TABLEAU SCHEMATIQUE DE LA TEMPERATURE DES STATIONS HIVERNALES
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important conviennent, il faut le reconnaître, à un bien plus grand nombre de phthisiques (1). Eviter les refroidissements si nombreux qui surviennent à chaque instant sous l'influence des changements brusques de la température; éviter les rhumes et les bronchites que nous contractons une ou deux fois par hiver, dans les conditions atmosphériques dans lesquelles nous sommes placés ; éviter l'action directe de l'air froid sur la muqueuse pulmonaire; éviter en un mot, toute cause de congestion pulmonaire, tel est le but qu'on se propose dans les stations hivernales. Aussi voyons-nous chaque jour, grâce aux communications de plus en plus faciles, augmenter l'importance toujours croissante de nos stations hivernales. Pour que vous puissiez mieux apprécier l'influence de la température, je mets sous vos yeux un tableau sur lequel j'ai reproduit la moyenne de la température pendant les difl'érentes saisons dans la plupart des stations hivernales.
Notre pays est d'ailleurs admirablement doué à cet égard; stations en dehors de l'Algérie, qui occupe un des premiers rangs parmi ces stations, nous avons, sur les bords de la Méditerranée de Cannes jusqu'à Menton, sur les bords de cette route admirable de la Corniche (4) une bande étroite de terre, véri-
fondes, et à la gymnastique pulmo- y a 2,26 phthisiques, et en Algérie,
naire qu'entraînent les ascensions de 0,65.
montagnes (a). Dans une statistique personnelle,
(1) Gazalas a montré par des sta- Cazalas démontre qu'à Metz il y a,
tistiques faites dans l'armée que les dans l'armée 3,40 phthisiques pour
climats chauds présentaient une in- 100 malades; au Val-de-Gràce, 2,82
tluence favorable sur la phthisie pul- et à Alger 0,65 (6).
monaire; en France, il y a eu dans (1) Le golfe de Gênes ainsi ap-
l'armée, de 1862 à 1860, 26,23 ma- pelé du nom de la ville qui occupe le
lades pour 100, et en Algérie, 52,81 ; fond de ce golfe comprend deux rives ;
mais, sur 100 malades en France, il l'une s'étend depuis Fréjus jusqu'à
(«) Th. Williams, Du traitement de la phthisie par la résidence dans les hautes altitudes {Congrès international de Londres, 1881).
{h) Cazalas, Influence des climats sur la phthisie pulmonaire {Unio7i médicale, 1873, P..928).
table paradis terrestre, où, pendant les plus mauvaises saisons et les plus rudes hivers nous voyons la température se maintenir entre 12 et 15 degrés; dans toutes ces villes, aux beautés du climat sont venus s'ajouter tout le luxe et tout le confortable modernes. Du côté des Pyrénées, nous avons les stations d'Arcachon, de Pau, d'Amélie-les-Bains, qui, quoique moins favorisées que leurs rivales des bords de la Méditerranée et des Alpes, n'en ont pas moins une haute valeur. A ces localitésviennent s'ajouter de nombreuses stations étrangères: Bordighera, Pise, Naples, Madère, etc.
Mais n'oubliez pas, messieurs, lorsque vous enverrez des phthisiques passer les mauvaises saisons aux stations hivernales, qu'il est nécessaire de réunir les conditions suivantes : d'abord, que la lésion pulmonaire ne soit pas trop avancée, et nos confrères de ces stations ont raison de se plaindre de voir arriver, dans ces villes, des malades à toute extrémité, qui succombent quelque temps après leur arrivée, car par ce voyage on n'a fait que ^hâter leur fm; il faut de plus que les hémoptysies ne soient pas très abondantes et que la fièvre ne présente pas un type continu; il faut enfin que la tuberculose n'ait pas une marche aiguë, l'influence du climat étant absolument nulle dans ce cas.
Gela ne suffit pas encore; il est nécessaire aussi que les fonctions digestives soient bonnes et que, en admettant qu'elles soient bonnes, votre malade puisse trouver des habitudes culinaires qui lui plaisent, ce qui ne se rencontre pas toujours. Enfin, le tuberculeux doit trouver, dans la station où vous l'enverrez, des distractions capables d'agir sur son moral. Retirer un tuberculeux du miheu qui l'entoure, de sa maison, de son logis, pour le transporter, sous prétexte de climat, dans
Gênes, c'est la Riviera di Ponente, sur la Riviera di Ponente que se l'autre de Gênes jusqu'à la Spezzia, trouvent toutes les stations hiverc'est la Rviera di Levante; c'est nales.
TRAITEMENT IIYGIENIOUE IJE LA PIITHISIE.
une localité lointaine, où il ne rencontrera ni visage ami, ni personne avec qui il puisse parler sa langue, où il se trouvera seul, isolé, sans relations; c'est le placer dans de mauvaises conditions, quelque bonne d'ailleurs que soit la température de la localité où vous l'avez exilé.
Gomme vous le voyez, messieurs, cette désignation des stations hivernales est des plus complexes ; elle touche à un grand nombre de points que je n'ai fait ici qu'effleurer, mais qui doivent attirer votre très sérieuse attention. Quoiqu'il en soit, on a spécialisé les diverses stations hivernales à certaines formes de phthisie (1).
