Sulfate de soude
caîs-alpiniees. t. •.-,•/ • ■ i;
r,, ^ , , T 1 P ,1- 1 Fruits a anis (pimptnella
13 après de Lanessan, les lollicules anisum) .. 5
seraient moins purgatifs que les fol- Fruits je coriandre' ïc'o-
^iOies. riandrum sativiim) . . . 5
Le séné contient un principe actif. Feuilles fraîches de persil
la cathartine, que Strolil a employée (petroselinum sativum) 15
à la dose de 10 à 50 centigrammes, Eau 1000
comme puro'atif. Citron coupé par tranches
(2) Médecine noire, apozème pur^ (^^'''"' '^'"^"^ "° ^•
gatif, potion purgative (Codex fran- Faites macérer vingt-quatre beures -
çais) : enrerauantdetempsentemps;passez,
Feuilles de séné (cassia exprimez, filtrez. Doses : par verres.
acuUfolia) , 10 gr, (4) Voici maintenant la formule
gatifs, de Saint-Germain (1) ou autres, dans toutes ces préparations entre le séné.
L'une des meilleurs tisanes purgatives est celle que l'on connaît sous le nom de tisane purgative de Vhôpital Saint- Louis, et que le professeur Hardy formule ainsi ;
'if Séné
Pensées sauvages.
ââ 8 arrammes.
Faire infuser pendant une heure dans un litre d'eau bouillante et édulcorer avec du miel. — Un grand verre le matin à jeun.
Vous pourrez aussi associer d'une façon fort heureuse, le séné aux pruneaux en accommodant ceux-ci avec une infusion de séné, au lieu et place de l'eau que l'on emploie ordinairement.
La tisane Impériale (2), que Gorvisart fit préparer pour
de la médecine du curé de Deuil, et qui a été autrefois fort vantée.
Racine de guimauve
(althœa officinalis)..
Racine de patience (n<-
mex acutus) \ a « . ^
r. . , , . ■ , , / aa 15 er. Racide de chiendent '
[trictitum repens). .
Racine de réglisse {yly- ,
cyrrhiza glabra).. . . ' Feuilles de chicorée (ci-
chorium intybus) 7 gr.
Faites bouillir pendant dix minutes, dans trois bouteilles (environ 29%'£50) d'eau; ajoutez :
Feuilles de séné {cassia acutifolia) 20 gr.
Rhubarbe {rheum palmatum) 4
Sulfate de soude 4
Faites infuser le tout pendant deux heures, passez à l'étamine.
Doses : par tasses dans la matinée; en deux ou trois fois.
(1) Thé de Saint-Germain (Cod. fr.) :
Feuilles de séné {cassia acutifolia) 12
Fleurs de sureau {samhucus nigra) 5
Sera, d'anis {jnmpinella anisum) 5
Sem. de fenouil {fœniculu?n dulce) o 5
Ritartrate de potasse pulv 5
Incisez; mêlez; faites des paquets de 5 grammes; chaque paquet à préparer une tasse d'infusion (environ 100 grammes).
Doses : de deux à six tasses dans la matinée.
(2) Médecine de Napoléon (Gorvisart) :
Crème de tartre soluble. 30 gr.
Émétique 25 millig.
Sucre 60 gr.
Infusion de séné 1000
Faites dissoudre, fdtrez.
A prendre par verres toutes les demi-heures, jusqu'à effet purgatif.
Napoléon P% qui réclamait ses soins pendant une campagne d'Allemagne pour un eczéma du cou, fort gênant pour porter l'uniforme, avait pour base ce séné. Si je vous cite ce fait, c'est parce qu'il donna lieu à une discussion fort intéressante. Le médecin allemand auquel l'empereur s'était tout d'abord adressé, s'était opposé à la cure rapide de cet exanthème, en affirmant que sa suppression pourrait avoir les plus graves conséquences. L'empereur, pressé par la campagne militaire qu'il conduisait avec sa vigueur habituelle, ne suivit pas les conseils du médecin allemand, mais ceux de Gorvisart, qu'il fit venir de Paris. Le triomphe de Gorvisarl fut complet et l'eczéma disparut; mais, à la mort de l'empereur, qui fut déterminée, comme vous le savez, par un cancer de l'estomac, le médecin allemand voulut prendre sa revanche, et s'efforça de démontrer que, si on avait suivi sa prescription, cette affection ne se serait pas déclarée. Malheureusement pour cette affu'mation, si on remonte aux antécédents de famille, en constate que, le père et l'oncle de Napoléon étant morts de cancers, on peut penser que l'hérédité a joué probablement ici le principal rôle.
