les phases les duisent ces espèces de dyspepsies

plus saillantes de la dyspepsie gas- nerveuses plus ou moins rebelles

tralgique sontune grande intolérance sont toutes celles qui épuisent le

de l'estomac au moindre contact système nerveux en général, mais

alimentaire avec peine épigastrique principalement les chagrins répétés,

et gastralgie suivie très souvent par les émotions violentes et les excès

le vomissement, sans parler de tous du coït, surtout lorsque ces causes

les autres symptômes qui accompa- ont agi pendant le travail de la diges-

gnent toute sorte de lenteur ou de tion et successivementsans relâche,

trouble digestif. Il peut exister à la longue dans ces

Les causes qui constamment pro- cas de dyspepsies nerveuses un vrai

D'ailleurs l'électricité, n'est pas le seul remède applicable aux névralgies de l'esLoinac, tous les autres moyens conseillés pour calmer la douleur, que je vous exposerai en entier lorsque *je vous parlerai du traitement des névralgies (a) sont applicables dans ces cas, et toutes les préparations calmantes ont été conseillées dans les gastralgies.

Il est entendu que, comme la gastralgie n'est qu'un symptôme, vous devez aussi vous adresser à la cause même des douleurs d'estomac; et cette cause vous la trouverez soit dans une altération du sang, comme dans la gastralgie des anémiques, soit dans les troubles hépatiques comme dans les crises douloureuses des individus porteurs de calculs du foie, soit dans des altérations de la muqueuse de l'estomac ellemême, comme dans le cancer ou l'ulcère simple de l'estomac et vous vous efforcerez alors, tout en traitant les phénomènes douloureux, de combattre les maladies dont ils sont les manifestations.

Telles sont, messieurs, les indications spéciales du traitement de la gastralgie douloureuse. Je vais vous exposer maintenant le traitement des troubles apportés au sens de la faim et de la soif. Ce sens peut être augmenté , diminué ou p ervôrti.

Je m'occuperai de la dysorexie et de l'anorexie, mais je passerai rapidement sur la perversion ou hétérophagie, parce que cette affection ne présente pas, au point de vue thérapeutique, une importance bien marquée. En effet, on observe

catarrhe de l'estomac, mais il est R. La présence prolongée des ali-

toujours secondaire et se développe ments qui se digèrent très lente-

à la suite de trois influences : ment.

A. Le même vice d'innervation sur G. L'action iri*itante de tous les

la cii'culation capillaire de l'estomac produits d'une digestion défectueuse

(paralysie vaso-motrice). {Congrès cV Amsterdam, 1879).

(a) Voir t. UI, Traitement des affections du système nerveux. Leçons sur les névralgies.

l'hétérophagie surtout comme un symptôme accidentel et secondaire qui se montre au début de la grossesse ou bien sous l'influence d'une perturbation profonde des facultés intellectuelles, Pica, maiacia. Gcs troublcs décrits sous le nom de pica, de malacia, présentent peu de gravité, et le plus souvent le médecin n'a qu'à céder aux envies dont est atteint sa cliente, surtout si elles portent sur des substances alimentaires plus ou moins indigestes, qui peuvent être cependant digérées dans ce cas assez facilement par la malade. Quant aux modifications des fonctions de l'estomac qui sont sous l'influence de l'aliénation mentale, la médication s'adresse non à l'estomac, mais à la perturbation apportée aux facultés intellectuelles. Reste la maladie décrite par Heusinger, la géophagie; je nie l'ai jamais observée, et comme vous-mêmes vous ne l'observerez sans doute pas, je me crois dispensé de vous donner une description complète de son traitement et je vous renvoie aux auteurs qui s'en sont occupés, et particulièrement à Lebert, qui, dans ces derniers temps, a résumé succinctement ce qui a été fait sur cette perversion de l'estomac. Dysorexie. La dysovexie, comme la maladie précédente, se rencontre à l'état accidentel chez les femmes enceintes ou chez certains sujets chloro-anémiques, ou chez certaines femmes nerveuses, pour lesquelles le besoin delà faim n'est jamais assouvi (1).

(1) La boulimie est un symptôme morbide caractérisé par un besoin insatiable de manger non proportionné avec les pertes de l'organisme.

Les anciens auteurs la divisaient en boulimie proprement dite, en cyanorexie ou faim canine et en lycorexie ou faim de loup. La définition même de la boulimie montre qu'on ne peut ranger sous ce nom la faim qui survient dans la convalescence de

certaines maladies aiguës, ou celle qui fait suite à une marche excessive à des travaux et à des fatigues corporels.

