‹ Leçons de clinique thérapeutique;Chapitre 5 sur 25 · livre d'extrait fui de contient environ Sirop d'écorces d'oran · texte numérisé non relu

livre d'extrait fui de contient environ Sirop d'écorces d'oran

\ gramme de piscidine. La formule 8CS «mères 20 —

correspond à C*»H**(K La piscidine M. S. ^prendra de une à trois cuil-

est en prismes à peu près incolores, ,crées à sonpe jour Qh& ^

tisibles à 1 >* C, insolubles dans lerée contient ^ d»extraiu 1 eau, peu solubles dans 1 alcool froid,

beaucoup plus solubles dans l'alcool * ExtJ?H flul£e ?° PUci'

bouillant. A froid, elle se dissout *J \ ^hrtna 20 grammes.

, „ ., ., V,. Eau distillée 50 —

dans I acide chlorhydnque concen- sirop de 8Ucre ^

tré et dans l'acide sulfurique ; la

solution alcoolique est neutre aux M.S. A. Aprendreuneoudeuxcuilpapiers réactifs et n'est pas précipi- lerées à soupe par jour. Chaque cuiltable par l'acétate de plomb. lerée contient #"50 d'extrait.

Hart constate que la piscidine se un peut encore administrer le pis-

di>sout dans l'acide chlorhydrique eidia sous forme de teinture alcooli-

concentré et dans l'acide sulfurique ; que à la dose de quarante à cin-

mais il ne paraît pas avoir obtenu quante gouttes par jour, soit pure,

des sels cristallisés. soit en potion. Cette teinture, préco-

Legoy a montré que si le piscidia nisée par Huchard et Dujardin-Beau-

se montre un puissant toxique chez metz, est la préparation qui donne

les animaux inférieurs à sang froid, les meilleurs résultats,

son action était beaucoup moins On peut aussi le prescrire comme

marquée chez les animaux supérieurs le fait Huchard :

et en particulier chez l'homme. Teinture ^o,^ de *

Trois préparations différentes nous PUcidia ery thrina. . I ââ L gouttes,

sont offertes : la poudre, l'extrait Teinture de Viburnum i

fluide, la teinture alcoolique. prunifolium ) (a).

*a) Lejtoy, Sur les propriétés physiologiques du Piscidia ery thrina. Thèso inaugurale, 188i {Bull, de thérap., 1886, t. CV11I, p. 72).

L'électricité est un agent des plus actifs de la cure des névralgies rebelles. Vous vous rappelez que dans la précédente leçon je vous ai montré que l'électricité modifiait l'état moléculaire des nerfs pendant son application et que, d'autre part, elle permettait, après son passage, d'établir des courants polaires qui prolongeaient son action; vous ne serez donc pas étonnés de son heureuse influence.

Vous pourrez utiliser en pareil cas les courants faradiques et les courants galvaniques (4) ; mais ces derniers sont

(1) Dans le traitement des névralgies, on peut employer les courants induits ou faradiques, les courants galvaniques ou continus et l'électricité statique.

Courants induits. C'est Becquerel qui a recommandé l'un des premiers le traitement des névralgies par la méthode hyposthénisante, oui consistait dans l'emploi de courants très forts et a interruptions très rapides.

11 se servait de l'extra-courant, et comme électrode, d'une éponge humide; il appliquait le pôle positif sur le point du nerf le plus près du centre nerveux, et promenait le pôle négatif sur tous les points des branches du nerf malade. La durée de la séance était de cinq minutes.

Duchenne se servait de la méthode dite révulsive et fustigeait avec un pinceau métallique les parties douloureuses en employant un courant très fort et à intermittences très rapides. C'est la môme méthode de fustigation électrique qu'emploie Tripier.

Courants continus. Magcndie employait l'électro-puncture avec le courant continu. Ce procédé a été abandonné.

Remak, Ramios,Rosenthal, Meyer, emploient un courant centrifuge ou descendant et placent le pôle positif

sur le centre nerveux ou à son voisinage et le pôle négatif à la périphérie.

Onimus se sert aussi d'un courant descendant; il place le pôle positifà la sortie des nerfs, le pôle négatif sur les branches de terminaison et fait passer pendant quinze minutes un courant de 30 éléments de Remak. 11 recommande d'employer des courants peu énergiques, mais de longue durée.

Niemeyer, Tripier, Apostoli, Bardet conseillent, au contraire, d'appliquer le pôle positif sur le point douloureux, et c'est aujourd'hui la pratique qui est ordinairement employée.

Courants statiques. Arthuisa traité avec succès un grand nombre de névralgies par l'emploi de l'électricité statique; il emploie surtout le bain électrique, et, en particulier, le pinceau électrique promené sur les différentes branches du nerf malade.

Quant au traitement de certaines formes de névralgies, la névralgie faciale et la gastralgie, voici la pratique de Bouchaud, de Craddock, de Bérard et d'Apostoli.

Apostoli emploie, dans les cas de gastralgie, l'électrisation polaire positive du pneumogastrique; il place l'électrode positif au niveau du pneu-

de beaucoup préférables. Vous vous servirez, pour faire disparaître la douleur, du pôle positif, qui est le pôle véritablement sédatif, et vous promènerez cet électrode sur les différents points douloureux du nerf malade. Lorsque vous opérerez sur la prosopalgie, il faut que vos courants soient très faibles et ne dépassent pas 3 à 4 milliampères. En effet, les courants galvaniques trop actifs appliqués du côté de l'encéphale déterminent deux sortes de phénomènes qu'il faut éviter : des syncopes, d'une part, et, d'autre part, des phosphènes plus ou moins intenses; il faut donc être très prudent dans ce cas et modérer l'intensité des courants employés.

Pour la sciatique, au contraire, l'intensité du courant peut être beaucoup plus grande, et vous pourrez atteindre 29 milliampères et même davantage ; dans la leçon précédente je vous donnais l'explication du mot milliampère, et je

mogastrique, et fait tenir le pôle né- sur le traitement des névralgies par

gatif dans la main . l'électricité ; dans la névralgie faciale,

Bouchaud traite l'odontalgie par la galvanisation et la faradisation nn courant continu de 10 éléments guérissent rapidement; mais il faut en moyenne ; on applique le pôle po- être prudent dans l'emploi des sitif sur la face, au niveau de la dent moyens. Dans la gastralgie, la gaimalade, et le pôle négatif sur la ré- vanisation donnerait des succès comgion antéro -latérale du cou. On ob- plets; dans la sciatique, des améliotiendrait, d'après lui, presque tou- rations ou la guérison complète, jours, et en quelques minutes, un Dans ce dernier cas, Béard applique soulagement presque absolu, qui un des pôles sur la colonne vertépersisterait dans la majorité des cas. brale, à l'émergence des nerfs, et

Craddock a employé le courant promène l'autre sur le nerf scia-

continu avec succès dans la névralgie tique en insistant sur les points dou-

faciale. Béard a longuement insisté loureux (a).

(a) Remak, De la galvano thérapie, trad. de Morpain. Paris, 1860, p. 372. — Niemeyer, Traité de pathologie interne. — Onimus et Legros, Electricité médiate, Paris, 1872, p. 294. — Bouchaud, De l'application des courants électriques continus à l'odontalgie (Bull. gèn. de lhérap.y 1875, vol. LXXXV, p. 1). — Craddock, Case of Trigeminal Seuralgia treated with the constant currente (The l>ractitioner, juin 1873). — Béard, The Trealment of Seuralgia by ELctricity (The Practitioner, 1873). — Tripier, De la révulsion électrique et de la médication réruUire (Courrier médical, 1870). — Apostoli, Traitement de la gastralgie (Hull. ée thérap., p. 410, t. C1II, 1882). — Bulghcri (G.), Emploi du pinceau électrique dans le* névralgies (Ga*i. Lombardia, t. IV, p. 2 et 3, 1817).

vous ai dit que c'était le seul moyen scientifique de comparer entre elïes les observations relatives à l'application médicale de l'électricité. Le traitement des névralgies est une première démonstration de ce fait.

