C. Cap de Bonne-Espérance
D. Madère et localités analogues
E. Voyages sur mer (Amérique, Océanie, Chine, etc.)
Etat
Amélioration stationnaire Aggravation
pour 100. pour 100. pour 100.
Ainsi, en s'en rapportant à la statistique, les climats les plus favol'ables seraient les climats secs de la Méditerranée et spécialement rp]gypte, par opposition aux climats humides comme Pau, d'une part, et Madère, de l'autre; et quant aux voyages sur mer, ils auraient, contrairement à. l'opinion de Rochard, une influence très heureuse.
L'auteur fait encore une distinction dans les résultats obtenus, suivant (jue la phthisie est inflammatoire ou catarrhale (malheureusement ces terni es ne sont pas suffisamment définis). Pour la première, il faut faire choix d'un climat chaud et sec, et dans la forme catarrhale, il faut surtout rechercher l'égalité de la température. Comparant ensuite, au point
de vue de la prolongation de la vie, les malades qui ont été dans un climat chaud (251) avec ceux qui n'ont pas quitté l'Angleterre (749), l'auteur arrive à ce résultat que les premiers ont en moyenne vécu quatre mois et demi de plus que les autres.
Il attache du reste une grande importance à l'usage régulier de l'huile de foie de morue et à l'exercice. La plus grande mortalité a porté sur les malades qui ne suivaient point ces préceptes.
Voici d'ailleurs comment Williams pose les indications et contre-indications du déplacement et des voyages chez les tuberculeux :
i" Quels sont les malades qui doivent hiverner à l'étranger, et quels
TRAITEMENT HYGIENIQUE DE LA PHTIIISIE. 625
dans des stations plus ou moins lointaines, informez-vous s'il y trouvera une cuisine selon ses goûts et des aliments qui aiguiseront son appétit, car tous ces déplacements sont inutiles si votre malade ne peut manger, et le plus beau ciel du monde ne peut remplacer un bon repas.
sont ceux qui peuvent ne pas quitter leurs foyers?
2° Quels sont les cas qui sont les mieux modifiés par les voyages au long cours ?
3° Quels malades doivent être envoyés dans les climats secs ?
4" A quels cas peuvent convenir les climats humides, chauds ou froids?
Premier cas. Si les malades peuvent sortir sans que l'air extérieur impressionne trop leurs poumons, si l'appétit est bon, la toux rare et les forces en bon état, ils doivent rester chez euxenobservantles règles d'une bonne hygiène. Si, au contraire, ils ne peuvent s'exposer àl'air extérieur sans contracter un rhume plus ou moins intense, si l'appétit se perd et si le mauvais état des organes digestifs ne permet point de prendre les médicaments nécessaires, alors il faudra conseiller l'hivernage, soit sur les côtes anglaises, soit dans une des localités que nous avons passées en revue, à moins que les lésions ne soient trop avancées; dans ces cas, le changement de climat est moins important que le confort hygiénique et alimentaire que les maladestrouveraient difficilement au dehors.
Deuxième cas. Les, longues traversées doivent être conseillées avec la plus grande prudence, en raison du petit nombre d'escales et des dangers que provoquerait un mal de mer
trop prolongé, bien que, d'après les observations, ce malaise soit moins commun chez les phthisiques. Ce moyen thérapeutique aurait réussi dans les cas de phthisie hémoptoïque. ou dans les formes à lésions très limitées sans fièvre chez les sujets surmenés par un travail intellectuel prolongé et soumis à une existence trop sédentaire.
Troisième cas. Les climats secs et frais et les stations élevées conviennent aux sujets qui réagissent facilement et dont l'appétit serait languissant. Mais il est indispensable dans ces cas de ne conseiller que le séjour dans des endroits oîi la nourriture soit substantielle, avantages que ne présentent point les stations élevées de l'Amérique du Sud.
Les meilleurs climats dans ce genre sont ceux de l'Europe méridionale.
Toutes les formes de phthisies sont avantageusement modifiées dans ces circonstances.
Quatrième cas. Les climats chauds et humides, dont Madère e-st un type conviennent surtout dans les cas de phthisie chronique commune, et principalement dans celle d'origine catarrhale.
Enfin, à ces modificateurs, l'auteur ajoute naturellement toutes les ressources de Fhygiène et de la thérapeutique.
{a) Williams, Étude sur les effets des climats chauds sur ia consomption pul' monaire, trad. par Nicolas Duranty, et British Med. Journ., janvier 1876.
