SO*H*, 8H
Tannate de quinine, C,0H"Az*O* (CuH10O9) 20.60
surtout en Italie; cristallise en ai- Vraie de quinine. Cristallise sou-
guilles blanches réunies comme les vent en paillettes brillantes. Peu so-
barbes d'une plume ; dans l'eau il est lubie dans l'eau froide, plus dans
plus soluble à chaud qu'à froid; très l'eau bouillante,
soluble dans l'alcool et dans l'éther. Tannate de quinine. Poudre amor-
La dose est de 10 à 15 centigrammes, phe, d'un blanc jaunâtre. Peu so-
quatre fois par jour. lubie dans l'eau froide, il est très
Iodhydrate de quinine. Cristallise soluble dans l'alcool. Saveur presque
en cristaux blancs, opaques, lamel- nulle.
leux. Phosphate de quinine. Cristallise
Valérianate de quinine. Cristallise en aiguilles ; peu soluble dans l'eau
en octaèdres ou en frisures hexago- froide, soluble dans l'alcool. Usité
naux, saveur amère ; soluble dans surtout en Italie. Dose : 5 à 20 cen-
110 parties d'eau froide et dans tigrammes par jour,
40 parties d'eau chaude ; très soluble Arsénite de quinine. Blanc, inso-
dans l'alcool, peu dans l'éther. Dose : lubie dans l'eau, soluble dans l'alcool.
20 à 50 centigrammes dans la fièvre Iodure dy iodhydrate de quinine.
intermittente. Préconisé par Bouchardat dans les
Quinate de quinine. Cristallise en fièvres intermittentes; se présente croûtes mamelonnées, opaques ou sous forme d'écaillés verdàtres à redemi transparentes; très soluble flets éclatants. Est insoluble dans dans l'eau et moins dans l'alcool l'eau, soluble dans l'alcool, rectifié. Dose : 5 à 30 centigrammes. Citrate de quinine. Cristallise en
Le sulfate est le sel de beaucoup le plus employé, du moins dans notre pays; c'est une combinaison des plus stables, mais qui présente cet inconvénient d'être très peu soluble à l'état neutre; aussi toutes les fois que vous voulez l'administrer en potion, faut-il le faire à l'état de bisulfate soluble. Regnauld nous a d'ailleurs fourni, à l'égard de la solubilité de ce sel, les indications les plus précises (4). du chior- Si le sulfate est plus en usage en France, c'est le chlorqninine.6 hydrate qui est le plus employé en Angleterre et en Allemagne et surtout en Russie (2); ce sel, en effet, serait plus soluble que le sulfate de quinine, et contiendrait plus de quinine, de telle sorte que l'on aurait, d'après les règles précédemment posées, plus d'avantages à employer le chlorhydrate que le sulfate, et je crois que nous devrions, en effet, dans nos prescriptions, songer davantage à celte combinaison. Aussi ne saurais-je trop vous recommander de prescrire le chlorhydrate de quinine, mais comme ce mot chlor-
aiguilles; peu soluble dans l'eau. se dissout dans 2 litres d'eau à
Employé en Italie. Dose : 20 centi- 15°; 560 grammes dans la même
grammes. quantité d'eau à 100*; fi 33 d'al-
Ferrocyanate de quinine. Cristal- cool absolu à 15#; 1"*926 de chloro-
lise en aiguilles; très peu soluble forme à 15°; 22*632 d'éther à 15°.
dans l'eau, soluble dans l'alcool. Un gramme de tannate de quinine
Usité en Italie, sous forme pilulaire. demanderait pour se dissoudre 20 li-
Dose : 20 à 40 centigrammes. très d'eau (b).
Stéarate de quinine* Composé so- (2) Il existe deux combinaisons de
lide proposé par Jeannel et Monsel, quinine avec l'acide chlorhydrique :
insipide, soluble dans les corps gras, un neutre qui n'est pas stable et un
se dissoudrait sans décomposition sel basique qui a la formule suivante:
dans l'intestin, oùils'émulsionne(a). 2(C'°H*4Az,0*, HC1) + 3H*0. Ce sel
(1) Regnauld a étudié la solubilité cristallise en longues fibres soyeuses;
du sulfate de quinine et voici à quels il serait plus soluble dans l'eau que
résultats il est arrivé : le sulfate; il contiendrait aussi plus
Un gramme de sulfate de quinine de quinine.
(a) Wurtz, Dict. de chim., art. Quinine. — Delioux de Savignac, Dict. encyel des se. mèd.y art. Quinine. — Baudrimont, Dict. des altérations et des falsifications.
(b) Regnauld, Observations sur quelques propriétés de la quinine (Journ. de pharm. et chim.t V série, t. XXtX, p. 8, 1875).
hydrate de quinine a entraîné des confusions fâcheuses avec le chlorhydrate de morphine, vous devrez écrire votre for* mule de la façon suivante : Quinine (Chlorhydrate). Lès expériences de Regnauld et Villejeàn nous ont montré que le chlorhydrate de quinine était de tous les sels de quinine le plus soluble et renfermait le plus de quinine (4). Quant à Pacétate qui contient une si grande quantité de base, il ne peut être utilisé à cause de son instabilité.
En combinant l'acide salicylique à la quinine, on a voulu augmenter, pour ainsi dire, la puissance antithermique de du «îicyce médicament (2), et malgré les expériences fort intéres- qul|",n*
(1) D'après le travail de Regnauld et de Villejeàn voici quelle serait la
solubilité des différents sels de quinine (a) :
1 partie de chlorhydrate neutre de quinine est soluble dans 0.66 cPeau.
de sulfovinate neutre
-*- de lactate neutre —
— de sulfovinate basique —
— de bromhydrate neutre —
— de sulfate neutre —
— de lactate basique —
— de chlorhydrate basique —
— de bromhydrate basique —
— de sulfate basique —
et voici quelle serait leur teneur en quinine :
100 parties de chlorhydrate basique de quinine renferment 81 .71 de quinine.
de chlorhydrate neutre
— de lactate basique
— de bromhydrate basique
— de sulfate basique
— de sulfovinate basique
— de lactate neutre
— de bromhydrate neutre
— de sulfate neutre
— de sulfovinate neutre
(2) Le salicylate de quinine a la formule atomique suivante :
C»H**Az«0*,C7H8C*OH«Az*0*,C*H«03.
Il cristallise en houppes soyeuses.
H est soluble dans 1,430 parties d'eau à 20° et dans 100 parties d'eau bouillante. 11 a été surtout étudié par
(a) Regnauld et Villejeàn, De quelques propriété* de» sels de quinine (Bull, de thér., p. 49, 1887).
Du tanna ta de quinine.
santés de Maury (de Lyon), et les résultats thérapeutiques de Graham Brown et d'Antonescu, l'usage de ce sel s'est peu répandu.
De tous les sels de quinine, le plus stable est le tannate de quinine (4), et Ton a même soutenu qu'il pouvait traverser l'économie sans y subir de décomposition ; cependant les expériences de Kerner, et surtout celles de Vulpian, montrent qu'il subit dans notre organisme une décomposition, très lente il est vrai ; c'est donc une des préparations les moins actives de la quinine, nu Quant au bromhydrate, il est aujourd'hui surtout employé drtudé en injections sous-cutanées, et je reviendrai sur ce sel lors-
qolnine.
Graham Brown, qui le considère suivante : C^H^Ai* ^OH^O3*). Il comme un médicament antipyrétique renferme 26.6 pour 100 de quinine très actif. Maury (de Lyon) a fait sur et 3"t)0 de ce tannate correspondent ce sel des expériences intéressantes à 1 gramme de sulfate, montrant son grand pouvoir antifer- Becker (de Bonn) considère le tanmentescible. Germain Sée a expéri- nate de quinine comme un bon mémen té aussi ce sel dans son service dicament. Il Ta surtout administré contre les fièvres intermittentes et contre la coqueluche. Hugenbachconcontre la fièvre typhoïde et en aurait sidère aussi le tannate de quinine obtenu des résultats peu favorables, comme un bon fébrifuge, il agirait sur Antonescu, au contraire, soutient les la fièvre et la diarrhée des typhiques. bons effets de ce sel dans les fièvres Vulpian a montré que le tannate intermittentes (a). de quinine était absorbé et éliminé, (.1) Le tannate de quinine a été cependant ce médicament aurait une décrit pour la première fois en 1821 action très faible ; il agirait, surtout, par Pelletier et Caventou sous le nom d'après Delioux de Savignac, sur impropre de gallate de quinine. Le les sueurs. On pourrait employer aussi tannate de quinine fabriqué par le le tannate de quinine chez les enprocédé de Regnauld a la formule fants (6).
(a) Graham Brown, On Salie y la te of Quinine as an Antipyretic (Edinb. M éd. Journ., p. 421, novembre 1876). — Maury, Lyon méd., 1877. — G. Sée; voir Antonescu, Du salicylate de quinine et de ton emploi dam la fièvre intermittente. Thèse de Paris, 1877.
(6) Regnauld, Sur le tannate de quinine (Journ, de pharm. et de chim., t XIX, 1879). — Becker, Dos Chinin tannât in der Praxis (Berl. klin. Woch., n# 6, p. 77, 9 février 1880). — Hagenhach, Therapeutisclies aus der Kinderpraxis ». t. ueber Anwendung von Chinicum tannicum (Corresp. Blatt. fur Schw. Aertte, n° 1, p. 2, 1" janvier 1881). — Vulpian, Sur le tannate de quinine (Acad. de méd., 1872). — Delioux de Savignac, Emploi du tannate de quinine dans le traitement des sueur* nocturnes {Un. méd., 1853).
que je vous parierai des injections sous-cutanées de sels de quinine.