Quoi qu'il en soit, le séné mérite de rester dans la thérapeutique, comme un excellent purgatif et comme celui de tous les drastiques donnant lieu aux coliques les moins intenses. Cependant ces coliques existent et c'est là un inconvénient à l'emploi du séné, vous le ferez disparaître en partie en ayant soin de faire macérer vos follicules de séné dans l'alcool avant de les employer.
Purgatifs Les autres purgatifs drastiques appartiennent surtout à deux familles : les convolvulacées et les cucurbitacées. Dans la première se rangent le turbith (1), le jalap, la scammo-
(1) Le turbith (convolvulus turpe- vient de l'Inde et de l'Ile de Ceylan tum) est une racine dont on se sert CestVipomoea turpetum qui fournit comme purgatif drastique; elle nous cette racine, qui se présente dans
drastiques.
née (1); dans la deuxième, la coloquinte (2), l'élatérium (3) et le cayapona.
De tous, c'est le jalap et surtout la scammonée qui sont le plus employés. La scammonée entre dans la confection de
le commerce sous forme de morceaux pleins ou creux à l'intérieur, et souvent tordus sur eux-mêmes. 11 y a d'ailleurs, au point de vue de la structure, une extrême analogie entre la racine de turbith et la racine de scammonée.
Son action purgative énergique est due au latex résineux que renferme cette racine, résine qui contient un principe actif, la turpétine, analogue à la convolvuline et à la jalapine.
(1) Pour le jalap et la scammonée, voir la leçon des Maladies du cœur, concernant le traitement des hydropisies.
(2) La coloquinte {ciicumis colocynthis) est une plante annuelle, grêle, à racine vivace, originaire de l'Orient (cucurbitacées). Le fruit, seul employé, est de la grosseur d'une orange, d'une couleur verte ou jaunâtre lorsqu'il est frais, brune lorsqu'il est sec; dans le commerce, il est débarrassé de son enveloppe croùteuse, et se présente sous forme de boule blanche, spongieuse, sèche et légère ; il renferme de nombreuses semences aplaties, jaunes. D'une saveur amère et nauséeuse, la coloquinte contient : un principe amer, la colocynthine (glucoside), étudié par Lebourdais en 1848 et par Walz' en 1858, une huile grasse, une résine amère, de l'extractif, de la gomme, de l'acide pectique, de l'extrait gommeux et des sels (Meisner).
La colocynthine est une substance jaune, brunâtre, translucide, amère, soluble dans l'eau, plus dans l'alcool.
On fait avec la coloquinte : Une
infusion (1 à 3 grammes par litre), une teinture, un vin, un extrait aqueux et un extrait alcoolique.
A doses modérées, la coloquinte est un purgatif puissant; à doses élevées, c'est un purgatif drastique très violent, provoquant des coliques vives, des nausées, des vomissements, des douleurs atroces, du délire, de la rétention d'urine, avec rétraction des testicules et priapisme, pâleur de la face, petitesse du pouls, crampes, hoquet et quelquefois la mort.
Doses :
Extrait de coloquinte,
de 09r,25 à 2 gr.
Vin de coloquinte, de 4 à 46
Teinture alcoolique de 1 à 5 ou 6
On l'associe souvent à l'aloès, la scammonée et l'extrait de jusquiame.
On ne doit pas la prescrire avec les alcalis, les sels de fer, d'argent et de plomb.
(3) Elateriiim, momordica elateriuni (concombre sauvage ou momordique, concombre d'âne, galante, pomme de merveille. Cucurbitacées).
C'est une plante vivace du midi de la France. On fait usage des fruits et de la racine. Le fruit, d'une amertume très désagréable, est ovoïde, oblong, de la grosseur d'une petite noix verte, contenant de nombreuses graines ; lorsqu'on détache le fruit de la plante, il y a une sorte de contraction de la pulpe du fruit, qui expulse violemment les grains et le suc.
On retire du fruit un suc contenant une substance très amère, acre. Vêla-
certains gâteaux, petits-fours, chocolat et anisette purgatifs. Médicament d'un goût agréable, il se prend sans dégoût, mais a des inconvénients et surtout celui de déterminer toujours des coliques plus ou moins vives. Il se donne à la dose de 50 centigrammes dans du lait sucré.
