SO
Les six premiers numéros ont été pris chez des fabricants, le reste chez des pharmaciens de Bordeaux.
(1) L'extrait hydro-alcoolique d'Yvon est un liquide d'une couleur ambrée , précipitant abondamment par les réactifs des alcaloïdes et représentant un poids égal à celui de l'ergot. On l'obtient de la façon suivante : « On commence par pulvéri-
TRAlTEiMENT PHARMACEUTIQUE DE LA PHTHISIE. 585
nine (1). Vous introduirez l'un ou l'autre de ces médica-
ser grossièrement le seigle ergoté et par le priver de son huile fixe au moyen du sulfure de carbone ; on fait ensuite sécher à air libre et à l'abri de la lumière, jusqu'à disparition totaie de l'odeur du dissolvant; on introduit cette poudre dans un appareil à déplacement et on l'épuisé à froid par l'eau distillée, renfermant 4 millièmes d'acide tartrique. On chauffe ce liquide de façon à coaguler les matières albuminoïdes et on le réduit, au bain-marie, au tiers de son volume environ; on laisse refroidir et on fdtre. On met alors digérer avec un léger excès de carbonate de chaux précipité, de façon à saturer l'excès d'acide tartrique; on évapore en consistance sirupeuse et l'on précipite par l'alcool à 90 degrés. On fdtre de nouveau, après refroidissement, on décolore au moyen du noir animal lavé ; on filtre de nouveau, on fait dissoudre dans le liquide 15 centigrammes de salicylale de soude par 100 grammes de seigle; on complète avec de l'eau distillée, renfermant un quart de son poids d'eau de lauriercerise, de façon à obtenir un liquide de poids égal à celui du seigle employé; on laisse déposer quelques jours dans un endroit frais et tranquille, on décante et l'on répartit la liqueur dans de petits flacons. » Telle estla manière de procéder de M. Yvon.
Le liquide peut être concentré de façon à ce que 1 gramme représente 2 grammes et plus d'ergot.
Dujardin-Beaumetz s'est souvent servi, pour injections hypodermiques, de la solution suivante :
Extrait d'ergot d'Yvon 8''^20
Eau 8 .80
D'autres solutions sont employées en injections sous-cutanées. Ainsi,
Moutard-Martin use de la suivante, pour combattre les métrorrhagies :
Extrait liydro-alcoolique
d'ergot des liôpilaux.. . . 2 gr.
Eau 15
Glycérine 15
On injecte 1 gramme à l9r,50, c'està-dire de 6 à 20 centigrammes de l'extrait d'ergot du Codex.
Bucquoy emploie celle-ci :
Extrait d'ergot de Bonjean. 2 gr.
Glycérine 30 '
Luton (de Reims) a conseillé la teinture alcoolique, au cinquième, d'ergot, qu'il administre en injection hypodermique a la dose de 1 à 4 grammes.
(1) Tanret (de Troyes) a retiré de l'ergot de seigle Vergotinine (^35fjio^2'^0'', alcaloïde incolore et cristallisable, et une substance volatile à la température ordinaire, ressemblant au camphre, il a, dans une communication à l'Académie des sciences (avril 1878), décrit son nouveau procédé d'exti'action, qui lui permet de tirer, de 1 kilogramme d'ergot récent, 19^,20 de produit, dont un tiers d'ergoline cristallisée.
Voici le procédé : l'ergot de seigle finement pulvérisé est épuré par l'alcool à 95 degrés et l'alcoolature additionnée de soude caustique jusqu'à réaction franchement alcaline.
On distille au bain-marie. Le résidu est agité avec une grande quantité d'éther, puis la liqueur èthérée est privée par l'eau d'un savon qu'elle avait dissous. Après séparation de la partie aqueuse fortement colorée, l'éther chargé d'alcaloïde est agité avec une solution d'acide citrique, et la solution de citrate d'ergotinine lavée à l'éther est décomposée par le carbonate de potasse en présence d'éther.
ments en injections sons-cutanées, en vous servant, pour la première de ces préparations, des solutions d'ergotine de Bonjean, à 2 grammes pour 30 grammes, suivant la formule de Moutard -Martin, ou bien encore de la solution d'Yvon; pour l'ergotinine, vous vous servirez de solutions contenant un milligramme par centimètre cube; vous injecterez une demi-seringue de cette solution, et vous pourrez renouveler
qui s'empare de l'alcaloïde mis en liberté. On décolore au charbon animal bien lavé la solution éthérée d'ergotinine, puis on la met à distiller. Quand la liqueur commence à se troubler, on la verse dans une éprouvette bouchée et placée à l'obscurité dans un lieu frais ; le lendemain le vase est tapissé , de cristaux d'ergotinine. Une nouvelle concentration donne encore quelques cristaux. Enlin on distille à siccité et on obtient un résidu spongieux légèrement coloré en jaune.
La quantité d'ergotinine qui ne cristallise pas, l'ergotinine amorphe, ne serait pour l'auteur qu'une modification moléculaire de l'ergotinine cristallisée, dans laquelle elle se transforme avec la plus grande facilité. Si on expose au soleil, même sur le mercure, une solution alcoolique incolore d'ergotinine cristallisée, elle se colore très rapidement. La quantité d'ergotinine cristallisée qu'on en peut retirer s'affaiblit ; puis, la coloration augmentant, l'ergotinine amorphe disparaît à son tour etla liqueurpasse du jaune clair au vert de plus en plus foncé et devient enfin brune : alors tout l'alcaloïde s'est résinifié.
Pour l'auteur, 1 milligramme d'ergotinine correspond àl gramme d'ergot.
Tanret a préparé un sirop d'ergotinine et une solution pour injections sous-cutanées,dont voici les formules:
1° Sirop d'ergotinine.
Ergotinine 03.05
Acide lactique 0.10
Sirop de fleurs d'oranger. 1 kilog.
Chaque cuillerée à café (de 5 gr.) contient^/'* milligramme d'ergotinine:
Dose : de 1 k i cuillerées à café par jour.
2" Solution hypodermique d'ergotinine.
Ergotinine O^-Oi
Acide lactique 0 .02
Eau de laurier-cerise 10 gr.
Cette solution contient 1 milligramme d'ergotinine par centimètre cube.
Dose : de 5 à 10 gouttes à la fois qu'on pourra renouveler.
Dujardin-Beaumetz a expérimenté ces injections et a constaté que l'alcaloïde, si on dépasse la dose de 5 milligrammes, détermine des coliques et des vomissements ; il diminue les hémorrhagies, mais l'action n'est pas immédiate ; elle se produit dans les douze ou vingt-quatre heures qui suivent l'injection (Soc. de Thérap., février 1873).
Laborde (Soc. de Biol., mars 1878) a fait des expériences sur les diverses ergotines et sur l'ergotinine Tanret; il a remarqué qu'après l'injection dans l'oreille d'un lapin de 1 centigramme d'ergotinine ou 1 gramme d'ergotine Bonjean, on voit se produire dans cette oreille un commencement d'anémie réduisant les vaisseaux à leur mini-
ces injections toutes les deux ou trois heures. D'ailleurs, j'ai déjà insisté sur ces moyens lorsque je vous ai parlé du traitement de l'hémoptysie dans les maladies du cœur (1).
Puis vous vous servirez de tous les astringents que vous puiserez dans le règne végétal et dans le règne minéral. C'est ainsi que vous pourrez utiliser les infusions de plantain, de lierre terrestre, de monésia, de tormentille (2), et surtout
muni et en même temps un abaissement de la température d'au moins A degrés. Les mêmes phénomènes se produisent si on fait l'injection après la section de grand sympathique.
Laborde conclut de ses expériences que c'est plutôt sur la fibre musculaire que sur le système nerveux qu'agit l'ergot de seigle.
Budin et Galippe ont fait aussi des expériences avec le sirop et l'ergotinine Tanret, et ils ont remarqué que 8 milligrammes d'ergotinine Tanret administrés en sirop, à des chiens, n'ont eu aucun effet apparent ; 30 milligrammes en injection sous-cutanée ont été aussi sans résultats ; avec 80 milligrammes il y a eu abaissemont de la température (de 39 degrés à 38%6), des vomissements, des coliques ; 105 milligrammes (en sirop) ont amené la mort après un certain nombre d'heures, avec abaissement considérable de la température. Sur le lapin, avee 4 milligrammes en injection sous-cutanée, léger abaissement de la température; avec 60 milligrammes, mouvements convulsifs, puis paralysie et abaissement très grand de la température (39 degrés à 31°, 3) et mort au bout de quatre heures {Soc. de Biol., 6 mai 1878).
(1) Voir, t. I", Leçons sur le traitement des congestions dues aux affections mitrales.
(2) Le plantain (plantain à larges feuilles, grand plantain, plantain or-
dinaire), plantago major, de la famille des plantaginacées, est une plante vivace, commune dans les prés, les chemins et les terrains incultes. Il y a d'autres espèces de plantain : le plantain moyen, le plantain lancéolé, le plantain psyllion, ou herbe aux puces, et le plantain des sables.
On emploie les sommités fleuries de ces herbes pour faire des décoctions ou des hydrolats. On les considérait autrefois comme fébrifuges et hémostatiques.
Le plantain d'eau {alisma plantago) est employé comme diurétique; il a été préconisé contre l'hydrophobie, en 1817, par Leswin et plus tard par Burdach.
Lierre terrestre (voir V*^ leçon).
La monésia, ou buranhem, ou guaranhem, est un arbre exotique du Brésil, le chrysophyllum glyciphlœum, de la famille des sapotacées; son écorce contient une matière grasse, cristalline, de la chlorophylle, de la cire, une matière acre (monésine), une matière colorante rouge, de la glycyrrhizine, du manganèse ou du fer.
On en fait un extrait, une teinture et un sirop. On l'emploie à l'extérieur (injections, lavements, lotions, pommades) et à l'intérieur : pilules (1 à 4 grammes), sirop (30 à 100 grammes en potion), teinture (4- à 10 grammes en potion).
d'ortie blanche et de grande consoude (1), et les préparations de ratanhia (2), qu'on ne ntianque jamais d'ordonner en pareil cas.
Parmi les astringents minéraux se place d'abord le per-
D'autres plantes ont été encore conseillées comme hémostatiques. Parmi les principales, il faut citer les suivantes, dont on emploie surtout la racine :
Tormentille {tormentilla vulgaris) : on en fait : décoction (15 à 30 grammes pour 1 litre d'eauj, teinture 5 à 10 grammes en potion), poudre et extrait (:2 à 10 grammes en pilules ou en vin) ;
Benoîte (geiim vrbamim) : décoction (30 à 60 grammes pour un litre d'eau), teinture (15 à 30 grammes en potion); extrait (1 à 6 grammes).
La benoîte aquatique et la benoîte des montagnes ont à peu près les mêmes propriétés;
Argentine {potentilla anserina), employée surtout en décoction, racine et feuilles, dans du lait, comme la quintefeuille (potentilla reptans);
Fraisier (fragaria vesca) : décoctioa (30 à 60 grammes par litre d'eau, racines et feuilles);
Ronce (rubus fruticosus) et ronce bleue ou petite ronce (rubus cœsius) décoction de l'écorce des racines (30 grammes pour 500 d'eau).
(1) Vortie dioïque (grande ortie, ortie commune, ortie vivace), urtica dioica, famille des urticées, croît dans les terrains incultes ; elle contient, d'après Saladin (Journal de chimie médicale, 1830), du nitrate de chaux, de l'hydrochlorate de soude, du phosphate de potasse, de l'acétate
de chaux, du ligneux, de la silice, de l'oxyde de fer et dans les glandes situées à la base des aiguillons, du carbonate acide d'ammoniaque qui, provoque l'irritation survenue après les piqûres d'orties.