On a reconnu à la boulimie différentes causes; elle peut dépendre de certaines malformations ou anomalies congénitales du tube digestif (Vésale, Lieutaud, Percy, Legroux, Landré-Beauvais, OUivier d'Angers), de maladies chroniques de l'abdo-

Sachez aussi que ce besoin insatiable de manger est habituel au diabète; par conséquent, lorsque vous observerez de semblables états, je vous recommande, avant de poser votre diagnostic et d'établir le traitement, d'examiner avec soin les

urines

Lorsque ce besoin ne dépend que de troubles nerveux, lorsque ce n'est pas un épiphénomène d'une afFection grave, vous pourrez combattre ce symptôme par des préparations opiacées. L'opium, vous le savez, a pour résultat de diminuer

Boulimie.

men, elle survient souvent clans la grossesse, dans l'aliénation mentale, dans la paralysie générale, l'hystérie, le goitre exophtalmique (Trousseau), mais surtout dans le diabète.

Elle apparaît aussi quelquefois passagèrement après l'absorption de certains médicaments (iodure de fer, Nat. Guillot)ou après l'ingestion d'aliments fortement épicés ; on a dit aussi que les malades porteurs de tœnia devenaient passagèrement boulimiques.

Les individus atteints de boulimie mangent beaucoup, et peu de temps après le repas sont pris brusquement d'un ipipérieux besoin de manger encore; s'ils ne peuvent satisfaire ce besoin, ils éprouvent des douleurs stomacales, des malaises, de la défaillance, des syncopes même; après avoir absorbé leurs aliments; ils sont pris de torpeur pendant que dure leur digestion, habituellement assez laborieuse. Parfois, l'énorme' masse alimentaire que le boulimique a absorbée est totalement digérée, parfois aussi elle est rejetée presque immédiatement par le vomissement (cyanorexie), ou bien, passant rapidement dans l'intestin, elle amène des mouvements péristaltiques énergiques et elle est chassée à l'extérieur (lycorexie) en provoquant une

diarrhée plus ou moins abondante, qui affaiblit très rapidement le malade. Les selles sont ordinairement fétides, de même que l'haleine et les sécrétions sudorales.

Lorsque la maladie n'a pas acquis un degré d'acuité très prononcé, l'état général peut se conserver assez bon pendant quelque temps ; mais, dans d'autres cas, malgré l'abondance de nourriture, on constate un amaigrissement progressif, une diminution des forces et de l'intelligence, et le malade succombe, soit au progrès de cet état, soit à une maladie intercurrente contre laquelle il ne peut lutter.

Il y a des degrés dans la boulimie, les malades ne sont pas tous aussi voraces et n'absorbent pas la mêmequantité proportionnelle d'aliments; mais il en est qui prennent des aliments en quantité véritablement phénoménale en vingt-quatre heures.

Percy, par exemple, cite le cas d'un nommé Tarare, qui, à dix-sept ans, pesait 100 livres et mangeait, en vingt-quatre heures, un poids égal au sien de viande de bœuf; cet homme absorba un jour un repas préparé pour dix-sept personnes; il fut même un jour accusé d'avoir dévoré un enfant de quatre ans, etc., etc.

le besoin de manger, de calmer ou d'éteindre l'appétit, et le dicton : Qui dort dîne, est surtout applicable à ceux qui font usage des préparations opiacées.

Ne croyez pas cependant que ce soit là une règle immuable; je connais, pour ma part, un de mes confrères qui, depuis plus de trente ans, prend chaque jour une dose de laudanum de 25 à 30 grammes; et, toutes les fois qu'il a voulu cesser ce médicament, immédiatement les fonctions digestives se sont perturbées, l'appétit a disparu, et un affaiblissement fort considérable de l'économie s'est produit. Pour ce malade, qui s'observe bien^ l'opium est le meilleur stimulant des fonctions digestives. C'est là un fait isolé; mais n'oubliez pas que cet admirable médicament jouit de propriétés toniques évidentes; grâce à la stimulation qu'il donne au cerveau, il réveille l'organisme tout entier, et les morphiomanes sont des individus qui, presque tous, recherchent dans l'opium non pas le calme et le repos, mais la stimulation nécessaire à leur organisme affaibli.

