de phosphore. Teau de baryte, on en retire de l'a
Frémy a décrit dans ces substances cide stéarique, de l'acide phospho-
grasses phosphorées deux acides glycérique, un acide non azoté et une
qu'il désigne sous le nom d'acide ce- base que Liebreich a décrite sous le
rébrique et d'acide oléo-phospho- nom de neurine.
riqus. Couerbe a aussi décrit dans le
D'après Liebreich, ces substances cerveau plusieurs substances grasses
proviendraient de la décomposition sous le nom de cérébrales, et de
d'un corps neutre azoté et phosphore stéaroconotes ; mais ce sont là des
que Ton trouverait dans le cerveau substances qui semblent être des
et qu'il a décrit sous le nom de pro- composés artificiels (a).
(«) M il ne-Edwards, Cours de physiologie comparée, t. XI, p. 153. — Vauquolin, Analyse de la matière cérébrale de l'homme et de quelques animaux {Ann. de chimie, 1812, t. LXXX1). — fiibra, Vergleichende Untersuchungen ùber das Gehirn. — Frémy, Recherches chimiques sur le cerveau de l'homme (Comptes rendus de VAcad. des sc.y 1840, t. Xï, p. 163). — Liebreich, Ueber die Beschaffenheit der Gekimsubslan* [Arch. der Chem. und Pharm., 1865, t. CXXXIV, .p. 29). — Couerbe, Du cerveau considéré au point de vue chimique et physiologique (Jnurn. de chim. méd., 1834, t. X).
les substances phosphorées que nous introduisons par la voie stomacale sont utilisés pour la nutrition du système nerveux, ce qui est plus que douteux. Nous retrouverons ici, avec beaucoup plus d'obscurité, le môme problème thérapeutique qui s'est posé et qui se pose encore aujourd'hui h propos de la médication ferrugineuse ; et de ce que le fer est une partie constituante du sang, nous ne savons encore comment agissent les préparations ferrugineuses. De même aussi, de ce que le phosphore est partie constituante du système nerveux il ne faut pas en conclure, a priori, que les médications phosphorées soient applicables aux maladies de ce système.
Siège de l'intelligence, de la sensibilité et du mouvement, le système nerveux joue encore un rôle plus important lorsqu'on étudie son influence dans toute l'échelle animale, je veux parler de son action sur la nutrition. La célèbre expérience de Claude Bernard, en 1851 , ouvrit des horizons nouveaux et complètement inattendus sur le rôle du système nerveux dans l'organisme, et laissant de côté ici toutes les découvertes qui ont découlé de cette expérience, je ne garderai que celles qui ont trait à la thérapeutique.
Jusque-là, dans l'étude des substances médicamenteuses, on n'avait considéré que l'action sur le sang et sur le parenchyme des viscères; on pensait que les médicaments, introduits dans l'économie, modifiaient la constitution du sang ou bien les éléments propres des organes, et Ton faisait découler de cette double action leur effet thérapeutique et toxique. La découverte des vaso-moteurs, en nous montrant que la circulation, la sécrétion, la nutrition intime des tissus étaient sous la dépendance de nerfs spéciaux, nerfs vasoconstricteurs, nerfs vaso-dilatateurs, nerfs trophiques, a considérablement modifié cette étude expérimentale et nous a porté à penser que désormais la clef du grand problème de
l'action physiologique et thérapeutique de la plupart des substances médicamenteuses résidait dans l'influence de ces substances sur le système nerveux, tubes et cellules.
Mon devoir est maintenant de vous montrer quels sont les faits positifs, et malheureusement les trop nombreux points d'incertitude et d'obscurité qui régnent encore à ce sujet.
Je ne puis étudier toutes les substances médicamenteuses Dc i'act*°» et vous dire pour chacune d'elles les faits positifs et négatifs camenu qui nous sont fournis par la thérapeutique expérimentale, ^m/norau point de vue de leur action sur les éléments du système vcuxnerveux; cette tâche serait immense et embrasserait la thérapeutique tout entière. Je désire vous montrer seulement, par l'étude de médicaments bien observés à cet égard, l'influence de certaines substances sur Taxe cérébro-spinal ou bien sur les vaso-moteurs.
Les médicaments qui agissent sur Taxe cérébro-spinal et dont nous connaissons ou dont nous avons le mieux étudié Faction sont, à coup sûr, les anesthésiques, qui modifient et altèrent à un moment donné les fonctions du système nerveux, et je me propose d'examiner ici à ce propos deux substances, le chloroforme et l'alcool.
Claude Bernard nous a donné sur l'action du chloroforme De* «nésune série de recherches expérimentales qui peuvent être th6*iqi,cs* considérées comme un modèle du genre (a). Dans une expérience fondamentale, il nous montre d'abord que le chloroforme ne peut agir que si porté par le sang, il arrive à Taxe cérébro-spinal, et je vous en ai déjà parlé l'année dernière, lorsque je vous ai entretenus de la pénétration des médicaments par les voies aériennes; je n'y reviendrai donc pas ici. Toujours par des expériences, il résout le second point du problème qu'il s'était posé, en nous indiquant le
(a) Cl. Berna ni, Des anesthésiques, p. 100.
rôle que peuvent jouer le cerveau et la moelle dans cette anesthésie. L'un et l'autre sont des centres anesthésiques indépendants; mais le cerveau, comme Claude Bernard le dit lui-même, est le centre des centres; c'est-à-dire que lorsque le chloroforme l'a touché, l'anesthésie se généralise à toute l'économie, tandis que lorsque la moelle seule est atteinte, l'anesthésie ne s'étend qu'à une zone limitée de l'organisme.
Puis, par une étude attentive des phénomènes qui se produisent dans la scène anesthésique, l'illustre physiologiste montre que l'axe cérébro-spinal n'est pas atteint dans toutes ses parties au même instant, et qu'au contraire, chacune d'elles subit successivement l'action médicamenteuse. Cet ordre de succession est le suivant : le cerveau est pris le premier et Ton perd d'abord la conscience du moi, mais la moelle reste intacte et les mouvements de totalité du corps ainsi que les mouvements réflexes persistent, A un plus haut degré d'anesthésie, la moelle se prend à son tour; mais le bulbe reste indemne, présidant ainsi aux mouvements de la circulation et de la respiration, qui continuent à se faire sur un véritable cadavre où tout autre signe de la vie a disparu; les réflexes sont abolis, l'anesthésie est générale et le collapsus musculaire absolu. Mais que l'on vienne à augmenter la dose de chloroforme, le bulbe se prend à son tour et l'animal succombe; et dans l'intéressante discussion qui vient de se terminer à l'Académie de médecine, Vulpian nous a montré que si le bulbe parait intact, il est cependant touché, et qu'il suffit chez l'animal d'un ébranlement nerveux un peu actif pour que les fonctions du bulbe cessent à
Do l'action leur tOUr.
directe dos
môdica- Par ces expériences nous voyons bien établie la part qui ™w 6w"r revient à la circulation et au système nerveux dans l'action me"Pl"IInor" médicamenteuse et toxique, la circulation amenant de la
périphérie aux centres nerveux la substance médicamenteuse, et ceux-ci atteints par le médicament généralisant Teflet médicamenteux du centre vers la périphérie. Mais cela ne suffisait pas, il fallait étudier le problème encore plus avant et se demander quelle était l'action intime du chloroforme sur les éléments nerveux eux-mêmes. Claude Bernard nous a alors montré par des expériences d'une rigoureuse précision que, pour les nerfs sensitifs, cette perte momentanée de leurs fonctions était absolument analogue à ce qui se passe lorsque le nerf sensilif succombe par la soustraction du sang; ou si vous aimez mieux, que les troubles de la sensibilité se montrent à la périphérie, tandis que l'action médicamenteuse porte ses effets sur le centre, c'est-à-dire sur la cellule nerveuse, réalisant ainsi cette loi établie par Claude Bernard : Vêlement nerveux perd ses propriétés par l'extrémité opposée à celle où il est atteint.
Mais quelle est l'altération de la cellule nerveuse produite par le contact du chloroforme qui lui a été amené par le courant sanguin? Ici nous ne pouvons faire que des hypothèses. La plus probable est celle qui a été émise par Claude Bernard et qui consiste à admettre que le chloroforme amène une coagulation incomplète de la substance nerveuse qui entoure le noyau de la cellule, que celte coagulation est passagère, mais que dans certaines circonstances elle peut être définitive.
La solution du problème thérapeutique que je viens de résoudre devant vous n'est pas encore complète, car il est un élément du système nerveux qui entre en jeu : c'estle grand sympathique, qui modifie à son tour la circulation et surtout celle du cerveau, et produit alors cette anémie cérébrale, cause du sommeil anesthésique, que Durham etHammond ont signalée les premiers. Mais cet effet peut s'expliquer de la même façon que précédemment, par l'action du
chloroforme sur les centres ganglionnaires du grand sympathique.
Ce que je viens de dire du chloroforme, je pourrais le répéter textuellement de l'alcool : comme lui, il est porté par la circulation aux centres nerveux; comme lui, il trouble plus ou moins l'action de Taxe cérébro-spinal, déterminant, comme lui, d'abord des phénomènes d'ivresse, puis du collapsus; comme lui, il modifie aussi localement la circula- • tion.
De l'action Ainsi donc certaines substances pénètrent par la circula-
c iCO°' tion dans les centres nerveux et s'y fixent; pour l'alcool le fait est indéniable, et par des recherches directes sur des animaux et même sur l'homme, j'ai constaté moi-même la présence de l'alcool dans le tissu cérébral. Bien d'autres substances médicamenteuses se localisent ainsi dans le cerveau, et je ne saurais vous en fournir de meilleur exemple que le plomb ; en effet, l'encéphalopathie saturnine serait produite par la présence de ce métal dans la substance cérébrale, métal que l'analyse chimique a permis d'y constater. Heckel a même montré que chez les animaux que l'on soumettait à l'intoxication du plomb, ce corps, en se fixant dans le cerveau, en modifiait la coloration.
Ainsi donc il est acquis que certains médicaments, qui produisent des modifications dans les fonctions de Taxe cérébro-spinal, agissent directement sur les cellules nerveuses et par leur présence y déterminent des actions passagères ou permanentes qui en modifient les propriétés; voilà un premier fait qui paraît aujourd'hui bien démontré.
Effet do J'ajouterai qu'il faut de plus que ces éléments nerveux ë*ito««"b" soient intacts, et c'est là un point sur lequel je désire appe^
médk«- jer votre attention, car il a une haute importance thérapeu-
menteuses
sur les tique. Nous savons en effet que, sous l'influence de certaines modifications comme celles déterminées par l'alcool, ou par
nerveux.
DU SYSTÈME NERVEUX AU POINT DE VUE THÉRAPEUTIQUE, il
des vésanies cérébrales, les malades acquièrent une certaine immunité à l'action thérapeutique et même toxique d'un grand nombre de médicaments. Nous pouvons ainsi Résistance donner soit aux alcooliques lorsqu'ils sont atteints de déli- ^iêrtîîT. rium tremens, soit aux aliénés lorsqu'ils sont atteints de médu*~ manie, des doses colossales de morphine, d'atropine, de digitale, sans déterminer chez eux des symptômes d'empoisonnement ; alors que ces mêmes doses, chez les mêmes individus, en dehors des périodes de crises, produisent indubitablement les accidents les plus graves.
Comment expliquer de pareils faits? nous pouvons donner ici une explication physiologique basée sur une curieuse expérience de Claude Bernard et de Paul Thénard, expérience qui consiste à soumettre des lapins à l'influence de l'éther, puis à leur injecter dans le tissu cellulaire une dose mortelle de strychnine ; tant que l'animal sera ainsi plongé dans le sommeil anesthésique, les symptômes de l'empoisonnement strychné ne se produiront pas, et si l'expérience dure assez longtemps pour que le poison soit éliminé par les différents émonctoires, l'animal ne succombera pas au poison qu'on lui a administré.
Les mêmes faits se reproduiront avec l'alcool, le chloral, le chloroforme, la paraldéhyde. Pour ce dernier médicament, nous avons montré, Coudray et moi, qu'un lapin auquel on a injecté de la paraldéhyde peut recevoir des doses de strychnine trente fois plus fortes que la dose toxique mortelle. Le même fait a été démontré par Amagat à propos de l'alcool et Jaillet et moi avons tiré parti de cette expérience en sens inverse pour faire supporter aux animaux des doses considérables d'alcool qui eussent infailliblement entraîné la mort des animaux en expérience, si ceux-ci n'avaient été préalablement soumis à l'influence de la strychnine.
Luton (de Reims) a d'ailleurs insisté depuis longtemps sur
cet antidotisme de l'alcool et de la strychnine et a montré que l'un des meilleurs moyens de combattre les phénomènes nerveux de l'alcoolisme était d'employer la strychnine.
Ces expériences sont fondamentales, elles mettent en pleine lumière ce fait capital que lorsqu'un élément nerveux est influencé ou modifié par un premier agent médicamenteux, il ne peut subir l'action d'un autre médicament; on peut affirmer que pour les cas de vésanies cérébrales, ou d'empoisonnement par l'alcool, il en est de même, et que la tolérance exagérée de certains aliénés ou de certains alcooliques à la morphine, par exemple, résulte d'une cause analogue. J'ajouterai même que la susceptibilité variable que présentent certains individus pour les agents médicamenteux a une même origine et que c'est à une irapressionnabilité différente des cellules nerveuses aux agents médicamenteux qu'il faut attribuer leur tolérance thérapeutique.
Mais, comme l'action de l'axe cérébro-spinal est en rapport direct avec l'activité plus ou moins grande de la circulation, on comprend que l'on puisse, en modifiant par des agents médicamenteux cette circulation, modifier par cela même les fonctions du système nerveux, et c'est ce qui m'amène à vous parler de l'action des médicaments sur les vasomoteurs.