La, petite ortie (ortie brillante, ortie piquante, ortie grièche) croît aussi dans les lieux incultes; elle est plus petite que la précédente : sa tige, en effet, a 30 à 50 centimètres, au lieu de 60 à 90 ; elle a la même composition que la grande ortie.
On a employé ces plantes dans toutes les hémorrhagies, les épislaxis, hémoptysies, métrorrhagies. Chomel regardait l'ortie comme le remède le plus certain contre l'hémoptysie et toutes les hémorrhagies.
On donne le suc d'ortie à la dose de ICO grammes; Ginest dit avoir vu des métrorrhagies céder à l'administration de 60 à 125 grammes de ce suc. Pour la décoction ou infusion, on emploie 30 à 60 grammes de feuilles pour un litre d'eau.
La grande consoude (consoude officinale, oreille d'âne, langue de vache, herbe aux charpentiers, herbe aux coupures), symphytum officinale de la famille des borraginées, est une plante très commune. On la donne en décoction (15 à 30 grammes par jour) et en sirop (60 à 100 grammes en potion ou tisane) (a).
(2) Le ratanhia [krameria triandra) est une polygalacée qui se trouve
(a) J. Frank, Palh. interne, t. II, p. 479. — Ginest, Bull, de VAcad. royale de médecine, 18-i5. — Mérat et Delens, Dictionnaire. — Cazin, Traité des plantes médicinales indigènes, 1868.
chlorure de fer (1). L'action que joue le perchlorure de fer, adm n stré pr la voie stomacale, dans les hémorrhagies, a été bien étudiée dans ces derniers temps (2), d'abord par Vincenzo Gervello, puis par Guestre et LerebouUet; ils nous ont
dans les Cordillères des Andes du Pérou et de la Bolivie. Outre le krameria triandra, il y a deux autres sortes de ratanhia : le savanilla de la Nouvelle-Grenade et le krameria ixine des Antilles. C'est la racine qui est employée : elle est divisée en radicules cylindriques assez longues et d'une grosseur variant de celle d'une plume d'oie à celle du pouce; elle est recouverte d'une écorce rouge brun qui contient, d'après Peschier, 42 pour 100 de tannin, acide gallique, gomme, extractif, matière colorante, acide kramérique et, de plus, d'après Cotton, une substance volatile odorante et un sucre particulier.
On administre le ratanhia à l'intérieur : en tisane (20 à 30 grammes par litre d'eau), poudre 50 centigrammes à i grammes;, infusion, teinture alcoolique (5 à 28 grammes), extrait (2 à 4 grammes en pilules ou potion), sirop (30 à 60 grammes en potion). A l'extérieur, il est donné en lavement (4. à 10 grammes), suppositoire (1 pour 3 de beurre de cacao), pommade (4 grammes pour 20 d"axonge.
(1)Le perchlorure de fer, chlorure ferrique ou sesquichlorure de fer, s'obtient soit en dirigeant un courant de chlore sur de la tournure de fer chauffée dans un tube de porcelaine soit en faisant dissoudre de l'oxyde de fer anhydre dans de l'acide chlorhydrique ; on évapore la solution et on dessèche le résidu qu'on chauffe ensuite au rouge sombre dans une cornue de grès vernissée. Le sel anhydre est cristallisé en tables bril-
lantes noires, qui se volatilisent à une température d'un peu plus de 100 degrés, il a une saveur styptique; il est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther.
La solution officinale du Codex ne dépasse pas 30 degrés et a une densité de 1,26; elle est de couleur brun rougeâtre.
On administre cette solution à l'intérieur et à l'extérieur. A l'intérieur on la donne à la dose de 5 à AO gouttes dans de l'eau pure, en capsules, en potion et rarement en sirop.
A l'extérieur, on la prescrit en pommade (3 grammes pour 40 grammes d'axonge), injection (10 grammes par litre d'eau), lavement (10 à 40 gouttes pour un quart de lavement), injections hypodermiques (3 à 15 gouttes).
On l'emploie en lotions contre la leucorrhée, les plaies de mauvaise nature, les fistules, les fausses membranes de la diphthéric (dans ce cas, on la donne aussi en même temps à l'intérieur), les hémorrhagies légères, etc.; on pratique les injections hypodermiques dans les varices, les tumeurs érectiles, les anévrysmes.
La solution du Codex ne doit pas être, à moins d'indications spéciales employée pure ; elle produit en effet des eschares qui, en se détachant plus tard, peuvent donner lieu à des hémorrhagies.
(2) Vincenzo Cervelle (de Palerme) a démontré, par des expériences sur les animaux, que le perchlorure de fer est absorbé à l'état de sel ferreux ou de protochlorure et qu'il reste
590 LEÇOiNS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
montré que le perchlorure de fer agissait en ce cas non pas en amenant la coagulation du sang, mais bien en ralentissant les battements du cœur, effet que l'on obtient avec les autres préparations ferrugineuses. Vous ordonnerez 10 à 20 gouttes de perchlorure de fer dans un verre d'eau sucrée. Puis viennent, sur un plan tout à fait secondaire, l'acétate de plomb vanté par Sirus Pirondi, et les préparations de fer connues sous le nom de pierre hématique, de bols d'Arménie, dont les anciens faisaient grand usage (i).
Après les astringents et même au-dessus d'eux se place la médication vomitive, que Trousseau a remise en honneur. Trousseau vantait beaucoup l'ipéca, qu'il donnait à la dose vomitive ; on a proposé aussi de le donner à dose nauséeuse et d'administrer, toutes les dix minutes, 10 centigrammes de poudre d'ipéca. Willis, Gullen, Stoll, Giovanni de Vittis, et plus récemment Dauvergne, ont vanté, eux, le tartre stibié.
ilissous dans le sang à la faveur des minisU'é à l'intérieur, appartient à
substances albuminoïdes; il déter- tous les ferrugineux (a),
mine un ralentissement des batte- (1) Le bol d'Arménie (argile ocreuse,
ment du cœur et une diminution bol oriental, bol rouge) holus orien-
dans l'amplitude des pulsations. talis, est une terre rouge vif, douce
Guestre a fait des expériences au toucher, tachant les doigts, hap-
sur lui-même et a constaté, par des pant à la langue, composée, d'après
tracés sphygmographiques, après Kergmann, de silice, d'alumine, de
l'ingestion de 50 centigrammes à magnésie, de chaux, de fer et d'eau.
1 gramme de perchlorure de fer, la On retirait autrefois cette terre, qui
diminution de l'amplitude, et du di- doit sa coloration au peroxyde de fer
crotisme des pulsations, en même qu'elle contient, de la Perse et de
temps que le ralentissement des bat- l'Arménie; aujourd'hui, on la trouve
ments cardiaques. Mais l'ingeslion même aux environs de Blois.
du tartrate ferrico-potassique pro- La terre sigillée ou terre de Lem-
duit le même elfet; d'où il semble nos a les mêmes propriétés astrin-
résulter que Faction hémostatique gentes. attribuée au perchlorure de fer, ad-
(a) Vincenzo Cervello, SuW aùone fisiologica dei chloruri di ferro. Torino,
1880. — Guestre, Essai sur l'emploi du perchlorure de fer à l'intérieur contre les hémorrhagies. Thèse de Paris, 1881. — Lerebouliet, Soc. de Thérap.,m octobre
TRAITEMENT PHARMACEUTIQUE DE LA MITlllSlE. 591
Quant à moi, je préfère l'ipéca (1) au tartre stibié et j'administre, comme Trousseau, ce médicament à dose vomitive, mais je ne l'emploie que lorsque tous les autres moyens ont échoué.
A tous ces agents vous joindrez les calmants, et en particulier la morphine, pour apaiser cette toux si fatigante et si pénible qui accompagne l'hémoptysie. Hariz et Hoffmann avaient vanté autrefois la jusquiame, qui est aujourd'hui abandonnée (2). Enfin, vous ordonnerez les boissons fraîches acidulées et l'immobilité absolue ; vous placerez votre malade dans une chambre à demi éclairée et vous lui défendrez de prononcer la moindre parole ; tels sont les moyens dont vous userez contre l'hémoptysie des tuberculeux. Je passe maintenant à l'étude du traitement des sueurs et de la diarrhée.
Les sueurs chez les phthisiques constituent une cause de du déperdition incessante qu'on a tout intérêt à faire cesser le plus tôt possible; aussi a-t-on multiplié les moyens thérapeutiques pour arriver à ce but. Trois médicaments ont été surtout recommandés, ce sont : l'agaric blanc, le phosphate de chaux et enfin l'atropine. Le plus actif de ces moyens, à
(1) Voici la formule conseillée par Faites bouillir, passez et ajoutez
Dauvergne : après le refroidissement :
Huile d'amandes douces, . 250 ar.
Tarlre stibié (K.30
Extrait de digitale '. . . 0.15
Eau de fleurs d'oranger.. . 120.00 Une cuillerée à café, deux à trois
Sirop d'ipéca 30 .00 fois par jour.
Par cuillerées abouche d'heure en ^ . „^^ ^^
heure (a). • Potion (VHoffmann.
(2) Voici les préparations de Hartz Graine de jusquiame blanclic. t'^^OQ
et d'Hoffmann : Veux d'écrevisses , . 2 . 00
Nitrate de pelasse -. . 0 .60
Potion de Hartz.
Camphre 0 .10
Pulvérisez Huile d'olive 250 fois par jour.
Feuilles de jusquiame blanche fraîches , 60 ^r. Pulvérisez en dix paquets ; trois
Irai lem eut les âiieiu's
(«) Dauvergne, Du traitement de Vhémoptijsie [Bull, de Thénip., 18S1).
coup sûr, est l'atropine. Employée dès 1868 par Bartholow, cette méthode s'est promptement généralisée en Amérique et en Angleterre; Williamson, Hassal (1) ont vanté ses effets, et Vulpian nous a donné l'explication physiologique de son action; aussi le sulfate neutre d'atropine a-t-il pris droit de cité dans le traitement des sueurs des phthisiques.
On emploie ce médicament sous forme de granules contenant un demi-milligramme de sulfate d'atropine et on donne de un à quatre granules, espacés de deux heures en deux heures, au moment où les sueurs sont les plus abondantes. Vous surveillerez, bien entendu, l'emploi de ce médicament, qui n'est pas toujours bien toléré et qui détermine quelquefois, même aux doses de 2 milligrammes, des phénomènes délirants.
Après l'atropine, et occupant un rang secondaire, se place l'agaric blanc (2), inférieur au précédent, mais supérieur à
(1) Bartholow a signalé, l'un des toujours tiré de très bons résultats,
premiers, en 1868, l'action de l'atro- Vulpian emploie des pilules d'un
pine contre les sueurs ; il associe l'a- demi-milligramme de sulfate d'atro-
tropine à la morphine pour enlever pine, il donne une pilule par jour et
la toux. va jusqu'à 3 pilules. Si l'on ne donne
Williamson a employé l'atropine qu'une pilule, on la fera prendre
contre les sueurs des phthisiques, et deux ou trois heures avant l'arrivée
il se servait de pilules de sulfate des sueurs ; si l'on en fait prendre
d'atropine renfermant 7 dixièmes de deux, la première sera prise quatre
milligramme ; d'après lui, on ne de- heures avant l'accès de sueur et la
vrait pas dépasser la dose de 10 mil- seconde deux heures avant; si l'on
ligrammes. Dans seize cas de phthi- en prend trois, il faut les espacer
siques atteints de sueurs, il y a eu de deux heures en deux heures; la
une amélioration très considérable médication ne doit pas se prolonger
dans les premières doses. outre mesure et doit être continuée
Vassal a expérimenté aussi l'atro- pendant une quinzaine de jours (a).
pine contre les sueurs, et il en- a (2) Agaric blanc (agaric du mé-
(a) Bartholow, On the Treatment of certain forms of Phihisis Pulmonalis by the Internai AdministratioJi of Atropia {The American Journ. of Medicin. Soc, avril 1877). — Williamson, Observations on the use of Atropia in Phthisical sweatinrj, made ai the Royal National Hospital for consumption {The Lancet, 25 juillet 1874). — Hassal, The Lancet, 25 juillet 1874. — Rover, De l'emploi du sulfate d'atropine contre les sueurs patholoqiqiies. Thèse de Paris, 8 août 1877, n" 399.
tous les autres moyens, comme l'a montré Finot (1) ; cet agaric se formule en pilules de 10 à 20 centigrammes. Puis vient le phosphate de chaux insoluble, tribasique, que notre collègue Guyot a préconisé et que l'on donne à la dose de 6 grammes par jour. Je ne vous signale que pour mémoire les astringents et Yammanita muscaria proposée par Murrel (2), ainsi que la poudre conseillée par Cohnhorn (3).
lèze, bolet du mélèze, agaric purgatif), boletus laî'icis, de la famille des champignons ; croît sur les vieux mélèzes et se présente sous forme de grosses masses irrégulières, d'un blanc jaunâtre, recouvertes d'une •sorte d'écorce grise, assez épaisse.