Dans la période du début et dans les formes torpides et
(1) Voici comment Champouillon a fixé les indications climatériques pour les plithisiques :
1° Disposition héréditaire à la phthisie, poitrine faible: Pau (les mois de février, mars, avril exceptés)^ Cannes ; Villefranche, la campagne de Nice, Mantoue, Sori-ente, Madère (l'automne excepté), Alger (du mois de janvier au mois de mai), Rome (en octobre, mars et avril), le Caire (pendant l'automne et l'hiver) ;
2° Phthisie avec toux brève, fréquente, aride; muqueuse pulmonaire irritable : Venise, Madère, Pise, le Caire. Alger;
Pj" Phthisie catarrhale : Pau, Madère, Alger, Cannes, Villefranche, Hyères;
4" Phthisie chez les sujets opprimés par la tristesse: Venise, Alger, Alhano, Frascati, environs de Naples, Florence ;
5° Phthisie chez les sujets nerveux :
Mantoue, Pise, Madère, Venise ;
6" Phthisie à forme hémoptoïque :
toutes les stations méridionales (Pise, Rome et Naples exceptées);
7° Phthisie colliguative. : Pau,
Hyères, Cannes, Villefranche, Madère, Alger.
De Valcourt a proposé une classification plus simple; il a ainsi classé les stations hivernales françaises :
Climat sédatif : Pau;
Climat tonique peu excitant : Le Cannet;
Climat tonique et passablement excitant : Amélie-les-Rains, Hyères, Cannes;
Climat tonique et excitant : Menton, Costabelles, Cannes ;
Climat tonique et très excitant, :
Nice.
Lombard a divisé les stations sanitaires en trois groupes : les stations maritimes proprement dites, les stations hivernales et les stations montagneuses.
Les stations hivernales se divisent en deux groupes :
1° Les climats plus toniques que sédatifs, qui comprennent : Hyères, Cannes, Nice, Menton, Bordighera, San Remo, Nervi, Pegli, Naples, Palerme, Ajaccio, Valence et Malaga, le Caire, Alger, Mogador et Madère.
2° Les climats plus sédatifs queto-
lentes, ce sont les stations de l'Engadine qui ont été surtout conseillées; aux formes actives, compliquées de fièvre et d'hémoptysies, ce sont les climats doux, pluvieux, à température constante et dépressive, comme Pise, Madère, que l'on a proposés. Quant à la forme commune, c'est Alger (i) et ses environs, Hyères, Cannes, Nice, Menton, Pau, etc., qui ont été vantés.
Mais ces déplacements sont coûteux et, comme je vous le disais tout à l'heure, ne peuvent s'adresser qu'à une partie restreinte de votre clientèle. Il vous faudra donc trouver
niques : Amélie-les-Bains, le Vernet, Biarritz, Pau, Venise, Pise et Rome.
Letellier a surtout étudié les conditions de séjour dans les villes d'Italie pour la cure de la phthisie, et voici ses conclusions :
1° Villes d'hiver. Séjour d'octobre à la fin d'avril : Palerme, Pouzzoles, Salerne, Pise ; séjour de la fin de septembre à mai : Venise ;
"2° Villes de printemps et d'automne. Séjour en mars, avril, mai, septembre, octobre, novembre :
Rome; de mai à la fin d'octobre :
Albano ; de la fin d'avril à la fin d'octobre: Sorrente et Castellamare;
3" Climats d'été. Séjour en juin, juillet, août, fin septembre : lac de Côme, lac de Lugano, lac Majeur; séjour en juin, juillet, août : bains de Lacques, bains de Pise (a).
(1) Landowski étudie plus particulièrement la topographie médicale d'Alger; voici le résumé de ces études.
Pour lui, le climat d'Alger en hiver est plus tonique que le climat de Pau et de Madère et moins excitant que celui de Cannes et de Nice.
Il en résulte que c'est un climat à l'action thérapeutique neutre, également indiqué dans les deux formes de la phthisie, torpide etérétique.
Comme localité, Alger et ses environs immédiats doivent être divisés en trois zones.
1'''= partie. N,-0. St-Eugène jusqu'au faubourg Bal-eb-Oued , mal abritée du vent de N-0., mauvaise pour les malades.
2° La ville d'Alger, qui présente des conditions favorables aux malades dans sa partie basse, européenne. Ces conditions favorables vont en augmentant à mesure qu'on suit la mer vers Mustapha-Supérieur.
3" Mustapha-Supérieur qui présente les meilleures conditions pour l'hivernage des malades (&).
(a) Champouillon, Traitement de la phthisie par le déplacement des malades (Bull, de l'Acad. de méd., 24 novembre 1857, t. XXIII, p. 103). — De Valcourt, Climatologie des stations hivernales du midi de la France. Paris, 1865, p. 182. — Lombard, Les stations sanitaires au bord de la mer et dans les montagnes, les stations hivernales : Choix d'un climat pour 'prévenir et guérir les maladies. Paris, 1880. — Letellier, Thèse de Paris, 6 novembre 1876.
(b) Landowski, Notices scientifiques sur Alqer et V Algérie, 1881, p. 329.
d'autres agents qui vous permettront de modifier sur place les conditions respiratoires de vos malades; ces agents vous seront fournis par l'aérothérapie et par la gymnastique respiratoire.