Depuis la découverte de Pourfour du Petit (1), depuis
(1 ) La découverte des vaso-moteurs nemann, en renouvelant ces expé-
remonte à 1851, lors de la curieuse ex- riences, avaient obtenu les mêmes
périence de Cl. Bernard. Cependant, effets ; mais c'est Dupuy (d'Alfort) qui
on connaissait depuis longtemps la fit à cet égard, en 1816, avec Bréchet
contractilité du système vasculaire. et en présence de Dupuytren, les ex-
Sénac, Ens et bien d'autres auteurs périences les plus décisives sur l'ac-
avaient admis cette contractilité. tion du grand sympathique sur la
Pourfour du Petit avait en 1727 indi- circulation.
que la rougeur de la 'conjonctive Le premier travail de Cl. Bernard
comme une des conséquences de la date de 1851 et consiste en une courte
section du cordon cortical du grand note à la Société de biologie; il
sympathique, et Cruikshanks et Ar- montrait qu'en enlevant le ganglion
surtout la curieuse expérience de Claude Bernard, nous Aeikmdos savons que la circulation capillaire est sous la dépendance menteur du système nerveux ; aussi cette découverte amena-t-elle ^* ™£ immédiatement une profonde modification dans l'étude de Faction d'un grand nombre de médicaments et on essaya de Médicales diviser en deux groupes distincts, les uns agissant sur les vaso-dilatateurs, les autres au contraire sur les vasoconstricteurs (1).
Dans le premier groupe, c'est-à-dire dans les substances vaso-dilatatrices, on trouverait le curare, l'opium et ses al-
ments vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs.
cervical supérieur chez le lapin, on introduisait une augmentation de la chaleur et une congestion de l'oreille du même côté. Puis parut un travail de Brown-Séquard qui montra qu'en déchirant le bout supérieur du nerf on obtient la contraction des vaisseaux dilatés (a).
(I) Suivant Vulpian, les médicaments qui agissent sur les vasomoteurs se distinguent en deux groupes : ceux qui exercent une action vaso-constrictive, comme la strychnine et les poisons du cœur, le seigle ergoté, la belladone, l'hyoscyamine, la daturine, la nicotine, la quinine, la caféine, le bromure de potassium ; et les substances qui ont une action vaso-dilatatrice, telles que le curare, l'opium, l'ésérine, l'éther, le chloroforme, le ni tri te d'amyle, etc. Ces effets vaso-dilatateurs ou vaso-constricteurs peuvent être pro-
duits de diverses façons. Ces substances, en effet, peuvent agir ou bien directement sur la couche musculaire des vaisseaux, ou bien sur les fibres nerveuses vaso-motrices, ou bien encore sur les centres vasomoteurs. Aussi, pour connaître quel était le véritable mode d'action de ces substances, a-t-on employé plusieurs procédés : on a étudié d'abord par un examen direct l'effet des substances médicamenteuses sur la circulation, soit au moyen de la vue, soit au moyen de l'hémodynamomètre, soit au moyen des traces sphygmographiques, c'est ce moyen qu'a employé surtout Bordier; puis par des destructions successives des filets nerveux vaso-moteurs ou des centres vaso-moteurs, on a cherché à limiter l'action de la substance en expérience. Toutefois, pour Vulpian, malgré toute la rigueur scientifique
(a) Sénac, Traité de la structure du cœur, Paris, 1877, 2° édit., t. II, p. 193 et 194. — Ens, De causa vices cor dis alternas producente. Utrecht, 1875 ; Disput. anal, de Haller, t. II, p. 411. — Pourtour du Petit, Mémoire dans lequel il est démontré que les nerfs intercostaux fournissent des rameaux qui portent des esprits aux yeux {Mémoires de VAcad. des se, 1727, p. 1 et suiv.). — Cruikshanks, Experiments on the nerves, particularly on Iheir reproduction and on the spinal marow of living animais. — Arnemann, Versuche ûber die Régénération der Nerven, Gôttingeo, 17Î7, p. 68, 85, 86, 87, 89, 95, 97, 99, 101. — Dupuy (d'AIfort), Expériences sur V enlèvement des ganglions gutturaux des nerfs trisplanchniques sur des chevaux (Journ. de méd. de Leroux, 1816, p. 340 et suiv.). —Cl. Bernard,
caloïdes, Pésérine, le nitrite d'amylc, etc.; dans le second, qui comprendrait les substances vaso-constrictives, se trouveraient la strychnine, le seigle ergoté, la belladone, l'atropine, la nicotine (1) et la plupart des poisons du cœur.
Malheureusement il faut reconnaître que cette division est basée plutôt sur des hypothèses que sur une démonstration scientifique rigoureuse de leur action, et pour vous montrer combien ce sujet est difficile, je prendrai dans ces deux groupes deux substances et je vous montrerai ce que nous connaissons de positif sur leur action vaso-motrice.
apportée à ces investigations, on sèment de la pression sanguine ne n'est arrivé qu'à des résultats confus se reproduit plus lorsque Ton secet incertains (a), tionne les nerfs vagues au niveaude la (1) Claude Bernard a vu que chez région cervicale. On constate aussi les grenouilles empoisonnées par la chez les animaux curarisés une tonnicotine, la circulation s'arrête dans gestion cousidérable du tube digestif les membranes interdigitales et les et eu particulier de l'estomac . Heiartères se resserrent. 11 a admis que denhain a montré que la nicotine la nicotine avait une action vaso- empêche la sécrétion de la glande constrictive. Pour Vulpian, cet arrêt sous-maxillaire sans agir sur les varie la circulation dépendrait d'un trou- so-moteurs.
ble dans les fonctions du cœur. On De tout ceci, il semble résulter
a prétendu que la pression sanguine qu'il est difficile d'affirmer que la
intra-artérielle s'élève chez les mam- nicotine agit spécialement soit sur
mifères nicotinisés. Vulpian sou- les vaso-moteurs, soit sur la couche
tient, au contraire, qu'elle est ahais- musculaire des vaisseaux, et que son
sée toutes les fois que l'on a soin de action parait beaucoup plus coin-
faire disparaître l'agitation convul- plexe qu'on ne le suppose (b). sive en employant le curare. L'abais-
Influence du grand sympathique sur la sensibilité et la calorification (Comptes rendus de la Soc. de biol., 1851, p. 163). — Vulpian, Leçons sur l'appareil vasomoteur, t. 1er, p. 1 et suiv.
(a) Vulpian, Leçons sur l'appareil vaso-moteur, t. 11, p. 721, 1875. - Bordier De* nerfs vaso-moteurs ganglionnaires, anatomie, physiologie, pathologie, thérapeutique. Thèse de Paris, 4 mars 1878, n° 72, p. 68» — De Barnel de Pontèves, Des nerfs vaso-moteurs et de la circulation capillaire, 1864, n° 132, p. 97. — Schullcr, De l'influence qu'exercent certains médicaments sur les vaisseaux de l'encéphale (Centralblatt, 1874, n° 51, et Gai. méd. de Paris, 12 décembre 1874, p. 628).
(b) Cl. Bernard, Leçons sur les substances toxiques et médicamenteuses, 1857, p. 44)2 et suiv. — Heidenhain, De l'action de quelques poisons sur les nerfs de la glande sous-maxillaire (Pfluger's Arch., t. V, p. 40 et 45, analysé in Arch. de Dhysiol., 1872, p. 520 et 52H. — Vulpian, Leçons sur l'appareil vaso-moteur^ i: U, p. 139.
Parmi les substances vaso-constrictives je prendrai le seigle ergoté; parmi les substances vaso-dilatatrices, je choisirai la morphine.
C'est en 1849 qu'un physiologiste belge, Savet, affirma le Action du premier que le seigle ergoté, dont on connaissait l'action 8C^é!" ecbolique, faisait contracter les artères, John Simon, en Angleterre, en 4850, admit aussi le même fait, et ils prétendirent l'un et l'autre que cette action constrictive sur les artères s'appliquait à toutes les propriétés pharmaceutiques et toxiques du seigle ergoté (i). Ces faits devaient être démontrés par l'expérimentation, et Holmes (a), Wernich,
(1) C'est Savet, en Belgique, en rectement sur les fibres musculaires 1849, et John Simon en 1850, qui des parois artérielles, émirent nettement l'opinion que le Wernich, en expérimentant sur des seigle ergoté fait contracter les ar- lapins et des petits chats, a pu voir 1ère s. Savet attribuait à la contrac- certaines artères de l'oreille et de la tion des artères tous les phénomènes pie-mère se contracter, et cette conqn'il détermine (contraction de Tu- traction se produirait après la section térus, de la vessie). John Simon, au du système sympathique qui les in* contraire, soutenait que le seigle nerve. Schuller a obtenu le môme ergoté agissait d'une façon directe effet dans les vaisseaux de la piesur les fibres musculaires lisses. mère, après la section de la portion
Holme a étudié expérimentale- cervicale du grand sympathique;
ment Faction du seigle ergoté sur la Vogt, au contraire, soutient que les
circulation. 11 a constaté sur la langue principes actifs du seigle ergoté
des grenouilles auxquelles il injectait agissent sur les centres vaso-moteurs.
du seigle ergoté, un rétrécissement Vulpian fait observer que ces ex-
des artères qui durait de 25 à 35 mi- périences ne sont pas démonstra-
nutes. Cette même action se produi- tives, et pour lui l'action directe du
rait sur la membrane interdigitale seigle ergoté sur l'ensemble des
après la section du nerf sciatique. Il fibres lisses n'a pas été mise hors
conclut que le seigle ergoté agit di- de contestation (&).
(a) Holmes, Etudes expérimentales sur l'action de l'ergot de seigle. Thèse de Paris, 1870.
(6) Holmes, Etudes expérimentales sur le mode d'action de l'ergot de seigle. Thèse de Paris, 1870. — Wernich, Beilrag *ur Kennlniss der Ergotinwirkungen (Vireltoufs Arch., 1872, t. LVI, p. 19, analysé in Centralblattt 1873, p. 236). — Sehaller, De l'influence qu'exercent certains médicaments sur les vaisseaux de f 'encéphale (Centralblatty 1871, n* 51, analyse développée in Gai. méd. de Paris , 12 décembre 1874, p. 628). — Vogt, Berlin, klin. Wochenschrifr 1872, n» 10. Labadic-Lagrave, l'Ergot de seigle en France et en Angleterre (Gai. hebd., 1873} p. 219). — Vulpian, Leçons sur l'appareil vaso-moleur, Paris, 1875.
Schuller, Vogt, montrent chez les grenouilles comme chez les autres animaux supérieurs, le chat et le lapin, l'action constrictive, sur les vaisseaux artériels de ces animaux, du seigle ergoté ou de i'ergotine.
Mais comment se fait cette action sur les fibres lisses de ces artères? Est-ce un effet direct, est-ce au contraire en influençant les nerfs vaso-constricteurs? Sur ce second point les expériences sont contradictoires. Wernich et Schuller affirment que la contraction a lieu lorsque le vaisseau est dépouillé de tous les nerfs qu'il peut recevoir du grand sympathique; Vogt, au contraire, affirme que l'action vasoconstrictive du seigle ergoté résulte d'une modification sur les centres vaso-moteurs. Comme vous le voyez, la physiologie n'a pas répondu nettement à cette question, et, comme le dit fort bien Vulpian, nous n'avons encore à ce sujet aucune expérience décisive.
De ration Ces mêmes hésitations, nous les retrouvons à propos de morphine, l'étude de la morphine. Oui, la morphine amène une congestiondelaface,produituneconstrictionde la pupille et semble amener un relâchement des fibres lisses. Mais comment se produit cette action? C'est là unproblèmenon encore résolu. Des médi- Qu°i qti'il en soit, on peut dire cependant, en se basant sur les données déjà acquises, que le groupe des médica-
eamoiits
que» et ments spasmodiques et antispasmodiques ne doit son action modiques, thérapeutique qu'à l'effet qu'ils produisent sur les fibres lisses et que cet effet doit être le plus souvent indirect et doit porter d'abord sur les éléments vaso-moteurs. Il est bien difficile, en effet, d'affirmer, quelque soin que l'on ait mis à faire l'expérience physiologique, que l'on ait détruit tous les éléments nerveux qui innervent un groupe musculaire ou les parois d'un vaisseau; d'ailleurs, dans ces sections, les extrémités terminales des nerfs existent encore et il est probable, dis-je, que c'esten agissant sur ces extrémités
que se produit l'effet de contraction ou de resserrement des éléments musculaires.
Mais ce n'est pas tout : les médicaments agissent encore rôic du sur les sécrétions, et c'est là, il faut le reconnaître, un des 8^™cx effets les plus actifs que nous recherchons dans leur action ; <!an8.lc8
* * sccrc lions.
qu'il s'agisse du rein, des glandes salivaircs, de la peau, vous n'ignorez pas la grande influence thérapeutique, dans la cure des maladies, des diurétiques, des sialagogues et des sudorifiques.
Jusque dans ces derniers temps on faisait jouer à l'action de certains principes contenus dans ces médicaments, sur l'élément glandulaire lui-même, le rôle le plus important; aujourd'hui, par suite de la découverte des nerfs sécréteurs, cette théorie doit être abandonnée etil faut admettre que ces médicaments agissent directement soit sur ces nerfs, soit sur la membrane unifiante qui les fixe aux éléments sécréteurs.
Mais, pour vous montrer, messieurs, sur quelles cxpé- Des médiriences est basée cette nouvelle manière de voira propos des J™™*„, médicaments qui activent les sécrétions, je veux vous résumer en quelques mots, pour terminer, les curieuses expériences que l'on a faites sur Faction du jaborandi et de l'atropine sur certaines glandes salivaires.
Parmi ces glandes, il en est une qui se prête facilement Do ranla. aux expériences, au point de vue, bien entendu, des nerfs *™^ qui l'innervent : c'est la glande sous-maxillaire. Cette glande ™ndi reçoit deux ordres de nerfs : les uns proviennent de la corde ratropinc du tympan et du lingual, branche du maxillaire inférieur; les autres viennent du ganglion cervical supérieur ; on peut, en détruisant ce dernier ou en coupant les premiers, étudier Tinfluence de ces deux origines nerveuses sur la sécrétion de cette glande, car un tube introduit dans le canal de Wharton permet d'apprécier l'écoulement de la salive chez l'animal que Ton a soin de curariser.