11 a une saveur d'abord douceâtre, puis amère et nauséabonde; il contient des acides fongique et bolétique, différents principes organiques et végétaux , et une résine, principe actif, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, Féther, les huiles fixes et volatiles, les alcalis.
L'agaric blanc entre dans la confection de la thériaque et de l'élixir de longue vie.
Il a été employé comme drastique; éméto-cathartique; mais c'est surtout contre les sueurs des phthisiques qu'il a été ordonné à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour. Il a été donné aussi pour tarir la sécrétion lactée (a).
(1) Finot a étudié comparativement chez les phthisiques l'agaric, l'alcoolature d'aconit, les lotions vinaigrées,
le tannin, l'acétate de plomb, la poudre de Dower, le phosphate de chaux employés contre les sueurs. Le médicament qui réussirait le mieux serait l'agaric à la dose de 10 milligrammes à 1 gramme. Puis viendraient l'alcoolature d'aconit et les lotions vinaigrées proposées par Peter. Le phosphate de chaux serait aussi un bon médicament.
Le tannin, la poudre de Dower, l'acétate de plomb seraient complètement inefficaces (&).
(2) Murrel a conseillé, contre les sueurs des phthisiques, Vammanita muscaria, qu'il donne sous la forme d'un extrait liquide offrant à peu près la consistance de la mélasse et dont il fait une solution au centième (c).
(3) Cohnhorn emploie contre les sueurs des phthisiques la poudre qui sert, dans l'armée allemande, à combattre la sueur des pieds. Il saupoudre le corps des phthisiques d'une poudre nommée Struepidver, qui renferme de l'acide salicylique et du silicate de magnésie. Il recommande de faire recouvrir la bouche du ma-
(a) Berbat, Journal de médecine, t. XLVU. — Andral, Journal de pharmacie, t. XX. — Max Simon, Bull, de Tliérap., 183i, — Philippe, Journ. de méd. et de chirurg. pratiques, t. IV. — Besson, Mémoire sur l'emploi de l'agaric blanc contre jcs sueurs des phthisiques. Paris, 1832. — Cazin, Plantes médicinales indigènes. — Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique.
(6) Finot, Des motjens à opposer aux sueurs chez les phthmques. Tiièse de Paris,
(c) William Murrel, The Practitionner, août 1880.
CLINIQUE THÉRAP., l*" édit. II. — 38
Ne comptez pas trop, messieurs, sur l'action des médicaments pour faire disparaître les sueurs des phthisiques ; ces sueurs sont en rapport avec l'état d'affaiblissement dans lequel se trouvent les malades, et vous les verrez s'atténuer et disparaître à mesure que la nutrition deviendra meilleure. D'ailleurs il est un moyen plus puissant que ceux que je viens de vous citer pour modifier heureusement les fonctions de la peau : c'est l'emploi des bains tièdes, et surtout des lotions froides, comme les pratique Peter.
Quant à la diarrhée, c'est un des obstacles les plus insurmontables de la thérapeutique ; le flux intestinal affaiblit le malade et s'oppose à une médication active. Vous pourrez employer tous les moyens que je vous ai énumérés lors de ma leçon sur la diarrhée (1); mais vous échouerez souvent et vous n'aurez, pour améliorer cet état, qu'à recourir à des prescriptions alimentaires et à soumettre votre malade au régime par les poudres de viande et par le lait.
La fièvre chez les tuberculeux dépend d'un grand nombre de causes. Elle peut résulter du travail congestif qui se fait du côté du poumon, mais le plus souvent elle est en rapport avec la suppuration déterminée par le travail tuberculeux ulcératif du poumon, c'est alors une fièvre suppurative à forme rémittente ou intermittente. Lorsqu'elle est franchement intermittente, elle est quelquefois tributaire du sulfate de quinine et l'on voit de petites doses de ce sel modifier ces accès, sans les faire toutefois disparaître complètement ; Jaccoud, lui, préfère comme anti thermique l'acide salicyhque au sulfate de quinine (2) .
lade d'un linge pour éviter l'action de Vintestin; traitement de la diar-'
irritante de cette poudre sur les voies rhée.
respiratoires(a). (2) Jaccoud traite la fièvre de ré-
(i)y -t-l^'^Leçonssiirles maladies sorption chez les tuberculeux par
(«) Cohnhorn, Berlin, klin. Wochens., 5 janvier 1879.
TRAITEMENT PHARMACEUTIQUE DE Ik PHTHISIE. 595
Mais aujourd'hui la thérapeutique possède un médicament oeranuiiyrine
... . . chez les
qui a pour ainsi dire une action élective sur la fièvre des tu- tuberculeux. berculeux, c'est l'antipyrine dont Huchard nous a montré dans ces cas l'heureuse influence. Vous pourrez l'administrer à la dose de 50 centigrammes tous les jours; il suffit même quelquefois de ne la donner que tous les deux jours.
Vous ferez dissoudre ces 50 centigrammes d'antipyrine dans un verre d'eau sucrée aromatisée avec de la fleur d'oranger. A cette faible dose l'inconvénient de l'antipyrine qui est, comme vous le savez, de provoquer des sueurs abondantes est réduit à son minimum et vous tirerez toujours un excellent résultat de ce médicament chez les tuberculeux, même aux périodes avancées de cette maladie. Daremberg, lui, donne des doses beaucoup plus considérables et il n'hésite pas à administrer aux phthisiques jusqu'à 6 grammes d'antipyrine par jour (a).
l'acide salicylique, le salicylate de Lorsque le malade est forcé de
soude et le bromhydrate de quinine; prendre des doses plus rapprochées,
il considère le premier de ces médi- il emploie alors la potion suivante :
caments comme le plus actif. Il donne, Acide salicylique 29 «r,
lorsque le tube digestif est en bon Rhum . , 50
état, le premier jour 2 grammes Vin 120
d'acide salicylique, le deuxième et le Quand les malades ne peuvent
troisième jour i granime et demi ou prendre par l'estomac ni l'acide sali-
1 gramme selon les cas. Si au bout cylique ni le salicylate de soude,
de trois jours la fièvre n'a pas cédé, Jaccoud utilise les injections sous-
il redonne 2 grammes, et recom- cutanées de salicylate de soude. Il
mence une nouvelle série. fait alors des injections sous-cuta-
II administre l'acide salicylique nées d'une solution à parties égales
en nature par cachets de 50 centi- d'eau et de salicylate de soude, grammes, de manière que la dose to- Il injecte une seringue tout en-
tale soit prise dans l'intervalle d'une tière du mélange à l'un et l'autre
heure; la dose totale d'acide salicy- bras; dans ce cas, l'abaissement
lique doit être prise quatre heures thermique est beaucoup plus lent à
avant l'accès de fièvre. se produire. Jaccoud fait remarquer
(a) Huchard, De Vantipyrine {Union médicale, 188i). — Dareniberg, De l'antipyrine dans la fièvre des tuberculeux {Académie de médecine, 2 mai 1885).
On a surtout conseillé, dans les formes rémittentes, des moyens qui s'adressent plus à la suppuration qu'à la fièvre ellemême, c'est-à-dire qu'on a fait une médication antiseptique de la phthisie, comparable en tous points aux procédés employés en chirurgie dans les grandes suppurations. C'est „ ., , ainsi que récemment on a conseillé les inhalations d'acide antiseptique, phéulquc ct mêmc l'application au-devant de la bouche, comme le propose Williams («), des tissus antiseptiques si usités maintenant en chirurgie. Ce sont là des moyens qui méritent d'être expérimentés à nouveau pour connaître leur véritable valeur. Quoi qu'il en soit, la fièvre chez le tuberculeux est une affection tenace, en rapport direct avec l'évolution tuberculeuse, et qui nous permet même de juger de la rapidité, plus ou moins grande, avec laquelle évoluent les lésions du poumon.
Enfin, aux périodes avancées de la tuberculose et dans cette longue et pénible agonie qui dure des mois entiers chez certains tuberculeux, il est un médicament qui donne de merveilleux résultats, c'est la morphine. Thaon (de Nice) (/y), nous a montré tous les avantages qu'on peut tirer dans ce cas, des injections sous-cutanées de morphine; elles ramènent l'activité de toutes les fonctions de l'économie, stimulent le cerveau, diminuent la dyspnée ; c'est là une des meilleures applications des propriétés toniques et excitantes de cet alcaloïde.
Telle est, messieurs, l'énumération fort incomplète des principaux agents pharmaceutiques que nous pouvons utiliser dans la cure de la tuberculose. Ces agents peuvent avoir des résultats favorables, très inférieurs cependant à ceux que vous
que, chez les alcooliques, Facide ont peu d'action au point de vue de salicylique ou le salicylate de soude l'abaissement de la température (c).
(a) Williams, British Med. Journ., 1881
(b) Thaon, Clinique climatologique des maladies chroniques, 1877, p. 70. (c) Jaccoud, Cnrabilité et traitement de la phthisie, 1881, p. 215.
obtiendrez par le traitement hygiénique, à cette condition, toutefois, qu'ils ne viendront pas troubler les fonctions digestives du malade.
Entourez de soins pieux les fonctions de Vestomac du tuberculeux, a dit le professeur Peter, et je connais peu de paroles aussi profondes et aussi justes. Évitez donc toute drogue qui, pour obtenir un résultat souvent problématique, viendrait compromettre un seul jour, un seul instant les fonctions digestives. Je vous montrerai, dans la prochaine leçon, que c'est dans la conservation de ces fonctions que réside la seule chance de salut; je vous montrerai aussi que c'est l'hygiène qui constitue le véritable traitement de la phthisie.
Mais, avant déterminer cette leçon, permettez-moi de vous entretenir d'un sujet qui est intermédiaire entre le traitement pharmaceutique et le traitement hygiénique : je veux parler de la médication thermale de la phthisie; c'est là une grosse question qui a suscité des travaux très importants, et que je vais vous résumer ici en quelques mots.
Deux variétés d'eaux minérales se disputent encore aujour- Traitement d'hui la priorité dans ce traitement : ce sont, d'une part, les eaux sulfureuses; d'autre part, les eaux arsenicales. Malgré la vivacité de la lutte, malgré les nombreux mémoires qu'a suscités cette question entre les deux types de ces eaux rivales, dans notre pays du moins, les Eaux-Bonnes et le Mont-Dore, elle n'est pas encore complètement élucidée.
