‹ Leçons de clinique thérapeutique (volume 4)Chapitre 12 sur 32 · __LJ · texte numérisé non relu

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les mêmes, on prescrit potion de Todd.

Dans la nuit du 12 au 13, et dans la journée du 13, an délire assez calme se montre, délire professionnel non furieux. Cependant, comme le malade veut constamment se levei% on est forcé de lui mettre la camisole de force.

La langue est humide, la pneumonie ne s'étend pas; température, 39 degrés le soir. On ordonne du vin et du chloral.

langue est humide, les râles du sommet ont beaucoup diminué.

Le 17 mai, on commence à entendre le murmure vésiculaire au sommet gauche, en avant et en arrière.

Plus de fièvre.

A partir du 18 mai, le malade entre en convalescence et part pour Vincennes le 28 mai, complètement rétabli.

Voici la courbe thermométrique présentée par le malade (le point A indique le jour où l'on a pratiqué la saignée de 300 grammes).

jour de la maladie, était de 40",8; on lui fait une saignée de 300 grammes et nous voyons sa température baisser graduellement pour ne plus se relever.

En même temps que s'abaisse la température, il se produit aussi une diminution dans la dyspnée, et l'on comprend facilement en présence de pareils résultats la persistance de nos pères à considérer les émissions sanguines comme le meilleur traitement à opposer à la pneumonie.

Étal du sang Mals Ics quclqucs avantages que nous venons de noter en pncumoai.iLtcs. faveur dc la saignée sont compensés et bien au delà par de sérieux inconvénients. Nous connaissons aujourd'hui d'une façon assez complète l'état du sang chez les pneumoniques, grâce aux travaux de Hanot, Grancher, Quinquaud, et surtout grâce aux recherches du professeur Hayem.

Que l'on se serve des procédés chimiques de Quinquaud ou des procédés de numération des globules, ou bien encore des nouveaux procédés d'examen du sang proposés par Hayem, voici ce que l'on constate dans le sang des individus atteints de pneumonie. La fibrine présente un réticulum très considérable, les globules rouges ne sont pas diminués et l'hémoglobine reste presque à son chiffre normal; mais, comme l'a bien montré Grancher, le nombre des globules blancs augmente et cette évolution suit la courbe thermique (i).

(1) Pour Hayem, voici l'état du sang' donnant un aspect étoile; tel est le

chez les pneumoniques : réticulum du sang normal.

Dans le sang normal, on voit des Dans les phlegmasies on constate globules se disposer en piles d'une des modifications importantes. Le façon absolument constante. Ces piles sang d'un pneumonique, par exemple, forment des Ilots au milieu de mers lors de sa coagulation, laisse les communiquant toutes entre elles et globules rouges disposés en piles, renfermant quelques rares globules mais englués par une substance visrouges isolés, des globules blancs et queuse qui les fait adhérer entre eux des hématoblastes. Puis, au bout d'un d'une façon assez énergique pour récertain temps, on voit apparaître quel- sister à une faible traction; les difques petits fdaments déliés partant férentes piles se succèdent également des amas d'hématoblastes et leur les unes aux autres et circonscrivent

Si l'on vient à saigner ces individus, on ne diminuera la masse du sang que d'une façon momentanée, car immédiatement le fluide sanguin reprend aux vaisseaux lymphatiques qui l'entourent la quantité de liquide qui lui a été soustrait. Mais si vous n'avez pas diminué d'une façon durable la masse du liquide sanguin, vous avez augmenté à coup sûr le nombre des globules blancs, et comme ce chiffre est déjà accru chez le pneumonique, vous mettrez votre malade dans des conditions favorables à la suppuration; vous savez en effet, messieurs, qu'il y a entre la production du pus et le nombre des globules blancs existants à un moment donné dans le sang un rapport fort intime. Cette tendance à la purulence peut donc amener la suppuration de l'exsudat intra-alvéolaire et produire ainsi la terminaison la plus grave de la pneumonie.