CLMIQl'E TBÊRAP., 6" éftît. III. — 2
Lorsqu'on excite la corde du tympan, on augmente la circulation de la glande et sa sécrétion ; il en est de même lorsque les excitations portent sur les filets du sympathique (i). Heidenhain a montré ce premier fait que, lorsqu'on empoisonne l'animal par l'atropine, l'excitation de la corde du tympan produit bien l'augmentation de la circulation, mais n'amène plus la sécrétion de la salive; l'atropine a donc agi sur les nerfs sécréteurs de la glande en respectant les vasomoteurs. Mais on pourrait dire cependant dans ce cas que l'atropine a porté son action sur la cellule sécrétante dont elle a détruit l'effet; il n'en est rien, car, chez le même animal atropinisé, nous pouvons ramener la sécrétion de la salive en excitant la branche du grand sympathique, ce qui nous démontre que l'appareil glandulaire n'est pas altéré dans ses fonctions.
Chez un autre animal que l'on soumet à la même expérience, mais chez lequel, au lieu d'injecter de l'atropine, on introduit du jaborandi, on observe au contraire une augmentation dans la sécrétion de la salive.
Enfin, lorsque chez un même animal on introduit successivement de l'atropine, puis du jaborandi, on ne voit plus se produire cette sécrétion exagérée : ces deux substances sont, comme on l'a dit, en antagonisme thérapeutique.
(1) Quand, après avoir coupé la vaso-dilatatrice; on obtient le môme
cordé du tympan, on excite le bout résultat en se servant de l'atropine
périphérique de ce nerf, on voit tous ou bien de la cicutine et môme de
les vaisseaux sedilater et la sécrétion l'iodure d'éthylstrychnium ; les ex-
salivaire augmenter : cependant ces périences de Vulpian, de Heidenhain
deux actions, l'action secrétaire et et de Joliet sont, à cet égard, abso-
l'action vaso-motrice, sont distinctes; ment démonstratives. Il y aurait
car lorsqu'on emploie, comme Ta donc, comme on le sait, des médica-
fait van Vittch, une certaine dose de ments qui agiraient sur les nerfs vaso*
curare, on paralyse l'action sécré- dilateurs ou vaso-constricteurs (a), toire sans modifier en rien l'action
(a) YulpiuQ, Leçons sur les substances toxiques et médicamenteuses.
DU SYSTÈME NERVEUX AU POINT DE VUE THÉRAPEUTIQUE. 19 Que démontre cette expérience? C'est que le jaborandi ne détermine pas la sécrétion salivaire, comme le pensait Gùbler, par la présence de certains de ses principes dans la cellule sécrétante elle-même, car nous avons vu par la première expérience que l'atropine ne détruisait pas les propriétés de cette cellule sécrétante, mais qu'elle a une action spéciale sur certains éléments qu'il nous reste à désigner.
Quel est ce point anatomique sur lequel agit l'atropine, ou le jaborandi? Est-ce l'élément nerveux lui-même? D'abord il faut éloigner toute action sur les centres nerveux ou sur leurs conduits : nous avons vu l'action de l'atropine et du jaborandi se produire chez les animaux dont on a détruit soit la corde du tympan et ses origines, soit les ganglions du grand sympathique; l'effet de ces deux médicaments ne pourrait donc porter que sur la partie périphérique de ces deux nerfs. Mais entre les extrémités des filets terminaux des branches du sympathique et des branches de la corde du tympan il n'existe, au point de vue anatomique, aucune différence et il est difficile d'admettre qu'une substance médicamenteuse ou toxique, introduite par la circulation, puisse laisser intacte la structure des unes en altérant la structure des autres.
Il est donc probable que ce n'est pas sur l'extrémité des tubes nerveux (1) qu'agissent les substances médicamen-
(l)Coyne a étudié les terminaisons très ans, aboutissant à l'épithélium
des nerfs dans les glandes ; il a lui-même ; mais Rouget a fait obser-
trouvé, au-dessous de la paroi propre ver que les filets nerveux décrits par
des glandes, des cellules triangulaires Pflûger n'étaient pas comparables
on allongées, à prolongements mol- aux terminaisons nerveuses, car ils
tiples, ayant tous les caractères des conserveraient leur gaine de myéline
cellules nerveuses. H a pu suivre les jusqu'au contact de la paroi propre,
fibres nerveuses jusqu'à ces cellules, ce qui serait une exception ; d'ailleurs
mais il n'a pu trouver la connexion Pflûger est le seul qui ait rencontré
qui pouvait exister entre ces cellules ces terminaisons nerveuses dans
et les éléments épitbéliaux. l'épitbélium des glandes.
Pflûger a décrit des filets nerveux Hermann, en étudiant les glandes
20 LEÇONS DE GLINIQilfi 'WH&ttAPEUTIQLE.
teuses (jaborandi et atropine), mais bien sur la substance unissante qui est interposée entre les extrémités nerveuses de la corde du tympan ou du grand sympathique d'une part et les éléments sécréteurs de l'autre. Quelle est cette substance unissante? C'est là un grand problème anatomique et physiologiqueipji n'est pas résolu, et c'est à l'avenir seul qu'il appartient de nous dire quel grand rôle lui est réservé dans les sécrétions.
Mais je tenais à vous montrer que, si les difficultés de ces problèmes physiologiques augmentent à mesure que l'analyse expérimentale devient plus rigoureuse, il n'en résulte pas moins que de pareilles recherches amènent une précision scientifique remarquable dans l'étude de l'action médicamenteuse et que c'est dans cette voie seule que la thérapeutique expérimentale peut progresser.
Telles sont les considérations générales que je voulais vous présenter à propos du système nerveux considéré au point de vue thérapeutique; elles vous montrent les difficultés du problème et comment on doit désormais aborder ces recherches.
Mais, avant de commencer l'étude des diverses affections du système nerveux, je désire vous exposer les applications de deux agents thérapeutiques qui ont, dans la cure de pareilles affections, une influence prépondérante, je veux parler de l'hydrothérapie et de l'électricité : je consacrerai à celte étude les deux leçons qui vont suivre.
sudoripares, a trouvé un grand nom- les parois de ces glandes ; il est par bre de fines fibres nerveuses autour conséquent probable que les filades parois glandulaires. 0. Cadiat ments nerveux décrits par Hermann fait observer que la présence de ces vont se terminer soit sur les vaisfibres nerveuses est expliquée par le seaux sanguins, soit sur les éléments fait de l'existence d'un très grand musculaires appartenant en propre à nombre de fibres musculaires daus la glande (a).
(a) Coyne, De la terminaison des nerfs dans les glandes (Comptes rendus de l'Académie de sciences, 1878). — Cadiat, Traité d'anatomie générale, t. Il, p. 152.
DEUXIÈME LEÇON
Sommaire. — Historique d«j l'hydrothérapie. — Priessnitz. — De l'action physiologique du froid. — De la réaction. — Action de l'hydrothérapie. — Action sur le système nerveux. — Action sur la circulation. — Action sur la nutrition. — Mode d'application de l'eau froide. — Des douches. — De la pression de l'eau. — De la température de l'eau. — Des douches alternantes. — De la durée de la douche. — De la sudation avant la douche. — Des immersions. — Des aflusions. — Des applications de glace. — Des pulvérisations d'éther.
Appliquée (1) dès la plus haute antiquité à la cure de cer- Historique. taines affections, l'eau froide cependant n'est entrée, à notre époque, dans le domaine habituel de la thérapeutique qu'à la suite des efforts d'un simple paysan, guérisseur de cam-
(1) De toute antiquité, on a employé l'eau froide, et non seulement comme moyen hygiénique, mais comme moyen de traitement. Hippocrate, dans son Traité de Pair, des eaux et des lieux, insiste sur l'eau froide dans le traitement des maladies. Mais ce furent surtout les Romains qui usèrent de l'hydrothérapie, et un certain Charmis (de Marseille) soutient que c'était par l'eau froide que Ton pouvait guérir toutes les maladies. Celse, Arétée, Cœlius Aurelianus, insistent sur la médication par l'eau froide et surtout sur le traitement de la fièvre par ce moyen, pnis tout tombe dans l'oubli jusqu'au x\ïim siècle.
En 1638, Louis Septala recommande les douches froides ; puis un Belge, Hermann van der Heyden,
l'emploie dans toutes les maladies, et un Anglais, Foyes, recommande l'hydrothérapie avec grand enthousiasme.
Au xvuT siècle parait une dissertation, en 1712, de Frédéric Hoffmann, ayant pour titre De aqua medicina univcrsali, et qui montre les succès merveilleux que l'on peut obtenir par l'eau froide, et cette méthode se répand rapidement en Allemagne.
En Angleterre, Wright, Greywy (d'Edimbourg), et surtout Currie (de Liverpool), qui tentent une explication physiologique de l'action de l'eau froide, impriment une vigoureuse impulsion à l'emploi de cette méthode.
En Italie, Giannini, Vallisneri, Cocchi, se sont fait les adeptes de l'hydrothérapie; enfin, en France,
pagne, et ce n'est qu'après son emploi empirique que des travaux véritablement scientifiques se sont efforcés d'expliquer les effets et de fixer les indications de ces applications de l'eau froide.
PricMnitz. A Graefenberg, village de la Silésie autrichienne, vivait au commencement de ce siècle un certain Priessnitz, fort observateur et fort intelligent, qui avait remarqué l'heureuse influence de l'eau froide sur les animaux confiés à sa garde. S'imaginant que les maladies imprégnaient l'homme comme le font les liquides lorsqu'il pénètrent dans une éponge, il soutint que, pour les guérir, il suffisait de laver avec soin l'organisme afin d'en chasser les produits morbides.
on emploie très peu cette méthode, En France paraissent successive-
qui n'a, du reste, de défenseur que ment les travaux de Scouttcten, de
Pomme. Schedel, de Fleury, de Beni-Barde;
Cependant, malgré tous ces Ira- en Italie, l'ouvrage de Chiapponi
vaux, l'hydrothérapie serait restée (de Milan) ; en Angleterre, les traités
dans l'oubli sans l'intervention d'un de Johnson et J. Manby-Gully ; en
simple paysan de la Silésie autri- Amérique, les ouvrages de Belle (de
chienne, Priessnitz. Philadelphie) et de Nicanor Rojas
Dans ces derniers temps, l'étude (de Santiago) ; en Allemagne, les
de l'hydrothérapie prend une direo traités de Rosar, de Lersch, de
tionplus scientifique et l'on s'efforce Pleniger, etc. (a). d'étudier ses effets physiologiques.
(a) Hippocrate, traduction de Daremberg, Traité des airs, des eaux et des lieux, p. 345 et suiv. — Wright, Lond. M éd. Journ., 1786. — lames Currio, Médical reports on the effeets of the water cold and warm as remedy in fever and other diseases. Liverpool, 1798, 4° édition. — Giannini (Jos.), Delta natura délie febri e del miglior metodo di curarle. Milan, 1805-1809, traduction du docteur Heurteloup.
— Cocchi, Sopra l'uso externo delta acqua fredda sut corpo umano presso gli an tic ht. Florence, 1741. — Pomme, Traité des maladies vaporeuses des deux sexes. Paris, 1765. — Scouttcten, De l'hydrothérapie. Paris, 1848. — Schedel, Examen pratique de l'hydrothérapie. Paris, 1844. — Fleury, Traité de l'hydrothérapie, 5* édition, Paris, 1856. — Chiapponi, Sull'uso terapeutico dell'aqua fredda, 1855. — Beni-Barde, Traité de l'hydrothérapie. Paris, 1874. — Johnson, Researches into the effeets of cold water upon the healthy body to illustrale, etc. London, 1850. — Manby-Gully, The water cure in chronic diseases. London, 1863.
— Bell, A treatise on baths, including cold, sea warm, hot, vapour, gas and land baths, etc. Philadelphie, 1850. — Rojas, Hidrotherapia explicada. Yalparaiso, 1871. — Rosar, Die Anwandung und Erfolge des wassersals Heilmittel besonders in chronisclien Kranklteitsformen, in acuten Krankheiten. Prag, 185&-1859. — Lersch, Die physiologischen und therapeutischen Fundamente der praktischenchen Balneologie und Hydroposie. Bonn, 1868. — Pleniger (Andréas), Specielle Pathologie und Hydrothérapie nach dem heiltiyen Standpunkte. Wien, 1860.
Il appliqua donc l'eau froide à la cure de la plupart des affections et il modifia successivement les divers procédés d'hydrothérapie qu'il mettait en usage ; d'abord il employa les sudations suivies d'affusions froides, puis il conseilla l'enveloppement avec le drap mouillé et enfin les lotions froides ; il obtint avec ses agents des cures merveilleuses qui portèrent au loin sa réputation.
Bientôt on vit accourir de tous les points de l'Europe des malades qui venaient réclamer les soins du guérisseur de Graefenberg, et les masures du village disparurent pour faire place à de nombreux hôtels qui devinrent bientôt insuffisants, tant le nombre des malades allait chaque jour grossissant. Frappé de ce succès, le gouvernement autrichien nomma bientôt une commission qui donna officiellement à Priessnitz la direction de l'établissement hydrothérapique qu'il avait fondé, et bien des années après, le rénovateur de l'hydrothérapie succombait comblé de fortune et de gloire. Tel est le curieux début des pratiques hydrothérapiques modernes et qui devait son éclat à l'empirisme le plus grossier. Depuis, les travaux de Scouttelen, deSchedel,de Fleury, de Beni-Barde, de Delmas en France; de Chiapponi en Italie : de Johnson et de Manby-Gully en Angleterre ; de Bell et de Nicanor Bojas en Amérique ; de Hosar, de Lersch, de Pleniger en Allemagne; de Scheuer en Belgique, ont imprimé à l'étude de l'hydrothérapie une voie absolument scientifique et médicale, et c'est dans ces travaux que j'ai puisé les quelques considérations dans lesquelles je vais entrer. Je ne ferai ici qu'un résumé de cette grande question de l'hydrothérapie. Pour ceux qui voudraient étudier plus complètement ce sujet, je les renvoie aux leçons que j'ai faites sur ce point de l'hygiène thérapeutique (a). Ils y trOUfa) Dujardin-Beauinetz, Conférence» de l'hôpital Cochin, 1886-1887 (Hygiène théripeutique, p. 86, Paris, 1888).
froid.
veront une exposition complète et de l'action physiologique de l'eau froide et de ses applications à la thérapeutique. i>e raction j)e nombreux travaux ont été faits dans ces dernières
pliysiolo-
gique du années sur l'action du froid et de l'eau froide en particulier, et je vous citerai surtout le beau travail de Winternitz. Lorsqu'on applique un corps froid sur un point de l'économie, soit la glace, soit l'eau froide, on détermine des perturbations dans le système nerveux, portant sur l'axe cérébrospinal et surtout sur le grand sympathique.
