‹ Leçons de clinique thérapeutique (volume 4)Chapitre 15 sur 32 · SEPTIEME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIEME LEÇON

Sommaire. — De la coqueluche. — • Pathogénie et nature de la coqueluclie.

— Différentes hypothèses faites à cet égard. — Théorie de la laryngite.

— Théorie du spasme. — Théorie de l'adéno-bronchite. — Théoi'ie parasitaire. — Du traitement de la coqueluche. — Grand nombre de médica^ ments proposés. — Leurs succès et leui's insuccès. — Des antispasmodiques.

— De la belladone. — De l'acide cyanhydrique. — Des anesthésiques. — De l'éther et du chlorofoi'me. — Du chloral. — Des bromures. — De la ciguë et de la conicine. — De l'opium. — De la médication vomitive. ^ De la médication antiparasitaire. — De l'ammoniaque et des gaz des usines. — Des pulvérisations phéniques. — Des révulsifs. — Médication empirique. — De la cochenille. — Du succin. — De la teinture de drosera. — De la teinture de myrrhe. — Des moyens hygiéniques. — De l'alimentation. — Du changement d'air. — Indication et contre-indication du traitement de la coqueluche.

Lorsque vous voyez, messieurs, les traitement se multiplier pour une même affection, soyez persuadés que cette prétendue richesse thérapeutique n'indique que notre impuissance et notre embarras, et s'il me fallait un exemple, je ne pourrais en choisir de meilleur que l'histoire du traitement de la coqueluche.

Contre cette affection, par bonheur bénigne, et à laquelle peu de personnes échappent, on a conseillé un nombre innombrable de remèdes; mais en ces sortes de choses, abondance ne veut pas dire richesse, et vous verrez, malgré les nombreux moyens mis en usage, combien nous avons peu de prise sur la marche d'une pareille affection. Gela résulte, messieurs, de l'ignorance dans laquelle nous nous trouvons sur la nature réelle de la coqueluche, et lorsque la connaissance de la cause nous échappe, notre thérapeutique devient hésitante et le plus souvent impuissante.

Pathogénie

de

!a coqueluche.

Théorie

de

l;i laryngite.

Bien des hypothèses ont été faites sur la cause réelle de la coqueluche, et comme, suivant la pathogénie invoquée, on a établi une médication spéciale, je dois vous dire quelques mots de cette pathogénie. Je ne m'occuperai, ici, ni de la symptomatologie ni du diagnostic de la coqueluche, que vous connaissez tous, et je ne puisque vous renvoyer, à cet égard, aux nombreux traités des maladies des enfants que vous avez entre les mains et surtout à ce que vous voyez chaque jour da s mon service de crèche.

Pour les uns la coqueluche résulte d'un trouble matériel apporté soit au larynx, soit aux bronches, soit aux ganglions péribronchiques ; pour les autres, au contraire, c'est l'élément spasmodique qui domine et la coqueluche peut être considérée comme une névrose portant plus particulièrement sur le pneumogastrique. Enfin, quelques médecins, frappés delà contagiosité de la coqueluche, l'ont considérée comme une fièvre catarrhale, analogue aux fièvres éruptives, ou bien comme une affection de nature parasitaire. Gomme chacune de ces hypothèses a eu pour conséquence un traitement spécial, permettez-moi de les passer rapidement en revue.

C'est Gendrin, le premier, qui localisa dans une simple inflammation des isthmes du larynx et du pharynx la cause de la coqueluche. Gette doctrine fut adoptée par Beau et soutenue par Wannebroucq, qui plaça dans l'inflammation du ventricule interglottique le point de départ de tous les symptômes observés chez les coquelucheux; Watson (de Glasgow), et plus récemment Lélu, ont maintenu la réalité de ces faits.

On a fait à cette localisation si restreinte bien des objections. D'abord on n'a pas constaté, dans tous les cas, des lésions inflammatoires limitées exclusivement au larynx, et en admettant même que ces lésions existassent toujours, elles ne peuvent expliquer ni la contagion, ni les périodes prodromiques très nettement catarrhales de l'affection, ni lapersis-

Théorie du spasme.

tance pendant des mois de la toux spasmodique, lorsque tous les symptômes inflammatoires ont complètement disparu; enfin, la laryngite observée chez l'enfant ne s'accompagne pas des symptômes de la coqueluche. Aussi, malgré la persistance que l'on a mise à maintenir cette hypothèse, elle est loin d'être adoptée par tous les médecins.

La doctrine du spasme dans la coqueluche a eu de nombreux partisans, mais cette doctrine ne peut être exclusive, car, tout en admettant que l'élément spasmodique joue dans la coqueluche un rôle important, elle ne peut expliquer les autres symptômes qui accompagnent cette affection. Aussi a-t-on admis qu'il existait concurremment une laryngite avec un élément spasmodique, et cette opinion du catarrhe avec spasme est celle adoptée par le plus grand nombre des médecins, par Trousseau, Roger, Bouchut, etc., etc.

Tout autre est l'explication donnée par Noël Gueneau de jg r'aTéno- Mussy : frappé des rapprochements qui existent, au point de '''■<'"'''"*«• vue de la toux, entre les coquelucheux et les malades atteints d'adénite trachéo-bronchique; ayant constaté de plus, à l'autopsie de certains coquelucheux, les ganglions intra-thoraciques tuméfiés, il rapporta à cette cause même l'origine de la coqueluche. On a adressé à cette manière de voir de nombreuses objections; la plus sérieuse est la suivante : c'est que, comme on ne meurt pas de la coqueluche et que, lorsque la mort survient, elle est le plus souvent déterminée par des complications pulmonaires, on peut se demander si ces dernières ne sont pas uniquement la cause de l'hypertrophie des ganglions que l'on trouve à l'autopsie.

Mais ce qui a le plus appelé l'attention, dans ces dernières l'héoi'e années, au point de vue de l'étiologie de la coqueluche, c'est, à coup sûr, son caractère spécifique et contagieux. Vous savez l'impulsion considérable que les théories de Pasteur ont imprimée à l'étude de ces maladies contagieuses; de toutes parts

CLINIQUE THÉRAP., A" édit. 11. — 32

parasitaire.