En résumé donc, si la saignée peut abaisser la température et diminuer momentanément la dyspnée du malade, elle affaiblit ce dernier, le met dans des conditions favorables à la suppuration sans pour cela provoquer une diminution dans la marche normale de l'exsudat. C'est ce qui s'est passé

non plus des mers, mais des lacs. 11 n'ont jamais constaté de diminution

y a de plus augmentation des glo- notable du nombre de ces globules.

l)ules blancs, mais non des hémato- Regnard a montré que le pouvoir

blastes. Le réticulum fibrineux se absorbant d'oxygène du sang n'était

montre considérablement augmenté pas diminué.

par le nombre et l'épaisseur des libril- Quinquaud, par ses procédés chiles qui s'entrecroisent en tous sens, miques, a signalé une diminution sur plusieurs plans, et aiïectent la faible de l'hémoglobine qui est prèsforme d'un fuseau. que physiologique et qui varie entre

La foi'mation du réticulum est 111 et 93 grammes pour 1000 de sang,

seulement plus tardive que pour le Les matériaux solubles du sérum

sang normal. diminueraient, toujours d'après Quin-

Tous les observateurs qui ont fait quand, on trouverait en moyenne

la numération des globules rouges, 82 à 92 grammes pour 1000 à la fin

comme Grancher, Meunier, Hayem, de la maladie (a).

(a) Hayem, Du processus de coarjulation {Société médicale des hôpitaux, Union médicale, 1881). — Quinquaud, Chimie pathologique, p. 97. — Meunier. Thèse de Paris, 1877.

CLINIQUE THÉRAP., i'^ édit. H- — 25

Des antiraoniaux.

d'ailleurs chez le malade dont je vous ai parlé tout à l'heure ; par la saignée, nous avons abaissé sa température, mais immédiatement est survenu du délire avec un affaiblissement général, sans que nous puissions constater par les moyens physiques une diminution du côté de l'exsudat pulmonaire.

Il est bien entendu que par le mot « émission sanguine » je ne comprends que la saignée; les ventouses scarifiées qui paraissent avoir contre l'élément douloureux delà pneumonie une action considérable agissant plus comme révulsifs que comme méthode spoliatrice.

A côté de ces émissions sanguines se place une autre médication qui a joui et qui jouit encore d'une grande vogue : c'est celle qui est basée sur l'emploi des antimoniaux et surtout du tartre stibié. De nombreuses discussions se sont élevées sur l'usage de ce médicament, et les luttes les plus ardentes furent engagées à ce sujet ; l'antimoine eut ses défenseurs et ses détracteurs les plus acharnés, et parmi ces derniers se place en première ligne Guy Patin; la Faculté même en défendît l'usage et des arrêts du parlement appuyèrent la décision de l'École (1).

(1) L'antimoine parait avoir été A l'époque de Guy Patin, le mor-

connu dès l'antiquité, comme le mon- tel ennemi de l'antimoine, la seule

trent les travaux de Dioscoride, préparation antimoniale employée

Galien, Paul d'Egine, Oribase, Are- était le vin émétique, obtenu par la

tée, mais on ne trouve de documents macération du vin dans un gobelet

positifs que dans Paracelse, puis dans d'antimoine ou par l'infusion du cro-

l'ouvrage de Louis Delaunay, en 1564. eus metallorum dans du vin blanc.

Une lutte ardente s'ouvrit contre Les médecins de la cour ayant

l'emploi du remède ; les uns le dé- fait prendre avec succès, malgré l'op-

préciaient avec acharnement et le position des autres médecins, du

déclaraient un vrai poison, les autres tartre stibié à Louis XIV malade, on

le soutenaient avec la même vigueur, revint un peu sur la mauvaise opi-

Cependant, malgré les procès du Châ- nion qu'on avait du remède et, en

telet, les censures de la Faculté, les 1666, le Parlement leva la prescrip-

pamphlets nombreux qu'il suscita, tion édictée sur l'antimoine,

l'antimoine entre dans la thérapeu- li Dès lors il entre dans la pratique

tique. i journalière et nous le voyons prescrit

Du

C'est à un médecin italien, à Rasori, qu'est dû l'emploi du tartre stibié. tartre stibié. Rasori soutenait que dans toute maladie inflammatoire il fallait combattre le stimulus, aussi administrait-il le tartre stibié à haute dose, et il en donnait de 60 centigrammes à 1 gramme dans un litre d'eau, en renouvelant cette dose dans la journée; il l'associa d'abord aux émissions sanguines, puis le prescrivit seul. On a été beaucoup plus loin dans cette méthode et quelques médecins ont donné jusqu'à 6 grammes par jour de ce médicament, de sorte que dans sa maladie le patient prenait jusqua 60 grammes de tartre stibié.

Aujourd'hui, on a recours à des doses moindres et le plus ordinairement on ne prescrit que 30 centigrammes de tartre stibié dans une potion.

Voici la formule d'une de ces potions :

^ Tartre stibié 30 centigr.

Eau de tilleul 250 grammes.