Employez-vous le jalap ? Prenez la teinture de jalap composée ou eau-de-vie allemande à la dose de 15 grammes à 20 grammes. Déjà, dans un autre chapitre, dans la thérapeutique des maladies du cœur, j'ai insisté sur ces purgatifs : je vous renvoie à ce que j'en ai dit (1).
Dans l'une dés dernières communications que fit un des maîtres de la thérapeutique française, dont nous déplorons la perte, Gubler (a) il présenta à la Société de Thérapeutique un nouveau purgatif, le cayapona, et son alcaloïde la cayaponine. A la dose de qiîelques milligrammes, cet alcaloïde produit des coliques très violentes. Gubler l'avait essayé aussi en injections sous-cutanées, mais il n'avait obtenu que des effets locaux irritants.
Enfin, au sommet du groupe des drastiques se place une euphorbiacée, le crotdn (2), dont on se sert, par exception, à
térium, dont Morriès (1831) a exti-ail rium produit des effets à la dose de
un principe actif, Vélatérine. L'élaté- 3 à 6 milligrammes.
rium cristallise en prismes hexago- (1) Voir Maladies du cœur, tm-
naux; elle est d'une saveur amère, tement des hydropisies.
acre, soluble dans l'alcool, les acides (2) Croton Ugliiim (euphorbiq-
faibles, l'éther et les huiles; inso- cées). Le croton tiglium est un arbre
lubie dans l'eau et les alcalis. de 5 à 6 mètres de haut, qui croît dans
Braconnot et Paris ont décrit cette les Indes orientales, à Ceylan, aux
substance sous le nom d'élatine. îles Moluques. Il fournit des graines
L'élatérium est un purgatif dras- (graine de Tilly, graine des Moluques,
tique qui, à haute dose, produit un petit pigeon d'Inde) contenues dans
empoisonnement analogue à celui de un fruit de la grosseur d'une aveline,
la coloquinte. à trois coques.
S'il est d'une bonne sorte, l'élaté- Ces graines ovoïdes, de 15 milli-
(a) Gubler, De la cayaponine (Soc. de Thérapeutique, 1878, Bull, de Thérap., t. XCV, 1878).
la dose de 1 à 2 gouttes dans de la mie de pain. C'est un médicament dangereux, qui agit en déterminant dans l'intestin une irritation analogue à celle qu'il produit sur la peau.
Le troisième groupe de médicaments purgatifs comprend Purgaws ceux qui agissent en déterminant les contractions intestinales : ce sont les strychnos, et particulièrement la teinture amère de Baume, dont je vous ai déjà vanté l'usage dans les dyspepsies atoniques (1), et qui peuvent combattre efficacement la constipation des personnes atteintes de parésie intestinale. C'est ainsi qu'agissent certaines solanées, telles que la belladone, que Trousseau a beaucoup vantée. Il la donnait en pilules de 1 centigramme d'extrait de belladone et 1 centigramme de poudre. Cette médication mérite de rester, et vous en userez utilement pour combattre la constipation habituelle.
L'électricité peut être aussi considérée, non pas précisément Électricité. comme un purgatif musculaire, mais comme étant un agent thérapeutique qui combat la constipation en exagérant les contractions intestinales; Althaus, Duchenne, et surtout Onimus et Legros (2), ont fort bien étudié cette action de
mètres de long sur 1 centimèlre de sées, parfois des vomissements, puis
large, contiennent : une huile fixe et des coliques plus ou moins vives et
de l'acide crotonique (Pelletier et Ca- de nombreuses évacuations; à haute
ventou), une huile volatile (Brandes), dose (3 à 4 gouttes), elle provoque
une résine jaune brun, de la stéa- des accidents toxiques, des convul-
rine, de la cire, etc. sions, et quelquefois la mort.