CLINIQUE THÉRAP., 4^ édit. II. — 40
D'ailleurs, ces voyages au loin et ces séjours dans des stations dites hivernales ne s'adressent qu'à une classe privilégiée, et, dans votre clientèle, ce n'est que bien rarement que vous pourrez faire profiter vos malades de ces avantages; le plus souvent, ils restent dans la localité qu'ils habitent et vous n'avez pour les guérir ou les soulager que les moyens qui sont sous votre main. Je serai donc bref sur cette partie de mon sujet, qui, pour être complète, demanderait un grand nombre de leçons ; aussi ne puis-je vous signaler que quelques points de cette étude climatérique.
Dans l'ensemble météréologique qui constitue le climat, d'altitude, deux points surtout sont intéressants à étudier : l'altitude d'une part, la température de l'autre. Dans mes premières leçons, je vous ai montré l'importance de l'altitude; il paraît aujourd'hui démontré, grâce aux travaux de Jourdanet (1), qu'à certaines hauteurs la phthisie devient tellement rare, qu'on peut dire qu'elle n'existe plus. Mais, sauf les altitudes qui existent dans la zone torride et qui permettent, comme pour les villes placées sur le plateau de l'Anahuc, d'avoir une température constante de 15 degrés en toute saison, dans
Climats
(l)Nous avons exposé précédem- Décos
Altitude. par phthisie
pour 100 hab.
1000 pieds et au-dessous. 1.33
ment, dans laleçonsurl'aérothérapie, toutes les données statistiques sur lesquelles Jourdanet a basé sa loi d'im- J^qq ^"^^ "" "" "'^■""""' ^'^^^
munité pour la phthisie. Ajoutons que 2OOO — 0.25
Hirtz a beaucoup insisté sur les avan- 3000 — 0.23
tages des ces stations d'altitude. Plus Au-dessus de 3000 pieds. 0.21
récemment, le docteur Von Corval a
étudié, dans le pays de Bade, l'action D'après le docteur Denison, les cli-
de l'altitude sur la phthisie; il a réuni mats froids et secs conviendraient
la statistique mortuaire de 1581 villes mieux aux phthisiques que les cli-
ou villages, donnant un total de mats chauds et humides.
1 lâ^ 860 habitants, qui ont donné en Les altitudes élevées exerceraient
4 ans, de 1869 à 1872, 17 54-5 cas de une influence favorable sur la marche
décès parla phthisie. En divisant ces de la phthisie, principalement au
cas de phthisie suivant l'altitude, on début. Cependant le séjour des mon-
obtient les résultats suivants : tagnes serait nuisible aux individus
TRAITEMENT HYGIÉNIQUE DE LA PIlTlllSIE. 627
nos climats, au contraire, l'altitude entraîne toujours une diminution de température et l'on peut se demander alors si le bénéfice que l'on peut obtenir par l'altitude n'est pas détruit, et au delà, par l'abaissement de la température, il n'est pas douteux, en effet, que l'air froid n'ait une influence déterminante sur les congestions pulmonaires, congestions qu'il faut, vous le savez, éviter à tout prix chez les tuberculeux ou ceux qui sont prédisposés à le devenir.
C'est la part faite à chacune de ces influences con- influence
'■^ des climats
traires : altitude d'une part, abaissement de la tempéra- d'amtudo. turc de l'autre, qui ne me paraît pas avoir été faite d'une façon assez approfondie pour les stations hivernales et altitudes élevées. Vous savez, messieurs, qu'en Suisse, dans les Alpes grisonnes, à Davos (1); dans l'Engadine, à Saint-
alleints d'une maladie de cœur ou Les modifications de température y
d'une affection aiguë du poumon. sont d'ailleurs très considérables.
L'habitation des régions élevées puisque, au lever du soleil, le ther-
cst si importante, d'après Denison, momètre marque jusqu'à — 22 de-
que le médecin doit la conseiller grés, et + 3 degrés au soleil à une
même en cas de doute (a). heure, tandis qu'à l'ombre il marque
(1) Davos est situé dans une vallée — 1 degré. 11 faut ajouter que les
des Alpes grisonnes, à 1556 mètres jours sont très courts en hiver; au
d'altitude. La température moyenne solstice d'hiver, le soleil se lève, pour
de l'année est seulement de 2 degrés; Davos, à huit heures trente-cinq mi-
celle de l'hiver de— 5", 8. La tem- nutes, et se couche à trois heures
péralurc moyenne des mois compris vingt-cinq', Davos se compose de deux
entre octobre et mars est la suivante : villages placés l'un à côté de l'autre :
octobre + 2,23; novembre — 2,90; ce sontDavosamPlatzetDavosDôrtli. décembre — 5,93; janvier — 8,13; D'après Jaccoud l'époque la plus
février — 3,51; mars — 3,45. Le sol convenable pour se rendre à Davos
est couvert, durant tout l'hiver, d'un est l'été jusqu'à la fin de septembre,
manteau de neige pulvérulent. L'at- 11 faut éviter la période équiuoxiale,
mosphère y est ordinairement claire. soit pour le voyage, soit pour l'arri-
(ff) Denison, The Influence of High Altikide on the Progress of Phthisis {Transact. of the Internation Congress of Philadelphia, p. 287). — Von Corval, Ein Beltrag BeurtheUung der Einwirkung der Ilohenlage auf die Entwickelung der Phthisis {Deutsche Viertel Jahrschrift fur ô/fhitliche Gesunheitspflege, I87i). — Hirtz, Quelques considérations de climatologie à propos de la phthisie pulmonaire
ourn. de Thérap., 1874 nos n et 12).
