grammes dans un looch blanc de a i j- t
* iuui.li jjiuin. uc Oxyde d antimoine par précipi-
tation.
150 grammes.
L'oxyde blanc d'antimoine entre Phosphate de ehaux par précipi dans la composition : 1° de la poudre tation 2
DU TRAITEMENT DE LA PiNEUMONlE. 393
Dyce-Duchworth, de Podwyssotzki et de Grasset (1). L'ipéca se donne dans la pneumonie à la dose de 1 gramme 50 à 2 grammes.
Arrivons maintenant, messieurs, à d'autres médicaments qui agissent aussi sur la circulation et la température : la digitale, le sulfate de quinine et la vératrine.
L'application de la digitale à la cure (2) des phlegmasies De la di^iest d'origine allemande; c'est Traube qui, en 1850, Ta prê-
tais.
(1) Pécholier avait déjà observé l'action du principe actif de l'ipécà, l'émétine, sur le cœur, effets qui ont été constatés de nouveau par Dyce- Duckworth, par d'Ornellas et surtout par Podwyssotzki. Les expériences ont montré que l'émétine, appliquée directement sur le cœur ou injectée dans la peau de la grenouille, ralentit les battements du cœur, jusqu'à les supprimer. Cette chute dans les pulsations, comme l'a montré Cratiet, est brusque et ce serait là une des actions caractéristiques de l'émétine (a).
(2) Traube et ses élèves donnaient la poudre de feuilles de digitale en infusion à doses assez élevées, jusqu'à 2 grammes et plus; Hirtz la prescrivait à la dose de 1 gramme à 13,50 en infusion.
D'après Hirtz, l'administration de la digitale dans la pneumonie fait tomber le pouls, baisser la température, cesser la dyspnée
et rend plus calme la respiration.
Tony Saucerotte, Coblentz vantent beaucoup la digitale dans la pneumonie, et on parle des cas dans lesquels le médicament paraît avoir agi héroïquement.
Jaccoud donne la digitale, mais ne la considère que comme un antifébrile.
Duclos (de Tours) l'administre dans la pneumonie du jeune âge; Bucquoy, dans les formes catarrhales de la pneumonie; Gallard, dans les pneumonies dites typJioides.
Bucquoy donne par jour jusqu'à 2 grammes, et cela pendant plusieurs jours.
Trousseau prescrivait l'extrait de digitale associé au kermès et donnait des pilules contenant 10 centigrammes de kermès pour 1 centigramme d'extrait de digitale, à la dose de 10, 20 et même 25 pilules par jour (a).
(a) Pécliolier, Recherches expérimentales sur Vactlon physiologique de l'ipéca (Montpellier médical, iSQîl, t. IX, 5"20j. — Dyce-Duckworth, Edimb. Bartholom. Hosp. Reports, V, 218, 1869, et VII, 91, 1871). — D'Ornellas, Mémoire sur Vaction physiologique et thérapeutique de Vémétine (Soc. de Thérap., 14 mai 1873; Gaz. méd. de Paris, 187.3, p. 228). — Podwyssotzki, Beitr. z. Kenntniss des Emetins. Arh. ans. d. pharmakol, Institut der Univers. Dorpat {Arch. f. experim. Pathol. u. Pharmakol., Leipzig, 1879, XI, IV, 231). — Grasset et Amblard, De Vémétine et de l'atropine {Montpellier médical, août 1881, p. 101).
{h) Traube, Mémoire sur les effets de la digitale dans les maladies fébriles. — Deutsche Klinik et Annalen des Charité Krankenhauses %u Berlin, 1850. — Duclos (de Tours), Recherches sur l'action controstimula.nta de la digitale dans la pneumonie aiguë, 1856.
conisée l'un des premiers ; et de même que nous venons de voir l'École de Montpellier se faire le défenseur de l'ipéca dans le traitement de la pneumonie, de même aussi c'est à l'École de Strasbourg que revient le mérite d'avoir montré tout le parti que l'on pouvait tirer de la digitale dans le traitement des phlegmasies. Hirtz a surtout beaucoup fait pour cette méthode, et vous trouverez dans les travaux de ses élèves Kulp et Goblentz toutes les théories du maître. Gallard, Tony Saucerotte, et plus récemment encore le docteur Picot (de Bordeaux) (a) ont vanté les bons effets de la digitale dans le traitement de la pneumonie.
Je vous ai déjà longuement entretenus de l'action physiologique et thérapeutique de la digitale à propos des maladies du cœur. Je ne puis donc m'appesantir ici de nouveau sur les effets de ce médicament, mais vous comprendrez facilement que la digitale, en agissant sur la circulation, puisse avoir une action sur les deux manifestations les plus caractéristiques de la fièvre, le pouls et la température. Mais ces effets antithermiques ne s'obtiennent pas sans certains dangers et, tout en reconnaissant qu'à la dose de 1 gramme de poudre de feuilles en fusion ou en macération, la digitale peut abaisser la température, elle peut amener aussi quelquefois un trouble notable du côté du cœur. Aussi, malgré les efforts de l'École de Strasbourg, cette médication est peu employée dans notre pays.
Sulfate J'en dirai autant du sulfate de quinine (4), dont l'appli-
de quinine. . . . . , , p .
cation au traitement de la pneumonie a ete laite surtout en
(1) Il y a deux espèces de sulfate cine le sulfate neutre, qui cristallise de quinine : le sulfate neutre et le en petites houpes soyeuses formées sulfate acide. On emploie en méde- par des aiguilles prismatiques fines;
(a) Picot, Gaz. hebd. de Bordeaux, 1881. — Hirtz, Bull, de Thérap., et Dict. de méd. et de chir. pratiques. — Saucerotte, Gaz. hebd., 1868-1875. — Hanot, loc. cit. — Coblentz, Thèse de Strasbourg, 1862.
Allemagne; Vogt, Wachsmulh, Liebermeister, Jûrgensen l'ont employé avec succès. Mais le sulfate de quinine à dose thérapeutique est un médicament antithermique fort incertain^et, pour obtenir des abaissements notables dans la température, il faut atteindre des doses presque toxiques. C'est ce qu'ont fait d'ailleurs Liebermeister et surtout Jûrgensen, qui ont administré jusqu'à 5 grammes de sulfate de quinine en une seule fois dans la cure de la pneumonie. C'est là, messieurs, une pratique dangereuse et que je ne puis vous conseiller, et, sauf les cas où la fluxion de poitrine se développe sous l'influence des miasmes paludéens, l'emploi du sulfate de quinine doit être repoussé du traitement de la pneumonie.
A côté du sulfate de quinine, il faut placer, comme médicament antithermique, la vératrine (1) et le vératrum dont cet alcaloïde est extrait. Vous savez, grâce aux travaux d'Aran,
De la vératrine
et du vératrum.
il est inodore, d'une saveur très amère, peu soluble dans l'eau, soluble dans la glycérine, dans l'eau acidulée, et aussi dans 60 parties d'alcool à 60 degrés; il s'effleurit à l'air.
11 est prescrit contre la pneumonie, surtout par les médecins allemands Vogt, Wachsmuth, Than, Liebermeister, Jûrgensen.
D'après Binz, le sulfate de quinine paralyserait les globules blancs et, leur enlevant leur activité améboïde, les empêcherait de passer à travers les parois des vasculaii'es et d'aller émigrer dans l'extrémité des tissus (Hanot).
Lépine pense que l'emploi du sulfate de quinine peut empêcher la pneumonie de devenir suppurative.
On administre le sulfate de quinine soit en poudre, dans du pain azyme, soit en pilules avec de la
conserve de roses comme excipient, soit encore en potion ou en lavement, en ayant soin de la faire dissoudre avec de l'eau de Rabel.
Le sulfate de quinine est décomposé par les hydrates alcalins, le tannin, l'infusion de noix de galle l'iodure de potassium ioduré, l'iodure double de potassium et de mercure.
(1) La vératrine, découverte en 18 J 9 par Pelletier et Caventou, est extraite soit du du. vératrum album, soit du vératrum viride, soit du vératrum officinale.
Le vératrum album ou ellébore blanc (colchicacées) est une plante vivace de 1™,25 à peu près, qui croît en France, en Suisse, en Italie. Sa racine contient, d'après Caventou et Pelletier, du gallate acide de vératrine, une matière colorante jaune, de l'amidon, du ligneux, de la gomme, une substance grasse, com-
de Piedagnel, de Norwood, et surtout grâce à ceuxdeThibirtz, Faction déprimante de cet alcaloïde sur la circulation, vous ne serez donc pas étonnés que l'on ait conseillé cet alcaloïde dans le traitement de la pneumonie; on emploie dans ce cas la vératrine sous forme de granules de 1 milligramme, et l'on ne doit jamais dépasser dans ce cas la dose de 3 à 5 milligrammes. Le plus ordinairement on utilise leveratrum viride très répandu en Amérique. Hirtz, Zuber, Oulmont nous ont montré les avantages de cette médication, qui consiste à prendre de 4 à 6 gouttes de teinture de veratrum. viride.
L'emploi de la vératrine et du veratrum viride dans le traitement de la pneumonie a eu peu de succès, du moins dans notre pays, et ceci résulte du danger de cette médication, qui amène rapidement des vomissements et du collapsus sans
posée d'oléine, de stéarine et d'un acide volatil.
Le veratrum officinale (colchicacées) croît aux environs de Vera- Cruz : il contient, d'après Gaventoa et Pelletier, une matière grasse composée d'oléine et stéarine, un acide organique,- une matière colorante jaune, et enlin du supergallate de vératrine.
Le veratrumviride croît aux États- Unis, comme le veratrum album, il appartient à la famille des colchicacées (qu'on retrouve dans les plantes de la famille des raélanthacées).
La vératrine est une poudre blanche ou verdàtre, d'un goîit amer et acre, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool; elle fond à 115 degrés.
D'après BuUock (de Philadelphie), elle serait un corps complexe formé de deux alcaloïdes associés à une résine : la véridine et la vératroïdine; cette dernière, d'après Wood, serait émétique et cathartique, la véridine ne purgeant ni ne faisant
vomir. Contrairement à beaucoup d'expérimentateurs, Oulmont entre autres, Wood considéra la résine comme absolument inerte.
La vératrine est très irritante ; aspirée par les narines, elle donne lieu à des éternuements, à du coryza; en friction sur la peau saine elle produit d'abord de la chaleur, puis de la cuisson. Prise à dose moyenne à l'intérieur la vératrine provoque des nausées, des vomissements, des coliques, de la diarrhée séreuse.
Absorbée et portée dans la circulation, elle diminue la sensibilité, ainsi que la respiration, ralentit les mouvements du cœur, et abaisse la température.
A dose élevée, elle produit des étourdissements, de l'oppression, de l'anxiété, de la suffocation, des vomissements violents, du refroidissem-ent des extrémités ; le pouls devient misérable, des convulsions tétaniques arrivent, puis l'asphyxie et la mort.
pour cela modifier notablement la fièvre, ni diminuer la durée de la pneumonie.
J'en aurai fini avec les médicaments qui produisent la diminution du pouls et de la température et qui agissent comme antithermiques, lorsque je vous aurai parlé de l'application de la réfrigération directe aux malades atteints de pneumonie.
Quoiqu'il y ait eu, il y a bien longtemps, des tentatives faites ^^^■J''^^.^■^^^ au point de vue de l'application du froid au traitement des m^'--
■"■ ■'^ ■*■ la pneumonie.
maladies inflammatoires, cette pratique n' es tjj devenue courante que depuis que Brand, Liebermeister, Lebert (de Breslau), Fisraer (de Baie), Vogel (de Berne), et Jûrgensen (de Kiel), nous out montré que l'on pouvait, par les bains froids, traiter et guérir les pneumoniques (1).
Pour Prévost, la vératrine est un teinture obtenue en faisant macérer
poison musculaire, un poison du pendant quinze ou vingt jours 250
cœur, et, pour Hirtz, la vératine agi- grammes de''racines sèches dans 500
rait comme excitant du pneumogas- grammes d'alcool. La dose est de 4,
trique et du cœur. 5, 6 gouttes et on augmente par
La vératrine s'élimine par les gouttejusqu'à production de nausées
reins. et de ralentissement -du pouls, et
D'après les recherches de Labbé, l'on diminue alors de moitié, l'action physique du médicament se Norwood associe cette teinture à la
fait sentir deux ou trois heures après scille. Bernhein fait prendre toutes
l'administration du médicament. les heures une pilule de 0,005 jus-
Pour Kocher, l'abaissement de la qu'à ce que le malade ait absorbé de
température dure sixheures et demie. 0,020 à 0,030 {a).
La teinture de vératrine (Magendie) (1) Depuis 1850 Vogel '(de Berne)
contient: vératrine, 0,20; alcool, emploie les bains froids dans la pneu-
30 grammes : elle se donne à la dose monie ; Liebermester et Lebert (de
de 10 à 28 gouttes (Gubler) dans de Breslau) suivent aussi cette méthode,
l'eau sucrée ou dans une potion D'aprésMayer (1870), grâce aux bains
gommeuse. froids, la mortalité des pneumonies
En Amérique, on fait usage d'une qui était de2/A pour 100, seraittombée
(a) Aran, Bull, de Thérap., 1853. — Fournier, Union médicale, 1855. — Nawroski, Dissertation, Berlin, 1858. — Kocher, Dissertation, Wurtzbourg, 1866. — Norwood, American Médical Monthly Journal, 1861. — Drasche, Wiener med. Zeitung, 1861. — Linon, Thèse de Stra.sbourg, 1869. — Alt, Deutsche Archiv. fur klin. Medicin, 1871. — Hanot, Thèse d'agrégation, 1880, p. 230.
398 LEÇONS DE GLiNlQUE THERAPEUTIQUE.
Cette pratique, messieurs, est restée limitée à l'Allemagne et à la Suisse. Vous n'ignorez pas les longues discussions qui se sont élevées dans nos sociétés savantes à propos de l'application de la méthode de Brand au traitement de la fièvre typhoïde; vous n'ignorez pas non plus qu'après un débat contradictoire, les quelques tentatives qui avaient été faites dans nos hôpitaux ont cessé et qu'aujourd'hui la méthode de traitement par les bains froids compte en France de bien rares partisans. Parmi les inconvénients qu'on avait surtout observés dans l'usage de ce mode de traitement, on plaçait en première ligne le développement de pneumonies qui, au lieu d'être atténuées par cette méthode, prenaient une marche rapidement mortelle. On comprend donc les justes motifs qui ont mis en suspicion l'emploi des bains froids dans la
à 8,8 pourlOO. Fismer (de Bâle) dit sa fille âgée de dix-neuf mois, et lui
aussi avoir obtenu une diminution de fit prendre pendant dix minutes des
la mortalité de 8,7 pour 100. bains dont il abaissait la tempéra-
Jûrgensen (de Riel) suit la méthode ture jusqu'à 3°, 60.
suivante : Pour les malades âgés ou faibles,
Si la température axiflaire dépasse il ordonne les bains tièdes de 20 à
39 degrés, le malade est plongé dans 24 degrés Réaumur, pris le matin de
un bain de 22 degrés, qu'on refroidit bonne heure et dans lesquels ils res-
progressivement jusqu'à 16 degrés. tent de 20 à 30 minutes.
Après avoir laissé le malade de sept Après comme avant le bain, Jûr-
à vingt-cinq minutes dnns le bain ; gensen fait prendre aux malades,
on obtient un abaissement passager suivant l'état du pouls, une ou trois
de la température. Deux heures cuillerées de vin de Madère, Porto ou
après le thermomètre remonte au Champagne.
degré primitif et l'on donne un En Allemagne on emploie aussi les
deuxième bain, et ainsi de suite. compresses d'eau froide appliquées
Jiïrgcnsen a soumis à ce traitement surlethorax,contrelepointducôté(a).
(a) Lieberraester, Jahresbericht, 1869, Band. U, p. 125. — Jûrgensen, Grundsàtze fur die Behandlung der Croupôson Pneumonie Volkmann, Sammlung klinischer Vortrœge, n" 45. — Fismer, Die Resultaten der KaUwasserhegandlung bei der acuten Croupôsen Pneumonie, von 1867 bis 1871. Deutsch. Archiv. fur klinische Medicin, Band IX, Leipzig, 1875. — Lewin, Compresses froides Hygioea. 1876. — Samuel James, American Journal of Med. Sciences, 1877, vol. Il, p. 54, — Dunsburg, Hydriatische Behandlung, Wiener Med. Presse, 1878, n° 2. — Winternitz. Die Hydrothérapie and physlologische und klmischer Grund lage, Vortrœge fur Praktische Aertae und Studirent. Wien., 1877-1879. — Labadie et La-
toniques.
pneumonie franche; mais l'exclusion dont je vous parle ne doit frapper que les bains froids, les bains chauds ou tièdes pouvant vous donner, comme je vous le montrerai pour la pneumonie des enfants, d'excellents résultats.
En opposition a toutes ces médications, qui toutes agissent médications en déprimant l'économie au point d'abaisser le pouls et la température, il faut placer les médications toniques dont le type est représenté par la médication alccoolique. Le célèbre médecin anglais Todd, en introduisant l'alcool dans le traitement de la pneumonie, a produit, il faut le reconnaître, une véritable révolution .
Ce traitement a d'abord pour lui les résultats très nets de la statistique ; reportez-vous en effet aux chiffres donnés par Jaccoud (1) et vous verrez que tandis que les pneumonies
(J) Voici la statistique publiée par le docteur Jaccoud (a) :
Pneumonies traitées par la saignée.
Relevés d'Edimbourg 698 cas. Mortalité Si. 52 pour 100.
— de Dietl 95— Mortalité 20.40 —
De l'alcool.
Total 793 cas. Mortalité 27.00 pour 100.
Pneumonies traitées par le tartre stibié seul.
Relevés de Rasori 648 cas. Mortalité 22.06 pour 100.
— de Dietl 106— Mortalité 20.76 —
Total 754 cas. Mortalité moyenne. 21.38 pour 100.
Pneumonies traitées par le traitement mixte.
Expectation dans les cas légers, saignée et émétique dans les cas sérieux. (Résultats groupés de Laënnec, Grisolle, Skoda).
Mortalité maximum 16.00 pour 100.
— minimum 12.05 —
Pneumonies abandonnées à elles-mêmes.
(Expectation pure).
Relevés de Dietl 189 cas. Mortalité............ 7.4 pour 100.
Pneumonies traitées exclusivement par la médication tonique. Relevés de Bennet 129 cas. Mortalité 1.10 pour 100.
grave, Du froid en thérapeutique. Thèse de concours pour l'agrégation, 1878. Hanot, Traitement de la jmeumonie. Thèse d'agrégation, 1880, p. 233. («) Jaccoud, Leçons de clinique professées à l'hôpital de la Charité, p. 70.
mO LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
traitées par les saignées donnent une mortalité moyenne de 27 pour 100, cette mortalité n'est plus que de 3,10 pour 100 lorsqu'on emploie les toniques.
A l'égard de cette statistique, je vous renvoie à ce que je vous ai dit à propos de l'application de cette méthode numérique pour juger les résultats des médications. Pour vous montrer combien ces moyennes peuvent être différentes, je vous dirai qu'à Paris, dans nos hôpitaux, dans le premier trimestre de l'année 1881, d'après les rapports si intéressants faits à la Société médicale des hôpitaux sur les maladies régnantes par notre secrétaire général, le docteur Ernest Besnier, la mortahté dans la pneumonie a été de 24 pour 100; cependant le plus grand nombre de nos collègues, si ce n'est tous, emploient contre la pneumonie ce traitement tonique. Entre le chiffre, signalé par Jaccoud, de 3 pour 100 et celui de 24 pour 100, la différence est grande; elle résulte simplement de ce fait : c'est que les pneumonies, au début de cette année, ont présenté, par suite des conditions chmatériques qui les ont provoquées, une haute gravité.