Nous devons, par tous les moyens possibles, favoriser le dé- ^'^ '''
' j 1 J gymnastique
veloppement des fonctions pulmonaires ; il paraît aujourd'hui icspiraioir,.. démontré que la phthisie qui frappe si rigoureusement le prolétaire résulte, comme l'a bien montré Lagneau (i), des mauvaises conditions respiratoires dans lesquelles il se trouve placé, au milieu des ateliers où on l'entasse en grand nombre; c'est là une des influences désastreuses de ce que Peter a si heureusement qualifié d'«fr ruminé. A l'opposé de cette médication étrange qui prétend guérir la phthisie (2) en diminuant l'étendue des mouvements respiratoires, vous devez, au contraire, augmenter le plus possible la capacité pulmonaire. Vous y arriverez par le chant et surtout par la gymnastique respiratoire ; vous pourrez d'ailleurs vous rapporter, pour la prescription de ces exercices respiratoires, aux règles si précises que Daily a récemment formulées (3).
(J) Lagneau a étudié les mesurçs (3) Nous avons déjà, dans l'ard'hygiène publique propres à dimi- ticle Aérothérapie donné les indicnnuer la fréquence de la phthisie. tiens sur la gymnastique respira- Il a recommandé surtout les travaux toire.
dans la campagne et de favoriser Voici, pour compléter le sujet, les
autant que possible les exercices du exercices prescrits par Daily :
corps, ainsi que ceux du chant (a). 1° Prendre et conserver l'attitude
(2) Le docteur Mac-Crea propose normale du corps en s'appliquant
de traiter la phthisie par l'applica- contre un mur de une à dix minutes
tion d'une cuirasse en diachylonpour plusieurs fois par jour,
entraver les mouvements du thorax 2» Les deux bras et les mains
et empêcher son ampliation. Cette étant tendus horizontalement en
cuirasse doit être renouvelée tous avant, les paumes des mains se re-
les quinze jours (h). gardant, écarter lentement les bras
(«) Lagneau, Lu, traitement prophylactique de la phthisie {Acad. de méd., septembre 1877).
(b) Mac-Crea, On Shapping the Chest in Phthisis (The Lancet, 18 juillet 1874, I p. 76).
L'aérothérapie (4) , soit au moyen des bains d'air comprimé, soil au moyen de l'appareil de Waldenburg ou celui de Mau-
en même temps que l'on penche la poitrine en avant. Rester dans cette position trente secondes. Inspiration nasale profonde.
Retour à la position initiale. Expiration. Recommencer six fois.
3" Les bras étant baissés le long du corps, les élever en avant, les doigts bien tendus, très lentement, au-dessus de la tête, paume en avant. Inspiration profonde. Descendre lentement sur les côtes du corps, paume en l'air, en expirant lentement jusqu'au bout.
i" Doubles cercles latéraux. Le sujet étant dans la position normale, il exécutera d'arrière en avant des doubles cercles latéraux aussi larges que possible, les bras bien tendus, en ayant soin de pencher le corps en avant chaque fois que les bras sont rejetés en amnère, et de ne jamais pousser le ventre en avant. Le mouvement doit se passer entièrement dans les articulations scapulo-huraérales.
5° Les bras en croix horizontalement, la paume des mains regardant en haut:
Flexion latérale et alternative du tronc; les bras s'abaissent ou s'élèvent avec le tronc. La flexion se fera dans le plan transversal régulier, l'abdomen rentré, les jambes raidies, le bassin fixe. La limite de la flexion est l'attitude verticale du bras élevé. Inspiration lente pendant la flexion. Arrêt. Expiration.
Recommencer six ou huit fois ut aupra.
Rurq a montré l'heureuse in-
fluence de la gymnastique respiratoire par les instruments à vent. En étudiant comparativement la mortalité par Ja phthisie des musiciens et des soldats de la garnison de Paris et de Versailles pendant une période de vingt-six années, il a montré que les musiciens fournissent trois fois moins de phthisiques que la troupe.
Aussi, comme moyen prophylactique de la phthisie, met-il en première ligne la gymnastique rationnelle des poumons, obtenue, suivant les cas, ■ par des exercices appropriés de la voix, par la déclamation ou le chant et plus particulièrement, toutes les fois que faire se peut, par le jeu d'un instrument à vent.
Smith aproposéle procédé suivant:
Le malade place entre ses lèvres un petit tube (une simple plume d'oie ou un cure-dents) dont il se sert exclusivement autant pour l'inspiration que pour l'expiration. 11 doit agir lentement, de façon à prolonger les deux temps respiratoires. L'expiration forcée est tout aussi importante que l'inspiration prolongée. Après trois mouvements respiratoires opérés de la sorte, il retire prompteraent le tube d'entre ses lèvres alors que le poumon est dilaté au maximum par l'inspiration et retient son haleine aussi longtemps qu'il le peut sans douleur. Ce procédé si simple doit être renouvelé six à huit fois par vingt-quatre heures, et chaque fois que le malade le répète, il fait une douzaine d'inspirations forcées (a).
