al bu
es
sa
OBSERV.'MIONS
0 iftf fsmme A. Un mois après raccouchem.
-oiMême femme. Lait
de 45 jours.
kl. Lait de 3 mois.
0 "i l^'-^- 8 Jo'^''s après.
■"^ ' I Souffre de la faim.
îd. 8 jours après.
Id.
Alimentation mixte.
n iqoi Moyenne d'un assez '^•'^^Urandnomb. d'anal.
Mat. extract.
et sels.
Nourrice de 30 ans.
Lait de 24 j. Nourriture maigre. Milieu de la traite.
Même femme. Lait 0.95 We 2 mois 1/2. Mi- / lieu de la traite.
kl.
id.
id.
Id. Lait de 4 mois.
Fin de la traite.
kl. Lait de 10 mois.
.Femme ayant du ) lait sans nourrir:
^ 28 ans. Brune.
Autre tempérament 0.8 Hymphatico -sanguin
( Lait de 2 mois.
„ r,o Forte brune. Lait ^•'^ de 2 ans.
Des variations.
Mais, comme l'a très bien fait remarquer Marchand (de Fécamp), qui a fait une étude importante sur le sujet qui nous occupe, des variations nombreuses peuvent se produire, variations faisant plus ou moins diminuer la quantité de chacun des éléments constitutifs du lait (i), et à cet égard
(1) Ch. Marchand, pharmacien à Fécarap, a fait sur la composition anormale du lait et son influence sur le nourrisson, une communication fort iiiléressante à l'Association française pour l'avancement des sciences.
1! divise les compositions anormales présentées par les laits de femmes en doux classes : les laits anormaux par excès, et les laits anormaux par infériorité de l'un des principes, (ous les autres étant dans de bonnes conditions.
Laits par excès. — Un lait qui présente une proportion de beurre supérieure à 36 pour 100 donne ordinairement de bons résultats et doit àlre conseillé ; mais il n'en est plus de même si la quantité de beurre s'accroît beaucoup, surtout quand la lactinc ne suit pas elle-même cette marche croissante. Marchand a vu, en effet, des enfants dépérir en prenant un lait présentant tous les caractères d'un bon aliment, sauf sous le rapport du beurre, dont la proportion s'élevait à plus de 52 grammes.
L'excès de lactine ne paraît pas avoir d'influence fâcheuse. Mais il n'en est plus de même pour les matières protéiques, dont l'excès peut causer des troubles gastro-intestinaux; aussi doit-on surveiller et régler l'alimentation de la nourrice ; elle doit être assez abondante et composée en même temps d'aliments azotés et féculents. En effet, une alimentation très riche en matières protéiques fournit un lait riche lui-
même en aliments plastiques, tandis que le régime oîi dominent les féculents fournit un lait plus riche en beurre et en lactine.
Marchand fait aussi remarquer l'influence de l'âge du lait, dans lequel les maliéres albuminoïdes augmentent suivant les besoins de l'allaité. 11 pense que pour un enfant qui vient de naître un lait de plusieurs mois est un aliment indigeste, provoquant des vomissements et de la diarrhée verte : ces accidents peuvent être conjurés par une ou deux cuillerées d'eau pure et bicarbonatée qu'on fait prendre à l'enfant après chaque repas.
Laits par infériorité. — Un lait qui contient moins de 30 grammes de beurre doit être refusé. Dans un cas où le beurre n'atteignait pas le chiffre de 24,12 Marchand a pu cependant obvier aux accidents, au dépérissement, en faisant prendre par jour à l'enfant un corps gras, la fleurette, donnéeà la dose d'une cuillerée à dessert, délayée dans un peu d'eau sucrée. La diminution de lactine, qui se rencontre surtout pendant Il gestation ou dans le cours des maladies utérines, est une mauvaise condition à laquelle il est possible de remédier en donnant, après chaque repas, une cuillerée à café d'eau sucrée. On remédiera de même à l'infériorité des sels, surtout du phosphate de chaux qui est assimilé parfaitement, dit Marchand, et ne fatigue pas l'estomac comme toutes les solutions acides du lacto
nous pouvons dire que lorsque tous les éléments du lait restant les mêmes, on voit augmenter la quantité du beurre ou du sucre de lait, ce liquide conserve encore ses propriétés nourrissantes et les produits élevés avec ce lait sont généralement beaux.
Il n'en est pas de même lorsque la caséine augmente; en ce cas, l'augmentation de la caséine amène un défaut d'absorption par le tube digestif, ce qui rend le lait mal supporté le plus souvent. On comprend facilement que les circonstances inverses produisent un .effet opposé, c'est-à-dire que les laits par défaut de beurre ou de lactine soient des laits insuffisants, tandis que, au contraire, ceux qui ont moins de caséine sont des laits bien supportés.
D'où dépendent ces modifications dans la nature de la do lavaiemsécrétion lactée? Elles résultent de bien des circonstances, 'dû lau. que nous allons étudier en examinant l'état de la mère ou de la nourrice. Mais d'abord à quels signes reconnaît-on la bonté du lait d'une nourrice? Vous pourrez étudier le lait soit au densimètre de Bouchardat et Quevenne, soit avec le lactobutyromètre de Marchand ou le lactoscope de Donné, soit avec le procédé d'Adam ou bien encore celui d'Esbach (1),
ou chlorhydro-phosphate de chaux.