Quant à la durée du courant, les auteurs sont loin d'être d'accord, les uns voulant des séances trop prolongées, les autres des séances trop courtes. Je crois, comme Apostoli, que cette durée ne peut pas être fixée d'avance et qu'on doit laisser passer le courant jusqu'à ce qu'on ait obtenu une disparition ou du moins une atténuation des phénomènes douloureux.

C'est en opérant ainsi que Remak, Onimus, Bouchaud, Craddock, Ouspenki, etc., etc., ont obtenu des résultats remarquables dans le traitement des névralgies rebelles, et surtout dans le traitement des névrites. J'ai moi-même employé, il y a longtemps, en 4872, ces courants continus, surtout dans le traitement de la sciatique, et un de mes élèves, le docteur Cado, a signalé dans sa, thèse tous les bons effets qu'on peut tirer de cette méthode (a).

Mais si l'électricité méthodiquement employée peut soulager et guérir les douleurs névralgiques, il faut repousser ces bagues ou ces colliers dits électriques que vous voyez vantés contre les douleurs et en particulier contre la migraine. Ces objets sont tellement mal fabriqués qu'ils sont incapables de déterminer aucun courant; aussi agissent-ils plus sur le moral du sujet que sur les névralgies elles-mêmes. Hydro- L'hydrothérapie, comme l'électricité, est un des agents les plus actifs du traitement des névralgies; ici l'eau froide agit non seulement en modifiant directement la névrilité des nerfs sensibles, mais encore en agissant sur la circulation et surtout sur la nutrition, et je ne connais pas de meilleur

(a) L. Cado, Du traitement de la sciatique par tes courants continus. Thèse de Paris. 1872.

moyen, non pas pour arrêter un accès névralgique, mais pour empêcher le retour des accès, que la douche.

Après les douches et l'électricité, il faut placer l'emploi Tra|des moyens chirurgicaux qui ont une action directe surle ehi»*kai. nerf. Ces moyens chirurgicaux sont au nombre de trois : la névrotomie, la névrectomie et Télongation des nerfs.

On a depuis longtemps conseillé la section des nerfs pour Névrola cure de certaines névralgies (1); mais, il faut bien le re- nZLconnaître, cette section n'a donné au début que des résultats iom10' temporaires, et cela résultait de ce qu'on se contentait de pratiquer la section du nerf malade. Depuis que l'on a fait la névrectomie, c'est-à-dire la résection d'une partie plus ou moins étendue de ce nerf, on obtient au contraire des guérisons définitives et ceci se comprend facilement lorsqu'on se rappelle la régénération du système nerveux. Cette méthode de la névrectomie, qui n'est d'ailleurs applicable qu'aux points où les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs ont des branches distinctes, comme à la face, produit dans ces

(1) C'est vers le milieu du siècle Tout le monde parait aujourd'hui dernier que Maréchal conseilla le d'accord pour considérer cette opépremier la division des nerfs dou- ration comme indiquée dans tous les loureux dans les cas de névralgies, cas de névralgies rebelles à tous les André a cité des cas où Maréchal a autres modes de traitement. Dans appliqué cette névrotomie, mais ces cas on conseille d'employer sucfrappé des rechutes fréquentes qui cessivement les moyens suivants : arrivaient après ces sections, André d'abord la simple élongation ; puis, conseilla de détruire le nerf avec des si cette élongation ne réussit pas, caustiques. on doit, en dernier lieu, pratiquer

Dans les névralgies on a aban- dans une certaine étendue la résec-

donné la section simple pour faire tion du nerf.

la résection des nerfs, qui donne des L'arrachement, il n'y a pas à en

succès beaucoup plus durables, et douter, ne donnerait pas des résul-

l'oo a fixé les règles du manuel opé- tats favorables, parce qu'il ne porte

ratoire applicable aux différentes ré- pas sur une portion de nerf assez

sections. considérable (a).

(a) Boyer, Traité des maladies chirurgicales, t. VI, p. 334 et 335, Paris, 1822. — Otto Weber, trt. Névrotomie, in Handbuch der aUgemeinen und speciellen Chirurgie. — Tripier, art. Névrotomie du Dictionnaire encyclopédique. Yoy. aussi les Comptes rendus de la Société de chir., 1882.

formes si douloureuses et si sensibles de la prosopalgie, que Ton décrit sous le nom de tic douloureux de la face, des guérisons complètes.

Il y aurait pourtant quelques réserves à faire en ce qui concerne la durée de ces guérisons obtenues par la section du nerf douloureux. A. Lauverer a cité trois cas de névralgies rebelles du nerf dentaire inférieur traités par l'excision de la portion intra-osseuse du nerf et l'arrachement du point périphérique. L'amélioration fut immédiate dans les trois cas, mais elle ne fut que momentanée dans les deux premiers. Au bout d'un an dans l'un de ces cas, et quelques mois dans l'autre, les douleurs se manifestèrent de nouveau avec la môme intensité. On peut en conclure que dans les névralgies anciennes et rebelles la récidive est la règle. Il est probable que dans ce cas on a affaire à une lésion centrale, secondaire ou primitive que l'opération ne saurait modifier entièrement, à moins que cette lésion ne soit purement congestive.

La névrotomie, et surtout la névrectomie, n'étant, comme nous l'avons vu, applicables qu'aux névralgies faciales, on a proposé, dans le cas où les nerfs sensitifs et moteurs sont confondus dans un même tronc et où cette opération entraînerait à sa suite une impotence du membre tout aussi pénible que la névralgie, un autre procédé chirurgical : c'est celui de l'élongationdes nerfs.

Éiongation Pratiquée pour la première fois en 4 872 par Billroth et parNussbaum (1), l'élongationdes nerfs n'est entrée dans le

(1) C'est à Nussbaum que revient A partir de ce moment, l'élongation

l'honneur d'avoir le premier élongé se fit en Angleterre, en Allemagne,

un nerf, dans un but thérapeutique, en Amérique et en Italie. En France,

en 1874. Billroth, à la même époque, en 1876, Verneuil appliqua l'élonga-

avait déjà pratiqué cette opération. tion au traitement du tétanos. En

Fornari a proposé de donner à cette 1878, Blum fit paraître un travail sur

opération le nom de né vre dénie celte élongation et Arduzzi fit con-

(ueOpov, nerf; éxrévia, distension). naître les résultats de cette pratique

domaine de la chirurgie française que depuis 4876, où Verneuil l'appliqua le premier au traitement du tétanos traumalique; depuis, cette opération s'est généralisée dans les différentes parties de l'Europe. Chauvel surtout a réuni un très grand nombre de ces faits, et nous pouvons aujourd'hui apprécier à sa juste valeur cemoyen thérapeutique, qui consiste, vous le savez, à mettre le tronc du nerf à nu et à exercer sur ce nerf ainsi dénudé des tractions plus ou moins intenses.

Le plus souvent, après cette élongation, on obtient la disparition des douleurs, mais cette disparition est la plupart du temps momentanée; cependant il est un certain nombre de ces cas dans lesquels l'élongation a amené des guérisons définitives.