Ces phénomènes sont variables suivant l'application plus ou moins longue du corps réfrigérant : si l'application est courte et de peu de durée (1 ), la sensibilité tactile est d'abord augmentée; puis, si elle se prolonge, tous les modes de sentir de la peau disparaissent, et vous savez que l'on a utilisé ce fait en thérapeutique chirurgicale pour pratiquer
(1) Le froid fait indifféremment et avec l'esthésiomètre de Siéveking
surexciter, abaisser ou abolir l'excita- par Helmholtz, par la constatation de
bilité des nerfs sensibles, et Richard- la vitesse de nos impressions sensi-
son a bien montré les modifications tives. Cette vitesse serait de 72 mètres
qui varient selon la durée d'applica- à la seconde, à la température de
tion du corps réfrigérant. Quand la 36 à 38% tandis que, lorsqu'il y
température de la peau s'abaisse a un abaissement de la tempéra-
légèrement au-dessous de 35#, la cir- ture, cette vitesse devient dix fois
culation devient plus active et moindre.
la sensibilité plus exquise {statium Ces mêmes modifications de la sen-
actionis). Lorsque la réfrigération sibilité se produisent lorsqu'on ap-
des téguments est plus intense, la plique le corps réfrigérant sur le
sensibilité s'émousse de plus en plus tronc du nerf sensible, et ces appli-
et à — 8*8 est complètement abolie cations amènent d'abord une hyper-
(statium inerties)', puis la sensibilité eslhésie, puis une période d'anes-
reparaît lorsque la température re- thésie complète. Les expériences de
vient à 35°5. Waller, de Rosenthal, d'Eulenburg,
Ces modifications de la sensibilité de Weir Mitchel, de Berk, sont à cet ont été constatées par Winternitz égard des plus concluantes (a).
(a) Richardson, Action des réfrigérations extrêmes sur le système nerveux {M éd. Times, t. II, 11 mars 1845). — Winternitz, Die Hydrothérapie aufphysiologischen und klinische Grundlage. Vienne, 1877. — Wallor, Sur les symptômes produits par l'application du froid sur le nerf cubital (Arc h. gén. de méd„ 5# série, t. XX, p. 346, 1862). — Eulenburg, Lehrbruch der functionnellen Nervenkrankheiten. Berlin, 1871. — Weir Mitchel, Des lésions des nerfs et des mouvements de recul chez les oiseaux par l'application du froid (Arch. de phys., t. l,r,
l'anesthésie locale; enfin, si Ton cesse cette application du corps réfrigérant, la sensibilité apparaît de nouveau avec un certain degré d'hypéresthésie.
Mais la modification la plus profonde et celle qui entraîne les conséquences les plus heureuses, au point de vue thérapeutique, est la perturbation apportée aux vaso-moteurs. Sous l'influence de l'action réflexe (1), on voit, à la suite des applications d'eau froide, les capillaires se resserrer, la chaleur périphérique diminuer, la sécrétion cesser, la peau devenir pâle, les éléments musculaires se contracter (2) et donner lieu à ce qu'on appelle la chair de poule; en même temps, les battements du cœur diminuent, la tension artérielle augmente, comme l'a bien montré d'ailleurs Delmas (de Bordeaux), et le malade éprouve un frisson général.
Tous ces symptômes disparaissent d'autant plus rapidement que l'action du froid a été plus courte ; à cette période
(1) Edwards, Brown-Séquard et (2) Sankowy a constaté chez les
Tholoznn, Vulpian ont montré que grenouilles soumises au froid l'action
lorsque Ton plonge une main dans suivante sur la fibre lisse : l'eau froide, on abaisse ou on élève 1° Chez la grenouille, les muscles
la température de l'autre main. lisses, durant la vie, se contractent
Brown-Séquard a de plus signalé sous l'influence du froid; que les phénomènes réflexes déter- â° Les. muscles lisses, privés do
minés par les applications locales du vie, du môme animal, ne sont plus
froid sur la peau se produiraient influencés par le refroidissement; dans un point symétrique à celui où 3° Chez les mammifères, Faction du
était faite l'application locale. Du- froid sur les fibres lisses produit en
montpallier a récemment encore in- général des effets inverses de ceux
sisté sur l'étude de la localisation des qui sont observés chez la gre-
points esthésiogènes de la peau (a). nouille (b).
p. 477, 1868). — Berk, Ueber den E in /lus s der Kalte auf den thierischen Organisme* (Deutsche Klinik, P- 6-8, 1868).
(d) Edward*, De l'influence des agents physiques sur la vie. Paris, 1824. — Browo-Séquard ot Tholozan, Recherches expérimentales sur quelques-uns des effets du froid (Arch. gin. de méd.y 5* série, t. XII, p. 683, 1858). — Dumontpallier, Leçons sur les actions réflexes (Un. méd., 1880).
(k) Sankowy, Ueber den FÀnfluss der Temperatur auf den Quergestreifter und Glmtler Musculatur verscheidener Thierklapen (Pflûgefs Arch., Band IX, p. 31)9, iX71i.
Action do l'hydrothérapie.
succède alors un autre ensemble de symptômes auquel on a donné le nom de réaction, réaction qui est caractérisée par des manifestations inverses : la peau devient rouge, les sécrétions augmentent, les fonctions musculaires acquièrent une nouvelle énergie, et Ton éprouve une sensation de bienêtre toute spéciale (1).
C'est dans cette double action sur le système nerveux qu'il faut chercher l'explication des effets de l'hydrothérapie, qu'on la considère comme médicament antithermique, ou comme médicament antinerveux, ou comme moyen hygiénique.
L'hydrothérapie semble exercer aussi une certaine action sur la pression sanguine : Kaufmann et de Bary ont vu l'enveloppement dans le drap mouillé diminuer cette pression chez des sujets atteints de pneumonie et de néphrite aiguë et d'ailleurs non débilités. Chez ceux qui réalisent celte dernière condition, le môme procédé provoque une augmentation de pression qui témoigne de son action tonique. Une pareille donnée peut recevoir son application dans la pratique.
Je laisserai pour le moment de côté les effets antilhermiques de l'eau froide ; j'y reviendrai lorsque je vous parlerai du traitement de l'hyperthermie par les bains froids («), et je ne m'attacherai ici qu'à bien mettre en lumière les résultats que l'on peut tirer, dans les maladies nerveuses, de ce double effet physiologique.
(1) W al 1er, Rosenthal, Eulenburg motrices, (in courant très faible
ont étudié l'action produite par le amène une contraction très énergi-
froid appliqué localement sur les que» mais lorsque l'application de la
nerfs moteurs ; ces expérimentateurs glace continue, cette hyperesthésie
ont observé qu'au début il y avait disparaît pour faire place à une
exagération de l'excitabilité des fibres akinésie complète (b).
(a) Voy. tome III, Traitement des fièvres* Leçons sur te traitement de la fièvre typhoïde.
(b)W 'aller, Sur les symptômes produits par l'application du froid sur le nerf 'cubital.
Pour que les fonctions du système nerveux s'accomplis- Action sur sent d'une façon régulière, il faut que non seulement il y ait loncmuT° une intégrité complète de toutes les parties constituant ce système, mais encore qu'il reçoive d'une façon régulière et suffisante un sang artériel non altéré. Lorsque l'une de ces conditions n'est pas remplie, il se produit immédiatement des modifications plus ou moins profondes dans ce système. Ce premier fait acquis, nous pouvons immédiatement tirer les conséquences les plus positives au point de vue de l'hydrothérapie, qui agit sur le système nerveux, sur la circulation et sur la nutrition.
Sur le système nerveux, par la perturbation brusque qu'elle amène dans le fonctionnement des phénomènes sensitifs et moteurs, l'hydrothérapie rétablit le jeu régulier de l'axe cérébro-spinal, elle met de plus en action les centres nerveux vaso-moteurs, et produit ainsi un équilibre entre le fonctionnement du cerveau et de la moelle d'une part, et du grand sympathique de l'autre ; enfin, elle atténue de plus l'action exclusive de certaines affections locales qui sont, grâce aux phénomènes réflexes, le point de départ d'une perturbation secondaire plus ou moins grande du cerveau et de la moelle.
Par son action sur la circulation qu'elle régularise et Action qu'elle active, l'hydrothérapie vient encore modifier heu- ^J,*. reusement les fonctions du cerveau et de la moelle. Enfin, Uonpar ses effets généraux sur la nutrition (1), par son action
(\) Kund a expérimenté l'influence revenir au relâchement physiolo-
dn froid sur l'empoisonnement par la gique ; les autres au contraire, celles
strychnine; il place les grenouilles qui sont refroidies, conservent leur
strychnisées, les unes à une tempe- contracture pendant longtemps,
rature de 34% les autres à une te m- Ces mêmes expériences ont été re-
pérature très basse. Les premières produites chez le chnt avec les mêmes
ne tardent pas à voir leurs muscles résultats (a).
(«) Kund, Gûi. méd., 1857.
Action indirecte ou directe sur les nerfs vaso-constricteurs et vasomaruion. dilatateurs, sur les nerfs sécréteurs et enfin sur les nerfs trophiques, Feau froide agit sur la nutrition, favorise le jeu régulier des différents organes, et devient un des agents les plus actifs de la médication tonique et reconstituante. Sous son influence, les globules deviennent plus riches en hémoglobine, l'oxygénation du sang plus active, et c'est encore là une action dont nous devons tenir compte dans le traitement des affections du système nerveux.
Tel est le véritable effet de l'hydrothérapie dans la cure des maladies nerveuses. Je sais que l'on a discuté longtemps pour savoir si l'action de l'eau froide était ou sédative, ou excitante, ou perturbatrice. Les uns, avec Trousseau, ont prétendu que l'eau froide était le meilleur des sédatifs; les autres, comme Fleury, ont affirmé son action excitante; d'autres, au contraire, ont soutenu avec Bloch son action perturbatrice. Ce sont là, je le crains, des discussions un peu oiseuses, car, selon que l'on considère les effets de l'eau froide pendant ou après son application, on voit qu'elle produit des phénomènes opposés et qu'elle peut être donc, tour à tour perturbatrice, excitante et sédative. Modo» Ce n'est pas tout de connaître les effets physiologiques ou dtiion1do" thérapeutiques de l'eau froide, il faut aussi savoir quelles re«u Sont les conditions qu'il faut remplir pour en obtenir les effets les plus favorables. Je vais donc ici rentrer dans quelques détails que je crois utiles, car on voit un grand nombre de médecins prescrire l'hydrothérapie sans insister ni sur le mode d'application, ni sur la durée de la douche, ni sur la température de l'eau. Il faut, au contraire, que vous fixiez avec grand soin tous ces points dans vos prescriptions, et que vous ne laissiez pas souvent, à des personnes étrangères à l'art de guérir, la direction de ce traitement hydrothérapique.
froide.
Les moyens d'application de l'eau froide sont nombreux, et ces moyens peuvent être rangés en trois groupes distincts : dans l'un, l'eau est douée d'une pression considérable ; dans l'autre, cette pression n'existe plus ; enfin, dans le troisième, on applique l'eau froide sur le corps au moyen de linge ou d'épongé. A ces trois groupes correspondent trois modes d'application différents, qui sont : les douches, les immersions et enfin les lotions.
Les douches sont de beaucoup les plus employées; elles se divisent en un grand nombre de variétés qui dépendent de l'instrument qui sert à les administrer ; nous avons ainsi la douche en pluie, la douche à colonne, la douche à lame concentrique, la douche en nappe, la douche en cercle, et enfin la douche en jet mobile. Je n'ai pas à insister longuement sur ces différents appareils, vous les connaissez presque tous : dans la douche en pluie, c'est une pomme d'arrosoir plus ou moins étendue qui fait arriver l'eau sur le patient ; dans celle à colonne, c'est une ouverture circulaire par où se fait la chute de l'eau ; dans celle à lame concentrique, la pomme d'arrosoir au lieu d'être percée d'une multitude de trous, présente des fentes circulaires; dans celle en nappe, cette pomme a la forme d'une cloche; dans la douche en cercle, l'eau arrive circulairement tout autour du malade ; enfin, dans le jet mobile, un tube en cuir ou en caoutchouc permet de donner au jet une direction variable. De toutes ces douches, les plus usitées sont les douches en pluie et les douches à jet mobile.
En général, plus la pression de l'eau est forte, moins la Dcia sensation pénible de froid est appréciée ; cependant il faut JTiw mettre un certain ménagement à l'emploi de la pression de l'eau, qui produit, quand elle est trop violente, les traumatismes les plus douloureux. Dans la douche en pluie, la douche frappe surtout la partie supérieure du corps. Pour
les douches en jet, on peut se servir de différents appendices qui modifient la forme du jet, et envoyer ainsi ou bien le jet plein ou bien le jet brisé, que Ton dirige suivant les circonstances sur les différents points du corps.
Il nous reste à dire maintenant quelle doit être la température de l'eau, quelle doit être la durée de la douche et quelle conduite doit tenir le malade avant et après la douche.
De ia Au point de vue de la température, on distingue les
^ûnto douches froides, les douches tempérées et les douches iw alternativement chaudes et froides. Pour les douches froides, plus l'eau est froide, plus la réaction est vive, mais aussi plus est douloureuse l'application de la douche; aussi, chez les sujets très susceptibles et qui éprouvent sous l'influence du froid cette sensation si pénible de constriction cardiaque et de suffocation, faut-il avoir d'abord recours aux douches tempérées. Dans ces dernières, l'appareil à douche est alimenté par une conduite d'eau chaude et une conduite d'eau froide, et vous pouvez à volonté, par un jeu de robinet, varier la température de la douche. Le plus ordinairement, au commencement de la douche, la température de l'eau est tempérée (25°), pour s'abaisser à la fin de la douche à i 5 ou 10 degrés.