Moritz (i), on a établi des stations de plus en plus florissantes, où se sont élevés des hôtels réunissant tout le confort désirable et où l'on envoie les phthisiques passer une partie de l'année au milieu des glaciers.
Cette pratique, qui est surtout suivie en Allemagne et en Angleterre, n'a pas encore été adoptée dans notre pays malgré les efforts de Hirtz et de Jaccoud. Les observations cliniques parraissent cependant favorables à la cure faite dans ces stations d'altitude; mais il faut, pour cela, de conditions LoLites spéciales que vous ne trouverez pas toujours réunies. D'abord il est nécessaire que le malade soit au début de l'affection, que de plus l'évolution de la tuberculose soit lente, et qu'enfin le malade veuille bien se soumettre à un véritable emprisonnement, qui résulte des conditions d'habitation à de pareilles hauteurs.
En admettant donc comme absolument démontré que l'abaissement de la température ne vient pas détruire les effets de l'altitude dans les affections pulmonaires, vous voyez que les stations dites d'altitude, dans notre climat du moins, ne s'adressent qu'à un nombre très limité de phthisiques.
vée. Si le malade n'a pu s'y rendre de — l^Ô. Comme à Davos, on y a
vers le 15 septembre, il peut y aller établi des hôtels à promenoirs des
pendant le mois d'octobre. plusconfortables.LedocteurBrehmer
. Le séjour de Davos est surtout in a établi dans la haute Silésie, au vil-
diqué dans les cas de prophylaxie. lage de Gœrbersdorf, situé à une
Dans les formes ordinaires de la altitude de 557 mètres, un établisse-
phthisie,ilfaut repousser absolument ment pour la cure des phthisiques;
de Davos la forme pneumonique (a). mais, comme le fait remarquer Jac-
(1) On a établi, dans l'Engadine, coud, tandis que pour le traitement
des stations analogues à celle de Da- des tuberculeux par les climats d'al-
vos; ce sont celles de Samaden et de titude, les stations d'altitude sont
Saint-Moritz. Saint-Moritz est aune Davos, Sameden et Saint-Moritz, ■ —
altitude de 1855 mètres. La moyenne Gœbersdorf, Falkenstein, Aussée sont
de la température pour l'hiver est des stations de suppléance.
(a) Jaccoud, Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire, p. 399. — Lombard, Des stations sanitaires, 1881, p. 61.
Spehla même démontré expérimentalement les dangers des ascensions trop rapides chez les tuberculeux (a) .
Les résultats que l'on obtient surtout sont les suivants : augmentation des fonctions digestives (i) (c'est, à mon avis,
(1) Théodore Williams a bien étudié l'action des hautes altitudes surles tuberculeux. Voici, d'après lui, les modifications qui se produisent dans les différents systèmes de l'économie.
Pemi. L'influence sur la peau est démontrée parla coloration du teint, même en hiver, qui est due à la diathermanie de l'air etàl'effet tonique sur les glandes sudorifiques, qui ararrête les sueurs nocturnes.
Appétit et poids. L'appétit est augmenté, sauf dans les cas de phthisie avancée, et une augmentation de poids en est le résultat (de 7 à 25 livres).
Systèmes musculaire et nerveux.
L'exercice quotidien et les ascensions des montagnes développent les muscles. Le système nerveux est stimulé et parfois trop excité, et l'insomnie s'ensuit; mais, comme règle générale, on a besoin de moins de sommeil dans les montagnes.
Température. Chez les personnes saines ou dans les cas de phthisie chronique, il y a peu de changement.
Quand il y a une tendance à la fièvre, l'effet excitant du climat la développe ; et s'ilyadéjàde la fièvre, celle-cipeut se trouver augmentée. Les climats de montagne sont contre-indiqués dans les cas de phthisie avec fièvre.