Pour introduire ces sels de quinine, nous pouvons nous servir de plusieurs voies : l'estomac, l'intestin, la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, et enfin les poumons. Étudions successivement chacun de ces procédés d'introduction.
Par la voie stomacale on peut utiliser les sels de quinine sous les formes suivantes : en solutions complètes, en suspension dans un liquide, à l'état pulvérulent, ou bien sous forme pilulaire. Par des expériences très précises (1), Briquet nous a montré l'activité thérapeutique de ces différentes préparations ; celle dont l'action serait la plus prompte et la plus sûre, c'est la solution complète, puis vient l'état pul-
Modes d'Introduc-
Voie ttomaetlo.
(1) Briquet a expérimenté comparativement les solutions, la forme pulvérulente et les pilules de sulfate de quinine. Il rechercha ensuite, parla présence de la quinine dans les urines, la rapidité d'absorption, et par les manifestations des troubles encéphaliques, Faction sur le système nerveux. Voici les résultats auxquels il est arrivé.
Solution complète :
i • 11 s'est manifesté au bout de deux heures et demie à trois heures, après l'ingestion de la solution de bisulfate de quinine, des signes d'absorption chez les deux cinquièmes des malades qui ont pris 16 centigrammes; chez près des deux tiers de ceux qui ont pris de 20 à 25 centigrammes et chez les trois quarts de ceux qui ont pris 30 à 35 centigrammes ;
2* 11 s'est manifesté des signes d'action sur l'encéphale chez le cinquième des malades qui ont pris 15 centigrammes; chez un peu plus du tiers de ceux qui ont pris 30 centigrammes :
Pour la forme pulvérulente, voici les résultats :
1° Il n'y a eu de signes d'absorption au bout de trois heures, que chez un cinquième des malades qui avaient pris 25 centigrammes de sulfate de quinine, chez un sixième de ceux qui en avaient pris 30 centigrammes, et chez un quart de ceux qui en avaient pris 35 centigrammes; absorption qui, prise en masse, n'est pas égale à celle de 0*15 de sulfate acide en solution ;
2° Il n'y a pas eu de signes d'action physiologique chez au moins un tiers des malades qui avaient pris 25 centigrammes de sulfate neutre en poudre, chez un sixième de ceux qui en avaient pris 30, et chez un peu plus du tiers de ceux qui en avaient pris 35. Ce degré d'action, pris en masse, est moindre que celui de 15 centigrammes de bisulfate en solution.
Pour la forme pilulaire :
1° Avec la forme pilulaire, il n'a existé au bout de trois heures des signes d'absorption de la quinine que dans une proportion très faible,
vérulent et enfin la forme pilulaire, qui paraît de tous les modes d'administration du sulfate de quinine le plus défectueux.
potion» et Pour les solutions complètes, vous pourrez vous servir de potions (1), en ayant soin de formuler ou le bisulfate de quinine, ou d'ajouter quelques gouttes d'acide sulfurique pour transformer le sulfate en bisulfate. Vous pourrez aussi vous servir d'acide tartrique ou d'acide citrique pour obtenir cette dissolution ; vous pourrez enfin utiliser le procédé si simple -conseillé par Hérard et qui consiste à dissoudre dans un petit verre d'eau-de-vie ou de rhum le sulfate de quinine.
Malheureusement, toutes ces préparations si actives ont un inconvénient, c'est de présenter une amertume très considérable et très persistante. L'un des meilleurs moyens de là faire disparaître, c'est de faire prendre immédiatement -après ces potions un peu de poudre de bois de réglisse. Quoi qu'il en soit, quand vous voudrez agir rapidement €t que vous voudrez utiliser toute la dose de sel de quinine, c'est toujours en solution que vous devrez l'administrer. Quant à la suspension des sels de quinine dans un véhi-
qu'on peut approximativement éva- (1) Voici quelques formules de
luer au sixième de celle que donne potions au sulfate de quinine :
ce sel en solution; ^ Su,fate dc quinioe.. 50 ccntigr.
2° Les signes d'absorption ob- Acide tannique 60 —
serves au bout de cinq heures sont Eau **»«»*•••- 00 grammes.
dans une proportion plus forte qu V m *T. ^ ""^ *' '" 4 Z, . f,1 . .r j /a *• Sulfate de quinine.. <5 centigr: vec le sel de quinine en poudre (3 Acide ^J^ iQ
sur 5), mais sont moindres que celle Acido 8lliforjque. ... 11 gouttes.
que donne la solution, laquelle est Eau distillée 100 grammes.
de plus de 4 sur 5; Sirop de coings 40 —
' o* n 11 » •* a*a 1 j 1 3« Sulfate de quinine.. 1 gramme.
3« Quelle quait été la dose dans Acide 8ulfurique. . . . q. s.
la forme pilulaire, on n'a jamais . Eau 100 grammes.
constaté d'action physiologique sur sirop de sucre | ^
•le système nerveux (a). Sirop diacode \ ~ ~~
(a) Briquet, Traité thérapeutique du quinquina et de tes préparations. Paris, ,1853, p. 517;
cule, c'est presque toujours du café noir dont on s'est servi; c'est un moyen en effet de masquer l'amertume de ces sels. Seulement ce procédé est moins actif que le précédent, et ceci résulte de deux circonstances : parce que d'abord une certaine quantité de sulfate de quinine reste adhérente au vase et que de plus une autre partie est transformée en tannate de quinine, combinaison qui, ainsi que nous l'avons vu plus haut, est lentement absorbable. Tout en reconnaissant les avantages de ces préparations, elles ne doivent .occuper, au point de vue de l'activité thérapeutique, que le second rang.
C'est aussi pour obviera l'amertume des sels de quinquina éui puiqu'on les administre à l'état pulvérulent, soit à l'état de cachets médicamenteux, soit en perles, comme le fait Glertan. Si l'administration des sels de quinine est rendue des plus faciles par cette méthode, elle n'est pas sans présenter divers inconvénients qui sont les suivants : l'action thérapeutique est moins prompte qu'avec les solutions, puis le contact direct du sulfate de quinine en poudre, sur la muqueuse de l'estomac, provoque souvent en ce point une sensation de chaleur et de brûlure. Aussi, toutes les fois que vous aurez recours à ce moyen si commode de donner la quinine, recommandez à vos malades de boire après chaque dose un grand verre de limonade tartrique ou citrique, limonade qui a pour effet de dissoudre facilement le sulfate de quinine.
Laforme pilulaire est, commeje vous l'ai dit tout à l'heure, puau». le moins actif de tous les moyens d'administration des sels de quinine (1), et ceci résulte de ce que la dissolution de ces
(1) Formules de pilules de quinine : 2> Sulfale de qujnjne. ... \o ceutigr.
1. Sulfate do quinino 1 gramme. Acide citrique pulvér. . 29 —
Acide tarlri<|uc 20 centigr. Miel 5 —
Conserves de cinorrho- Amidon Q . S .
dons 10 —
Pour 10 pilules. Pour 1 pilule.
rectale.
Lavements.
pilules peut se faire très tardivement. Aussi, je ne saurais trop vous recommander, lorsque vous emploierez la forme pilulairé d'ordonner comme excipient le miel ou la glycérine et de ne jamais pretarire la gomme, qui constitue des pilules inattaquables par les sucs digestifs, voie Dans certains cas, soit que le malade présente une repu* gnance invincible aux potions quiniques, soit qu'il ne puisse absorber ni cachets ni pilules, comme les enfants, par exemple, on a songé à administrer la quinine en lavements. Briquet (1) nous a montré que l'action était plus rapide par ce procédé que par la bouche, mais que cette action était beaucoup plus passagère ; vous pourrez donc formuler des lavements au sulfate de quinine, en ayant soin de transformer ce sulfate en bisulfate (2), mais pour être actifs, ces lavements doivent être gardés, et Ton sait à quel point cela
3. Sulfate de quinine — 60 centigr. pidement que par la voie de resto-
Extrait d'absinthe Q. S. mac;
Sulfate de quinine.... 10 centigr. 3. Mais qu»ej|e M trop faibje et
Q« S. insuffisante dans les trois quarts des
Faites 6 pilules. cas pour déterminer les effets appré-
c* 1 . . , ciables sur l'encéphale et sur le cœur.
Starke a aussi propose le moyen : ~ , „ nr , At . .
- .:— * j» 1 • • : 1 ir . j * Qu enfin elle s arrête très rapi-
suivant d administrer le sulfate de , A A . i4 . , , r
r t , 1 1 r , dément et a complètement cessé dans
quinine. Ce sont des pilules formées . . A . r . , A „
1, ,, j • • j» -j la plupart des cas au bout dune
d un mélange de quinine, d acide • \ a
tartrique et de sucre. On doit avoir , e e* demie;
soin de boire avant l'administration . Aussl Bnquet ne considère-t-il les
de ces pilules de la limonade tar- Iavemenls de su,fale de *™n™ V*
trioue (a) comme un moyen secondaire quil
5) Briquet, en donnant des lave- fa.ui, *A™™1™ « m<>men* »*■•
ments de 50 centigrammes à des ou ,0° "»••*«»' une «*»•■ **
individus apyrétiques, a trouvé : rapeu que (0).