Comment pouvons-nous expliquer l'action favorable de l'alcool dans la pneumonie? C'est là une question fort importante et sur laquelle je vous demande la permission de m'arrêter quelques instants.
De l'action Depuis bicu des années, je m'occupe avec une certaine 'dTraicolTr persévérance de cette action des alcools, et, quoique je n'aie pas encore la solution complète de ce problème physiologique, je crois cependant que l'on peut, dès aujourd'hui, affirmer que l'alcool agit de trois façons : comme aliment, comme médicament antidéperditeur et enfin comme tonique. Examinons chacune de ces propriétés.
L'alcool agit comme aliment; c'est là un des points les plus controversés de l'action physiologique de cette substance. Vous savez, en effet, qu'il existe à cet égard deux opinions
très tranchées; les uns soutiennent que la plus grande partie de l'alcool ingéré est comburé dans l'économie, c'est l'opinion défendue par Liebig, Bouchardat et Sandras; les autres, comme Perrin, Lallemand et Duroy, prétendent au contraire que l'alcool ne subit aucune modification dans nos tissus. On a invoqué, à l'appui de chacune de ces opinions, des raisons chimiques et des raisons physiologiques; je ne veux, dans cette leçon consacrée à la pneumonie, vous les exposer dans leur entier (i), mais ce que je puis vous dire, et cela
(l) Les preuves que l'on a invoquées pour soutenir la combustion ou la non-combustion de l'alcool dans l'économie sont de deux ordres, les unes chimiques, les autres physiologiques.
La chimie semble donner complètement raison à la théorie de la noncombustion.
Lorsque l'on fait, en effet, l'examen des excrétions, ou bien celui des viscères chez les alcooliques, c'est en nature que l'on retrouve l'alcool, et l'une des récréations les plus nettes à cet égard est à coup sûr celle que l'on obtient par la dissolution d'un bichromate alcalin par l'acide sulfurique. L'acool réduit l'acide chromique en un oxyde vert de chrome, et de rouge qu'était le liquide il devient d'un vert émeraude des plus nets.
Notons cependant qu'à propos de ces réactifs, Anstie et Dupré ont soutenu qu'il pourrait donner lieu à des erreurs, et que les personnes qui n'ont absorbé aucune trace d'alcool présentent dans l'urine une substance qui agit comme l'alcool sur le bicarbonate de potasse.
D'ailleurs, dans ces recherches, les causes d'erreur sont nombreuses, surtout lorsqu'on veut démontrer la présence par l'analyse d'un des dé-
CLINIQUE THÉIUP., i" édit.
rivés de la combustion alcoolique, soit les aldéhydes, soit l'acide acétique.
Dans les expériences faites par Dujardin-Beaumetz et Jaillet pour étudier cette question, ils avaient cru trouver dans les viscères de l'homme et des animaux empoisonnés par l'alcool éthyliquedel'aldéhy de, et avaient même obtenu dans l'une de leurs expériences la réduction en miroir du nitrate d'argent, qui est une des caractéristiques de l'aldéhyde éthylique; mais l'examen plus attentif des faits a montré à ces expérimentateurs que cet aldéhyde pouvait bien provenir de sa présence, à l'état normal, dans un grand nombre de boissons alcooliques.
Ils ont alors cherché à résoudre le problème eu employant des alcools plus élevés dans la série, et en particulier l'alcool amylique ; mais les difficultés mêmes des recherches n'ont pas permis de donner une solution définitive.
Depuis, Jaillet a démontré qu'en faisant passer un courant d'oyygène sur le sang additionné d'alcool, on transformait ce dernier en acide acétique.
Quant aux preuves physiologiques, elles ont porté surtout sur les effets de l'alcool, sur les combustions de ji. — 2(;
parce que j'ai étudié cette question sous toutes ses faces, c'est qu'il est impossible de fournir une solution expérimentale directe de ce problème.
Oui, nous retrouverons bien l'alcool en nature dans les tissus et dans les excrétions; l'analyse que nous avons faite, dans notre service, des viscères de cet homme qui, après avoir tué ses deux fils, s'était suicidé en avalant un litre d'eau-de-vie de marc, nous a montré la présence de cette eau-de-vie en notable proportion dans le cerveau, la moelle, les reins, le foie, les poumons, mais la quantité que nous avons trouvée égalait-
l'écoiiomie et en particulier sur la température ; mais ici encore les opinions sont contradictoires.
Lorsqu'on administre des quantités considérables d'alcooI,l a température s'abaisse considérablement, et dans les expériencee de Dujardin-Beaumetz et Audigé, on voit, sous l'influence de doses massives d'alcool, la température s'abaisser de 15 à 18 degrés.
Lorsque les doses sont beaucoup moins considérables, on a constaté aussi ce même abaissement; ainsi Bocker, Dupré et Anstie, et surtout Frantz Riegel, ont noté que, même à très faibles doses (40 à 80 grammes par jour), il y avait un abaissement constant de la température.
Cependant, pour être exacts, ces résultats étaient opposés à ceux qu'ont obtenus Parker et Wollowicz, qui ont montré que, chez l'homme, l'administration de 28,4 centimètres cubes à 56,8 centimètres cubes d'alcool par jour, n'a pas occasionné la diminution de la température, et cela à l'état physiologique comme à l'état pathologique.
Tels sont les faits qu'ont invoqués les partisans de la non-combustion de l'alcool.
Cependant, il est une objection sérieuse que leur ont faite leurs adversaires : c'est de ne pas avoir fixé d'une manière précise l'espace qui sépare le moment où l'on a introduit les alcools et celui où l'on a pris la température.
Chez les animaux, Dujardin-Beaumetz et Audigé ont toujours constaté, même en employant des doses considérables d'alcool, qu'il existe une période qui suit immédiatament l'ingestion des boissons alcooliques, pendant laquelle il ne se produit pas d'abaissement de la température, quelquefois même c'est une élévation thermométrique que l'on constate. Cette période, dont la durée varie avec la quantité d'alcool adm.inistré, devient très courte et à peine appréciable, lorsque la quantité de poison est énorme. Cette augmentation de la température correspond à la période d'excitation, mais cesse dans les périodes de résolution et de collapsus.
Aussi a-t-on invoqué d'autres arguments, qui portent, cette fois, sur la quantité d'acide carbonique exhalé et la quantité d'urée sécrétée. C'est Maurice Perrin qui a fait surtout ces expériences sur lui-même. Le dosage
DU TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE. iOS
elle celle qui avait été introduite? C'est là toute la question. Aujourd'hui, grâce aux expériences de mon interne en pharmacie, Jaillet, on est en droit d'affirmer que l'alcool se transforme dans l'économie. Jaillet a démontré, en effet, que, en présence de l'hémoglobine et de l'oxygène, l'alcool se transformait en acide acétique. Cette réaction qui se produit dans nos appareils de laboratoire (a) doit aussi se réaliser lorsque l'alcool est introduit dans l'économie et passe dans le sang. L'alcool est donc un aliment; on peut ajouter que c'est un aliment antidéperditeur.
de l'acide carbonique se faisait au moyen de la méthode des pesées.
On se servait de boissons alcooliques, telles que le vin rouge, le vin blanc, la bière, et toujours on a observé une diminution de l'acide carbonique exhalé après ring,estion de ces différentes boissons. Cette diminution dans la production de l'acide carbonique est à son maximum trois heures environ après l'ingestion, et au bout de cinq heures cette influence paraît terminée.
Quant au dosage de l'urée, il y aurait un léger accroissement sous l'influence des boissons alcooliques dû non pas à ce qu'il y ait accroissement des combustions, mais bien parce que ces boissons stimulent le rein et augmentent la quantité d'urine produite.
Comme on le voit, les résultats physiologiques, tout en donnant raison jusqu'à un certain point aux partisans de la combustion de l'alcool dans l'économie, ne jugent pas complètement cette question. Tout le monde, en eff^et, est d'accord pour admettre que l'alcool agit en nature sur les centres nerveux pour y déterminer les phénomènes d'excitation et de dépression que l'on observe; mais on peut se demander si, au début de l'expérience, dans la période d'ébriété, ce sentiment de chaleur et de bien-être qui l'accompagne, et que l'on recherche quelquefois dans les boissons alcooliques, n'est pas dû à la combustion d'une quantité d'alcool, quelque faible qu'on la suppose (6).
(a) Jaillet, De la transformation de l'alcool dans V organisme {Bull, de Thérap., 11 août 1881. p. 121).
(b) Dujardin-Beaumetz et Audigé, Recherches expérimentales sur les alcools. — Grancher, Des toniques. Thèse d'agrégation, Paris, 1875. — Geoffroy, De Vaction de Valcool. Thèse d'agrégation, Paris, 1875. — Lallemand, Perrin et Duroy, Du rôle de l'alcool, Paris, 1860, et Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1" août 1864'. — Béhier, De l'alcool, article du Dictionnaire encyclopédique. — Frantz Riegel, Ueber den Einfluss des Alcohols auf die Kôrperwarme, in Deutsche Arch. f. klin. Med., 1873. — Parker et G. Wollowicz, Proceed. of the Royal Soc. of London, t. LXXXVUI, p. 363. Analyse dans Arch. de méd., mai 1873, p. 629. — Dujardin-Beaumetz, article AicooL du Dictionnaire de Thérapeutique.
404 LEÇOlNS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
Pour subir ces transformations successives, l'alcool puise en effet son oxygène clans le sang et en particulier dans les globules qui le contiennent, et si la dose est trop considérable, elle empêche l'hématose de se faire et l'individu meurt asphyxié. En retirant ainsi au sang l'oxygène nécessaire à sa transformation en acide acétique, l'alcool diminue les combustions de l'économie et c'est probablement ainsi qu'il abaisse la température chez les individus atteints de fièvre. Enfin, l'alcool agit en nature sur le centre cérébro-spinal et y détermine des phénomènes d'excitation et de tonicité, et c'est ainsi que nous pouvons expliquer son action tonique et stimulante.
Action L'alcool présentera donc au point de vue thérapeutique les
thcrapeuti(|uo . ,. , . ., . , ,.
de l'alcool, trois qualités suivantes : il agira comme médicament tonique, comme antidéperditeur, comme aliment. On comprend facilement les avantages d'une pareille médication dans la pneumonie; l'alcool nous permettra en effet de soutenir notre malade, de le tonifier sans augmenter sa thermalité et même en abaissant cette dernière. J'ai soutenu au congrès de Bruxelles, en 1875, avec Semmola (de Naples) et contre Dosguin et Grocq, qui s'élevaient contre l'emploi de l'alcool dans le traitement de la pneumonie, que de tous les antithermiques, le moins dangereux était à coup sûr l'alcool.
D'ailleurs, cette question de l'application de l'alcool à la médecine, et en particulier à la pneumonie, est une des questions les plus délicates de la thérapeutique et nous montre combien il est difficile de passer, sans secousse, du terrain expérimental au terrain clinique. Je partage à cet égard les idées de Peter, lorsqu'il nous montre la grande différence qui existe entre un animal dont on abaisse expérimentalement la température, en lui introduisant de Falcool, et un malade atteint de pneumonie chez lequel, par les mêmes moyens, on ramène la température vers la normale ; c'est en empoison-
DU TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE. 'i05 ,
nant le premier et en guérissant le second qu'on obtient ces résultats.
L'expérimentation, en effet, n'apprécie sur les animaux que les effets toxiques de la substance q^i'elle étudie; bien rarement elle peut en observer les effets thérapeutiques, et comme je vous le disais au début de ces leçons, il existe bien une toxicologie expérimentale et non une thérapeutique expérimentale; conclure de ce qui se passe chez les animaux, que l'on empoisonne par l'alcool, à ce qui se passe chez l'homme atteint d'hyperthermie, que. l'on traite par le médicament, serait commettre une profonde erreur. Il nous faut donc, pour juger cette question, nous en rapporter à la clinique et à l'observation des malades, qui nous montrent que dans certaines conditions déterminées, conditions que je vous exposerai lorsque je vous donnerai les indications et contre-indications du traitement de la pneumonie, l'alcool donne d'excellents résultats.
Cette médication par l'alcool a-t-elle des inconvénients? Des
^^. , ,,. ,. • I- T\ inconvénient
Uui, et ce sont les medecms anglais, et en particulier Drys- de rakooi dale et Keer, qui les ont les premiers signalés. L'emploi de l'alcool chez les malades atteints de fièvre déterminerait chez eux le goût des spiritueux, et l'on a vu particulièrement des femmes devenir alcooliques à la suite du traitement de leur pneumonie.
Vous savez, messieurs, la vivacité de la iutte qui existe en Angleterre contre les abus des boissons spiritueuses : les sociétés de tempérance ne cessent, avec une ardeur qui mérite tous nos encouragements, de combattre les progrès toujours croissants de l'alcoolisme. On comprend que de pareils résultats aient effrayé outre mesure les partisans des ligues de tempérance. Mais ce sont là, il faut le reconnaître, des faits exceptionnels, et il existe pour moi un inconvénient beaucoup plus grave de l'usage des alcools à haute dose; ce sont les
Do l'expectation
Des
médications
diverse*.
perturbations qu'ils peuvent occasionner dans le tube digestif, surtout lorsque ces alcools sont de mauvaise qualité. Je reviendrai d'ailleurs sur ce point dans ma prochaine leçon.
A côté des grandes médications dont je viens de vous tracer l'histoire, il faut placer l'expectation, c'est-à-dire la doctrine qui veut qu'on laisse la pneumonie évoluer sans diriger contre elle un traitement actif.
Je vous ai déjà signalé que l'un des premiers résultats de la statistique dans l'étude du traitement de la pneumonie avait été de nous montrer que l'expectation pure donnait des résultats plus avantageux que l'emploi des médications énergiques, et Skoda, Dietl en Allemagne, Magnus Huss en Norvège, Bennet en Angleterre, et Laboulbène en France, ont produit de nombreuses statistiques démonstratives de ce fait.
Mais depuis l'introduction des médications toniques, l'expectation pure a perdu beaucoup de ses partisans, et nous verrons par la suite de ces leçons que, si l'expectation est la conséquence logique de la marche cyclique de la pneumonie, cette expectation ne peut être érigée en méthode thérapeutique, car, selon les circonstances et selon les complications, le devoir du médecin est d'intervenir.
Permettez-moi de terminer cette leçon en vous énumérant à côté des grandes médications dont je vous ai tracé l'histoire les médications diverses qui ont encore été conseillées contre la pneumonie. C'est ainsi que l'on a conseillé : l'acétate de plomb, qui a été surtout vanté par Strohl (1) et par Leudet :
(1) Strohl proposait la formule suivante :
Acétate neutre de plomb. 30 cent.
Eau distillée. 100 gr.
Sirop blanc 20
A prendre dans les vingt-quatre h .
par cuillerées toutes lesdeuxheures.
11 obtiendrait par ce moyen une guérison rapide, et il a publié des statistiques favorables.
Cette médication a déjà été employée en Allemagne, surtout par Ri*her (a).
a) Strohl, Gaz, rnéd. de Strasbourg, 1860.
t. Lxvin.
Leudet, Bulletin de Thérapeu-
l'acide phénique, dont s'est servi Grennway (1); l'acide salicylique, conseillé par James; les mercuriaux, dont Salvator Avigo (2) s'est fait le défenseur; les sels d'amœoniaque et
(1) L'acide pbénique, ou phénol, alcool phénique ou phénylique, hydrate de phényle, acide carbonique, est un produit de la distillation de la houille, découvert par Runge en 1834. 11 cristallise en longues aiguilles incolores fusibles, de 34 à 35 degrés, peu solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, l'éther, la glycérine, les huiles fixes et volatiles; d'une odeur forte, désagréable, rappelant celle du castoréum.
Employé à l'extérieur en solution pour pansement des plaies, lotions, pulvérisations, injections vaginales, désinfectant, il est la base du traitement de Lister. Il est donné aussi à l'intérieur dans certains cas de fièvre typhoïde, fièvre puerpérale, injection purulente ; on le prescrit en potion, sirop, à la dose de 50 centigrammes à 1 ou 2 grammes et plus ; le sirop phénique contient 2 centigrammes pour 20 grammes de sirop.
Henri Greenway (de Piymouth) considère l'acide phénique comme un ancre de sûrelé (sheet-anchor) dans le traitement de la pneumonie et de la bronchite sans complication chez les malades de tout âge.
A la formule qu'il donne pour l'adulte, on ajoute, pour les vieillards, 12 grammes de teinture composée de quinquina.
Henri Greenway (de Piymouth) l'a prescrit de la façon suivante :
Glycérine phéniquée 8 gr.
Extrait d'opium liquide.. 30 Eau-de-vie camphrée. .. . 200
A prendre une cuillerée à bouche dans de l'eau toutes les quatre à six heures (a).
(2) Le calomel a été donné dans la pneumonie autrefois à doses fractionnées.
En Italie, il a été administré sous forme d'injections hypodermiques par Giovanni Fiorani,Arigo et Rosetti.
Rosetti fit des injections de 10 centigrammes dans vingt-sept cas de pneumonies; et dit que le calomel est surtout indiqué dans la pneumonie parenchymateuse, et que l'injection doit être pratiquée du septième au huitième jour et même jusqu'au dixième jour, moment oïi l'on prescrirait la poudre de Plummer ou le calomel pris par la bouche ; chez les femmes l'injection peut se borner à 5 centigrammes dans de l'eau gommeuse.
Pour Rosetti, les injections sont inutiles, sinon dangereuses dans la pleuro-pneumonie avec épanchement séreux ou séro-membraneux dans la plèvre.
Salvatore Arigo traite par les injections d'abord les malades chez lesquels tout autre traitement était impossible et chez lesquels les symptômes étaient les plus graves ; plus tard il applique ce traitement à tous les pneumoniques indistinctement et à tous les degrés de la maladie.
Rarement il eut à faire plus de trois injections : entre chacune il laissaitun intervalle de quarante-huit à soixante-douze heures.
Il a noté que cinq à six heures
(a) Kunze, Deutsche Zeitschrift, U Greenway, BrUish Med. Journ., 1877.
Canerosi, Practitionner, 1877. —
en particulier ie carbonate d'ammoniaque (1), qui, suivant Patton, aurait guéri quatre-vingt-quatorze pneumonies sur
après l'injection la température du malade s'abaisse de 1 degré à 1 degré et demi, le pouls devient plus mou et moins fréquent, la peau plus humide et la respiration moins brève.
Il dit de plus que l'examen stéthoscopique dénote une amélioration notable, et que souvent une partie du poumon présentant déjà le souffle caractéristique de l'hépatisation n'offre plus à l'oreille, trente-huit à quarante-huit heures après, que le râle appelé râle de retour (a).
(1) Patton donna le carbonate d'ammoniaque dès les premiers jours de la maladie, et dit avoir constaté que l'excitation fébrile et la chaleur de la surface cutanée furent promptement diminuées, le pouls devint moins fréquent, mais plein et fort, la température baissa, la peau devint moite, la dyspnée cessa et les respirations devinrent moins fréquentes.
Wetherspoon, à l'exemble de Patton, donne avec succès le carbonate d'ammoniaque (1 mort sur 72 cas) ; Stevens par le même traitement accuse une mortalité de 1 cas sur 35 cas.
Pour Patton le carbonate d'ammoniaque agit en diminuant l'hypercirose, rend les crachats moins visqueux et facilite l'expectoration.
Donné de bonne heure, le carbonate d'ammoniaque aurait une action manifeste sur la marche de l'inflammation, il amènerait une prompte résorption des exsudats.
Le sous-carbonate de potasse a été employé par Mascagni et Lemaire, qui ont obtenu par ce médicament une diminution de la fièvre.
Popham (de Cork) a administré le bicarbonate de potasse à la dose, répétée cinq ou six fois dans les vingtquatre heures, de 325 milligrammes chez l'enfant à lo'',94 chez l'adulte.