Enfin il est des laits tellement anormaux, qu'il faut, de toute nécessité, les rejeter et recourir à l'allaitement artificiel. Tel était le lait dont Marchand donne l'analyse suivante, et qui appartenait à une femme de ' 1000.00 1000.00
trente-trois ans, blonde, petite, mais
de bonne constitution, et qui, mère (1) Le densimètre ou lacto-densi-
de huit enfants, ne put jamais les mètre de Bouchardat et Quevenne élever avec son lait. Sous la lettre A est un aréomètre qui porte sur sa nous transcrivons cette analyse et tige trois échelles : une médiane oîi sous la lettre B nous donnons la corn- sont inscrites les densités comprises position moyenne du lait normal, entre 1016 et 1045; deux latérales, d'après G. Marchand : l'une colorée en jaune pour le lait
Beurre
Lactine
Mat. protéiques.
Sels
Eau
Vous pourrez user du moyen recommandé par Bouchut : nous
pur, l'autre colorée en bleu pour le lait écrémé. L'instrument étant gradué pour la température de + 15 degrés, pour l'employer, il faut donc, on ramener la température du lait à + 15 degrés, ou consulter, pour les corrections de température, les tables de corrections données par Bouchardat et Ouevenne.
On se sert de cet instrument comme d'un aréomètre ordinaire ; on le plonge dans le liquide à examiner et, selon le point qu'il affleure, d'après les indications gravées sur la tige, on peut juger si on est en présence d'un lait pur et quelle quantité d'eau y a été ajoutée. 11 faut se rappeler que la densité du lait pur oscille entre 1029 et 1023, et que chaque dixième d'eau ajouté au lait, diminue de 3 degrés environ la densité de ce liquide.
Voici, du reste, d'après Bouchardat et Quevenne, un tableau permettant de connaître, d'après le degré lactoscopique, les proportions de beurre et de crème :
Degrés Pouls approx. VoUinic.
au lacto- du beurre par do crème
scope. litre. p. 100.
Le lait de femme, s'il est très riche marque 20 à 25 degrés. Le lait de vache, s'il est bon, 30 à 35 degrés ; s'il est mauvais, 40 degrés et plus.
helacto-butyromètredeMarchand consiste en un tube cylindrique divisé en trois parties de 10 centimètres cubes de capacité par trois traits; la partie la plus rapprochée de l'ouverture est divisée en dix parties représentant les degrés de l'appareil.
Pour se servir de l'appareil, on remplit le tube jusqu'au tiers del'instrument, avec le, lait à examiner.
On y ajoute deux gouttes de soude, puis, après avoir agité, on verse de l'éther jusqu'au second tiers et de Ualcool à 86 degrés centésimaux dans le dernier tiers. On agite et on laisse reposer dans un vase rempli d'eau à 40 degrés ; le beurre forme alors une couche oléagineuse à la partie supérieure, et occupe un certain nombre de degrés marqués sur le tube. Pour savoir la quantité de beurre P contenue dans un litre d'eau, on emploie la formule donnée par E. Marchand : P = 1 29,60 + nx 2g,33. 12,60 représente la quantité de beurre correspondant à celle qui se dissout dans la quantité d'alcool et d'éther employée; n est le nombre des divisions qu'occupent les gouttelettes huileuses; 2,33 représente la quantité en grammes de beurre existant dans chaque degré du tube gradué.
Le lactoscope de Donné est un pe-
voulons parler de la numération des globules de graisse que
tit instrument ressemblant assez à une lorgnette composée de deux tubes horizontaux vissés l'un au bout de l'autre et fermés par une glace à l'autre extrémité. Le pas de vis est d'un demi-millimètre, de sorte que chaque tour éloigne ou rapproche les glaces d'un demi-millimètre. Le limbe du tube porte une graduation en cinquantièmes, qui perfïiet de jug-er de l'écartement de ces deux glaces. Un petit entonnoir, placé à la partie supérieure de l'instrument, permet de le remplir du lait à examiner.
Lorsqu'on veut se servir de cet appareil, rempli du lait venant d'être recueilli, on se place, dans une chambre obscure, à 1 mètre d'une bougie allumée, et on fait tourner l'un des tubes jusqu'à ce que la flamme de la bougie ne soit plus visible. On lit alors sur le limbe gradué et on ajoute au chiffre marqué autant de fois 50 qu'on a dû faire exécuter de tours complets pour arriver au résultat.
Voici leprocédéproposé par Adam :
Le procédé s'exécute à l'aide d'un appareil très simple consistant essentiellement en un tube deverrede 40 centimètres cubes de -capacité, muni à sa partie supérieure d'un bouchon renflé en boule à sa partie moyenne et effilé à sa partie inférieure, que termine un robinet de verre.
On introduit dans l'appareil :
1° 10 centimètres cubes d'alcool à 75 degrés ;
2° 10 centimètres cubes de lait neutre ou neutralisé, puis additionné d'une goutte de soude caustique ;
3° 11 centimètres cubes d'éther bien pur à 65 degrés.