1° Que le plus souvent le sulfate (2) Voici la formule d'un lavement
de quinine administré en lavement fébrifuge : est absorbé;
2° Que cette absorption est très Sulfate de quinine 60 cent
prompte et se fait deux fois plus ra- Eau de Rabel V gouttes.
(a) Starcke, Eine Angenchine art. Biciomscel und Chinin au nehmen (Berlin, klin. Woch., n° 16, p. 232, 21 avril 1879).
(b) Briquet, Traité thérapeutique du quinquina. Paris, 1850, p. 338.
est difficile à obtenir chez les petits malades. Mais n'oubliez jamais que vous pouvez employer les suppositoires et vous servir ici du chlorhydrate de quinine, sel soluble, et faire des suppositoires contenant de 25 centigrammes à 50 centigrammes de ce sel. Voie
, . . , ",. .-ii cutané*
Dans ces derniers cas, avait-on songé a se servir de la peau comme mode d'introduction, et a-t-on conseillé des lotions et des pommades au sulfate de quinine. C'est là un moyen absolument illusoire, car il parait démontré que la peau recouverte de son épithélium n'absorbe pas les sels de quinine, ou si elle les absorbe, c'est par quantité tellement faible qu'ils ne peuvent avoir aucune action thérapeutique (1 ) .
Mais si la peau n'absorbe pas, le tissu cellulaire, au con- injection traire, se prête merveilleusement à l'introduction des sels h^^ de quinine, et la méthode hypodermique trouve dans le traitement des accès pernicieux une de ses plus utiles applications. Vous verrez, eh effet, comme je vous le dirai plus loin, qu'il est des cas d'intoxication palustre où il faut agir avec une extrême rapidité, et on comprend de quelle utilité peuvent être dans ces cas les injections sous-cutanées de quinine qui, à la promptitude d'absorption, joignent aussi une activité thérapeutique plus grande. Albertoni et Ciotto (2), par leurs belles expériences sur les voies d'élimi-
Eau tiède 150 grammes. 1 . Sulfate de quinine ... 4 grammes.
Laudanum de Syden- Alcool. Q» S .
h'am X gouttes. Acide sulfurique Q. S.
n , „ , Axonge 16 grammes.
Pour un lavement que Ion devra 9 cnuil A~ „.„•„.„„ a .™,™
^ z. sulfate de quinine... . z grammes.
^arder* Acide sulfurique I goutte.
Les suppositoires ont les formules Axonge 20 grammes.
suivantes :
(2) Pietro Albertoni et Franc esco
1. Sulfate de quinine... 50 centigr. ciotto onl SUPtout étudié ies voies Miel ...... 6 grammes. d*éHminalion de la quinine. us ont
2. Sulfate de quinine... 50 centigr. ,. ,4 , .? , . ... »-,.....« a* ™™ a »...mmA. recherche cette dernière dans la bue Beurre do cacao o grammes. ■
et ont constate sa présence de deux a
(1) Les pommades de quinine sont cinq heures après son ingestion dans ainsi formulées : l'estomac. Lorsqu'on l'introduit par
nation de la quinine, nous ont montré, en effet, que ce médicament, lorsqu'il est introduit par la bouche, passe parle foie, et qu'une certaine quantité y séjourne pour être ensuite éliminée par la bile, tandis que par la voie hypodermique les sels de quinine passent de suite dans la circulation et sont éliminés par les urines.
Seulement, comme ces sels, pour être solubles, sont acides, on comprend que de pareilles injections introduites sous la peau puissent y déterminer des inflammations locales; aussi s'est-on efforcé, soit par l'introduction de la glycérine ou de l'acide tartrique (1), soit en cherchant des sels de quinine plus solubles, à rendre ces solutions moins irritantes. Tanret a préconisé le lactate de quinine (2), dont il dissout une partie dans cinq parties d'eau distillée. Paul
une autre voie, cette élimination, par Kobner emploie le chlorhydrate de
la bile, ne se produit plus, mais alors quinine et conseille la solution soi-
l'élimination se fait par les urines. vante :
Ils ont trouvé la quinine dans le
sang dès la première heure après Ch,?rMr- **q»*-
„- zL a- n .* i- mno... 0^50 à 1 gramme.
l'ingestion. Cette quinine séjourne* n^x^ .
... . , ^ . * M olycenne \ AA tt
rail longtemps dans le sang et on Eau distillée I grammes.
la retrouverait dans tous les viscères
et en particulier dans la rate, le foie Dissolvez sans acide.
et le cerveau (a). Un centimètre cube de cette solu-
(1) Nous donnons ci-après quelques tion renferme de 125 à 150 milli-
formules d'injections hypodermiques grammes de chlorhydrate de quinine,
de quinine. Cette solution se maintient très bien
r Reynolds a proposé la solution à chaud et on devra 1* injecter tiède, suivante :
• (2) Voici la formule de Tauret :
Sulfate do quinine 28 grammes.
Acide sulfurique au 10\ U — Lactate de quinine 1 gramme.
Glycérine 24 — Eaudistillée Q. S.
Eau Q. S.
pourcompléteMTOcentimètrescubes. Pour comP,éter 5 **■»«.
Cette solution contient 167 milli- ' Celte solution, qui est stable, ren-
grammes de sulfate de quinine par ferme par centimètre cube 20 centi-
centimètre cube. grammes de lactate de quinine.
(a) Pictro Alberto ni et Francesco Ciotto, Sur les voies d'élimination électives de la quinine (Ga%. med. ital. prov. Vent te, 18 mars 1876, p. 93, et Bull, dû thérûp., t. XÇ, 1876, p. 360).
conseille lesulfovinate solublede quinine, malheureusement peu stable. On a aussi conseillé le bromhydrate de quinine. Découvert par Latour et Boille (1), ce sel a été introduit dans la thérapeutique par Gûbler et, depuis, nous voyons Soûlez (de Romorantin), Dardenne (de l'île Maurice), Mac Auliffe, vanter les effets de ce sel dans le traitement des fièvres intermittentes. Gomme ce sel contient plus de quinine que le sulfate et qu'il est plus soluble, on comprend qu'on
(1) La combinaison de l'acide Soûlez a insisté aussi sur le pro-
bromhydrique et de la quinine a été cédé pour pratiquer des injections de
faite en 1870 par Latour et par Boille bromhydrate de quinine. Pour lui le
en 1872. La formule du bromhydrate trajet de l'aiguille à travers la peau
neutre de quinine est la suivante : doit être aussi direct que possible;
(CwHf *Aif 04,2HBr,2HO) ; l'injection doit être poussée très len-
Celle du bromhydrate acide étant : tement, tandis qu'avec la pulpe du
(C«H**Ai*0*,2HBr,6HO); doigt on opère de légères frictions
Ce corps est cristallisé, et sa solu- pour diffuser le liquide; enûn il faut
bilité est plus grande que celle du retirer l'aiguille avec lenteur, sulfate dequinine,une partie de brom- Dardenne (de l'Ile Maurice) emploie
hydrate étant soluble dans 5 parties la formule suivante pour les injec-
d'eau bouillante ou 60 parties d'eau tions sous-cutanées de bromhydrate
froide; il contient plus de quinine de quinine : que le sulfate.
Gûbler a employé le bromhydrate Bromhydr. acide dequin. 1 gramme,
de quinine en injections sous-cuta- Acide ««Murique dilué... X gouttes.
nées,etilfaitdessolutionsaulO«dans ■" disti,,éc ,0 «rim,ne8-
de l'eau légèrement aiguisée d'al- ou bien encore .
cool; 1 gramme de cette solution
contenant 1 décigramme de substance Bromhydr. acide de quin. 1 gramme.
active, il suffit d'injecter deux fois Acide Urtrique 50 centigr.
le contenu de la seringue de Pravaz Eau distillée 10 grammes.
pour introduire dans l'organisme l'é- ....
quhalent de 30 centigrammes de Les •««•*•»■ ne détermineraient
julfate de quinine. ÎTun •?"*** local, sauf une légère
Soûlez (de Bomorantin), qui a été •»*«»"»• Cette médication donne-
l'un des premiers àemployer le brom- «* «excellents résultats dans le
hydrate de quinine dans les fièvres •nUlt,flmc"t des flèTres Pa,udéenne8 de la Sologne, considère ce médica- , "' Maunce-
*ent comme supérieur au sulfate de . .La *»"■■>««>• Mac Auliffe pour les
quinine. Administré une heure avant ««««mii» de bromhydrate de quinine
l'accès, il empêcherait sa production ; est u su,ran*e :
de plus à la dose de 50 centigrammes Bromhydrate de quinine. . 2 grammes.
i 1 gramme, il produirait peu d'i- Ëtber s ulftirique 8 cenl.eub.
-rresse quinique. Alcool rectifié 2 grammes.
CLINIOUt THÉBAf., 6* édit. III. — 53
Tait appliqué aux injections sous-cutanées, et on a fait des solutions de ce sel au dixième. Seulement, à pareilles doses, il faut toujours ajouter de l'alcool, ce qui rend cette solution irritante.