(1) On peut utiliser dans le traite-
(a) Daily, De l'exercice méthodique de la respiration dans ses rapports avec la conformation tlioracique et la santé générale {Bull, de Thérap., t. CI, p. 186 et
TRAITEMENT IIYGlÉiNlQUE DE LA PHTIIISIE. (i37
rice Dupont a le même effet; elle agrandit mécaniquement le champ respiratoire et favorise le développement de l'emphysème pulmonaire. Cet emphysème joue en effet un rôle protecteur lorsqu'il se développe autour des masses tuberculeuses; il paraît limiter, par sa présence, la marche envahissante de l'affection; aussi devons-nous nous efforcer de provoquer sa production.
On a même proposé de modifier la composition de l'air atmosphérique ; mais, à cet égard, on est loin d'être d'accord. Le plus grand nombre a pensé qu'il fallait user d'un air désoxygéné et qu'il était nécessaire, pour guérir la tuberculose, délaisser reposer les fonctions du poumon. Ces médecins ont donc institué ce que Sales-Girons a appelé Is. diète respiratoire, et ils ont proposé, pour arriver à leur but, des inhalations d'air mélangé d'azote, ou bien encore de faire passer l'air sur des substances, aromatiques ou non, qui le privent d'une partie de son oxygène. D'autres ont soutenu qu'il fallait
ment de la phthisie soit les bains n'ont qu'une action mécanique ; ils
d'air comprimé, soit les appareils augmentent le champ respiratoire,
portatifs. Nous avons signalé précédemmeni
Les bains d'air comprimé ont une la plupart de ces faits dans la leçon double action : action mécanique sur l'aérothérapie. sur le poumon, qui augmente le Pour Jaccoud, voici quels sont les champ respiratoire, action sur la résultats que l'on peut obtenir do nutrition par l'introduction d'un air l'hydrothérapie dans la cure de la plus oxygéné et par les combustions tuberculose : d'abord maintien proplus énergiques de l'économie. longé des lésions à un état station- Pravaz père, Devay, Lazarus, et naire, puis diminution plus ou moins surtout Bertin, ont signalé des cas notable de l'étendue des lésions, de guérison de la phthisie par ce enfin, disparition complète de ces moyen. mêmes lésions. Le premier de ces ré-
Les appareils portatifs, comme sultats serait constant, le second fré-
ceux de Waldenburg et de Schnitzler quent, le troisième exceptionnel (a).
268). — Burq, De la gymnastique pulmonaire. Paris, 1875. — Smith, Gymnastique pulmonaire {Med. and Surg. Reports, 25 juin 1881).
(a) Uevay, Du bain d'air comprimé dans les affections graves de la poitrine. — Fontaine, Effets physiologiques de l'air comprimé. — Jaccoud, Traitement de la phthisie pulmonaire, p. 152.
De la ^'yinnastiiiiic.
relever les fonctions de la nutrition et que, par cela même, il était nécessaire d'employer un air suroxygéné, et ils ont conseillé les mélanges d'oxygène et d'air. La question n'est pas encore jugée et mérite d'être étudiée à nouveau.
Il n'en est pas de même de la capacité pulmonaire, et il paraît démontré aujourd'hui que, plus cette capacité est faible, plus les prédispositions à la tuberculose sont fortes ; ainsi donc, lorsque vous aurez affaire à déjeunes sujets prédisposés à la phthisie, ou bien lorsque vous aurez à prescrire les règles hygiéniques qui doivent présider à l'éducation de la jeunesse de nos villes, vous devrez insister avec une grande vigueur sur la gymnastique, qui, non seulement développe le thorax des adolescents, mais encore, par des mouvements bien coordonnés et bien dirigés, favorise et régularise leur nutrition.
J'ai pu constater bien souvent l'heureuse influence de ces exercices dans la phthisie, mais n'allez pas trop loin dans cette voie et n'abusez pas de ce moyen, car si la gymnastique peut avoir une heureuse influence, il est bien reconnu aujourd'hui que les mouvements exagérés entraînent des fatigues qui affaiblissent les individus et peuvent, comme toute fatigue, être le point de départ du développement de la tuberculose (1).
Ainsi donc, bonne nourriture, respiration d'un air salubre, développement des forces génitales et des fonctions respiratoires par une gymnastique méthodique et bien comprise, voilà les grandes bases du traitement hygiénique de la phthi-
(1) Bàrtholow s'élève (Contre les dénutrition et la consomption. Il reexercices violents et prolongés chez commando toutefois, pour stimuler les phthisiquesj et il dit que les mou- l'appétit, un exercice modéré et ré^ vements ainsi exagérés favorisent la gulier (a).
{a) BdrthôloW, Ofthe Treatmeni of certain forms of phthisis pulmonalis by rest and internai administration of atropia {American Journal of Medicin. Se-.; avril
TUAITEMEiNT HYGIÉNIQUE DE LA l'UTlIISlE. 63!)
sie. Il me reste à vous parler cependant de l'influence des bains et de l'influence morale et passionnelle.
En France,nous sommes très réservés pour l'emploi de l'hydrothérapie (1) dans la tuberculose ; il n'en est pas de même à l'étranger, et Sokolowski nous a montré tout le parti que l'on pouvait tirer de l'eau froide dans le traitement des tuberculeux.Malgré ces faits, je crois que vous devez être très prudents dans l'emploi de ce moyen, non que je doute de son efficacité dans certains cas, mais parce que cette pratique demande à être surveillée avec le plus grand soin.
L'hydrothérapie bien faite peut avoir une heureuse influence dans la tuberculose, mais ses résultats seront désastreux si
Ue l'iiydro- Ihérapie.