L'huile est retirée des graines soit On l'emploie à l'extérieur comme
par broiement et expression, soit au' révulsif (voyez Maladies dit cœur); à
moyen de l'éther; elle est transpa- l'intérieur, elle se donne à la dose
rente,d'unecouleurbrune, visqueuse, de 1 à 2 gouttes, en pilules ou en
d'une odeur désagréable et nauséa- dissolution dans de l'huile de ricin,
bonde, d'une saveur acre. Elle est (1) Voir Maladies de Vestomac,
soluble dans l'alcool, l'éther et les traitement de la dyspepsie atonique.
huiles fixes; insoluble dans l'eau. (2) Voici le résumé des expériences
Ingérée, cette huile cause d'abord d'Onimus et Legros sur l'action des
une sensation d'âcreté dans le gosier, courants sur les contractions intes-
de chaleur à l'estomac, quelques nau- tinales :
Purgatifs mécaniques.
l'électricité sur les mouvements intestinaux, et ces deux derniers expérimentateurs nous ont montré que l'on peut employer soit les courants continus, soit les courants interrompus; pour les premiers, il faut appliquer, l'électricité sur la moelle ou sur les nerfs splanchniques ; pour les seconds, qui sont les plus efficaces et les plus employés, on introduit un des pôles dans l'anus pendant que l'on promène l'autre sur la paroi abdominale ; d'ailleurs, nous reviendrons sur ce point lorsque je vous parlerai, dans la prochaine leçon, du traitement de l'étranglement intestinal.
Il y a enfin des substances purgatives qui agissent par action mécanique, et dans ce groupe rentrent les huiles et la graine de moutarde.
La graine de moutarde blanche (1) a été très en vogue pour
« Les courants d'induction appliqués directement aux intestins donnent une contraction au niveau des pôles ; entre les pôles, il y a relâchement des parois.
» Les courants continus abolissent les mouvements péristaltiques et amènent une diminution detension, et le courant suit la direction normale des mouvements, ou une augmentation, si le courant va en sens contraire.
» L'électrisation de la moelle par les courants continus augmente notablement les contractions péristaltiques au moment de leur application.
» Les courants d'induction sur les splanchniques font augmenter progressivement la tension sans déterminer de mouvements péristaltiques.
)) Les courauts continus sur les splanchniques donnent lieu à des contractions péristaltiques.
» L'électricité portée sur les plexus nerveux et les nerfs mésenté-
riques produit des effets analogues^ ■» Les courants interrompus sur les pneumogastriques causent une dilatation de l'intestin et son immol)ilité; ce phénomène a lieu par action réflexe. Ils amènent, au contraire, directement la contraction de l'estomac.
» Les courants continus modérés sur les pneumogastriques opèrent peu sur l'intestin; ils arrêtent les contractions normales ou pathologiques de l'estomac (a). »
(1) La moutarde blanche {brassica alba) est une crucifère qui croît dans nos pays, dont la graine a été très vantée par Gullen et Marcatan et surtout par un nommé Jonh Taylor, qui, en 1826 parcourut le monde pour répandre ce médicament et en vanter les bienfaits pour combattre la constipation. Cette moutarde contiendrait un principe irritant, qui se développerait sous l'influence de la réaction de la rayrosine et de l'acide myrosique en présence de l'eau.
(o) Legros et Onimus, Électricité médicale, 1872, p. 666.
le traitement de la conslipation, et à une certaine époque, grâce à une réclame formidable, et elle a été fort employée. Depuis que la réclame a diminué, la vogue de la moutarde Mo>'ta'Je
blanche.
s'est éteinte. Cette graine de moutarde, qui pouvait avoir une action purgative réelle, avait aussi des inconvénients; elle s'accumulait dans le tube digestif, et on a vu, dans certains cas, de vraies occlusions, dues à l'accumulation de ces graines de moutarde réunies en masse compacte dans l'intestin.
Repoussez donc l'usage de ces graines, comme en général l'emploi de tous ces corps étrangers que le vulgaire avale quelquefois pour en obtenir des effets purgatifs. Rappelezvous ce fait qui s'est passé dans le service du professeur Potain : un homme y est mort des suites d'une encéphalopathie saturnine causée par des balles de plomb qu'il avalait de temps en temps sous prétexte de nettoyer, disait-il, son tube digestif. Il prétendait qu'il tenait exactement compte des entrées et des sorties, et qu'il ne devait, par conséquent, rester aucune balle dans son intestin. L'autopsie a montré que ses calculs étaient mal faits; on trouva en effet dans l'estomac dix-sept balles dont la présence avait déterminé l'empoisonnement saturnin.
Ce fait me remet en mémoire les fameuses pilules perpé- pi^,,es tuelles, jadis employées, et qui, avalées, produisaient un effet perpétuelles. purgatif amenant la sortie de la pilule non détruite; celle-ci, reprise avec soin, pouvait alors servir de nouveau et elle était même transmise par héritage dans certaines familles.
