pour 100 du poids
dn corps 14 i
Nawrotzky, Gatzirck ont montré, en 1871 , que les petites saignées ne modifiaient que très peu cette pression et que, même, elle était légèrement augmentée.
Vorm-Mulïer a montré que, pour qu'il y eût diminution, il fallait que Thémorragie atteignît 3.73 pour 100 du poids de ranimai.
Vinay et Arloing ont établi les lois suivantes ;
1° Que la saignée veineuse produit immédiatement une dépression considérable dans la pression des vaisseaux artériels correspondants;
2° Que l'équilibre se rétablit avec une extrême rapidité ;
3° Que les saignées copieuses entraînent de grandes oscillations dé pression.
Pour Hayem, on ne peut fixer aucune loi rigoureuse à propos de la pression du sang. Pour lui, rabaissement ne serait pas progressif; à peine sensible dans le premier cinquième d'une perte de sang mortelle, c'est entre le premier et le deuxième cinquième que cet abaissement se ferait le plus rapidement. 11 serait inappréciable dans les derniers temps de Thémorragie (a).
(1) Wolkmann a démontré l'un des premiers qu'après les saignées la vitesse du cours du sang avait diminué, et Gatzirck a confirmé ses expériences.
Vinay est arrivé à des résultats opposés ; pour lui, les saignées petites ou moyennes s'accompagnent d'une irrigation plus grande des tissus; lorsque la perte de sang devient plus considérable, au contraire, la marche du sang se ralentit et s'altère (b).
(a) Wolkman, Hemodynamik, 1850. — Nawrotzky, Ueber den Einfluss dos Centrum der Nervivagi (Warscftauer Universitàts Nachrichten, n° 3, 1870). —Gatzirck, Ueber den Einfluss Blutenlleerung auf die Circulation und ein Temperttur des Kôrpen (Centralbl. f. tned. XVissensch., n° 53, p. 833, 1871). — Worra-Muller, Die Abhangigkeit des Arteriallen Druckes von der Blutmenge (Bericht und À Gessels. d. Wiss. Math. Phys. Classe, 1873). — Vinay, Des émissions sanguines dans les maladies aiguës. Thèse d'agrégation, p. 21). — Hayem, Des modifications du sang. Paris, 1882, p. 162.
(b) Wolkmann, Hemodynamik, 1850. — Gatzirck, Ueber den Einfluss der Blutentleerung auf die Circulation und die Temperalur des Korpers {Centralbl fmed. Wissensch.t n»53, p. 833, 1871).
nervoux.
Ces modifications circulatoires entretiennent dans le fonc- Action »..r tionnement des différents organes des troubles plus ou lc By*t*mo moins profonds; les mouvements respiratoires, d'abord ralentis, deviennent alors plus fréquents et plus tumultueux à mesure que l'hémorragie devient plus considérable ; mais lorsque rémission sanguine est de moyenne intensité, elle diminue la dyspnée, et c'est là un fait qui nous explique le soulagement éprouvé par le plus grand nombre des malades affectés de maladies du poumon à la suite des saignées (1). Les troubles respiratoires sont liés aux perturbations apportées au fonctionnement du système nerveux par les émissions sanguines.
Ce rôle du système nerveux rend en effet beaucoup plus complexe qu'on ne le suppose la question des effets physiologiques des émissions sanguines, et depuis que nous connaissons l'existence des nerfs vaso-moteurs, il faut faire jouer à l'influence nerveuse modifiée par la saignée un rôle tout aussi considérable, et peut-être plus important qu'à l'effet direct des hémorragies, sur les conditions mécaniques et physiques delà circulation.
Nous devons encore invoquer cette double influence à Ac«on propos de l'action des saignées sur la température (2). La u£m. saignée abaisse la chaleur animale, et cela à l'état physiologique comme à l'état pathologique; il me semble même
(1) Leichtenstern a constaté une menteraient et deviendraient de plus
diminution du nombre et de la pro- en plus irréguliers ù mesure que
fondeur des respirations par les sai- l'hémorragie se produirait,
gnées moyennes. Bauer est arrivé aux Ces modifications résulteraient d'à-
mêmes résultats ; mais lorsque Thé- némies médullaires produites par les
morragie est plus considérable, cette pertes de sang (a).