Les eaux sulfureuses agissent dans la phthisie de plusieurs Des eaux façons : elles sont d'abord antimicrobiennes, puis elles relèvent les forces des malades ; parleur action tonique, elles stimulent les fonctions digestives et par leur élimination par le poumon, elles modifient heureusement les sécrétions de la muqueuse pulmonaire; enfin, par leur action locale sur la peau, elles agissent comme de véritables révulsifs.
Mais l'effet physiologique de ces eaux peut dépasser quel-
tlicrraal.
sulfureuses.
Leur action.
quefois la limite; aussi, voyons-nous sous leur influence stimulante la diarrhée augmenter ou des hémoptysies se produire. Il ne faut donc envoyer à ces eaux thermales que les formes atoniques de la phthisie, et dans lesquelles les congestions pulmonaires sont rares; il faut aussi que le tube digestif des malades soit en bon état, et enfin que les lésions pulmonaires ne soient pas trop avancées.
Dans ces conditions, vous pourrez tirer des eaux sulfureuses un bon effet, inférieur toutefois, à mon sens, à celui que l'on obtient par le séjour dans des stations soit d'altitude, soit de plaine ; mais comme l'habitation de ces stations n'est pas permanente, on comprend que l'on puisse combiner l'emploi de ces deux moyens. Quant au choix de la station,vous pourrez envoyer vos malades soit aux Eaux-Bonnes (1 ), soit à Allevard (2) ,
{i) Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées, la source d'Ortech (22 degrés, etenfin
France), à 44. kilomètres de Pau, ren- une source froide marquant 12 degrés,
ferme cinq sources : la source Vieille Voici comment peuvent se grouper
(32 degrés), la source Nouvelle (31 de- les différents éléments que renfer-
grés), la source d'En-Bas (28 degrés), ment ces eaux ;
Source Vieille. Source d'Ortecli.
Hyposulfite de sodium Otr.OOSO
Sulfhydrate d'ammonium 0.0054 Off.0015.5
— et sulfure de sodium 0.0098 0.0141
Carbonate de calcium 0.0120 0.0072
Silice.' 0.0625 0.0670
Sulfate calcique 0.1401 0.1568
— sodique 0.0479 0.0421
Chlorure de sodium 0 .2665 0 .2775
— de potassium 0.0216 0.0222
— de lithium 0.0005 0.0007
— de magnésium 0.0012 0.0020
Bromure de sodium 0.0040 0.0031
Matières organiques 0.0210 0.0220
0'J.6005 Oï.6162.5
Résidu observé 0.5990 0.6210
(2)A//evarrf (Isère, France), à40ki- de 16°,7. Il n'y a qu'une seule source
lomôtres de Grenoble, est une ville appelée l'Eau-Noire. Les analyses
de 3000 habitants, située sur les de ces eaux sont très variables,
bords du Bréda ; c'est une eau froide Voici une analyse comparée des
sulfurée calcique d'une température Eaux-Bonnes et des eaux d' Allevard :
soit à Saint-Honoré (1), soit à Gauterets, soit aussi à Amélie-les-Bains (2) et au Vernet. Ces deux stations présentent
Gaz acide sulfhydrique
— carbonique
Gaz azote
Carbonate de chaux
Chlorure de sodium
— de magnésium
— de magnésie
— de chaux
Sulfate de soude
Oxyde de fer
Iode :
Totaux.
laiix-Bonncs.
AUevarcl.
Traces.
Traces.
Traces.
Traces.
Traces.
Traces.
La saison, à Allevard, commence le J'"" juin et se termine vers le 15 septembre.
(1) Saint-Honoré (Nièvre, France) est un bourg de 1400 habitants, situé sur les montagnes du Morvan ; il y a cinq sources d'eaux thermales sulfurées sodiques, dont la température varie entre 26 et 31 degrés.
Voici l'analyse des sources des Romains et de la Marquise réunies, faite en 1852, avant les captages qui ont été exécutés et qui olit augmenté la sulfuration et le débit de ces eaux.
Acide sulfhydrique 0'.70
— carbonique libre . . . 1/9 au vol.
Azote 1
T, ,, . > Indeterm.
Trace d oxygène )
Bicarbonate de chaux. . . ( a nno j ' ■ ( O.Oyo
— de magnésie )
— de soude et de
potasse 0.040
Silicate de potasse )
— de soude (
— d'alumine 0.023
Sulfure alcalin 0.003
Sulfate anhydre de soude . 0.132
— de chaux. 0.032
Chlorure de sodium 0.300
— depotassium évalué 0.005 Bromure traces.
A reporter 0.674
Report 03.674
lodure alcalin. ......... )
, ... . > traces.
Lithme )
Oxyde de fer et matière organique.., 0.007
Magnésie Indices.
Matière organique ]
— glairine rudi- > Indeterm.
mentaire )
Total des matières solides. 0^.674
Ces eaux sont très analogues à celles desPyrénées. EUesrenfermeraient de l'arsenic, d'après Odin et Cotton.
La saison commence pour ces eaux le 15 mai et finit le i" octobre.
(2) Amélie-les-Bains (Pyrénées- Orientales, France), à 39 kilomètres de Perpignan ; renferme vingt-deux sources d'eaux sulfurées sodiques dont la température varie de 40 à 70 degrés.
Voici la température et la sulfuration des principales sources.
Température. Sulfuration.
Grand-Escaldadou,
au griffon 61" 0.020
Source Arago 60 0.016
Source des bains
Hermabessière
au griffon 61 0.016
Petit-Ëscaldadou.. 64 0.021
Des eaux arsenicales.
les avantages de réunir les conditions climatériques des stations d'hiver à l'action médicatrice de leurs eaux (1). Les eaux arsenicales et les eaux chlorurées sodiques, représentées par le Mont-Dore, la Bourboule, Royat, Ems, sont des eaux qui s'adressent surtout à la nutrition du phthisique ; elles s'appliquent moins à la cure des bronchites concomitantes qu'à la nutrition, mais paraissent modifier très hèu-
Température. Sulfuration.
Source Amélie au griffon 47 0.008
Source Maujolet, buvette et Griffon 43 0.013
Source du Gourg- ÎSègre, buvette. 41° 0.012
Piscine de natation 40
D'après Anglado, la composition chimique des eaux du Grand-Escaldadou et de la source Maujolet donne pour 1 litre :
Grand-Escaldadou. Maujolet.
Sulfure de sodium 0.0396 0.0317
Carbonate de
soude 0.0750 0.0623
Carbonate de
potasse 0.0026 Traces.
Chlorure de
sodium..... 0.0418 0.0164
Sulfate de
•soude 0.0421 0.0504
Silice........ 0.0002 0.0378
Carbonate de
chaux 0.0008 0.0012
Sulfate de
chaux 0.0007 0.0010
Carbonate de
magnésie.. 0.0002 0.0004
Glairine 0.0109 0.0158
Cette station est placée au pied du Caiiigou, à une altitude de 2"22 mètres, dans un cercle qui l'entoure de toutes parts, sauf du côté de l'est.
Le climat, pendant l'hiver, est tempéré, et la moyenne de la température, de novembre à mars, est de 9°, 55. Au printemps, il y a des pluies abondantes ; en été, la chaleur est accablante.
(l)Le Vernet (Pyrénées-Orientales, France), à 51 kilomètres de Perpignan. Ce sont des eaux thermales sulfurées sodiques, renfermant onze sources, dont la température varie de 33°,4 à 56».
Voici, d'après Fontan, quelles seraient les températures et les degrés sulfhydrométriques des sept sources qui alimentent les Thermes des Commandants.
Quantité de
Nom des sources. Température, sulfure
de sodiimi.
No 1. Au griffon. 58°.55 0.0223
N° 2. Vapora-
rium 56 0.248
Supérieure du
jardin 45.20 0.0186
Remise du jardin 41 0.0180
Inférieure du
jardin 51.50 0.0161
Bains de la ^ sup. 43 0.0133
Maison-Neuve ( inf. 35 0.0099
Bains Élisa.... 33.40 0.0105
Cette station est située à côté d'Amélie-les-Bains, à une altitude de 629 mètres. Les trois derniers mois de l'année ont une température moyenne de 11°,5. C'est une station hivernale.
reusement les fonctions de l'économie. Elles conviennent surtout à certaines formes de tuberculose, à celles qui se développent chez les arthritiques.
Il faudra donc, lorsque vous aurez à décider le choix d'une station, que vous examiniez avec soin les conditions que présentent les malades, et surtout les diathèses qui ont présidé à l'évolution de la tuberculose, quoique, à mon sens, on ait beaucoup exagéré l'influence de ces diathèses sur laphthisie; maladie développée surtout par l'action dominante de trois grands facteurs : la contagion, l'hérédité et la déchéance de l'organisme.
Mais il est un point qui aujourd'hui domine cette question du traitement de la phthisie, c'est le diagnostic de cette affection, diagnostic que l'on peut faire d'une façon positive par la présence des bacilles dans les crachats ; il est donc absolument nécessaire que tout praticien soit à même de faire cet examen qui est des plus simples pour peu qu'on ait quelque notion de technique histologique, aussi ai-je prié mon excellent élève, le D' Sapelier, chargé dans notre laboratoire des travaux anatomo-pathologiques, de vous exposer les moyens pratiques à employer en pareil cas ; je lui cède donc la parole.
Messieurs, En prenant ici la parole, permettez-moi tout d'abord Recherche dos
^ r ' r ^ bacilles de la
de remercier notre maître, M. le D' Dujardin-Beaumetz. tuberculose C'est en effet m'accorder un privilège bien grand, me donner une marque bien insigne de confiance que de me faire participer activement à l'enseignement qu'il vous prodigue chaque jour avec tant de bienveillance et auquel, vous le savez, il a voué tous ses efforts. Je vais essayer de justifier la confiance dont m'honore mon cher maître, en vous exposant
aussi succinctement mais le plus pratiquement possible, la technique à suivre, c'est-à-dire les procédés à mettre en usage pour rechercher les bacilles de la tuberculose.
Nous laisserons de côté, messieurs, l'historique du bacille tuberculeux que vous trouverez complètement exposé dans la thèse du docteur Cochez et la description du bacille pour laqueWejeYOus conseiWehTraitéde pathologie générale deEaWopeau et le Traité des bactéries du professeur Cornil ; enfin nous laisserons de côté les discussions didactiques sur la valeur de la recherche du bacille; ce sont là des questions que vous trouverez exposées tout au long dans les ouvrages classiques, dans les revues périodiques et dans les comptes rendus des sociétés savantes. Il n'en est pas de même de la technique, c'est-à-dire du côté pratique. En effet, même en prenant pour guides les traités les plus complets, les ouvrages les plus explicites, on constate qu'une foule de détails, qu'une foule de précautions n'y sont pas indiquées, détails et précautions d'où dépend cependant souvent le succès de la série de manipulations à exécuter. Ces détails, ces précautions, la pratique seule, autrementdit la vie du laboratoire vous les apprend, mais souvent au prix de combien de patience et de temps perdu!
Messieurs, jusqu'à présent la recherche des bacilles de la. tuberculose, et, d'une façon plus générale la recherche des microbes a été le privilège presque exclusif des laboratoires ; il ne faut pas oublier que le temps n'est certes pas éloigné où tout praticien sérieux devra avoir certaines notions de micrographie et devra être capable de faire lui-même cette recherche du bacille. Mais il ne faut point oublier non plus que pour que celle-ci ait une valeur réelle elle doit être faite avec le plus grand soin ; d'autant plus que c'est ordinairement dans les cas de diagnostic douteux que l'on a recours au microscope. Pour cela il est absolument nécessaire d'avoir un guide, très sûr, très pratique et très facile à suivre dans les différentes
manipulations à exécuter, manipulations remplies de détails et de précautions d'où dépend souvent, je vous le répète, le succès de la préparation.