On mélange avec soin et on laisse reposer.
Presque instantanément le liquide se partage en deux couches nettement séparées: l°une supérieure, limpide, contenant tout le beurre ; 2° une inférieure, opaline, renfermant toute la caséine, toute la lactose et les sels.
La couche inférieure est soutirée à 1 centimètre cube près. On mélange de nouveau en secouant fortement et . on laisse reposer encore quelques minutes afin de réunir à la portion principale la petite quantité de matière lactoso-caséeuse qui s'est encore rassemblée dans le bas de l'appareil.
Cette liqueur est mise à part.
On soutire alors la solution butyreuse dans une capsule tarée ; on lave avec un peu d'éther pour recueillir toute la matière ; on évapore et l'on pèse. La différence donne le poids du beurre, augmenté d'un centigramme dû à un peu de matière caséeuse restée en arrière; et, si l'on reprend alors par l'éther et qu'on évapore dans une autre capsule, cette matière restant dans la première, on a directement le poids du beurre.
Pour opérer la séparation et le dosage de la caséine et de la lactose, on porte à 100 centimètres cubes le volume de la liqueur soutirée la première, au moyen d'eau distillée ayant servi préalablement à rincer l'appareil. On mélange le liquide et on y fait tomber 8 à 10 gouttes d'acide acétique concentré.
La caséine se sépare aussitôt en flocons blancs caillebottés comme du chlorure d'argent.
On laisse éclaircirlaliqueur, ce qui a lieu très rapidement si on expose à une douce chaleur (40 degrés), et l'on verse surunfiltre taré, en recouvrant, après chaque infusion, pour prévenir
renferme le beurre (4). Tous ces moyens sont bons, mais inférieurs cependant à ce réactif unique de la valeur nutritive du lait observé, réactif qui est l'enfant lui-même.
toute concentration de la liqueur.
On recueille ainsi de 94 à 96 centimètres cubes d'uu liquide limpide qui ne contient plus que les sels du lait, l'acétate de soude formé et la lactose que l'on dose à l'aide de la liqueur cupro-sodique de Fehling.
Esbach a modifié le lacto-butyromètre de Marchand, et se sert d'un matras-butyromètre; il emploie comme réactif un mélange d'étheralcoolisé (15 centimètres cubes d'alcool à 90 degrés et 85 centimètres cubes d'éther à 65 degrés) et l'alcool citrique (lOScentiniètres cubes d'alcool à 90 degrés et 7 grammes d'acide citrique pur). Consultez, pour la description du procédé, le Journal des connaissances médicales, juillet
(1) Complétant uneidée déjàémise par Devergie, qui avait montré la valeur de l'examen microscopique du lait (Académie de médecine, 1843), M. Bouchut a proposé défaire la numération des globules du lait, et voici le travail qu'il a présenté à l'Académie des sciences (novembre 1877) :
« Cette note a pour but de montrer que l'analyse du lait peut se faire avec le microscope, d'une façon utile et pratique, par la numération des globules laiteux, qui représentent exactement la quantité de beurre renfermée dans ce liquide.
» J'ai dû faire préparer par M. Nachet des cellules à un dixième de millimètres de profondeur, spéciales pour l'analyse du lait : c'est avec ces cellules que j'ai opéré.
» On prend une goutte de lait, mesurée avec le compte-gouttes gra-
dué de Limousin, et on la mélange avec cent gouttes d'eau distillée pure, ou mieux salée au centième. Cette addition a pour but d'avoir un liquide à 1.030, facilitant l'élévation des globules du lait, plus lente dans l'eau distillée.
» Alors une goutte de ce mélange au centième étant placée sous le microscope, dont l'oculaire est quadrillé-au cinquième comme celui qui sert aux mensurations des globules sanguins, on compte ce qui se trouve compris dans le carré. Supposons qu'on y trouve quatre-vingt-douze globules de lait, gros on petits; on devra compter de nouveau à trois reprises sur des points différents et prendre la moyenne. Cette moyenne doit être divisée par 4, puisque, ayant compté dans un quadrillage ayant un cinquième de côté, et renfermant quatre carrés d'un dixième il faut prendre le quart du nombre des globules trouvés. Cela fait, on multiplie par 1000 (le cube de 10), puisque la cellule est au dixième puis par 100, puisque le titre du liquide est au centième.
» Ainsi, si 92 est le nombre des globules trouvés dans trois numérotages du quadrillé, au-dessous duquel se trouve la solution du lait au centième, le calcul tel qu'il vient d'être indiqué donne ;2 427 000 pour le nombre des globules de lait dans 1 millimètre cube de lait.
» D'après ce procédé, et aussi d'après le procédé d'analyse au cinquième, j'ai compté les globules du lait chez cent cinquante-huit nourrices.
T> Dans mes observations, j'ai tenu
Ici, messieurs, pour constater le bon état de l'enfant, l'œil Des pesées. ne suffit pas, il faut s'en rapporter à un témoin plus impartial, à la balance, qui seule indique exactement l'état de
compte de l'âge de la nourrice et de l'âge de son lait; j'ai établi des catégories pour le lait pris avant la tetée.