De Beurmann et Yillejean ont étudié de nouveau cette question des injections sous-cutanées des sels de quinine et les résultats auxquels ils sont arrivés sont les suivants : c'est le chlorhydrate neutre de quinine qui doit occuper le premier rang pour ces injections. Il se dissout en effet dans les deux tiers de son poids d'eau (a).
voiepui- Enfin, frappé de la rapidité d'action des médicaments introduits par les voies respiratoires, Jousset deBellesme (b) a pratiqué des injections intra-trachéales de sels de quinine dans les cas de fièvre pernicieuse, et cette tentative hardie a été couronnée d'un plein succès. Dans des leçons précédentes, je vous ai raconté ces faits et j'ai longuement insisté
injections sur l'utilité de ces injections intra-trachéales (c). Je vois
trachétlet.
avec plaisir que depuis la publication de cette leçon cette idée a fait des prosélytes; Bergeron a soutenu les avantages de cette méthode (d) et dans la pratique vétérinaire, où l'on peut si facilement atteindre la trachée, je vois Cagny etLevi
Une seringue de Pravaz renferme de ce sel dans les cas de fièvre per- 10 centigrammes de bromhydrate. nicieusc (e). On peut injecter jusqu'à 1 gramme
(a) Beurmann et Yillejean, Des injections hypodermiques de quinine. Bull, de thcr„ 1888, t. CXIV, p. 193.
(b) Jousset de Bellesme, De la méthode hypodermique. Thèse de Paris, 1868, et Soc. de biol., 1871.
(c) Voir t. H, Traitement des maladies du poumon. Leçon sur le poumon au point de vue thérapeutique.
(d) Bcrgefon, Des injections médicamenteuses dans les voies respiratoires (Congrès pour Vavancemtnt des sciences. Rouen, 1883, et Bull, de thérap., t. CV, 1883, p. 233). — Cagny, Injections trachéales médicamenteuses (Recueil -de méd. vétér*, 1883).
(e) Gubler, Note sur remploi thérapeutique du bromhydrate de quinine (Jour*, de thérap.t n° 13). — Soulcz, De l'utilité du bromhydrate de quinine dans le traitement des fièvres palustres (Journ. de thérap., n- 21, 24, 1879); Remarques sur les précautions à prendre pour éviter les accidents locaux des injections hypodermiques de sulfate de quinine (Journ. de ihérap.> n* 17, 1876). — Dardenne, Coutri-
(de Pise) généraliser l'emploi de ces injections. Je crois donc que, dans les cas de fièvre pernicieuse, il faut toujours avoir présente à l'esprit la possibilité de ces injections trachéales de sels de quinine et ne pas hésiter à les pratiquer.
J'en ai fini avec les modes d'introduction des sels de quinine, mais avant d'aller plus loin, il faut nous demander si l'introduction des sels de quinine dans l'économie, en dehors des symptômes d'irritation locale que je vous ai signalés, n'a pas d'autres inconvénients. Vous savez tous, que la principale propriété des sels de quinine est de déterminer un état cérébral que l'on décrit sous le nom d'ivresse quinique, mais on a aussi accusé les sels de quinine de déterminer des avortements et des hématuries.
Je vous dirai peu de choses des symptômes qui consti- imn* tuent l'ivresse quinique : les bourdonnements d'oreille, les vùalvlt vertiges, les obnubilations, qui en sont les symptômes principaux, surviennent chaque fois que l'on élève les doses de quinine, et c'est une caractéristique de l'action physiologique de cet alcaloïde. Les femmes paraissent plus susceptibles que les hommes à cet égard, et ceci résulte chez elles jde la prédominance du système nerveux. Chez certaines personnes, cette susceptibilité est telle qu'elle se manifeste sous l'influence des moindres doses de sulfate de quinine, et il est difficile chez elle d'atteindre même l'effet thérapeutique; il faut dans ces cas abandonner le sulfate de quinine et employer un autre alcaloïde du quinquina, la cinchonidine, par exemple, qui, à doses assez élevées, n'occasionne aucun trouble cérébral.
La question de l'influence du traitement quinique sur H<«uturie
clinique.
butions à V étude du btomhydrate de quinine dan* le* fièvre* <f origine paludéenne {Journ. de thérap., n* 9, 1877). — Mac Àulifle, Injection* ithèrie* du bromhydrate de quinine [Journ. de thérap., n* 24* novembre 1880).
l'hématurie (1) a été surtout soulevée par les médecins grecs et italiens ; et nous voyons même Ughetti et Tomaselli soutenir que, dans bien des cas, la fièvre hématurique bilieuse résulte de la médication par le sulfate de quinine. Il ne s'agirait pas dans ces cas d'une véritable hématurie, mais bien, comme l'a montré Karamitzas, d'une hémoglobinurie; c'est-à-dire que la matière colorante du sang passerait seule dans les urines. Je crois peu, pour ma part, à l'hématurie quinique, car, dans la fièvre typhoïde traitée par le sulfate de quinine à haute dose, on n'a observé ni hématurie, ni hémoglobinurie; il est donc probable que Timpaludisme favorise l'apparition de ces hémorragies. Cependant, je suis d'avis que chez les individus atteints d'hématurie ou d'hémoglobinurie, on doit être très réservé dans l'emploi du sulfate de quinine.
Tomaselli a démontré que l'intoxication quinique n'est pas un effet particulier du médicament, mais simplement un trouble morbide lié à une susceptibilité particulière de certains individus, qui peuvent en être atteints même après l'absorption de faibles doses de quinine. Elle parait indépendante de la voie d'introduction du médicament. Cet
(1) Anton iades (d'Athènes) a appelé mais bien de ce qu'il appelle une
le premier, en 1858, l'attention sur hémotphérinuriey c'est-à-dire qu'il
l'hématurie qui survient i la suite n'a trouvé que la matière colorante
des fièvres intermittentes. Berettas, du aang dans les urines et jamais les
la même année, attribua ces héma- globules.
turies à l'usage du sulfate de qui- De leur côté Ughetti et Tomaselli
nine. Karamitzas (d'Athènes), tout ont soutenu que l'hématurie bilieuse
en admettant qu'il existe des fièvres qui survenait dans les fièvres perni-
intermittentes hématuriques, a mon- cieuses ne résultait pas d'un empoi-
tré par des expériences précises que son ne ment palustre, mais bien de
le sulfate de quinine détermine des l'action toxique du sulfate de quinine
hématuries et qu'il ne s'agissait pas à dose thérapeutique (a), d'ailleurs de véritables hématuries,
(a) Ughetti, Inlo$sica*ione chinica e la febbre biliota ematurica (Lo Sperim. fasc. 6, 1878). — Karamitzas, Sur l'hématurie provoquée par la quinine (Bull, de thérap., t. XCVI1, p. 53, 1879).
observateur croit que l'intolérance pour les préparations quiniques est le résultat de la détérioration de l'organisme et de l'altération des hématies, qui sont le fait des accès de malaria; il s'y mêle aussi une question d'hérédité. Toujours est-il que l'apparition de la fièvre ictéro-hématurique doit être une contre-indication absolue vis-à-vis de la continuation de l'emploi de la quinine.
Les mêmes réserves doivent être faites lorsque vous aurez ,0fluellC6 à traiter des femmes enceintes (4) atteintes de fièvre in ter- detla qui
N ' nlne sur
mittente. Quoique l'action du sulfate de quinine sur les con- i«»<n». tractions de l'utérus soit vivement discutée, et qu'aux faits de Monteverdi (de Crémone), de Duboué (de Pau), de Warren, qui signalaient des cas d'avortement à la suite de la médication quinique, on ait opposé les observations tout aussi positives de Thezet (de Rochefort, Gard), de Delmas
(1) Depuis longtemps on a consi- autre série d'observations montrant
déré la quinine comme congestion- que la médication par le sulfate de
nant l'utérus, et Tilt, Delioux de Sa- quinine n'avait eu aucun inconvénient
vignac la rangeaient parmi les mé- chez la plupart des femmes enceintes,
dicaments emménagogues. On a de Plan tard a recueilli un grand nombre
plus affirmé qu'elle pouvait détermi- de faits de grossesse où la médication
ner des contractions utérines et par par le sulfate de quinine n'a pas eu
suite causer l'avorte ment. C'est ainsi d'inconvénient. Cependant, comme
que Petitjean, Monteverdi (de Gré- l'avorte ment peut survenir, il faut
mone), Duboué (de Pau), Warren employer en même temps que le
signalèrent plusieurs cas d'avorté- sulfate de quinine des médicaments
ment déterminés par le sulfate de calmants et en particulier les injec-
quinine. Aussi Coche ran, John Lewis, lions sous-cutanées de morphine et
Rien, considèrent-ils ce médicament surtout de sulfate neutre d'atropine,
comme utile en obstétrique pour acti- Tout récemment encore cette ac-
ver les contractions de l'utérus. A ces tion ocytocique de la quinine a été
faits positifs, Thézet, Delmas, Alamo, affirmée par Lartigan (a). Burdel (de Vierzon) ont opposé une
(a) Pian tard, De V emploi du tut f aie de quinine pendant la grossesse. Thèse de Paris, 1875. — Duboué (de Pau), De l'action des sels de quinine sur r utérus (Ann. de gynécoL, octobre 1874, p. 286). — Delioux de Savignac, Médicaments obstétricaux {Bull, de thérap., t. LXXXI, p. 298), — Tilt, The Lancet, février 1851, et Bull, de thérap., 1851, t. XL. — Monteverdi, Un. méd., 1871 et 1872. — Théxot, Bull, de thérap., 1846, t. XXX. — Rich, Charleston Med. Journ. and Retv., mars 1881 et Bull, de thérap., 1862, t. LUI, p. 180. — Lartigan, The British Med. Journ., 2 juin 1883. <
(de Montpellier), de Burdel (de Vierzon), d'Alamo en Espagne, qui ont montré que les femmes enceintes pouvaient impunément supporter une médication quinique, il n'en reste pas moins démontré que, dans d'autres circonstances, la quinine peut déterminer Tavortement, et vous devez vous en souvenir toutes les fois que vous aurez à soigner des malades en état de grossesse.