C'est en vous indiquant pour ainsi dire un par un tous les mouvements que vous allez avoir à exécuter, que j'espère vous éviter les tâtonnements, les méprises et les déceptions qui attendent ceux qui n'ont pas une grande habitude de la technique histologique. Nous nous placerons, bien entendu, au point de vue du cas le plus fréquent, celui de la recherche du bacille dans les crachats.
Il faut avoir à sa disposition : 1° un certain matériel : Technique. 2° des matières premières qui serviront de réactifs ou qui serviront à les préparer.
1° Le matériel comprend : {a) des lames bien planes et pas Matériel. trop épaisses; {h) des lamelles, minces à cause du court foyer de l'objectif qu'on emploiera et pas trop étendues pour diminuer les chances de rupture; (c) des verres de montre; [d) des cristallisoirs ou des soucoupes; {e) deux petits verres à expériences dans lesquels on préparera les réactifs colorants ; (/■) une pipette pour verser la fuchsine dans les verres de montre; {g) une pince fine; (Ji) deux aiguilles à dissocier; (i) un bec de gaz de Bunsen ou une lampe à alcool; (/) du papier filtre; {k) do papier de soie; enfin un bon microscope donnant un grossissement de 700 à 800 diamètres, de préférence avec un objectif à immersion et un éclairage concentrateur. Tous ces objets sont, sinon indispensables, du moins utiles et commodes; il faut donc les avoir à sa disposition. Réactifs.
2° Les matières premières des réactifs sont : la fuchsine, l'aniline, le bleu de méthylène, l'essence de girofle, l'acide nitrique, l'eau distillée., le baume de Canada, l'alcool.
Quelques mots sont nécessaires sur les conditions que doivent présenter ces matières premières pour être utilisées I avec toutes les garanties voulues.
La fuchsine est la fuchsine dite h l'alcool; elle se trouve en cristaux plus gros que la fuchsine ordinaire ou fuchsine à l'eau ; elle donne dans l'alcool un liquide d'un beau rouge. On doit en faire à l'avance une solution saturée dans l'alcoolabsolu.
L'aniline ou phénylamine, est un liquide légèrement jaunâtre, de consistance huileuse, ce qui lui a fait donner le nom d'huile d'aniline. Elle doit être aussi peu colorée que possible; elle s'altère par la lumière en devenant brune : il faut donc la conserver dans un flacon noir. Si elle est altérée, on peut la purifier par distillation. Avec cette aniline, on préparera d'avance Veau d'aniline^ en mettant dans un flacon noir 1 gramme d'aniline pour 30 grammes d'eau distillée ; on agitera le flacon de temps en temps pour que l'eau soit également saturée d'aniline.
Le bleu de méthylène se trouve en poudre gris bleuâtre. On doit, comme pour la fuchsine, en avoir une solution alcoolique saturée toute prête.
L'acide nitrique sera l'acide nitrique ordinaire, c'est-à-dire contenant une petite quantité d'acide nitreux. On préparera avec lui Vacide nitrique au tiers : un tiers d'acide, deux tiers d'eau distillée.
L'essence de girofle, pour être bonne, doit être aussi peu colorée que possible.
Le baume de Canada sera sec, autant que possible en petits fragments ; il faut rejeter absolument le baume de Canada dissout dans le chloroforme qui décolorait la préparation.
Enfin on devra s'assurer que l'alcool que l'on emploie est bien neutre, et surtout ne contient pas trace d'acide, parce qu'alors il aurait 1q même effet que l'acide nitrique.
Avec les solutions que nous venons d'indiquer et que l'on peut avoir préparées à l'avance, il est inutile de faire des réactifs, si ce n'est au fur et à mesure du besoin; c'est inutile parce que ces réactifs s'altèrent. On préparera donc
ces réactifs au moment de s'en servir et de la façon suivante :
Solution d'aniline et de fuchsine. — Filtrer dans un verre à expérience un peu d'eau saturée d'aniline; il faut filtrer sur un filtre mouillé pour empêcher le passage à travers le filtre des gouttelettes d'aniline que l'eau peut tenir en suspension. A cette eau d'aniline filtrée on ajoute quelques gouttes de la solution alcoolique saturée de fuchsine ; ou s'arrête quand le mélange commence à perdre sa transparence. On doit avoir ainsi un liquide d'un beau rouge.
Solution aqueuse de bleu de méthylène. — Dans le second verre à expériences, mettre un peu d'eau distillée et y ajouter quelques gouttes de solution alcoolique saturée de bleu de méthylène, jusqu'à ce qu'on obtienne un liquide bleu de ciel foncé.
Indépendamment de ces deux réactifs colorants, on doit avoir sous la main, dans deux cristallisoirs, d'une part de l'acide nitrique au tiers, de l'autre de l'eau distillée. Pour éviter les méprises, il vaut mieux se servir de deux vases différents, par exemple un cristallisoir et une soucoupe; ils devront toujours être assez profonds pour qu'on puisse facilement y tremper et y agiter une lamelle tenue par un bord avec la pince, sans que la lamelle butte contre le jour du vase.
Tout étant ainsi disposé, la préparation à proprement par- Piéi-anaion. 1er commence; elle comprend plusieurs temps : 1° étendre et fixer le liquide à examiner sur les lamelles ;J 2" colorer les lamelles par la solution de fuchsine et d'aniline ; 3° décolorer les lamelles par l'acide nitrique; 4° recolorer les lamelles par la solution de bleu de méthyline; 5° éclaircir et monter la préparation.
1° Etendre et fixer le liquide à examiner sur les la^nelles. liquide à — S'il s'agit d'un liquide comme l'urine, le pus, etc., l'extension sur la lamelle se fait facilement, en déposant sur la lamelle une gouttelette qu'on étend ensuite avec une épingle
examiner.
flambée. S'il s'agit de crachats, il ne faut prendre que les parties purulentes, seules riches en bacilles; avec deux aiguilles flambées, en prendre gros comme une tête d'épingle et le déposer sur une lamelle ; recouvrir avec une seconde lamelle, exercer avec une des deux aiguilles à dissocier une légère compression qui force la gouttelette à s'étaler; saisir ensuite les lamelles par leurs bords et les faire glisser l'un sur l'autre, de façon à obtenir sur chaque lamelle une légère couche uniforme. Une fois les lamelles chargées du liquide à examiner, déposer chacune d'elles dans un verre de montre, la face chargée de liquide dirigée en bas; de cette façon, cette face est à l'abri de la poussière; on laisse ainsi sécher les lamelles pendant quelques minutes. Pendant ce commencement de dessication, il est bon de faire sur la face libre de la lamelle une petite marque à l'encre : cette précaution rend plus facile la reconnaissance de la face de la lamelle qui est chargée de liquide ; elle sera surtout utile quand on n'a pas une grande habitude des manipulations que nous allons indiquer. La dessication commencée à l'air dans le verre de montre, comme nous venons de l'indiquer, doit être achevée à la lampe; pour cela, avec une pince flambée, saisir la lamelle par un coin, la tourner la face chargée de liquide en haut et la porter au-dessus de la flamme de la lampe à alcool ou du -bec de gaz; la température à laquelle on soumet la lamelle doit être supportable à la main, pour ne pas brûler le liquide étalé (la lamelle prendrait alors une teinte jaune) et pour ne pas déformer la lamelle, qui plus tard ne s'appliquerait plus maintenant avec la lame.
2° La dessication terminée avec ces précautions, on replace préparations, la lamcUe daus le verre de montre et comme elle était précédemment, c'est-à-dire la face chargée, de crachats en bas. Avec une pipette on prend alors une certaine quantité de la solution d'aniline et de fuchsine et on en remplit le verre de
Coloration des
monlre, jusqu'à ce que le liquide soulève légèrement la lamelle; on doit, dans cette opération, avoir soin d'éviter la formation de bulles d'air et ausside mettre du liquide colorant sur la face libre de la lamelle; de cette façon la préparation est à l'abri de la poussière et le liquide ne baigne pas inutilement la face de la lamelle qui ne porte rien. Les lamelles ainsi mises à colorer doivent être laissées dans la solution de fuchsine, \dngt-quatre heures à la température ordinaire, une demiheure seulement si on peut les soumettre à une température d'environ 40° dans une étuve, dans un chauffe-assiettes ou même sur un poêle mobile. Dans les deux cas il est bon de recouvrir les verrres de montre avec un cristallisoir ou une cloche, pour que le liquide ne dessèche pas trop vite ou pour que les poussières ne tombent pas dedans.
3° Au bout de ce temps (vingt-quatre heures ou une demiheure suivant le cas) on procède à la décoloration par V acide nitrique an tiers. Pour cela, avec la pince flambée, saisir la lamelle par un coin ou par un bord, et sans s'inquiéter du liquide colorant qui baigne sa face inférieure la porter dans l'acide nitrique au tiers où on l'agite légèrement sans la lâcher avec la pince; on prolonge le séjour de la lamelle dans l'acide nitrique au tiers jusqu'à disparition presque complète de la coloration rouge qu'elle avait primitivement; pendant ce temps l'acide nitrique au tiers jaunit légèrement; la lamelle prend une teinte grisâtre, jaunâtre seulement dans les points où la couche de crachats est plus épaisse et la coloration plus intense. Quand on juge la décoloration suffisante on retire la lamelle de l'acide nitrique et, toujours sans la lâcher avec la pince, on la plonge dans l'eau distillée. La coloration rouge reparaît alors mais très légèrement; si elle semble reparaître trop intense on replonge la lamelle dans l'acide nitrique puis de nouveau dans l'eau distillée. A ce moment, si la manipulation a réussi, ou du moins dans les points où la couche de
Décoloration.
Recolor.ition.
Montage de la préparation,
crachats n'est pas trop épaisse, les bacilles sont seuls colorés en rouge; les cellules épithéliales, les globules du pus, etc., sont absolument incolores ; on peut s'assurer du fait en montant de suite la préparation comme il est dit plus loin; mais on comprend que si les bacilles sont seuls colorés et les éléments anatomiques incolores et transparents on n'a pas de point de repère pour rechercher les premiers ; on risque de chercher au-dessus ou au-dessous de la couche de liquide contenant les bacilles et pour et par conséquent de ne pas voir ceux-ci surtout s'ils sont peu nombreux.
4° C'est pour avoir un point de repère qu'on colore la masse du crachat (leucocytes, cellules épithéliales) par une autre couleur que celle qui colore déjà les bacilles, tranchant sur elle et ne la modifiant pas. Pour cela, ensortant la lamelle de l'eau distillée on la porte dans la solution aqueuse de bleu de méthylène ; la même solution peut servir pour plusieurs lamelles, on trempe alors celles-ci simplement dans le verre à expériences où on a préparé la solution, mais il vaut mieux faire avec le bleu de méthylène ce qu'on a fait avec la fuschine : mettre les lamelles dans des verres de montre que l'on remplit ensuite de solution de bleu de méthylène. Quel que soit le procédé que l'on adopte, il suffit de laisser les lamelles dix à quinze minutes en contact avec le bleu de méthylène. .Dès lors la double coloration est terminée : quand la préparation sera montée les bacilles se détacheront en rouge assez vif sur les éléments colorés en bleu qui formeront le fond de la préparation. Il ne reste plus qu'à monter la préparation.
5° Après avoir sorti la lamelle de la solution aqueuse de bleu de méthylène, on enlève délicatement avec du papier filtre l'excès de matière colorante et on dessèche la lamelle à la lampe, de la même façon et avec les mêmes précautions que celles indiquées ci-dessus c'est-à-dire en prenant garde de brûler la lamelle ou de la déformer. La dessication terminée,
la face de la lamelle chargée de crachats est mate et d'un gris bleuâtre. On verse alors (sur la face chargée de liquide) une ou deux gouttes d'essence de girofle; l'aspect de la lamelle change aussitôt ; d'opaque elle devient transparente ; il ne faut pas prolonger trop longtemps ce contact de l'essence de girofle parce qu'elle pourrait dissoudre le bleu de méthylène et par conséquent décolorer les éléments. Aussi faut-il se hâter, sitôt la goutte d'essence de girofle étendue sur la lamelle, de préparer le montage comme il suit.