diminution fait place à une augmen- (2) Chez les animaux, on observe à
talion. Dan s les expériences de Hayem, la suite des saignées un abaissement
les mouvements respiratoires aug- de température. Les expériences de
(a) Leichtenstern, Zeitschrift f. Biologie, M VII, 2 Heft — Bauer, Geschichle der A déviasse. Miïnchen, 1870. —Hayem, Leçons sur les modifications du sang, 1880
ftiir rature.
qu'on n'a pas assez insisté dans ces derniers temps sur la valeur thérapeutique de ce puissant antithermique. Je n'en connais pas, pour ma part, déplus actif ou de plus efficace, et à voir ce qui se produit dans certaines pyrexies, comme la fièvre typhoïde, on est tenté de se demander s'il ne serait pas bon de revenir à la pratique des émissions sanguines, comme le faisaient nos pères.
Voyez ce qui se passe chez nos typhiques : lorsqu'il survient dans le cours de leur maladie une hémorragie un peu abondante, vous voyez immédiatement la courbe thermique s'abaisser, et cela non d'une manière passagère, mais d'une manière durable. Je sais bien que ce bénéfice est obtenu au prix d'une convalescence souvent longue et pénible, mais il n'en reste pas moins ce fait, c'est qu'en se plaçant exclusivement au point de vue de Phyperthermie, la saignée est un puissant dépresseur de cette élévation de la température, et je suis étonné de voir un observateur comme Lorain considérer cet abaissement comme illusoire et passager.
La saignée n'agit pas seulement sur la circulation, sur la respiration, sur le système nerveux, sur la température, elle modifie l'être tout entier et les conditions mêmes de la nutrition.
Acuon sur Toute saignée, comme l'ont montré Lépine, Bauer, Claude Bernard et surtout Hayem, active le mouvement nutritif, mais cette activité produit, si les émissions sanguines sont prolongées, une transformation graisseuse des différents
Marshal-Hall, de Rœrensprung, de gique s'abaisserait aussi. Cependant,
Gatzirck et de Hayem sont absolument Thomas et surtout Lorain ont consi-
confirmatives à cet égard; chez dé ré cet abaissement comme passager
l'homme, la température patholo- et illusoire (a).
(a) Gatzirck, Centralbl., 1871, p. 53. — Bœrensprung, Muller's Archiv, 1851, p. 12G. — Hayem, Modifications du sang.
In nutrition
organes et en particulier du cœur, et c'est là un point qu'il ne faut pas oublier (1).
S'il me fallait donc vous résumer les effets physiologiques de la saignée, applicables surtout aux troubles pathologiques, je vous dirais : les émissions sanguines de moyenne intensité diminuent le nombre des globules, relèvent le pouls en affaiblissant la tension du sang, et elles abaissent la température ; mais leurs effets sont le plus souvent passagers, parce qu'elles provoquent une crise hématoblastique, crise qui tend k ramener le sang à l'état où il se trouvait avant les émissions sanguines, et si ces dernières se multiplient, lesformationshématopoiéliques épuisenll'organisme et amènent promptement des désorganisations graves dans les différents viscères.
Les émissions sanguines locales ont des effets généraux Émises analogues aux saignées générales, mais elles ont aussi des 7owfc!T
(1) Expérimentalement, sous Tin- sur l'augmentation de l'urée qui se
fluence des saignées, au lieu d'obte- produit immédiatement après la
nir un ralentissement des échanges saignée et qui persiste plusieurs
nutritifs, il y aurait au contraire une jours.
accélération; les recherches expéri- Pour lui, la saignée ne produit pas mentales de Lépine arriveraient à ce une simple perte du liquide nourrirésultat. Poui Claude Bernard, la cier, mais amène encore une altérasaignée aurait pour effet constant tion réelle des organes. Aussi, sauf d'accélérer et de provoquer les dans l'asystolie, fait-il les réserves les échanges organiques. plus extrêmes sur l'action thérapeu-
Bauer a étudié expérimentalement tique des émissions sanguines, sur les animaux l'action de la sai- 11 y aurait aussi une perturbation gnée sur la nutrition, et il démontre, de nutrition sous l'influence des saipar l'examen des urines ainsi que par gnées répétées, perturbations caraccelui des gaz de la respiration, qu'il térisées surtout par la transformation va exagération dans les phénomènes graisseuse des organes, et en partide dénutrition et accumulation des culier du cœur, comme Perl l'a dématières grasses; il insiste surtout montré (a).