Comment agit cette élongation au point de vue de la cure

en Italie. Des travaux considérables Névralgies du membre supérieur.. 9

ont été faits sur cette élongation, et Névralgies du membre inférieur... 27 en particulier ceux de Langenbuch,

de ÂVeiss etMickulicz en Allemagne, Dans ces 52 cas de névralgie, il y

de Chauvel en France et de Warnots eut 30 fois une guérison complète,

en Belgique. 12 fois une amélioration notable et

On a appliqué l'élongation des 10 fois enfin un insuccès; 2 fois il y

nerfs à un grand nombre de mala- eut des accidents; dans un cas, pour

dies, telles que les paralysies, le téta- une névralgie du plexus brachial

nos, le tabès dorsalis, les contrac- droit, l'élongation du plexus brachial

tures, les spasmes convulsifs ; nous ne amena une hémorragie de la veine

nous occuperons ici que de l'élonga- jugulaire et la mort survint quinze

tion dans le traitement des névralgies, jours après l'élongation par l'entrée

Dans le résumé très complet fourni de l'air dans les veines ; dans un

par Chauvel, nous pouvons constater autre cas, Nussbaum vit se produire

que jusqu'à 1881 l'élongation a été à la suite de l'élongation du nerf

appliquée au traitement des névral- sciatique une hémorragie grave du

gies dans 52 cas, qui se décomposent creux poplité.

comme suit : Dans aucun cas on n'a observé,

Vvralgiei de la face 41 malgré des tractions considérables,

.VTralfies intercostales 2 de paralysie (a).

(a) Callender, Of a Case of Neuralgia Treated by Nerve Stretching {The Lance l, 26 juin 1875, p. 833). — Nussbaum, Aentliche IntelligenMatter, p. 8, 1876. — Dtrrault, De la distension de* nerfs comme moyen thérapeutique. Thèse de Paris, 1876. — Blum, De l'élongation des nerfs (Areh. gén. de méd.t 1878). — Trombetta, Smilo ttirêmente dei nervi, studdi pathologicie clinici. Messina, 1881. — Chauvel,

des névralgies (4) ? c'est ce que nous ignorons encore. Les uns veulent que la dénudation des nerfs prive ces derniers des nombreux vaisseaux qui entretiennent chez eux une congestion ou une inflammation plus ou moins vive; d'autres prétendent que l'élongation agit sur les tubes nerveux; d'autres enfin soutiennent que c'est par des modifications sur les centres nerveux eux-mêmes que les bons effets de l'élongatiqn sont obtenus. Je crois que cette dernière opinion est la plus probable des hypothèses faites à cet égard. Il est présumable, en effet, que cette élongation des nerfs doit retentir dans les cellules sensitives de la moelle et que c'est ce retentissement qui modifie plus ou moins heureusement, dans les névralgies rebelles, l'état moléculaire de ces cellules, et cela nous explique pourquoi on est forcé souvent de recourir à des tractions d'une grande énergie (2).

(1) Plusieurs explications ont été en amenant une rupture des vaisdonnées sur l'action de l'élongation. seaux de ce névrilème et le déplace- Il y a surtout trois théories : celles ment des fibrilles nerveuses dans ce deCalIender, deVerneuil et deVogt. même névrilème, agirait dans les Callender admet que l'irritation névralgies suites de névrites chrocontinuelle des nerfs malades affai- niques.

blit les centres nerveux, l'élongation Dans les expériences physiolo-

rendrait dans ce cas le tonus et Tac- giques faites sur des animaux on

tivité physiologique à ces centres, a montré qu'une élongation faible

Verneuil pense que l'élongation amène une véritable exagération de

agit comme une section incomplète fonctions, et puis, si l'élongation se

du nerf. prolonge avec une force de plus en

Vogt soutient que c'est en agissant plus grande, on a d'abord une dimi-

surtout sur le névrilème que Pélon- nution dans la sensibilité etlemouve-

gation produirait son action favo- ment, qui devient permanente si la

rable. Le névrilème dans ce cas traction dépasse certaines limites (a),

serait le point de départ de l'inflara- (2) Le procédé de l'élongation a été

mation du nerf, et le tiraillement, appliqué au traitement des névrites

De l'élongation des nerfs (Arch. gén. de méd., 1881, p. 707 et 710). — Langenbuch, Derliner klin. Wochenschrift, 1881. — Weiss et Mickulicz, Wiener med. Wochenschrift, 1881. — L. Warnots, Journ. de méd. et de chir. de Bruxelles, mai 1882, p. 438. — Pooley (de New- York), Relation de trente-sept cas de névralgies diverses traitées par l'élongation des nerfs (Med. Rec.y 1880).

(a) Warnots, De l'élongation des nerfs (Journ. de méd. et de chir. de Bruxelles, septembre 1882, p. 225).

Dans ces derniers temps, Billroth a proposé de pratiquer Élon«alion l'élongation sous-cutanée du nerf sciatique, c'est-à-dire cuunée. rallongement du nerf par la position du membre.

En résumé qu'il s'agisse de l'élongation directe du nerf ou de son élongation sous-cutanée, cette méthode parait abandonnée et celaparce que, dans laplupart des cas, on n'a obtenu que des guérisons passagères tout en faisant courir des risques au malade, risques qui résultent de l'opération elle-même ou des suites de cette opération, car on a vu dans certains cas l'élongation entraîner une atrophie aiguë et persistante du membre malade.

À la suite de tous ces moyens thérapeutiques qui agissent Mé<»ca^n directement sur le nerf, nous devons placer la médication révulsive ou substitutive, qui donne dans les névralgies des résultats souvent remarquables ; tous les révulsifs, depuis ceux qui déterminent la simple révulsion de la peau jusqu'à ceux qui amènent la mortification plus ou moins profonde des tissus, ont été employés en pareil cas et nous allons passer en revue la plupart de ces moyens.

On a conseillé d'abord des frictions plus ou moins énergi- De*

r D frictions.

ques sur les parties malades et, pour rendre ces frictions plus actives, on y a joint des substances irritantes et en particulier la térébenthine. C'est dans ce même groupe de médicaments que doit se placer le célèbre remède du bourreau de Lyon, qui consistait dans un emplâtre de poix de Bourgogne qui entourait tout le membre malade, formant une véritable culotte médicamenteuse, et ce moyen aurait

dépendant de la lèpre. Bravin Rake également que l'opération agit par médecin de la léproserie de la Tri- l'intermédiaire de la modification inanité a exécuté cette opération sur primée aux ganglions spinaux. L'in- 100 malades, et sur ce nombre il y dication principale réside ici dans aurait eu un total de 47 améliora- l'existence des signes qui caractétîons bien constatées. L'élongation risent les névrites périphériques était pratiquée de préférence sur (troubles trophiques, ulcère perfole nerf sciatique : Fauteur estime rant, etc., etc.).

guéri des sciatiques rebelles à toute autre médication. En Angleterre, il existe un autre remède populaire, qui consiste à recouvrir la cuisse de fleur de soufre, que Ton maintient ainsi appliquée sur le membre malade par une bande de flanelle plus ou moins serrée. A un degré plus élevé nous trouvons le sinapisme qui, dans quelques cas de névralgie intercostale, suffit à faire disparaître la douleur. Dcsvcv, Enfin arrive le vésicatoire, qui est, vous le savez, d'une pratique courante dans le traitement de la névralgie. Ces vésicatoires peuvent être de différents genres, tantôt ce sont des mouches d'opium, tantôt ce sont des vésicatoires k l'ammoniaque pure; le plus souvent, ce sont des vésicatoires cantharidiens.