De» dou- Dans les douches alternativement chaudes et froides, on obtient une réaction physiologique beaucoup plus active. Elles se divisent en deux variétés : les douches écossaises et les douches alternantes proprement dites. Dans les premières, on commence par administrer une douche chaude, qui débute avec une température de 30°, pour atteindre ensuite 50°; puis on donne immédiatement une douche absolument froide. Dans les secondes, on donne au malade des douches successives chaudes et froides. Au point de vue de la durée, la douche doit toujours être
ches alternante h.
De la durée do la douche,
excessivement courte; vous venez de voir en effet que les résultats favorables que Ton retire de l'hydrothérapie résultent d'une double action sur le système nerveux, et pour que cette double action se produise, il est nécessaire que l'impression du froid soit de courte durée. En général, leur durée ne doit pas dépasser quinze secondes, et dans les premiers temps même l'action de l'eau froide ne doit pas durer plus de cinq à dix secondes.
Quant à la condition que doit tenir le malade avant, pen- oc k sudant et après la douche, voici les règles que vous devez ^mu suivre à cet égard : avant la douche, plus il y aura de diffé- éoucherence entre la température du corps et celle de l'eau, plus la réaction sera active : de là le conseil de faire faire un exercice musculaire au malade pour amener un certain degré de sueur; dans nos grands établissements de gymnastique, où on a eu l'heureuse idée d'établir des douches, c'est au moment de l'activité musculaire la plus grande qu'on les administre.
Cette condition importante, d'avoir la peau en sueur pour tirer de l'eau froide tous les effets désirables, est peu. connue non seulement du public, maisencore des médecins ; tout le monde ne soutient-il pas, en effet, qu'un bain froid pris dans l'étal de sudation est une mauvaise chose et que c'està cette cause que l'on doit les accidents que l'on observe en pareil cas? C'est là, messieurs, une profonde erreur, et si l'on constate souvent à la suite d'immersions dans l'eau froide des congestions du côté du poumon, elles résultent au contraire de ce que l'individu s'est refroidi avant de se plonger dans l'eau.
D'ailleurs, nous voyons, en médecine, que l'on favorise autant que possible cet état de sudation soit par l'exercice, soit par des moyens artificiels. Comme moyens artificiels, en emploie soit le maillot sec, très usité en Allemagne, et
qui consiste, comme vous le savez, en l'enveloppement du malade dans une ou plusieurs couvertures, soit l'étuve humide, soit l'étuve sèche, soit enfin les bains de vapeur; et c'est lorsque l'individu est ainsi en pleine sudation qu'on lui administre une douche froide ou qu'il se plonge dans une piscine d'eau froide. Le bain russe, si en usage chez un grand nombre de nations, et dont nous possédons à Paris un établissement fort complet, le Hammam, est basé absolument sur cette double action de la chaleur et de l'eau froide. Pendant la douche le malade doit, comme le recommande Beni-Barbe, éviter les contractions musculaires trop vives, et vous lui recommanderez de se tenir doucement appuyé sur la barre disposée ad hoc pour le soutenir; il faut aussi, pour diminuer l'angoisse respiratoire, lui recommander de jeter quelques cris; enfin, vous n'oublierez pas, chez les malades qui ont des tendances congeslives du côté de la tête ou du côté des organes utérins, de diminuer ces tendances en donnant une douche chaude sur les extrémités inférieures immédiatement après la douche froide.
Les deux autres moyens d'application de l'eau froide sont les immersions et les affusions. Les immersions constituent les bains froids ou bien encore les bains en piscine. Dans ce cas, le malade se plonge tout entier et d'un seul coup dans l'eau froide et n'y reste que quelques secondes. Dans d'autres circonstances, lorsqu'on veut surtout obtenir des effets antithermiques, l'application de l'eau froide se fait d'une façon différente et c'est par le séjour plus ou moins prolongé dans un bain froid que l'on obtient cet effet. A côté de ces bains généraux existent des bains partiels, qui sont des bains de pieds ou des bains de siège, à eau courante, munis^de douches locales.
Des affii- Quant aux affusions, elles consistent à verser sur le corps du malade de l'eau froide ou à l'envelopper dans des linges
Des immersions.
sions.
mouillés: l'enveloppement dans les draps mouillés est une méthode très active d'hydrothérapie; elle présente ce grand avantage qu'elle peut être employée en tous lieux et sans avoir recours aux appareils fort complexes que je viens de vous décrire. Mais en revanche elle a un très sérieux inconvénient, c'est d'être d'une application pénible et douloureuse.
Ce procédé hydriatique est le plus simple et consiste à envelopper le malade dans un drap que l'on a plongé dans l'eau aussi froide que possible; cet enveloppement se fait soit debout soit couché, et le malade reste ainsi pendant dix ou quinze secondes ; puis, par des frictions sèches on active la réaction. Cet enveloppement peut être partiel, et dans ce cas même on a conseillé de laisser en place les linges imbibés d'eau froide pendant toute la durée de la réaction
Tels sont en général les procédés d'application de l'eau froide, mais il est d'autres moyens d'user du froid au point de vue thérapeutique, je veux parler des applications de glace et des pulvérisations d'éther.
On a conseillé, en effet, de traiter certaines névroses par dc* l'application de glace le long de la colonne vertébrale (1), IZsZl et en Angleterre on fait un grand usage de ce moyen soit *Ucc'
(l)On a expérimenté l'action di- peur et on peut pratiquer sur lui»
recte du froid sur la moelle, le cer- sans qu'il bouge, toutes les opéra-
Teau et le cervelet. Ces expériences tions. Cet état ressemble beaucoup
ont été faites par Weir Mitchell et au sommeil hibernal.
par Richardson. Lorsque Ton fait des opérations
Le froid détruit les propriétés vi- chez les oiseaux au niveau du cerve-
ta les de l'axe cérébro-spinal lorsqu'il let, on produit des mouvements de
est appliqué d'une façon trop pro- recul très marqués, dont l'explica-
loogée. Le premier effet de la réfri- tion n'est pas encore complètement
gération du cerveau est d'abord une donnée. Pour les uns, ils seraient
action sédative de courte durée. Puis dus à ce que le cervelet servirait de
se développent des phénomènes d'ex- contre- poids aux corps striés qui ren-
citation motrice : la sensibilité est ferment les centres de propulsion des
considérablement amoindrie, et si mouvements en arrière. Pour Richar-
l'application du froid continue, l'ani- dson, le cervelet serait le siège des
mal tombe dans une profonde stu- mouvements de propulsion en avant,
CUXIQl'E THÉRÀP., 0* édit. III. — 3
risations d'éther.
contre la chorée, soit contre l'hystérie. Charcot a même fait à la Salpêtrière des essais de cette méthode en plaçant la glace pendant une demi-heure, puis une heure sur la région ovarienne chez les hystériques, et grâce à ce moyen, il aurait observé une diminution dans le nombre et dans l'intensité des attaques (a).
Dos puhé- Un médecin de Varsovie, Lublesky, a conseillé, lui, un autre moyen d'obtenir la réfrigération : c'est l'usage des pulvérisations d'élher le long de la colonne vertébrale, et il a ainsi traité la chorée.
Telles sont les diverses applications du froid à la cure des maladies nerveuses. Je me propose, dans la leçon prochaine, de vous entretenir d'un sujet beaucoup plus compliqué et pour lequel j'ai besoin de toute votre attention, c'est l'emploi de l'électricité pour la cure de ces mêmes affections.
et lorsqu'on supprime son action, piratoires sont d'abord tumultueux,
l'animal recule. puis ils se ralentissent et enfin s'ar-
Quand le froid est appliqué sur la rétent complètement (b). moelle allongée, les mouvements res-
(a) Wcir Mitchcll, Des lésions des nerfs, traduction de Dastrc. Paris, 1874 ; Sur les mouvements de recul produits che* les oiseaux par l'application du froid, etc. (Arch. de physiol. norm. et path., t. 1er, p. 477, 1868). — Richardson, On the application ofcold to the cervical région for the réduction ofpyresia (J/cd. Tim. and Gai., p. 312-313, 21 mars 1874).
(b) Bournevillc, De l'emploi de la glace (Progrès médical, 1876).
TROISIÈME LEÇON
Sommaire. — De l'électricité médicale. — Historique. — De l'électricité. — Nouvelle théorie de l'électricité. — De l'intensité du courant. — Des appareils statiques et des appareils dynamiques. — Phénomènes physiques du courant . — De la galvanocaustie. — Phénomènes chimiques du courant. — Electrolyse. — ' Phénomènes physiologiques du courant. — Action sur le système musculaire. — Courant propre de la grenouille. — Phénomène électro-capillaire. — Courants de polarisation. — Action sur le système nerveux. — Action sur la circulation. — Action sur la nutrition. — Technique de l'électricité médicale. — Choix des différents appareils. — Machines statiques. — Appareils d'induction. — Appareils à courants continus.
Je désire consacrer cette leçon à l'étude de l'électricité dc réioc considérée comme agent thérapeuthique ; vous savez quel l ^C^ rôle cet agent joue dans le traitement des maladies du système nerveux, et il m'a paru utile de vous faire connaître sur quelle base physiologique reposait celte médication. Mais, pour que vous compreniez bien ce sujet difficile, il me sera nécessaire d'entrer dans quelques détails de physique, car si le médecin n'est pas obligé d'être un physicien approfondi il doit connaître, cependant, les éléments qui lui permettent d'apprécier la valeur du moyen dont il se sert.
Depuis le commencement du dix-huitième siècle (1), Hbioriqu*.
(I) C'est en 1743 que Krûger, pro- En 17ii, Kratzenstein (de Hall) fît
fesseur à Helmstœdt, appliqua le pre- paraître un mémoire intitulé : Lettre
mier dans un but thérapeutique la d'un physicien sur l'usage de Vèlec-
première expérience de Nollet qui, tricité dans la médecine, et insista
après avoir suspendu Du Fay par des sur les résultats qu'on peut en ob-
fils de soie et l'avoir mis en commu- tenir dans les paralysies.
nication avec une machine à plateau, En 1718, Jallabert publie un ou-
tîra de son corps des étincelles* vrage considérable sur l'électricité
époque à laquelle le médecin de la reine d'Angleterre, Gilbert, donnait le nom d'électriques aux substances qui jouissaient, comme l'ambre jaune (EXext/sov, ambre), de la propriété d'attirer par le frottement les corps légers, cette partie des sciences physiques a grandement progressé; mais ce n'est qu'au milieu du dix-huitième siècle que l'on voit apparaître les premières applications de l'électricité à la thérapeutique.
Frappé de la curieuse expérience de l'abbé Nollet, qui après avoir suspendu Du Fay par des cordes de soie et l'avoir mis en contact avec une machine à plateau, tirait des étincelles de son corps, Krûger, professeur à Helmstaedt (duché de Brunswick), pensa le premier en 1 742 à appliquer cette découverte à la cure des maladies, L'année suivante, un médecin de Halle, Kratzenstein, guérit par ce moyen
et sur ses applications médicales, duit de la Varenne, qui résume
Eu 1749, labbé Nollet emploie quatre-vingt-deux observations de
l'électricité dans d'autres affections maladies traitées par l'électricité,
que la paralysie. La même année, En 1780, Mazars de Cazelles donne
François de Sauvage de la Croix fait cent neuf observations de malades
aussi paraître une monographie sur traités par l'électricité statique. La
l'action curative de l'électricité. même année, Bertholon fait paraître
En 1775, Antoine Van Hœn, pre- un traité d'électricité en deux vo-
mier médecin de Marie-Thérèse, lûmes.
montre qu'on peut guérir non seule- En 1784, Marat fit paraître un mé-
ment les paralysies, mais encore la moire sur l'électricité et les avan-
chorée. tages qu'on peut en retirer (a). En 1779, parait l'ouvrage de Mau-
(a) Kratzenstein, Lettre d'un physicien sur l'usage de l'électricité dans la médecine. Hall, 1746. — Jallabert, Expérience sur l'électricité avec quelques conjectures sur ses causes et ses effets. Genève, 1748. — Nollet, Recherches sur les causes particulières des phénomènes électriques. Paris, 1749, et Rec. de lettres sur l'électricité. Paris, 1763. — François de Sauvage de la Croix, De hemiplegia per electricitatem curanda. — Mauduit de la Varenne, Mémoire sur le traitement électrique appliqué à qurtre-vingt-deux malades, 1779. — Mazars de Gazelles. Mémoire sur l'électricité médicale et histoire de cent neuf malades traités et la plupart guéris par l'électricité statique, 1780. — Bertholon, Traité de l'électricité du corps humain dans l'état de santé et de maladie, 2 vol., 1780. — Marat, Recherches physiques sur l'électricité, 1782 ; Mémoires sur l'électricité,
une femme atteinte de paralysie du petit doigt; puis Jallabert(de Genève), en 1748, obint un succès beaucoup plus beau sur un malade affecté depuis quatorze ans d'une paralysie au bras droit, qu'il guérit en deux mois par le même moyen. Quelques années plus tard, en 1775, le premier médecin de Marie-Thérèse, Antoine Van Haen, non seulement guérit la paralysie, mais encore il traita ainsi la chorée.
A partir de ce moment, les travaux sur l'électricité médicale se suivent avec rapidité et les observations abondent : Mauduit de la Varenne publie quatre-vingt-deux observations, Mazars de Gazelles relate l'histoire de cent neuf malades traités par l'électricité, et parmi les noms des médecins qui s'occupaient à cette époque de ce sujet, il faut citer celui d'un homme qui s'est acquis dans nos fastes révolunaires une haute célébrité, je veux parler de Marat. Jusquelà on ne s'était occupé que de l'application de l'électricité par frottement, mais à partir de la fin du dix-huitième siècle Galvani et surtout Volta devaient modifier profondément cet ordre de recherches.