(a) Lépine, Soc. de biol., 1880. — Perl, Ueber den Einfluss der Anœmia auf die Ernœhrung des Ifenmuskel (Yirchow'e Archiv, 1873, p. 39. 51). — - Bauer, Ueber die Zersetiungsvorgœnhe ein Thierkoeper unter dem Einfluss von BlutenUiehungen [Zeitschrift f. Biologie, Bd VIII, Heft 3. Munchen, 1872).
Saignées locales.
effets locaux tout à fait différents. Le mode d'application de ces émissions sanguines locales est desplus variables, tantôt nous employons l'ouverture directe des veines, tantôt nous avons recours à des moyens mécaniques, comme les ventouses scarifiées, ou à de certaines annélides, comme les sangsues.
La saignée locale proprement dite, c'est-à-dire l'ouverture de certaines veines par la lancette, est tombée encore dans un abandon plus grand que la saignée du pli du coude; cependant dans ces dernières années, Araujo, Chaparr (de Saint-Fort), Mestivier et surtout Aran ont voulu remettre en honneur la saignée des veines ranines, vantée autrefois par Hippocrate (1), Galien, Alexandre de Tralles; de leur côté,
(1) Hippocrate pratiquait la saignée des veines sublinguales dans l'esquinancie. Celse insiste aussi sur la saignée de la langue, et ce qu'il dit à ce sujet est caractéristique :
c Utilissimum estincideresatisalc tis plagis sub ipsis maxillis, supra < col lu m et in palato circa uvam, vel f cas venas quae sub lingua sunt, ut c per ea vulnera morbus erumpat. >
Cet avis était d'ailleurs partagé par tous les auteurs de l'antiquité et Galien, Cœlius Aurelianus, particulièrement Alexandre de Tralle, insistent surtout sur la saignée des sublinguales et même de la veine jugulaire.
A une époque plus rapprochée de nous, Guy de Chauliac, en 1363, recommande de ne saigner les ranules qu'après avoir ouvert les veines du pied et du bras.
Forestus, en i522, saignait ces mômes ranules pour toutes les affec-
tions de la bouche. Lazard-Rivière recommande, en 1589, de ne saigner les ranines qu'après des saignées du bras. Sydenham veut aussi qu'on saigne, dans l'esquinancie, les ranines.
Quant au procédé opératoire, il consiste à ouvrir les ranules. Les auteurs anciens recommandaient, avant de faire cette saignée, de placer une ligature au cou. Mestivier, qui a voulu remettre en honneur cette saignée des ranines, dit qu'il suffit de faire tirer la langue, de la saisir et de l'élever en haut, puis avec une lancette d'inciser transversalement les veines ranines. Aran à beaucoup employé la saignée des veines ranines. Voici comment il la pratiquait :
On soulève la langue comme dans les cas précédents, puis on incise la veine ranine longitudinalement de haut en bas dans toute son étendue («).
(a) Hippocrate, De morbis, livre III, chap. x. — Cclsc, liv. Il, ch. x, p. 81. — Lazard-Rivière, Prax. med., lib. VIII, cap. vu. De antjina. — Mestivier, De U saignée des veines ranines dans les maladies du pharinjc (Bull, de Ihérap., t. LU,
ventouses.
Seutin, Cruveilhier, Denucé (a), ont proposé de revenir à la saignée de la muqueuse nasale. Aujourd'hui, malgré ces tentatives, les saignées locales sont abandonnées, et nous ne nous servons plus que des ventouses scarifiées et des sangsues.
Les ventouses scarifiées (1) sont même aujourd'hui fort en dc« usage, malgré notre répugnance à faire des émissions sanguines, et vous les voyez employées dans bon nombre d'affections et en particulier dans la thérapeutique oculaire.
Ici encore, comme pour la saignée, je vous renvoie à vos manuels de petite chirurgie, pour l'application de ces ventouses, vous rappelant seulement que sous le nom de pneumodenne, Montain (de Lyon), et sous celui de térabdèle {b),
(\) Les ventouses sont constituées pompe très volumineuses, qui ont
par des vases en verre que Ton ap- servi de base à la méthode thé râpe u-
plique sur la peau et où l'on pratique tique qu'il a décrite sous le nom
le vide soit au moyen de la chaleur, d hémospasie.
soit au moyen d'une pompe, soit au Les scarifications peuvent être
moyen d'une poire en caoutchouc. faites soit à la lancette ou au rasoir,
Pour la chaleur on emploie la soit avec un appareil connu sous le lampe à alcool, ou bien encore, ce nom de scarificateur . qui est beaucoup plus court, quelques Boudu, Gama, Gigel, Krantz, Pasmorceaux de papier ou de charpie quier, ont modifié plus ou moins le imbibée dans l'alcool que l'on fait scarificateur habituel, mais ce derbrulerdans l'intérieur de la ventouse, nier reste le plus souvent employé.