» Voici les principaux résultats :
5 fois les globu- .
lesonlétéde. 200.000 à 4C0.000
14 fois les globules ont été de. 400.000 à 600.000
20 fois les globules ontéié de. 600.000 a 800.000
24 fois les globules ont été de. 800.000 à 1.000.000
66 fois les globules ont été de. 1.000.000 à 2. 000. 000
27 fois les globules ont été de. 2.000.000 à4. 000. 000 2 fois les globules ont été de. 4.000.000 à 5. 000. 000
lis"
» Ces nombres comprennent les gros et les moyens globules, ainsi que les petits globulins qu'il est possible de compter en faisant varier la vis du microscope pour bien saisir tout ce qui est dans la couche laiteuse.
» Malgré la diversité de composition du lait et les variations de quantité de ses éléments chez la même nourrice, aux différentes époques de la journée, la numération des globules du lait faite avec soin, et plusieurs fois en vingt-quatre heures, donne une moyenne qui représente bien la qualité du lait.
'» D'ailleurs, si l'on veut approfondir la question, et, comme je l'ai fait, remonter au nombre des globules, au poids approximatif de la quantité de beurre par litre de lait, ou même déterminer appro-ximativement, à deux degrés près, la densité de ce liquide, cela est facile en comparant
le lait de vache au lait de la femme Voici mes observations sur la vache:
» 11 faut prendre une certaine quantité de lait, 15 grammes, et parallèlement faire : 1° la numération exacte des globules sur le lait préparé parle microscope; 2" la détermination de la densité correspondante du lait: 3" la déterm.ination, par l'analyse chimique, de la quantité en poids de beurre contenu dans le lait soumis à l'analyse.
» En comparant ces trois espèces de résultais, j'ai dressé un tableau indiquant à quelle densité et à quel poids de beurre par litre correspondent les quantités de globules appréciés au microscope. De cette manière, le nombre des globules, dans un millimètre cube de lait, permet de dire quel est, à peu de chose près, son poids de beurre et en même temps quelle est sa densité approximative.
» La numération des globules et globulins du lait permet donc d'arriver, autant qu'il est possible, à connaître sa richesse, c'est-à-dire la quantité de beurre qu'il renferme.
» Une goutte de lait peut suffire pour cette analyse. Mais, comme ce liquide est de composition très variable, chez la même femme, on n'a de résultat sérieux qu'en prenant la moyenne de plusieurs analyses.
Pour cela, il fautprendre cinq échantillons de 3 à 4 grammes de lait dans la même jonrnée, afin de pouvoir analyser cinq gouttes de composition différente. C'est la moyenne de ces cinq analyses qui indiquera la qualité du lait de la nourrice.
ï Cette moyenne de globules et de
santé ou de maladie du petit être. Natalis Guillot {a) a rendu un service signalé à l'étude da développement de l'enfant, en introduisant la pesée dans l'observation médicale du nouveau-né. Bouchaud, Louis Odier (de Genève) et René Blache (1) ont montré tout le parti qu'on peut retirer de cette méthode des pesées {h).
Ainsi donc, messieurs, n'oubliez pas cette pratique, usez de ce moyen : exigez que toutes les semaines l'enfant soit mis sur la balance, non par la nourrice, mais parla mère ellemême; demandez que chaque semaine le poids soit inscrit soigneusement, et toutes les fois que l'enfant n'aura pas gagné 20 à 25 grammes par jour, soyez persuadés qu'une cause quelconque influe sur ce défaut de poids; ne cessez alors vos interrogations et vos recherches que lorsque vous aurez trouvé, soit dans l'enfant, soit dans la nourrice, soit dans une autre circonstance extérieure, la cause de cette déperdition.
A côté de cet état de l'enfant, qui est le meilleur moyen de
giobulins, évaluée d'après les cal- • perdu, au bout de cinq à six jours, culs faits sur cent cinquante-huit L'enfant doit avoir gagné : nourrices, est de 1 026 000 par millimètre cube de lait, soit 1 02 600 000 000 par litre ; mais entre 800000 et 1 million par millimètre cube, le lait est de bonne qualité. Il ne reste plus qu'à en déterminer la quantité, et c'est ce qui ressort des pesées de l'enfant avant et après la tetée. »
(1) D'après Bouchaud, l'enfant pesé aussitôt après sa naissance diminue de poids pendant les premiers jours, mais regagne bientôt ce qu'il a
{a) Natalis Guillot, De la nourrice et des nourrissons (Union médicale, 1852, p. 61).
[h) Bouchaud, De la mort par inanition et études expérimentales sur la nutrition chez les nouveau-nés.lhhie. de Paris, 1864. — Odier et Reué Blache, Qwe/çwes considérations sur la mortalité des enfants nouveau-nés, 1887.
la fin du
1er
mois
110 gr.
env.
— du
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iJôO
— du
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— du
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juger de la valeur nutritive du lait, il y a plusieurs signes extérieurs qui peuvent vous guider dans le choix d'une nourrice. On dit qu'il faut que la nourrice soit brune, âgée de Examen
de la nourrice.