Il faut, pour obtenir un soulagement avec des vésicatoires, qu'ils soient appliqués sur les points douloureux ; pour la névralgie sciatique j'ai l'habitude d'employer un vésicatoire extrêmement étroit, large au plus de 3 centimètres, que j'applique à la face postérieure de la cuisse et sur toute son étendue en suivant le plus possible le trajet du nerf sciatique. C'est là, messieurs, un procédé que je vous conseille de suivre, car il m'a donné dans bien des cas de bons résultats.

Des eau- Dans d'autres circonstances, lorsque la névralgie est térhations. p]Us rebelle, on a recours alors à des cautérisations beaucoup plus profondes. Legroux utilisait autrefois l'acide sulfurique, il trempait une tige de bois dans cet acide et dessinait sur le membremaladelesbranchesdunerf sciatique. Cette méthode n'est plus employée, mais en revanche on fait grand usage du fer rouge et en particulier du cautère Paquelin ; on pratique avec ce cautère ou des pointes de feu le long du trajet du sciatique ou la cautérisation transcur rente, telle que la faisaient Jobert, Fleury, Séguin etNonat.

Cette cautérisation transcurrente se fait en effleurant la

THAITEtfËNT DES NÉVHALG1ES. 109

peau avec le cautère Paquelin chauffé au rouge blanc, sur toutes les branches du nerf affecté (1); ces cautérisations sont un des plus puissants moyens curatifs des névralgies rebelles et comme elles sont en somme peu douloureuses yous devrez toujours y avoir recours lorsque les autres moyens médicamenteux ont échoué.

Pour agir plus directement encore sur les parties malades De i\icnon a proposé de pénétrer très profondément dans l'intérieur des tissus et c'est ce que Ton a réalisé par l'acupuncture (2).

puncturo.

(1) La cautérisation dans les névralgies peut être obtenue de différentes manières, on a utilisé les cautères, les moxas et les cautérisations avec le fer rouge.

Cette dernière est aujourd'hui la seule employée, soit sous forme de cautérisation transcurrente, soit sous forme de pointes de feu. Les pointes de feu seraient d'application plus ancienne, elles sont surtout employées dans le cas où la douleur est limitée.

Dans ceux, au contraire, où les phénomènes douloureux sont mal précisés, il faut employer la cautérisation transcurrente.

Fleury,Jobert, Valleix, Séguin, etc., ont surtout vanté les cautérisations transe urrenles qui ont remplacé les cautérisations faites à l'aide de l'acide sulfurique par Leroux et Dubourg (a).

(2) Dès le dix-septième siècle, deux médecins de la Compagnie des Indes, Ten-Rbyne de Rœmpfer, avaient fait connaître comment les Japonais pratiquaient l'acupuncture; mais elle ne

fut employée en France qu'à partir de 1810 et elle jouit pendant un certain temps d'une grande vogue, grâce aux travaux de Jules Cloquet et de Dantu (de Vannes).

En Orient, les médecins qui pratiquentl'acupuncture s'appellent Jecqua en Chine et Farittate dans le Japon. Us se servent d'aiguilles de métal différent (or, argent, fer) d'une extrême ténuité, qu'ils font pénétrer à l'aide d'un conducteur. Ce conducteur est un tube métallique d'une hauteur moindre que celle de l'aiguille que l'on veut enfoncer; on applique le conducteur contenant son aiguille sur la peau, et par un choc brusque fait à l'extrémité libre de l'aiguille, on la fait pénétrer dans l'épaisseur du derme ; puis on retire le conducteur et l'on continue à faire pénétrer l'aiguille par un mouvement de rotation.

L'acupuncture a amené la guéri son d'un grand nombre de névralgies et surtout de névralgies sciatiques et faciales (b).

(a) Fleury, Traitement de la névralgie par la cautérisation transcurrente (Union médicale, 1847). — Walleix, Compendium de médecine pratique, t. VI, p. 186. — Séguin, Arch. ofmedicin, 1879, t. Ier, p. 3. — Lcgroux, Des cautérisations avec t acide sulfurique {Bull. gén. de thérap., septembre et octobre 1852).

(b) Ten-Rhyne, Dissertatio de arthritide. Londres, 1783. — Dantu (de Vannes), Traité de V acupuncture. Paris, 1826. — Dujarditi Bcaumctz, art. Acupuncture, in Dictionn. de thérap., 1882.

liO LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

Vous savez l'usage que l'on fait de l'acupuncture dans l'extrême Orient ; c'est là que nous avons été puiser les différentes règles de cette méthode, qui a eu au commencement du siècle une grande vogue, et cela grâce au travaux de Cloquet, de Dantu (de Vannes), etc.

Aujourd'hui cette méthode est absolument abandonnée, mais elle a donné naissance à des procédés qui persistent encore ; en première ligne il faut placer ce réveilleur de vie, que Baunscheidt (1) a inventé et auquel il avait attribué ce nom si étrange de Dermabiolicon qui a suscité, il y a une vingtaine d'années, un véritable enthousiasme. Cet instrument consistait dans un faisceau d'épingles que l'on faisait pénétrer par un mécanisme spécial dans la peau, et pour rendre cet action révulsive plus intense, on avait soin d'enduire ces épingles d'un principe irritant, tel que l'huile de croton. Aujourd'hui le réveilleur de vie de Baunscheidt appartient plus à l'histoire qu'à la véritable thérapeutique. Dcroioc- On a fait aussi passer par les aiguilles de l'acupuncture tu^TcTo un courant électrique : c'est ce que l'on appelle èlectrolagune- pUncturc ; c'est ainsi que Magendie employait les courants continus dans le traitement des névralgies. C'est là encore un procédé abandonné ; mais l'électricité nous a permis de faire, avec ces aiguilles à acupuncture, de la galvanothermie,

(1) Le révulseur de Baunscheidt ou sinapis nigra et de piper nigrum;

dermabiolicon, ou réveilleur de vie, on a remplacé avantageusement de-

aété inventé en 1849 par un méca- puis cette huile par de l'huile de

nicien allemand de ce nom. Il se croton.

composait d'une canule dans laquelle On a beaucoup employé cetinstrujouait au moyen d'un ressort un pa- ment dans le traitement de la sciaquet d'aiguilles qui venait frapper la tique et cela avec un véritable enpeau et y pénétrer. On enduisait ces thousiasme, surtout en Allemagne, aiguilles d'une huile à laquelle on En France, Leroy de Méricourt n'en avait donné le nom d'oleum Baun- aurait obtenu aucun effet (a). scheidtii et qui était composé de

(a) Leroy de Méricourt, Noie sur l'emploi du révulseur de M. Baunscheidt (BulL gin. de thérap., 1862, t. LXH, p. 342 et suiv., p. 402 et suiv.).

TRAITEMENT DES NÉVRALGIES. Ul

qui est un des plus puissants révulsifs que je connaisse et dont j'ai vu les excellents effets soit dans mon service, soit dans celui de mon ami Périer. On pratique cette opération avec le condensateur de Planté, approprié par Tronré à la pratique médicale, et Ton fait, avec un fil rougi par l'électricité, ayant une hauteur d'un demi-centimètre, des piqûres, plus ou moins rapprochées, le long du nerf malade. Ces piqûres s'accompagnent d'une vive inflammation, mais elles amènent le plus souvent un grand soulagement dans les douleurs.

Enfin, pour faire ces piqûres, on a employé non plus le De raquamétal, mais bien l'eau, et l'on a créé ainsi l'aquapunc- punclurc ture (1). C'est à Siredey surtout que l'on est redevable de ce procédé, qui n'est plus appliqué aujourd'hui. Avec un jet filiforme d'eau lancé par une pompe, on faisait à la peau, le long du nerf malade, des piqûres de profondeur variable. C'était une méthode horriblement douloureuse et qui, sans être supérieure aux autres procédés de révulsion, pouvait s'accompagner de lymphangite plus ou moins grave (2).