498 LEÇOxNS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

on s'est empressé à découvrir les organismes infériem^s, cause première de cette contagion. Ces recherches n'ont pas manqué à la. coqueluche.

Poulet, en 1867, avait cru déjà trouver, dans la respiration des malades atteints de coqueluche, des bactéries spéciales ; mais c'est Letzerich (1) qui a poussé plus loin cette étude et qui a décrit le micrococcus, cause de la maladie, et sur lequel Tschamer vient de faire de nouvelles recherches.

Pardonnez-moi, messieurs, d'avoir insisté aussi longtemps que je l'ai fait sur la pathogénie de la coqueluche; mais cette pathogénie nous servira à ranger d'une manière méthodique les innombrables médicaments conseillés contre cette affection et, selon qu'on a considéré la coqueluche comme une névrose et comme un spasme, ou comme une affection due à

(1) Letzerich a commencé ses re- sur l'écorce de toutes les oranges, cherches en 1873; il a montré, par Apres avoir constaté cette identité,

la culture du champignon, que ce mi- Tschamer fit, avec cette poudre qui

crococcus appartenait au genre Us- se développe à la surface des oranges,

tilagines (Tul). Dans des expériences des expériences sur lui-même. Il se

faites sur des lapin-s trachéotomisés mit à respirer cette poudre noire. Au

et dans la trachée desquels on in- début, cette respiration ne produisit

troduit ces micrococcus, Letzerich a aucune toux; huit jours après cette

étudié comment se comportent ces expérience, il eut une toux convul-

organismes, il a vu que ces bacté- sive, et les crachats contenaient de

ries ne pénètrent pas dans l'épithé- ces champignons en abondance. D'a-

lium et ne vivent qu'à la surface de près lui, voici comment on pourrait

la muqueuse au détriment du mucus. expliquer la coqueluche : Après une

Tschamer (de Grretz) a continué les incubation de sept jours, ces cham-

recherches de Letzerich; il a d'abord pignons détermineraient une irrita-

démontré ce premier fait que les mi- tion des bronches qui amènerait le

crobes ne se trouvaient que dans l'ex- catarrhe et la toux spasmodique;

pectoration delà coqueluche; puis il puis, à mesure que l'irritation aug-

a cultivé ce microbe dans des milieux mente, l'expectoration devenant plus

différents et il a constaté l'identité de abondante entraînerait les champi-

ce microbe avec un champignon noi- gnons au dehors (a). râtre que l'on voit se développer

(a) Letzeiich, JJeber Lmigermtjcose beim Keuchhusten, nebst Angate einer ii/ethode zur Ileilung der LeHtern {Virchow's Arch., 1873, LVII, et Arch. fur Path., Anat. und Path., t. LX, p. 4.09). — Tschamer, Zur Pathogenese des Keuchhusten (Jahrb. fur Kinderheilk., Bel X, H. 4, p. 174-183, 15 août 1876).

l'inflammation des bronches et du larynx, ou bien comme une affection parasitaire, on a institué des traitements qui s'adressent à ces causes premières.

Contre la coqueluche considérée comme spasme ou névrose, on a conseillé les antispasmodiques, et tous les médicaments qui constituent ce groupe thérapeutique ont été tour à tour employés chez, les coquelucheux.

A leur tête se place la belladone ; déjà signalée au début oe de ce siècle par Scheffer, Widemann, Michaëlis, Hufeland, la belladone a été employée contre la coqueluche par tous les médecins qui se sont occupés des maladies des enfants. Guersant, Baron, Blache, Roger, Bouchut, et plus récemment Cadet de Gassicourt ont adopté cette médication ; mais à coup sûr, c'est Trousseau et son maître Bretonneau qui en ont été les propagateurs les plus actifs, et s'il s'est élevé des discussions à ce propos, c'est plutôt sur la dose qu'il faut administrer que sur la valeur réelle de ce médicament.

Certains médecins, en effet, comme Jackson en Amérique, Mascarel en France (1), veulent que l'on donne la belladone

(l)Pour le docteur Mascarel, la co- soupe suivant l'âge, de la solution

queluche repose sur deux éléments : suivante :

un élément nerveux qui réside dans

, , u ■ f ■ j Eau de fontaine 125 gr.

les branches inférieures des pneu- „ ^ ... . , ^ .•

^ Tartre stibie 5 centigr.

mogastriques, et un état catarrhal

ayant son siège à l'orifice de la glotte Pour les enfants au-dessous de

et du larynx, ainsi que sur toute deux ans, ou d'un an à quinze mois,

l'étendue des membranes muqueuses on peut, dit le docteur Mascarel, rem.

soit aériennes, soit digestives, sous- placer le tartre stibié par l'ipéca-

jacentes à la partie supérieure du cuanha en pastilles ou en sirop :

larynx et qui reçoivent les filets des mais il faut donner le médicament

deux pneumogastriques. tous les matins, quoique, au bout de

Le traitement doit donc agir sur quelques jours, la tolérance s'éta-

ces deux causes réunies, et le doc blisse;

teur Jtascarel institue la médication 2° Tous les soirs, au dernier repas

suivante : principal, on donne, dans une cuil-

1° Tous les matins, de cinq à huit lerée de potage une pilule d'extrait

heures on fait prendre à l'enfant, de belladone de 1 centigramme, et

une cuillerée à café, à dessert ou à tous les cinq jours on augmente de

jusqu'à effet toxique ou du moins jusqu'à la production de phénomènes pupillaires ou d'éruption sur la peau; d'autres médecins, au contraire, s'efforcent d'atténuer les effets toxiques de cette substance, soit en la donnant à dose minime, soit en l'associant à l'opium.

Les préparations belladonées contre la coqueluche sont des plus nombreuses et l'on peut administrer la belladone sous forme de potions, de pilules, de sirops et de poudre ; on a aussi employé l'atropine, et Trousseau (1) avait même prescrit un sirop de sulfate neutre d'atropine.

1 centigramme, de manière à porter la dose jusqu'à cinq, six ou sept pilules à la fois de 1 centigramme. La pilule doit être préalablement dissoute dans la cuillerée de potage pour que l'enfant puisse bien l'avaler. On peut même, pour les enfants d'un an, porter sans inconvénient la dose jusqu'à 4 centigrammes.