Sauf cette réserve, l'opium peut diminer la boulimie; à son emploi vous joindrez, chez les gens nerveux, l'hydrothérapie, le bromure de potassium et, par-dessus tout, vous réglementerez les repas, de telle sorte que le malade mange, peu à la fois, mais souvent une certaine quantité d'aliments. Anorexie. Dc toutcs Ics pcrturbatlous apportées au sens de la faim et de la soif, à coup sûr la plus fréquente et la plus difficile à vaincre, c'est l'anorexie.

Bien des causes influent sur ce symptôme, et il faudrait une leçon entière pour exposer l'étiologie et la séméiologie complète de l'anorexie. Affection du sang, maladies fébriles, perturbations profondes de l'énonomie, toutes ces affections se traduisent par une diminution de l'appétit. Cette diminution tient souvent à une sécrétion moindre du suc gastrique; vous savez, en effet, que W. Beaumont a observé sur son Canadien

que, pendant la fièvre, la muqueuse stomacale cessait de sécréter du suc gastrique. Dans d'autres circonstances, la cause première, la cause réelle échappe, et nous ne savons comment les influences morales, les chagrins et les émotions peuvent faire disparaître l'appétit. Quoi qu'il en soit, c'est un symptôme commun, très fréquent, et vous serez appelés à le combattre.

Quelle que soit la thérapeutique employée, n'oubliez pas qu'il est des cas dans lesquels vous échouerez complètement. Lorsque la perte de l'appétit existe réellement, d'une façon complète, malgré vos supplications, malgré le danger qu'il court, par suite de l'inanition à laquelle il se soumet, malgré tout enfin, le malade ne veut pas prendre d'aliments et il préfère mourir plutôt que de supporter le supplice de manger sans appétit.

Ne croyez pas, messieurs, que ce tableau soit chargé; rappelez-vous en effet ces deux femmes couchées, l'une dans notre salle de femmes, l'autre dans la crèche, et que nous avons observées au même moment. L'une et l'autre étaient anémiques, offraient cette anémie dite essentielle, pernicieuse, mots qui indiquent bien notre ignorance de la cause première de la maladie, mais qui montrent que, malgré un examen attentif, on ne trouve aucun désordre dans les organes expliquant l'état cachectique des malades; ces deux femmes ne pouvaient manger, et, malgré nos soins à varier leur nourriture, malgré nos exhortations journalières, ces malheureuses nous disaient qu'elles ne pouvaient avaler et cependant aucun obstacle n'existait du côté de l'œsophage ou de l'estomac.

Ces deux malades ne tardèrent pas à succomber, et, comme déjà l'examen clinique l'avait démontré, on ne trouva à l'autopsie aucune lésion capable d'expliquer la mort. On constata la dégénérescence graisseuse des organes, et en particulier la dégénérescence du pancréas; mais cette

CLINIQUE THÉIUP., 4"= édit. ' I. — 34.

dégénérescence était-elle primitive? était-elle secondaire? Impossible de le dire.

Ce n'est pas seulement dans ces cas que vous trouverez l'anorexie tenace vous l'observerez aussi, après la convalescence de la fièvre typhoïde et d'autres affections graves. Ici, comme du reste pour beaucoup d'affections de l'estomac, l'hygiène joue le rôle le plus important ; il faut déplacer le malade, le faire vivre au grand air, dans les montagnes, au bord de la mer ; il faut le faire voyager, et varier à l'infmi les préparations culinaires.

C'est dans ces cas que le praticien doit être aussi bon cuisinier que médecin expérimenté. Vous pourrez exciter le goût au moyen de sauces appétissantes et légèrement épicées. Vous n'oublierez pas non plus que souvent les viandes froides plaisent davantage; il en est de même pour le jambon, le pâté, le gibier, les salades, etc.; en un mot, phez-vous au goût et aux désirs du malade.

Arsenic. Quaut aux médlcameuts proprement dits (1), adressez-vous

(i) Liqueur de Foivler. Solution Faites dissoudre ; filtrez. Cette li-

d'arséniate de potasse (Codex fr.) : queur représente 1 centigramme

Acide arsénieux 1

d'arséniate de soude par 6 grammes.

Ca7bonatIde7otasVe'pur'.';;/ 1 ^ose : 10 à 20 gouttes par jour.