(1) Siredey se sert de l'appareil de le liquide frappe et pénètre la peau. Mathieu. Cet appareil lance avec une Aussitôt après l'opération, on contrés grande force de projection un state, au niveau du point où le lijet d'eau filiforme qui est capable de quide a pénétré, une petite ampoule, perforer, à 1 centimètre de distance, présentant à son centre un orifice d'où un morceau de cuir de plusieurs s'écoule un liquide incolore ou quelmillimètres, quefois teinté de sang. Cette opéra-

Pour mettre en jeu l'instrument, tion est très douloureuse et peut

on commence par le purger d'air, s'accompagnerde lymphangite grave,

puis, lorsque le jet est continu, on Siredey en a observé un cas ; Serva-

approefae l'extrémité libre du tube jan a consigné dans sa thèse un

par où sort le jet filiforme, à 1 centi- grand nombre de cas où l'aquapunc-

mètre du point où Ton veut pratiquer ture a été employée (a).

l'aquapuncture, et Ton continue jus-. (2) Le procédé de l'aquapuncture

qu'à ce qu'apparaisse une ampoule est complètement abandonné aujour-

bUnchàtre correspondant au point où d'hui. De môme que le révulseurde

(«) Siredey, De l'aquapuncture dans le traitement des névralgies (BulL gin. de thtrap.y t. LXXXIV, p. 467). — Servajan, De l'aquapuncture dans le traitement

injection*

souscutanées

do» Quoique basée sur les mêmes principes, la médication

imaginée par le docteur Luton (1) est bien différente de son mode d'application. Le professeur de Reims a proposé, en

îocai. effets d'introduire par la méthode sous-cutanée des substances irritantes et de pratiquer ainsi ce qu'il a décrit sous le nom d'injectiom sous-cutanées à effet local; il se sert de la seringue à injection hypodermique et introduit aux points les plus douloureux de la névralgie sciatique des liquides irritants et en particulier des solutions de nitrate d'argent au dixième ou aji cinquième.

Ces injections irritantes déterminent un véritable anthrax artificiel qui se termine soit par l'induration des tissus, soit par un véritable petit abcès et, dans cinquante-quatre cas de névralgies sciatiques traitées par ce moyen, on aurait obtenu quarante-huit fois un succès définitif. Cette méthode, employée par Rupaner (de Boston), Bertin (de Gray), Le

Baunscheidt, il doit être relégué vralgie sciatique que la méthode de

dans l'arsenal des instruments ou- Luton a été le plus employée. Ces

bliés. injections se pratiquent en arrière du

(1) C'est en 1863 que Luton fit grand trochanter vers le bord infè-

connaitre les principaux éléments de rieur du muscle grand fessier. L'in-

sa méthode des injections sous-cuta- jection se fait dans le tissu cellulaire

nées à effet local. Alquié à ce mo- sous-cutané et avec des doses va-

ment fit paraître une réclamation de riables d'une solution au cinquième de

priorité, soutenant que, sous le nom nitrate d'argent, doses qui peuvent at-

de méthode endovganique, il avait teindre 50 centigrammes à 1 gramme

fait connaître, dés 1860, les princi- en une seule fois,

paux éléments du nouveau traite- Dans 54 cas (34 hommes et

ment préconisé par Luton; mais il 20 femmes) où ces injections ont été

est bien reconnu aujourd'hui que pratiquées, il y a eu 48 succès com-

c'est à ce dernier qu'on doit la vulga- plets et définitifs; 6 fois il n'y a eu

risation de ces injections à effet local. que des demi -succès et 3 fois un

C'est dans le traitement de la né- échec absolu (a).

des névralgies. Thèse de Paris, 1872. — Dujardin-Bcaumctz, Dictionn. de thérapeutique, art. Aqiapuncturk.

(a) Luton, Des injections sous-cutanées à effet local. Paris, 1875. — Blosart, Du traitement de la sciatique chronique par les injections de nitrate d'argent. Thèse de Paris, 1872.

Dentu, Damaschino, Gérin-Roze (1), Dureau, Àngelé («), donnerait de bons résultats, cependant il faut reconnaître que sa généralisation a rencontré de nombreuses difficultés, et cela surtout à cause de l'incertitude dans laquelle on se trouve, des suites plus ou moins graves qui peuvent résulter de ces injections irritantes.

Parmi ces révulsifs, il en est un que nous avons employé du sui<w* souvent avec succès dans les cas de sciatique, c'est le sulfure dbê0£[~ de carbone qui est un des plus puissants révulsifs que je connaisse. Rien de plus simple d'ailleurs qu'une application de ce sulfure de carbone. Vous versez du sulfure de carbone sur de l'ouate et vous placez l'ouate ainsiimbibée sur le point que vous voulez révulser, vous recouvrez le tout de taffetas gommé, puis au bout de peu d'instants le malade commence

(!) Voici une note que Gérin-Roze veut bien nous communiquer sur sa pratique :

Contre la névralgie sciatique non syraptomatique de lésions organiques, c'est-à-dire dans les seuls cas de névralgie sciatique rhumatismale ou a frigore, Gérin-Roze injecte 6 millimètres cubes de la solution au quinzième.

3 i Ira te d'argent 50 cetitigr.

Eau distillée 7 grammes.

H cherche le point le plus douloureux, qui se trouve ordinairement à la sortie du nerf du bassin, au niveau de la grande échancrure sciatique ; puis il enfonce profondément l'aiguille de Pravaz, de façon à rencontrer le tissu musculaire et à traverser complètement la couche du tissu cellulaire sous-cutané, dans laquelle

il faut éviter d'injecter le liquide ; s'il ne sort pas de sang par l'orifice interne de l'aiguille, il y adapte la seringue et pousse lentement la solution.

Dès le second jour, il se forme au foyer de l'injection une tumeur quelquefois grosse comme le poing, mais peu douloureuse et d'apparence phlegmoneuse. On croit toujours qu'elle va suppurer, et l'étonnement est grand de voir que la résolution se fait graduellement et sans abcès.

Surplus de trente observations de malades traités par cette méthode, Gérin-Roze n'a jamais eu d'accidents. Très rarement une petite pustule se montre et s'ouvre au niveau de la piqûre. 11 suffit alors de faire reposer le malade sur un coussin rempli d'air ou d"eau tiède, ou de quelques applications de cataplasmes de farine d'amidon.

(«) Angelé, Contribution à l'élude des névralgies appoint de vue de leur nature et de leur traitement par les injections irritantes. Thèse de Paris, 1878. cuxiqce thérap., 6« édit. m. —8

De la congélation.

Jli LEÇONS DE CL1NKJUE THÉRAPEUTIQUE.

à éprouver des douleurs très vives, vous retirez alors l'ouate vous* soufflez sur le point où le sulfure de carbone a été appliqué pour évaporer ce dernier et faire disparaître la douleur. Cette révulsion rapide a amené une rougeur intense de la peau et la douleur névralgique souvent a disparu définitivement (4).

A côté de cette révulsion, il faut placer la congélation qui agit, lorsque le froid est considérable, comme un véritable révulsif. C'est Debove (a) qui nous a surtout montré tout le parti que nous pouvions tirer de cette réfrigération dans le traitement de la névralgie et en particulier de la sciatique.