Le 'docteur Mascarel ajoute que, depuis dix-huit ans qu'il emploie cette médication, il est sans exemple que la maladie ne soit pas enrayée et même arrêtée du vingtième au trentième jour. Quand il n'y a plus qu'une ou deux crises dans les vingt-quatre heures, alors on diminue d'une pilule tous les cinq jours pour terminer à zéro.

La condition essentielle du succès, c'est d'avoir de l'extrait de belladone pur.

Quand la .coqueluche est à forme stomacale, c'est-à-dire quand chaque quinte de toux est accompagnée de vomissements tellement violents qu'on peut craindre la formation de hernies et des extravasations de sang dans les conjonctives oculaires :

1° Les vomitifs sont interdits, et la médication par l'extrait de belladone est continuée comme ci-dessous.

2^ De trois heures en trois heures ou de quatre heures en quatre heures, jour et nuit, suivant l'âge et suivant la fréquence et l'intensité des crises, on donne une cuillerée à café de :

Sirop de morphine 50 gr .

Eau distillée de laurier-cerise. 50 Sirop d'éther. ..-.., 50

3° Après le déjeuner, et suivant l'usage, on donne d'une à cinq ou six cuillerées de café noir.

Pour les enfants de quinze mois, le sirop n'est donné que par goutte, 3 ou 4 à la fois, ou bien est remplacé par une pilule de 1 centigramme de belladone, et toujours on donne une cuillerée de café noir après le déjeuner.

(1) Les préparations de belladone contre la coqueluche sont des plus nombreuses. Voici les principales :

D'abord le sirop proposé par Trousseau :

Extrait de belladone. . 20 centigr.

Sirop d'opium 30 gr.

Sirop de fleurs d'oranger 30

D'une à huit cuillerées à café dans les vingt-quatre heures.

La belladone n'est pas la seule plante du groupe des solanées qui ait été conseillée contre la coqueluche; Ilufeland, Fescher, Scheider, ont vanLé la jusquiame.

Les autres antispasmodiques, comme le musc (1), l'a sa

Trousseau conseillait aussi la formule suivante :

Sirop d'opium 20 gr.

— de belladone 20

— de fleurs d'oranger. . 20

— d'éther 20

De 10 à 20 grammes par jour, par petites cuillerées, à café.

Trousseau ordonnait une poudre dont voici la formule :

Poudre de racine de belladone. . O'J.25 Sucre pulvérisé 2 .50

Pour vingt doses.

C'était le même traitement que celui conseillé par Bretonneau, qui donnait :

Belladone en poudre. . 40 centigr.

Sucre en poudre 1 gf-

F. S. A. trente paquets.

Un paquet par jour pour un enfant d'un an.

Deux paquets par jour pour un enfant de deux ans.

Quatre paquets par jour pour un enfant de six ans.

Wetzler a formulé une poudre sédative ayant la même composition :

Poudre de racine de belladone.. 1 gr. Poudre de réglisse 4

En soixante prises.

Deux prises pour les enfants audessous d'un an.

Trois prises pour les enfants audessous de deux ans.

Et augmenter graduellement selon l'âge, jusqu'à douze prises en vingtquatre heures.

Bouchut formule des pilules de la manière suivante :

Poudre de belladone 2 cr.

Extrait de serpolet 1

Oxyde de zinc 1

Pour quarante pilules. Une à siv; par jour.

Cadet de Gassicourt emploie le sirop suivant :

Sirop de belladone 50 gr.

Sirop de Tolu 150

Une cuiller à café représente 1î"',25 de sirop de belladone.

On commence par une demi-cuillerée à café-le matin, une demi-cuillerée le soir; on augmente progressivement par deux cuillerées à café, jusqu'à sédation dans les quintes.

En Allemagne, on associe la belladone au bicarbonate de soude de la façon suivante :

Poudre de racine de belladone.. Qs^lO

Bicarbonate de soude 0 .20

Sucre blanc 3 . 00

F. S. A. dix doses.

Trois ou quatre paquets par jour.

Trousseau conseillait un sirop de sulfate neutre d'atropine ainsi constitué :

Sulfate neutre d'atropine 1 centigr.

Sirop de sucre 200 gr.

5 grammes de ce sirop, c'est-àdire une cuillerée à café, renferment un quart de milligramme de sulfate d'atropine.

(1) Le musc a été surtout employé par Frank, qui le considérait comme héroïque chez les enfants très impressionnables. 11 administrait la potion suivante :

Des antispasmodiques.

De l'acide cyanhydrique.

fœlida (l), la valériane (2), l'oxyde de zinc (3), ont été conseillés dans la coqueluche, et malgré les faits favorables signalés pour le musc par Rofenstein, Fuller, Frank, Lefèvre (de Saint-Pétersbourg); pour l'asa fœtida par Kopp, Samuel, Maire (du Havre), Bérinquin ; pour l'oxyde de zinc par Rilliet et Barthez; pour la valériane par Michéa, ces médications sont complètement abandonnées.

Il n'en est pas de même de l'acide cyanhydrique ou des substances qui le renferment, qui a été employé, il y a de longues années, par Fontaneilles et Edwin Altée (de Philadelphie) dans la coqueluche. West a repris cette médication et s'en loue beaucoup (4).

Potion de Frank.

Musc 10 centigr.

Mucilage de gomme.. . 8 gr.

Sirop de roses 8

Eau de roses 30.

Une cuillerée à café toutes les deux heures.

(1) L'rtsa fœtida a été employée par Kopp en potion et en émulsion.

Le plus souvent on a utilisé ce remède en lavement pendant la période spasmodique de la maladie. Voici la formule de la potion de Kopp.

Potion de Kopp.

Asa fœtida 4 gr.

Mucilage de gomme arabique.. 30 Sirop de guimauve 30

Une cuillerée à café de deux heures en deux heures, pour un enfant de deux à quatre ans.

(2) La valériane a été surtout administrée sous la forme de valérianate d'atropine par Michéa. On donne ce médicament aux enfants à la dose d'un demi-milligramme, sans jamais excéder un milligramme par jour.