Dans les vingt-huit cas traités par Popham on constatait, dans la majorité des cas, un changement dans l'expectoration, qui devient de plus en plus facile et dans la toux qui de rude, sèche, irritante devient douce; la fréquence du pouls diminue et la température baisse. Dès le troisième jour les urines augmentent de quantité, perdent leur coloration foncée et offre.nt une réaction alcaline.
Le traitement est contre-indiqué lorsqu'il y a de l'irritation de l'estomac ou du tube digestif.
Waters a donné avec le carbonate de potasse l'éther chlorhydrique, ou le carbonate d'ammoniaque.
Grimshaw et Moore prescrivent 1 gramme de nitrate de potasse et 30 centigrammes de quinine toutes les trois heures.
Le carbonate d'ammoniaque souscarbonaté, alcali volatil concret; sel volatil d'Angleterre, est un sel blanc, cristallin, d'une odeur ammoniacale prononcée, d'une saveur acre, piquante, soluble dans deux fois son poids d'eau, insoluble dans l'alcool.
Il entre dans la composition des
(a) Kissel, Canstatt's Jahrbûcher, 1852. — Wurcherer, Canstatts Jahrbùcher, 1860, — Wittich, Canstatt's Jahrliicher, 1850. — Avigo, Gaz. med. di Lomhardia, 1874. — Schûtzenberger, Fragments d'études cliniques et pathologiques, 1879. — Strigo, Injections sous-cutanées de calomel (Gaz. med. di Lomhardia, 1874).
quatre-vingt-seize cas. Enfin, l'aconit (1) et l'ergot de seigle, qui ont été aussi employés contre la pneumonie (2).
Enfin, je vous signalerai, en terminant, les médications que l'on peut qualifier d'extraordinaires et qui consistent, les unes, à faire inhaler du chloroforme aux pneumoniques,
Des
médications
extraordinaires.
gouttes céphaliques anglaises, de l'alcool aromatique de Sylvius, etc.
Se donne à l'intérieur en solution à la dose de 30 centigrammes à 2 grammes; ou en pilules.
Le bicarbonate de potasse, ou carbonate saturé, est un sel blanc, cristallisé en prismes romboïdaux inaltérables à l'air, solubles dans 3 parties d'eau froide ; sa saveur est alcaline sans âcreté.
Il entre dans la préparation de la potion de Rivière (a).
(1) L'aconit, dont l'histoire et les propriétés ont été décrites, tome ["'', page ] 1 i, a été fort préconisé comme antipyrétique. W. Dobie, dans quatre cas de pneumonie grave chez des sujets âgés de 4.2, 68, 20 et à ans a obtenu de bons résultats de son emploi; Dobie fait remarquer que c'est dans les vingt-quatre heures qui suivirent le début de la maladie que l'aconit fut donné et que c'est à cette époque qu'on en obtient les meilleurs effets.
De son côté, W. Foc a expérimenté ce médicament et dit n'en avoir pas constaté les bons effets ; Tessier avait déjà aussi essayé sans succès l'aconit dans la pneumonie (b).
(2) Dans cinq cas de pneumonie, traités au moyen de l'ergot de seigle par Wycisk, aucun n'eut de terminaison fatale, ne devint chronique
ou ne laissa après de lésions appréciables. Scearce obtint les mêmes résultats et administrait le médicament à la période congestive par doses de 2 grammes environ, répétées jusqu'à amélioration ou production des phénomènes d'ergotisme,: dilatation des pupilles, vertiges, hébétude, sensation de plénitude cardiaque.
En 24 ou 36 heures la douleur était calmée, dit^il; la température, le pouls rapide, la dyspnée, revenaient à l'état normal, l'expectoration diminuait de quantité et cessait d'être teintée de sang. Enfin, au lieu d'attendre de 7 à 9 jours pour l'évolution de la maladie, comme cela a lieu pour le traitement habituel, les malades étaient entièrement guéris dans la moitié de ce temps.
Yeraan obtient, par le seigle, un succès très rapide (3 jours) chez un malade présentant des phénomènes généraux très marqués. T. Wels se loue aussi de l'emploi du seigle, mais il ne le donne pas exclusivement; tantôt il faisait des injections souscutanées d'ergotine, tantôt il donnait l'extrait fluide associé à la digitale et à l'acétate de plomb; de toute façon il prescrit d'abord 0,iO à 0,50 centigrammes de sulfate de quinine, pour régulariser, dit-il, la circulation pulmonaire, diminuer la congestion et l'inflammation.
(a) Lemaire, Bull, de Thérap., 1852. — Popham, Diitish Med. Journal, 1867. — Waters, British Med. Journal, 1867. — Grimshaw and Moore, Journal of Med. Science, Dublin, 1874. — Patton, American Journal of Science, 1870.
[h] Dobie, Practitioner, juin 1879, p. 401, et Bull, de Thérap., XCVIil, 238.
comme l'ont fait Wucherer, Bamngartner, Uebing, Warentrapp. Clément, Smoler, Valentini (4), et les autres, à administrer, comme l'a fait Mendini (2), de la cantharide aux pneumoniques : on a même été jusqu'à pratiquer des saignées locales directement dans le poumon au moyen de l'appareil aspirateur de Dieulafoy.
Je viens de faire passer sous vos yeux la plupart des médications proposées contre la pneumonie, en un mot, je vous ai fait connaître les armes dont vous pouviez vous servir; mais quel usage devez-vous en faire? c'est ce que je me propose de vous dire dans ma prochaine leçon, en vous parlant des indications et contre-indications du traitement de la pneumonie.
Boggs, Hanfielcl Jones, ont em- forme jusqu'à produire la somnolence
ployé aussi l'ergot; mais, pour ce et on a soin de renouveler cette dose
dernier observateur, il ne peut pas toutes les deux à trois heures. Cette
trop compter sxir son action. médication calmerait la douleur et la
Holmes a montré que le seigle er- toux et faciliterait l'expectoration,
goté en injections sous-cutanées et Valentini recommande de ne pas
intra-veineuses amène l'oblitération employer cette médication ni chez
incomplète des vaisseaux du poumon les vieillards, ni chez les enfants (6). et que cette contraction des vaisseaux (2) Mendini, lorsque la pneumonie
pulmonaires, en empêchant le sang est réellement inflammatoire, le ma-
d'arrêter dans le ventricule gauche, lade plétorique, la réaction bien
abaisser la tension artérielle (a). marquée, faitprendre, en vingt-quatre
(1) Voici comment, d'après Jansen, heures, une décoction de 80 eenti-
on devrait employer le chloroforme grammes àl gramme decantharides
dans la pneumonie : dans 250 grammes d'eau additionnée
On applique sur la bouche et le nez de 500 grammes d'émulsion d'aman-
du malade un tampon d'ouate ren- des et de 180 grammes de gomme
fermant 20 à 30 gouttes de chloro- arabique (c).
(«) Wycisk, Alleg. Med. Central. Zeitung, 1875. — Scearce, Treatm. of Pneumonia by Ergot [British Med. Journ., 1877). — Yeaman, Practitionner, 1878. — Boggs, British Med. Journ., 1879. — Hanot, Thèse d'agrégation, 1880.
{h) Warentrapp, Henle und Pteufer's Zeitschrift. — Valentini, Journal de Lyon, 1867.
(c) Mendini, Médical Times and Gazette, 1846. — Finn, London Médical Record, 1879.
QUATRIÈME LEÇON
Sommaire. — Des indications dans le traitement de la pneumonie. — Pneumonie franche simple. — Conduite du médecin. — De l'expectation raisonnée. — De la résolution des phénomènes locaux. — Des vésicatoires dans la pneumonie. — Avantages et inconvénients. — De l'action des vésicatoires. — Action révulsive. — Action résolutive. — Des expectorants dans la pneumonie. — Leurs rôles. — De l'ipéca. — Du traitement des symptômes locaux. — Du point de côté. — De la dyspnée. — Du délire. — De l'adynamie. — titat typhoïde. — De l'intensité de la fièvre. — De l'embarras gastrique. — De la pneumonie bilieuse. — Pneumonie rémittente. — Pneumonie alcoolique. — Pneumonie tuberculeuse. — Pneumonie des diabétiques. — Pneumonie de la grossesse. — Pneumonie de l'enfant. — Pneumonie du vieillard. — Conclusions.
Messieurs, dans la leçon précédente, je vous ai exposé les principales médications de la pneumonie, il me reste maintenant à vous dire comment et dans quelle mesure vous devez utiliser ces divers agents thérapeutiques; en un mot, je dois vous tracer ici les indications du traitement de la pneumonie.
Pour mettre de l'ordre dans mon sujet, nous allons d'abord indiquer la conduite que vous devez tenir dans le cas de pneumonie franche sans complication; puis, nous examinerons chacune de ces complications et nous ^verrons quels moyens thérapeutiques nous pouvons leur opposer. du
Je suppose donc que vous ayez affaire à un malade jeune encore, ordinairement bien portant et qui a pris, sous l'in- 'a pneumonie fluence du froid, une pneumonie lobaire. Quelle sera votre conduite en présence de ce fait? Trois points] parmi les symptômes de la pneumonie, symptômes que je n'ai pas ici à vous énumérer, doiventj;' surtout attirer votre attention : la
traitemeiu
de
date du début de la maladie, i'examen local du poumon, et enfin l'état général du malade (1).
La date du début de la maladie, qui d'ailleurs est facile à fixer, grâce au frisson violent qui l'accompagne, doit jouer un rôle fort important dans votre thérapeutique, puisque vous savez, par ce que je vous ai dit dans la précédente leçon, que vers le septième ou le neuvième jour, la pneumonie, à l'état normal, doit évoluer spontanément vers la guérison. L'examen local vous permettra de constater l'étendue des lésions et les complications qui peuvent survenir de ce côté. Enfin, l'état général de votre malade vous montrera comment il supporte cette phlegmasie pulmonaire.
Vous marcherez donc, le thermomètre à la main, attendant la période de la défervescence, surveillant avec soin les trois
(1) Quelquefois précédée de prodromes (malaises, perte d'appétit et de forces, sensibilité au fi'oid) survenant souvent aussi dans le cours d'une ])ronchite aiguë, la pneumonie plus ordinairement débute brusquement par un frisson unique, plus ou moins violent, avec de la céphalalgie, de la courbature et des vomissements et une fièvre vive, le thermomètre mis dans l'aisselle marquant 39 degrés, •40°, 8 et même 41 degrés. En même temps, ou le lendemain, apparaît un point de côté, siégeant au mamelon :
cette douleur, vive, poignante, exaspérée par la toux, par de fortes ins^pirations et parfois par la pression, parait être sous l'indépendance de l'inflammation de la plèvre. Le malade a de l'oppression et de la toux.
L'oppression, la dyspnée coïncide avec une accélération des mouvements respiratoires, La toux est quinteuse, pénible; sèche d'abord, elle devient bientôt humide, et à la fin du deuxième jour ou au troisième jour
le malade expectore des crachats colorés pathognomoniques : crachats visqueux, collants au vase, acres, ambrés ou rouilles. Chez les vieillards, dans la pneumonie du sommet, les crachats manquent parfois complètement, ou, s'il y en a, ils sont beaucoup moins caractéristiques.
A cette période de la maladie la percussion de la partie malade dénote de la submatité, un son un peu obscur, et une élasticité moindre.
Plus tard, à la deuxième et à la troisième période, le son deviendra plus obscur encore, il sera tout à fait mat et l'élasticité sera de même abolie.
A l'auscultation, on perçoit un râle lin, sec, arrivant par bouffées à la fin de l'inspiration : râle crépitant.
A la deuxième période de la maladie, c'est-à-dire quelques jours après (hépatisation rouge), le point de côté diminue, mais la dyspnée augmente, les respirations s'accélèrent, au lieu de 16 à 18 par minute, on en compte 4.0 et plus ; le pouls, ample, résistant,
points c|ue je viens de vous signaler. C'est là, me direz-vous, de l'expectation ; oui, je le concède, mais c'est une expectation raisonnée et vous allez voir que, selon les circonstances, vous devez intervenir.
D'abord, en admettant même que tout évolue pour le mieux dans le cas que nous examinons en ce moment, il est nécessaire de donner des tisanes et des potions. L'expectation pure,absolue n'est possible qu'à l'hôpital, elle est impraticable dans la pratique de la ville. Le malade, et surtout la famille qui l'entoure, réclament du médecin des soins et des remèdes, et nous devons céder à ce désir toutes les fois qu'il ' ne vient pas compromettre l'évolution normale delà maladie.
Vous donnerez donc à votre malade quelque tisane béchique, des infusions de polygala, de fleurs pectorales, édulcorées.
offre une fréquence en rapport avec rétendue du mal : il oscille entre 100 et 120; la température présente une légère rémission matinale, mais persiste entre 39°, 5 et 4-0", 5, en moyenne.
La fièvre est plus vive, surtout le soir; la face est rouge, parfois une pommette est plus colorée ; la langue saburrale, sèche, la soif vive, ardente : les urines moins abondantes et plus foncées. Parfois aussi paraît alors un délire variable selon l'individu et pouvant être très violent surtout chez les alcooliques.
Si on ausculte le malade au début de cette période, on entend un bruit sourd, un peu métallique, un souffle dit souffle tubaire. La voix résonne plus fortement, surtout si le poumon est hépatisé; il y a de la broachophonie. En appliquant la main sur la région malade, on constate que les vibrations thoraciques sont accrues.
La maladie peut s'arrêter à cette période ou passer à l'état chronique
ou à l'hépatisation grise, à la purulence. Dans ce cas les forces se prostrent, l'amaigrissement est plus rapide, l'expectoration change de caractère, les crachats deviennent gris, couleur jus de pruneaux, ou même se suppriment; la respiration est pénible, plus fréquente, les bronches s'obtruent,la face bleuit, se cyanose, la langue se dessèche ; le malade tombe dans un état d'adynamie profonde et meurt parfois dans le délire.
Si la maladie doit se terminer, au contraire, la fièvre tombe, l'amaigrissement s'arrête, les crachats rendus plus facilement sont moins colorés; la matité disparaît peu à peu, le souffle tubaire est remplacé par un râle dit crépitant de retour, la peau devient moins sèche, plus humide, la langue perd son enduit saburral, et les forces se relèvent peu à peu. Il n'est pas rare, au moment de la défervescence, de voir chez quelques malades une éruption d'herpès aux lèvres.
soit avec du sirop de Tolu, soit avec du sirop de capillaire; je vous énumérerai prochainement, à propos du traitement du catarrhe pulmonaire, la plupart de ces tisanes béchiques. Vous y ajouterez, pour calmer l'agitation de la nuit, des potions calmantes et parmi ces dernières permettez-moi de vous en signaler une dont la formule est très simple à retenir, et dans laquelle vous pouvez introduire, suivant les indications, l'aconit, le bromure de potassium ou tout autre médicament. Voici la formule qui sert de base à toutes les potions calmantes :
^ Eau de laurier-cerise 30 grammes.
Eau de tilleul 30 —
Eau de laitue 30 —
Sirop diacode 30 —
A prendre par cuillerées à bouche d'heure en heure.
Enfin, comme aliment, vous donnerez de l'eau vineuse légèrement sucrée, du bouillon léger et du lait.
Je suppose donc que tout marche pour le mieux, qu'au septième jour de la maladie la défervescence se produise et que le thermomètre, qui marquait jusque-là 39 ou 40 degrés, baisse brusquement à 38. A ce moment, votre rôle n'est pas terminé, je dirai même qu'il doit être plus actif que dans la première période de la maladie.
Il se produit, en effet, au moment de la défervescence, un phénomène très important; tandis que les symptômes généraux disparaissent, les symptômes locaux persistent; vous percevez du souffle et des râles sous-crépitants, et cela souvent quinze jours après la défervescence; ce qui tient à ce que, dans ce cas, le dépôt fibrineux intra-alvéolaire ne se résorbe que très lentement. Vous devez donc tâcher d'activer autant que possible cette résorption des produits inflammatoires, et vous pouvez atteindre ce but par deux sortes de médicaments, les révulsifs d'une part, les expectorants de l'autre.
Cette question des révulsifs, dans le traitement de la pneu- De monie, est fort discutée. Pour les uns, on en obtient d'excel- i.évûw dan! lents résultats ; pour les autres^ cette médication est inutile '^^ p"^"'™"'^ou mauvaise (1).
Examinons donc cette question des révulsifs dans la pneumonie et, tout d'abord, voyons ce que nous donne l'expérimentation. La révulsion, par elle-même, faite sur une partie quelconque de la surface cutanée, modifie la circulation vasomotrice de points de l'économie plus ou moins éloignés de l'endroit où se pratique cette révulsion. Vous connaissez tous l'expérience faite par Halmann, qui, en excitant la peau du dos d'une grenouille avec du collodion cantharidien, obser-
De l'action
des vésicatoires.
(1) L'application des révulsifs à la |uieumonie remonte à la plus haute antiquité ; Gelse recommande déjà de placer sur la poitrine des pneumoniques du sel mélangé au cérat pour provoquer une révulsion en ce point.
C'est Arétée qui introduisit dans le traitement de la pneumonie le vésicatoire à la cantharide. Depuis, cette médication est entrée dans la pratique du traitement de cette affection; cependant, elle a soulevé de très nombreuses objections.
Pour Rasori, les vésicatoires sont inutiles ; Laënnec les considérait comme nuisibles; Andral disait que, loin d'être un soulagement, le vésicatoire est souvent un tourment pour le malade, Rostan soutenait que le plus souvent c'était un mal nouveau ajouté au mal qui existe déjà; Louis prétendait qu'il n'avait aucune action curative dans la pneumonie ; Fonssagrives a soutenu que souvent le vésicatoire avait plus d'inconvénients dé-
montrés que d'avantages probables; Grisolle est fort hésitant : dans les premières éditions de son travail, il déclare que dans aucun cas les symptômes de la pneumonie n'ont été sensiblement modifiés par le vésicatoire et il lui semble que l'on peut, sans inconvénient, le supprimer du traitement de la phlegmasie aiguë du poumon. Dans la seconde édition de son Traité de la pneumonie, GrisoWe revient sur sa première opinion et reconnaît que, le plus souvent, l'application du vésicule coïncide avec une amélioration considérable dans l'état local et l'état général. Dauvergne, puis Alix, ont repris toutes ces objections et se sont efforcés de montrer les inconvénients des révulsifs.
Malgré toutes ces objections, le vésicatoire est resté de pratique courante dans la pneumonie, et Jules Besnier a monti'é surtout les avantages de cette médication dans le traitement de la pleurésie (a).
(a) Andral, Cours de pathologie, t. I"', p. 395. — Louis, Recherches sur la saignée, p. 58 et 59. Paris, 1835. — Dauvergne, De l'action, des effets, des résultats des vésicatoires {Bull, de Thérap., t. XCVIÏ, 1879, p. 156, 175, :213, 255). — Besnier (Jules), Des vésicatoires dans la pleurésie (Journal de Thérap., 1876, p. 376).
vait sur la membrane interdigitale des troubles vaso-moteurs caractérisés par une accélération delà circulation et par un rétrécissement très marqué des vaisseaux capillaires, phénomènes qui font place bientôt à un ralentissement du cours du sang avec dilatation de ces mêmes vaisseaux. La révulsion cutanée modifie donc la circulation capillaire dans des points plus ou moins éloignés de son lieu d'application.
D'ailleurs, l'observation clinique donne une démonstration évidente de l'action de la révulsion dans les affections pulmonaires : lorsque nous voyons, chez les individus atteints d'eczéma des jambes, se développer une pneumonie, la sécrétion eczémateuse cesse pour ainsi dire au début même de la pneumonie et ne reparaît que lorsque la phiegmasie pulmonaire est en voie de résolution. Enfin, n'observons-nous pas réciproquement, lorsque la révulsion est trop considérable, comme celle qui est déterminée par une brûlure très étendue même au premier degré, des troubles viscéraux graves soit du côté de l'intestin, soit du côté du poumon?