Sirop diacode 30 —

A prendre par cuillerées à soupe d'heure en heure.

par Baglivi, Bâillon, Bordeu et sur- lique de petites balles que le malade

tout par Stoll (de Vienne), qui, de avalait; celles-ci, n'étant pas digérées,

1776 à 1780, le donne avec succès passaient comme des corps étrangers

contre des pneumonies bilieuses. produisant des évacuations par leur

C'est à Rasori, principalement, présence et étaient expulsées avec les qu'est dû l'enaploi du tartre stibié, matières. C'étaient les pilules perpéqui paraît avoir été découvert par tuelles, qui pouvaient servir indéfi- Adrien de Mynsick, médecin du duc niment. de Mecklembourg, en 1631. Aujourd'hui, quand on a recours à

Le tartre stibié ou tartrate de po- l'action purgative du médicament, ou

tasse et d'antimoine se présente quand on désire l'action purgative du

cristallisé en tétraèdres ou en octaè- médicament, on le donne à doses

dres transparents, incolores, efflores- faibles, à intervalles éloignés : par

cents, solubles dans l'eau, insolubles exemple, on met 5 centigrammes

dans l'alcool. d'émétique dans 1 litre de tisane.

Comme purgatif, l'antimoine a été de bouillon aux herbes, que le ma-

employé autrefois, soit sous forme lade prend de quart d'heure en quart

de vin, soit sous forme de pilules. d'heure, dans la journée. C'est l'émé-

On faisait avec de l'antimoine métal- tique en lavage.

Tolérance du

Le sirop diacode que vous voyez figurer dans cette lormule a pour but de faire tolérer ce médicament, c'est-à-dire d'éviter ses effets vomitifs.

La tolérance (1) joue un grand rôle en effet dans la médicataitre siibic. tioH par le tartre stibié; pour le plus grand nombre des médecins, en effet, qui ont conseillé cette médication, le tartre stibié aurait d'autant plus d'action sur la pneumonie, qu'il déterminerait moins de vomissements et de garde-robes. Laënnec, qui a été un des promoteurs les plus ardents de ce mode de traitement et qui a même été jusqu'à regarder le tarlre stibié comme le spécifique de la pneumonie, a insis-té sur cette tolérance. Signe d'adynamie profonde pour les uns, cette tolérance a été considérée par d'autres comme un symptôme favorable ; quoi qu'il en soit, on a multiplié les moyens pharmaceutiques pour l'obtenir. Ancelon (de Dieuze) (a), ordonne la diminution ou la suppression des boissons liquides; Hérard (b) conseille de n'employer que de l'eau distillée pour la dissolution de l'émétique; le plus grand nombre propose d'associer l'opium au tartre stibié.

(J) Pour qu'on puisse administrer les femmes, chez les enfants que chez

assez longtemps le tartre stibié, il les vieillards. Trousseau a remarqué

faut que le malade supporte le médi- que le tartre stibié était mieux toléré

cament et que celui-ci perde sa pro- avec la diète, qu'avec une alimenta-

priété éméto-cathartique ; il faut, en tion modérée.

un mot, qu'il y ait tolérance. Cette Pour obtenir cette tolérance dès

tolérance est plus ou moins longue à le début du traitement, Delioux de

obtenir : elle survient ordinairement Savignac conseille de donner une

du troisième au cinquième jour; mais dose d'opium ou de morphine dont

elle dépend beaucoup et de l'idiosyn- les fractions sont administrées coup

crasie et de la constitution médicale sur coup à deux heures d'intervalle;

quelquefois, et aussi de l'habitude, puis, après avoir ainsi stupéfié la

elle s'obtient ainsi plus facilement sensibilité de l'estomac, il administre

chez les hommes adultes que chez la médication stibiée.

(a) Ancelon (de Dieuze), Considérations pratiques sur l'adnnnistration du tartre gtibié à haute dose (Union médicale, 15 juillet 1847).

(b) Hérard, Du traitement de la pneumonie des enfants (Union médicale, octobre 1847).

Comment agit le tartre stibié dans la pneumonie? Pour ^']J|°" répondre à cette question, nous allons, si vous le voulez bien, tnrtre subié. examiner d'une part l'action physiologique de l'émétique et examiner d'autre part l'effet qu'il peut avoir dans la pneumonie (1).