Vingt à trente ans, et que ses dents soient en bon état; ce sont là des conditions plus théoriques que pratiques, et Goudereau (a) a montré que si on se reporte à l'enfant seul, on voit que les plus beaux produits appartiennent à des femmes âgées de trente à quarante ans, blondes, avec des dents cariées ou sans dents. Ainsi donc, messieurs, en dehors des conditions de santé générale de la nourrice, rapportez-vous à l'état de l'enfant qu'elle vous présente.
Les seins ont pourtant de l'importance ; il faut que les bouts soient bien faits, que la peau soit fine, que des veines assez nombreuses la sillonnent et que la glande constitue seule le développement de la mamelle. Enfin, il est une dernière question qui a son importance, c'est le rapport entre l'âge de l'enfant et l'âge du lait. Le mieux est de rapprocher l'un de l'autre, mais on ne doit cependant pas y attacher une trop grande importance, car, dans beaucoup de cas, de très jeunes enfants se sont bien trouvés d'un lait déjà ancien.
A propos de ce fait, rappelez-vous qu'au commencement de la lactation le lait contient du colostrum et de l'albumine, et que ces éléments rendent le lait purgatif, ce qui est une condition favorable pour débarrasser le tube digestif du nouveau-né.
La nourriture de la nourrice a une importance notable sur Alimentation
, • • 1 1 -, , 1 A 1 delà nourrice.
la composition du lait, et de même que nous voyons les vaches, suivant la pâture qu'elles prennent, produire des beurres de qualité différente, de même les femmes, suivant leur nourriture, produisent des laits de quahté variable. Lorsque l'alimentation est trop azotée, le lait se charge de
(a) GonAereaLM, Hygiène alimentaire du nouveau-né {Bull, de la Soc. de médecine publique, 1877, p. 196).
CLINIQUE THÉRAP., i" édit.' I. — 37
État de santé ou de maladie de la nourrice.
caséine et devient indigeste; si la nourriture est insuffisante, le lait diminue de quantité et l'enfant dépérit. Mais le point sur lequel je veux surtout appeler votre attention, c'est le déplorable effet que produit sur l'enfant l'alcool pris par les nourrices; bien des convulsions, dont on ne trouve pas l'explication, résultent de ce que la nourrice a trop usé de boissons alcooliques.
La maladie, comme la nourriture, influe sur la qualité du lait; Becquerel et Vernois (a), analysant le lait des femmes atteintes de fièvre, ont montré qu'il y a abaissement du chiffre du beurre, diminution dans la quantité du liquide, et cela à ce point que l'on peut voir se tarir la sécrétion lactée (1).
Il est enfin une dernière circonstance, toute physiologique, qui doit attirer votre attention, je veux parler des règles et de la grossesse. Souvent une nourrice voit ses règles réapparaître, et on a pensé que, dans ce cas, elle devait cesser de nourrir; je ne le crois pas, car, sauf quelques coliques chez
(1) Voici, d'après Simon, Becquerel parties de lait de femme, examiné et Vernois, la composition de cent pendant la maladie,
ta
ta
AUTEURS
'sa
ce
OBSERVATIONS
Simon
Femme A. violent chagrin. L'enfant a des convulsions. Lait de 1 mois
Becquerel
et Vernois
Moyenne. Maladies aiguës.
kl
Moyenne. Maladies chroniques.
(a) Vernois et Becquerel, Du lait chez les femmes dans Vétat de santé et dans l'état de maladie. Paris, 1853.
l'enfant à l'apparition des règles, le plus souvent ce fait passe inaperçu et j'ai vu de beaux nourrissons élevés par des nourrices réglées.
La grossesse modifie aussi la qualité et diminue la valeur nutritive et, sans dire absolument que le lait d'une femme enceinte est nuisible à l'enfant, il faut reconnaître qu'il ne suffit plus à la nutrition et, par cela même, la femme devenue grosse doit cesser de donner le sein à l'enfant.
L'abondance des tétées modifie la nature du lait, aussi est- ^^^ '^*^'^'il d'usage, depuis longtemps, de régler et de limiter le nombre des tétées; on dit que pendant'lejour il faut donner le sein toutes les deux heures ; bien entendu, pendant la nuit, les intervalles seront plus considérables (i). Je pense cependant qu'il ne faut pas être trop rigoureux sur ce point, et je partage l'avis de Kobryner et de Grange (a) qui disent que l'enfant indique lui-même, par ses cris, le besoin qu'il a de prendre de la nourriture.
Il faut cependant reconnaître que certains enfants présentent une voracité très grande, et quelques-uns ont des indigestions, par suite de la trop grande quantité de lait qu'ils absorbent, ce qui nécessite chez eux une certaine réglementation dans le nombre des tétées.