Dot tuée*. ^ous signaler les principaux alcaloïdes du quinquina, <unéi do vous montrer la supériorité de la quinine, vous indiquer son meilleur mode d'administration et de préparation, tout cela ne suffit pas pour connaître en leur entier les nombreuses médications que l'on a conseillées dans le traitement de la fièvre intermittente, et je dois vous entretenir maintenant des succédanés du quinquina et de ses dérivés.
Vous savez déjà que le principal instigateur des recherches faites pour trouver un succédané du sulfate de quinine est le prix élevé de ce dernier; vous ne serez donc pas étonnés des nombreux médicaments qui ont été proposés en pareil cas, médicaments qui, je dois vous le dire tout de suite, se sont toujours montrés inférieurs au quinquina. Ces succédanés, on les a tirés successivement du règne végétal, du règne minéral et même du règne animal, et sans vous donner une liste complète de ces succédanés, je vous signalerai seulement les principaux de ces médicaments.
Je vous ferai grâce de toutes les plantes indigènes (4) qui
(I) Les plantes indigènes em- groupe des amers, et des amers asployées comme fébrifuges sont in- tri ngents surtout, qui paraît contenir nombrables ; beaucoup sont tombées les fébrifuges les plus sûrs ; c'est i dans un oubli mérité, d'autres sont ce groupe qu'appartient, du reste, le aujourd'hui encore usités dans cer- quinquina. Nous allons en u m érer ratai n s cas, surtout dans la médecine pidement, par ordre alphabétique, rurale. On s'est adressé aux plantes un certain nombre de ces plantes : araères, aromatiques, sudorifiques, Grande absinthe (Artemisia absinsédatives, narcotiques; mais c'est le thiutn, Synanthérées).
ont été conseillées contre la fièvre intermittente, vous signalant seulement l'épine-vinette, si vantée autrefois par
Ache, céleri sauvage (Apium grar veolens, Ombellifères). Ail (Alium sativum , Liiiacées ) . Amandier {Amygdalite communié. Rosacées).
Aneth, fenouil puant, fenouil bâtard (Anethum graveolens, Ombellifères).
Angélique (Angelica archangelica, Ombellifères). Aristoloche longue (Aristolochia longa). Aristoloche ronde (Aristolochia rotunda, Ombellifères). Armoise (Artemisia vulgaris, Synanthérées). Aurone, citronne, herbe royale (Artemisia abrotanum, Synanthérées).
Argentine, bec d'oie, agrimoine sauvage (Potentilla enserina, Rosacées). Arnica, bétoine de montagne, b. des Vosges, herbe aux pécheurs, tabac des Vosges, quinquina des pauvres, herbe à éternuer (Arnica montana, Synanthérées). Benoîte, herbe de Saint-Benoit, herbe bénite (Geum urbanum, Rosacées). Bourse à pasteur, boursetle, tabouret, moutarde sauvage, moutarde de Mithridate (Thlaspi bursa pastoris, Crucifères).
Camomille romaine (Anthémis nobilis, Synanthérées). Centaurée, grande centaurée (Centaurea centau* rium, Synanthérées). Chardon bénit (C. benedicta). C'est dans cette plante que Nativelle a découvert le caisin9 principe amer qui cristallise en aiguilles incolores d'un éclat soyeux, très amères peu solubles dans l'eau froide et dans l'éther, très solubles dans l'eau chaude et dans l'alcool.
Centaurée (Petite), herbe à Chipon, fiel de terre (Gentiana centaurium, Gentianacées). Cerisier àgrappes, merisier à grappes, putret, bois puant (Prunus padus). Cerisier {Prunus ceranus, Rosacées). Chardon-
Marie, artichant sauvage, chardon de Notre-Dame (Carduus marianus, Synanthérées). Chausse-trape, centaurée étoilée, chardon étoile, pignerolle (Centaurea calcitrapa, Synanthérées). Chêne rouvre, chêne mâle (Quercus robur, Cupulifères). Chicorée sauvage (Cichorum intybus, Synanthérées). Ciguë vireuse, ciguë d'eau, cicu taire aquatique (Cicuta virosa, Ombellifères).
Citronnier (Citrus medica, Aurantiacées). Cornouiller mâle (Cornus mas, Caprifoliacées). Coquelicot (Papaverrheas, Papavéracées).
Frêne, quinquina d'Europe (FraxU nus excelsior, Oléinéesj. Gentianq jaune (Gentiana lutea, Gentianacées). Germandrée maritime, herbe aux chats, marum (Teucrium ma* rum, Labiées). Germandrée sauge des bois, baume sauvage, faux-scordium (Teucrium sorodonia). Gui blanc, gui commun, gui parasite, gillon, verquet (Viscum album, Loranthacées).
Houx épineux, grand houx (Ilex aquifolium, Aquifoliacées). Impératoire9 benjoin français, ostrute(/i»p£ratoria ostruthium, Ombellifères).
Lichen des murailles, pavelle des murs, herbette des murs (Lichen parietinus, Lichénacées). Lilas (Syringa vulgaris, Oléacées). Le lilas agirait par la syringine, substance blanche, cristallisable, qu'on peut extraire de cette plante.
Marronnier dinde (CEsculus hippocastanum, Hippocastanées), agirait par l'esculine, principe amer du marron d'Inde, séparé par Mouchon, pharmacien à Lyon. L'esculine se prescrit à la dose de 50 centigrammes a 1 gramme. Marrube (Marrubum
Piorry (4), la chausse-trape, expérimentée récemment par
Bertin (2), l'eucalyptus que Gûbler etGimbert introduisirent
vulgare, Labiées). Matricaire espargoutte, œil de soleil (M atric aria parthenium, Composées). Ményanthe, trèfle aquatique, trèfle d'eau, trèfle à la fièvre (Menyanthes trifoliata, Gentianacées). Moutarde noire {sinapis nigra, Crucifères). Narcisse des Prés, aiJlaud, porillon, fleur de coucou, clochette des bois, herbe à la vierge (Narcissus pseudo-narcissus, Amaryllidées). Olivier d'Europe (Olea Europœa, Jasminacées). Ortie (Ur~ ticay Urticées).
Passerage iberide, chasserage (Lepedum iberis). Passerage des décombres, cresson des mi nés, puette (Lepidum ruderale. Crucifères). Panais (Pastanica sativa, Ombellifères). Patience (Rumex, Polygonacées). Pavot somnifère, pavot des jardins (Papaver somniferum, Papavéracées). Phellandre aquatique, fenouil d'eau, mille-feuille aquatique, persil des fous (Phellandrium aquaticum, Ombellifcres). Pécher (Amygdalus persica, Rosacées). Pigamont, thalictron sauvage, pied de Milan, rhubarbe des pauvres, rue des prés ( Thalictrum flavum, Reno nculacées).
Pissenlit (Leontodon taraxacum, Composées).
Plantain, plantain ordinaire, grand plantain (Plantago major, Plantaginacées). Potentille (Potentilla enserina). Prunellier, prunelle, épine noire (Prunus spinosa. Rosacées).
Renouée bistorte (Polygonum bistorta, Polygonacées). Peuplier blanc (Populus alba). Peuplier tremble (Populus tr émula, Salicacées).
La salicine, qui se trouve dans les écorces, en fait le principe actif.
Quinte feuille, potentille rampante, pipeux, herbe à cinq feuilles
(Potentilla reptans , Rosacées).
Santoline blanche, petite citrouille, santoline faux-cyprès (Santolina chamœcyparissus, Composées). Saule blanc (Salix alba, Salicacées). Les écorces contiennent la salicine. Sumac des corroyeur$f rougè ou roux des corroyeurs . Vinaigrier (Rhus corriarea, Térébinthacées). Tanaisie, herbe aux vers, herbe de Saint-Marc, barbotine indigène (Tanacetum vulgare, Composées).
Valériane, herbe aux chats, herbe de Saint-Georges (Valeriana ofjicinalis, Valérianacées). Verveine o/jScinate, herbe sacrée, herbe de sang, herbe du foie (Verbena officinalis, Verbénacées).
Pommier (Pyrus malus, Rosacées). L'écorce fraîche contient un glucoside : la phlorîdzine, qui se prescrit à la dose de 30 centigr. i i gramme.
(t) L'épine-vinette (Berberis vtdgaris) contient dans l'écorce de la racine qui est très amère deux alcaloïdes,! a berbérine et roxyacanthine ; cette dernière est des plus amères.
On fait de l'écorce de la racine de 4'épine-vinelte un extrait que l'on a conseillé contre les fièvres intermittentes; roxyacanthine même a été employée contre les fièvres palustres i la place de la quinine.