C'est le 20 septembre 1781 que Galvani (1) fit la curieuse expérience de la grenouille, expérience que vous connaissez tous, et c'est à ce moment que s'établit entre lui et Volta cette discussion qui devait amener la découverte de la pile,
(1) (Test le 20 septembre 1871 que sieurs années auparavant par Swam- Galvani fit sa curieuse expérience sur merdam, mais il n'en avait tiré la grenouille; ayant suspendu à un aucune conséquence, tandis que Gaibalcon de fer, à l'aide d'un crochet vani en conclut que la grenouille métallique passé dans le nerf scia- était un véritable appareil productique, le train postérieur d'une gre- teur d'électricité et qu'il suffisait nouille dépouillée de sa peau, il vit d'un arc métallique pour mettre en celle-ci agitée de convulsions violen- jeu cette électricité, tes chaque fois que, poussée par le Volta soutint une opinion opposée ; vent, ses muscles allaient toucher le il prétendit que l'électricité était profer du balcon. duite par l'arc métallique dont on se
O fait avait été déjà, observé plu- servait, et l'invention de la pile
ce qui sembla donner alors raison à l'illustre professeur de Pavie contre son collègue de Bologne. Aujourd'hui l'histoire plus impartiale fait une part égale aux grandes découvertes de ces deux célèbres physiciens. Quoi qu'il en soit, désormais on n'appliqua plus à la cure des maladies que les piles voltaïques et l'électricité par frottement fut complètement abandonnée. Mais, en 1832, Faraday, parla découverte des courants d'induction, modifia encore une fois les applications de l'électricité médicale et l'on abandonna les courants voltaïques pour ne plus se servir que des courants faradiques.
Jusque dans ces dernières années, on vit les médecins qui s'occupaient spécialement d'électricité médicale ne compter sur la valeur que d'une des productions d'électricité, et tandis que Duchenne (de Boulogne) ne voyait la guérison que dans le courant faradique, Remak, puis Legros et Onimus ne vantaient au contraire que les courants voltaïques; enfin d'autres, beaucoup plus rares, revenaient à l'électricité statique, comme Reynolds en Angleterre et plus récemment Arthuis (a), en France. Depuis, cette électricité statique a
parut lui donner raison. Cependant d'arc métallique, on obtenait aussi
Galvani, pour appuyer son opinion, des contractions,
fait des expériences fort remarqua- Depuis, les travaux de Nobili, de
blés, montrant qu'en mettant en con- Mariani, de Matteucci, et surtout de
tact un muscle de grenouille avec le Du Bois Eeymond, ont montré que
nerf sciatique sans intermédiaire Galvini avait raison contre Volta (b).
(a) Arthuis, Traitement des maladies nerveuses par Vèlectrothérapie statique, 3* édition, Paris, 1880.
(b) Galvani, De viribus electricitatis in motu muscutari commentarius (Commente del Initituto di Bologna, 1791, t. VII ; CoUeùone dette opère edito ed inédite dei prof. Galvani, p. 61, édit. 1841). — Swamroerdam, Biblim natura, 1738, t. II, p. 480. — Nobili, Analyse expérimentale et théorique des effets physiologiques de la grenouille (Bibl. univ., 1830, t. XL IV). — Marianini, Mémoire sur la secousse qu'éprouvent les animaux au moment où ils cessent de servir d'arc de communication entre les pôles d'un électro-moteur (Ann. de chim., 1829, t. XL).
— Matteucci, Traité des phénomènes électro-physiologiques des animaux , 1844.
— Du Bois Reymond, Ann. de Poggendorf, 1843, et Ann. de chim- et de phys.t t. XXX, p. 18. — Pouillet, Rapport sur les mémoires relatifs aux phénomènes
repris une nouvelle vogue par les travaux du professeur Charcot et de son élève Vigouroux.
Aujourd'hui, grâce à une connaissance plus approfondie des faits, nous devons repousser cet exclusivisme de la thérapeutique, et vous verrez que nous pourrons tirer une égale part de l'électricité faradique, de l'électricité voltaïque et de l'électricité déterminée par le frottement.
D'ailleurs, ce serait une étrange erreur de croire que ces d« léiccélectricités de sources diverses ont des qualités différentes telles qu'on puisse les comparer par exemple à trois médicaments différents; l'électricité est une, et les différences que nous observons dans la production des divers appareils voltaïques, faradiques et par frottement résultent, comme vous allez le voir, d'une question de quantité et de tension.
Toutes les fois que l'on vient à modifier (i) l'équilibre Noutdie moléculaire d'un corps, on produit par cette action méca
Incité.
théorie de l'électricité.
(1) Le fluide électrique est mis en corps dont les atomes sont environnés liberté toutes les fois que, par une d'une quantité infinie d'éther, et lorsaction mécanique et chimique, on qu'on agit mécaniquement ou chimiproduit une rupture d'équilibre dans quement sur ces deux corps, on l'état moléculaire des corps. rompt l'équilibre moléculaire et les
Dans ces dernières années, on a atomes d'un des corps renferment
abandonné l'hypothèse que l'on avait plus d'éther que l'autre. L'on dit
faite, que tout corps était chargé de que toutes les fois qu'un corps est
deux fluides électriques, de noms dans ces conditions, il est électrisé
contraires : fluide positif, fluide né- positivement, tandis que celui qui
gatif, se neutralisant, et que les renferme le moins d'éther est élec-
actions mécaniques et chimiques tri se négativement. De là cette défi-
n'avaient qu'à les séparer. nition de l'électricité : l'électricité est
On considère aujourd'hui l'électri- la différence qui existe entre la quantité comme une des transformations tité actuelle d'éther qui imprègne les de la force, et voici l'hypothèse que molécules d'un corps et la quantité l'on a admise : elle est basée, comme normale qu'il devrait contenir, l'hypothèse de la lumière, sur l'exis- Il n'existe qu'une seule différence tence de l'éther, fluide impondérable entre l'électricité statique etl'électriqui baigne tous les atomes d'un corps, cité dynamique, c'est que l'une est le
Lorsqu'on met en présence deux fluide électrique considéré à l'état de
électro-physiologiques (Compte rendu de l'Acad. des sciences, 1850, t. XXXI, p. K>.
nique de l'électricité ; l'électricité est donc une partie de cet état moléculaire des corps et n'est en résumé qu'une modification de la force. On a abandonné l'ancienne hypothèse de l'existence dans chaque corps de deux électricités de noms contraires et l'on a adopté aujourd'hui une autre théorie qui rapproche l'électricité de ces deux autres grandes modifications du mouvement, la lumière et la chaleur.
Dans cette nouvelle hypothèse on suppose que chaque atome d'un corps est entouré d'éther, ce fluide impondérable qui baignerait et pénétrerait tous les corps : par une action chimiqueouuneaction mécanique on fait que certains atomes d'un même corps sont plus entourés d'éther les uns que les autres; ces atomes qui possèdent plus d'éther sont électrisés positivement, ceux à qui il en a été soutiré sont électrisés négativement; de là cette nouvelle définition de l'électricité, qui ne serait que e la différence qui existe entre la quantité actuelle d'éther qui entoure un corps et la quantité normale qu'il en devrait contenir > .
Cette électricité peut être à l'état de repos ou bien au contraire à l'état de mouvement; de là cette division en électricité statique et électricité dynamique. Mais, qu'elle soit statique ou dynamique, cette électricité a des qualités de tension et éprouve des résistances qu'il faut que vous connaissiez.
do Hntcn. H est une formule, connue de tous, qui nous permet de juger l'intensité d'un courant électrique (i). Cette formule
repos et que l'autre est l'électricité La résistance qu'oppose ce circuit est
considérée en activité (a). représentée par sa longueur, par sa
(1) On nomme intensité d'un cou- section et par sa conductibilité, et la
rant électrique la quantité d'électri- formule de cette résistance sera la cité qui passe dans l'unité de temps . L
àtraverslasectiondroited'uncircuit. s™™nte:R= , R représentant
(a) Mascart, Traité d'électricité statique. — Ganot, Traité de physique. — Bardet, De V exposition d'électricité au point de vue médical et thérapeutique (Bull, de thérap., 1880, t. CI, p. «89).
site du courant.
est représentée par l'égalité suivante : I=-f-;I représentant l'intensité du courant ; Ela force électro-motrice, c'està-dire celle qui lutte contre la réunion des deux fluides de nom contraire mis en liberté; R représentant la résistance qui résulte de la longueur du fil et de sa conductibilité. A ces signes algébriques, le congrès qui s'est tenu à la suite de la remarquable exposition d'électricité que vous avez tous pu voir en 1881 a substitué des noms qu'il faut que vous connaissiez, car ces noms sont entrés eux-mêmes dans le domaine de l'électricité médicale pour juger d'une façon uniforme de l'intensité du courant que l'on emploie ; cela permet de donner aux observations concernant les effets de l'électricité une rigueur scientifique qui leur manquait jusqu'ici.
On a donné à l'unité de force électro-motrice, représentée dans notre formule par la lettre E, le nom de volt, tandis que l'on donnait le nom de ohm à l'unité de résistance, repré-
la résistance, L la longueur de ce agissant sur l'unité de résistance,
circuit, S sa section, C sa conductibi- produit une unité d'intensité, c'est-
lité. à-dire un ampère.
Quant à la formule de l'intensité, Si l'ampère est produit en une unité
E , de temps, une seconde, on a l'unité
elleestreprésentéeparl= ,lre. de quantitééleclriquef ^st-à-dire un
présentant l'intensité, Ela force élec- coulomb. Enfin l'unité de capacité,
tro-motrice et R la résistance. c'est-à-dire l'appareil dont la capa-
Au congrès d'électricité qui s'est cité peut se trouver remplie par un
tenu en 1881 pendant l'exposition courant, s'appelle un farad.
d'électricité, on a donné à toutes les Pour l'usage médical, on a divisé
mesures de l'intensité des courants les ampères par des millièmes et
des noms spéciaux, et voici ce que on a créé les milliampères. Autrefois,
Ton a admis : l'unité d'intensité était appelée un
L'unité de force électro-motrice weber et on avait des milliwebers
s'appelle un volt et l'unité de résis- au lieu de milliampères. En général
tance s'appelle un ohm. Un courant on peut dire que le couple de Daniell
d'un volt passant dans un ohm, c'est- a une force électrique sensiblement
à -dire l'unité de force électro-motrice égale à un volt (a).
(m) Dater, Cours d'électricité. Paris, 1882. — Bardet, De l'exposition d'électricité au point de vue médical et thérapeutique (Bull, de thérap.f t. CI, p. 289).
sentée par la lettre R. Quant à l'unité d'intensité I, on lui attribuait le nom tf ampère ; c'est-à-dire, pour parler un langage scientifique, qu'un courant d'un volt passant dans un ohm donne un ampère ; et si maintenant cet ampère est produit en une seconde, on a alors l'unité de quantité d'électricité, c'est-à-dire un coulomb.
Pratiquement, le volt ou unité de force électro-motrice est représenté approximativement par une pile de Daniell; quant à l'unité d'intensité, c'est-à-dire l'ampère, elle n'est pas employée en médecine comme étant trop forte, aussi l'at-on divisée en millièmes et a-t-on créé le milliampère. C'est sur cette base qu'est établie la graduation de tous les appareils sérieux qui sont aujourd'hui dans le commerce. De» apprt- Mais revenons à notre sujet ; la différence, vous ai-je dit, ^uc^t" qui existe entre les appareils statiques et les appareils rduTna- dynamiques résulte de la tension et de la quantité de l'élecmiq.i.H. tricité qu'ils produisent. Dans les appareils statiques on produit peu d'électricité, mais jouissant d'une énorme tension; les appareils dynamiques au contraire, les piles par exemple, produisent une très grande quantité d'électricité, et jouissent d'une très faible tension; mais que l'on place ces appareils dans des conditions spéciales, on pourra, par la transformation du mouvement, en obtenir des effets analogues. Voyez cette étincelle produite par un courant d'induction, comparez-la à celle que donné cette machine statique de Carré, et vous verrez qu'elles ont une intensité égale : c'est parce qu'on a pu, à l'aide d'un mécanisme spécial, transformer l'électricité de quantité de la pile en électricité de tension.
La tension joue par rapport aux courants électriques, dit le docteur Bardet, le même rôle que la pression dans les liquides. Voici un fleuve possédant une masse considérable d'eau, qui est incapable d'actionner une roue de mou-
du courent.
lin parce que son courant est faible, tandis qu'au contraire un simple filet d'eau, venant de la montagne, pourra mettre en mouvement une usine entière ; cette différence résultera de la pression du liquide. Il en est de même en électricité, et tandis que les machines statiques nous donneront des effets violents, mais excessivement courts, les piles, au contraire, nous donneront des effets prolongés, mais d'une très faible intensité. Les appareils faradiques sont intermédiaires entre ces deux extrêmes; mais, avant de rentrer dans les applications thérapeutiques de ces différents courants, je vais d'abord étudier rapidement leur action sur l'économie.
Les courants produisent tout d'abord des phénomènes Phénophysiques de chaleur et de lumière que l'on utilise en méde- v™y\™*Q& cine. La chaleur est surtout employée par la chirurgie, et c'est sur elle qu'est basée la galvanocaustie, qui a permis de pratiquer facilement de graves opérations; c'est encore par ce même moyen que se font ces cautérisations ponctuées si utiles dans le traitement des névralgies. Quant à la lumière, elle nous donne le pouvoir de porter dans les cavités du corps des appareils incandescents qui éclairent ces cavités et rendent par cela même le diagnostic de certaines affections plus commode et plus facile. Le polyscope de Trouvé, et les nombreux appareils qui ont été depuis construits d'après le même principe, est une invention qui a fait progresser, il faut bien le reconnaître, cette partie de l'examen clinique.
Outre la chaleur et la lumière que peut déterminer le pas- Phéno. sage d'un courant électrique, la médecine a aussi utilisé les phénomènes chimiques qui en résultent. Vous savez, en effet, que lorsqu'on fait passer un courant dans une solution saline, il se produit une décomposition de cette solution, et tandis que l'acide se rend au pôle positif, les bases, au contraire, se rendent au pôle négatif; de là le nom de pôle acide donné au premier et de pôle alcalin donné au second.
mènes chimique
du courant.