Bérend a allié la valériane à l'oxyde

de zinc dans la formule de la poudre contre la coqueluche qui porte son nom.

Poudre de Bérend.

Oxyde de zinc 30 centigr.

Poudre de valériane . . 2 gr.

Sucre en poudre 2

F. S. A. six paquets.

Un paquet toutes les trois heures.

(3) L'oxyde de zinc a été donné par Rilliet et Barthez à la dose de 5 centigi'ammes toutes les trois heures pour les enfants d'un à trois ans et à la dose de 10 à 15 centigrammes toutes les trois heures pour les enfants plus âgés. Guersant employait le mélange suivant :

Poudre de ciguë 1 centigr,

Poudre de belladone ... 1 Oxyde de zinc 1

Pour un paquet. On donnait trois de ces paquets par jour.

(4) West se sert de la solution d'acide cyanhydrique de la Pharmacopée de Londres, qui est plus faible que la solution du Codex français.

Voici d'ailleurs les formules de ces deux acides.

Tout autre est l'effet des anesthésiques proprement dits, comme le chloroforme, l'éther, le chloral, qui ont été proposés contre la coqueluche.

C'est en Angleterre surtout que l'on s'est servi des anesthésiques. En 1853;Fleetwood Churchill avait déjà employé les inhalations d'éther contre la coqueluche, puis il lui substitua le chloroforme. Malgré l'appui que West a donné à cette médication, et quoiqu'on se soit efforcé, par des mélanges, comme l'a fait Wilde, d'augmenter l'action thérapeutique de ces inhalations, cette méthode est peu usitée,. du moins dans notre pays (4).

Des anesthésiques,

Do l'éther

et du chloroforme .

Acide cyanhydrique (Cod. fr.).

Cyanure de mercure pulvérisé 100 gr.

Chlorhycîrate d'ammoniaque pulvérisé 45

Acide chlorhydrique (densité de 1.17) ... . 90

Une fois l'acide cyanhydrique obtenu, on ajoute neuf fois son poids d'eau distillée , de telle sorte que l'acide cyanhydrique renferme un dixième d'acide anhydre.

Celui de la Pharmacopée anglaise a la formule suivante :

Acide cyanhydrique extemporané.

Cyanure d'argent 134 gr.

Acide chlorhydrique (densité de 1.18) 10

Eau distillée 30

Cet acide cyanhydrique renferme 2,7 pour 100 d'acide anhydre.

Les préparations que conseille West sont les suivantes :

Acide cyanhydrique dilué à

2 pour 100 0tr.-.26

Sirop simple 6 . 00

Eau distillée 25.00

Une cuillerée à café toutes les six heures pour un enfant de neuf mois, ou bien :

Acide cyanhydrique à 2 pour

Émulsion d'amandes gommée. 30.00

Celte potion s'administre aux mêmes doses que la précédente.

Pour West, ce médicament donnerait des résultats quelquefois merveilleux, il diminuerait les paroxysmes de toux d'une manière presque immédiate. II reconnaît toutefois que ce médicament est souvent inerte et produit même des accidents toxiques.

Aussi recommande-t-il de diviser les doses et de donner toutes les deux heures un centigramme et demi d'acide cyanhydrique dilué à 2 pour 100 (a).

(1) West réserve l'usage des inhalations de chloroforme pour les cas où la violence des quintes est telle, qu'elle amène des convulsions générales; il reconnaît toutefois que la puissance de ce moyen cesse au bout de vingt-quatre à quarante-huit

West, Leçons sur les maladies des enfants, Irad. d'Archambault, p.

Du

chloroforme.

Du chloral.

Campardon a proposé dans ces derniers temps un autre anesthésique, l'acide carbonique, qu'il emploie en inhalations et qu'il obtient en plaçant dans un appareil à eau de seltz le mélange d'acide tartrique et de bicarbonate de soude, destiné à produire de l'acide carbonique, ce gaz est conduit par un tube en caoutchouc jusqu'à la bouche de l'enfant (a).

On avait aussi proposé le chloroforme à l'intérieur et Roger et Bouchut ontfaitàcet égard quelques tentatives, tentatives qui n'ont pas eu de suite depuis qu'on a introduit le chloral dans la thérapeutique .

Le chloral a été appliqué dès 1870, par Ferrand, à la cure de la coqueluche et depuis ce médicament a continué à rester dans la pratique courante du traitement de cette affection ; non pas qu'il soit un spécifique de la coqueluche, mais parce

heures, et que dans les cas bénins, les Essence de térébenthine . . 10 gr.

résultats ne sont pas très favorables, q^^ que l'enfant éprouve les pro-

parce que les inhalations de chloro- dromes de la quinte, on verse immé-

forme produisent des besoins de diatement sur un linge plié en plu-

vomir presque aussi désagréables gieurg doubles une cuillerée à des-

que la quinte elle-même. - sert du mélange et l'on tient la

Aussi Fleetwood Churchill avait-il compresse au-devant de la bouche

recommandé cette médication chez du malade jusqu'à la fin de l'accès,

les enfants raisonnables et chez les Roger administrait le chloroforme

adultes. On trouve dans le Bulletin à l'intérieur dans une potion gom-

de Thérapeutique le cas d'un méde- j^euse et il donnait ainsi progressi-

cin qui fut guéri d'une coqueluche vement, aux enfanls, de six à trente

contractée auprès d'une de ses ma- gouttes de chloroforme,

lades par les inhalations de chloro- Jacquard (de Tourcoing) a d'aiL-

forme. leurs recueilli tous ces faits dans sa

"Wilde fait respirer à ses malades thèse.

un mélange de chloroforme, d'éther Bouchut préconisait, au:contraire,

et d'essence de térébenthine, dont je sirop de chloroforme suivant :

voici la formule : , , „

Chloroforme ' gr .

Chloroforme. 30 gr. Alcool 7

Éther 60 Sirop de sucre 100 [h).

{a) Campardon, Du traitement deja coqueluche par l'acide carbonique {Bull, et mém. de la Soc. de Thérap., 1883, p. 62).