Reprenant le procédé employé par Malassez et Ranvier pour la congélation des pièces anatomiques par la pulvérisation du chlorure de méthyle (2), Debove a appliqué ce

(1) Le sinapisme au sulfure de car- la fabrication du salin de betteraves, bone présente sur le sinapisme or- le chlorure de méthyle peut être dinaire l'avantage fort appréciable livré à un bon marché relatif (9 à d'agir plus vite et de ne laisser au- 10 francs le kilogramme).

cune trace visible sur la peau. 11 Dans les laboratoires on peut préfaut seulement savoir que ce corps parer l'étlier ;méthylchlorhydrique est très inflammable, même à dis- par le procédé Dumas, qui consiste tance, à cause de la tension considé- à chauffer doucement un mélange rable de sa vapeur. contenant :

(2) Le chlorure de méthyle, connu

aussi sous les noms Xèthermèthyl- *Z ™^T \ ^T'

.. ... , - ., • Acide sulfuriquo 3 parties.

chlorhydnçue, de forment t chlore CWorure de *Mm t»

(Berthelot), a pour formule CH^Cl ou

G*H3C1 (équivalents)* C'est, à la Le gaz qui se dégage est lavé dans

température et à la pression nor- une eau alcaline.

maies, un gaz incolore, à odeur Le chlorure de méthyle est facile-

éthérée spéciale, soluble dans l'eau, ment liquéfiable, par abaissement

de réaction parfaitement neutre. de la température ou par pression.

On prépare industriellement le Industriellement on comprime avec

chlorure de méthyle par la décompo- des pompes, dans des récipients

sition, à l'aide de la chaleur, du métalliques, le chlorure de méthyle,

chlorhydrate de triméthylamine. au fur et à mesure de son dégage-

Comme le chlorhydrate de triméthy- ment.

lamine est un produit accessoire de Liquéfié, l'éther méthylchlorhy-

(a) Debove, Du traitement de la sciatique par la congélation (CompL rend, de la Soc. méd. des hôp>, 1.884-1885).

procédé à la cure de la sciatique. Rien de plus simple que l'application de ce moyen grâce aux appareils construits par Galante. On se servait primitivement d'une bouteille encuivre munie d'un ajutage, et que vous avez pu voir maintes fois fonctionner dans notre service. Mais ces appareils étaient

Fiff. 8.

défectueux : leur volume considérable, leur forme irrégulière rendaient leur transport difficile; de plus leur prix était

drique représente un liquide incolore qui bout à la température de — 23» C. Il possède donc une grande tension de vapeur et se vaporise ins* tantanément lorsqu'il se trouve amené à la pression normale, à la

température moyenne de 15°, qui est généralement celle de nos habitations.

En se gazéifiant, le chlorure de méthyle absorbe une quantité énorme de chaleur et le froid ainsi

très élevé. Debove a fait construire par Galante un nouvel appareil, qu'il a présenté à la Société médicale des hôpitaux et que je mets sous vos yeux. Comme vous le voyez, cet appareil ne présente plus les inconvénients que je vous signalais. Il se compose d'un tube métallique garni d'une enveloppe de caoutchouc et est muni de deux ouvertures, l'une destinée au remplissage, l'autre au jet du gaz. Cet appareil, par sa simplicité et par son prix relativement bas, me parait bien supérieur à ceux employés jusqu'ici.

L'application de cette réfrigération ne doit pas dépasser quatre k cinq secondes, la peau sur laquelle on a dirigé le jet blanchit, puis rougit et prend enfin une teinte jaune parcheminée toute spéciale; il peut se produire une véritable vésication etquelquefoismêmedes escarres. Cette méthode, malgré ses inconvénients, que l'on peut éviter en rendant très courte l'application du chlorure de méthyle, doit être réservée aux sciatiques rebelles contre lesquelles vous avez épuisé les traitements ordinaires et dans ces cas vous en tirerez souvent de très heureux effets.

Une application heureuse deprocédédeDeboveaété intro- •tyiwffe. duite dernièrement par Bailly sous le nom de s t;/ page. Au lieu de projeter directement le chlorure de méthyle sur la peau, Bailly le fait d'abord servir à réfrigérer un petit tampon d'ouate ou de charpie appelé stypes. Le liquide se condense sur les points de la surface cutanée sur lesquels on doit agir.

obtenu est sufÛsant pour solidifier atteindre le chiffre énorme de 55% si

une partie du liquide, solidifier du Ton a soin d'activer l'évaporation au

mercure, etc. L'abaissement de moyen d'un courant d'air dirigé sur

température ainsi produit atteint la surface qui reçoit le liquide pûl-

donc et dépasse même 40°, point de vérisé. congélation du mercure (a); il peut

(a) Bardct, Note sur l'emploi du chlorure de méthyle dam les névralgies [les Nouveaux Remèdes, 15 mai 1885, p. 76).

Du

On localise de la sorte bien plus facilement l'action du chlorure de raéthyle, surtout à la face où la pulvérisation en nature présente des inconvénients. Le stypage a été employé avec succès dans un grand nombre de cas, mais surtout dans les affections névralgiques qui siègent à la face. On peut même le faire servir à l'extraction des dents et à l'exécution de quelques autres opérations minuscules également douloureuses. C'est un procédé réellement pratique, et qui l'est devenu encore davantage depuis que Bailly a imaginé de faire construire par les fabricants une série de tampons de grandeurs décroissantes, grâce auxquels on peut localiser très étroitement l'action du jet réfrigérant.

La névralgie trifaciale, si rebelle ordinairement, a été plus d'une fois soulagée et même guérie par la réfrigération instantanée, malgré le voisinage d'organes importants, tels que l'œil, Debove ne craint pas de projeter le jet directement sur la face; mais le procédé du stypage paraît ici préférable, surtout quand la douleur est limitée à l'un des rameaux (nerf sous-orbitaire,nerfmentonnier, etc.). Vinay a rapporté 21 cas de névralgies traitées par les pulvérisations de chlorure de méthyle. Sur le nombre, 47 furent guéries et 4 améliorées.

Pour terminer ce qui a trait à la médication externe des du névralgies, il faudrait encore vous signaler le massage ou plutôt ce qu'on a décrit sous le nom de kinésithérapie, car l'on emploie dans le traitement de la névralgie le massage simple, lepétrissage, le tapotement, et Schreiber(a)ainsisté sur les avantages de ces méthodes de massage.

J'ai moi-même, dans mes conférences faites à l'hôpital Cochin sur la massothérapie, indiqué les procédés que Ton peut mettre en usage dans ces cas (b).

(a) Sehretbcr (d'Aussée, Autriche), Traitement des formes graves de névralgie et de r humai, musculaire par lemassage {Bull, de thérap., t. CM, p. 276, 15 avril 1882).

< 6) Dujardin-BeauineU, Conférences de l'hôpital Cochin, 1886-1887 (Hygiène thérapeutique, |>. 59, Paris, 188S).

mn*sago.

M^dicttion Enfin, dans certains cas, au lieu de faire porter la cautéempirque. rjgat|on sur je p0jnt douioureuX) on s>en est beaucoup éloigné, et Ton a vu Jobert guérir des sciatiques en cautérisant le lobule de l'oreille; aujourd'hui encore on [vend sous le nom de remède indien une substance irritante que Ton introduit dans le conduit auditif et qui agirait de la même façon dans le traitement de Todontalgie.

J'en ai fini avec cette longue énumération des moyens si nombreux qui constituent la médication symptomatique et qui s'adressent à la douleur; il me reste cependant, pour compléter ce sujet, à vous parler des moyens empiriques dont nous ignorons jusqu'ici le mode d'action dans la cure des névralgies, et je vais vous dire quelques mots de la térébenthine, du phosphore, du guarana et du sulfate de cuivre.