Mais, messieurs, l'enfant n'a pas toujours une nourrice, ^e
l'alimontation
oubien s'il en a une, elle peut être insuffisante, et on est forcé au biberon. alors de recourir à l'allaitement artificiel C'est ici surtout
(i) On a remarqué que le lait tiré sein se gorge de lait, et comme l'en-
le premier est le plus pauvre, le plus fant ne le vide pas complètement, il
aqueux; celui du milieu de la traite ' peut ne tirer que la partie aqueuse, et
offre une composition moyenne, et avoir ainsi une nourriture insuf-
celui de la fin est plus crémeux. Si usante, donc, les tétées sont trop espacées, le
(a) Kobryner, Considérations sur V allaitement des nouveau-nés {Bull, de Thérap., janvier 1879). — J. Grange, De la réglementation des tétées (Journal des connaissances médicales, 20 février 1876).
que les causes de dyspepsie sont de plus en plus nombreuses, et la plupart des enfants à gros ventre, avec membres décharnés, au faciès grimaçant, que vous voyez dans notre service de crèche, sont de petits êtres élevés au biberon. Leur maladie, et très souvent leur mort, résulte de l'ignorance et de l'entêtement de leurs mères, qui veulent leur donner le plus rapidement possible une nourriture trop azotée, nourriture qui n'est pas en rapport avec la structure du tube digestif. Le vin surtout est donné aux enfants dès les premiers mois, et vous voyez des pères heureux et satisfaits lorsqu'ils ont administré à leur enfant, qu'ils empoisonnent ainsi, quelques gorgées de vin ou de liqueurs. Il faut donc ici redoubler d'attention et étudier avec soin les conditions de l'allaitement artificiel.
Choix du lait. Quel lait doit-on choisir? Cette question paraît aujourd'hui à peu près résolue grâce aux expériences faites par Parrot [a) à la nourricerie expérimentale établie à l'hôpital des Enfants-Assistés. Après avoir essayé comparativement le lait de vache, de chèvre, de chienne et d'ânesse (1), c'est ce dernier qui paraît être le mieux approprié à l'alimentation du jeune être et Tarnier est venu, à cet égard, confirmer absolument, par sa pratique, les résultats que, de son côté, Parrot avait obtenus.
Mais il faut reconnaître que ce résultat est plutôt théorique que pratique, car Parrot veut que l'enfant tette directement le lait au pis de l'ânesse, ce qui ne peut être pratiqué que dans des cas exceptionnels. Je sais bien que Tarnier propose, lui, d'administrer ce lait au verre et à la cuiller, mais, encore dans ce cas, nous nous trouvons en présence d'une autre dif-
(1) Comme on peut le juger par les analyses ci-jointes, le lait d'à-
(a) Voir la discussion qui s'est élevée à cet égard à VAcadémie de médecine en juillet, août, septembre, octobre 1882.
ficulté, c'est le prix .très élevé de ce lait (6 à 7 francs le litre), ce qui en limite très notablement l'usage. Il nous faut donc revenir au lait dont nous pouvons nous servir le plus habituellement, c'est-à-dire au lait de vache. Il y a bien le lait de chèvre (1), mais nous n'avons pas de données rigoureuses sur l'emploi de celait ; et, tout en reconnaissant que la chèvre se prête beaucoup mieux que l'ânesse à nos conditions d'habitation des villes, son lait est aussi riche en caséine que celui de la vache, et, par cela même, présente les mêmes inconvénients. Il faut donc tâcher d'utiliser le lait de vache, et s'efforcer de le rendre le plus digestif possible pour le jeune enfant, vous y arriverez en le sucrant et en le coupant. Pour remplir la première indication, vous pourrez user du sucre ordinaire, ou, ce qui serait préférable, du sucre de lait que l'on trouve aujourd'hui à un prix abordable dans le commerce.
nesse est celui qui se rapproche le leurs une analyse comparative des plus de lait de femme. Voici d'ail- différents auteurs.
AUTEURS
Doyère . .
Quevenne
Gorup-Besanez..
Filhol et Jolv...
OBSERVATIONS
Nourrie à l'écurie avec sainfoin, son. Toulouse
La même. Même nourriture. Traite entière.
2 lit. de lait en U h.
(1) Voici, d'après quelques auteurs, la composition du lait de vache et du
Quant au coupage, tout dépend de la richesse du lait; si vous avez un lait absolument pur, vous devrez le couper avec deux tiers d'eau; si, au contraire, vous avez un lait dont l'origine n'est pas certaine et qui, malheureusement, aura déjà subi de nombreux coupages, vous pourrez l'administrer à l'état pur; et c'est que je recommande aux pauvres femmes qui viennent me trouver à la consultation de l'hôpital, avec des biberons remplis d'un liquide blanc noirâtre, sale, n'ayant plus aucun rapport avec la couleur du lait, et résultant du mélange -de ce liquide avec de l'eau de gruau, de l'eau panée, de la tisane, etc., mélange qu'avale le petit être et qui a pour lui de déplorables conséquences (i).
lait de chèvre (Dict. de chimie de ■ mière ligne horizontale 'représente Wurtz). Dans ce tableau, la pre- J la moyenne générale.
Composition de 100 parties de lait de chèvre,
AUTEURS
Moyenne générale ..
Chevalier et Henry.
E. Marchand. . .
Doyère . .
Filhol et Joly
es ~i -i
OBSERVATIONS
Moyenne. Pays de Caux.
Moyenne de plus. anal.