(1) Sokolowski a étudié, à l'établissement de Gœrbersdorf, en Silésie, sur 105 malades, l'action de l'eau froide dans la phthisie.
Il aurait obtenu 89 guérisons complètes;
3i auraient été très améliorés ;
19 auraient été améliorés légèrement :
7 ont été soumis sans succès à cette cure ;
2 sont devenus plus gravement malades;
4 sont morts.
D'après lui, voici quelles seraient les indications de ces douches froides :
D'abord, chez tous les sujets prédisposés à la phthisie ; puis, pour individus déjà phthisiques, surtout dans la tuberculose acquise et dans la tuberculose héréditaire, lorsque les lésions ne sont pas très étendues, et encore dans ces cas faut-il manier
l'eau avec une extrême prudence.
L'eau froide serait, au contraire, contre-iudiquée dans les cas suivants : chez les individus ayant une anémie profonde, puis chez les tuberculeux à la période hectique, enfin chez les individus qui ne sont pas améliorés dès les premières douches.
L'hémoptysie ne serait pas une contre-indication de l'hydrothérapie.
Ces douches doivent être très courtes. On doit commencer par quatre à cinq secondes pour aller jusqu'à trente secondes chez la femme, et cinquante chez l'homme.
G. Herbecq partage l'opinion de Sokolowski, et pense que les affusions d'eau froide, le drap mouillé, les douches froides excitantes, sontunpuissant adjuvant à la médication tonique et reconstituante chez les phthisiques. Il pense même que ce moyen soulage toujours les malades^ même dans les cas les plus graves (a).
(a) Sokolowski, Ùeber den kalten Dottchen and Abréibunhen bei Behandlung def kronischen Lungenschwéndsucht (Berlin, klin. Wochens., n" 39, p. r.64; n° 40j p. 577; n° 43, p. 621; n° 45, p. 635, 1876, et Bull. gén. de Thérap., t. XCH, p. 3i5,' 1877). — Georges Herbecq, Du traitement de la phthisie par l'eau froide. Thèse de Parisi 1879^ n" 209.
De l'air marin.
elle est pratiquée d'une façon défectueuse. Il faut que les douches soient très courtes, que les malades réagissent suffisamment; j'ajoute que, si l'amélioration ne se produit pas dès les premiers jours, vous devez cesser cette médication. Mais en général, je préfère de beaucoup aux douches froides les lotions sur tout le corps, proposées par Peter (1) ou bien encore les bains tièdes préconisés par Lasègue (2).
Cette question de balnéothérapie me conduit à vous parler de l'influence des bains de mer et de l'air maritime chez les phthisiques; on a beaucoup discuté sur cette question : les uns affirment que l'air marin et en particulier les voyages sur mer sont des agents très efficaces de la cure de la phthisie ; les autres, au contraire, soutiennent, avec Rochard et Leroy de Méricourt, que la navigation n'a qu'une action nuisible (3) .
(1) Peler fait ainsi pratiquer à ses phthisiques des lotions froides. Au sortir du lit, le malade se découvre la poitrine et, avec l'éponge imbibée, se frotte la face, le cou et la poitrine. Au bout de quelques jours, il étend les lotions à tout le trône, puis plus tard à tout le corps. Au bout d'un certain temps, le malade se fait les mêmes lotions, non plus avec l'éponge imbibée, mais avec l'éponge ruisselante (a).
- (2) Souplet, dans sa thèse basée sur les résultats de la pratique du professeur Lasègue, a montré que les bains tièdes simples, ou faiblement minéralisés, ne sont pas nuisibles dans les maladies de poitrine et surtout dans la phthisie. Ils sont très efficaces dans les sueurs dites du sommeil; ils augmentent l'appétit, calment l'irritation nerveuse des ma-
lades et leur procurent un sommeil réparateur. La température de ces bains doit être de 3 degrés environ au-dessous de celle du malade (b).
(3) L'influence de l'air maritime doit être étudiée sous deux aspects diff"érents : A. le séjour sur le bord de la mer;B. les voyages sur mer.
A. Le séjour sur le bord de la mer, lorsque viennent s'y joindre des conditions climatériques favorables, est considéré par tous les médecins comme des plus utiles dans la cure de la phthisie; aussi le plus grand nombre des stations hivernales sontelles placées sur le littoral de la Méditerranée. Pietra-Santa caractérise l'action favorable de l'atmosphère maritime par les trois faits suivants :
1° Température plus modérée et plus uniforme de l'atmosphère amliiante ;
(a) Peler, Leçons de clinique médicale, t. II, p. 503.
(b) Souplet, De l'emploi des bains tièdes dans les maladies de poitrine et en varticulier dans les maladies pulmonaires. Thèse de Paris, 1873.
TRAITEMENT HYGIÉNIQUE DE LA PHTIIiSIE.
Je n'ai pas par moi-même un nombre suffisant de faits pour me permettre déjuger ce débat ; mais, après avoir parcouru le grand nombre de travaux qui ont été publiés sur ce sujet, je crois que l'air marin ne peut avoir qu'une action favorable sur la tuberculose, surtout aux premières périodes de la maladie. Je ne connais pas de plus puissant excitant de la nutrition et en particulier des fonctions digestives, que l'air de la mer, et, comme c'est dans l'activité de ces fonctions que je place la clef de la cure de la tuberculose, je suis donc disposé à admettre que cet air marin est favorable.