De u to- La térébenthine (1), que nous avons déjà vu employer en ihine. frictions dans le traitement de la névralgie, a été aussi employée à l'intérieur, et ce sont Martinet et Trousseau qui se sont faits les défenseurs de cette méthode, qui consiste à prendre de 6 à 8 capsules d'essence de térébenthine, dans les vingt-quatre heures. On aurait par ce moyen obtenu la guérison d'un certain nombre de névralgies sciatiques; mais cette médication a un sérieux inconvénient, elle altère les fonctions digestives et est souvent mal supportée, aussi estelle peu en usage.

(1) C'est en Angleterre que Ton a à haute dose, et donner de 4 à

appliqué la première fois la térében- 12 grammes dans 'les vingt-quatre

thine contre la névralgie sciatique, heures.

Home, Pleyne et Pitcairn ont employé Teissier (de Lyon) a obtenu de

ce moyen ; mais c'est Martinet qui, beaux résultats de la térébenthine,

en 1818, Ta vulgarisé en France. Il dans certains cas de céphalée ner-

faut administrer cette térébenthine veuse très douloureuse (a).

(a) Martinet, Du traitement de la viatique et de quelque* autre* névralgie* par V huile de térébenthine. Paris, 1827. — Teissier (de Lyon), Inion médicale, janvier

phore.

C'est en Angleterre et en Amérique que Ton a employé le t>u Phosplus souvent le phosphore (1) dans le traitement des névralgies. C'est là une médication empirique et, quoique nous ayons vu que le protagon, cet élément constitutif de la substance cérébrale, contienne une très notable proportion de phosphore, on n'a pas jusqu'ici établi une relation directe entre les manifestations de Taxe cérébro-spinal et la présence dans le tissu nerveux d'une plus ou moins grande quantité de ce phosphore. Quoi qu'il en soit, Thompson en Angleterre, Hammond en Amérique, en ont vanté les effets.

On administre ce médicament sous deux états, celui d'huile phosphorée et celui de phosphure de zinc. L'huile phosphorée est contenue dans des capsules renfermant imilligramme de principe actif et on l'administre progressivement, en augmentant chaque jour la dose d'une capsule, . jusqu'à 10 capsules dans les vingt-quatre heures. Les phos-

(1) Edwyn Sladeking emploie le névralgiques persistent, il faut

phosphore contre les névralgies et passer à un autre traitement.

Toici comment il l'administre : la Ashurst et Thompson ont donné la

dose, donnée en une fois, ne doit relation de dix-huit cas de névralgies

pas dépasser un vingtième ni être traités par le phosphore. Voici les

moindre qu'un trentième de grain ; préparations dont ils se servent : on la répétera toutes les deux heures,

en faisant prendre au malade, dix v Huilc c 6 es

minutes avant le médicament, une Gomme arabique

boisson mucilagineuse ou une petite en poudre 12 —

quantité d'aliments farineux. Après Esprit de menthe. 1 gramme.

huit dosés prises, on éloignera Eau 200 grammes.

l'administration du remède de quatre 2° Teinture de phos-

en quatre heures, puis de huit Phore 6 grammes.

heures en huit heures. La dose Alcool rectifié 4 -

A A i , .A ,, . Esprit de menthe. 1 gramme,

totale ne doit pas dépasser 1 gram- ^ dWflWe m > „ {a)

me. Si après cette dose les douleurs

1864, n° 10. — Janneson, De l'emploi de la térébenthine dans le traitement de lu te ia tique {Edinburgh M éd. Journ., p. 741), février 1877).

(a) Edwyn Sladeking, On the Administration of Phosphorus in Neuralgia (Med. Times and Gas., 19 avril 1873).— Ashurst et Thompson, Some Observations on the Use of Phosphorus en Neuralgia, illustrated vith eigteen cases {The Practitionerf juillet 1873). — Mercier, Phosphore de zinc dans les névralgies. Thèse de Paris, 1878.

m LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE,

phures métalliques et en particulier le phospbure de zinc sont un excellent mode d'administration de ce médicament. Ces phosphures se décomposent avec une extrême facilité et cèdent rapidement en présence d'un acide leur principe actif. Nous avions étudié avec un de mes élèves, Proust, mortellement frappé lors de la campagne de 1870-1871, ces phosphures métalliques introduits surtout dans la thérapeutique par Yigier, et nos expériences nous avaient montré que Ton pouvait appliquer à la thérapeutique un grand nombre de ces composés. Le phosphure de zinc s'administre par pilules de 4 milligrammes, qui correspondent à 1 milligramme de phosphore, et l'on donne de 1 à 10 de ces pilules. Je reviendrai d'ailleurs sur cette médication phosphorée lorsque je vous parlerai du traitement des myélites chroniques ; quant à ses résultats dans la cure des névralgies, je n'en ai jamais obtenu aucun effet.

du fi»- Le guarana ou paullinia (1) a été surtout conseillé dans le traitement de la migraine ; cette substance, comme vous le savez, nous vient en Europe sous forme de pains formés par une pâte que l'on dessèche et que l'on obtient en pilant

(1) Le guarana est une pâte pré- grande consommation d'un pain fait

parée avec les semences torréfiées avec un mélange de racines d'uaran-

de Paullinia sorbilii, que Ton zeiro et de manioc,

cultive dans la province de l'Ama- Ce guarana contiendrait, d'après

zone, sous le nom à'uaranzeiro. Chastellus et Berthelot, plus de ca-

C'est une plante grimpante dont féine que le café. Il y aurait aussi de

on cueille les fruits à moitié mûrs ; la gomme, de l'amidon, une matière

on les torréfie à feu lent, puis, une grasse verdàtre et de l'acide tannique.

fois torréfiés, les fruits sont mis en On donne le guarana en poudre

poudre dans de grands mortiers et dans la migraine, à la dose de 1 a

on ajoute un peu d'eau pour en faire 2 grammes, avant l'accès; on fait

une pâte homogène; on fait avec aussi une teinture alcoolique que Ton

cette pâte des pains que l'on expose administre dans le même cas à la

à la fumée pour les dessécher. C'est dose de 10 à 20 grammes,

sous cette forme de pains que le A côté du guanara, il faut placer

guarana est livré dans le commerce, le tonga, qui est employé par les in-

Les Indiens Maoris font aussi une sulaires des Iles Fidji contre les dou-

rana.

les fruits d'un arbre de la famille des Sapindacées, le Paullinia sorbilis ; Ton administre de 1 à 2 grammes dé (cette substance réduite en poudre au moment des accès de migraine ou de névralgie. Ce médicament, qui a quelquefois une action réelle, mais de peu de durée, agirait surtout par la caféine qu'il contient en notable quantité.

Dans ces derniers temps, notre collègue Féréol a montré D« •«y»lc les effets du sulfate de cuivre ammoniacal (1) dans le traite- ^moment des névralgies rebelles de la face. Ce médicament, dont l'action réelle nous échappe, agit peut-être dans ces cas,

leurs. Ringer etMurrel ont introduit .ce corps dans la thérapeutique ; on remploie sous forme d'extrait alcoolique dont on prend une cuillerée à café toutes les six heures (a).

(1) Le sulfate de cuivre, recommandé autrefois contre les affections nerveuses en général, était abandonné lorsque Féréol l'a repris et donné avec succès contre les névralgies de la cinquième paire ; il a tenté de remployer contre .d'autres névralgies et dans un certain nombre d'états spasmodiques ou douloureux, le résultat n'a pas été favorable.