Lait de 1 mois.
Même chèvre. Lait 4 jours après.
(1) Pour le professeur Parrot, 300 800 grammes pour le sixième et les
grammesdelaitpourlepremiermois, suivants, représentent, dans tous les
600 grammes pour les deuxième, troi- cas, une quantité de lait qui suffit à
sième, quatrième et cinquième mois, nourrir les enfants élevés au biberon
Composition de 100 parties de lait de vache.
AUTEURS
Moyenne générale. 10.318 Boussin-"\
gault et' »
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kl.
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Playfair...
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Simon
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Doyère. ,.
Poggiale..
Filhol et Joly
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Chevalier etHenry.
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Gorup-Besanez. . .
Marchand
OBSERVATIONS
Lait âgé de 200 jours.
5 lit. par jour. Foin.
Même vache. Lait de 210 jours. 5 lit. par jour. Betteraves.
Même vache. Lait de 302 jours. 3 lit. environ par jour. Foin, tourteaux.
Vache nourrie en prairie. Traite àl'étable après beaucoup d'exercice.
Même vache. Lait du lendemain. N'est pas sortie. IN'apas mangé.
. Même vache, nonrrie à retable. Lait du soir.
Moyenne de plusieurs analyses.
S Moyenne de 10 ana-
( lyses.
Vache de 7 ans. Toulouse.Traite entière.
Lait de six mois.
I Autre vache. Traite entière.
j Même vache, 4 jours { après, traite entière.
1 Vache nourrie à la ! carotte.
1 La même, à la bet-
I terave.
1 Moyenne de plusieurs
'» analyses.
Composition moyenne du lait de vache du pays de Caux.
Mais n'oubliez pas que, dans cette grande question de l'alimentation artificielle des enfants, il ne suffit pas de dire que tel lait est supérieur à tel autre lait, mais qu'il faut encore que l'alimentation des animaux qui fournissent le lait ne subisse pas trop de modifications, et c'est cette différence dans l'alimentation qui nous explique les différences dans les résultats obtenus et dans les analyses faites par les divers auteurs.
Quantité Quelle quantité de lait doit prendre l'enfant? C'est là un point important élucidé par Parrot (a). L'enfant doit prendre pendant le premier mois 300 grammes de lait par jour; pendant les deuxième, troisième, quatrième et cinquième mois, 600 grammes par jour; pendant les autres mois, 800 grammes; et on ajoutera à ce lait les quantités suivantes de sucre : pour le premier mois, 30 grammes par jour; pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième, 40 grammes et pour les autres 50 grammes (1).
Du biberon. Qc lait cst administré par des biberons, et on a discuté lon-
à la condition expresse que ce lait surtout les panades. On substituera
soit pur et de bonne qualité, et que, donc au lait un poids équivalent des
si l'on vient à le couper, suivant le matières précédemment énumérées,
conseil de beaucoup de praticiens, et la ration de l'enfant sera composée,
il soit additionné d'une quantité de dans ce cas, de :
sucre qui sera : de BOarrammes pour
1 ^ ■ j /A Lait 700 gr.
le premier mois: de 40 srrammes pour t.- , ^ • • Arsn
, ^ . ' -, r-n Fécule, farine, pain 107
les quatre suivants; et de 50 gram- sucre 50
mes pour les autres, à partir du
' sixième. (Parrot, Rapport, au nom d'une
A partir du sixième mois, il faut commission composée de MiM. La-
accoutumer les enfants à des aliments brie, Parrot et Siredey, sur l'allai-
autres que ceux qu'ils tirent du sein tement artificiel dans les hôpitaux et
ou du biberon. Et parmi les prépa- hos\iices;BulletinsetMém. delaSoc.
rations qui seront données alors, les médicale des hôpitaux de Paris, ISli,
bouillies faites de lait et le farine t. XI, p. 50.)
tiennent le premier rang; puis vien- (1) Pour Grange, le sucre ne doit
nent les potages gras ou maigres et pas être ajouté au lait de l'enfant. Il
(a) Parrot, Rapport sur Vcdlailement artificiel des enfants {Union médicale, 1874).
guement pour savoirquel est le meilleur de ces instruments. Le plus commode, parce qu'il est le plus simple et le meilleur marché, est celui qui se vend sous le nom de biberon anglais. Il est composé d'un vase de verre, fermé par un bouchon qui est traversé par un tube de verre plongeant d'un côté dans le liquide et de l'autre adapté à un tube de caoutchouc terminé par un renflement percé de petits trous (1). C'est par les mouvements de succion et par les pressions exercées sur ce renflement que le lait passe de la bouteille dans la bouche de l'enfant.