Quant aux voyages sur mer, il faut une habitude spéciale, comme celle des Anglais, pour trouver sur un navire tout le confortable nécessaire à la vie de chaque jour, et je suis persuadé que bien peu de nos compatriotes phthisiques vou-
De la navigation.
2° Pression atmosphérique constamment forte; baromètre, 760 millimètres maintenant, toutes choses égales d'ailleurs, un équilibre plus stable dans les fonctions du poumon;
3° Oscillations du baromètre, du thermomètre, de l'hydromètre, se faisant avec les variations les plus minimes.
A ces signes, il faut ajouter : 1" la pureté plus grande de l'air; 2" sa plus grande oxygénation; 3° son odeur particulière, due aux plantes chargées de brome et d'iode; 4° enfin sa composition spéciale, due à la présence du chlorure de sodium.
B. Les voyages maritimes n'ont pas réuni la même unanimité d'opinion.
Les uns les trouvent favorables, les autres défavorables.
Fonssagrives, qui a bien étudié l'action de la navigation sur la tuberculose, montre que cette action est très complexe : les mouvements habituels du navire amènent une gymnastique musculaire considérable,
CLINIQUE THÉRAP., 4^ édit.
d'une part; de l'autre, la modification de la pression de l'air océanique et sa pureté peuvent aussi agir en pareil cas ; aussi conclut-il que la navigation, faite dans de bonnes conditions, peut être favorable dans la cure de la tuberculose.
Williams arrive aux mêmes conclusions, et d'après la statistique que nous avons citée (p. 534), ce sont les voyages au long cours, faits dans des conditions déterminées, qui donneraient le chiffre le plus considérable d'améliorations.
Maclaren a observé sur lui-même et sur plusieurs phthisiques qui s'étaient embarqués pour l'Australie, que le voyage sur mer, qui avait duré quatre-vingt-douze jours, avait eu sur le plus grand nombre des malades une influence favorable qui s'est traduite par la cessation de la toux et des hémoptysies, ainsi que par l'augmentation des forces et du poids du corps.
Un des adversaires de la navigation II. — 41
draieiit passer des mois et des années sur un navire, quelque bien aménagé qu'on puisse le supposer.
Cette horreur des voyages maritimes est même poussée si loin chez nous, que bien des malades se refusent à profiter des avantages de la station qui doit peut-être occuper la première place dans la cure de la tuberculose, je veux parler d'Alger, à cause de la traversée qu'on est obligé de faire pour y arriver.
Mais si l'on discute encore sur la valeur curative des voyages sur mer, tout le monde paraît d'accord pour reconnaître que les voyages en voiture et à cheval paraissent être favorables (1).
ûes II faut encore que vos prescriptions s'adressent aux vête-
vôlcments.
ments des phthisiques. vous exigerez des gilets de flanelle, des
dans la cure de la phthisie est sur- Leroy de Méricourt soutient que
tout Rochard, qui dans son travail les inconvénients de la navigation
conclut de la façon que voici : 1° les l'emportent de beaucoup sur les avan-
voyages sur mer accélèrent la marche tages qu'on peut en retirer. Gazalas a
delà tuberculisation beaucoup plus mêmesoutenuque les voyages au long
souvent qu'ils ne la ralentissent ; 2° à cours, comme traitement de la phthi-
part de rares exceptions qu'il faut sie, étaient une illusion théorique,
bien admettre, en présence de quel- Toutefois, on doit faire remarquer
ques faits rapportés par des hommes que les conclusions si opposées aux-
dignes de foi, la phthisie marche, à quelles sont arrivés d'une part Wil-
bord des navires, beaucoup plus ra- liams et de l'autre Rochard, résultent
pidement qu'à terre ; 3° les tubercu- de ce fait que, tandis que le premier
leux ne pourraient tirer quelque fruit puisait les éléments de sa statistique
de la navigation qu'en se plaçant à parmi les phthisiques qui voyageaient
bord dans des conditions hygiéniques avec tout le confortable désii'able, le
spéciales, qu'en changeant de climat second n'a compris dans son travail
et de localité au gré des saisons que les marins soumis à tous les la-
et des vicissitudes atmosphériques, beurs et à toutes les privations des
toutes choses qu'il est impossible de longues traversées (a).
réaliser à bord des navires qui ont (1) C'est Sydenham qui a le plus
une mission à remplir. vanté les voyages en voiture pour la
(a) Pielra-Santa, Essais de dimaiologie théorique et pratique. Paris, 1865. — Fonssagrives, Thérapeutique de la phthisie pulmonaire, p. 497. — Rochard, De l'influence de la navigation et des pays chauds sur la marche de la phthisie pulmonaire {Mémoires de l'Acad. de méd., 1856, t. XX). — Leroy de Méricourt, Considérations sur l'air marin et la navigation dans la phthisie {Arch. gén. de méd., octobre et novembre 1863, p. 557).
des [ues.
plastrons s'appliqiiant sur la poitrine. Vous ferez recouvrir avec soin les épaules du malade; pour Peter, c'est là un des points faibles de la poitrine. Vous recommanderez que des cravates montantes mettent le cou à l'abri du froid ; vous ordonnerez des vêtements larges, qui ne gênent pas la respiration. En un mot, vous prendrez toutes les dispositions nécessaires, pour que le malade puisse respirer librement, tout en évitant les circonstances qui pourraient développer chez lui soit de la bronchite, soit de la congestion pulmonaire.