(b) Jacquart, Traitement de la coqueluche par le chloroforme. Thèse^de Paris, 1859. — West, Leçons des maladies des enfants, Irad. d'Archambault, p. 498. — Zur Thérapie des Keuchhustens {Deutsche Arch.\fur klin. Med., vol. XlV,tp. 261).

TRAITEMENT DE LA nOOUELUCHE.

qu'il permet d'obtenir le sommeil, de faire disparaître les vomissements et de diminuer le nombre des quintes; les résultats obtenus par Karl Lorey en Allemagne, et ceux qu'a constatés Chatin en France, sont absolument démonstratifs sur cette action du chloral (1).

A côté des antispasmodiques et des anesthésiques, il faut placer les médicaments qui diminuent le pouvoir excito-moteur de la moelle et du système ganglionnaire, comme les bromures et les préparations de ciguë, qui ont trouvé leur application dans la coqueluche, considérée comme névrose.

Les bromures ont été très employés dans le traitement de la coqueluche. En France nous usons surtout du bromure de potassium (2), soit seul, soit associé à d'autres médicaments

Des

bi'oimiros.

(1) Karl Lorey administrait le chloral dans la forme suivante :

Hydrate de chloral . 5 gr.

Eau distillée 150

Sirop d'écorces d'orange.. 15

de une à trois petites cuillerées selon l'âge de l'enfant.

C'est à l'hôpital de la Charité de Lyon que Chatin a fait ses recherches; il employait l'hydrate de chloral mélangé à l'iodure de potassium et donnait 50 centigrammes à 2 grammes de bromure associé à 2 grammes de chloral.

Dans trente cas de coqueluche, il a ainsi obtenu vingt-trois cas de guérison rapide (a).

(2) On a associé le bromure ou les bromures à un grand nombre de médicaments. Blache prescrivait, par exemple, la formule suivante :

Sirop de Tolu 20 gr.

Bromure de potassium 0gr.30

Alcoolature d'aconit 0.25

d'une à huit cuillerées à café'en vingtquatre heures.

Antonin de Beaufort préconisait le sirop suivant :

Alcoolature d'aconit. .. . XX gouttes.

Bromure de potassium . 2 gr.

Sirop de Tolu 120

Kan'ner (de Tebnilz) a repris, dans le traitement de la coqueluche, la médication conseillée par Waldenburg, Helnicke et Gerhardt, et il a employé les pulvérisations de bromure de potassium.

C'est ainsi qu'il se sert d'une solution de 5 p. 100, et il fait ses pulvérisations de 20 grammes, lesquelles sont répétées trois fois par jour.

Après une durée de cinq jours de traitement, selon lui, les quintes devraient généralement disparaître (b).

(a) Ferrand, Du traitement de la coqueluche par le chloral {Bail, de Thérap. janvier 1870).— Karl Lorey, Deutsche Klmik, 1861.

{b) Kœrner, Ueber der Inhalation von Bromkali bei Tusnis Convulsiva (BerUner hlinische Wochens., n" 46, p. 687, 17 novembre 1879).

actifs, l'aconit par exemple, comme Fa fait Antonin de Beaufort. Les médecins anglais et en particulier Arley et Gibb préfèrent le bromure d'ammonium, qu'ils administrent à la dose de 15 à 20 centigrammes trois à quatre fois par jour (1). Kœrner (de Trebnitz) a proposé de faire pénétrer le bromure de potassium non par l'estomac, mais par des pulvérisations. Vous verrez, parla suite, que les bromures sont un bon médicament dans la coqueluche et qu'ils méritent d'être conservés. De la ciguë. Lcs préparations de ciguë ont été autrefois vantées par Stork et par Butter; plus récemment, en 1871, Schlesinger les a utilisées de nouveau, associées au tartre stibié (1). Malgré la découverte de la conine ou cicutine cristallisée par Mourrut, malgré les expériences que j'avais faites avec le bromhydrate et qui m'avaient montré que cette substance diminue la neurilité du pneumogastrique (2), je n'ai obtenu dans le traitement de la coqueluche que des résultats négatifs. On pourrait placer à côté de ces préparations les sels d'argent, qui, administrés à l'intérieur, auraient la propriété de diminuer les fonctions excito-motrices de la moelle. Le nitrate d'argent a été employé en Allemagne; Trousseau (3) en aurait usé aussi avec avantage; plus récemment Robert Bell a repris cette médication et a substitué au nitrate d'argent l'iodure d'argent (4).

De l'opium. J'en aurai fmi avec cette longue énumération des prépa-

(1) Voici la formule de lapotionpré- ladies de l'orifice aortique; du traiconisée par Schlesinger: tement de la dyspnée cardiaque.

Tartre stibié 5 centigr. (3) La préparation de Trousseau

était la suivante:

Dissolvez dans :

Nitrate d'argent cristallisé.. Offr.Ol

•^"^ ^^^'- Eau distillée 30.00

Ajoutez: Sirop simple 20.00

Extrait de ciguë Oa.lO

Par petites cuillerées à café d'heure 1 heure.

(4) Robert Bell a proposé dans le (2) Voir, t. L>-, Leçons sur les ma- traitement de la coqueluche l'iodure

Sirop de framboises 15.00 en heure.

A prendre en deux jour. (4) Robert Bell a proposé dans le

TRAITEiMENT DE LA COQUELUCHE. 507

rations antispasmodiques et calmantes, si je vous signale l'opium, qui, comme vous le pensez bien, a été conseillé depuis longtemps contre la coqueluche, soit qu'on l'ait administré seul, soit associé à d'autres substances, soit qu'on ait pris un de ses alcaloïdes, la morphine ou la codéine.

Quelle est la valeur thérapeutique de tous ces médicaments De la valeur administrés dans la coqueluche considérée comme une antispasnévrose spasmodique ? L'expérimentation et la clinique ont etdercdmnts. répondu a cette question. Wolkenstein, dans des expériences fort curieuses faites sur des lapins, et chez lesquels il a cherché expérimentalement quels étaient les médicaments qui diminuaient d'une façon sensible l'excitabilité du laryngé supérieur et les actes réflexes qui en résultent, nous a montré que seuls la morphine, le cyanure de potassium, le chloral et le bromure avaient cette propriété, tous les autres médicaments étant sans action (1).