Lorsqu'on fait la révulsion avec la cantharide, il faut ajouter à l'action que nous venons de démontrer l'effet de la pénétration de ce médicament dans l'économie. Déjà, en 1852, Gendrin soutenait qu'il fallait chercher dans les vésicatoires un effet tonique qui résulterait de l'action stimulante du principe absorbé des cantharides, action -stimulante qui est caractérisée par l'activité plus grande delà circulation et par le relèvement des forces du malade. Galippe, dans son intéressant travail sur la cantharidine, est revenu sur ces faits et nous a montré qu'en effet la cantharidine avait une action excitante vaso-motrice des plus marquées {a).
Ainsi donc,la révulsion cutanée, et en particulier celle faite par la cantharide, a un effet non douteux sur la circulation
(a) Gendrlu, Des larges vésicatoires (Bull, dé Thérap., 1852). — Galippe, De la cantharidine. Thèse de Paris.
Des
vaso-motrice des organes splanchniques que nous pourrons utiliser, lorsqu'il s'agira d'activer la résorption des produits inflammatoires. Vous savez que, en thérapeutique, on donne le nom de résolutifs aux médicaments qui activent cette résorption.
L'ancienne pharmacopée avait même divisé les résolutifs révulsifs. en fondants, en désobstruants, en résorbants : les premiers ayant pour but d'amollir les produits morbides, les seconds ayant pour effet de rendre plus libre la circulation capillaire sanguine ou lymphatique, les troisièmes permettant de résorber les matériaux ayant subi des modifications plus ou moins profondes. Cette vieille division est encore exacte de nos jours et elle donne une explication réelle des phénomènes physiologiques qui se passent dans les exsudats inflammatoires. J'ai longuement insisté sur ce point, au récent congrès qui vient de se tenir à Londres (4881), et où j'ai eu l'insigne honneur d'être désigné dans la section de thérapeutique, pour ouvrir une discussion sur la question suivante : « Des remèdes employés pour rendre plus rapide la résorption des produits morbides et inflammatoires» {a).
S'il me fallait classer le vésicatoire dans un des trois groupes que je viens de vous énumérei*, j'en ferais surtout un désobstruant, et, si de nombreuses discussions se sont élevées et s'élèvent encore sur la valeur réelle des vésicatoires dans la pneumonie, c'est que l'on n'a pas eu le soin de fixer à (juel moment de la pneumonie cette révulsion est surtout utile. Je crois, messieurs, que le vésicatoire n'a aucune action favorable dans la période active de la pneumonie, et, à cet égard, je partage l'opinion des adversaires de cette révulsion, car elle est à ce moment inutile sinon dangereuse; mais une fois que le travail phlegmasique est terminé et que la défa) Dujardm-Beaumetz, Extrait du Congres international de Londres. 1881. Bull, de Thérap., 1881, 1" septembre 1881, t. CI.
CLINIQUE THÉRAP., 4^ édit. II. — 27
fervescence s'est produite, il n'est pas, à mon sens, de moyen plus puissant pour activer la résorption de l'exsudat.
Vous n'utiliserez donc cette révulsion qu'à la période que je viens de vous signaler; vous aurez soin d'appliquer de larges vésicatoires, ayant 15 centimètres de largeur et de hauteur. Je ne puis entrer ici dans tous les détails de l'application des vésicatoires, je me propose de revenir sur ce point lors du traitement de la pleurésie; mais je né saurais trop vous recommander une pratique qui évitera le plus souvent les troubles qui se produisent du côté de la vessie et qui consiste à retirer le vésicatoire dès que la vésication est produite et à lui substituer, à ce moment, un cataplasme.
Le vésicatoire n'est pas le seul moyen révulsif qu'on ait conseillé; Aran a proposé le marteau de Mayor (1); Power, l'essence de térébenthine (2) et Weber, les sinapismes et les bains sinapisés (3), mais ces moyens sont exceptionnellement employés.
(1) Aran pensait que le marteau tout d'une compresse trempée dans de Mayor devait être employé dans l'eau chaude et tordue que l'on les pneumonies avec symptômes as- recouvre d'une autre compresse phyxiques, surtout aux périodes ulti- sèche. Cette médication n'est pas mes de la maladie, et il cite le cas prolongée au delà de 24 à 48 heures, d'un malade qui, au septième jour Par ce moyeu Power affirme que la de la pneumonie, et sur le point de pneumonie guérit beaucoup- plus rasuccomber, aurait été guéri par ce pidement (6).
moyen (a). (3) Weber emploie les bains chauds
(2) Power emploie la térébenthine de moutarde dans les périodes ultide la façon que voici : on fait d'abord mes de la pneumonie. Ce bain aurait sur le côté de la poitrine une fomen- d'après Im plusieurs actions ; il amètation térébenthinée chaude jusqu'à nerait le sang vers la peau et décence que la peau soit bien rouge; puis geslionnerait le poumon. De plus, ce quelques gouttes d'essence de téré- bain stimulerait les centres nerveux benthine sont projetées sur le point respiratoires par l'excitation réflexe rubéfié et l'on recouvre ensuite le des nerfs de la périphérie-(c).
(a) Aran, Du marteau de Mayor dans la pneumonie {Bull, de Tliérap., 1869).
(6) Power, On Treatment of acute Pneumonia by terebenthina (Brit- Médical Journal, 1877, vol. XI).
(c) Weber, Value of the Mustard Bath in Pneumonia in Children {American Journal of Obstetric, vol. XI, 1878V
DES INDICATIONS DANS LE TRAITEMENT DES PNEUMONIES. il9
En même temps que vous appliquerez des vésicaloirespour Des
expectorants.
hâter la résorption de l'exsudat inflammatoire, vous donnerez aussi des expectorants qui faciliteront l'issue par les crachats de produits ayant subi la dégénérescence granulo-graisseuse. Je crois, pour ma part, que l'on fait le plus souvent abus de ces expectorants; je vois beaucoup de mes confrères ordonner du kermès dès le début de la pneumonie ; je pense qu'à cette période, le kermès a peu ou pas d'utilité, mais que cette dernière devient grande lorsque la défervescence est produite et que le râle sous-crépi tant a fait place au souffle. Il faut, dans cette période, vider le poumon et hâter la sortie de l'exsudat; je parle, bien entendu, de la pneumonie franche ; car, dans les broncho-pneumonies, comme nous le verrons, on peut user, au contraire, des expectorants et des vomitifs dès le début de l'affection.
Ainsi donc, en résumé, dans les cas ordinaires de pneumonie franche chez l'adulte, votre traitement consistera en potions calmantes, en tisanes expectorantes, en boissons toniques, et lorsque la défervescence se sera produite, dans l'application des révulsifs et l'usage des expectorants. Mais le plus souvent il survient certains phénomènes qui nécessitent une intervention plus active. Examinons chacun de ces faits.
Le point de côté peut être très intense, et cette douleur du
,,, ,., . , . iMiintde côte',
peut aggraver assez 1 état du malade pourqu ibsoit nécessaire d'intervenir. Appliquez alors des ventouses scarifiées, c'est un remède héroïque en pareil cas ; mais n'oubliez pas qu'au fur et à mesure qu'on s'éloigne du début de la maladie, la douleur du point de côté (1) tend à s'atténuer.
(1) Le point de côté, dans la pneu- Quant à la douleur déterminée
monie, peut tenir à différentes causes; par l'inflammation du poumon, en
il peut être déterminé par la pieu- n'est pas d'accord pour en donner
résie, par la congestion du foie, l'explication; Grisolle pensait qu'elle
par la péricardite. pouvait se développer en dehors de
mo LEÇONS DE CLINIOUE THERAPEUTIQUE.
^^ La dyspnée est quelquefois des plus considérables et néces-
la dyspnée . "^
site aussi une intervention souvent active; vous aurez tout d'abord à rechercher avec soin la cause de cette dyspnée, qui peut avoir des origines bien différentes. Elle peut dépendre de l'étendue des lésions, de la congestion pulmonaire concomitante, de l'intensité de la fièvre, et enfin des troubles apportés aux systèmes nerveux , cardiaque et pulmonaire. Plusieurs médecins et en particulier Goomis, ont fait jouer, en effet, aux troubles fonctionnels d'origine nerveuse un grand rôle dans l'évolution de la pneumonie ; ils ont soutenu que lespertubations du côté du cœur, et surtout la dyspnée, étaient dues à l'action du sang altéré sur les centres nerveux (1).
Contre cette dyspnée, vous avez deux médicaments à employer, les émissions sanguines et les injections de morphine. Lorsque la congestion pulmonaire est intense, la dyspnée effrayante et l'asphyxie imminente, lès émissions sanguines
toute pleurésie; pour d'autres, (I) Coomis, se basant sur les tra-
comme Audral, par exemple, le point vaux de Michael Forster, de Wagner,
de côté correspondrait toujours à de de Golts, d'Heidenhain, de Ludwig,
la pleurésie concomitante; Beau a de Dubois-Reymond et de Pflûger,
montré que c'était une névrite inter- admet que l'on peut considérer la
costale qui était la cause des phéno- pneumonie aiguë comme une affec-
mènes douloureux. tion dans laquelle le sang est altéré.
En résumé, comme le dit Peter, soit par un agent toxique, soit de
le point de côté delà pneumonie est toute autre manière, et les troubles
unedouleurpleurétique et la douleur cardiaques et respiratoires seraient
pleurétique n'est elle-même qu'une dus, dans ce cas, à l'action toxique de
névropathie intercostale. Ce point ce sang altéré, soit sur la moelle,
de côté a son maximum d'intensité soit sur les ganglions des plexus
le premier jour de la maladie et dis- cardio-pulmonaires. 11 conseille dans
parait le plus souvent du troisième ces cas l'emploi de l'injection sous-
au quatrième jour de l'atTection (a). cutanée de morphine {b).
(o) Grisolle, Truilé de la pneumonie, p. WS. — Beau, Du point de côté dans la pneumonie (Arch. de méd., 1847). — Peter, Leçons de clinique médicale, t. l", p. 423.
- {h) Coomis, Des causes de la mort dans la pneumonie (Soc. méd. de New-Nork, 1881, et Union médicale, 8 septembre 1881, p. 398).
VOUS donnent, comme l'a bien montré Jaccoud, une amélioration réelle ; mais n'oubliez pas que cette amélioration est momentanée, que la masse du sang diminuée par l'émission sanguine que vous venez de faire va se reconstituer au plus vite, et, avant de recourir à ce moyen, mettez en balance les avantages et les désavantages de cette méthode. Souvent, il est important de gagner quelques heures et d'atteindre, sans danger mortel, le moment si attendu delà défervescence ; on comprend que dans ces cas la saignée puisse vous rendre de grands services et c'est à vous d'apprécier le moment opportun d'intervenir.
Vous connaissez tous les propriétés stimulante et antidyspnéique de la morphine ; elles peuvent trouver une application dans cette période asphyxiquede la pneumonie, elles soutiendront le malade et lui permettront de respirer pendant quelque temps. N'hésitez donc pas à recourir à ce moyen et injectez hardiment j centigramme de chlorhydrate de morphine.
Après le point de côté, après la dyspnée, le symptôme que du délire. l'on rencontre le plus souvent dans la pneumonie est le délire ; il peut dépendre de bien des causes, du siège de la pneumonie, d'une susceptibilité du malade, que le moindre mouvement fébrile met immédiatement en délire , de l'intensité même de la fièvre, enfin des habitudes alcooliques du patient. Laissons de côté, pour un moment, cette dernière complication due à l'alcoolisme, nous y reviendrons dans un instant, et examinons comment vous pourrez traiter le délire dans les cas que je viens d'énumérer.
Trois médicaments peuvent être employés dans ces cas: le musc, le bromure de potassium et le chloral. Le musc a été surtout vanté par Trousseau ; vous le donnerez en pilules ou en potion à la dose de 50 centigrammes. Je lui préfère de beaucoup le bromure et le chloral; l'association de ces
.i22 LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
deux médicaments vous donnera d'excellents résultats et vous permettra de calmer dans une certaine mesure le délire et l'agitation du malade. Vous donnerez, selon les besoins, de 1 à 2 grammes de bromure de potassium associé à une ou deux cuillerées de sirop de chlorai dans une potion.
Une des bonnes préparations est la suivante :
'if Bromure de potassium 7 gram.mes.
Eau 60 —
Sirop de chlorai 60 —
Une cuillerée à bouche de ce mélange dans une tasse de lait additionné d'un jaune d'œuf.
D'ailleurs, il ne faut pas vous effrayer Outre mesure du délire et de son intensité, car il suit la courbe thermométrique de la maladie et disparaît le plus souvent avec la défervescence.
De Vous marcherez, vous ai-je dit tout à l'heure, le thermo-
la pneu- , , i • i • • 15 »i >• •
monie hyper- metrc a la mani; dans certames cu'constances 1 élévation t eimique. |^|^Qj.jjjQj^^^j.iq^g clcvient considérable et atteint et dépasse 40 et même 41 degrés dans les formes hyperthermiques de la pneumonie, vous devez intervenir et parmi tous les antithermiques vous choisirez l'antipyrine, médicament sur lequel je reviendrai à propos du traitement des fièvres (rt) qui De abaissé la température sans effet nuisible sur l'économie.
l'antipyrino.
Vous donnerez 50 centigrammes d'antipyrine et vous renouvellerez cette dose toutes les trois heures jusqu'à ce que le thermomètre vous permette de constater un abaissement notable de la température. Cette antipyrine est, comme vous le savez, soluble, son goût est peu désagréable, et il vous
(a) Voir t. III, Traitement des fièvres.
suffira pour l'administrer de la faire dissoudre dans de l'eau sucrée aromatisée avec de l'eau de fleurs d'oranger. Il est bien entendu qu'en abaissant la température vous ne guérissez pas la pneumonie, mais que vous ne combattez qu'une des manifestions de la pneumonie, l'hyperthermie, et cela au même titre que le point de côté et le délire.
Dans d'autres circonstances, c'est l'ensemble des phéno- do
1 • • 1 r T ■ 1 T • la pneumonie.
mènes généraux qui doit guider le médecin dans 1 application udynamique du traitement; c'est ce qui arrive lorsque la pneumonie s'accompagne d'une dépression considérable des forces et revêt un caractère typhoïde des plus marqués. C'est une forme bien fréquente dans nos hôpitaux et l'on peut se demander si, dans ces cas, la pneumonie ne doit pas être considérée comme une maladie infectieuse. Cette pneumonie adynamique doit être confondue avec la pneumonie infectieuse dont je vous parlerai tout à l'heure. La question est à l'étude et n'est point encore résolue; mais au point de vue thérapeutique, cette pneumonie avec dépression des forces, réclame la médication tonique, et c'est ici le triomphe du traitement par l'alcool.
Comment devez-vous formuler le traitement alcoolique? Dans la pratique hospitalière vous nous voyez prescrire la potion de Todd. Les formules de potions alcooliques sont "e la potion très nombreuses (1), celle des hôpitaux de Paris est ainsi conçue :
^ Cognac ou rhum 60 grammes.
Polion diacode 60
L'alcool dont nous nous servons ne provient pas du vin, ce
(1) Voci les différentes formules de Todd ;
sont des trois-six du commerce marquant 50 degrés à l'aréomètre de Gay-Lussac (1).
Je crois, messieurs, que, lorsque vous le pourrez, et cela vous sera surtout utile dans la pratique des gens un peu aisés, vous aurez tout avantage à substituer les vins généreux et alcooliques à la potion de Todd que nous employons dans nos hôpitaux, et voici les motifs que j'invoque à, cet égard.
Nous avons démontré, Audigé et, moi, l'action nuisible des alcools, surtout lorsque l'on fait usage de ceux qui ont pour origine les grains, les betteraves et les pommes de terre. Le moins dangereux à coup sûr de tous ces alcools est
(Potion de Todd, suivant Dorvault).
Eau-de-vie vieille 60 gr.
Eau distillée 90
Sirop de sucre 40
Teinture de cannelle 10
La formule proposée par Gubler est beaucoup plus simple :
Potion alcoolique de Gubler.
Alcool à 85 degrés 50 gr.
Eau commune 50
Sirop simple ou d'écorces
d'orange 50
Une cuillerée à bouche à prendre toutes les deux heures.
Trastour conseille la potion suivante :
Eau 100 gr.
Eau-de-vie de Cognac. ... 80 Sirop de quinquina 30
A prendre par cuillerée à bouche d'heure en heure.
La formule conseillée par Jaccoud est beaucoup plus compliquée. La voici :
Potion alcoolique.
Vin rouge 100 gr.
Alcoolat de cannelle. 8
Extrait aqueux de quinquina, de.... 3 à -i gr.
Eau-de-vie de Cognac de 30 à 100
Sirop d'écorces d'orange 30
A prendre par cuillerée à bouche toutes les deux ou trois heures.
Une bonne préparation est la mixture alcoolique proposée par Dorvault :
Eau-de-vie de Cognac 90 gr.
Hydrolat de cannelle 90
Jaunes d'œufs N° 2.
Sucre blanc pulvérisé...... 15 gr.
Cette dernière préparation est uue imitation de VEgg-flip, fort en usage en Angleterre, et qui est composé de bière; de jaunes d'œufs, de sucre et d'aromates.
(1) La potion diacode des hôpitaux contient :
Sirop diacode 30 gr.
Infusion de tilleul 100
Le cognac des hôpitaux pèse 50 degrés à l'aréomètre de Gay-Lussac.
Le rhum des hôpitaux a la même densité.
celui provenant du vin. Mais depuis que le phylloxéra a détruit nos vignobles de la Charente, les eaux-de-vie de vin sont devenues d'une extrême rareté; et si le mot Cognac continue à être inscrit sur nos flacons, soyez persuadés que, dans l'immense majorité des cas, le contenu est un mélange plus ou moins artificiel dans lequel l'eau-de-vie de vin fait complètement défaut. En présence de cette situation, je vous conseille donc d'employer le plus ordinairement des vins cuits du midi de la France et de l'Espagne, coupés avec de l'eau que vous ferez prendre en assez grande quantité à votre malade; vous pourrez aussi user de grogs aux différentes liqueurs et en particulier au kirsch, grogs souvent fort appréciés par le malade. Enfin, le vin chaud fait avec de la cannelle peut nous donner en pareil cas de bons résultats.
Ainsi donc vous donnerez à votre malade la plus grande quantité de boissons alcooliques, boissons alcooliques que vous varierez le plus possible et que vous sucrerez aussi pour en diminuer l'action irritante; puis, pour calmer la chaleur stomacale produite par un pareil régime, vous donnerez du lait non cuit; et si le traitement ne suffit pas, vous ajouterez alors les préparations de quinquina à vos potions alcooliques (1).
Dans d'autres circonstances, il existe concurremment avec la pneumonie un état saburral des plus marqués. La langue p"eumonit
bilieuse.
(1 ) Il existe un grand nombre de Vin rouge 100 gr.
formules de vins toniques. Voici la Sirop simple 30
formule des vins de cannelle des hô- -, e i j u» -i i r» •
... . Les formules des hôpitaux de Pans
pitaux militaires : , ,.«"
^ sont ua peu différentes :
1" Vin de cannelle.
1° Vin cordial.
Alcool de cannelle 8 gr.
Vin roiioe 100 ' Teinture de cannelle 10 gr.
2° Vin de cannelle composé.
Alcoolé de cannelle % ar .
Vin rouge 90
2° Potion cordiale.