Revenons à des purgatifs plus sérieux, aux corps gras, aux pg^ ,,ui,es. huiles. L'huile, quelles que soient son origine et sa nature, si elle est prise en grande abondance, n'est pas attaquée complètement par le suc pancréatique; elle provoque alors, à titre de corps étranger, une action locale qui excite la sécrétion intestinale et amène un effet purgatif.
Huile de ricin.
Dans ces huiles, une surtout a une action purgative remarquable, c'est l'huile de ricin (1), qui est le type des purgatifs huileux. C'est un purgatif doux, non irritant, et qui rend de grands services. Vous savez quelle différence notable il y a entre le fruit du ricin et l'huile que l'on en extrait. Séduites par l'aspect engageant de ces graines qui ressemblent si bien à des coléoptères, et se fondant sur l'action purgative de l'huile, certaines personnes ont mangé ces graines, et on a vu alors se produire chez elles des désordres graves et même des empoisonnements. Les fruits contiennent en effet un principe acre, drastique, très énergique.
L'huile de ricin obtenue aujourd'hui est parfaite; et, grâce
(1) Ricin (ricinus communis, ricinus palma Christi). Euphorbiacées.
Originaire de l'Inde, le ricin, qui en France atteint 1^", 50 de haut, est dans les Açores un petit arbre de 3 à 5 mètres, tandis que dans d'autres contrées il peut atteindre 12 mètres, Le fruit du ricin est une capsule tricoque, couverte d'épines, à trois loges, contenant chacune une graine ovale et comprimée, dure, tachetée et de la grosseur d'un haricot. Ces semences contiennent (Geiger) : 1° dans les enveloppes : résine insipide et extractif, gomme brune, ligneux; 2° dans les amandes : huile grasse, gomme, caséine ou albumine, ligneux et amidon. Pereira admet la présence d'un principe volatil acre, et Soubeiran a retiré une huile résineuse, molle. On n'emploie pas les semences, qui possèdent des propriétés purgatives trop énergiques et ont trop souvent causé des empoisonnemeiîts.
L'huile de ricin est extraite des semences, soit par expression, soit par infusion dans l'eau bouillante. C'est en épuisant les graines de ricin par l'eau bouillante que Tuson a retiré,
en 1864, un alcaloïde, la ricinine, cristallisant en prismes rectangulaires.
Par saponification on retire de l'huile de ricin trois acides gras : ricinique, élaïdique et margaritique.
L'huile de ricin se dorne ordinairement à la dose de 30 grammes soit avec du jus de citron ou d'orange, soit avec du bouillon dégraissé et très chaud, de l'infusion de thé ou de café noir, de menthe ou de girofle, etc.
On fait aussi des potions et des émulsions.
Potion :
Huile de ricin 32 gr .
Eau de menthe 32
— commune 60
Jaune d'œuf n° 1
Émulsion :
Huile de ricin 30 gr.
Gomme arabique pulv 8
Eau de menttie poivrée... 15
— commune 60
Sirop de sucre 30
Les feuilles de ricin ont été vantées comme emménagogues, en application sur les mamelles.
aux perfectionnements apportés à sa fabrication, elle n'est pas désagréable à prendre, et il y a loin de l'huile de ricin d'aujourd'hui à celle qui existait il y a quelques années et que son goût et son odeur rendaient si répugnante; ajoutons, de plus, que nous avons perfectionné aussi son mode d'administration et que l'union de l'huile et du café noir sucré ou bien celle de l'huile de ricin avec de la soupe à l'oignon rendent son administration supportable, même pour les personnes les plus difficiles. Vous pouvez aussi masquer complètement le goût de l'huile de ricin en vous servant d'une émulsion et ous verrez que sur ce point, comme sur bien d'autres, la médecine a grandement progressé et que nous ne sommes plus à l'époque, où pour connaître le grand art de la purgation, il fallait adapter le tempérament de la plante à celui du malade (1). Quant à la dose, elle est de 20 à 30 grammes, même davantage. Cependant, il paraît acquis qu'à dose moyenne (25 grammes) l'huile purge relativement autant qu'à doses très élevées.