La clinique, elle, met en lumière cet autre fait, qu'aucun de ces médicaments n'a une vertu spécifique dans la coque-

d'argent ; il donne ce médicament à vants : bromure de potassium, bellal'intérieur à la dose de 6 milligram- done, chloroforme, hyoscyamine, mes trois fois par jour ; il pense que aconit, alcool, morphine, cyanure de ce médicament agit en diminuant la potassium, calomel et hydrate de sensibilité morbide du pneumo-gas- chloral. Il pratiquait la trachéotomie trique (a). et examinait de nouveau l'excitabilité (1) Wolkenstein a fait des expé- du laryngé supérieur. La belladone, riences sur les animaux : chats» le chloroforme, l'aconit, l'hyoscyachiens, lapins, pour savoir quel était mine, l'alcool, le calomel, n'ont jale médicament qui diminuerait le mais détruit cette excitabilité, tandis plus l'excitabilité du laryngé supé- qu'au contraire, la morphine, le cyarieur ; il fixait d'abord le pouvoir ré- nure de potassium, le chloral, le flexe de l'animal vivant en mesurant bromure la font disparaître en totale temps qui sépare les excitations des lité ou en partie ; le plus actif de réflexes, puis il empoisonnait les tous ces médicaments est la moranimaux avec les médicaments sui- phine (6).

(a) Bell, The Treatment of Hooping cough, by ihe lodide of Silver (Obst. Journ., t. XXXni, p. 589).

{b) Wolkenstein, Zur Kenntnis der Rationallherapie des Stickhustens (Centralblatt, 1875, n» 55, p. 868).

liiche, et que si un grand nombre d'entre eux calment et atténuent certains symptômes, aucun d'eux ne possède une vertu curalive indiscutable.

En présence de ce double résultat, je suis d'avis" qu'il ne faut user chez les enfants que des substances les moins dangereuses à leur économie; c'est pourquoi je repousse d'abord l'opium et vous recommande d'être très prudents dans l'emploi de la belladone, mais vous pouvez user au contraire des bromures, du chloral, de l'eau distillée de laurier-cerise, qui sont généralement bien supportés par les enfants.

Considérée comme bronchite et comme simple catarrhe pulmonaire, la coqueluche a été l'objet de certaines médications spéciales, telles que les vomitifs, le soufre, le tannin, l'alun, etc., etc.

Tout le monde est d'accord pour admettre l'utilité des vomitifs dans le traitement de la coqueluche, surtout dans les premières périodes de la maladie; c'est là une médication qui s'impose et sur laquelle ne s'élève aucune discussion. On a associé la médication vomitive à d'autres médicaments antispasmodiques; c'est ce qu'ont fait Mascarel, Gibert (du Havre), etc. (1).

Le soufre a été conseillé dans la coqueluche par Horst, mais sa vertu curative réelle est plus que douteuse. Le tannin et l'alun ont été considérés comme plus actifs, et Dorey, Durr (2), Geigel, Gerhardt nous ont vanté les effets de ces

(1) .Gibert (du Havre) conseille Cette méthode a été expérimentée

contre la coqueluche des pilules com- par Bergeron et aurait donné des posées de : succès dans le quart environ des cas,

„,.,,,„, . .„. une amélioration notable dans la

Extrait de belladone... 1 millisr. . ., , , , , ,

Tartre stibié 1 moitié, et un résultat nul dans le

reste (a). Il en donne de trois à^six par jour (2) Voici la potion de tannin pré-

à un enfant de treize ans. conisée par Durr :

(a) Cornilleau, Du traitement de la coqueluche par les pilules de tartre stibié et de belladone. Thèse de Paris, 7 avril 1879, n" 415.

médicaments, qui ont d'ailleurs été peu employés (1). Enfin Griepenkerl a traité avec succès les coquelucheux par le seigle ergoté (2) .

J'en aurai fini avec les médicaments administrés contre la coqueluche, considérée comme bronchite ou comme laryngite, en vous signalant les cautérisations du larynx faites au moyens de solutions de nitrate d'argent, proposées par Ebenezer Waston (a).

L'origine parasitaire, réelle ou supposée, de la coqueluche a été l'objet d'un grand nombre de médications (3). D'abord nous avons le traitement par le séjour dans les salles d'épura-

De la médication antiparasitaire.

Tannin 2à5 milligr.

Fleurs de benjoin,. 2 à 5 Sucre candi pulvérisé 8sr.50

Faire huit paquets. Un paquet toutes les deux heures.

(1) A l'hôpital de Londres on fait usage de la potion à l'alun suivante :

Alun igr.50

Extrait de ciguë 0 . CO

Sirop de pavots rouges 8.00

Extrait de fenouil 90 . 00

Toutes les six heures une cuillerée à dessert.

West conseille, lui, la potion suivante :

Alun lsr.50

Acide sulfurique dilué 0 . 75

Sirop de coquelicots 18 .00

Eau pure 61.00

Une cuillerée à dessert toutes les six heures.

(2) La potion de Griepenkerl était ainsi conçue :

Poudre grossière de

seigle ergoté isr.50 à 2 sr.

Faire bouillir une demi-heure, avec:

Eau commune Q. S.

Colature .... ; 32 gr .

Ajoutez ;

Sucre blanc en poudre. ... 48 gr.

Vae cuillerée à café toutes les deux heures pour un enfant de cinq à sept ans.

(3) Dans les salles d'épuration, on fait passer les gaz résultant de la distillation de la houille, sur un mélange de sciure de bois et de sulfate de fer qui ont pour propriété d'absorber l'acide sulfhydrique et l'ammoniaque. Commenge, à l'usine à gaz de Saint-Mandé, a traité 142 enfants sur lesquels il y a eu 3i guérisons et 24 améliorations, 10 insuccès et 54 cas sur lesquels on n'a pas eu de renseignements. BeiihoUe, à l'usine des Ternes, a observé 901 enfants traités par ce moyen, 2 19 ont été guéris, 112 ont été améliorés, et il y en a 406 sur lesquels on n'a pas eu de renseignements. Gréquy,

(«) Ebenezer Wastoii, An the Topical Médication of Ihe Lariinx, in-8°, Londuu, 1854. J . >

Atmosphère des salles d'épuration ,

Des

pulvérisations

d'acide

phénique.

tion des usines à gaz, traitementil y aune dizaine d'années très en vogue et qui est aujourd'hui complètement abandonné.