De la
Alcoolat de mélisse coin- Vin cordial 120 gr.
posé 5 Sirop d'écorces d'orange . 30
De la
pneumonie
est blanche, il y a de l'inappétence et souvent même une légère Leinte subictérique. Lorsque cet ictère est bien prononcé, on a aiïaire à \sl pneumonie bilieuse (1). Ces pneumonies à complications stomacales ou hépatiques sont tributaires du traitement parles éméto-cathartiques. C'est le triomphe indiscutable de l'ipéca et du tartre stibié et vous avez vu souvent dans ce service les résultats merveilleux de ce traitement. Vous donnerez donc soit une potion éméto-cathartique, soit 1^'\50 à 2 grammes d'ipéca, soit 5 centigrammes d'émétique (2).
D'autres fois, la pneumonie revêt un caractère spécial qui miasmatique. ij^(jiqQg u^g onginc infecticusc ou miasmatique, et sans entrer dans le débat qui s'est élevé dans ces derniers temps à ce propos, il est positif que, par exemple, l'influence paludéenne peut se montrer d'une façon effective dans le développement et la marche de la pneumonie.
Dans ces cas, vous devez employer la médication tonique
(1) La pneumonie bilieuse, étudiée dans les pneumonies bilieuses avec
par Sydenham, Baglivi, Huxham, catarrhe gastro-intestinal.
Zimmermann, Tissot, Stoll, etc., peut On donne l'ipéca en poudre à la
naître sous l'influence de certaines dose de l3',50 à 2 grammes pris en
conditions : constitution médicale et trois fois à dix minutes d'intervalle ;
température de la région; elle est chez les gens robustes on peut ajou-
assez fréquente dans les pays méri- ter à la dose d'ipéca 5 à 10 cenli-
dionaux. grammes de tartre stibié.
Elle est caractérisée par l'ictère A Montpellier, on fait prendre aux
plus ou moins prononcé; en même malades, par cuillerées à bouche,
temps on observe une grande pros- d'heure en heure, une infusion de
tration dés forces, de la constipation, la', 50 à 3 grammes d'ipéca concassé
des selles colorées, verdâtres, des dans 100 à 180 grammes d'eau (a).
douleurs épigaslriques, des nausées, (1) Potion éméto-cathartique :
des vomissements; parfois aussi des ., , . i ' ■
étourdissemenis, des vertiges, une ,, ™^\"^"!^ " . - ^^^^^ '
, , , 1 . , . ° bulfato de soude 15 gr.
céphalalgie plus ou moins forte. ^^^ ^j^^^^l^ 250
G est surtout dans ces cas que
l'ipéca a été préconisé. Stoll, Béhier, Faire dissoudre. A prendre en trois
Jaccoud, Peter, s'en sont bien trouvés fois à un quart d'heure d'intervalle
(a) Pour rhistoire de l'ipéca, voir 1. I", p. 723, 3"= édit.
De la
et surtout le sulfate de quinine. Dans la leçon précédente, je vous ai montré que la quinine appliquée au traitement de la pneumonie était une mauvaise médication, mais il n'en est plus de même de ces phlegmasies pulmonaires infectieuses ou miasmatiques dont je vous parle en ce moment. Il est utile, il est nécessaire d'employer ici le sulfate de quinine (1).
D'autres fois, c'est l'état du sujet sur lequel s'est déclarée paeumonifi
p .,.,.. , , . alcoolique.
une pneumonie qui vient lournir les indications thérapeutiques dans le traitement de ces inflammations ; le malade peut être alcoolique, et malheureusement c'est dans notre pratique hospitalière le cas le plus fréquent.
L'alcool prédispose aux pneumonies d'une façon non douteuse. Lorsque nous donnons en effet de l'alcool à haute dose aux animaux, nous constatons à l'autopsie une congestion apoplectiforme des poumons, et chez ce malade dont je vous ai parlé, et qui s'était tué en avalant un litre d'eau-de-vie de marc, nous avons constaté un grand nombre de noyaux apoplectiques dans le parenchyme pulmonaire. D'ailleurs, ce fait s'explique facilement par l'élimination de l'alcool à la surface de la muqueuse pulmonaire.
Cet état congestif presque permanent du poumon chez les alcooliques explique comment, sous l'influence du moindre coup de froid, peut se produire une phlegmasie du poumon.
(1) Dans ces dernières années, on typhoïdes ou bilieux. Ces faits ont été
a montré que la pneumonie n'a pas surtout observés en France par Mar-
toujours pour origine l'aclion du froid riotte, Bonnemaison qui croit à la
et qu'à côté de la pneumonie à fri- nature spécilique ou contagieuse de
Ô'ore existe une pneumonie infectieuse la pneumonie ;en Allemagne, par Jùr-
qui serait surtout caractérisée par la gensen, Friedereich et Leichsten-
marche serpigineuse de l'hépatisa- stern; en Amérique par Rodman, et
tion, par des phénomènes généraux en Angleterre par Hardwick (a).
(a) Bonnemaison, Sur une relation d'épidémie de pneumonie à Toulouse (Soc. méd. des hôpitaux, 1875). — Friedereich, Der acute Miltatumor und seine Beziehunçjen zu den acuten Infections Kranklieiten (in Wolkmann's Sammlung Kltnischer Vorlrage, n" 75, 1874, p. 16). — Jurg-ensen, Die croupose Pneumonie {Ziemmssen's Handb. der Pathol. und Thérapie, M 2=' Auf., p. 57, 1877).
De la pneumonie diabétique.
De la imeumonie lirigliitiqiie.
De la
pneumonie
dans
la ETPOJSCSSC.
La pneumonie chez les alcooliques réclame un traitement alcoolique et cela pour deux raisons : d'abord parce que chez les individus adonnés aux boissons, la suppression brusque de ces dernières produit un état de dépression des forces des plus graves ; puis, parce que, malgré l'agitation et l'activité du délire, ces malades présentent peu de résistance et tombent dans un état de profonde adynamie qui s'oppose à toute médication spoliatrice. Vous userez donc des toniques, vins généreux, grogs, et vous y ajouterez le chloral et surtout la paraldéhyde pour diminuer l'intensité des manifestations déhrantes.
Dans d'autres cas, le malade est diabétique. La pneumonie, chez le diabétique, est un accident fréquent et qui souvent revêt un caractère grave et se termine par la suppuration et la gangrène. Ici encore il y a nécessité d'user de la médication tonique; la saignée nous est interdite, ainsi que l'application des révulsifs, puisque, comme vous le savez, l'on doit respecter avec un soin religieux la peau des glycosuriques ; n'oubliez pas non plus de continuer, pendant la cure de cette phlegmasie, les prescriptions diététiques qui jouent un si grand rôle dans le traitement des diabétiques.
La pneumonie peut se montrer aussi chez les brightiques, et ici encore vous ne devez employer ni la saignée, ni lesvésicatoires, ni surtout les injections sous-cutanées de morphine. Je n'ai pas besoin d'insister sur ces restrictions, dont vous comprenez facilement l'importance.
Je ne vous parlerai pas de la pneumonie des tuberculeux. J'y reviendrai lorsque nous traiterons de la cure de la phthisie et je vous signale en passant l'influence de la pneumonie dans la grossesse. La pneumonie est une complication grave de la grossesse et entraîne souvent l'avortement. Quoique les avis soient partagés à l'égard de l'emploi de la saignée dans ces cas, je crois cependant que, lorsque l'état congestif est très intense, on doit avoir recours à ce moyen. Il faut éviter l'émétique, qui
DES INDICATIONS DANS i.E TRAITEMENT DES PNEUMONIES, i-i!)
l'iivorise les contractions utérines et par cela mênne augmente les chances d'avortement. Mais lorsque ce dernier est inimiiKMit et ne peut être conjuré, je crois, comme Ricau, qu'on [)eut employer l'émétique, qui tuera l'enfant, mais sauvera [)cut-étrc la mère (1).
Enfin, il me reste, pour terminer celte leçon sur les indications de la pneumonie, à vous dire quelques mots de la pneumonie des enfants et des vieillards.
Chez l'enfant la pneumonie fibrineuse est rare [^1), le plus souvent on a affaire à de la broncho-pneumonie. C'est ici le triomphe de Texpectation, l'enfant guérissant bien et sans aucun traitement, de cette forme de pneumonie; aussi ne
inieuiiiuiiic
filireiiso (le l'enfant.
(I) Ancienaenient, ou pensait que toute maladie survenaut chez une feiume enceinte, étant mortelle, ne (levait pas être traitée; mais depuis Mauriceau, on a traité la pneumonie chez les femmes enceintes. Depaul et Peter conseillent, dans ces cas, l'usage de la saignée; quant à l'émétique, il serait contre-indiqué d'après les travaux de Young, Aies, Parker, Ganti, qui ont montré que le tartre stibié augmentait la contractilité musculaire des fibres de l'utérus, détruisait la rigidité du col et du périnée et excitait la sécrétion des mucosités du vagin. Pour Ricau, l'avortement s'imposerait dans les trois derniers mois de la grossesse et l'on peut par ce moyeu quelquefois éviter la mort de la mère (a).
(2) Chez l'enfant, la pneumonie, parfois précédée de prodromes, débute souvent aussi d'une façon brutale pour ainsi dire, par du frisson, de la fièvre, un point de côté : elle s'accompagne quelquefois de délire, de vomissements, de céphalalgie, et,
en même temps que la pneumonie, existe presque toujeurs de la pleurésie.
La pneumonie peut affecter deux formes spéciales :
1° La forme typhoïde : céphalalgie, délire, épistaxis, diarrhée, abattement au début, avant l'apparition des signes physiques do la pneumonie;
2" La forme cérébrale dans laquelle Rilliet et Barthez admettent des variétés; la forme méningée et la forme éclamptique.
Chez l'enfant, dès le début de la maladie, la température s'élève parfois très brusquement à 39, iO, 41 degrés, se maintient vers 40 degrés pendant quelques jours, pour tomber ensuite d'une façon brusque au moment de la défervescence , du sixième au huitième jour.
llarement l'enfant meurt de pneumonie fibrineuse; Ziemssen, sur deux cent un cas, n'a pu compter que sept décès; Cadet de Gassicourt a eu un mort sur soixante-dix malades.
(a) Kicau, Thèse de Paris et BuU. de Therap., t. LXXIX, p. 95.
De la
pneumonie
du vieillard.
saurais-je trop vous recommander d'être sobre dans votre médication; un peu de bromure pour calmer l'agitation du malade, des boissons toniques comme du vin très sucré, pour soutenir ses forces, des vésicatoires et un peu d'oxyde blanc d'antimoine au moment de la défervescence. Voilà à quoi se bornera votre thérapeutique dans la pneumonie lobaire des enfants.
Enfin la pneumonie des vieillards (1) réclame toujours un traitement tonique, toute autre médication ne pouvant avoir
Le traitement doit se borner à bien peu de chose : contre le point de côté une, deux ou trois ventouses scarifiées. Dans les formes typhoïdes, Cadet de Gassicourt insiste sur les toniques : bouillon, lait et parfois un peu d'alcool (10 à 30 grammes). Contre les formes cérébrales, le bromure de potassium (1 à 2 grammes) ; dans la forme délirante, l'ergot de seigle (80 à 50 centigrammes); et dans les convulsions, le chloral à la dose de 1, 2 ou même 3 grammes par jour, même chez ceux qui n'ont pas dépassé sept ans (a).
(1) La pneumonie des vieillards a surtout été bien étudiée par Dechambre et Hourmann (1838), par Beau (1842), par Gillette (1851), par Durand-Fardel et par Charcot (1863).
Cette pneumonie ne s'éloigne pas autant du type ordinaire qu'on l'avait [jensé ; cependant, il faut reconnaître que les symptômes généraux sont souvent atténués, le frisson peu marqué, la température est moins élevée que chez l'adulte, la défervescence plus lente à se produire. Parmi les symptômes locaux, on trouve les pai^-
ticularités suivantes : l'expectoration est peu abondante, dans certains cas même elle est nulle, et le point de côté est presque nul.
La pneumonie, comme l'ont fait remarquer Charcot et Lépine, peut se terminer par une attaque d'apoplexie à laquelle le malade succombe.
Mais, comme le fait remarquer Hanot, la pneumonie des vieillards n'a pas une forme absolument distincte, et ces mêmes caractères se retrouvent chez les sujets affaiblis, quelle que soit la cause de cet affaiblissement.
Quoique Cruveilhier ait soutenu que le principal remède de la pneumonie chez le vieillard était la saignée dans les premières vingt-quatre heures, la plupart des auteurs sont d'avis d'abandonner ces émissions simguines, Crisolle, Hourmann et Dechambre, Durand-Fardel, Hardy et Béhier sont unanimes à cet égard.
A propos des vomitifs, Durand-Fardel fait remarquer qu'ils sont dangereux à cause des accidents qu'ils peuvent déterminer du côté de l'encéphale (6).
(a) Cadet de Gassicourt, Traité clinique des maladies de l'enfance.
{b) Grisolle, Traité de la pneumonie. — Charcot, Leçons sur les maladies des vieillards, 1868. — Durand-Fardel, Maladies des vieillards. — Hourmann et Dechambre, Des maladies des vieillards. — Hanot, Du traitement de la pneumonie. Thèse d'agrégation, 1880.
DES INDICATIONS DANS LE TRAITEMENT DES PNEUMONIES. i31
que de mauvais résultats ; vous repousserez surtout absolument et le tartre stibié et la saignée. Vous donnerez à votre malade des vins généreux, des grogs alcooliques ; au moment de la défervescence, vous appliquerez des vésicatoireset vous donnerez quelques expectorants. Telles sont les principales indications du traitement delà pneumonie des vieillards.
Avant de terminer, je devrais vous parler des pneumonies infectieuses, question qui a pris dans ces derniers temps une importance capitale depuis la découverte par Friedlàiider en Allemagne et par Talamon en France d'un microbe propre à cette pneumonie (1) ; déjà on avait signalé le carac-
Ues pneumonies infectieuses.
(1) Klebs en 1877 décrit sous le iioiii de Monas pulmonale un schiztoniycète propre à la pneumonie. Ce sont des monades d'où naissent des bâtonnets mobiles.
En 1881, Eberth a trouvé dans des fausses membranes pleurales d'un pneumonique mort de méningite un micrococcus arrondi.
Friedlânder en 1882 trouve dans buit autopsies de pneumonie franche des micro-organismes dans les exsudats alvéolaires, les microccoci ont une forme ellipsoïde. Leyden et Gunther, la même année, en ponctionnant avec une seringue de Pravaz un poumon hépatisé, retrouvèrent le parasite de Friedlânder.
Matruy en 1883 trouve aussi des organismes spéciaux dans le crachat des pneumoniques.
En 1883, la même année Friedlânder complète sa première communication et montre que le caractère essentiel de ces microbes, c'est d'être entourés d'une capsule très
distincte. D'ailleurs il cultive ces microbes dans la gélatine peptone de Koch et transmet la pneumonie aux animaux en leur injectant ces produits de culture.
La communication de Friedlânder du 19 novembre 1883, celle de Talamon qui avait commencé ses expériences dès 1882 a lieu le 30 novembre 1883 à la société anatomique. Il décrit un coccuslaiicéolé qui présente dans l'exsudal fîbrineux la forme elliptique d'un grain do blé et devient plus allongé et plus effilé lorsqu'il est cultivé. Ce micrococcus se trouve non seulement dans le poumon mais encore dans le sang. Inoculé à certains animaux et en particulier au lapin, le micro-organisme détermine des pneumonies et des pleurésies fibrineuses. Ces travaux ont été repris depuis par Afanassiew et Cornil qui n'attachent aucune importance à la capsule décrite par Friedlânder autour des micrococci («).
(a) Klebs, Beitràge %ur Kenntniss der pathogenen Schiz'.omiceten {Arch. f. patli . exp. 1877. Bd., IV. — Eberth, Zur Kenntniss der mycotischen Processus {Deutsch Arch. f Klin. méd. 1881). — Koch, Mittheilungen aus dem Kaiser (Gasundhects. Amt 1881). — Friedlânder, Die Schiztomyceten bei der acuten fibrosen Pneumonie. {Virchow\s Arch. 1882, Bd. 87); Die Mikrokken der Pneumonie {Fortschritt der
tère toxique de certaines pneumonies et Bonnemaison (de Toulouse) nous avait donné une excellente étude de ces phlegmasies spécifiques.
Aujourd'hui nous connaissons l'agent spécifique et contagieux de cette pneumonie infectieuse, mais il faut reconnaître que la thérapeutique n'a pas tiré parti de cette découverte et il faut attendre de nouvelles recherches pour savoir si nous devons opposer à ces sortes de pneumonie un traitement antiseptique spécial.
Conclusions. Vollà, messieurs^lcs préceptes que je voulais vous tracer [lu sujet du traitement de la pneumonie. Si je me suis fait bien comprendre, vous voyez qu'il n'existe pas, dans le traitement de cette affection, des formules toutes faites et que la science et le talent du médecin consisteront à modifier son traitement suivant la marche delà maladie et les symptômes qu'elle présente. On ne peut dire, en effet, que tel remède est bon dans la pneumonie, car, s'il est utile dans certains cas, il peut être dangereux dans d'autres. C'est donc ici l'application réelle de cette clinique thérapeutique, thérapeutique dont je me fais le défenseur, et s'il me fallait résumer en une phrase tout ce que je viens de vous exposer dans ces deux leçons, je vous dirais : // n'y a pas de traitement de la pneumonie, il ny a que le traitement des pneumonicpces.
Medicin, 1883). — Leydcn et Gunllier, Soc. niéd. de Berlin, Séance du 2U nov. 1882. — Malniy, Ueber Pneumonie-Kokken (Wiener tned. Press., juin 188^. — Afanassiew, Soc. bibl. 188i et Cornil, Le^^ons professées à la faculté de médecine pendant .les premières années. De l'année 1883-1884-.
CINQUIÈME LEÇON
Sommaire. - Division des bronchites. — De la bronchite simple. — Grand nombre de moyens pharmaceutiques. — Nécessité d'en connaître les préparations. — De l'exigence des malades à cet égard. — Des tisanes. — Leur action. — Tisanes simples : par infusion, par décoction. — Tisanes composées : par infusion, par décoction. — Apozèmes. — Des sirops. — Grande variété des sirops pectoraux et béchiques. — Spécialités pharmaceutiques. — Sirops simples. — Sirops composés. — Alliance des tisanes et des sirops. — Des oxymels. — - Des sucres-tisanes. — Des pâtes béchiques.
— Des bonbons pectoraux. — Des potions et des juleps. — Des loochs. — Des laits de poule. — Des papiers chimiques. — Indication du traitement dans la bronchite simple. — De l'eau de laurier-cerise. — De l'aconit. — De la bronchite capillaire. — Traitement de la bronchite capillaire chez l'adulte. — De la broncho-pneumonie des enfants. — Ses variétés. — Son traitement. — Des médications dangereuses dans la bronchite capillaire.
— Des vomitifs. — Des toniques. — Des révulsifs. — Des calmants. — De la bronchite épidémique. — Son traitement. — Du sulfate de quinine. — Du jaborandi. — De l'asthme des foins. — Ténacité de l'affection. — Des irrigations nasales.
L'affection la plus fréquente à coup sur des voies respiratoires est la bronchite; ce seul fait vous montrera l'importance de la leçon que je me propose de vous faire aujourd'hui, et qui portera sur le traitement de ces phlegmasies. Mais, pour bien comprendre les différentes médications que je vais vous exposer, il est nécessaire d'apporter dans ce sujet de grandes divisions.