(2) La centaurée chausse-trape (Centaurea calcitrapa), plante très répandue dans les terrains calcaires, a été employée par Bertin, sous forme d'extrait alcoolique de la racine dans le traitement des fièvres intermittentes. Dans les accès quotidiens, il suffirait d'administrer pendant deux ou trois jours 6 pilules de 20 centigrammes, une toutes les
dans la thérapeutique, et enfin le cédron, que j'ai étudié avec mon élève Restrepo (1).
Cette étude nous a montré d'abord qu'il existait deux du cédron. espèces de cédron, Tune appartenant au Simaba cédron, l'autre à une variété de plante dont notre collègue à l'Académie, Planchon, a déterminé les caractères botaniques, le Picrolemma valdivia. On retire de la première une substance neutre, non cristallisée, la cédrine, et de l'autre un alcaloïde cristallisable découvert par Tanret, la valdivine. La cédrine seule a une action dans les fièvres intermittentes à la dose de 4 milligrammes en injections sous-cutanées, ou
deux heures, pour voir disparaître la fièvre. Dans les fièvres graves, il faudrait plus d'un gramme d'extrait par jour. Enfin le même médicament agirait dans les fièvres larvées (a).
(1) Sous le nom de noix de cédron, il existe deux fruits d'origines diffé* rentes, l'un appartient au cédron {Simaba cédron) ou Quassia cédron , suivant Bâillon: l'autre au Valdivia (Picrolemma Valdivia). Le premier de ces fruits renferme un produit décrit sous le nom de cédrine qui n'est pas cristallisable, et que l'on introduit sous la peau à la dose de 2 à 4 milligrammes; en Colombie, on se sert de la poudre de cédron délayée dans un peu d'eau-de-vie à dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour. C'est cette poudre de cédron qui est en usage chez les Indiens depuis un temps immémorial, puisqu'en 1828, à Carthagène, on employait déjà cette poudre depuis longtemps. En 1848, Vauvert de Méan, vice-consul de France à Pa-
nama, envoyait une caisse de noix de cédron à l'Académie de médecine, mais aucune expérience ne fut faite; cependant, en 1852, Rayer montra les propriétés fébrifuges de ce cédron. Purple (de New-York),Posada- Arango, en Colombie, employaient aussi avec succès la poudre de cédron contre la fièvre intermittente.
Dujardin-Beaumeli et Restrepo ont obtenu aussi des guéri sons par ce moyen. Cependant Burdel(de Vierion) n'aurait constaté que des insuccès.
Le fruit de Valdivia contient au contraire un alcaloïde découvert par Tanret et cristallisé sous le nom de valdivine, et qui aurait pour formule C*H'60*,5H0. Celte valdivine serait éminemment toxique; 2 milligr* de valdivine tuent un lapin en dix-huit heures; ce médicament détermine chez l'homme, i la dose de 4 milligr., des vomissements. Dans les cas de rage, la valdivine, sans produire de gué ri son, ferait cesser les accès convulsifs (b).
(a) Bertin, De remploi de la centaurée chautse-trape dant le traitement de la maladie intermittente {Montpellier méd., février et mars 1876).
(b) Restrepo, btude du cédron, du valdivia et de leurs principes actifs, la cédrine et la waldivine. Thèse de Paris, 1881.
De l'eueaijptus.
bien âoùs forme de poudre de cédron, comme le font les Indiens de la Colombie, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour. Les expériences sur le cédron et la cédrine que Restrepo a instituées en Sologne, tout en nous montrant les propriétés fébrifuges de cette substance, nous ont montré aussi sa grande infériorité sur les sels de quinine. L'eucalyptus (1) a joui d'une vogue encore plus grande, et l'on pensa avoir trouvé un véritable succédané du quin-
(1) VEucalyptus globulus est un arbre de la famille des myrtacées qui atteint souvent des dimensions colossales. Toutes les parties de la plante et surtout des feuilles contiennent une essence aromatique, Feucaiyptol, qui a été analysée par Cloëz.
Cet arbre a été introduit, en 1857 et 1858, en France, par Ramel ; aujourd'hui il se trouve cultivé en abondance dans les Alpes-Maritimes et en Algérie.
Gûbler et Gimbert ont étudié Faction physiologique de Feucaiyptol, qui produit, à la dose de quelques gouttes, de l'excitation et de l'irritation, si Fon porte la dose de 2 à 4 grammes.
Cet arbre, que Fon appelle V arbre à fièvre, est employé de temps immémorial par les naturels de l'Australie pour le traitement des fièvres intermittentes. Il y a plus de quarante ans, le capitaine de vaisseau de Salvy aurait vu, dans une épidémie de fièvre pernicieuse, qui avait
frappé les matelots de la corvette la Favorite y \eshons effets des infusions de cette plante, appliquées par les habitants de Botany-Bay. En Corse, Régulus Carlotti (d'Ajaccio) aurait obtenu des effets remarquables dans la cure des fièvres paludiques; il en serait de même en Algérie.
On emploie dans ces cas surtout la teinture d'eucalyptus ou la poudre de feuilles. Gûbler donnait cette poudre à la dose de 4 à 16 gr. par jour. Kirchberg a soigné 19 malades par l'eucalyptus globulus; tous ont guéri sans sulfate de quinine. Burdel (de Vierzon) n'a obtenu que des résultats incomplets avec l'eucalyptus dans le traitement des fièvres de la Sologne.
L'eucalyptus aurait encore une autre propriété ; c'est qu'il détruirait sur place le miasme paludéen, et cela résulterait soit de l'absorption rapide de Feau par cet arbre qui en est très avide, soit des émanations aromatiques qu'il développe (a).
(a) Gûbler, VEucalyptus globulus et son emploi en thir. (Bull, de thérap., 1871, t. LXXXI, p. 145). — Castan, Montpellier méd., 1872, t. XXX, n° 6. — Burdel (de Vierzon), l'Eucalyptus globulus en Sologae [Bull, de thérap., t. LXXXY, p. 529, t. LXXXVI, p. 409). — Gimbert (de Cannes), VEucalyptus globulus, 1770, p. 69. — J. Campian, l'Eucalyptus globulus et VEucalyptol. Thèse de Paris, 1873. — Régulus Carlotti, Mémoire sur l'action thérapeutique et la composition élémentaire de l'écorce et de la feuille de l'eucalyptus, présenté à la Société d'agriculture d'Alger, 1869. — Kirchberg, Observations de fièvres intermittentes traitées au moyen de ^eucalyptus globulus {Journ. deméd. de l'Ouest, 1" série, 6* année, t. YI, p. 250).
Do
quina, ayant même ce singulier avantage, que la végétation de cet arbre, si étrange par la couleur et le port de ses feuilles, pouvait détruire le miasme palustre. C'est ainsi que Ton peut voir, dans la campagne romaine, les stations de chemins de fer, dans les localités les plus insalubres, entourées d'eucalyptus. Mais l'observation plus rigoureuse des faits a montré que les préparations d'eucalyptus étaient des médicaments infidèles dans le traitement des fièvres intermittentes et qu'il ne fallait pas compter non plus sur le développement de cet arbre par faire disparaître la malaria.
Je ne vous dirai rien du jaborandi ni de la pilocarpine. jtb0nndt. Rokitansky et Grinswald ont bien conseillé cet alcaloïde contre la première période de la fièvre intermittente, mais c'est là une médication exceptionnelle qui ne peut s'appliquer au traitement courant des accès palustres (1).
Parmi les substances minérales (2) qui ont été conseillées 8ttC€é-
N ^ danét inl-
danS le traitement de la fièvre intermittente, je ne vous né™».
signalerai que l'acide picrique et les picrates, l'arsenic et
les arséniates, et enfin les médicaments qui font partie de
la série aromatique.
Il y a une dizaine d'années, j'ai fait des recherches sur d«
carbaio-
(1) Grinswald conseille dans les cas tassium, que Ton a appelé sel fébri- mon\Mqu9t de flèvres intermittentes les injec- fuge de Sylvius; le chlorure de
tions sous-cutanées de 1 centigramme sodium, recommandé par Thomas
de pilocarpine Ces injections non (de la Nouvelle-Orléans), Selles de
seulement font disparaître le frisson, Montdezert, Piorry; le chlorhydrate
mais jugulent quelquefois l'accès, et d'ammoniaque, par J. Franck, Aran,
lorsqu'un ou deux accès ont été Padiolo; la teinture d'iode par
coupés, la fièvre ne reparaît plus. Il Séguin, Boinet, Barilleau (de Poi-
conseille l'emploi de ces injections tiers) ; la solution d'iodure de potas-
dans les cas de fièvre pernicieuse (a), sium iodé par Willebrand, D. Hel-
(2) Les autres substances miné- singfors ; le ferrocyanate de potasse raies conseillées contre la fièvre in- et d'urée par Baud ; les sulfites et les termittente sont le chlorure de po- hyposul fîtes parPolli.
(a) Griswald, Pilocarpin in intermittent fever{Netv-YorkMed. Journ., août 1880): — Rokitansky, Ueber den Verlauf einet Faites von intermittent unier der Wirkung de* Pilocarpin {Med. Jahr., Heft. 2, 1878).
Des pré* pamtions arsenicales.
l'action physiologique du picrate ou carbazotate d'ammoniaque, et tout en reconnaissant que ce médicament diminuait le nombre des pulsations et produisait sur le cerveau un ensemble symptomatique comparable à l'ivresse quinique,j'ai constaté, après Braconnot(de Nancy), Calvert et Mossa, Haspland, Parisel, etc., son action fébrifuge; seulement cette action comme celle des succédanés de la quinine est incertaine (1).