De la main gauche on chauffe légèrement à la lampe une lame porte-objet pendant que, de la main droite, on chauffe le bout d'une tige de verre que l'on porte ensuite dans le baume de Canada; un ou deux petits fragments de baume se fixent à la tige de verre que l'on reporte au-dessus de la flamme Quand le baume est en fusion (pas en ébullition) on en dépose une goutte sur la lame tenue de la main gauche, et on l'y maintient en fusion, pendant que, de la main droite, on ressaisit avec la pince flambée la lamelle couverte d'essence de girofle; on enlève l'excès de celle-ci en mettant le bord de la lamelle en contact avec du papier de soie et enfin on applique, par sa face chargée de crachats, la lamelle sur la goutte de baume de Canada maintenu en' fusion. Il ne reste plus alors qu'à exercer sur la lamelle une légère pression pour obtenir une application aussi exacte que possible de la lamelle sur la lame. Au besoin on reporte la préparation au-dessus de la lampe pour prolonger et augmenter le degré de fusion du baume de Canada en même temps qu'on procède à l'application de la lamelle.
La préparation est alors terminée; elle se conserve indéfiniment. L'examen en est fait suivant les procédés habituels du maniement du microscope et des objectifs à immersion.
Au lieu des deux couleurs rouge et bleue données par la fuchsine et le méthylène on peut se servir du violet de mé-
CLINIQUE THÉRAP., i" édit. IF. — 39
thyle (marque 5 B) ou du violet de gentiane (marque BR) pour colorer les bacilles, de la vésuvine pour la seconde coloration. Ces couleurs sont employées exactement comme celles que nous avons indiquées, les violets deméthyle ou de gentiane en solution dans l'eau d'aniline, la vésuvine en solution aqueuse; on a alors les bacilles en violet, le fond de la préparation en brun. Enfin quelles que soient les couleurs que l'on emploie, on peut les intervertir : par exemple colorer les bacilles en bleu par une solution de bleu de méthylène et d'aniline et colorer le fond en rouge par une solution de fuchsine. Les couleurs que nous avons indiquées, employées comme nous l'avons dit, ont l'avantage de donner des préparations très nettes, très élégantes et faciles à examiner; on doit donc leur donner la préférence.
Telles sont, messieurs, les indications à l'aide desquelles vous arriverez presque à coup sûr à faire de bonnes préparations ; je m'estimerai trop heureux si elles peuvent nous ûtre de quelque utilité, mais n'oubliez pas qu'ici comme en tant d'autres choses, quelque minutieux que soit le guide, il ne saurait remplacer l'expérience que donne seule la pratique.
DIXIÈME LEÇON
Sommaire. — Importance du traitement hygiénique. — Influence de l'alimentation. — Du lait. — Du koumys. — Des laits médicamenteux. — Du beurre. — Des corps gras. — De la viande crue. — • Du sang. — Des poissons. — Des escargots. — Des féculents. — Des alcools. — De l'alimentation forcée. — Manièi'e de pratiquer. — De l'influence du climat. — Des stations d'altitude. — Des stations de plaine. — Des indications et contre-indications des stations hivernales. — De la gymnastique respiratoire. — De l'aérothérapie. — Des exercices. — Des bains. — De l'hydro- Ihérapie. — Des bains de mer. — Influence de l'air maritime. — Des voyages sur mer. — Des vêtements. — De la chambre à coucher, — De rhygiène morale. — De la cohabitation. — Conclusions.
Dans la dernière leçon, messieurs, je vous ai laissé entre- i"'po.taacG
da sujet.
voir que les agents pharmaceutiques, quelle que soit d'ailleurs leur énergie, n'avaient qu'une action secondaire sur la marche de la tuberculose et que, dans ce traitement, le premier rôle appartenait à coup sûr aux moyens diététiques. Je vais donc consacrer cette leçon toute entière à l'étude de ces agents hygiéniques, et, pour mettre plus d'ordre dans mon sujet, je suivrai, si vous le voulez bien, la vieille division de vos traités d'hygiène, en ingesta, percepta, etc.
L'alimentation joue le rôle le plus important au milieu de Aiimentatiuii, tous ces moyens hygiéniques et l'on peut dire que, dans bien des cas, le pronostic de la tuberculose réside tout entier dans l'intégrité du tube digestif. Si les fonctions de celui-ci restent intactes et conservent leur activité, le malade verra sa santé se maintenir dans un état relativement satisfaisant, et cela malgré des désordres pulmonaires très avancés ; c'est ce qui nous expHque comment nous rencontrons souvent des tuberculeux avec des cavernes pulmonaires très étendues et con-
stTvaiU encore les apparences de la santé; c'est que ces malades mangent et digèrent bien. Lorsque, au contraire, les vomissements et la diarrhée surviennent, soyez persuadés que l'affection tuberculeuse marchera rapidement, à moins que vous ne soyez assez heureux pour rétablir les fonctions du tube digestif.
Son rôle Lc traitement de la tuberculose est donc réduit à une question de nutrition : toutes les fois que celle-ci s'abaisseia, nous aurons un terrain favorable aux poussées de granulie et à leur évolution; toutes les fois, au contraire, que nous relèverons ces fonctions, nous arrêterons la tuberculose dans sa marche, et lorsque Bouchardat est venu nous montrer, d'une manière si lumineuse, l'influence de la misère physiologique sur la marche et l'évolution de la phthisie, il a mis en évidence une vérité pathologique qui trouve sa confirmation dans la thérapeutique. Cette vérité n'a pas été détruite par la découverte du bacille de la tuberculose, elle y a trouvé au contraire une nouvelle confirmation en nous montrant que l'un des moyens les plus sûrs d'arrêter ou d'empêcher le développement du bacille, c'est de modifier le terrain de culture de ce schizomycète. Tout ce que je viens de vous dire vous montre donc l'importance de la prescription du régime alimentaire chez le tuberculeux, et nous aurons à examiner avec soin les aliments qui conviennent le mieux à ces malades.
Du lait. Le lait, et en particulier le lait d'ânesse (i), a été considéré
(d) On a proposé non seulement pulmonaire, et qui furent guéris par
le lait d'ânesse, mais encore le lait ce moyen.
de femme dans le traitement de la Galien recommandait l'allaiteracnt
phthisie, et cela depuis la plus haute direct des phthisiques, et explique
antiquité. Arétée (de Cappadoce), ainsi la supériorité du lait de femme :
Ilcrodicus, Prodicus affirmaient qu'il « Lacmuliebre tanquam naturœejus-
était supérieur au lait d'ânesse, et dem, nobisque familiarissimum. »
l'on a cité un certain nombre d'ob- {Galeni Opéra, De euchemia et caco-
servations (le malades atteints d'élisie chymia).
TRAITEMENT HYGIENIQUE DE LA PIITIIISIE.
comme ayant une verLu souveraine dans la tuberculose. Vous connaissez mes préférences pour le régime lacté, vous ne serez donc pas étonnés de voir combien je tiens au lait dans la cure delà phthisie, mais ce serait une erreur de croire qu'il faut soumettre les tuberculeux à un régime lacté, régime qui, exclusif, affadit l'estomac, diminue l'appétit et qui aboutit, s'il est prolongé, à un résultat opposé à celui que l'on veut atteindre. Il faut faire prendre à vos malades un ou deux grands bols de lait, froid, non cuit, et le plus près possible du moment où il a été trait. Quant à la variété du lait, tout en reconnaissant que le lait d'ânesse est plus digestif que celui de la vache, je fais peu de différence entre eux.
A propos de ce lait, on a fait grand bruit du koumys et du du komnys. kefir (1) et de leur action dans la cure de la tuberculose ; vous
On a même cité des cas de femmes qui avaient assez de lait pour nourrir des enfants et fournir du lait pour les phthisiques et même du beurre.
Borelli et Ridley ont cité des exemples semblables, et en particulier celui d'une femme qui nourrissait deux enfants, plusieurs petits chiens, et donnait par jour une livre et demie de beurre (a).
(I) On trouvera dans le tome P% à propos des aliments complets, des renseignements très étendus sur le koumys et sa préparation. Nous complétons ces renseignements par des indications spéciales sur le traitement de la phthisie par le koumys ; suivant Bogoiawlenski, sur 100 phthisiques qui suivent les cures de koumys, on compte en moyenne 15 guérisons, 70 améliorations notables, 10 résultats nuls et 2 décès.
Dans la cure du koumys on commence par boire du lait de jument non fermenté, puis on débute par du
koumys faible, dont on prend deux bouteilles par jour : une le matin et une le soir; le quatrième jour, on prend 4 bouteilles par jour, le huitième jour, on absorbe 5 bouteilles, et l'on commence le koumys fort; on va ainsi en augmentant jusqu'à prendre 15 bouteilles par jour. Cette quantité de koumys produit \me certaine ivresse. L'influence la plus grande de ce traitement est l'augmentation de poids.
Les résultats obtenus dans les hôpitaux par Chauffard et Desnos avec le koumys de Landowski, ont aussi montré cette augmentation de poids chez les phthisiques.
Sur 30 malades observés par Landowski, ily anraiteuun accroissement en moyenne de 2^,206. Stahlberg, sur 38 phthisiques, aurait eu une augmentation en moyenne de 2^,206 :
Schnepp est arrivé à des résultats à peu près analogues.
Voir, 1. 1", Traitement des dyspep-
(a) Fonssagrives, Thérapeutique de la phthisie pulmonaire, 2" édit., p. 238.
savez que les Russes vont en grand nombre sur les bords de la mer Caspienne, chez les tribus tartares et kirghizes, pour se soumettre au traitement par le koumys ou bien ils fabriquent du kefir comme je vous l'ai déjà dit à propos des maladies du cœur, avec ces graines spéciales recueillies dans le Caucase, dites graines de kefir.
Ces laits fermentes, ces laits de Champagne, comme on l'a dit, et sur lesquels j'ai longuement insisté lors de mes leçons sur les aliments, sont des produits intermédiaires entre le lait et les alcools,puisqu'ilscontiennent des éléments de l'une et de l'autre de ces substances qui peuvent vous rendre, au point de vue de la médication tonique, de grands services chez les tuberculeux; cependant, leur usage est très restreint et cela à cause du goût de ces boissons qui répugne à bien des malades. Je passe sous silence le petit-lait, très vanté par les Allemands dans le traitement de la phthisie; car son action curative dans ces cas est loin d'être démontrée (1).
On a proposé aussi des laits médicamenteux (2), soil en
sies; leçons sur les aliments corn- verres à jeun, à un quart d'heure de
pletset complexes (a). ■ distance; le soir, on prend un troi-
(1) On trouvera aussi dans les sième verre. La durée de la cure est
leçons sur les dyspepsies, à propos de un à trois mois (b). des aliments complets, une note très (2) Par l'emploi de certains médi-
détaillée sur le petit-lait. caments, on a fait varier les sécré-
C-e petit-lait est très vanté dans la tiens des animaux domestiques, et on
cure de la phthisie par les Allemands, les a utilisées dans le traitement de
sans grande preuve à l'appui. Cette certaines maladies et en particulier
cure se fait de la façon suivante : de la phthisie. Ainsi Labordette et
Le petit-lait est bu dans des verres Bouyer (de Saint-Pierre de Fursac)
d'une contenance de 120 à 130 gram- ont surtout utilisé le lait iodé pro-
mes ; on prend généralement deux venant des vaches auxquelles on
(a) Bogoiawlenski, Manuel pratique de l'emploi et de la préparation du koum.ys comme moyen curatif. — Lamlowski, Sur le koumys {Journ. de thérap. de Gubler, 1871). — Hardy, De l'emploi du koumys en thérapeutique {Bull, de Thérap.^ 1874, t. LXXXVII, p. 57j. — Sclmepp, Traitement efficace par la galazyme des a/fections caiarrhales de la phthisie et des consomptions en général. Paris, 1865-
(b) Carrière, Les cures de petit-lait et de raisin en Allemaqne et en Suisse. Paris, 1860.