L'atmosphère de ces salles d'épuration est très complexe, mais elle renferme surtout du sulfhydrate d'ammoniaque, de l'acide phénique et du goudron; malgré les résultats favorables signalés par Gommenge, Bertholle et Gréquy, dans son récent rapport à l'Académie, Roger nous a montré l'incertitude de ce traitement et les dangers qui peuvent en résulter.

Depuis, la méthode s'est perfectionnée, est devenue plus scientifique; on a fait vivre les enfants atteints de coqueluche dans un air chargé de principes antiparasitaires, comme l'acide phénique, le pétrole, le benzoate de soude. Ortille (de Lille) (1) s'est fait en France le défenseur de ces

à l'usine à gaz de la Villette, a observé 10 coquelucheux, 4 ont été améliorés et 6 n'ont éprouvé aucun résultat de la médication.

On a observé de nombreux faits de pneumonie à la suite de cette médication.

On a fait aussi, sous le nom de gazéol des atmosphères artificielles rappelant celles des usines à gaz.

Monti (de Vienne) a fait l'expérience avec un de ces produits dont voici la composition.

Ammoniaque impur du gaz. 1 kilogr.

Acétone 10 gr.

Naphtaline 1

Benzine impure (benzol)... 10

Goudron récentdesbarillets. 100

On place de deux à quatre cuillerées â bouche de ce gazéol, dans une soucoupe chauffée au bainmarie. D'après le docteur Monti, ce gazéol n'aurait eu aucune action

favorable sur la marche de la coqueluche (a).

(1) Voici comment procède Ortille pour le traitement de la coqueluche :

au moment de l'inspiration sifflante qui suit la quinte, il fait approcher de la bouche du malade un flacon à large tubulure contenant une solution d'acide phénique. Pendant la nuit, il fait placer dans la chambre une assiette remplie de pétrole, de benzine et d'acide phénique. Ajoutons qu'il joint à ce traitement les préparations antispasmodiques, telles que la belladone.

Scheiding fait vivre les enfants dans une atmosphère d'acide phénique, et pour cela il dispose au chevet du lit une tenture de draps que l'on arrose trois ou quatre fois par jour avec une solution au centième.

Robert Lee emploie un inhalateur de son invention, fait inhaler pen-

(ffl) Roger, Du traitement de la coqueluche -sur les usines à ga%, {Acad. de méd. 19 octobre 1880). — Monti, Ueber die Behandhmg des Keuchhustens mit Inhalationen von Gazéol {Jahrb. f. Kinderheîlk., 5 décembre 1872, p. 102-105).

inhalations d'acide phénique qui ont été employées, en Allemagne, par Scheiding, Gerhardt, Burchardt, Thorner, etc. ; en Suisse, par Oltramare; en Angleterre, par Robert Lee.

daiit 10 à 15 minutes toutes les quatre heures 7 grammes d'une solution au dixième d'acide phénique dans 120 grammes d'eau.

Gerhardt et Burchardt emploient une pulvérisation par la vapeur d'une solution contenant l?'', 50 d'acide phénique pour 100 grammes d'eau. On place l'enfant à 10 centimètres du tube pulvérisateur et l'on répète ces séances trois fois par jour.

Thorner emploie contre la bronchite les inhalations d'acide phénique au centième, qu'il élève rapidement au cinquantième; il fait surveiller avec soin l'état des urines et discontinuer les inhalations aussitôt qu'apparaissent les signes d'intoxication.

Oltramare (de Genève) donne à l'intérieur l'acide phénique de la façon suivante dans la coqueluche :

Acide phénique cristallisé.. 1 gr.

Sirop de menthe 40

Eau 80

Hildebrandt est partisan des inhalations de pétrole; il les fait pratiquer de la façon suivante : on trempe dans l'huile de pétrole de petits chiffons, on les abandonne sur l'oreiller du patient. Pendant le jour on met dans la chambre du sujet des petites assiettes recouvertes de pétrole.

Henke, qui a trouvé des orga-

nismes inférieurs dans l'expectoration des coquelucheux, a proposé de traiter cette coqueluche parles inhalations de sulfate de quinine et il prétend n'avoir eu qu'à se louer de cette pratique.

On a aussi appliqué la quinine à l'intérieur dans la coqueluche. Edwards Brueij a donné des doses assez fortes en vingt-quatre heures. Pour un enfant de trois ans, il administre 30 centigrammes, même jusqu'à 1 gramme et l3'',20 pour les enfants de onze ans : malgré ces doses , l'auteur reconnaît que la quinine n'a jamais une action curative complète. Piaymund partage le même avis.

Keating a retiré de bons effets de cette médication ; il associe le carbonate d'ammoniaque à la quinine et donne aussi des doses relativement fortes, jamais moins de 60 centigrammes,

Tordeus emploie à l'intérieur le benzoatede soude, suivantla formule donnée par Letzerich, et que voici :

Benzoate de soude 5 gr.

Eau -40

Eau distillée 40

Sirop d'écorces d'orange. . . 40

Prendre une cuillerée d'heure en heure. Cette potion diminuerait le nombre et la fréquence des accès (a).

(a) Ortille, Du traitement de la coqueluche par les inhalations phéniques {Abeille médicale, 14 juin 1875, p. 223). — Scheiding, Traitement de la bronchite par les inhalatioiis phéniques {AUgemeine med. Centraheitung, 23 novembre 1879, in Bull. Klin. Wochens., n" 772, p. 52, 29 décembre 1879). — Burchardt, Contribution à l'étude de la coqueluche {Deutsche Klinik, 1874, n» 41). — Oltramare, Congrès médical, octobre 1880. — Hildebrandt, Med. Woeh., janvier 1878, et Med. Times, février 1878. — Henke, JJeber Mikroskopische Orgunismen in den Sputis Kuchhustenkranken Kinder und uher die Wirkung der Chininhala'^ tionen in dieser Krankheit {Deutsche Arch. fur klinische Medicin, XIP vol.). —

De

la médication empirique.