L'inflammation des bronches se présente sous deux types distincts, à l'état aigu, ou bien, au contraire, à l'état chronique. A l'état aigu, les bronchites offrent de nombreuses subdivisions : les unes sont des affections bénignes, sans aucune gravité, telle est la bronchite simple ou bronchite des grosses bronches; les autres, beaucoup plus graves, sont
CLINIQUE THÉR\P., A" édit. II. — 28
Des bronchites
aiguës. Leurs
divisions.
kU LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
celles où l'inflammation porte sur une surface plus étendue et atteint les bronches de petit calibre et mêmes les bronchioles du lobule pulmonaire; telle est la bronchite capillaire, la broncho-pneumonie. Enfin, dans d'autres circonstances, la bronchite revêt un caractère tout spécial, elle devient épidémique et présente un ensemble de symptômes caractéristiques : c'est la bronchite épidém.ique ou grippe. Nous allons examiner successivement le traitement de chacune de ces affections.
La bronchite simple ou rhume ordinaire est une maladie qui, malgré son peu d'intensité et son peu de gravité, doit cependant appeler très sérieusement votre attention. La pharmacie a accumulé, contre ce simple rhume, un nombre infini de spécialités, et leur succès dépend surtout de l'ignorance ou de la négligence que met le médecin dans la prescription des petits moyens capables de diminuer l'intensité de cette maladie si légère.
Je sais qu'on va me répondre que c'est abaisser la médecine que de s'occuper de tous ces petits détails; que le médecin n'est ni un herboriste ni un garde-malade; que d'ailleurs la vertu thérapeutique de tous ces moyens est plus que douteuse; qu'enfin c'est éloigner la thérapeutique de la voie qu'elle doit suivre que de s'attacher à l'étude de pareils médicaments. Je sais tout cela; mais ce que je sais aussi, c'est que le médecin ne vit pas que de science et qu'il cherche dans la clientèle une rémunération, à peine suffisante, de tous ses travaux et de tous ses labeurs. Il faut donc qu'il souscrive, dans une mesure raisonnable, à ce courant qui porte le malade à réclamer de son médecin des moyens simples, comme les tisanes, les sirops, les pâtes, pour calmer l'affection dont il est atteint.
La clientèle, qui ne peut juger l'étendue de nos connaissances, ne nous apprécie que dans ces détails infimes qui
THAITEMENT DES BRONCHITES AIGUËS. -i35
constituent le plus petit côté de notre art, mais qui n'en a pas moins une énorme influence sur le succès de notre pratique, et vous connaissez, comme moi, des praticiens distingués, instruits, qui ont échoué que pour ne pas avoir apporté dans la prescription de ces petits moyens, toute l'attention désirable. C'est pourquoi je désire, avant d'aller plus loin, vous donner une rapide énumération des nombreuses préparations que la pharmacie a opposées à la bronchite simple.
Commençons d'abord par les tisanes (1). Qui dit rhume iJ^s thanes dit tisane, vous le savez, et vous devrez être très au courant de leur préparation, car vous aurez souvent à les changer sur l'insistance persévérante de votre client. Ces tisanes n'ont pas une action curative bien héroïque et n'ont en somme que peu de valeur thérapeutique; mais elles ne sont pas nuisibles, elles provoquent souvent un état sudoral bien marqué, elles
(i ) Le mot tisane, ou plutôt le mol décoction, ou l'on fail bouillir l'eau
ptisane, vient du mot grec TTTtaâvr,, avec la plante (tisane de lichen); par
sous entendu de xptôriv/i, orge broyé digestion, dans laquelle on fait d'a-
(de TTTÎadw, piler), et cela parce que bord macérer, puis on porte le liquide
chez les anciens l'orge broyé était la àrébuUition (tisane de salsepareille) ;
boisson que l'on donnait habituelle- pai' lixiviation, dans laquelle ou
ment. On distingue deux espèces de fait macérer et bouillir et que l'on
tisanes: les tisanes magistrales et les filtre ensuite (tisane de racines de
tisanes officinales ; ces dernières ne grenadier).
sont que des hydrolés très concentrés Les tisanes contiennent : \" des
dans lesquels il suffit d'ajouter de tannins solubles dans l'eau; "2" des
l'eau pour avoir une tisane ordinaire. matières albuminoïdes ; 3° des gom-
Les tisanes se font par solution mes et des mucilages ; -4° des matières
simple, comme la tisane de casse; sucrées et des glucosides; 5" des
ou par macération, qui consiste à alcalis organiques ordinairement à
laisser en contact la plante dans l'eau l'état de combinaison saline ; 6" enfin
froide (macération de gentiane, ma- des acides organiques, qui se trou-
cération de quassia amara); ou par vent rarement à l'état libre, mais le
infusion : on jette de l'eau bouillante plus souvent à l'état de sels neutres
sur la substanee médicamenteuse ou de sels acides {a). (tisane de bourrache, etc.) ; ou par
((?) Bourgoin, Traité de pharmacie galénique. Paris, 1880, p. 215.
Des tisanes pectorales.
Des tisanes simiilos.
136 LEÇONS DE CLINIOIJE THÉKAPEUTKjÙE.
calment la sécheresse de la gorge et le sentiment de chaleur qui se produit de ce côté, enfin elles apaisent aussi la toux.
Les tisanes pectorales sont de deux sortes : simples ou composées et se font soit par décoction, soit par infusion. Le plus grand nombre se fait par infusion. On emploie, vous le savez, pour faire ces infusions, 10 grammes à peu près de la plante qu'on fait infuser dans un litre d'eau bouillante pendant une heure ou une demi-heure au minimum.
Parfois, le malade ou son entourage vous demande combien il fout mettre de pincées de la plante pour confectionner la tisane que vous avez prescrite; vous devez donc savoir ce que vaut une pincée; en pharmacie, elle équivaut à 2 grammes de plante; vous ordonnerez donc une pincée pour deux verres d'eau bouillante.
C'est ainsi que se préparent les tisanes de lierre terrestre (1), d'hysope (2), de pensée sauvage (3), de capillaire (4), de
(1) Le liei^re terrestre (gléchome, lierre, herbe de Saint-Jean, corroie Saint-Jean, rondette, rondelette, etc.) {glechoma hederacea), de la famille des labiées, est une plante vivace qu'on trouve le long des haies et des murs, dans les fosses humides, dans les lieux ombragés.
Il a une odeur forte, aromatique, une saveur amère et acre; il contient : une huile essentielle, une matière résineuse amère qui noircit par l'addition du sulfate de fer, un extrait muqueux.
On fait, avec le lierre terrestre, des infusions (10 à 25 grammes par litre), du sirop, une eau distillée, un extrait, un suc (30 à 60 grammes).
(2) L'hysope (hysopsus officinalis) est une labiée aromatique amère, plante vivace de 60 à 80 centimètres de hauteur, qui croît spontanément en Allemagne, Italie et midi de la France. L'hysope, ou hyssope, con-
tient une huile volatile jaune, des principes amers, du soufre, du camphre, et un corps neutre décrit par Herberger sous le nom d'hysopine.
(3) La. pensée sauvage (violette des champs, petite jacée, fleur de la Trinité, herbe à clavelée) {viola tricolor), famille des violacées, est une plante annuelle, très commune; elle contient de la gomme, de l'albumine végétale, im extrait sucré et de la violine. Elle a été beaucoup préconisée dans les affections cutanées, et on la fait entrer dans la confection des tisanes dites dépuratives.
(i) Le capillaire du Canada {adiantum pedatum) est une fougère renfermant des acides tannique et gallique, un extractif amer et une huile volatile. On le donne en infusion, comme le capillaire de Montpellier (adiante, cheveux de Vénus, capillaire à feuilles de coriandre), qui
guimauve (1), de bouillon-blanc (2) et de violette (3). Le lichen d'Islande (4) , seul, fait exception ; il se fait par décoction, et voici comment on le prépare : on jette de l'eau bouillante sur le lichen pour enlever le principe amer de la plante, puis on la trempe dans l'eau froide pour la refroidir, et ensuite on la fait bouillir dans l'eau chaude.
Les tisanes composées (5) se font aussi par infusion ou par Des décoction; des premières, la plus souvent prescrite est la
tisanos
composées.
est aussi une fougère croissant abondamment dans les lieux humides et ombragés du midi de la France. Il entre dans la composition du sirop d'érysimum composé. Pour la préparation du sirop de capillaire, on prend plus volontiers le capillaire du Canada.
(1) Guimauve {althea officinalis).
Malvacées. Croît dans les lieux frais et humides. On emploie la racine, l'herbe et les fleurs. La racine renferme :
huile grasse, mucilage, sucre incristallisable, amidon, albumine, asparagine, et enfin une matière colorante jaune.
(2) Bouillon-blanc (Molène, bonhomme, herbe de Saint-Pierre, cierge de Notre-Dame, bouillon mâle, herbe à bonhomme) {verbacum thapsus).
Scrofulariacées. Plante bisannuelle, qui croît dans les endroits pierreux, sur les bords des chemins. On emploie les feuilles et les fleurs.
(3) Violette odorante (violette de mars, violette de carême, vioJier commun) {viola orforafa). Violacées.
Ci'oît dans les bois, et dans les lieux un peu couverts. On emploie la racine, les feuilles, les fleurs et les fruits. BouUay, en 1823, a trouvé dans cette plante un alcaloïde analogue à l'éraétine, la violine, qui est une poudre d'un goût acre, amer, soluble dans l'eau, insoluble dans l'éther et les huiles fixes et volatiles.
On peut donner la poudre de racine, à la dose de i à 4 grammes, comme émétique.
(4) Le lichen d'Islande, mousse d'Islande, orseille d'Islande {lichen islandicus), de la famille des lichénacées, croît en touff'es sur la terre, sur les rochers; il contient, d'après Berzélius : cire verte, extractif jaune, matière amère, sucre incristallisable, gomme, amidon, acides tartrique et phosphorique, potasse et chaux.
La matière amère extractive ou cératrine est la partie active du lichen; elle a été administrée à la dose de 10 à 20 centigrammes comme fébrifuge.
A côté du lichen d'Islande il y a aussi le lichen Tpulmonaire (pulmonaire de chêne, lichen d'arbre, herbe aux poumons, hépatiques des bois, thé des forêts, thé des Vosges), qui croît sur les troncs des vieux arbres.
Il est plus amer que le lichen d'Islande. On le donne en poudre à la dose de 4 grammes; en infusion ou en décoction.
(5) On donne le nom d'apozème (à.mCili.y., décoction) aux tisanes composées, ce qui est en somme une erreur, puisqu'un grand nombre de tisanes composées ne sont pas faites par décoction. Les tisanes composées les plus connues sont la décoction blanche, la tisane de Foltz et le petitlait de Weiss.
i38 LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
tisane de fleurs pectorales, qui sont, comme vous le savez, la mauve (1), le pied-de-chat (2), le pas-d'âne (3) et les pétales de coquelicot (4). Vous faites infuser 10 grammes de ces plantes dans un litre d'eau bouillante.
A côté de ces espèces pectorales, il faut placer les fruits pectoraux (5), qui sont, comme les précédentes, au nombre de quatre : les dattes, les figues, les jujubes et les raisins secs; mais cette tisane, au lieu de se faire par infusion, se fait par décoction.
Il y a encore bien d'autres tisanes composées. Permettez-
(1) Mauve {malva sylvestris) (grande mauve, maiive commune) est une plante vivace de 30 à 80 centimètres de hauteur, qui croit partout, dans les lieux incultes, au bord des chemins.
Comme la petite mauve {malva rotundifolia), onla,prescTitàVmiérienr (infusion ou décoction des feuilles ou racines) et à l'extérieur (décoction pour bains, lotions, lavements, etc.).
Les feuilles de mauve sont rangées parmi les espèces émollientes, les fleurs parmi les fleurs pectorales.
(2) Gnaphale (pied-de-chat, (antennaria dioica, gnafalium dioicum). Synanthérées. Plante vivace, croît dans les lieux secs. — On emploie les sommités et les fleurs.
(3) Tussilage (pas d'âne, pas-decheval, herbe de Saint-Guérin,taconnet, procheton) {tussilago far far a).
Composées. Plante vivace, qui croît dans les endroits humides, aux bords des ruisseaux, des fossés. On emploie les feuilles, les fleurs et quelquefois les racines.
(4) Coquelicot (Pavot coquelicot, pavot des champs, pavot rouge, ponceau, mahon {papaver rheas). Papavéracées.
D'après Beetz et Luwig, les pétales
de coquelicot contiennent : un principe colorant rouge, une matière astringente, de l'oxyde de fer et de manganèse, une résine molle, do l'acide gallique et nialique, de l'acide sulfurique et hydrochlorique, de la cire, de la gomme, de la potasse, de la chaux, de la fibrine. Reffort et Chevalier disent y avoir trouvé aussi des traces de morphine.
(5) Les dattes sont des fruits du dattier {phœnix dactylifera L.), Palmiers. On les emploie en décoction pure ou mélangée avec du lait. On fait avec ces dattes du sirop et une pâte, et elles entrent dans la confectisu de l'électuaire diaphœnix, purgatif dans lequel entrent bien des substances (amandes, poudre de gingembre, poivre noir, macis, cannelle, safran, fenouil, rue, turbith, scan> menée, etc.).
Les jujubes, fruits du jujubier officinal {zizyphus vulgaris), rhamnacées, s'emploient en décoction et parfois pour faire la pâte de jujube, qui le plus souvent n'est perfectionnée qu'avec de la gomme et de l'opium.
Les figues, fruits du figuier {ficus carica), Morées, sont originaires de.
l'Asie, mais parfaitement acclimatées
moi de vous en signaler deux, dont la composition fort complexe, satisfera le désir du malade; l'une se fait par infusion, l'autre par décoction. Voici la formule de la première :
% Feuilles de guimauve 30 grammes.
Racine de guimauve 30 —
— de polygala 10 —
— de réglisse 10 —
Fleurs de bouillon-blanc 5 —
— de pavots rouges 5 —
Incisez, mêlez, divisez en 4 paquets.
Pour faire la tisane, faire infuser un de ces paquets dans :
Eau bouillante 1000 grammes.
Édulcorer avec :
Sirop de capillaire 40 granimes.
A prendre par grandes tasses.
Voici la formule de la seconde :
■if, Racine d'aunée 5 grammes.
— de réglisse 10 —
Lierre terrestre 10
Fleurs de tussilage 10 —
Faire bouillir pendant cinq minutes dans :
Eau cornmune 1000 grammes.
Laisser refroidir, passer avec expression et ajouter :
Sirop de Tolu. 35 grammes.
dans le midi de la France, où l'on en pins, et 2° les raisins de Malâga {wùœ
fait grand usage dans l'alimentation. malacensœ) .
On utilise leur décoction pour tisane Pour constituer ces espèces, les
ou gargarisme. doses sont:
Les raisins secs, fruits desséchés de
la vigne {vitis vinifera), ampélidées, ^^"^^ P"^^"' '^^ ^^"""^ "«y^*^^- ^2
.^^ , , ,' ! ^ ■. Jujubes 32
sont très employés, surtout associes t.- < ,.
aux dattes et aux jujubes, pour faire Raisins secs. . . . ....!.!!.!'.!!. 32
une boisson pectorale. En médecine
on utilise deux sortes de raisins : On prend ensuite 10 grammes de
1° les raisins de Corinthe {iivœ co- ce mélange pour faire une décoc-
rinthiacœ), très petits et sans pe- tion.
Des sirops Xelles soiit les tisanes béchiques ou pectorales. A côté de
bechiques. T -T^
ces préparations se placent les sirops pectoraux et béchiques. Leur nombre est innombrable, car chaque pharmacien a tenu à honneur de composer un sirop spécial contre la toux. Tels sont les sirops de Flon, de Lamouroux, de Deslauriers, etc. Presque toutes ces préparations ont pour base les espèces pectorales avec les fruits béchiques, auxquels on ajoute de l'eau de laurier-cerise, de l'opium; de la belladone et souvent aussi du mou de veau. Pourquoi le mou de veau? que vientil faire dans le traitement de la bronchite?
C'est là une question de simiUtude, et de même qu'à l'origine on a donné les préparations martiales dans l'anémie, parce que le fer représentait la force, de même que la carotte a été donnée aux ictériques à cause de la coloration spéciale qu'ils présentent tous deux, de même aussi on a dû appliquer, à la cure des maladies de poitrine, le mou de veau, parce que l'on pensait que les produits tirés d'un poumon sain pouvaient avoir une influence favorable sur un poumon malade.
Les sirops béchiques se divisent en deux groupes : les sirops simples et les sirops composés. Les sirops simples sont fournis par les plantes pectorales, et, comme les tisanes, il y a le sirop de capillaire, le sirop d'hysope, le sirop de polygala, etc.
A côté de ceux-ci se trouvent des sirops composés. Ce sont en particulier : le sirop pectoral du Codex (1), le sirop de la
(1 ) Sirop pectoral du Codex : manière à obtenir 10 grammes de
„ , colatui'e. Filtrer : ajouter l'extrait
Espèces pectorales 50 ffr. ■,■ i i, j « j.
Eau bouillante. . 1^00 '^'''''''^ '^^"' ^^^'' ^^ ^^^'' ^ '''^"'
- de fleurs d'oranger. 50 =®'"' ^* ^^^^^^ ^^^^ ^^ ^^^°P ^^^ ^^^^'
Extrait d'opium 0.03 ^^^^ ^^ bain-marie couvert.
Sucre 2000 50 grammes de ce sirop ajoutés à
100 grammes d'eau simple consti- Faire infuser six heures les feuilles tuent une potion béchique extempodans l'eau, passer avec expression de ranée.
/ai
Compassion (1), très vanté dans le midi de la France, le sirop pectoral de Deslauriers- Vauquelin (2), celui de Lamouroux(3), et de Flon (4).
L'usage, vous le savez, est d'unir ces sirops béchiques à une tisane pectorale différente, la tisane d'hysope, par exemple, au sirop de capillaire ; la tisane de capillaire au sirop de polygala; la tisane de polygala au sirop pectoral.
A côté de ces sirops, il y a d'autres préparations usitées oxymeis. dans la bronchite. Ce sont les oxymeis (5), qui résultent d'un mélange de miel et de vinaigre. Quant aux hydromels, dont les anciens faisaient un si fréquent usage, ce sont des liquides sirupeux formés d'un mélange d'eau et de miel. 11 existe un
(1) Sirop de la Compassion, très vanté dans le midi de la France.
Fleurs de nymphéa 50 gr.
Dattes 100
Jujubes 100
Capillaire 50
Graine de pavot 40
Racine de réglisse 30
— d'althéa 30
Sucre 1000
(2) Sirop pectoral de Deslauriers- Vauquelin.
>lou de veau n» 1.
Lichen d'Islande 2000 gr.
Têtes de pavot 500
Fleurs béchiques 500
Fruits pectoraux 2000
Gomme arabique 20U0
Fleurs d'érysimum 500
Racines de consoude . . 500
Tridace 125
Sirop simple 40000
— de violette 6000
— de tolu 3GO0
(3) Sirop pectoral de Lamouroux.
Mou de veau n'' 12
Lichen d'Islande 3 kil.
Jujubes ;>
Dattes 4,
Réglisse 3 kilog.
Pulmonaire 1 à 5
Fleurs de mauve 2
— de guimauve. ... 2
— de violette 2
— de coquelicots.. 3
Sucre 180
Extrait d'opium 2i gr.
(4) Sirop lénitif de Flon,
Sei'ait du sirop de morphine très faible coloré avec de la cochenille et aromatisé avec de l'eau de lauriercerise.
Autre formule de sirop béchique:
Sirop de sulfate de morphine 25 parties.
Sirop de Tolu 25 —
Eau de laurier-cerise . 5
(5) Les oxymeis sont un mélange de miel et de vinaigre dans les proportions suivantes :
Vinaigre blanc 1 partie.
Miel blanc 4 —
On chauffe ce mellite dans une bassine d'argent ou de porcelaine ; car il faut éviter le cuivre en pareil cas, jusqu'à ce qu'il marque 1,26 au densimètre, puis on filtre. L'oxymel
Des sucres tisanes.
Pâtes héchiqiies.
hydromel composé béchique, c'est l'hydromel composé de la Charité (1).
