TRAITEMENT DES ÉPANCHEMENTS PLEUKÉTIQUES
tendu qu'elle ne modifie en rien la marche de l'affection, puisque la perforation de la plèvre est tout à fait analogue à l'opération que l'on se propose de pratiquer. Certains soutiennent, au contraire, que l'ouverture de la plèvre par les parois costales place le malade dans des conditions plus favorables, cette ouverture permettant un écoulement plus facile du pus et des lavages antiseptiques; ces avantages seraient obtenus d'ailleurs sans aggraver de beaucoup la condition du malade, puisqu'au moment même de l'opération l'air pénètre déjà dans la cavité pleurale et a pu modifier d'une façon plus ou moins fâcheuse le pus qui y est contenu. Je ne puis trancher le débat, n'ayant pas à mon actif assez d'observations personnelles, mais il faut reconnaître qu'une pareille discussion ne pourra s'établir que dans des cas exceptionnels, car, le plus souvent, la production du pneumothorax entraîne rapidement des accidents graves. Mon maître, Béhier, soutenait même que lorsque le pneumothorax n'amenait pas un épanchement pleural dans les quatre premiers jours de sa formation, on pouvait affirmer que le malade devait succomber, et les faits récemment observés par Hérard, qui montrent que l'hydropneumothorax retarde l'évolution tuberculeuse, sont tout à fait exceptionnels; le plus souvent le malade succombe dans un laps de temps plus ou moins court (1), mais qui ne permet pas de discuter l'intervention
ce que l'on doit empêcher en prati- il incline à ce dernier parti lorsque quant la thoracentèse, et cela avant l'air s'épanche dans la plèvre à traque le poumon du côté malade soit vers une ouverture du poumon, et carnifié et celui du côté sain congés- au parti opposé quand il n'en est pas tienne. ainsi {a}.
Roë rapporte dix-neuf casdethora- (1) Béhier, sur 52 cas de pneumo-
centèse dans le pneumothorax, dont thorax, a observé i6 décès ; les cas de
dix avec succès. guérison se montrent surtout lorsque
Quant à la .question de savoir si le pneumothorax est dû à des rup-
l'on doit laisser ouverte ou fermée tures de vésicules pulmonaires em-
l'ouverture qui résulte de l'opération, physémateuses, ou bien à des trau-
» {a) Hamilton Hoë, Soc. méd. chir. de Londres (Lancet, 4 avril 1869).
CLINIQUE THÉRAP.jfd^ édit. H. — 47
chirurgicale et ne nous laisse entre les mains qu'un traitement médical bien peu actif.
Ce traitement consiste à soutenir le malade par un régime tonique, à lui faire quelques injections de morphine pour calmer la douleur et la dyspnée qu'il éprouve, à évacuer par des positions plus ou moins variées le Hquide accumulé dans la plèvre, enfin à employer la méthode des inhalations médicamenteuses pour modifier par ce moyen la surface pleurale et atténuer les effets de laputridité de l'épanchement purulent. (iiicrison spon- Cependant il ne faut pas oublier que le pneumothorax peut
taiiée du , . , .
pneiiraothorax. guerir spoutanemcnt et vous avez pu en voir deux exemples dans mon service. Dans l'un des cas il s'agissait d'un jeune homme atteint de pleurésie purulente et qui nous affirmait que les médecins qui l'avaient soigné auparavant avaient constaté les symptômes de la perforation pulmonaire. Non seulement il avait remarqué lui-même la succession hippocratique, mais encore il avait eu des vomiques; cependant l'examen attentif de la poitrine ne permettait de trouver chez lui que les signes d'un épanchement liquide considérable sans aucune trace d'air; mais dès que nous eûmes fait la ponction, le pneumothorax se reproduisit immédiatement. L'autre cas est tout aussi intéressant. Cette fois le malade avait été observé par le D"^ Sergent, qui avait noté tous les
matismes du poumon; cependanl, lades vivre pendant huit mois; dans
même chez le tuberculeux, le pneu- d'autres cas, au contraire, la mort est
mothorax peut guérir. Woillez, Bier- excessivement rapide et se produit
mer, Béhier en ont cité des exemples. dans les premiers joui^s de la produc-
Dans d'autres cas, la vie peut se pro- tion du pneumothorax, surtout lors-
longer longtemps chez un tubercu- qu'il n'y a pas d'épanchement de li-
leux avec un hydropneumothorax. quidc, et elle survient dans un espace
Barlow a cité des cas de pneuraotho- de temps qui varie de huit heures à
rax dont la durée a été de trois ans six jours (a). et demi. Woillez a vu un de ses ma-
(a) Béhier, Conférences de clinique médicale, p. ASl. — Woillez, Arch. de méd., 1853, t. II, p. (376. — Biermer, Wurtzburger mediùnische Zeitschrift, t. I", 1861, Gaz,. Méd., 1861, p. 789),
TRAITEMENT DES EPANGHEMENTS PLEURETIQUES. 739
signes de l'hydro-pneumothorax, et cependant lors de notre examen il n'y avait d'autres symptômes que ceux d'un épanchement considérable, La ponction a amené l'issue de deux litres de pus, mais elle n'a pas été suivie de la production du pneumothorax et ce malade est aujourd'hui en voie de guérison. D'ailleurs vous retrouverez les détails de ces observations dans la thèse de mon élève le D' Perrachon (a).
Telles sont, messieurs, les indications thérapeutiques que je voulais vous présenter à propos des maladies de la plèvre. Elles nous montrent surtout la haute importance de deux opérations, l'une qui s'adresse aux épanchements séreux, l'autre aux épanchements purulents : la ponction aspiratrice et l'opération de l'empyème. Ce sont deux opérations qui ont fait grandement progresser la cure des épanchements pleuraux. C'est sur leurs indications et contre-indications de l'opération que je me suis étendu le plus longuement, pensant avec raison, je le crois du moins, que c'était le point capital de pareilles leçons et sur lequel il fallait appeler d'une façon presque exclusive votre bienveillante attention.
Il nous reste maintenant, pour compléter notre sujet, à étudier une affection redoutable, malheureusement de plus en plus fréquente dans notre pays, qui frappe le larynx et le pharynx : je veux parler de la diphthérie.
(ff) Perrachon, De la marche de l' hydro-pneumothorax. Th. de Paris, 18S3.
TIUITEMENT