La ventouse à pompe est de beau- On a fait aussi de petits scarificu-
coup la plus commode. tours munis de ventouses, qu'on u
Les ventouses en caoutchouc sont décrits sous le nom de sangsues arti-
as>ez employées, elles sont dues à ficielles; c'est ainsi que l'on a la ven-
Hlatin; cependant le vide fait par touse de knussmann et Géorgie, celle
elles est peu énergique et très infé- de Heurteloup. Ces sangsues artiii-
rieur à celui produit par la pompe, cielles sont aujourd'hui absolument
Enfin Junod a fait des ventouses à réservées aux affections oculaires.
p. 12, 1857). — Araujo, Traitement de l'angine parla saignée des veines ranines {U Union, janvier 1853). — Chaparr (de Saint-Fort), Saignée de la langue comme moyen abortif de l'angine maligne (Gai. hebd. de méd., avril 1855). — Aran, De l'emploi de la saignée des veines ranines dans les maladies du larynx, du pharynx, etc. {Bull, de thérap., t. LU, p. 105. 1857).
(«) Denucé, Saignée pratiquée sur la muqueuse nasale {Journ. de méd. de Bordeaux, août 1856). '
(b) Montain, Du pneumoderne {Bull, de thérap., t. XI, p. 211, 1833).
Des
sangsues.
Damoiseau ont fait des ventouàes analogues à celles que Heurteloup et plus récemment de Wecker utilisent encore aujourd'hui dans les affections inflammatoires de l'œil; ce sont là de véritables sangsues artificielles.
Quant aux sangsues véritables (1), elles nous rendent journellement, quoique nous en ayons restreint l'usage, de grands services (2). L'application de ces sangsues, les hémorragies qui en résultent, le moyen d'augmenter l'écoulement de sang ou de l'arrêter, ce sont là des points que vous connaissez tous et que vous apprenez au début de vos
(1) La sangsue appartient à la classe des annélides et à Tordre et à la famille des hirudinées. Les espaces que Ton emploie surtout en médecine sont la sangsue grise (Hirudo medicinalis), la sangsue verte (H. officinalis), qui est plus verdàtre que la précédente et a le ventre non maculé, la sangsue-dragon (H. troctina)y qui a sur le dos six rangs de points roussàtres ou noirs.
Moquin-Tandon estimait qu'une sangsue officinale de petite taille peut absorber deux fois son poids de sang.
Ces chiffres sont bien inférieurs à ce qui se passe en réalité, et cette quantité atteindrait près de 20 grammes de sang par sangsue. D'ailleurs, à cet égard, on divise les sangsues en deux groupes, les petites sangsues dites filets, et les grosses dites vaches. Les premières n'absorberaient que deux fois et demie leur poids de sang, les secondes plus de cinq fois.
On s'est efforcé d'augmenter la puissance absorbante du sang chez les sangsues et on a conseillé de pratiquer la bdellatomie, qui consistait à ouvrir le ventre de l'animal.
C'est Piégu qui fut l'inventeur de ce procédé. Béer (de Berlin) a repris en 1863 les expériences de Piégu et
paraît en avoir retiré de bons résultats.
Pour activer la prise des sangsues, on a conseillé soit de les essuyer dans un linge avant de les appliquer, soit de les tremper dans du vin.
On a recommandé plusieurs procédés pour arrêter les hémorragies produites par les sangsues. L'un des meilleurs consiste à fermer avec une serre-fine l'ouverture triangulaire faite à la peau.
(2) Pour juger de l'emploi toujours décroissant des sangsues, il suffît de se rapporter à la statistique publiée par Lasègue et Regnault, statistique qui montre la quantité de sangsues employées dans les hôpitaux de Paris de 1820 à 1875, et les sommes dépensées à cet effet. Voici ces chiffres :
Consomma lion
moyenne Dépense
annuelle. annuelle.
1820-1824 183000 10000 fr.
On remarquera qu'à mesure que la