Hildebrant a conseillé le pétrole en inhalations; Henke, les pulvérisations avec le sulfate de quinine; Tordeus, le benzoate de soude; Moncorvo (de Rio-Janeiro), l'acide salicylique.

Après les médications antispasmodipues, anticatarrhales et antiparasitaires, se placent celles qui ne se rattachent à aucune théorie, ce sont les médications empiriques, à savoir : la cochenille (1), qui a été successivement proposée par

(1) Les cochenilles sont des insectes hémiptères formant la familles des coccidés ou cochenilles et désignés par les naturalistes sous le nom générique de coccus. Laboulbène divise les cochenilles en quatre groupes subdivisés eux-mêmes en genres. Dans le quatrième groupe, ou iribu des coccidés, rentre le genre kermès, dont l'espèce la plus remarquable est le kermès vermillio (Planchon) vivant sur le chêne, et le genre coccus proprement dit; à côté d'eux, d'autres nombreux genres tels que les cochenilles des genres nidularia (vivant sur le chêne vert), antonina (vivant au pied des charmes), mcocc»i,s (vivant dans le midi sur les feuilles de buis, bruyère, thym, etc.), acanthococcus (dans les sillons de l'écorce de l'érable champêtre), etc.

D'une façon générale, on considère les cochenillescorame nuisibles pour l'arbre sur lequel elles vivent; elles peuvent entraîner, dit-on, la mort des plus grands arbres.

Les cochenilles utiles soit pour les arts, soit pour la médecine, sont :

1° La cochenille proprement dite, ou du nopal, ou du Mexique, ou de Honduras, vivant sur les cactus. Dans

le commerce, il y en a trois espèces:

la mestègue (fine ou jaspée), la noire, la silvestre brune ou d'un rouge terne.

De la cochenille ordinaire on retire le carmin, qui, s'il est pur, se dissout complètement dans l'ammoniaque.

2" La cochenille kermès ou cochenille du chêne, kermès animal ou végétal, graine d'écarlate, vivant sur le quercus coccifera des bords de la Méditerranée.

3° La cochenille laque {carieria /accfl), importante pour l'industrie et qui fournit la résine laque et la laque carminée; la laque est un produit très résineux entourant l'insecte luimême et résultant de l'exsudation produite par les piqûres de la carter ia lacca.

4" La cochenille mannipare, vivant sur le tamarix manifera, et amenant par ses piqûres sur les branches de cet arbre l'extravasation d'un suc qui tombe à terre et constitue, d'après Ehrenberg, la manne des Israélites ou sinaïtique ;

5° Les cochenilles à cire, céroplastes. On fait bouillir dans l'eau ces insectes et après le refroidisse-

E. Bruen, Philadelphia Med. Times, juillet 1875. — Raymund, Deutsche Klin. 1874. — W. Keating, Philadelphia Med. Times, décembre 1874. — Thorner, Deutsche Arch. fur klin. Med., t. XXU, p. 314. — Tordeus, Du traitement de la coqueluche par le benz-oale de soude (Journ. de méd. de Bruxelles, mai 1880, p. ^281).

Wachlt , Benne witz, Zimmermann , Paresi , Dieudonné, Rilliet ; le succin (1), dont l'huile volatile a été recommandée par

ment on obtient de la cire qu'on utilise pour l'éclairage.

En pharmacie, on se sert des cochenilles femelles. On en fait un sirop et une teinture.

Les médecins anglais et allemands prescrivent contre la coqueluche la poudre de cochenille à la dose de 1 gramme dans 30 grammes de sirop de sucre dissous dans 192 grammes d'eau tiède : on donne dans les vingtquatre heures trois cuillerées à café de cette préparation. Vigier a fait le sirop suivant:

Cochenille Sar.SO

Carbonate de potasse 5

Eau distillée bouillante ... 140

Sucre 225

Pour faire un quart de litre de sirop.

Dose : une à trois cuillerées à soupe par jour.

Voici comment Wachlt donnait la cochenille aux enfants :

Cochenille Otir.SO

Bitartrate de potasse 0 . 50

Sucre en poudre. ........ 30 . 00

Eau bouillante 120 . 00

A prendre par cuillerée à café toutes les deux heures.

La prescription de Bennewitz s'éloignait peu de la précédente. La voici :

Cochenille 03^20

Sel de tartre 0 . 40

Eau bouillante 45 . 00

Sirop de sucre 30 . 00

(l)Le succin, ou karabé, ou ambre jaune, est une résine fossile qu'on trouve dans les terrains à lignites de la Picardie, sur les bords de la mer et surtout sur les bords de la

CLINIQUE THÉRAP., 4° édit.

Baltique. C'est un corps dur, semitransparent, léger, cassant, jaunâtre; il est recouvert de couches ligneuses appelées bois minéral; il a une odeur développée par le frottement et une saveur acre et désagréable; il est inflammable.

D'après Berzélius , il contient une huile odoriférante ; deux résines, une soluble dans l'alcool, l'éther, et les alcalis, une autre peu soluble dans l'alcool, mais soluble dans l'éther et les alcalis; acide succinique soluble dans l'eau et l'alcool, mais non dans l'essence de térébenthine : et un principe (bitume) soluble dans le chloroforme.

Soumis à la distillation sèche dans une cornue, le succin donne : 1° acide succinique impur ou sel volatil de succin ; 2° liquide aqueux contenant de l'acide acétique, de l'acide succinique et de l'huile pyrogénée : c'est l'esprit volatil de succin; 3° un liquide huileux surnage, c'est l'huile volatile du succin.

Le succin entre dans la préparation du baume de Fioraventi ; eau de Luce, sirop de karabé ou sirop d'opium succiné.

On a beaucoup vanté le succin contre les affections spasmodiques, et on l'a ordonné comme aphrodisiaque et emménagogue.

On le prescrit en poudre (50 centigrammes à 4 grammes), teinture (2 à 4 grammes en potion), fumigations.

L'huile volatile, qui entre dans la teinture d'ammoniaque composée, se prescrit à l'intérieur à la dose de 10 à 15 gouttes dans l'hystérie et l'aménorrhée.

Danet formulait ainsi sa potion contre la coqueluche :

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