Enfin quelques pharmaciens, frappés des difficultés matérielles que peuvent présenter les confections des tisanes, ont fabriqué des tisanes sèches ou des sirops secs, préparations qui consistent dans l'incorporation des extraits des différentes plantes béchiques dans du sucre. C'est ainsi que Limousin a confectionné des sucres tisanes, qu'il suffit de mettre dans un verre d'eau pour obtenir instantanément une infusion béchique {a). Ces préparations sont peu usitées.
Après les tisanes et les sirops viennent les pâtes béchiques (2) qui sont fort en honneur dans le traitement de la
simple possède une acidité plus grande que le vinaigre qui sert à le fabriquer. En remplaçant le vinaigre simple par le vinaigre de scille ou de colchique, on obtient les oxymels scillitiques ou de colchique.
(1) Voici la formule de l'hydromel composé de la Charité:
Racine d'année 30 gr.
Sommités d'hysope 20
Fleurs de lierre terrestre.. 10
Faire infuser dans :
Kau 1000 gr.
Ajouter :
Miel blanc 60 gr.
A prendre par grandes tasses.
(2) Les pâtes sont des préparations de consistance assez ferme, formées de sucre et de gomme dissous soit dans de l'eau pure, soit dans une eau médicamenteuse, et traités par évaporation jusqu'à ce qu'on ait obtenu une masse ayant la consistance désirable.
Selon les divers modes de préparation de ces pâtes, on obtient les pâtes opaques (guimauve, lichen, réglisse brune, etc.), les pâtes transparentes (pectorales, jujubes, dattes, réglisse noire).
Voici quelques formules de pâtes :
1° Pâte de guimauve.
La pâte de guimauve n'est en somme que de la pâte de gomme opaque, dans laquelle il n'entré pas trace de guimauve, comme on peut en juger par la formule suivante :
Gomme arabique blanche
ou du Sénégal 1000 gr.
Sucre très blanc 1000
Eau filtrée 1000
Eau distillée de fleurs d'oranger 100
Blancs d'œuis n° 12.
2° Pâte de jujube.
Jujubes 500 gr.
Gomme arabique 2000
. Sucre blanc 2000
(fl) Limousin, Des sucres tisanes (Soc. de Thérap., avril 1875, et Contribution à la pharmacologie, p. 266).
pectoraux.
bronchite. Ce sont des saccharolés à base de gomme arabique renfermant des produits béchiques et souvent même des principes beaucoup plus actifs, tels que l'opium et la belladone. Le nombre de ces pâtes est considérable et certaines ont fait la fortune de leur inventeur ou de leur vendeur. Je vous citerai la pâte de jujube, de lichen, de réglisse, la pâte de Regnault, etc.
Près des pâtes se placent les bonbons pectoraux, prépara- Bonbons tions qui tendent à se perfectionner chaque jour et qui transforment souvent l'officine du pharmacien en une boutique de confiseur, changement qui, dans ce cas, n'est nullement préjudiciable au malade; telles sont les boules de gommes de différentes formes, les pastilles béchiques, etc.
Si vous ne voulez pas passer par les fourches caudines de la spécialité pharmaceutique, vous pourrez ordonner les pastilles formulées par Noël Gueneau de Mussy de la façon suivante :
^ Chlorate de potasse 10 centigrammes.
Teinture saturée de benjoin.... 10 —
Alcool saturé de racine d'aconit. 10 —
Gomme adragante et sucre 0. S.
Pour une pastille.
Le malade en prend de 4 à 10 par jour.
Eau filtrée 3500 gr . Extrait d'opium lïi-,50
Eau de fleurs d'oranger. 200 Eau filtrée Q. S.
3» Pâte pectorale. .. ^° ^^'^^ ^' ''^^^'''^ "«^''^-
^ , ^ , ,„„ Sucre de réglisse de Ca-
Especes pectorales 100 gr. . . ...
Eau filtrée 3000 lanre. ,^^^g'-
, . „,,„„ Gomme arabique 1000
Gomme arabique 3000 c i,i n,„«
' Sucre blanc 200
Eau filtrée 3000
Sucre blanc 2000
Eau de laurier-cerise. . . . 100
Extrait d'opium 2 6° Pâte pectorale de Regnault.
4° Pâte de lichen.
Quatre fleurs 500
Gomme arabique 3000
Lichen 500 gr. Teinture de Tohi 21
Gomme arabique 2500 Eau 1500
Sucre blanc 2000 Sucre 2500
Ui LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
juieps A côté des tisanes, des sirops, des bonbons, il y a les po-
béchiques. • i r i •
tions bechiques et parmi elles les juieps, que vous nous voyez si souvent prescrire dans la pratique hospitalière (1).
Le nombre de potions bechiques est considérable et vous les trouverez en abondance dans vos formulaires, je ne puis donc ici vous les signaler toutes et ne fais qu'une seule réserve, pour la potion de Delioux de Savignac, qui m'a donné souvent d'excellents résultats (1).
J'en aurai fini avec toutes les préparations dites pectorales lorsque je vous aurai parlé des loochs et des laits de poule.
Les loochs sont très employés dans le traitement de la bronchite des enfants; leur apparence laiteuse, leur goût agréable les font facilement accepter à cet âge. Vous pouvez ajouter aux l(?ochs des substances actives : l'eau de laurier-cerise, le sirop d'opium et la teinture d'aconit; mais n'y mettez jamais de calomel, car l'acide cyanhydrique contenu dans les amandes amères, qui font la base de ces loochs, transformerait, comme l'a montré Buignet, le calomel en sublimé (2).
7° Pâte pectorale de moti de veau. Les malades doivent prendre celle
Gelée de lichen 625 gr. potion par cuillerées.
Sirop de mou de veau.. . 625 (1) Voici la formule de potion due
Sirop de mûres 375 à Delioux de Savignac :
Sucre 375
Baume de Tolu 8 Gomme ammoniaque. . là 2 gr.
Tridace 3 Eau-de-vie .' 30
Extrait d'ipécacuanha... 2 Eau de fleurs d'oranger. 40
Gomme 2500 Sirop de gomme 25
, , , . — de baume deTolu. 20
(1) Le julepgorameux des hôpitaux (,e morphine. .. . 15 a la foi'mule suivante :
Gomme arabique 8 gr. A prendre par cuillerées à soupe.
Sirop de sucre 24 (2) On distingue le looch huileux.
Eau de fleurs d'oranger.. 4 dit loochpectorol, et le looch blanc
Kîiu '125 ouamygdalin.
La potion calmante des hôpitaux est ainsi faite: Looch huileux.
Sirop d'opium 15 gr. . Huile d'amandes douces. . 15 gr.
— de sucre 10 Gomme arabique pulvéri-
Fleurs de tilleul 4 sée ^5
Eau bouillante 150 Sirop de gomme 30
Quant au lait de poule il se prépare, comme vous le savez, en battant un jaune d'œuf dans de l'eau chaude; vous pouvez ajouter au mélange des substances telles que l'eau de lauriercerise et le bromure de potassium.
Enfin on a préparé contre la bronchite des révulsifs spéciaux sous le nom de ■papier chimique^ et dont le plus connu, à coup sûr, est le papier Fayard. Ce sont, vous ne l'ignorez pas, des papiers imperméables sur lesquels on a étendu une couche de minium (1).
J'en ai fmi avec cette longue et pénible énumération des
Des papiers cliiiiiiqiies.
Eau distillée de fleurs d'oranger 1 5 g""-
Eau commune 100
Onfait un mucilage avec la gomme elle double de son poids d'eau; on ajoute l'huile par petites parties, de manière à la diviser par une trituration prolongée, et on délaye le mucilage avec le reste de l'eau.
' Looch blanc.
Amandes douces mondées. oO gr.
Amandes amères mondées. Î2
Sucre blanc 30
Gomme adragante pulvérisée 0.50
Eau distillée de fleurs d'oranger ;28
Eau commune 120
On prépare une émulsion simple avec les amandes, l'eau etla presque totalité du sucre; on passe, on triture la gomme adragante avec le reste du sucre, et l'on fait avec une petite quantité d'émulsion un mucilage auquel on ajoute peu à peu le reste de l'émulsion et de l'eau de fleurs d'oranger.
On emploie aussi la pâte à loochs de Vée.
Amandes amères 60 gr.
Amandes douces 450
Sucre blanc 600
Eau de fleurs d'oranger . . 200
On délaye 50 grammes de celte pâte avec de l'eau dans un mortier et l'on passe avec une légère expression.
Le loocli solide de Gallot contient de la gomme arabique.
Le looch fait avec les amandes amères ne peut renfermer du calolorael. D'après Bussy et Buignet, l'acide cyanhydrique dédoublerait le calomel en mercure métallique et chlorure mercuriquc sublimé :
CyH+Hg2Cl=CyH-|-HgCl+Hg (a).
(1) Papier chimique (Cod. fr.).
Huile d'olive 100 gr.
Minium pulvérisé 50
Cire jaune 3
Faites chauffer l'huile dans une grande bassine jusqu'à ce qu'elle commence à répandre des vapeurs.
Ajoutez peu à peu le minium en agitant jusqu'à ce qu'il se produise un boursoufflement considérable et un dégagement de fumée; retirez la bassine du feu et continuez de re-
(fl) Bourgoin. Traité de pharmacie galénique, p. 180.
la bronchite simple.
moyens que vous pouvez utiliser contre la bronchite aiguë, voyons comment vous pourrez les employer avec le plus de succès dans le traitement des bronchites aiguës et commençons par le Iraitementde la bronchite ordinaire.
La bronchite simple est un affection le plus souvent bénigne (i); cependant, dans les premières périodes du rhume, les malades ont de la fièvre, une toux pénible et sèche et réclament souvent pour ces symptômes les soins du médecin. A une période plus avancée de la maladie, l'expectoration devient plus grasse, moins pénible; mais vous aurez encore à intervenir, dans ces cas, pour achever cette période dite de coction.
Vous puiserez à larges mains dans les tisanes béchiques, vous les multiplierez de manière à amener une certaine variété dans ces préparations, vous pourrez y joindre quelques pâtes et bonbons béchiques, mais vous y ajouterez sur-
muer le mélange jusqu'à ce qu'il se forme à la surface une écume blanchâlre; ajoutez la cire, mêlez.
Cette espèce d'emplâtre est étalée sur du papier imprégné de la composition suivante :
Huile de lin 20 gr.
Ail haché 2
Essence de térébenthine . . 16 Oxyde de rouge de fer por-
phyrisé 8
Géruse broyée à rhuile... 3
Faites chauffer l'ail avec l'huile jusqu'à ce qu'il soit torréfié ; pesez, remettez sur le feu, avec les autres substances ; remuez le mélange, étendez-le sur du papier mousseline au moyen d'une éponge ; faites sécher pendant quinze jours.
(1) Les causes de la bronchite sont nombreuses et diverses : les unes, telles que l'inspiration d'un air froid ou d'un air chargé de poussière, de vapeurs ou de gaz irritants, agissent
directement sur les voies respiratoires; les autres n'ont qu'une action indirecte. Ainsi, l'impression dufroid sur le corps en sueur, sur les pieds, sur la tête, amène le refroidissoment brusque ; une laryngite, la fièvre typhoïde, des fièvres éruptives, la coqueluche, la grippe peuvent provoquer la bronchite ; de même, la présence des tubercules pulmonaires, les tumeurs du médiastin, les collections purulentes de la plèvre, du foie ou des reins s'ouvrant dans les bronches. Enfin, il n'est pas très rare de voir la maladie se développer avec une grande intensité après la suppression brusque d'un eczéma, ou d'un accès de goutte, de même qu'elle cède dès que l'affection cutanée reparaît.
L'inflammation des bronches peut être généralisée ou localisée, elle occupe, c'est le cas le plus ordinaii'c, les grosses et les moyennes bronches, ou atteint les dernières ramifica^
Ul
tout trois médicaments qui ont, dans la première période de la bronchite simple, une influence des plus heureuses; ce sont l'opium, le laurier-cerise, l'aconit.
De toutes les préparations opiacées, l'une des plus actives, à coup sûr, contre la toux, sera la pilule de cynoglosse ; vous pourrez aussi vous servir de potions calmantes édulcorées avec le sirop diacode et le sirop d'opium.
L'aconit a une action très favorable dans la cure de la première période de la bronchite, il est bien entendu que je parle de l'alcoolature de racines d'aconit. Je vous ai déjà dit dans les leçons précédentes combien était incertaine, pour ne pas dire nulle, l'action de l'alcoolature de feuilles, telle qu'elle se trouve inscrite à notre Codex. Vous ordonnerez donc au malade de prendre dix gouttes de cette alcoolature, matin et soir, et même au milieu de la journée, dans une tisane béchique.
De l'aconit.
lions de l'arbre aérien et constitue la bronchite capillaire.
Les symptômes de la bronchite commune sont variables selon l'étendue de la lésion : au début de la maladie, l'on observe des symptômes généraux, tels que courbature, céphalalgie, douleurs musculaires, frissonnements, un peu d'oppression, de la fièvre et de l'agitation nocturne. Puis apparaissent les symptômes caractéristiques : douleurs pectorales, sensation de chaleur, de poids en arrière du sternum, oppression, douleur à la base de la poitrine occasionnée par les accès de toux. Celle-ci est variable, rare ou fréquente, souvent quinteuse, sèche et pénible ; elle donne lieu à de la céphalalgie et parfois provoque des vomissements. Mais bientôt elle devient humide, grasse, et le malade expectore des crachats qui, d'abord peu abondants, blancs, mousseux, très adhérents et difficiles à rendre, deviennent rapidement
plus épais, gluants, jaunâtres, mucoso-purulents et souvent très abondants.
L'examen de la poitrine donne les signes suivants : à la percussion, rien n'est changé, le son pectoral estle même; à l'auscultation, on entend des deux côtés de la poitrine, dans la première période de la maladie,des sifflements, des râles sonores, ronflants, sibilants : à la période de coction, alors que les mucosités bronchiques sont plus facilement traversées par l'air, on perçoit des râles humides, huileux, sous-crépitants et à grosses bulles au niveaudes grosses bronches.
Au bout de huit à dix jours, ordinairement, tous les symptômes se calment, l'expectoration cesse, l'appétit renaît et le malade guérit ; cependant parfois la toux persiste assez longtemps, accompagnée d'une expectoration abondante, et la maladie passe à l'état chronique.
De l'eau
de
iaurier-cerise
US LEÇONS DE CLINKJUE THÉRAPECTIQUE.
Le laurier-cerise est un des meilleurs calmants de la toux de " que je connaisse; c'est de plus, une préparation agréable, ce qui ne gâte rien en pareil cas. Vous ferez prendre au malade une cuillerée à café de cette préparation dans un verre d'eau sucrée et vous renouvellerez cette dose trois fois par jour, sans dépasser toutefois ce chiffre, car vous savez que cette eau contient un principe actif très toxique, l'acide cyanhydrique ; vous aurez soin de formuler : Eau distillée de laurier-cerise, car il existe une eau distillée de cerise, fort peu employée chez nous, mais usitée en Allemagne, et cette similitude a causé quelquefois des erreurs regrettables; la première des préparations étant des plus actives, la seconde, au contraire, l'étant à peine.
C'est à l'aconit et au laurier-cerise que je donne la préférence, et, pour ma part, j'use peu de l'opium dans le traitement des bronchites, car tout en reconnaissant que les préparations opiacées calment la toux, elles ont l'inconvénient de rendre difficile l'expectoration et quelquefois de congestionner le poumon; la préparation dont je me sers le plus habituellement est la suivante :
Dans une tasse de tisane de capillaire je fais ajouter les trois substances suivantes : deux cuillerées à bouche de sirop de Tolu; une cuillerée à dessert d'eau distillée de lauriercerise et dix gouttes d'alcoolature de racine d'aconit. Je fais prendre au malade trois tasses ainsi préparées par jour, une le matin, l'autre à midi, la troisième le soir.
Je n'insiste pas davantage sur les préparations d'opium, de laurier-cerise et d'aconit dont je viens de vous parler, car je vous en ai déjà entretenu dans mes premières leçons sur les maladies du cœur et je vous ai dit alors tout le parti qu'on pouvait tirer de ces préparations pour la cure de la toux (a).
{a) Voir t. P', Traitement des maladies du cœur : Leçons sur le traitement des coiigestions passives des différents viscères.
Quelquefois, pour activer la coclion du rhume, vous vous servirez de préparations alcooliques; c'est Laënnec qui a, un des premiers, insisté sur cette médication spéciale du rhume, il a même formulé une potion qui peut vous rendre en pareil cas de bons services (1). L'association de l'eau-de-vie au lait très chaud et sucré vous donnera aussi des résultats analogues.
Il est bien entendu qus vous varierez votre médication selon l'intensité de la bronchite et, suivant que la phlegmasie portera sur la trachée, les grosses bronches ou les bronches moyennes, vous aurez à augmenter vos moyens d'action; vous pourrez même user des révulsifs modérés que je vous ai signalés, au début de cette leçon, sous le nom de papier chimique. Mais lorsque la bronchite atteint les petites bronches et même les bronchioles terminales, elle prend un haut degré de gravité et il faut diriger contre elle un traitement beaucoup plus actif.
Je n'entrerai pas ici dans les discussions qui se sont élevées ceiabroncho-
pneiimonie.
à propos déjà nature de la bi'oncho-pneumonie (2); qu'il y
(1) Voici la formule conseillée par comme une maladie spéciale, il l'a
Laënnec : rattachée à la poeumonie lobaire.
, . „^ ,^ C'est seulement depuis les travaux
Bonne eau-de-vie 30 a 45 gr. j t ' t ■ r> » d * j
j n . , ■ , ., i - de Leîfer, Lanoix, Berton; Burnet, de
Inlusion de violettes très i ti r> ^ Ai i i
chaude 60 à 90 ^^ Berge, Rufz et Gerhard que la ma-
Sirop de «onime Q. S. ladie est un peu connue; ils ont vu
les différences qu'il y a entre lapneu-
A prendre aussi chaude que pos- monie lobaire et la pneumonie lobu-
sible en une seule fois, au début du laire; la dissémination des lésions
rhume. dans les deux poumons, etc. Quel-
(2) La broncho-pneumonie, entant ques auteurs: Legendre, Bailly, Barqu'individualité morbide, n'a pris rier, Becquerel, Rilliet et Barthez, rang dans le cadre nosologique que etc., ont nié la nature inflammatoire depuis 1837. Les auteurs anciens ont de la pneumonie lobaire et l'ont condécrit une maladie analogue sous le sidérée comme une congestion ; une nom de pneumonie catarrliale, de induration analogue à celle qu'on peripneumonia notha •,haènncc, qui observe dans le poumon du noua constaté les lésions de la bronche- veau-né n'ayant pas respiré; et ils pneumonie, ne l'a pas regardée ont désigné la lésion sous le nom
CLINIQUE THÉRAP., 4° édit. II. — 29
ait inflammation seulement des dernières ramifications des bronches ou bien des alvéoles pulmonaires, ceci nous importe peu et ne modifie en rien le traitement que nous avons à diriger contre cette affection. Nous étudierons la conduite que nous avons à tenir dans la broncho-pneumonie dans deux chapitres distincts, lorsqu'elle atteint l'adalte ou lorsqu'elle frappe l'enfant.
Chez l'adulte, lorsque la bronchite atteint les dernières ramifications bronchiques, il apparaît des symptômes assez graves, de la gêne respiratoire, de l'anxiété, de la toux; l'exsudat qui s'est fait dans les bronchioles terminales empêche la respiration de s'effectuer, l'échange des gaz ne se fait plus, il y a des troubles de l'hématose.
Dans le traitement de la bronchite capillaire, il est surtout
d'état fœtal,d'atélectasie{Ziemssen).