Circulation. Le premier effet produit sur les phthisiques, c'est l'accélération du pouls, suivie d'un retour à la vitesse normale avec une pulsation plus forte et une impulsion cardiaque plus puissante. La rapidité du
pouls chez les indigènes est la même que celle des habitants des plaines (Weber).
Respiration. Dans le commencement du séjour, les respirations sont plus fréquentes que dans les plaines, leur profondeur étant moindre, ainsi que le démontrent les tracés de Lortet; après quelque temps, elles gagnent en profondeur et diminuent de fréquence, revenant à la normale à mesure que le thorax et les poumons se dilatent. Il n'y a rien à noter sur la respiration des indigènes.
Changements dans le thorax. L'élargissement de la poitrine a été noté parJourdanetet Walshedans des cas de phthisie au Mexique et dans les Andes; par Piellet, chez des soldats phthisiques dans les stations de l'Himalaya, et par l'auteur chez des personnes qui revenaient du sud de l'Afrique; par H. Weber, Mac-Gall, Andersen et par Williams, chez des personnes traitées à Davos.
Cet élargissement a été noté par le docteur Ruedi quatre-vingt-quinze fois sur cent cinq phthisiques qui ont passé l'hiver de 1880-81 à Davos; dans ce chiffre tous les cas de phthisie étaient réunis, même ceux qui étaient alités et qui maigrissaient. On peut conclure que l'élargissement de la poitrine n'est pas dû à la superposition de graisse et de muscles, mais à l'expansion des parois du thorax par pression interne.
Le degré de l'élargissement varie de 'à à 4 pouces. Les mesures prises à
(fl) Spefil, Z)e la répartition du sang circulant dans l'économie, tfièse d'agré£>ation (liruxelles, 1883).
Climats
il<> jilaini^
là le point le plus important) ; puis activité plus grande des fonctions respiratoires et circulation plus vive du côté de la périphérie.
Les climats de plaine, où la température joue le rôle le plus
lies luuiltnirs lUtVérontes ol les tr;ioôs cvrlomôlriquos Ihits par rauleur po\iv savoir quols étaient les points (lu thorax tpii étaient le siège do l'expansion et leur rapport avec les poumons malades, lui ont permis de formuler les oonelusions suivantes :
1" Que les parties qui recouvrent le poumon sain sont le siège de la dilatation;
:!'' Que celle-ei peut se l'aire dans n'importe quel sens, antérieur, postérieur, latéral ;
o" Qu'elle est plus fréquente dans les parties supérieures du thorax que plus bas;
i'Qne si la maladie est limitée au sommet d'un poumon, la partie inférieure du thorax de ee côté peut se dilater, entraînant une défornuition du thorax. Les études entreprises pour connaître le temps qu'il faudrait pour que ces changements aient lien, montrent que cela dépend de la vitesse respiratoire et de la plus ou moins grande tendance à céder que présentent les parois.
Cette expansion thoracique continue à se faire après le retour dans les plaines, pendant un temps variable. Dans un cas, après le retour en Angleterre, la dilatation avait persisté trois mois, dans un autre six.
Dans la majorité des cas, elle est de longue durée et probablement permanente.
Chamjements dans les poumons.
Les changements dans le thorax sont accompagnés ou précédés d'une augmentation de sonorité dans tonte la
poitrine, de la diminution de matité dans les parties malades, de la substitution de râles secs aux râles humilies, et de l'apparition de craquements emphysémateux autour des vieilles lésions, masquant parfois d'axitres bruits. La tendance des cavités à se rétracter ne parait pas plus grande que chez les malades traités dans les plaines. Sur les points sains de la poitrine, la respiration devieni rude et puérile, l'inspiration très longue, l'expiration courte et faible. La brouchophonie et la respiration bronchique s'amoindrissent. L'apparence de la poitrine est remarquable : on aperçoit à peine les espaces intercostaux; la poitrine est pleine et bien développée, mais difïère de la fonne cylindrique de la poitrine emphysémateuse. Les phénomènes précédents indiquent :
1" Le développement de l'emphysème vésiculaire autour des points malades des poumons, localisant la maladie et empêchant son extension à des parties saines par infection d'un centre caséeux ou d'une cavité (pii sécrète;
"2° La résorption des induratio\is pulmonaires ;
3" L'hypertrophie ou développement du poumon sain et d'une partie du poumon malade.
Ces changements dans l'état des tissus entraînent forcément la dilatation du thorax, le résultat total étant probablement du à la raréfaction de l'air et à la nécessité an début d'un plus grand nombre de respirations, et plus tard de respirations pro-