Quant aux préparations arsenicales, c'est Boudin qui a formulé le traitement des fièvres palustres par ces prépara-
(1) L'acide picrique ou carbaiotique a été découvert en 1788 par Haussman. Obtenu, en 1794, par Welter , par l'action de l'acide nitrique sur la soie, il fut préparé en 1834 par Runge, en soumettant les huiles de goudron à l'action de l'acide nitrique.
Laurent, en 1841, démontra que ce corps était un dérivé de l'acide phénique (C"H«0,HO),dans lequel 3 molécules d'acide azotique (AzO4) étaient venues se substituer à 3 molécules d'hydrogène pour constituer la formule suivante : C"H*(AzO*)30,HO, d'où le nom de trinitrophénique que l'on devrait donner à l'acide carbazotique. Certains carbazotates alcalins sont très explosibles, mais le carbazotate d'ammoniaque ne l'est nullement. C'est un sel de couleur rouge parfaitement cristallisé.
C'est Braconnot (de Nancy) qui, le premier, en 1830, employa le picrate de potasse comme fébrifuge. Calvert et Massa, en 1836, ont signalé les propriétés antipériodiques du picrate d'ammoniaque. En 1862, Aspland est revenu sur les mêmes faits et a montré que l'on pourrait tirer du carbazotate d'ammoniaque les mêmes effets que du sulfate de quinine dans le traitement des lièvres de l'Inde.
Parisel, en 1868, cite les faits de Barot fils, qui a obtenu la guérison de plus de 60 cas de fièvre intermittente, en employant 20 centigr.
d'acide picrique. Ces mêmes guérisons ont été obtenues par le picrate d'ammoniaque par Henry des Tureaux, dans le Cher, Chazereau à Aubigny, Charles Flain à Sancerre et Manoha à Médéah.
Dujardin-Beaumetz a étudié l'action physiologique et thérapeutique du carbazotate d'ammoniaque. Ce sel amène la diminution des battements du cœur et la dose de 25 centigrammes abaisse le pouls de 10 pulsations.
Chez la grenouille, il se produit un arrêt du cœur avec 1 centigramme; chez le lapin, 30centigrammes diminuent de moitié les battements du cœur. Dès que l'on dépasse de 7 à 8 centigrammes par jour, on produit un ensemble de symptômes que Parisel a décrits sous le nom d'ivresse picrique, très analogue à l'ivresse quinique, et caractérisée par la douleur de tête, par une sensation de vide ou de vertige et par la faiblesse générale. Dujardin-Beaumetz administrait le carbazotate d'ammoniaque en pilules contenant 1 centigramme de principe actif. Il donnait de cinq
tions, et tout le monde est aujourd'hui d'accord pour reconnaître le grand service qu'elles nous rendent, non pas dans le traitement du périodisme morbide, où elles se montrent très inférieures au sulfate de quinine, mais bien dans la cure de la cachexie paludéenne, où l'acide arsénieux devient alors supérieur au quinquina et à ses dérivés. La médication arsenicale ne peut donc pas remplacer celle par les alcaloïdes du quinquina, mais elle vient compléter cette dernière (1).
à six de ces pilules par jour. Ce médicament agirait bien dans les fièvres intermittentes, mais son action est infidèle et inférieure à celle du sulfate de quinine (a).
(1) C'est à Boudin que Ton doit la véritable formule du traitement de la fièvre intermittente par l'arsenic.
Cependant, au commencement du dix- septième siècle, Hadrien Slevogt et Melchior Frick avaient établi d'une façon définitive les propriétés antipériodiques et fébrifuges de l'arsenic; Plencitz père et fils et Slevogt employèrent surtout l'acide arsénieux et affirmaient un succès presque constant dans le traitement des fièvres intermittentes. Us donnaient de 5 à 7 centigrammes par jour. Boudin a été jusqu'à donner 18 centigrammes par jour. Millet n'en donne que i centigrammes. Sistacbe débute par des doses de 3 centigrammes. La solution dont Boudin se servait avait la formule suivante :
Acide arsénieux 1 gramme.
Eau distillée 1000 grammes.
Delioux de Savignac a réduit la dose d'acide arsénieux à 50 centigr.
pour 1 litre, de telle sorte que 20 gr. ou une cuillerée représentent 1 centigramme d'acide arsénieux.
Sistache emploie une solution contenant 5 centigrammes d'acide arsénieux pour 50 grammes d'eau, c'est-à-dire 1 centigramme pour 10 grammes. Sur 229 malades atteints de la fièvre intermittente, traitée par l'acide arsénieux, Sistache n'aurait pas eu un seul insuccès. 11 affirme que l'acide arsénieux est aussi efficace que le sulfate de quinine, mais agit plus lentement. Aussi, dans les cas de fièvre pernicieuse, l'acide arsénieux est complètement inefficace.
Delioux de Savignac préfère l'arsenic à la quinine dans le traitement des névralgies périodiques.
Mourtard-Martin considère la médication arsenicale comme supérieure à toute autre dans le traitement de la cachexie paludéenne. L'hydrothérapie seule pourrait lui être comparée.
(a) Braconnot, Ann. de phys. et de chim., t. XLIV, p. 297. — Aspland, Med. Times, 1862. — Parisel, Action phytiol. et thèr. de l'acide picrique. Thèse de Paris, 1868. — Dujardin-Bcaumetz, De l'emploi du carbonate d'ammoniaque comme succédané du sulfate de quinine (Soc. de thérap., juillet 1872 et Gai. méd. de Paris , 1872, n** 37, 38 et 39) ; Nouveaux Faits relatifs à l'emploi du carbatotatc d'ammoniaque (picrate d'ammoniaque) comme succédané du sulfate de quinine (Bull. gén. de thérap., 1872, t. LXXX, p. 385).
cyliqno.
Acide mu- Les puissants effets antifermentescibles et antithermiques des médicaments tirés de la série aromatique ont été aussi appliqués au traitement des fièvres palustres, et pour certains d'entre eux, même, cette action fut un des premiers effets thérapeutiques observés; c'est ainsi que dès qu'on retira la salicine du saule, on la considéra comme un succédané du sulfate de quinine. Depuis que l'acide salicylique est obtenu par voie de synthèse, on a aussi appliqué cet acide et le sali cylate de soude au traitement des fièvres intermittentes. Mais il faut bien le reconnaître, ces médicaments se sont montrés très peu efficaces dans le traitement de l'intermittence fébrile; aussi, malgré les résultats obtenus par Bartels et parZielewicz(l), ce traitement ne s'est pas propagé. Il en a été de même des injections d'acide phénique, injections qui ont été préconisées surtout par Dieulafoy, comme devant remplacer le sulfate de quinine; cet auteur, en effet, nous a montré des cas de fièvres intermittentes rebelles au
Dans ces dernières années Mosler de soude comme un excellent médi-
a proposé une médication différente cament dans la fièvre intermittente,
de l'impaludisme avec induration de Zielewicz adopte la même manière
ia rate; il injecte directement dans de voir et il donne le sali cylate de
le parenchyme de l'organe de la soude pendant l'accès pour combattre
liqueur de Fowler, et il administre celui qui doit venir; il reconnaît
ainsi de 18 à 20 gouttes; il a soin toutefois que ce médicament est in-
d'appliquer de la glace après chaque férieur comme sûreté d'action au
injection (a). sulfate de quinine (6).
(1) Bartels considère le sali cylate
(a) Delioux de Savignac, Examen comparé des propriétés fébrifuges du quinquina et de Varsenie (Bull, de thérap.t 1853, t. XLV, p. «94, 295). — Sistache, Emploi thérapeutique de Varsenie (Ga%. méd., 1861, p. 67). — k. Millet (de Tours), De l'emploi thérapeutique des préparations arsenicales. Paris, * édit, 1865. — Boudin, Traité des fièvres intermittentes et contagieuses des contrées paludeennest suivi de recherches sur V emploi thérapeutique des préparations arsenicales. Paris, 1852. — Frémy, De la médication arsenicale dans les fièvres intermittentes. Paris, 1857. — Moutard-Martin, Médication arsenicale dans le traitement des fièvres paludéennes (Acad. de méd.f 1872). — Mosler, Ueber Parenchymatose Injection von Solution arsenicales Fowleri in chronische MiUtumoren {Deutsch. med. Woch., n* 47, 1880).
(6) Zielewicz, Ueber den therapeuHschen Werth des Natron Salicylium beilntet* mittens des Kendesalters (Deutsch. med. Woch., n* 41, 1879).
rétorcine.
sulfate de quinine qui avaient cédé à un traitement méthodique par l'acide phénique. Malgré les efforts de Dieulafoy, ce traitement ne s'est pas généralisé et Ton s'en tient aux sels de quinine, et souvent en variant soit la préparation soit le mode d'administration de cette quinine, vous pourrez obtenir des succès là où jusqu'alors vous aviez échoué.