Eau distillée , 100 ^^ '^O grammes de liqueur de Pear-

son correspondent 5 milligrammes

Faites bouillir jusqu'à dissolution d'acide arsénieux.

complète ; laissez refroidir ; ajoutez : La Pharmacopée britannique donne

Alcoolat de mélisse composé.. 3 une formule d'une dissolution d'ar-

,., , , ,„ , séniate de soude qui contient dix fois

Inltrez; complétez, s il est neces- i j^ ^ ■ . i i *• ■.

' .,^ ' ,oo ^ plus d arseniate que la solution de

saire, le poids total de 100. Cette pearson fr-mçaise

liqueur représente 1 centigramme Granules de Dioscoride. Granules

d acide arsénieux par gramme. ^y^^.^^^ arsénieux :

Dose : 5 à 10 gouttes en plusieurs fois par jour.

Liqueur de Pearson. Solution arsenicale de Pearson (Codex) :

Arseniate de soude cristallisé.. 1 P- une granule. Dose : 4 à 10 par

Eau distillée 600 jour, au commencement des repas.

Acide arsénieux ] mili .

Mannite 4- cent.

Miel Q. S.

à la médication arsenicale; je n'en connais pas de meilleure en pareil cas. L'arsenic exerce une action stimulante réelle sur les fonctions digestives, et, si je n'adopte pas complètement l'explication mécanique des Allemands, qui prétendent que l'arsenic agit directement sur les capillaires de l'intestin et de l'estomac, et qu'en dilatant ces vaisseaux il amène une congestion active des organes, je ne crains pas d'affirmer cependant, au point de vue clinique, qu'il n'y a pas de meilleur stimulant de ladigestion que les préparations arsenicales. Usez donc de la liqueur de Fowler,des granules de Dioscoride, ou de l'arsenic en solution. Quel que soit le mode d'introduction, le résultat sera le même; l'appétit renaîtra, les fonctions de la peau seront activées et le malade pourra guérir. A ces préparations je joins, mais d'une façon secondaire, les amers et certains toniques qui simulent l'organisme, tels que la cannelle, le gingembre, le cardamome, la muscade, etc., dont on a fait, surtout à l'étranger, des associations plus ou moins complexes (1), comme la poudre aromatique de la Pharmacopée anglaise.

Les granules d'arséniate de soude sont aussi à 1 milligramme ; ils se donnent à la dose de 1 à 5.

Solution d'arséniate de soude.

Arséniate de soude

anhydre 5 à 10 cent.

Eau distillée 250 gram.

Dose : une à deux cuillerées de soupe par jour.

(1) Poudre de cannelle composée (Ph. britannique) :

Cannelle de Ceylan pulv. 8 part.

Muscade râpée 6 part.

Safran desséché 6

Girofle 1

Cardammoe 2

Sucre 250

Pulvériser avec le sucre la muscade, le safran, le girofle et le cardamone, ajouter la cannelle, mêljr, tamiser au moment d'administrer, ajouter eau q. s. pour faire un électuaire ; dose : de 10 à 30 grammes.

On fait avec cette poudre aromatique les préparations suivantes :

A. Poudre de craie aromatique :

Carbonate de chaux 1

Poudre aromatique 3

R, Poudre de craie aromatique opiacée :

Poudre de craie aromatique. . . 39 Opium brut pulvérisé 1

Du gavage. Mals il faut bleii le reconnaître, ces moyens hygiéniques et pharmaceutiques échoueront dans les cas d'anorexie tenace, et pour les combattre vous devrez avoir recours alors à l'alimentation artificielle. En effet, le gavage est on ne peut mieux indiqué en pareil cas. Déjà, dans les cas d'anorexie dus à des troubles cérébraux, on a pu parce moyen faire vivre pendant des mois et des années de pauvres fous qui refusaient absolument de boire et de manger. Aujourd'hui, grâce au siphon, grâce surtout aux poudres alimentaires, cette méthode est devenue beaucoup plus pratique, et nous pouvons, chez les aliénés, et chez les personnes anorexiques, employer des tubes de petite dimension, tubes à travers lesquels le mélange si homogène, fait avec les poudres alimentaires, peut passer sans aucun obstacle. Chez l'aliéné vous ferez passer le tube par la narine; chez les individus, au contraire, sains d'esprit, vous l'introduirez par la bouche et vous vous servirez du siphon ordinaire ou de ma gaveuse. Par la facile peptonisation des atomes de la poudre de viande, on voit souvent sous cette influence l'appétit renaître et les malades reprendre le désir de manger. C'est donc une médication qui s'impose en pareil cas.