Cet instrument, tenu proprement, suffit à l'alimentation; la mobilité du caoutchouc permet à l'enfant de ne pas se blesser, et, en mettant la bouteille soit sur la mère soit dans le lit, on peut maintenir le lait à une température égale. Mais cette question de la propreté du biberon est tellement difficile souvent à obtenir, que nous voyons Tarnier le proscrire d'une façon absolue de l'alimentation artificielle des nouveau-nés et s'en tenir au verre et à la cuiller. S'il ne s'agissait que de nos services de crèches, je serais absolument de l'avis de mon collègue de la Maternité, car, comme vous pouvez le voir chaque jour par l'inspection que je fais des biberons de nos salles,
se fonde sur les expériences de Lus- chouc vulcanisé peut déterminer des
sana, qui a montré que chez l'enfant accidents, En Allemagne, on a cons-
la salive est privée de ferment. S'il taté que des caoutchoucs renferment
fallait ajouter ce sucre au lait de jusqu'à 50 pour 100 d'un mélange
l'enfant, il faudrait se servir dans ce d'oxyde de zinc, d'autres jusqu'à 18
cas de sucre de lait qui peut être pour 100 de carbonate de plomb et
absorbé sans être transformé (a). 28 pour 100 de craie. Dans d'autres,
(1) On a signalé plusieurs incon- enfin, on a reconnu la présence de
vénients des bouts en caoutchouc; l'arsenic. Fauvel a reconnu aussi, par
outre qu'ils se ramollissent vite et de fréquentes analyses, les impuretés
par conséquent doivent être changés des caoutchoucs employés dans les
plus ou moins souvent, on a reconnu biberons, que le mode de fabrication du caout-
(a) Grange, De l'allaitement artificiel {Journal des connaissances médicales, 1879).
je ne puis obtenir, surtout en été, que les biberons soient tenus dans un état convenable. Mais il n'en est plus de même dans les familles où l'on peut, par des soins attentifs, maintenir les biberons suffisamment propres (i).
Un point fort délicat dans l'élevage du jeune être, c'est le moment où doit être modifié le régime exclusivement lacté. Ici vous avez pour guide l'apparition des dents (2) ; on dirait que l'évolution de ces dernières suit l'évolution du tube digestif, et, à mesure que les dents apparaissent, les fonctions du tube digestif se complètent. C'est le plus souvent à partir du sixième mois que vous pourrez commencer à introduire dans l'alimentation quelques féculents; biscotes, arow-root, croûtes de pain desséchées. Vous pouvez préparer ces substances à l'eau ou au lait légèrement sucré ou salé. Vous pourrez aussi vous servir des bouillies diastasiques de
(1) Dans un rapport à la Société française d'hygiène sur les biberons, René Ëlache considère comme préférable le biberon tout en verre sans tube d'aspiration. On peut remplacer la tétine en verre par une tétine en caoutchouc pur. Le biberon doit être tenu à la main pour faire boire le nourrisson (a).
(2) L'évolution des vingt premières dents, dents temporaires, dents de lait, qui tombent vers sept ans, et sont remplacées par des dents permanentes, se fait, à moins d'anomalie, par groupes, entre lesquels il y a toujours un temps d'arrêt. Cette première dentition s'effectue de la façon suivante : 1° les deux incisives médianes inférieures; 2° lesincisives
supérieures, d'abord les médianes, puis les latérales ; 3^ les deux incisives latérales inférieures et les quatre premières molaires; A° les quatre canines ; 5° les quatre dernières molaires.
La première dent apparaît le plus généralement vers six mois et demi.
D'après Trousseau, l'évolution des incisives médianes inférieures s'accomplit dans un espace de temps compris entre un et dix jours, les quatre incisives supérieures sont sorties entre quatre et six semaines, les incisives latérales inférieures et les quatre molaires en un ou deux mois.
Les canines mettent deux ou trois mois à faire leur évolution ; les dernières molaires, un temps égal (&).
(«) René Blache, Etude sur les biberons (Journal d'hygiène, 18 septembre 1879).
(b) Trousseau, Clinique médicale de VHôtel-Dieu de Paris, 3° édition, 1878, t. III.
Mialhe et de Liebig (1), ainsi que d'un mélange qui a été proposé par Husson (de Toul) (2).
Dans un travail fait en commun avec E. Hardy, nous avons De k farine démontré les avantages de la farine d'avoine (3), et quoiqu'un
d'avoine
(1) Voici la formule de Liebig :
On fait un mélange de 16 grammes de farine de froment, 16 grammes de farine de malt et 03'',375 de bicarbonate de soude; on y ajoute 32 grammes d'eau, en agitant,- puis 166 grammes de lait de vacbe; on chauffe à une douce température et en agitant sans cesse jusqu'à ce que le mélange commence à s'épaissir; ou retire alors du feu et on continue à agiter pendant cinq minutes. Enfin, on porte le tout à l'ébnllilion et l'on passe à travers un tamis à mailles serrées. On obtient ainsi une bouillie deux fois plus concentrée que le lait de femme, qui peut être très bien administrée àl'aidedu biberon- Lorsqu'elle a subi l'ébullition, elle se conserve très bien pendant vingtquatre heures. La saveur de cette bouillie rappelle un peu celle de la farine et du malt; mais les enfants s'y habituent très facilement et, en général, ils ne tardent pas àpréférer cet aliment à tous les autres. {Ann.
de la Soc. cVlnjdrologie médicale de Paris, 1864-65.)
(2) Husson, pharmacien à Toul, dit s'être bien trouvé, dans l'alimentation de ses enfants la préparation suivante :
Farine d'avoine ) ^a