J'en dirai tout autant de la résorcine, et quoique Kahler d« i. et Lichtheim aient soutenu que ce médicament était égal et même supérieur, comme rapidité d'action, au sulfate de quinine, je n'ai jamais obtenu un pareil effet lors des tentatives que j'ai faites pour introduire ce médicament dans la thérapeutique (4). Quant à la quinoléine, que l'on obtient aujourd'hui des phénols et oxyphénols, je vous en ai déjà parlé à propos des dérivés du quinquina, et je ne sache pas que la kairine, qu'on en a tirée depuis, ait donné des résultats positifs dans le traitement des fièvres palustres. Il en est de même de tous ces médicaments antithermiques (antipyrine, antifébrine, phénacétine) jouissant de propriétés
(1) Pour l'étude de la résorcine au ministrer même au milieu de l'accès,
point de vue de son action physiolo- La résorcine agirait aussi sur le vo-
gique et thérapeutique, il faut se lume de la rate, elle devrait donc
reporter, à la note qui se trouve dans être classée par les médecins au
le tome II au Traitement des inala- môme rang que la quinine. Dujardin-
dies ur inaires. Ce sel a été surtout Beaumetz et Callias en ont obtenu
employé dans la ûèvre intermittente dans leurs recherches très peu d'ef-
par Lichtheim et par 0. Kahler, à fets dans les fièvres intermittentes ;
la dose de 2 à 4 grammes pris au il est vrai qu'ils donnaient des doses
début de l'accès; cette dose pro- beaucoup moins considérables et
duirait une atténuation notable des qu'ils n'ont jamais dépassé 1 gramme,
phénomènes morbides, souvent même Pêradon a obtenu, lui aussi des
une cessation complète. D'après ces résultats incertains et passagers dans
observateurs, le grand avantage de le traitement de la ûèvre palustre
la résorcine consiste dans son action par la résorcine (a). immédiate, ce qui permet de l'ad-
(a) 0. Kahler, Allgem. med. Centr. Zeitsch., 1880, p. 37 et 98, et Paris méd.t 3 mars 1881, p. 70 et 71. — Lichtheim, Corresp. Blatt. fur Sch. AerUe, n* 14, 1880, et Trib. méd., n«" 628 et 690, 1880. — Dujardin-BeaumeU et Callias, De la résorcine et de son emploi en thérapeutique (Bull, de thérap., t. CI, 1881, p. 1). — Perraton, De remploi de la résorcine. Thèse de Paris, 1882.
antithermiques et analgésiques incontestables et qui se
montrent impuissants à combattre le périodisme morbide.
Des suc J'aurai fini cette longue énumération des succédanés du
d'orne quinquina en vous signalant ceux qui sont tirés du règne
MkauU- animal; ce sont les os de seiche et les écailles d'huîtres
vantées autrefois par Brault et Pêne au, et surtout les toiles
d'araignée, vieux remède populaire, dont Olivier nous
signale encore récemment la réelle efficacité (1). Malgré ces
affirmations, je crois, messieurs, que le sulfate de quinine
est encore préférable, et cette conclusion est celle qui
s'applique à tous les prétendus succédanés de la quinine.
J'en ai fini, enfin, avec cette énumération de tous les moyens dont dispose la thérapeutique pour combattre la fièvre intermittente ; il me reste maintenant une tâche non moins longue, c'est de vous dire comment vous allez utiliser ces moyens pour obtenir la guérison la plus prompte et la plus économique de la fièvre palustre ; permettez-moi d'insister sur ce mot économique, car c'est là un point très
(1) L'application des toiles (Tarai- c £• La dose est, pour les adultes :
g née est connue de temps immémo- 30 grains. Pour les enfants on variera
rial. En 1809, on signalait déjà un suivant Page;
curé de la Franche-Comté qui trai- c3*Son effet n'est pas aussi prompt
tait avec des petites boulettes faites que celui de la quinine; aussi, ne
avec des toiles d'araignée les ûèvres devra-t-on pas remployer dans les
intermittentes. fièvres graves;
Le docteur Olivier a repris ces c 4* La toile d'araignée a meilleur expériences et a donné dans 93 cas goût que la quinine; de fièvres des pilules de toile d'arai- c 5* Les récidives sont moins f régnée. Voici les conclusions : quentes. >
c 1* La toile d'araignée peut guérir Brault et Peneau ont aussi con-
les fièvres palustres des types quoti- seillé les os de seiche et les écailles
dien et tierce; d'huitres dans la malaria (a).
(a) Corre, Sur la toile d'araignée dans le traitement des fièvre* intermittentes (Bull, de thérap., 1883, t. CV, p. 331, et Très, des mém. Paris, 1828). — Olivier, Toile d'araignée contre la malaria (Allgem. YVteti. med. Zeilschr., 10 avril 1883, et ZeiUchr. d. A. o. Apoth. Vereins, avril 1883). — Brault et Peneau, De la guérison des fièvres intermittentes et larvées au moyen de Vos de seiche et de VéceilU (thuitre, 1864.
important de cette question thérapeutique. N'oubliez pas, en effet, que malgré son prix peu élevé au point de vue du commerce en gros où le gramme de quinine se vend à un prix inférieur à 10 centimes, dans les officines on a maintenu ce prix à 1 franc ; n'oubliez pas non plus que les régions où sévit le miasme palustre sont habitées par une population pauvre et misérable ; n'oubliez pas, enfin, qu'il vous faudra toujours faire en sorte d'obtenir la disparition des accès intermittents avec les doses de quinine les plus minimes, c'est-à-dire avec le moins de dépense possible.
Nous devrons, au point de vue du traitement des fièvres Traitement intermittentes, examiner les trois points suivants : traite- *£££££ ment des accès intermittents, traitement des accès perni- *•»*•• cieux, traitement de la cachexie paludéenne. Enfin, nous terminerons par l'examen rapide des conditions hygiéniques que Ton doit prescrire pour empêcher le développement de la fièvre intermittente.
Pour le traitement des accès intermittents, nous nous Traitement placerons dans deux conditions spéciales : ou l'individu de rtccè,# demeure en dehors du foyer palustre, ou bien il y est fixé. Dans le premier cas, par le seul fait de son déplacement, le malade peut guérir : c'est ce qui nous explique comment, dans nos hôpitaux de Paris, nous sommes si mal placés pour étudier l'action antipériodique de certains médicaments. Car, le plus souvent, les fièvres intermittentes que nous observons sont légères et constituent des rechutes chez des individus qui ont contracté autrefois, dans d'autres pays, la malaria. Aussi nous ne pouvons nous baser sur l'expérimentation, dans les hôpitaux de Paris, pour affirmer les vertus fébrifuges de telle ou de telle substance, et c'est dans les pays même où règne cette fièvre qu'il faut toujours faire de pareils essais. A Paris, donc, on peut voir disparaître la fièvre intermittente sous l'influence du repos, d'un
CMX1QUE THÉRAP., 6* édit. III. — 54
simple vomitif ou d'une dose minime de sulfate de quinine. Pour la seconde hypothèse, c'est-à-dire lorsque l'individu vit dans le pays où se développe le miasme paludéen, la médication demande ici à être dirigée beaucoup plus sérieusement, et nous aurons à étudier successivement quelle préparation vous devrez choisir, à quel moment il faut la donner et à quelle dose il faut l'administrer. un chou Pour le choix de la préparation, vous repousserez tous les pardon6" prétendus succédanés du quinquina ; vous repousserez aussi la poudre d'écorce du Pérou et le vieux remède connu sous le nom de Bolus ad quartanam (1) ; vous repousserez aussi lequinium et les extraits de quinquina (2), non pas parce que ces préparations sont inactives, mais parce qu'elles sont plus applicables dans les formes chroniques de l'intoxication palustre que dans la fièvre intermittente. Vous repousserez aussi les autres alcaloïdes du quinquina, et vous ne garderez que la quinine, parce que c'est le seul de ces alcaloïdes qui ait une action sûre, précise et toujours identique.
Vous prescrirez soit le sulfate de quinine, soit surtout le chlorhydrate de quinine, et je ne saurais trop insister devant vous pour que, brisant les liens de la tradition qui nous a toujours fait préférer le sulfate de quinine, vous lui substi-
(1) Le Bolus ad quartanam avait Émétique 5 centigr.
la formule suivante : Rhubarbe.
Carbonate de po- | àà 4 grammes.
Quinquina 30 grammes. tasse
Émétique 8 centigr. Sirop de quinquina Q. S.
Carbonate de potasse... 4 grammes.
Sirop d'absinthe Q. S. F. S. À. 10 bols; en prendre un
matin et soir.
Faites 60 bols à prendre dans les , Les ^^ de . . sont
vingt-quatre heures. des ,ug nMnb HUl Msont tou5
Le remède du Calvaire est abso u- ^ et ésentent gelon le in
ment analogue au Bolu* ad quarta- ^ ^ a fourni une JJ,
mm, .1 ava.tlacompos.tion suivante : * ^ ^ p,us YariMe^ Tanrel> ^
Quinquina jaune ou les & analysés récemment, a fourni le
rouge. 40 grammes, tableau suivant :
tuifez le chlorhydrate, sel plus spluble, plus riche en quinine et, par cela même, plus actif. Dans les pays voisins, cette substitution est un fait accompli, et nous ne devons pas rester longtemps en arrière sur ce point.
Vous administrerez ce chlorhydrate de quinine en solutions pour la classe pauvre, en cachets pour la classe riche,
Tableau indiquant pour 1 gramme de divers extraits de quinquina la contenance en alcaloïdes et tanin, ainsi que lfacidité représentée en acide lactique.
Espèce Acidité
de quinquina. Alcaloïdes. Tanin. en acide lactique.