Vous surveillerez même la chambre du malade : qu'elle soit du couciier grande, bien aérée, exposée à une bonne orientation ; rejetez ^j^i.is'JJ les tentures trop épaisses, qui viendraient empêcher le jour et la lumière d'y pénétrer; repoussez les rideaux qui entourent le lit, et surtout les alcôves, dont Peter a bien montré les effets désastreux (1).
Enfin, et ceci sera souvent la partie la plus délicate de votre
cure clelaphthisie. Voici comment il interdit à l'air d'entrer commeàl'es-
s'exprime à cet égard : Atque hoc pérance. Bourrelets aux portes, bour-
multiplici experientia, qiiœ via me relets aux fenêtres ; épais rideaux en-
fefelUt unquam, dicicli. Et licetequo veloppant le lit, où mijote à l'étuvée,
vehi phthisicis prœcipiie conférai, dans sa moiteur et dans son air vingt
tamen et itinera currii facta mi- fois préi^espirè, vingt fois souillé déjà
randos sanos effectus quandoque par le contact de ses poumons ulcé-
ediderunt. rés, le malheureux phthisique. Et
H. Bennet pense que le déplace- ce n'est pas seulement lui qui le
ment trop rapide serait dangereux souille, cet air, mais l'épouse ou la
chez les phthisiques. Fonssagrives garde qui le veille; mais la « veil-
préfère aussi la gymnastique de la leuse » de la table de nuit, mais la
voiture à la trépidation monotone et lampe et le feu du foyer, mais plus
insipide du wagon (a). encercles odeursvireuses de l'opium
(l)Voici comments'exprimePeterà ou affadissantes des tisanes attiédies,
propos de l'alcôve : «Je ne sais rien de et les émanations fétides des sueurs,
plus hideusement fétide que la cham- des crachats, des déjections alvines.
bre d'un phthisique riche. C'est un L'ensemble est odieusement repous-
endroit soigneusement clos, où il est sant » (&).
(a) Sydenham, Op. omnia, Genovaî, t. P'', p. 275. — Bennet, De l'influence défavorable du changement subit de climat (Bull, de Tliérap., 1862, t. LXV, p. 241). — Fonssagrives, Thérapeutique de la phthisie pulmonaire, 2" édit., p. 29i,
(b) Peter, Leçons de clinique médicale, t. Il, p. 488.
Du moral mlssion, souteiiGz le 'moral de votre phthisique : le tubercu-
des ' * ,
phthisiques. leux demande toujours h être trompé, il se trompe lui-même sur son état à chaque instant. Rien n'est plus curieux, à cet égard, que ce qui se passe dans nos stations hivernales, où vous voyez le phthsique ayant une barbe épaisse, aussi longue que possible, qui dissimule aux autres et à lui-même son amaigrissement, porter les vêtements les plus épais pour simuler un embonpoint factice, vanter sa force, son énergie, et devenir surtout empressé auprès des femmes. Ces conditions morales demandent à être entretenues.
Dans d'autres circonstances, au contraire, le phthisique qui a vu mourir autour de lui tous les membres de sa famille . frappés du même mal, et s'attendant chaque jour au sort qui lui est réservé, est triste, mélancolique, et il vous faudra toute votre persuasion pour le tirer de cet état de dépression morale.
Je vous ai parlé, tout à l'heure de l'ardeur des phthisiques auprès des femmes; c'est là, il faut le reconnaître, un écueil devant lequel échouera toute votre thérapeutique; et lorsque vous serez parvenu, après bien des efforts, à relever ses forces et sa nutrition, le phthisique, en quelques nuits, fera disparaître tout le résultat de votre thérapeutique.
Puisque j'aborde cette question, permettez-moi de la compléter en vous parlant de la cohabitation et de la grossesse chez les phthisiques. On vous demandera, dans bien des ménages où l'un des conjoints est tuberculeux, s'il y a des inconvénients à . De ce que les deux époux passent les nuits dans le même lit. Vous
la contagion -
de devez toujours répondre par l'affirmative ; cette question de '^ ^ ""''■ la contagion est aujourd'hui vidée (1) et il est absolement dé-
montré que par les crachats et par le coït même la phthisie
(1) La question de la contagion de delà phthisie, et l'on retrouve dans la phthisie est des plus intéressantes. les auteurs anciens un grand nombre Autrefois on croyait à la contagiosité de faits confirmatifs de cette manière
TRAITEMENT HYGIENIQUE DE LA PIITHISIE. 645
est contagieuse, il faudra donc exiger de vos jeunes ménages qu'ils vivent dans des chambres absolument séparées et vous devrez tenir la main à ce que ces conditions d'isolement soient maintenues avec rigueur.
Quant à l'influence de la grossesse et de l'allaitement, elle est des plus pernicieuses. Voyez dans nos services de crèches, interrogez les mères phthisiques, et vous observerez que toujours la grossesse, et surtout la lactation (1), sont des causes déterminantes et aggravantes de la tuberculose.