L'anatomie pathologique est complexe, et les lésions portent sur deux éléments; l'élément bronchique et l'élément pulmonaire.
Les bronches sont enflammées, il y a production de muco-pus, surtout dans les petites bronches, qui, pour peu que la maladie ait une longue durée, subissent une dilatation ampullaire, fusiforme ou cylindrique ; en même temps, il y a une altération profonde des fibres musculaires de ces petites bronches; d'après Stokes, la dilatation des bronches serait due à la paralysie des muscles de Reisessen, tandis que pour Trojanowsky et Charcot elle serait la conséquence de la destruction des fibres annulaires.
A la surface du poumon, ou sur une coupe de cet organe, on voit des petites masses jaunâtres, arrondies, petites granulations purulentes ou grains jaunes ; c'est cette altération que Rilliet et Barthez dénommaient bronchite ou pneumonie vésiciUaire.
On trouve aussi à la surface ou dans la profondeur du poumon, un nombre variable, des vacuoles oncavités remplies d'air et de muco-pus. Pour quelques auteurs, ces vacuoles qui communiquent avec les bronches seraientune dilatation emphysémateuse des alvéoles; pour d'autres, cette dilatation serait consécutive à la perte de l'anneau musculaire.
Le poumon présente des noyaux de broncho-pneumonie disséminés ou confluents, de grosseur variable, superficiels ou profonds, d'une teinte rouge-acajou uniforme ou marbrée de jaune. En pressant entre les doigts ces noyaux, on les trouve durs, résistants; si on les plonge dans l'eau, ils gagnent le fond du vase. Ces noyaux sost du reste différents, selon le degré de la maladie et chacun peut passer isolément par les trois degrés de la pneumonie, sans que pour cela le lobule voisin soit à la même période.
L'examen microscopique, fait sur une coupe perpendiculaire au grand
deux ordres de médicaments qui occupent le premier rang ; ce sont les vomitifs et les révulsifs. Dans l'encombrement pulmonaire, résultat de la bronchite généralisée aux petites bronches, les vomitifs rendent de grands services, ils favorisent l'expectoration, d'une part, et de l'autre ils décongestionnent le poumon par l'action mécanique des vomissements. Vous userez surtout dans ces cas de l'ipéca, et vous pourrez augmenter l'action de ce vomitif en l'unissant au tartre stibié; mais le plus souvent l'ipéca seul, à la dose de 2 grammes, suffit parfaitement bien pour obtenir l'effet désiré.
Les révulsifs, dans ces bronchites généralisées, ont aussi la plus heureuse influence et vous aurez recours soit aux onctions avec l'huile de croton, soit aux emplâtres stibiés ou de thapsia, soit enfin aux vésicatoires ; ce sont ces derniers que
diamètre du lobule, permet de constater les changements suivants : le tissu conjonctif interlobulaire est épaissi ; les parois de la bronchiole intralobulaire sont congestionnées, parfois envahies par l'infiltration purulente ; elles peuvent même être détruites par les progrès de TinfiUration et devenir le centre d'un petit abcès.
Le tissu pulmonaire entourant la bronchiole onnodulepéribroncJdque est altéré, et peut passer par les diverses périodes de la pneumonie ; il est d'abord congestionné, puis, plus tard, l'exsudat contenu dans l'alvéole devient fibrino-purulent, très dense, puisse liquéfie, les parois alvéolaires s'infiltrent à leur tour et il peut y avoir alors formation d'abcès péribronchiques.
La zone de splénisation qui entoure le noyau péribronchique représente les lésions de la pneumonie épithéliale ; pour certains auteurs, cette splénisation n'est qu'un degré moins avancé de la maladie que les
parties centrales ; pour d'autres, elle n'est pas inflammatoire, mais elle est consécutive à l'oblitération jiar un exsudât quelconque des bronches correspondantes aux parties splénisées.
Le tissu conjonctif périlobulaire est épaissi, les canaux lymphatiques de l'espace périlobulaire sont dilatés, l'inflammation se communique parfois à la plèvre.
Les ganglions bronchiques sont congestionnés et augmentés de volume. Enfin, on constate souvent une autre lésion d'ordre mécanique comme l'état fœtal et l'atélectasie qui surviennent par l'oblitération des bronchioles; c'est l'emphysème qui, ordinairement, est vésiculaire ; il siège aux bords supérieurs et antérieurs du poumon.
La gangrène est une terminaison rare et ne se voit guère que chez les enfants très débiles et atteints de broncho-pneumonie pendant ou après la rougeole.
je préfère. En effet, l'huile decroton et les emplâtres stibiés onL le très sérieux inconvénient de laisser des cicatrices à la peau, ce qui est surtout désagréable chez les jeunes filles. Quant au thapsia (1) il a encore un inconvénient beaucoup plus considérable, c'est de provoquer des éruptions loin des points où il a été appliqué. C'est ainsi que vous voyez souvent dans nos services des malades présenter des éruptions vésiculeuses de la face déterminées par l'application d'un emplâtre de thapsia sur le devant de la poitrine. Il faut, chez l'adulte, que les révulsions soient largement pratiquées sur la poitrine et que les vésicatoires couvrent une grande étendue du thorax.
A côté de ces deux grands moyens se placent les agents secondaires, comme les tisanes expectorantes, les potions au kermès ou à l'oxyde blanc d'antimoine, les juleps calmants, l'alcoolature de racines d'aconit, toutes préparations dont je vous ai déjà parlé à propos de la bronchite simple. Je
(1) Le thapsia (thapsia garganica) Colophane 150
est une ombellifère très commune Cire blanche 150
Térébenthine cuilc 150
Térébenthine 50
Glycérine 50
Bliel blanc 50
Résine de thapsia 75
des pays chauds; on le trouve surtout en Algérie, où les Arabes le nomment bon-nef aœ ; son nom de thapsia lui vient de l'île de Thapsos, où on le trouva pour la première fois.
La racine renferme une résine Voici une autre formule . proposée
jaune, molle, très rubéfiante, que par Desnoix :
RebouUeau et Bertherand ont isolée „ , , .nr.n
,„^ Colophane 1000
^V , . Élémi 1200
Cette résine de thapsia peut être Cire jaune 1000
appliquée directement sur la peau Térébenthine 500
avec un pinceau ; on fait avec elle un Résine de thapsia 350
emplâtre rubéfiant dont voici la for-
xi\x\\Q : Stanislas Martin a montré que lu
résine de thapsia vendue par le coni-
Emplâtre de thapsia (Codex). merce contenait une grande propor-
Cire jaune 420 tion de substances étrangères (a).
(a) Stanislas Martin, St(.r la résine de thapain (Bull, de Thérap.,iS58)
repousse absolument dans le traitement de la broncho-pneumonie les médications spoliatrices, le tartre slibié comme les émissions sanguines.
Cependant, je fais une réserve à propos de la saignée, c'est lorsque la bronchite capillaire entraîne une asphyxie complète; le malade est cyanose, l'hématose est rendue presque impossible et, dans ces circonstances, avec la saignée, on pare, momentanément du moins, à ces accidents asphyxiques; mais un agent qui, dans cette occurence, a les avantages de la saignée, sans en avoir les inconvénients, c'est la ventouse dite de Junod, ou plutôt des ventouses sèches que vous pourrez appliquer en grand nombre tout autour de la poitrine.
Si les médications spoliatrices ont de sérieux inconvénients dans le traitement de la bronchite capillaire, il n'en est pas de même de la médication tonique et vous pourrez employer soit la potion de Todd, soit les tisanes chaudes auxquelles vous ajouterez, par verre, une cuillerée à bouche, ou à café, de bonne eau-de-vie.
N'oubliez pas, à propos du traitement de la bronchite, que la position du malade a une influence prépondérante sur l'hypérémie pulmonaire et qu'à la congestion aiguë, déterminée par l'inflammation des petites bronches, se joint, dans le plus grand nombre des cas, de la congestion passive et hypostatique. Recommandez donc à votre malade de se maintenir presque assis dans le lit et, s'il se couche, faites varier le côté de la poitrine sur lequel il repose : c'est là un petit moyen sur lequel Piorry insistait avec le plus de raison {a).
J'arrive maintenant à la broncho-pneumonie des enfants, du traitement
1 PT • 1 1 p ' 1 . de la broncho-
c est une des atiections les plus irequentes car la pneumonie pneumonie lobaire franche existe rarement à cet âge, et dans l'immense
(a) Piorry, Des petits moyens en médecine.
des enfants.
majorité des cas, c'est une pneumonie lobulaire, une broncho-pneumonie, que l'on observe. Que devez-vous faire en pareil cas et surtout que ne devez-vous pas faire? car s'il y a des médications utiles pour le premier âge de la vie, il y a surtout des médications dangereuses.
Depuis que je suis attaché à cet hôpital, j'ai pu me convaincre, grâce au service de crèche que je dirige et où nous recevons, comme vous le savez, des enfants jusqu'à l'âge de deux ans, combien il faut être prudent dans l'administration des remèdes chez ces petits êtres, qui résistent mal aux médications énergiques et chez lesquels, le plus souvent, la nature fait tous les frais de la guérison. Dans le cours de mes leçons je vous ai déjà exprimé mon opinion très nette à cet égard et je ne saurais trop y revenir.
Des Permettez-moi donc de vous dire d'abord quelles sont les
médications
dangereuses, médlcatious dangercuscs dans la broncho-pneumonie des enfants. Je ne vous parlerai pas des saignées ; déjà au temps où elles florissaient, on recommandait d'être très prudent à ce sujet; quoique Guy Patin ait saigné des enfants de trois jours, ce sont là des faits, j'allais dire des forfaits, qu'on rencontre rarement dans l'histoire de la médecine. Aujourd'hui, il n'y a pas un médecin, je crois, qui oserait proposer un pareil traitement.
Mais si l'on ne saigne plus, on use encore du tartre stibié. Je pense que c'est là encore une médication mauvaise chez les enfants; ces petits êtres supportent mal ce médicament dépressif, qui détermine rapidement chez eux des troubles digestifs ^profonds et une diarrhée cholériforme. Je repousse donc entièrement le tartre stibié de la médication des enfants; je repousse également le kermès et même l'oxyde blanc d'antimoine, non qu'il soit aussi dangereux que le tartre stibié, mais parce que l'ipéca me paraît remplir, sans aucun inconvénient, le but que l'on se propose : celui de vider,
par des vomissements, le poumon des mucosités qui l'obstruent.
Il est un autre médicament que je combats aussi dans la thérapeutique des jeunes enfants, c'est l'opium. L'enfant, en effet, est rapidement intoxiqué par les préparations opiacées; il faut être aussi très réservé dans l'usage de la belladone, et vous trouverez dans les bromures et le chloral des médicaments qui vous donneront les mêmes résultats que les précédents sans en avoir les inconvénients.
Les Allemands usent beaucoup de sulfate de quinine (1), dans le traitement de la broncho-pneumonie des enfants, c'est leur médicament héroïque; j'avoue que je n'ai pas obtenu les mêmes résultats dans ma pratique hospitalière ou dans celle de la ville et je ne partage nullement à cet égard l'enthousiasme de nos confrères. Je pense donc que, jusqu'à preuve du contraire; vous devez vous abstenir de ce médicament.
Voilà ce que vous ne devez pas faire. Voyons maintenant Des quels moyens vous devez employer. Ces moyens sont de trois ordres : les vomitifs, les toniques et les révulsifs.
Le meilleur vomitif chez l'enfant est l'ipéca ; vous vous ser- Des vomitifs virez de sirop d'ipéca additionné, selon l'âge de l'enfant, et sa résistance au vomissement, de 20, 30, 50 centigrammes
(1) Voici les préparations conseil- 2° Sulfate de quinine.. 09r,30 à 1 gr.
lées en Allemagne, et en particulier Acide sulfurique dilué. V gouttas.
par Steiner, dans la pneumonie des ^^^ distillée 30 gr.
P , Sirop de framboises. . . 20 enfants : ^
1» Chorhydrate de qui- Toutes les trois heures, une cuit-
mcdications utiles.
nine de Ob^SO à 1 gr.
lerée à dessert.
Sucre blanc 2 gr . 3° Bisulfate de quinine. Os^SO à 1 gr.
F. S. A. 5 doses. Un paquet toutes ^ ^^'
les trois heures. Pour deux lavements (a).
(a) Johann Steiner, Compendium des maladies des enfants, trad. par Kéraval, Paris, 1880.
d'ipéca. L'enfant, d'ailleurs, vomit avec une extrême facilité et, comme il ne crache pas, c'est le seul moyen que nous possédions pour débarrasser méthodiquement sa poitrine. Il est bien entendu que les personnes qui entourent l'enfant auront soin de retirer de sa bouche les mucosités filantes qui l'encombrent, après chaque vomissement. On a bien conseillé l'apomorphine, mais c'est un médicament qui se conserve mal et dont l'application n'a été réservée, malgré les faits de Kormann (1), que pour des cas exceptionnels.
Destoniques. A côté des vomitlfs, se placent les toniques. Les enfants supportent fort bien, pendant la durée de leur phlegmasie pulmonaire, les toniques alcooliques, surtout lorsqu'on a soin de bien les sucrer. Cette médication tonique s'impose dans nos grandes villes et surtout dans nos hôpitaux, où le plus grand nombre de nos enfants atteints de broncho-pneumonie sont très misérables ; vous prescrirez donc du vin chaud et même de la potion de Todd, dont vous augmenterez la quantité du sirop qui l'édulcore.
Des révulsifs. Si tout le mondc est d'accord aujourd'hui sur l'emploi des toniques et des vomitifs, nous retrouvons, à propos des révulsifs, les mêmes discussions qui se sont élevées lorqu'il s'est agi d'employer ce mode de traitement chez l'adulte, les uns considérant cette méthode comme mauvaise, les autres, au contraire, la considérant comme utile.
La vérité est entre ces deux opinions extrêmes; les vésicatoires trop étendus déterminent, en effet, chez les enfants, des
(!) Kormann emploie l'apomor- Sirop de poly gala 20 gr,
phine dans le traitement de la bron- Eau distillée 30
chite des enfants comme expectorant. A donner toutes les heures par
Chlorhydrate d'apomorphine. 08.02 Cuillerées à café pour un enfant de
Acide chlorhydrique dilué... 3 goutt. trois ans (a).
(a) Kormann, Ueber Apomorphinum hydrochloreum crijstallisatum purissum ah Expectorans in der Kinderpraxis {Jahrb. fr. Kinder, Bd XV, Heft 11, p. 180, 1880),
TRAlTEMErsT DES BRONCHITES AIGUËS. 457
douleurs inutiles, douleurs qui aggravent la situation plutôt qu'elles ne l'améliorent, mais lorsqu'on a soin d'employer des vésicatoires de petite étendue et proportionnés à la surface thoracique du petit être que l'on soigne, on peut retirer de ce moyen d'excellents effets. Vous pouvez aussi employer l'huile de croton (a) ; on fait alors une friction sur l'étendue de la poitrine avec un mélange de 10 gouttes d'huile de croton dans 2 ou 3 grammes d'huile d'amandes douces. Cette médication est aujourd'hui, il faut le reconnaître, un peu abandonnée, non pas qu'elle soit inefficace, mais parce qu'elle présente un inconvénient réel, c'est de laisser souvent des traces durables sur la peau, ce qui est surtout désagréable pour les jeunes filles. Quant à la teinture d'iode, il faut mettre une certaine réserve dans son application; car, comme l'a montré Jules Simon, des applications iodées répétées sur la peau des jeunes enfants peuvent déterminer chez eux de l'albuminurie.
Enfin il est nécessaire, dans certaines formes de bronchopneumonie avec délire, qui constituent même une forme particulière de cette maladie, que l'on a décrite sous le nom de forme pseudo-ménmgitique^ il est nécessaire, dis-je, d'employer les calmants. Vous connaissez ma répulsion pour l'usage de l'opium et la belladone en pareil cas; mes craintes à cet égard sont peut-être exagérées, je sais qu'elles ne sont pas partagées par plusieurs de mes confrères (1) ; mais, quoi qu'il
(1) En Allemagne, on se sert sur- Eau de laurier-cerise. XV gouttes.
tout pour les enfants d'une teinture Élixir parégorique de. UàV —
d'opium benzoïque: ou élixirparégo- L'élixir parégorique a des for-
'■"1"6. mules différentes selon les pays.
Voici une des formules les plus L'une est tirée de la Pharmacopée de
employées : Dublin et est adoptée dans le Codex
Julep gommeux 30 gr. français.
(a) Voir t. I", Traitement des maladies du cœur; Leçons sur le traitement des hydropisîes.
Des calmants.
en soit, je ne puis vous conseiller l'emploi de ces médicaments, puisque moi-même je n'en fais pas usage dans ma pratique, retirant du bromure et du chloral tous les effets que l'on demande à l'opium.
Le chloral est très bien supporté par les enfants ; mais, pour éviter son action irritante, vous aurez soin de l'associer au lait et au jaune d'œuf etde donner une cuillerée à café, une cuillerée à dessert ou une cuillerée à bouche de ce mélange, selon l'âge de l'enfant. Le bromure de potassium est aussi un excellent médicament; en pareil cas, chez les très jeunes enfants, je préfère le bromure de sodium, que je donne à la dose de 1 gramme; mais à partir de trois ans je reviens au bromure de potassium, que j'administre à la dose de 25 à 50 centigrammes. A ces moyens, vous pourrez ajouter, mais avec plus de réserve, comme moyen calmant, les bains tièdes préconisés par Cadet de Gassicourt.
La broncho-pneumonie, chez l'enfant, est une affection le plus souvent curable ; mais n'oubliez pas que bien des fois cette broncho-pneumonie n'est que la manifestation d'un état diathésique antérieur et que les poussées de granulie si fréquentes chez les enfants revêtent fréquemment cette forme (1). Dans
Extrait d'opium 3 gr. Miel 62 gr.
Acide benzoïque 3 Alcool dilué 946
Essence d'anis 3
Camphre 2 Le mot d'élixir parégorique vient
Alcool k 60 degrés 6.50 du grec wapY^'opsu (je calme, j'adou-
D'ailleurs, même en Angleterre, cis).
la formule de l'élixir parégorique est (1) Les formes de la bronchovariable, et la Pharmacopée d'Edim- pneumonie sont nombreuses et ont bourg et la Pharmacopée britannique été groupées différemment suivant de 1863 donnent des formules diffé- les auteurs. Roger divise la bronrentes de celles de Dublin. cho-pneumonie en deux groupes :
En Amérique, l'élixir parégorique celles qui sont protopathiques et
a la formule suivante : celles qui sont deutéropathiques, et
Opium 3Î.88 chacun de ces groupes comprend trois
Camphre 2.58 subdivisions : un type léger, un type
Acide benzoïque 3 .88 malin ou grave et un type chronique.
Essence d'anis 3 g-r. Cadet de Gassicourt étudie la bron-
ces cas, votre thérapeutique permettra souvent de limiter les effets du mal et j'ai vu bien souvent, chez de jeunes enfants, des broncho-pneumonies manifestement tuberculeuses guérir, laissant, il est vrai, à leur suite, des lésions pulmonaires durables et persistantes.
Telle est l'histoire de la broncho-pneumonie et, pour en finir avec ce qui a trait aux bronchites aiguës, je n'ai qu'à vous dire quelques mots du traitement de la grippe (1).
cho-pneumonie sous trois formes distinctes :
r La forme disséminée ;
2° La forme pseudo-lobaire;
3° La forme chronique.
Chaque forme se divise, au point de vue clinique, en forme subaiguë et en forme ordinaire.
Joffroy décrit, au point de vue symptomatique et clinique, cinq for mes distinctes de broncho-pneumonie :
1° La spléno-pneumonie aiguë;
2° La broncho-pneumonie à noyaux disséminés ;
3° La broncho-pneumonie à noyaux confluents;