J'en ai fini, messieurs, avec la longue énumération des purgatifs, énumération fatigante, mais que je suis heureux cependant de vous avoir exposée, pour ne plus y revenir. Les détails dans lesquels je suis entré me permettent d'ailleurs d'être bref dans l'exposé du traitement de la constipation; vous connaissez le riche arsenal que nous fournit la thérapeu-
(l)Maurice Raynaiid a donné dans chez l'homme tempéré, le chou
son ouvrage les Médeeins du temps échauffe au premier degré, le cassis
de Molière un bon exposé de cet art au deuxième, la cannelle au troi-
de la purgation. Les qualités pre- sième, etc. L'orge rafraîchit au
mières du tempérament des plantes premier degré, le concombre au
étaient, comme chez l'homme, la deuxième, etc. De plus elles possé-
chaleur, le froid, l'humidité, la se- daient aussi des qualités secondes :
cheresse. Dans chacune de ces qua- elles étaient raréfiantes, atténuantes,
lités il y a huit degrés, d'où résul- etc., etc. (a). talent mille combinaisons. Ainsi,
{a) Maurice Raynaud, Les Médecins au temps de Molière. Paris, 1861, p. 368.
De
tique; quelles sont les meilleures armes que l'on peut y puiser pour combattre efficacement la constipation, c'est ce qui me reste à vous enseigner.
Au point de vue thérapeutique, la constipation offre non seulement les divisions que nous avons établies, mais encore elle se présente sous deux aspects fort différents; tantôt la constipation n'est qu'un fait isolé, passager, produit soit par un changement de régime, soit, par l'introduction de substances médicamenteuses ou toxiques, comme dans l'intoxication saturnine, soit par mille autres causes : c'est la constipation accidentelle; tantôt elle fait partie du tempérament individuel, et se montre ainsi pendant des mois, des années et même pendant toute la vie si l'on n'y porte remède : c'est la constipation habituelle.
la constipation Daus la coustipatiou accidentelle, vous pourrez puiser à
accidentelle.
large main dans tout le groupe des purgatifs. Les purgatifs salins, les purgatifs huileux, et même les drastiques seront mis en usage, en ayant soin toutefois de mesurer l'intensité du remède à l'opiniâtreté de la constipation. Vous pourrez varier le traitement par des lavements, d'abord simples, puis purgatifs (1); ces derniers, où l'on associe heureusement l'action mécanique de l'eau à l'effet irritant et convulsivant local de certaines substances purgatives, sont un excellent moyen thérapeutique, mais il échoue souvent.
Puis viendront les purgatifs doux, salins et huileux ou sucrés, et enfin les drastiques ; ceux-ci sont réservés pour certaines constipations toxiques, comme celles dues au plomb ; dans ce cas, pour vaincre cette constipation, vous serez forcé
(1) Voici la formule de quelques Feuilles de séné 8 gr.
lavements purgatifs : Eau bouillante 500
Sulfate de soude 30
Miel mercuriale 20
Infusion de séné 200
Jalap en poudre
Draphœnia 30
Sirop de nerprum 30
Lavements purgatifs de feuilles • Pour un lavement.
de recourir au plus violent des drastiques, à l'huile de croton que vous administrerez à la dose de 1 goutte, soit en pilules, soit avec de l'huile de ricin. Quand la constipation saturnine est vaincue, vous me voyez user dans le service d'une préparation qui entretient facilement et k peu de frais la liberté du ventre chez les saturnins, c'est le mellite de soufre, et je vous recommande tout particulièrement l'emploi de ce moyen si simple et si bien supporté (i).
A ces purgatifs il faut joindre une substance très employée dc la
. Il- cascara
aux Etats-Unis, la cascara sagrada ou pour parler plus scien- sagrada. tifiquement, le rhamnus purshiana, dont la famille fournit déjà à la thérapeutique le nerprun (rhamnus catharticus), purgatif drastique. On donne ce purgatif sous forme de poudre d'écorce, à la dose de 25 centigrammes, dans des cachets médicamenteux. Mon élève leD'Eymeri a d'ailleurs consacré à l'étude de cette plante un très intéressant travail (2).
(1) Le mellite de soufre se fait liqne et oxalique. On se sert surtout avec parties égales de fleur de soufre de la poudre d'écorce du cascara saet de miel. On fait prendre au ma- grada et on peut employer plusieurs lade une à quatre cuillerées à bou- préparations: soit la poudre elleche de ce mélange, suivant les be- même enveloppée par des cachets soins. médicamenteux, comme l'a fait Li-
(2) La cascara sagrada dont le mousin, ces cachels médicamenteux véritable nom est rhamnus purs- renferment 25 centigrammes de . hiana, ainsi appelée du nom du poudre, le plus souvent une dose botaniste allemand Frédéric Pursh suffit; soit un extrait fluide très réqui l'a étudiée le premier en 1814, pandu en Amérique. Cet extrait estclassée dans la famille des Rham- fluide se donne à la dose de 30 à 40 nacées qui a déjà fourni à la méde- gouttes par jour.