Je viens de vous exquisser à grands traits dans cette leçon conclusions cette question du traitement hygiénique de la tuberculose et j'espère vous en avoir montré toute l'importance. Si jamais la phthisie doit disparaître, elle ne le peut que par les progrès incessants de l'hygiène. Cependant, dans les conditions de la vie moderne il s'établit, entre les circonstances qui ne cessent d'affaiblir l'organisme d'une part et les moyens hygiéniques
de voir. Plus récemment, Bernardeau les expériences récentes de Chauveau (de Tours) puis Bergeret (d'Arbois), (de Lyon) seraient à cet égard dé- Castan, Guibout et surtout de Mus- raonstratives (a). grave-Clay ont montré des observa- (1) Mortonetplus récemment Portions non douteuses de contagion de rond ont soutenu que l'allaitement la phthisie par la cohabitation avec par les mères tuberculeuses était une des tuberculeux. Les faits expéri- chose profitable pour elle. La fluxion mentaux de Villemin sont venus dont permanente des seins servirait de ner à ces observations un appui écla- dérivatif à la tuberculose. Grisolle a tant, et aujourd'hui on admet que la démontré au contraire l'influence dégranulation tuberculeuse est non seu~ sastreuse de la grossesse, et tout le lement inoculable, maisque la viande monde aujourd'hui partage cette maet le lait des animaux tuberculeux nière de voir (&). peuvent engendrer la tuberculose;
(a). Bernardeau, Histoire de la phthisie pulmonaire, 1845. —Bergeret (d'Arbois), Phthisie dans les petites localités {Ann. d'hygiène publique, 2'' série, octobre 1867).
— Guibout, Bull. etMém. de la Société méd. des hôp. de Paris, 1866, 2° série, t. III, p. 47. — De Musgraves-CIay, De la contagiosité de la phthisie pulmonaire. Paris,
(6) Perroud, De la tuberculose et de la phthisie pulmonaire. Paris, 1861, p. 254.
— Grisolle, De l'influence que la grossesse et la phthisie pulmonaire exercent réciproquement l'une sur l'autre {Bull, de l'Acad. de méd., 1849-1850, t. XV, p. 10; Arch. gén. de méd., janvier 1849).
em LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.
qui tendent à progresser chaque jour de l'autre, une lutte inégale; ainsi voyons-nous le nombre des phthisiques, malgré tous les efforts de nos édilités, augmenter chaque année et nos services d'hôpitaux regorger de phthisiques; cela résulte non seulement des mauvaises conditions hygiéniques de la classe ouvrière, mais encore de deux autres grands facteurs, l'hérédité et la contagion : L'hérédité, car, par une loi fatale, lorsque le père par son travail et malheureusement aussi par ses excès, devient phthisique, il crée par sa descendance une source prodigieusement féconde de tuberculeux.
La contagion, car aujourd'hui nul ne conteste le contage de la phthisie; le contage peut se produire soit par les crachats, soit par les rapports sexuels, aussi voyons-nous les hygiénistes s'efforcer de tracer les règles prophylactiques applicables à la tuberculose, et Vallin nous a fourni à cet égard les données les plus précises (a). Aussi désormais,vous devrez exiger que le malade crache dans de la sciure de bois humectée de substances antiseptiques, sciure de bois que vous aurez soin de faire détruire chaque jour par le feu. Vous devrez surtout empêcher que des vêtements appartenant à des phthisiques soient portés par d'autres personnes, à moins qu'ils n'aient été désinfectés à l'étuve. Enfin tout local qui aura été occupé longtemps par un phthisique devra être l'objet des mesures de désinfection les plus rigoureuses avant d'être occupé par une autre personne. Vous trouverez d'ailleurs un grand nombre de ces faits de contagion et le moyen d'y remédier cités dans l'important travail denotre collègue Debove (b) sur la contagiosité de la tuberculose.
(a) Vallès, Des mesures prophylactiques à prendre pour empêcher la contagion de la tuberculose dans les hôpitaux (Soc. des hôpitaux, juillet 1884).
(b) Dcbovc, De la contagiosité delà tuberculose. Leçons de clinique professées à Vhopital de la Pitié, Progrès médical, 1883.
TRAITEMENT HYGIElNIQUE DE LA PHTHISIE. Ul
Quoi qu'il en soit, votre devoir est de lutter pas à pas, et s'il est une maladie où le médecin, par son savoir, ses soins, son action morale, puisse avoir quelque influence, c'est à coup sûr la phthisie, cette maladie à évolution lente et progressive dont on peut prévoir le début aux premiers moments de la vie et dont on peut souvent aussi éloigner la terminaison fatale.
Mais rappelez-vous, et je voudrais que ces paroles restassent profondément gravées dans votre mémoire, car elles résument les deux leçons que je viens de vous faire, rappelezvous qu'il n'existe pas plusieurs médications de la phthisie, qu'il n'y en a qu'une, celle qui s'adresse à la nutrition; les autres ne sont que des méthodes adjuvantes, qui deviennent dangereuses si elles arrivent à troubler un seul jour, un seul instant, les fonctions digestives.
J'en ai fini avec les considérations thérapeutiques que je voulais vous présenter sur les maladies du poumon. Dans de prochaines leçons, je compléterai ce sujet en vous exposant le traitement des maladies de la plèvre, du larynx et du pharynx.
TRAITEMENT