Des modifications analogues se produisent dans les tissus vivants, et c'est sur elles qu'est basée l'action si intéressante de Télectrolyse. Déjà, à propos du traitement des anévrysmes, je vous ai parlé des heureuses applications que l'on peut faire dans ce cas de cette électrolyse; je n'y reviens donc pas et je ne ferai ici que vous signaler les importantes observa- Action lions du professeur Le Fort, qui ont montré combien étaient £iqûc°<£ nombreuses les applications des modifications intimes déter- 1 cué.trl~ routes dans nos tissus par les courants continus.
J'aborde l'étude de l'action physiologique des courants électriques, action qui joue le rôle le plus important dans le traitement des maladies du système nerveux. Nous examinerons successivement cette action sur le système musculaire et le système nerveux, sur la circulation et enfin sur la nutri- Action sur \u point de vue du système musculaire, nous savons,
le système * J ' 7
depuisles expénencesde Galvani(l), expériences reproduites par Matteucci, Marianini et surtout par Du Bois Reymond, qu'il existe un courant musculaire propre non seulement dans le muscle de la grenouille, mais encore dans les muscles de toute la série animale. Ce courant, que l'on
(1) Depuis l'expérience de Galvani par rapport au point de la surface
des expériences faites par Nobili, transversale, soit naturelle, soit arti-
Matteucci et Du Bois Reymond ont ficielle.
montré l'existence du courant propre Deux hypothèses ont été faites
de la grenouille que Ton retrouve pour expliquer ces courants électri-
d'ailleurs dans les muscles de tous ques dans les tissus. Les uns, comme
les animaux et de l'homme, mais qui Hermann, ont soutenu qu'il fallait
s'affaiblit d'autant plus vite que le invoquer les réactions chimiques qui
sujet est plus élevé dans l'échelle se passent dans le muscle. Chaque
animale. Chez le même individu le muscle renferme à l'état normal une
muscle donne un courant d'autant substance appelée inogène, qui se
plus actif qu'il est pendant la vie décomposerait en acide carbonique
destiné à agir plus fortement. et en un corps albuminoïde, la myo-
Ces expériences ont de plus dé- sine, et ce serait la décomposition de montré que chaque point de surface ce corps qui donnerait lieu au coulongitudinale d'un muscle est positif rant électrique. Les autres, comme
musculaire.
a décrit sous le nom de courant propre de la grenouille, a été expliqué de différentes façons. Les uns, comme Hermann, ont invoqué les actions chimiques qui se passent dans le muscle et en particulier celle subie par une substance, non encore isolée, qu'il a décrite sous le nom d'inogène; les autres, au contraire, comme Du Bois Reymond, ont soutenu l'hypothèse de l'état moléculaire électro-moteur de la substance musculaire, chaque molécule du muscle représentant un élément de pile agissant sur les molécules voisines.
Toutes ces théories et toutes ces hypothèses, qui ont été Des Phôtrès en vogue il y a une quinzaine d'années, sont aujourd'hui c™cu^abandonnées, car la question est beaucoup plus complexe »,u,air08qu'on le supposait alors, et la découverte des phénomènes électro-capillaires et celle des courants de polarisation nous ont montré combien était difficile cette explication du courant musculaire.
Pour les phénomènes électro-capillaires (i), c'est Becque-
Du Bois Reymond, ont invoqué une effets chimiques et mécaniques, autre hypothèse basée sur l'état Ce fait, appliqué à l'organisme moléculaire électro-moteur des mus- humain, montre que la plupart des clés. Ces molécules électro-motrices éléments anatomiques présentent seraient de petits centres d'action tous. les éléments d'un couple électrochimique tournant leurs parties ho- capillaire. Il existerait donc dans mologues du même côté et agissant notre corps un nombre considérable électriquement l'un sur l'autre (a), de ces couples électro-capillaires (i) Becquerel a étudié des phéno- donnant lieu à des courants qui mènes qu'il a décrits sous le nom agissent sans interruption pendant la d9électro-capiUaire$. II a démontré vie et quelque temps après la mort. que deux dissolutions de nature dif- Becquerel a étudié ainsi le courant férente, conductrices de l'électricité, formé par les os, les muscles et les séparées par une membrane orga- nerfs, et il a insisté surtout sur les nique ou par un espace capillaire, courants électro-capillaires qui se constituent un circuit électro-chi- font entre le sang et le liquide musmique pouvant donner lieu à des culaire. Il a montré que la face des
(a) Hermann, Untersuchungen uber den Stoffwechsel der MuskeL Berlin, 1867, et Grrnndriu der Physiologie dtt Menchen. Berlin, 1867, 2° édition. — Du Bois Raymond, Conférence à l'institution royale de la, Grande-Bretagne (Revue des comrs 9cientif., 4* année, n° 3, 1867). — Onimus et Legros, Traité d'électricité,
rel qui en a signalé le premier la réalité en nous monlrant que, quand deux solutions de nature différente sont séparées par une membrane organique ou un espace capillaire, il se produit des phénomènes électriques. Notre organisme reproduit en quantité innombrable les conditions de ces phénomènes électro-capillaires et Ton comprend le rôle De* cou- qu'ils peuvent jouer dans l'être vivant. Quant aux courants Hariw" de polarisation, on a démontré dans ces derniers temps que lion- lorsqu'on fait passer par un muscle un courant pendant un certain temps, si on vient à le faire cesser, il se produit alors dans les muscles un courant en sens inverse et d'intensité plus grande : c'est ce que l'on a décrit sous le nom de courant de polarisation.
Ce sont là, comme vous le voyez, des faits qui nous montrent combien sont multiples les sources de l'électricité que détermine l'organisme vivant. Quoi qu'il en soit, lorsque nous venons par une action électrique, et en particulier par un courant d'induction, exciter un muscle, nous déterminons chez lui des contractions énergiques et ce sont ces contractions que nous recherchons dans le traitement des paralysies musculaires.
Action sur Les observations que je viens de vous faire à propos du système musculaire sont entièrement applicables au système nerveux. De même que les muscles, les nerfs jouissent d'un
capillaires en contact avec le sang que sous l'influence des effets chimi-
artériel est le pôle négatif, et celle ques électro-capillaires il se produi-
en contact avec la sérosité et les tis- sait un phénomène qu'il a décrit sous
sus, le pôle positif d'un couple élec- le nom de cémentation, phénomène
tro-capillaire. qui consiste dans l'introduction et la
Dans la substance nerveuse, Bec- sortie de certains éléments, dans l'in-
querel a montré que le courant est térieur des corps, sans que pour
dirigé de la substance blanche à la cela le corps perde néanmoins de sa
substance grise. Il a de plus signalé forme (a).
(a) Becquerel, Phénomène électro-capillaire (Acad. de* *c, de 1867 à 1870).— tegros et Oniuius, Traité d'électricité médicale, p. 117,
le système nerveux,
courant électrique propre ; de même que les fibrilles musculaires, les fibrilles nerveuses peuvent être le siège de courants électro-capillaires ; de même que la masse musculaire, la masse nerveuse subit des polarisations (i).
On a voulu comparer le courant nerveux au courant électrique: aujourd'hui cette comparaison est abandonnée, et ce que nous savons, c'est que, sous l'influence de certains courants comme les courants faradiques, les propriétés du nerf sensitif ou moteur réapparaissent et amènent des contractions du groupe musculaire auquel le nerf se distribue. Ce que nous savons aussi, c'est que par l'influence électrique nous modifions l'état moléculaire de ce nerf et que nous faisons disparaître ainsi certaines névralgies des plus rebelles.
L'action des courants sur la circulation est des plus ac- Action sur tives : tantôt le courant agit directement sur le vaisseau san- ïa cù™,,a' guin dont il amène la contraction, tantôt il agit sur les centres vaso-moteurs, soit d'une façon directe, soit d'une façon indirecte, et à cet égard l'électricité statique peut donner des effets analogues à ceux de l'hydrothérapie. Lorsque nous plaçons -une malade sur le tabouret isolant et que, après l'avoir mise en communication avec une machine statique, nous retirons des faisceaux d'étincelles de certains poinls du corps, nous produisons chez elle une révulsion de la peau analogue, je le répète, à celle du froid : c'est-à-dire qu'à une action vaso-constrictive succède une action vasodilatatrice qui amène la rougeur des tissus.
(1) On a assimilé le courant nerveux électrique. Aujourd'hui, on est d'ac-
au courant électrique. Du Bois Rey- cord pour repousser l'identité que
moud a réussi à démontrer qu'il exis- l'on a voulu établir entre le courant
tait dans les' nerfs des courants ana- électrique et le courant nerveux, et
logues à ceux des muscles. On a cela en se basant sur la vitesse de ce
même soutenu que, au point de vue courant, qui est dix fois moindre que
histologique, les nerfs étaient compo- celui du son, et moindre encore que
ses d'une série de disques qui jouaient celui de l'électricité se mouvant dans
Tan envers l'autre le rôle d'élément un fil télégraphique, par exemple.
sur la nutrition.
Aetion II est un effet physiologique de l'électricité encore plus actif que ceux que je viens de vous signaler, je veux parler de son effet sur la nutrition. Sous l'influence de courants continus, on voit la nutrition renaître et la vie des tissus reprendre une énergie nouvelle; quoique nous n'ayons pas une explication absolument scientifique de cet effet nutritif, il résulte probablement d'une double action, action directe sur les nerfs trophiques, et action moléculaire intime; ces deux causes agissent probablement sur chacun des atomes des corps vivants, dont elles augmentent la vitalité.
Tels sont en résumé les effets que l'on peut tirer de l'électricité, soit au point de vue chimique, soit au point de vue physique, soit au point de vue physiologique, et pour arriver à notre but, nous pouvons utiliser les différents appareils que j'ai fait passer sous vos yeux : statiques, voltaïques, faradiques.
Lorsque nous voudrons modifier la sensibilité cutanée et la nutrition générale, nous utiliserons l'électricité statique; lorsque nous voudrons au contraire localiser l'électricité à un groupe musculaire, ou bien lorsque nous voudrons réveiller les contractions dans certains muscles, nous nous servirons des appareils faradiques ; lorsqu'enfin nous voudrons agir sur l'état moléculaire de certains nerfs, ou donner une activité nouvelle à certains tissus, nous emploierons les courants continus.
Il me reste maintenant à vous exposer la technique, comme on dit aujourd'hui, des appareils statiques, voltaïques, faradiques. Mais ici, si vous le voulez bien, je céderai la parole au docteur Bardet, qui a bien voulu m'assister en cette circonstance et qui vous exposera, beaucoup mieux que je ne saurais le faire, la manœuvre et la pratique des différents appareils et le choix qui peut en être fait.
Le docteur Bardet prend la parole en ces termes :
« Messieurs,
e La question de compétence n'existe pas ici, et notre très Technique honoré maître vient de vous prouver qu'il est parfaitement ré,eC. compétent dans les questions électriques. C'est donc un lricil6, grand honneur qu'il me fait en me conviant à prendre la parole devant vous, et je ne saurais trop le remercier de cette grande marque d'estime.
t Gomme vous l'avez bien compris par les excellentes explications que M. Dujardin-Beaumetz vient de vous donner, l'électricité estuneet les moyens d'application seuls diffèrent. Ce sont ces moyens d'application dont je vais vous entretenir quelques instants.
« Vous avez devant vos yeux tous les principaux appareils cuoix des employés dans la pratique électrothérapique, vous voyez que apparc s* le nombre en est grand; mais M. Dujardin-Beaumetz a tenu à vous permettre de voir, sinon tous les modèles, au moins les principaux, afin que vous puissiez tout de suite en comprendre le maniement et qu'il vous soit facile de faire un bon choix.
c Je vous rappelle d'abord les considérations qui doivent présider au choix du moyen électrique à employer en thérapeutique.
c S'agit-il d'obtenir une action générale, de soumettre le Machines sujet tout entier à l'influence électrique ? Il faut, dans ce cas, s'adresser à l'électricité sous sa forme statique. Cette électricité, vous vous en souvenez, possède une tension infinie, mais la quantité de fluide débité par les machines statiques est très faible, presque nulle. Vous aurez donc des effets mécaniques énergiques, des effets de diffusion considérable; de là les phénomènes curieux observés dans l'emploi de l'électricité statique.
CUMIQOE THKBÀP., 6'édit. III. — 4
€ Les appareils d'induction permettent, si je puis m'exprimer ainsi, de staticier l'électricité fournie par la pile, ou, si vous aimez mieux, de transformer le courant de quantité, fourni par une pile, en courant de tension. Ils peuvent permettre d'obtenir des effets mécaniques locaux très intéressants, mais la tension est trop faible pour permettre d'obtenir des effets généraux semblables à ceux des machines statiques, c Si maintenant Ton veut obtenir des effets de nutrition profonds, dans l'intimité des tissus, on emploiera les courants de quantité fournis par la pile.