Au point de vue physiologique, vous savez que le tartre stibié produit localement une irritation profonde, il développe

(1) Le tartre stibié, comme tous les composés antimoniaux, a des propriétés topiques irritantes ; appliqué sur la peau, il provoque, au bout de irente-six à quarante-huit heures, une éruption pustuleuse semblable à celle de la variole. Dans certains cas, le tartre stibié a été employé sous forme de solution aqueuse ou vineuse, ou sous forme de pommade.

C'est ainsi qu'il a été utilisé contre le rhumatisme et les douleurs rhumatismales et même dans les maladies cérébrales aiguës où on l'applique sur le cuir chevelu préalablement rasé.

A l'intérieur, l'émétique, d'un goût un peu douceâtre d'abord, puis styptique et métallique, provoque à la dose del centigramme des nausées, de l'horripilation et l'exagération des sécrétions buccales, bronchiques, gastro-intestinales, sudorales.

A la dose de 3 à 5 centigrammes, il provoque des vomissements de matières alimentaires, de mucus et de bile, puis surviennent des selles diarrhéiques. A doses plus fortes (20 à 50 centigrammes), cette diarrhée devient plus abondante, on constate d'autres symptômes, tels que : pâleur et refroidissement de la peau, irrégularité, puis ralentissement du pouls, anxiété épigastrique, cya-

nose, anurie, aphonie, enfin tous les signes du choléra stibié.

Son action sur la circulation est évidente : il ralentit les battements du cœur, et, d'après Trousseau et Pidoux, le pouls peut tomber de 72 à 74 pulsations. La température extérieure s'abaisse; d'après Hirtz, la température peut s'abaisser de 1 degré.

D'après Rabuteau, l'émétique, injecté à dose toxique dans le sang d'un chien, produit une mort subite, par arrêt du cœur. Binz et Nothnaghel le considèrent comme un poison du cœur.

L'action du tartre stibié sur le sang lui-même n'est pas bien démontrée ; cependant Orlila, Pécholier ont vu que, chez les animaux empoisonnés par le tartre stibié, le sang était diffluent.

D'après Nothnaghel, « la respiration est d'abord accélérée, superficielle, irrégulière, puis elle se ralentit, et à ce moment l'inspiration est rapide, comme convulsive, ou extrêmement pénible, tandis que la respiral ion est lente et plaintive. Ces phénomènes doivent être considérés comme produits, en grande partie, par voie réflexe, avec point de départ dans les rameaux nerveux de l'estomac. )) {a).

{a) Nothnagel et Rossbach, Nouveaux Éléments de matière médicale et de thérapeutique, trad. par .Iules Alquier, 1880.

des pustules dans tous les points avec lesquels il se trouve en contact. Aussi, vous ne serez pas étonnés que Grisolle ait pu constater, lorsque l'émétique est administré par la bouche, des ulcérations dans tout le trajet qu'il parcourt, dans l'arrière-gorge, dans l'œsophage, dans l'estomac, dans l'intestin; on a même trouvé quelquefois des brides cicatricielles et des rétrécissements consécutifs à ces ulcérations stibiées. Cette action locale du tartre stibié explique suffisamment son action éméto-cathartique. L'émétique provoque en effet des diarrhées et des vomissements, et cela à un tel point que l'on a rapproché ces symptômes de ceux du choléra, sous le nom de choléra stibié.

Il agit en même temps directement sur le cœur, comme l'a montré Binz; il diminue ses contractions, affaiblit par cela même la circulation et amène du refroidissement; de plus, il déprime le système nerveux et produit, par l'état nauséeux qu'il provoque, une dépression physique analogue à celle que détermine le mal de mer.

La médication stibiée est donc, comme vous le savez, une médication dépressive et antithermique, et on comprend facilement queRasoriait préconisé indistinctement dans la pneumonie la saignée ou le tartre stibié, car ces deux médications ont des effets analogues.

L'action de l'émétique sur l'exsudat pulmonaire est absolument nulle; il n'agit que sur la fièvre en abaissant la température, mais cet effet n'est obtenu qu'en provoquant des perturbations graves dans l'économie, en déterminant des lésions souvent durables du tube digestif et en déprimant

Pour Jaccoud, l'émétique est un fonde des forces, une tendance syn-

antifébrile : Bernheim, Fonssagrives, copale, une diminution du calibre

partagent la même opinion. Pour des vaisseaux et par suite une anémie

Peter, il agit en produisant « un état du poumon ». général qui est une dépression pro-

outre mesure les forces du malade. Le tartre stibié à haute û'»"^"'^

du

dose est donc une médication dangereuse, et le souvenir que ^=''"'''« s'ii^i^j'ai gardé des résultats obtenus par cette méthode, lors de mon début dans la carrière médicale, m'a laissé une impression peu favorable; mais si je reconnais que l'émétique à haute dose est dangereux chez l'adulte, cette médication est encore plus déplorable chez les enfants, et j'ai vu, pour ma part, un grand nombre de cas où ces petits êtres atteints de pneumonie étaient plus malades de la médication qu'ils avaient subie que de la pneumonie dont ils étaient atteints.