TIUITEMENT HYGIÉiNIQUE DE LA PIITHISIE. 615
ajoutant à ce lait des produits pharmaceutiques, soit en nour- Laits
. mûiJicaineii-
rissant les vaches qui le fournissent, d une façon spéciale. Je tcux. crois peu à l'efficacité de ces laits médicamenteux, et tout ce que vous pourrez autoriser, c'est d'additionner le lait soit de chlorure de sodium, comme le recommandait Latour, soit d'eaux alcalines.
La crème, le beurre sont recommandés dans la cure de la D" i^eurre. phthisie; Béhier, qui avait une profonde horreur pour l'huile de foie de morue, prétendait que le beurre, corps gras, beaucoup plus agréable et plus facile à digérer, rendait les mêmes services que les huiles de morue les plus nauséabondes. Sans partager cette manière de voir, je crois que l'ingestion d'un corps gras, agréable, facile à digérer comme le beurre, ne peut avoir que de bons effets ; aussi je recommande à mes tuberculeux l'usage non seulement du beurre, mais encore d'autres graisses souvent fort appréciées, la graisse d'oie par exemple, ou la graisse de cheval qui a la plus grande analogie avec la précédente.
administre l'iodure de potassium. égard : « L'iode, le brome, le fluor,
Latour a proposé le lait chloruré. se retrouvent dans la partie liquide
Voici comment il obtient ce lait : il de l'œuf, mais la quantité de ces
donne à une chèvre une nourriture principes est tellement considérable
saine et abondante, à laquelle il qu'ilest permis de supposer que leur
ajoute de 13 à 20 grammes de sel; majeure partie s'élimine par cette
au bout de trois jours, le lait de cette voie, lorsque la poule commence à
chèvre a un goût salé manifeste. Le pondre. L'iode, le brome, le fluor,
malade doit prendre i litre de ce lait. semblent se répartir en partie égale
Roussin a été plus loin, et il a entre le jaune et le blanc de l'œuf. »
montré qu'en nourrissant des poules Cette absorption des substances
avec certaines substances médica- médicamenteuses est assez appli-
mcnteuses, on les rencontrait, non quée aux végétaux, et Chatin a mon-
seulement dans la coquille, mais tré que le cresson venant dans les
encore dans la partie liquide de l'œuf eaux iodurées peut absorber une
et voici comment il s'exprime à cet quantité notable d'iode (a).
(a) Bouchardat, De l'étiologie et de la prophylaxie de la tuberculisation pulmonaire (Ann. de Thérap., 1861, p. 1).
Des L'importance de ces corps gras (1) dans l'alimentation
corps gra . ^^^ plithisiqucs est très considérable. Bouchardat (a) a pu dire, en effet, que la continuité dans la perte des aliments de la calorification, lorsqu'elle atteint des proportions considérables, conduit à la tuberculisation pulmonaire. Il est donc nécessaire, comme vous le voyez, d'augmenter autant que possible, dans le régime alimentaire, la quantité des substances hydro-carbonées qui servent à la combustion. De la La viande crue (2) a été considérée comme un médicament
de la tuberculose et nous avons vu un professeur de Montpellier, Fuster, soutenir qu'un mélange d'alcool et de viande crue était un traitement spécifique de cette affection. Il ne faut pas aller jusque-là, la viande crue est un bon aliment pour le phthisique, elle permet de soutenir les forces du malade et d'élever le taux de la nutrition, mais elle est impuissante à le guérir, et il n'est pas un tuberculeux, à notre époque, qui n'ait pris de la viande crue; quant à l'administration de cette viande crue, je vous renvoie à ce que je vous en ai dit à propos du traitement des dyspepsies (b). Aujourd'hui les poudres de viande doivent remplacer la viande crue dans l'alimentation du phthisique, parce qu'elles sont plus
(1) On a proposé comme aliments ou de mouton réduite en pulpe, puis gras. : la graisse de viande, le gras il augmentait la dose et la portait de jambon, l'huile de pied de bœuf, jusqu'à 300 grammes dans les vingtl'huile de lin, l'huile de noix de coco, quatre heures; la potion alcoolique la moelle des os de buffle d'Ame- qu'il conseillait de prendre en même rique, etc. temps, était la suivante :
(2) Voici comment Fuster procé- Alcool à 20° Réaumur 100
dait dans son traitement : il donnait Eau 200
100 grammes de viande crue de bœuf Eau de fleurs d'oranger . . 60 (b).
(a) Latour, Note sur le traitement de la phthisie pulmonaire {Union médicale, août, septembi'e, octobre 1856). — Roussin, Gaz,, méd., 1864, p. 36. — Cyr, Traité de l'alimentation, p. 561.
(6) Fuster (de Montpellier), Acad. des se, juin 1865.
(c) Voir t. 1°'', Traitement des dyspepsies; Leçons sur les aliments complets et complexes.
TRAITEMENT HYGIÉNIQUE DE LA l'IITIIISIE. 617
assimilables et plus niitrilives sous un vokme moindre; et je vous renvoie à cet égard à ce que j'ai déjà dit des poudres alimentaires (a). Vous ordonnerez donc soiL des potages à la poudre de viande associée à la farine de lentilles cuites, surtout à celle de mais, soit des grogs à la poudre de viande, soit des mélanges de ces poudres avec le chocolat.
Je rapprocherai de laviande crue le sang (1), remède popu- du sang. laire et très employé dans les abattoirs des grandes villes, où l'on voit les phthisiques, femmes et hommes, se presser chaque matin pour boire le sang chaud des animaux qui viennent d'être abattus. Je crois, quant àmoi, que cette médication n'a aucune valeur thérapeutique et je la repousse d'une manière absolue, malgré les faits récents de Bermond (2), et cela en me basant sur les expériences de Magendie et de Payen, qui ont montré que le sang administré aux animaux ne pouvait suffire à leur nutrition.
On a fait jouer aussi à certains poissons et à quelques mol- nos poissons lusques un rôle prédominant dans la cure de la phthisie : mollusques. c'est ainsi qu'en Allemagne on a vanté la laitance de hareng saur; c'est ainsi que l'escargot (3) est devenu partout un re- Des cscai-ots.
(1) Magendie, en donnant à des était extrême, qui a été considérachiens 1000 grammes de sang liquide blement améliorée par l'emploi du par jour, n'a pu faire vivre ses chiens, sangàl'intérieur. Il cite aussi d'autres qui ont succombé du 120'' au 126'' jour observations analogues; quant au de l'expérience. Payen, qui a essayé modus faciendi de ce traitement, il la même alimentation chez les chiens, est des plus simples: on va le matin est arrivé au même résultat, c'est-à- à l'abattoir, on commence par boire dire que les animaux dépérissaient un verre à jeun, puis, si on ne le chaque jour. vomit pas, au bout de quelque temps
(2) Le docteur Bermond cite l'ob- on peut en ordonner deux verres, servation d'une femme hystérique, Sous l'influence de ce traitement, atteinte d'une pleurésie et d'une exca- Bermond a observé l'apaisement de vation tuberculeuse de la grosseur la toux et le retour de l'appétit (b). d'urte noix et dont l'état de faiblesse (3) L'escargot, limaçon des vignes,
fa) Voir t. I", Traitement des dyspepsies, Leçon sur le lavage et le gavage. (b) iiermond, De l'action thérapeutique du sang dans la phthisie pulmonaire {Journ. de Thérap., 10 octobre 1881. n" 19, p. 725).
Des féciilenis.
618 LEÇONS Î)E3GLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
mède populaire. Je ne sait d'où vient ce rapprochement entre la tuberculose et l'escargot; quoi qu'il en soit, on fait des sirops, des pâtes d'escargots; on a même proposé de faire vivre ces escargots dans de l'eau additionnée d'iode ou de brome pour en faire de véritables préparations pharmaceutiques. Je comprends mieux l'usage des huîtres, qui renferment, elles, au moins, des principes bromo-iodurés.
Parmi les aliments herbacés et féculents, je dois signaler : le pain de son, à cause des phosphates qu'ils renferme; la farine de lentilles, qui contient aussi des phosphates et du fer
colimaçon, hélice {hélix pomatia), bué de grandes propriétés médici-
est un mollusque de l'ordre des pul- nales, surtout contre les affections
menés, section des pulmonés terres- catarrhales, la tuberculisation pul-
tres. C'est un animal herbivore, à monaire et les cachexies,
corps allongé, à tête ornée de quatre C'est un remède populaire à la
tentacules dont les deux supérieures campagne.
sont oculifères; il est pourvu d'une Avant de les employer, on débarcoquille enroulée en spirale, et varia- rasse les escargots de leur coquille ble de forme et de couleur, dans et on les administre soit crus et laquelle il peut disparaître tout entier simplement trempés dans du sucre, selon sa volonté. Pendant l'hiver, soit sous forme de bouillon, de mules hélices s'enfoncent dans quelque cilage, de sirop ou de pâte, trou et s'y endorment: l'orifice de Pour préparerle bouillon on prend: la coquille est alors fermé par un opercule calcaire qui se détache au t^scargo s
P""temps. CapilVaire ■.;::;'.'.!".".'.".'.! 5
11 y a de nombreux genres d'hélices
parmi lesquelles beaucoup sont co- On met les escargots dans l'eau
mestibles : le grand escargot (hélix qui est soumise pendant deux heures
-pomatia), ou hélice vigneronne, à co- à la chaleur du bain-marie, puis on
quille rougeâtre, qui se trouve dans ajoute le capillaire un peu avant la
les jardins et les vignes, le petit fin de l'opération.
escargot ou la liorée (hélix nemo- Pour confectionner le mucilage,
ralis), à coquille vivement et diver- sirop, pâte, on réduit les escargots
sèment colorée, abondante sur les en ime pâte fine et en les pilant avec
arbres fruitiers; l'hélice à bouche cinq fois leur poids de sucre, on filtre
noire ou hélice mélanostome des et on ajoute un mucilage de gomme
environs de Marseille : l'héhce cha- ■ arabique et de blancs d'œufs, puis
gvinéc (hélix aspersa); l'hélice ver- on évapore au' bain-marie pour ob-
raiculée (hélix vermiculata) ; l'hélice tenir la consistance voulue.
naticoïde (hélix aperta), etc., etc. D'après Figuier, l'escargot doit ses
L'escargot contient un mucus propriétés non au mucus, mais à un
abondant auquel on a autrefois attri- principe soufré qu'il aappelé/te7«CîWe.
en notable proportion, et surtout le maïs, à cause de la quantité considérable de' matières grasses qu'il renferme (1). On a même imaginé des produits plus ou moins complexes, et aux farines naturelles on a mélangé des poudres calcaires, comme le phosphate de chaux (2).
Parmi les herbacés, je citerai le cresson, auquel on attribue des propriétés stomachiques particuhères , et les plantes marines, comme le fucus, qui renferment de l'iode et des bromures; on fait même avec le fucus (3) une tisane que j'ai souvent employée.
L'hélicine de Lamare et Caulier est un mélange de : pulpe de limaçon, sucre et gomme, séché àl'étuveetréduit en poudre. On l'aromatise au citron.