« Mais s'il est facile de définir les conditions qui doivent diriger l'emploi de ces trois modes d'action du phénomène électrique, il est moins facile de dire sans quelques détails les conditions qui rendent un appareil propre à l'emploi thérapeutique. C'est justement là le but de cette conférence. Nous allons donc étudier rapidement les trois sortes d'appareils qu'il est possible d'employer en électro thérapie.
c 1° Machines statiques. — Quellemachine doit-on choisir? Voici devant vos yeux quatre modèles, la vieille machine électrique que tous vous connaissei, c'est celle de Ramsden, — la machine de Holtz, — la machine Carré, et enfin la machine de Voss, qui est d'invention récente. Regardez marcher ces appareils : la longueur de l'étincelle et la rapidité de sa production indiquent l'énergie del'appareil ; c'est, vous le voyez, la machine de Holtz qui donne le plus. Viennent «ensuite par ordre la machine Carré, la machine de Voss et enfin celle de Ramsdem. Or, pour que la comparaison soit facile et complète, j'ai choisi des appareils dont le prix d'achat soit à peu près le même. Appiica- « Mais, messieurs, l'emploi de l'électricité statique est tortld* délicat : il ne suffit pas qu'une machine donne beaucoup, il faut qu'elle marche par tous les temps. Or, la machine de Holtz et celle de Ramsdem, la première surtout, sont très
DE L'ÊLECTMCITÉ MÉDICALE. . ' 5i:
capricieuses. Ne les employez jamais, vous auriez trop de déboires. Restent la machine de Voss et celle de Carré. Je dirai peu de chose de la première, je l'ai peu étudiée, mais à première vue elle ne me parait pas d'un usage pratique car elle débite trop d'électricité à une tension moindre que ses congénères et représente un peu les mêmes phénomènes statiques que les bobines d'induction. Lâmachine (Je Carré, au contraire, est excellente à tous les points de vue. C'est
Fi*. 1.
donc celle que je vous conseille de prendre. Le modèle préférable est le modèle n° 2 dont le plateau de caoutchouc possède 49 centimètres de diamètre (fig. 1).
c Une question importante, c'est le bon isolement du tabouret qui reçoit le malade. Il doit être grand, capable de tenir facilement une chaise ou un tabouret, être très élevé sur des pieds de verre montés très solidement. (Celui que j'emploie a 40 centimètres de hauteur.) Pour relier le malade
à la machine, on se sert d'un tube de cuivre assez gros que
le sujet tient dans sa main,
c Les excitateurs employés pour localiser le courant successivement sur telle ou telle partie du corps sont ceux que je vous présente. Ils représentent, vous le voyez, des pointes ou des boules, selon que Ton veut obtenir le «souffle électrique ou Pétincelle. Vous pouvez d'ailleurs vous rendre compte de la manière dont j'opère sur la malade placée sur le tabouret.
« Lorsque vous vous servirez de l'électricité statique, il sera bon d'employer quelques précautions. Comme vous venez de le voir, le bain électrique se prend tout habillé, et il n'est nullement besoin de faire dévêtir le sujet. Les aigrettes, les étincelles s'obtiennent parfaitement à travers les vêtements: mais pourtant certaines piècesd'habillement peuvent gêner dans l'application des courants statiques.
c Tout d'abord, le sujet, si c'est une femme, ne doit pas avoir de corset avec lames en acier, car l'étincelle serait assez douloureuse lorsqu'elle jaillirait entre la pièce métallique et l'excitateur. De plus, la robe doit être ample et sans ornements, car toutes les pointes formées par les plis et les brins de dentelle ou de métal qui peuvent se trouver sur la toilette seraient autant de causes de perte de fluide. Dans tous les cas, que le sujet soit homme ou femme, les vêtements doivent être secs. Enfin, n'oubliez jamais de faire quitter au patient montre, clefs, porte-monnaie, en un mot, toute pièce métallique; car, sans cette précaution, les étincelles tirées sur ces objets seraient douloureuses, et pourraient, chez des sujets très excitables, occasionner des accidents (1).
(1) Trois ou quatre excitateurs di- nickelé) formé d'une tige métallique
férents sont nécessaires pour l'élec- terminé par un plateau hérissé de
trisation statiqne : pointes.
!• Un excitateur en métal (cuivre 2° In excitateur métallique muni
c 2° Appareils d'induction. — Le choix d'un appareil (Tin- APpareiu
i ,., ! . 1 d'indue-
duction est très important, car selon qu il sera bien ou mal u0a. établi, les effets seront favorables ou défavorables.
t Généralement il faut toujours se méfier des petits appareils, le trembleur est trop réduit et les interruptions sont trop rapides. Dans tout appareil d'induction bien construit, les interruptions doivent pouvoir être très lentes ou très rapides à volonté. Quand on veut faire de la révulsion, les interruptions doivent être rapides. Lorsqu'au contraire on faradise un muscle pour l'exercer, on a avantage à modérer le nombre des interruptions ; on peut alors augmenter Fin-
d'un manche isolant que l'opérateur tient à la main et terminé par une boule métallique. Un anneau soudé à la tige métallique de cette boule permet d'attacher une chaîne qui traîne i terre. On peut manœuvrer celle chaîne en la passant dans un anneau en verre que Ton tient dans la main gauche, tandis qu'on tient l'excitateur de la main droite. Ce dispositif a pour but d'isoler l'opérateur, et de Ferapécher d'éprouver le choc en retour des étincelles tirées du malade.
3»Cn excitateur métallique à pointe.
4* Un excitateur formé d'un manche de bois terminé par une boule également en bois.
L'excitateur à pointes multiples sert à obtenir ce que les anciens appelaient vent ou souffle électrique.
L'impression, déterminée ainsi, est très légère, et procure une sensation de fraîcheur très agréable, particulièrement au visage. Le phénomène est, d'ailleurs, purement mécanique, et produit, par un véritable courant d'air, des molécules aériennes électrisées. Cependant, il faut reconnaître qu'en même temps il se produit une neutralisation permanente aux
parties affectées et, par suite, ce qu'on appelle, en physique, une différence de potentiel entre les parties affectées et le reste du corps. On a pu répéter avec le souffle électrique toutes les expériences obtenues chez les hystériques à l'aide des applications de métaux.
L'excitateur à pointe unique produit un souffle plus énergique et des aigrettes assez considérables, en raison même de la localisation plus minime du phénomène.
La boule de bois permet d'obtenir une action plus énergique que celle de l'excitateur à point unique, mais moins vive que celle de l'excitateur à boule métallique, qui permet de tirer des étincelles.
L'étincelle s'accompagne toujours de commotion générale plus ou moins forte, en même temps que d'une action locale caractérisée par des troubles vaso-moteurs, qui amènent la production de rougeurs et d'arborisations vasculaires, surtout visibles chez les sujets à peau fine et chez les femmes à tempérament hystérique.
tensité du courant sans que pour cela les effets soient douloureux.
« Les grands appareils que voici, construits par MM. Gaiffe et Trouvé, satisfont à ces conditions : vous pouvez varier les interruptions de 50 à 3,000 par minute environ. L'appareil à mouvement d'horlogerie de M. Trouvé aurait même un grand avantage, c'est de pouvoir compter les interruptions et les régler au nombre voulu ; mais cet outil trop précis aun sérieux inconvénient dans sa perfection même, il coûte fort cher et ne pourra êtrp employé que par les spécialistes; mais voici des petits modèles fort bien construits et à prix abordable (1).
« Mais pourtant, croyez-moi, lorsque vous ferez l'acquisition d'un appareil d'induction, ne craignez pas d'y mettre un certain prix. C'est que tout appareil médical devrait être h chariot. Ces appareils seuls permettent de modérer ou
(1) Les appareils le plus souvent du courant de la pile, il en résulte
employés sont ceux qui se composent qu'ils sont toujours orientés dans le
d'une bobine inductrice fixe, et où même sens. De plus, comme la bobine
l'intensité se modifie en tirant plus inductrice est faite de gros fil, les
ou moins un cylindre de cuivre qui extra-courants qui s'y produisent sont
recouvre l'axe de fer doux destiné à toujours de quantité plus grande,
renforcer l'énergie des effets en mais de tension plus faible que les
même temps qu'à obtenir les mou- courants obtenus dans la bobine in-
vements du trembleur. Cette disposi- duite, qui est à un fil fin. tion nous semble absolument défec- Par conséquent, lorsqu'il s'agit
tueuse, car elle ne permet pas de d'électriser des muscles, par action
modifier' la tension des courants in- directe sur la fibre musculaire, et
duits, chose très importante. surtout des mucles lisses, onaavan-
C'est pour cela que les fabricants tage à prendre l'extra-courant, dans
ont disposé leurs instruments de fa- les petits appareils. Au, contraire, on
çon à permettre l'emploi des extra- prendra le courant induit proprement
courants. dit, ou courant de tension, quand on
On appelle extra-courant le courant aura à électriser des nerfs, induit qui se fait dans la bobine in- Mais il est beaucoup plus avanta-
ductrice par l'action du courant de geux de posséder des appareils à
la pile sur son propre circuit. Ces chariot, permettant de faire varier
courants ne sont sensibles qu'au à volonté la grosseur du fil induit et
moment de l'ouverture ou rupture le nombre de tours de spires induites.
d'augmenter très facilement l'intensité en recouvrant plus ou moins la bobine-inductrice à l'aide de la bobine induite. De plus , autant que possible, il doit y avoir deux bobines, l'une k fil fin, l'autre à fil gros. La première donne des courants de tension plus grande que la seconde, qui, elle, donne des courants de quantité supérieure à la première (1).
Kiç. e.
t Les courants induits de forte tension seront employés dans la faradisation des nerfs, les courants de quantité, au
(1) La figure 2 représente l'appareil à chariot, portatif, construit par Gaiffè. Comme on le voit, la bobine inductrice fi peut être plus ou moins recouverte par la bobine H. En retournant la pièce, sur laquelle les deux bobines H et H' sont enroulées, on peut influencer à volonté, soit la bobine H à fil moyen, soit la bobine H' à fil fin. On peut même utiliser
Textra-courant de la bobine B, si Ton veut obtenir des courants de même sens. L et!/ figurent les piles destinées à exciter l'appareil.
La figure 3 représente le système portatif à chariot de Trouvé. Dans cet appareil, le courant de tension est fourni par la bobine induite N, et le courant de quantité par l'extracourant de la bobine M. Nous appe-
contraire, dans la faradisation musculaire. Les modèles que je vous présente remplissent toutes ces conditions, ce sont eux que je vous conseille toujours d'acheter (fig. 2 et 3) (1). « Vous remarquerez, messieurs, que je ne parle pas des appareils magnéto-électriques; c'est à dessein : ces appa-'
Fig. 3.
Application au malade.
reils, en effet, ont fait leur temps, leur emploi est très défectueux à Fuser, et je ne conseillerai jamais à personne de s'en servir.
<t Enfin, quelques mots sur les différents modes d'applica-
lons surtout l'attention sur le système interrupteur, qui est particulier à M. Trouvé et qui permet de faire servir du petit au grand le nombre des interruptions. Cet appareil s'excite avec une pile indépendante au bisulfate de mercure.
(1) Lorsqu'on emploie rarement un appareil d'induction, il est toujours utile de posséder des piles fixes tiès simples, qui ne fonctionnent qu'au moment de l'usage. La plus simple est la pile au bisulfate de mercure
(fig. i), se composant d'une auge en charbon, où l'on met le sel mouillé d'un peu d'eau, dans laquelle bai-
Fig. 4.
gnent des plaquettes de zinc. Nous recommandons aussi la pile hermétique de Trouvé au même sel.
tion des courants induits selon les indications qui peuvent se présenter. Dans la pratique journalière, ces indications sont au nombre de deux principales : 1° électrisation d'un système de muscles paralysés ; 2° excitation du système nerveux d'une région. Pour plus de simplicité, prenons deux exemples. Soit à employer l'électricité dans un commencement de paralysie atrophique, suite de traumatisme, d'une part, et soit, d'autre part, Télectrisation de la région intercostale en cas de névralgie.
« Les procédés seront très différents dans les deux cas. Dans le premier, il s'agit de travailler les muscle énergiquement, l'effet mécanique seul est recherché, et l'on doit, par suite, écarter autant que possible l'action sur la sensibilité. Nous choisirons donc une bobine à gros fil (quantité pour agir sur le muscle), les interruptions seront peu ou pas rapides, et nous emploierons des tampons bien mouillés, de manière à ce que la peau offre au passage le moins de résistance possible, Au contraire, dans le second cas, nous voulons agir sur la sensibilité et éviter l'action musculaire, qui est inutile : nous emploierons donc une bobine à fil très fin (tension), et des excitateurs secs; au besoin même, nous sécherons la peau afin de lui faire offrir le plus de résistance possible. C'est dans ce cas surtout qu'on se trouvera bien de l'emploi du pinceau métallique.
c 3° Appareils à courants continus. — Le choix d'un appa- ApPareiu reil à courant continu est assez délicat et se trouve dirigé à C0"ranU
© continus.
par les deux considérations suivantes : l'instrument doit-il servir journellement? ou doit-il, au contraire, servir de temps en temps? En un mot, le médecin veut-il ou peutil se livrer souvent à la pratique voltaïque? ou doit-il seulement se servir de temps en temps des courants continus ?
c Dans le premier cas on pourra faire l'acquisition d'un Des Pno«. meuble tel que celui que construit M. Trouvé et dont vous
avez le modèle sous les yeux (fig. 5); on a ainsi l'avantage d'avoir sous la main des appareils d'induction et la pile vol-
Fig. 5.
taïque simultanément. De plus, le nombre des piles est considérable, et l'on peut les faire entrer successivement en action de manière à ménager les cléments. Une semblable
DE L'ÉLECTIUCITÉ MÉDICALE. S9
pile peut durer un an. 11 en est de même des appareils semblables construits par M. Gaiffe ; ceux-ci ont même l'avantage de durer au moins deux ans, grâce à la pile au chlorure de zinc qui les anime, dont la durée d'action est plus grande que celle des couples au sulfate de cuivre. « Si, au contraire, la pile doit servir rarement, un petit
modèle est suffisant ; je. conseillerais volontiers les appareils du genre de celui-ci (fig. 6), construits par M. Gaiffe. Une boite de 24 éléments sera généralement suffisante. La pile portative humide de M. Trouvé (1), qui peut être animée
(1) La pile à courants continus de Gaiffe, indiquée dans la figure 6, est un appareil très complet. L'élément au chlorure de zinc qui la compose est un Leclanché modifié. Dans un Tase extérieur, en verre, un bâton de zinc plonge dans une solution de chlorure de zinc a 20 pour 100. Le pôle positif est représenté par un
cylindre de charbon formant vase poreux et rempli de bioxyde de manganèse, qui représente l'agent dépolarisateur. Tous les couples de la pile sont réunis à un collecteur double, offrant l'avantage de pouvoir faire entrer dans le circuit, sans choc vollaïque, successivement et deux par deux, tous les éléments de telle façon
facilement quand elle a séché, en la trempant dans une solution concentrée et bouillante de sulfate de cuivre, sera aussi d'un excellent usage (fig. 7). Toute pile peut d'ailleurs servir à la galvanisatiton médicale, à condition d'avoir une durée d'action suffisante et une grande constance dans sa