Mais je ne puis terminer ce qui a trait au traitement des névroses de l'estomac sans vous signaler ici les applications d'un nouvel alcaloïde, la cocaïne (1). Depuis que Koller a montré que cette cocaïne anesthésiait par son action locale la

(l)Lacoca, eryt}iroxylumcoca,est caïne, corps qui a été étudié en 18G4

un arbrisseau de la famille des mal- par Lassen.

pighiacées, originaire du Pérou. On La formule de la cocaïne est la

utilise la feuille, qui ressemble à celle suivante (C^'Hs^AzO*). On peut uti-

de la grande pervenche, les Indiens User en médecine la plupart des sels

en font une grande consommation et formés par la cocaïne, mais le cblo-

la mélangent avec une poudre alca- rhydrale seul cristallise en prismes

line, à laquelle ils domaent le nom à quatre pans; c'est le plus employé,

de lUpita. Niemann, en 1860, a ex- Tous ces sels sont solubles. La co-

trait de la coca un alcaloïde, la co- caïne elle-même est peu soluble dans

muqueuse conjonctivale (1), on a songé à appliquer cette cocaïne aux phénomènes douloureux portant sur les altérations des muqueuses et aux troubles spasmodiques qui ont pour origine les modifications de ces muqueuses ; j'ai l'un des premiers montré tout le parti que l'on pouvait tirer de cette cocaïne, non seulement dans la cure des phénomènes gastralgiques mais encore dans celle des autres névroses de l'estomac.

Vous devez vous servir de solutions à 2 pour iOO et faire prendre cette solution par goutte ou bien encore, ce qui vaut mieux, la porter directement parlasonde œsophagienne sur la muqueuse de l'estomac, j'ai fait disparaître ainsi des douleurs vives de gastralgie, des vomissements, et même la boulimie. Il est probable, en effet, que les propriétés d'aliment d'épargne que nous avons attribuée aux feuilles de coca résulte de leur action anesthésique sur le pharynx et l'estomac, ce qui détruit momentanément la sensation de la faim et de la soif

Le traitement hydrothermal de la dyspepsie gastralgique est fort important; l'hydrothérapie y joue aussi un rôle dominant. Vous pourrez encore user des eaux de Bagnols (Orne), d'Alet, d'Evian, et surtout des eaux de Fougues (^). Vous devrez écarter dans ce traitement les eaux trop minéralisées et trop

l'eau, elle l'est surtout clans l'étlier. dans des expériences non publiées,

Lorsqu'on chauffe la cocaïne avec faites avec Laborde avait constaté

l'acide chlorhydrique à lOOo on ob- l'action aneslhésiante de ce sel.

tient une nouvelle base, à laquelle Vulpian,dans de récentes recher-

Wœhler a donné le nom d'ecgo- ches a montré que l'action anesthénine. . siante de la cocaïne n'était pas seu-

Lassen a aussi trouvé dans la coca lement limitée aux muqueuses, on

un second alcaloïde auquel il a donné peut aussi obtenir une action anes-

le nom dliygrine. thésiante générale par des injections

(l)C'està KoUer quel'ondoitladé- sous-cutanées de cocaïne,

couverte des propriétés anesthé- Dujardin-Beaumetz a appliqué les

siques de la cocaïne, cependant, en propriétés anesthésiantes de la co-

France, dès 1877, Tauvelavaitmontré caïne au traitement du vaginisrae.

que la coca anesthésiait la muqueuse (2) Fougues (France, Nièvre) : deux

laryngienne et Coupard, en 1880, sources minérales froides, 12 degrés.

chargées; vous pourrez aussi indiquer les eaux espagnoles de Ubervaga de Alzata (province deGuipuzcoa), de Solari de Cabras (Guença).

Telles sont, messieurs, les règles thérapeutiques qui président au traitement des névroses de l'estomac. Dans la prochaine leçon nous étudierons les dypsepsies buccale et intestinale et les dyspepsies secondaires.

Voici, d'après Boulay et Henri, la Sulfate tle soude 0.2700

composition de ces eaux: - de chaux 0.1900

Chlorure de magnésium. . . 0.3500

Acide carbonique Oî.3300 Acid.e silicique et alumine. 0 . 0350

Bicarbonate de chaux 1 .3269 Phosphate de chaux et d'a-

— de magnésie.. 0.9762 lumine 0.0300

— de soude avec Traces de glairine

traces de strontiane 0 .6362

Bicarbonate de fer 0 .0206

TREIZIEME LEÇON

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