A côté des escargots se placent les limaces, mollusques dépourvus de coquille, de la classe des gastéropodes, ordre des pulmonés, section des pulmonés terrestres. Comme les escargots, les limaces sont herbivores, mais mangent aussi des matières animales en décomposition.
Il y a de nombreuses espèces de limaces : limaces brunes, jaunes, blanches, à tête noire, limaces des jardins, la grande limace grise, la limace des caves, la petite limace grise, etc.
Comme les escargots, les limaces ont été employées en thérapeutique, soit crues, soit sous forme de sirop adoucissant.
D'après Gubler, l'escargot, comme l'huître, la moule, etc., aurait l'avantage d'introduire dans le tube digestif des substances nutritives éminemment variées, ou plutôt l'ensemble de toutes celles dont l'économie a besoin et notamment la matière grasse de la glande hépatique.
(1) La farine de maïs est un des
féculents qui contiennent le plus de
f substances grasses. Cette quantité
de matière grasse s'élève de 7 à 9 pour 100, et Ton comprend parfaitement l'importance du maïs dans l'alimentation des phthisiques. D'après Fonssagrives, le maïs contiendrait dix fois plus de substances grasses que le riz, quatre fois plus que le blé, trois fois plus que les lentilles et une fois et demie que l'avoine qui cependant en contiendrait le plus après le maïs, c'est-àdire 5,50 pour 100.
(2) Mouriès a introduit, dans la farine qui porte son nom, une notable proportion de phosphate de chaux. Baud a préconisé une préparation qu'il a])pel\e pJwspholéine, et qu'il retire de la moelle du bœuf de la façon suivante : on lave la moelle de bœuf très fraîche avec de l'eau alcoolisée, puis on la broie et on la fdtre avec de l'eau aiguisée d'alcool, on sucre le résultat de la filtration, puis on le dessèche et on le réduit en poudre. On donne 10 grammes de cette poudre qui contiennent lf%25 de matière phosphorée. Garot a aussi tiré de la moelle des animaux une substance analogue.
Noël Gueneau de Mussy propose de remplacer la phospholéine par des cervelles de mouton fraîches,
(3) Les différentes variétés de fucus,
62e LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
Des vins Lesvinsetles alcools ont été conseillés dans la tuberculose
et des alcools.
et, de même que l'on a traité les pneumonies par la potion de Todd, de même aussi on a employé les mêmes préparations alcooliques dans la cure de la phthisie, et vous trouverez dans vos formulaires un grand nombre de ces préparations alcooliques. Je m'élève, messieurs, contre cetabus des alcools dans la phthisie; l'usage prolongé de ces potions ou des boissons alcooliques fatigue l'estomac, le détériore même et aggrave souvent la situation plus qu'il ne l'améliore; vous vous contenterez de prescrire quelques vins généreux, vins de Sicile et d'Espagne ; vous pourrez même donner de temps en temps quelques verres de bonne et vieille eau-de-vie. Mais n'allez pas plus loin et ne prescrivez pas d'une façon habituelle l'alcool à vos phthisiques.
Difficultés ]\|ais il ne suffit pas dérégler avec le plusde rigueur possible l'alimentation. Ic régime alimentaire de votre malade, il faut que ce dernier ait assez d'appétit pour absorber les divers aliments que vous lui ordonnez, et, malheureusement, il faut le reconnaître, l'anorexie est l'obstacle infranchissable que nous rencontrons dans nos prescriptions ahmentaires. Contre cette anorexie, tous vos efforts échoueront, vous aurez beau démontrer au malade l'importance de l'alimentation; vous aurez beau en appeler à la raison, à sa volonté; vous aurez beau employer . les rigueurs et les prières, il vous répondra : « Je n'ai pas faim, j'ai le dégoût de la nourriture, et, quand j'ai les aliments dans la bouche, ou je les crache aussitôt, ou je les vomis; » et il refusera obstinément votre réo^ime alimentaire. J'en
fucus crispus ou fucus vesiculosus, puis on fait une infusion de 20gratn-
donnent une tisane que l'on confec- mes de ce fucus pour 1 litre d'eau, tionne de la manière suivante : sur du ■ On obtient ainsi, au bout d'une
fucus que l'on trouve en abondance sur heure, un liquide un peu louche que
nos halles etmarchés, parce qu'il sert l'on édulcore avec du sirop de bour-
à envelopper les envois de poissons geons de sapin ou du sirop de Tolu
et de coquillages, on jette d'abord de Cette tisane ne peutse conserver; elle
l'eau bouillante pour laver le fucus, fermente avec la plus grande activité.
TRAITEMENT HYGIENIQUE DE LA PIITHISIE. 621
appelle à teus ceux qui ont été atteints d'anorexie pour juger combien, dans ces cas, l'alimentation volontaire est souvent pénible, pour ne pas dire impossible.
Contre un pareil état nous étions, jusqu'ici, désarmés; le malade, faute d'une alimentation suffisante, dépérissant de plus en plus, les lésions pulmonaires s'aggravaient de jour en jour et la terminaison fatale s'avançait à grands pas. Aujourd'hui, grâce à la méthode de notre collègue Debove, méthode que vous me voyez mettre en pratique dans mes salles avec succès et qui consiste dans l'alimentation forcée des phthisiques, nous pouvons lutter avec avantage contre l'anorexie.
Le gavage (1), dont je vous ai parlé, est une excellente dh gavage. méthode de traitement de la tuberculose. Les faits signalés par Debove et ceux que j'ai obtenus et que j'obtiens chaque jour sont des plus encourageants, faits que mon élève le D' Penne! a consigné dans un travail spécial (ft), et nous ne devons jamais hésiter à le pratiquer chez les phthisiques qui ne mangent pas.
Depuis le perfectionnement apporté par Debove au siphon stomacal j'ai abandonné la gaveuse dont je me servais et je fait usage uniquement de ce dernier tube. J'en réserve l'emploi aux malades atteints d'anorexie et de vomissements, car grâce aux perfectionnements apportés à la fabrication des poudres de viande, nous pouvons aujourd'hui les faire accepter par la plupart de nos malades soit dans des potages, soit dans des grogs, soit enfin dans du chocolat. Vous savez comment se préparent ces grogs à la poudre de viande. Dans un bol vous versez deux cuillerées à bouche de poudre de viande, vous ajoutez trois cuillerées à bouche de sirop depunch
(1) Voir t. I", Traitement des maladies de Vestomac; Leçons sur le lavage et le gavage de Vestomac.
(a) Pennel, De l'alimentation chez les phthisiques [Bull, de Thérap., 1882, t. Cil, p. 85).
De la
et VOUS complétez par la quantité de lait ou d'eau nécessaire pour faire du tout un mélange très liquide. On doit ainsi donner aux phthisiques 200 grammes de poudre de viande, c'est ce queDebove a décrit sous le nom de suralimentation.
Les résultats que l'on obtient par cette méthode sont les suraiimeiiTation. sulvauts : Ics vomisscmeuts cessent, l'anorexie disparaît, il y a augmentation de force et de poids, les sueurs et la toux s'atténuent. Vous trouverez d'ailleurs tous ces faits bien exposés dans le travail qu'ont publié Broca et Wins sur ia suralimentation chez les phthisiques, et vous pourrez alors, en parcourant les nombreuses observations qui s'y trouvent, vous convaincre de la réalité des faits que je vous signale (a).
Parmi ces résultats, les uns étaient prévus, les autres imprévus ; on pouvait s'attendre à ce que l'état général et l'état local des phthisiques sous l'influence d'une alimentation plus abondante, devinssent meilleurs, et c'est là une confirmation évidente de l'influence prépondérante de la nutrition dans la cure de la phthisie. Mais le résultat inattendu, c'est que ces m.alades qui ne pouvaient supporter aucun aliment sans le vomir au moindre effort de toux, puissent garder le mélange alimentaire, d'une part, et, de l'autre, c'est que l'anorexie si intense des malades puisse coexister avec une intégralité complète des fonctions digestives ; de telle sorte que si l'on vient à faire pénétrer les aliments directement dans l'estomac , on voit la digestion se faire facilement et l'appétit renaître. Ce sont là des faits curieux, qui doivent attirer l'attention des physiologistes et que je ne cherche nullement à expliquer.
Quoi qu'il en soit, le procédé est bon; on nous a objecté que c'était là une méthode difficile à faire adopter par les malades. Oui, je le reconnais, il nous faudra encore, sans doute, bien des années pour faire de cette méthode d'alimen-
(d) Bt-oca et Wins, RecMrthes hir Id suralimeniation envisagée surtout dans le ttuitémefit de Ici phthisie pulmonaire {Bull, de Thérap., 1883, t. CV, p. 289).
talion une pratique courante et habituelle, mais est-ce une raisonpour l'abandonner? Quoi! vous pratiquez surlesphthisiques des cautérisations au fer rouge et vous n'osez pas introduire un tube peu volumineux dans l'œsophage de ce même malade! D'ailleurs les bons résultats qu'on obtient par ce moyen encouragent les malades à y avoir recours, et vous voyez ici les malades du dehors accourir chaque jour plus nombreux pour bénéficier de ce mode d'alimentation.
Telle est cette méthode delà suralimentation, méthode physiologique, puisqu'elle s'adresse à la nutrition des malades, et qui est appelée à vous rendre les plus importants services ; aussi, dès aujourd'hui, la méthode de Debove doit-elle prendre la première place dans le traitement de la tuberculose chez certains phthisiques.
Après l'alimentation, se placent comme importance, à un dc l'air. degré un peu inférieur, l'air et surtout le climat. D'ailleurs cet air est lui-même un aliment, et il fait tout autant partie des ingesta que des circumfusa. On a attaché cependant plus d'importance à l'étude de ces conditions atmosphériques (i) qu'à l'alimentation, et tous les auteurs qui ont traité de la phthisie, se sont efforcés d'étudier avec le plus grand soin les indications et contre-indication du climat; nous voyons même le professeur Jaccoud se donner la peine de se rendre dans chacune des stations hivernales pour s'assurer de visu des conditions favorables ou défavorables qu'elles présentent.
(1) Le docteur Théodore Williams naire 6 fois; aggravation ou mort
a étudié l'action des climats sur deux 29 fois;
cent cinquante phthisiques qu'il avait 2" Quant aux phénomènes locaux,
envoyés dans différentes stations ils ont été, sur 100: améliorés 43,5
hivernales. fois; stationnaires, li fois; aggravés
Voici les résultats auxquels le doc- 42 fois ;
teur Théodore Williams est arrivé : 3° 11 y eut guérisons complètes à
1» Pour ce qui est d'abord de la la l"' période (7 fois, lésions d'un
santé générale, il y a eu, sur 100: seul côté), 2 à la 2'' période (poumon
^ amélioration 65 fois; état station- gauche seul affecté), et 2 à la o" pé-
Du climat.
Cette préséance donnée à l'influence du climat dans la phthisie sur tous les autres moyens diététiques ne me paraît pas justifiée, et, tout en reconnaissant l'heureuse action que le climat peut avoir dans la cure de la phthisie, je mets toujours au premier rang le régime alimentaire. Je ne saurais trop insister sur ce point; aussi, avant d'envoyer votre malade
riocle(dans l'un des cas, lésions bilatérales) ; 4° Sans entrer dans les détails pour
chaque station, indiquons seulement les résultats pour les principaux groupes :
A. Climats tempérés de l'intérieur de la France (Pau. etc )
A. Rome
B. Littoral de la Méditerranée (Cannes, Hyères, Nice, etc.)
B. Iles de la Méditerranée (Alger)
B. Malades voyageant dans les stations méditerranéennes et les régions du midi de l'Europe. Total
G. L'Egypte et la Syrie