cine un purgatif très utilisé, le C'est à Bundy que l'on doit l'intro-
nerprun {rhamnus catharticus) et duction du cascara sagrada dans la
une plante fort connue dans nos thérapeutique. En France, elle a été
pays, Valaterne. C'est un arbuste expérimentée pour la première fois
originaire de l'Amérique du Nord, sur par Landowski. Dujardin-Beaumetz
la côte du Pacifique. l'a expérimentée dans son service et
11 renferme, d'après Prescott, qui le D' Eymeri rendu compte de ses
l'a analysé, des résines brune, rouge expériences (a). et jaune et des acides tannique, ma-
(a) Eymeri, La cascara sagrada (Rhamnus purshiana), thèse de Paris, 1884-.
De . . ■ .
la constipation PouF la coDstipation habituelle, l'hygiène occupe le premier rang dans les prescriptions que vous aurez à formuler. Puis vous devez aussi, avant d'établir votre traitement, vous efforcer de reconnaître la pathogénie de cette constipation. S'agit-il d'un défaut dans la conctractilité musculaire, comme chez les dyspeptiques arthritiques, ou bien comme chez certains névropathes, qui présentent une parésie qui ne frappe pas seulement la couche musculeuse de l'estomac, maiscelle du tube digestif tout entier, vous userez soit des purgatifs musculaires, soit de ceux qui agissent en exagérant la contractilité intestinale; vous pouvez même vous servir dans ce cas de l'électricité.
Lorsque, au contraire, la constipation tient à un défaut de sécrétion du suc intestinal, vous emploierez les purgatifs appropriés, en vous rappelant que c'est souvent par les fractionnements des doses et leur répétition que vous viendrez à bout de la constipation. Mais ce qu'il faut éviter, c'est l'usage prolongé des drastiques, qui ne sont nécessaires que pour ouvrir le chemin à d'autres médications.
En effet, dans beaucoup de cas, pour obtenir les premières garde-robes, nous sommes obhgés d'employer les purgatifs ' les plus violents; mais, une fois le résultat obtenu, nous devons revenir à des purgatifs plus doux, sous peine d'irriter l'intestin et de déterminer des entérites plus ou moins graves.
Jusqu'ici, messieurs, je ne me suis occupé que de la constipation déterminée, soit par un défaut de sécrétion, soit par un défaut de contractilité musculaire, laissant de côté celle qui est due à une obstruction mécanique. Je me propose, dans la prochaine leçon, d'étudier cette forme de constipation, qui mérite des indications toutes spéciales.
CINQUIÈME LEÇON
Sommaire. — De l'occlusion intestinale. — Pathogénie. — Symptômes. — Diagnostic de la cause : certain, probable, incertain. — Diagnostic du siège. — Traitement. — Purgatifs. — Moyens mécaniques. — Mercure. — Lavements. — Irrigations forcées. — = Injections d'air, d'acide carbonique.
— Lavements d'eau de Seltz. — Lavements de tabac. — Ponctions intestinales. — Café. — Belladone. — Massage. — Electricité. — Traitement chirurgical. — Terminaison des étranglements. — Choix de l'opération.
— Laparotomie. — Entérostomie. — Moment de l'opération.
Lorsque, dans les dernières leçons, je vous ai exposé le traitement de la constipation, je vous ai dit, messieurs, que je réservais pour un chapitre spécial celle qui résulte des obstructions mécaniques qui s'opposent au cours des matières et provoquent ainsi l'occlusion intestinale. C'est cet accident, malheureusement trop fréquent, que je veux étudier aujourd'hui, en vous exposant les ressources thérapeutiques qui permettent de le combattre.
Je serai bref sur la symptomatologie, car je ne puis ici vous tracer l'histoire pathologique de l'occlusion intestinale ; je vous renverrai à cet égard à vos traités de pathologie et surtout au * remarquable mémoire de mon ami et collègue E. Besnier (a).