Il ne faut donc garder de l'emploi du tartre stibié que son usage comme évacuant et surtout comme vomitif, pour 'expulser du poumon par les efforts de vomissement les mucosités qui l'encombrent.

Cet effet vomitif, vous l'obtenez aussi par deux autres pré- du kermès. parations antimoniales, le kermès (1) et l'oxyde blanc d'antimoine, qui méritent d'être conservés à ce titre d'évacuants dans le traitement de la pneumonie.

(1) Le kermès minéral paraît avoir n'est utilisé que dans la médecine

été découvert par Glauber. Un des vétérinaire.

élèves de ce chimiste confia le secret Les effets du kermès sont à peu

de la préparation au chevalier de la près les mêmes, moins accentués

Ligerie, qui lui-même vendit ce que ceux du tartre stibié. A petites

secret au gouvernement, en 1720. doses, il est absorbé, puis éliminé

Le kermès minéral (bisulfure d'an. par les reins, et surtout par la mu-

timoine hydraté, sulfure d'antimoine queuse bronchique. A hautes doses,

hydraté, hydrosulfate d'antimoine, il peut irriter le tube digestif et

poudre des Chartreux) s'obtient par provoquer des vomissements et de

deux procédés, par voie humide et la diarrhée.

par voie sèche. Le kermès obtenu On prescrit le kermès à la dose de

par voie humide, par le procédé de 20 centigrammes à 2 grammes par

Cluzel, adopté par le Codex, est le jour pour les adultes, et à la dose

seu.1 employé pour la médecine de de 10 à 50 centigrammes pour les

l'homme : il se présente sous l'aspect enfants, soit dans un looch, soit dans

d'une poudre d'un rouge pourpre une potion gommeuse. foncé, velouté, légère, inodore, inso- Les pilules de kermès du Codex

lubie dans l'eau, soluble dans l'a- contiennent 1 centigramme. On fait

cide chlorhydrique. aussi des dragées et des pilules de

Le kermès obtenu par voie sèche kermès.

Vous pouvez utiliser à cet effet la potion calmante dont je vous ai parlé et que vous formulerez ainsi :

Of Kermès 0,50 centigr.

Eau de laurier-cerise 30 grammes.

Eau de tilleul 30 —

Eau de laitue 30 —

Sirop diacode 30 —

De L'oxyde blanc d'antimoine, ou bi-antimoniate de potasse,

l'oxyde blanc -^ ' i '

d'antimoine, se dounc à dose plus élevée. C'est un bon expectorant, surtout chez les enfants, pour lesquels Roger l'a spécialement recommandé (1).

De l'ipéca. A côté de ces médicaments je placerai l'ipéca, dont on a vanté beaucoup les effets dans le traitement de la pneumonie. C'est à l'École de Montpellier que vous trouverez les plus chauds partisans de cette méthode ; et parmi eux je vous citerai particulièrement Broussonnet, Pécholier, Rességuier, Dupré, Grasset. L'ipéca agirait dans ce cas de deux façons : en modifiant la sécrétion des glandes bronchiques, il aiderait à l'expectoration d'une part ; de l'autre, en excitant les vomissements il anémierait les poumons et aiderait à l'expulsion du mucus bronchique. Peut-être même faut-il invoquer dans ce cas l'action de l'ipéca sur la circulation, action bien mise en lumière par les travaux de Pécholier, de d'Ornellas, de

(1) L'oxyde blanc d'antimoine ou de Cornachène ou de Trebas (embiantimoniate de potasse, appelé ployée autrefois comme purgatif et aussi antimoine diaphorétique lavé, abandonnée aujourd'hui); 2" de la est une poudre blanche insoluble poudre de James, très usitée en Angledans l'eau. On l'administre à la dose terre, administrée à la dose de 20 à de 1 à 2 grammes, soit dans une po- 30 centigrammes, toutes les trois ou tion, soit dans un looch. quatre heures.

Trousseau le donnait à la dose de PoudredeJames(Ph.brit., Cod.fr.).

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