(a) E. Besnier, Des étranglements internes de l'intestin. Paris, 1860. On peut aussi consulter pour l'occlusion intestinale, les ouvrages suivants :
En France : Luton, article OccLUsroN intestinale {Nouveau Dictionnaire de méd. et de chirurg. pratiques, t. XIX, p. 328j. — Noël Guéneau de Mussy, Clinique médicale, t. H. p. 157. — Largier des Bancels, Etude sur le diagnostic et le traitement des étranglements internes, Paris, 1870. — Fleuriot, Du traitement de Vocclusion intestinale interne (Thèse de Paris, n" 3, 187.5). — Dolliger, De V intervention chirurgicale dans les occlusions intestinales (Thèse de Paris, 1872, w" ill). — Bousier, Des divers modes de traitement de Vocclusion interne de Vintestin (Thèse de Paris,
de l'occlusion i lito^tinalc.
Cuises Quant aux causes capables de s'opposer à la marche des
matières fécales, vous savez qu'elles peuvent siéger soit dans l'intestin, soit dans les parois intestinales, soit en dehors de ces parois; parmi celles ayant leur point de départ dans l'intérieur du canal intestinal, se rangent les corps étrangers, les matières iécales durcies, les calculs intestinaux, etc. Celles qui ont leur origine dans les parois sont plus fréquentes et se présentent dans deux circonstances : ou bien l'intestin est sain, ou bien il est malade. Dans le premier cas, c'est un cancer ou des cicatrices qui diminuent le calibre de l'intestin, c'est le rétrécissement intestinal; dans le second cas, il s'agit d'une invagination ou d'un enroulement de l'intestin, c'est l'iléus ou le volvulus.
Quant aux causes qui agissent en dehors de la paroi intestinale (i), elles sont fort nombreuses et naissent, tantôt de brides provenant soit du mésentère, soit du péritoine, soit d'un diverticule intestinal, tantôt d'un orifice anormal des
(1) Classement des causes de l'occlusion intestinale, d'après Doliger :
/ 1° Rétrécissement inflammatoire.
I 2° Rétrécissement cicatriciel.
I. Par affection organique des ] 3° Rétrécissement hypertrophique. parois intestinales. i i° Rétrécissement valvulaire.
[ 5° Rétrécissement par polype.
\ 6° Rétrécissement cancéreux.
TT T^ ,, . , ... , ( i" Invagination.
n. Par lésion de position des ) g^ Tirsinn
parois intestinales. ^ 3, piexion'brusque.
!1° Hernies internes à travers le diaphragme ouvertures anormales du mésentère, etc.
i2» Étranglement par l'appendice iléo-cœcal ou un diverlicule intestinal.
3° Étranglement par bride péritonéale.
4° Étranglement de l'intestin par l'intestin.
1873, n" 59). — Bulleau, De Vocclusion intestinale au point de vue du diagnostic et du traitement (Thèse de Paris, 1878). — Peyrat, De V intervention chirurgicale dans Vocclusion intestinale [Ih. d'agrég., 1880).
A rétranger : William Brinton, Intestinal obstruction. London, 1867. — G. Leichtensteim, Wierteljahrschrift fur die praklisclie Heilkunde, 1873 et 1874. — Jonathan Hutchinson, A suecessfull case of abdominal section for intussusception, with remarks in tins and oiher methods of treatment {Medico-clururgical Transactions, vol. LVn, p. 31. London, 1874).
parois, comme dans les hernies. Enfin, il y a le grand groupe des tumeurs abdominales, qui compriment plus ou moins l'intestin.
Ce qu'il importe de connaître, c'est la fréquence de ces causes, et Brinton (a) a fourni, à cet égard, des données intéressantes. En analysant six cents cas d'occlusion, il a vu que l'invagination occupait le premier rang, 49 pour iOO; puis venaient les brides et adhérences, 31,5 pour 100 ; puis les rétrécissements et les compressions des parois intestinales,17, 5 pour iOO; et enfin là torsion ou volvulus, 8 pour
Les symptômes de l'occlusion doivent être bien étudiés ; ils vous permettront d'établir le diagnostic de la cause, et, comme vous le verrez, ce diagnostic a une grande importance au point de vue thérapeutique. Résumons donc brièvement les principaux symptômes, qui sont : la constipation, les vomissements et le tympanisme (1).
La constipation joue un rôle dominant : c'est l'absence absolue des garde-robes et la résistance de cette constipation
,' i„ /i I 1 i biliaires, r Calculs . , ,.
( intestinaux.
2° Coi'ps étrangers proprement f r .
dils.
3" Vers inlestinaux.
■i" Matières stercorales durcies.
1° Pieiii, utérus ou autre organe compriniant l'intestin.
2" Tumeur abdominale comprimant l'intestin {b).