Dans presque tous les cas traités par le sulfate de cuivre ammoniacal, la maladie était déjà ancienne et avait atteint les proportions du tic douloureux épileptiforme. Féréol a remarqué que les phénomènes congestifs qui accompagnaient presque toujours, même chez les anémiques, les grandes névralgies, ont été très manifestement influencés par la médication cuprique.

La rougeur de la face ou de la conjonctive oculaire diminuait notablement des le second jour du traitement, et les jours suivants il y avait

une décoloration marquée des téguments, à la face surtout, avec ralentissement du pouls. S'il y avait de l'épiphora, de l'écoulement de mucus nasal, ces phénomènes disparaissaient ou diminuaient. En un les malades éprouvaient un état de dépression des forces, parfois accompagné de nausées analogues à ce qu'on observe à la suite de l'administration de tartre stibié ou de digitale. Rarement il y a eu des vomissements,jamais de diarrhée.

Le sulfate de cuivre parait indiqué dans les névralgies accompagnées de phénomènes congestifs. Le médicament peut être administré en pilules, mais c'est en potion que Féréol le prépare d'après la formule suivante :

Eau distillée 100 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger ou sirop de menthe . . 30 —

Sulfate de cuivre ammoniacal 15 cenligr.

A prendre dans les vingt-quatre

heures, au moment des repas autant

que possible. Le médicament sera

• continué à cette dose pendant dix à

quinze jours; si la névralgie persiste.

(m) Bouchardat, Manuel de matière médicale, t. l#r, édition 1873, p. 384. — linger et Murrcl, On Tonga, a remedy for Scuralgia, used bij the natives of Ihe Fidji itUndt {The Lancet, mars 1880).

comme le veulent les récentes théories de Burq, par l'action du métal introduit à l'intérieur. On donne ce médicament, soit sous forme, de potion à la dose de 40 centigrammes par jour, soit, ce qui est préférable, sous forme de cachets médicamenteux renfermant 2 centigrammes de cuivre ammoniacal ; on administre ainsi de 5 à 10 de ces cachets dans les vingt-quatre heures.

Après avoir ainsi étudié successivement les trois grands groupes de la médication symptomatique des névralgies, médicaments nervins, médication révulsive, médication empirique, nous abordons maintenant la seconde partie de notre question, c'est-à-dire la médication pathogénétique.

Médication Vous vous rappelez que nous avons ramené à trois grandes gé^ôuqùe. causes principales l'étiologie ou plutôt la pathogénie des névralgies ; nous avons dit que ces névralgies pouvaient se produire lorsque des modifications étaient apportées à l'intégrité, soit du système nerveux central ou périphérique, soit de la circulation, soit de l'état du sang. Ce sont ces trois ordres de cause que nous allons maintenant passer en revue.

Au point de vue du système nerveux, laissant de côté les altérations plus ou moins profondes ou les compressions des nerfs, je ne désire appeler votre attention que sur deux points : sur la prédisposition aux névralgies si fréquente dans le nervosisme et dans l'hystérie et sur l'inflammation des tubes nerveux ou névrite.

on pourra augmenter progressive- potion des cachets médicamenteux

ment. On ne doit cesser le sulfate de contenant 2 centigrammes de sulfate

cuivre que lorsque les douleurs sont de cuivre. On prend ainsi de 5 à 10

tout à fait terminées, et on le re- de ces cachets dans les vingt-quatre

prendra si le mal reparait. Plus ré- heures (a). cemment, Féréol a substitué à cette

(a) Féréol, Bull, de thérap.. 18711, et Bull, de VAcatl. de méd., t. VIII, n* 13.

La névralgie est une des manifestations du tempérament ne* nénerveux et on peut affirmer qu'il n'est pas une personne J^H plus ou moins nerveuse qui ne se plaigne de douleurs nefYeusenévralgiques. C'est ici, au point de vue thérapeutique, le triomphe de deux médications, la médication bromurée et l'hydrothérapie : le bromure de potassium, soit seul, soit associé à d'autres bromures ; les douches froides, soit locales soit générales, l'exercice bien combiné sont les plus sûrs agents de guérison des névralgies dues à cet état nerveux. On peut joindre à ces moyens de guérison l'électricité et en particulier l'électricité statique. .

La névrite est une des causes des névralgies rebelles, elle Tnientralne l'atrophie du membre et des troubles trophiques lT7é^»î! du côté de la peau. La médication la plus appropriée est ici au contraire une médication révulsive qui agit non seulement sur l'élément douleur, mais encore sur l'élément inflammatoire ; vous devez employer ici tous les agents du traitement révulsif dont je vous ai parlé, et en particulier les cautérisations très actives. Vous devrez aussi, pour combattre les troubles trophiques, user des courants continus.

Les modifications circulatoires sont le point de départ de Tr*ideux sortes de névralgies : les névralgies par excès de circu- 2^1'! lation ou névralgies congestives et les névralgies par diminution de circulation ou par anémie cérébrale. Les névralgies congestives s'observent surtout chez les arthritiques et elles sont tributaires de deux ordres de médicaments, de l'aconitine et des antithermiques analgésiques. C'est surtout dans les névralgies faciales, chez les personnes pléthoriques avec congestion très vive de la face, qu'agissent ces médicaments, et Ton explique facilement cette action par la double influence de ces médicaments, sur la circulation d'une part et sur la sensibilité de l'autre.

Mari no a proposé dans ces derniers temps d'opposer à ces

congé*»

titea.

névralgies congestives l'ergotine (i ), en se basant sur la propriété qu'a ce médicament de faire contracter les petits vaisseaux et d'anémier les tissus. Je n'ai pas fait encore usage de cette médication de la névralgie, ayant presque toujours trouvé dans les médicaments précédents un traitement héroïque en pareil cas.

TraI- Dans les névralgies par anémie cérébrale, c'est surtout le

tomcntdes . .

névralgies triomphe de la morphine ; ici on obtient non seulement la m^uès. disparition de la douleur, mais encore, par la congestion des centres nerveux provoquée par les alcaloïdes de l'opium, on atteint directement la cause même de la névralgie. On comprend aussi que dans ces cas la gymnastique et l'hydrothérapie soient les premiers adjuvants de cette médication, oe Quant aux altérations du sang qui sont le point de départ

"thtoîi61 des névralgies dyscrasiques, elles sont des plus nombreuses uquoi. et en première ligne se place la chlorose. On peut affirmer que toute chlorotique a des névralgies, et c'est ici l'application du grand principe hippocratique : Sanguis moderalor nervorum. Aussi tout médicament qui viendra augmenter la richesse du sang et le chiffre de son hémoglobine est applicable en pareil cas : médication ferrugineuse ou arsenicale, bain d'air comprimé, inhalation d'oxygène, séjour à la campagne, hydrothérapie, gymnastique, alimentation reconstituante, tous ces moyens sont applicables contre les névralgies chloroliques.

J'insisterai tout particulièrement sur l'arsenic en pareil

(1) Marino (de Palerme) aurait gies, il employait la solution suivante:

guéri des névralgies faciales congés Brgotine '. . 2 gramme».

tives au moyen d'injections sous-cu- Eau de laurier-corisc. 10 —

tanées d'ergotine ; contre ces névral- Glycérine 10 — {a).

(a) Salvatoro Salomonc Marino, L'eryottna per tito epidtrmico nslle curra délia nsuralyia. I\ilcnnc, 1877.

cas(l) ; je trouve la médication arsenicale égale, si ce n'est supérieure à l'emploi du fer, car l'arsenic agirait non seulement comme reconstituant, mais il aurait encore une action directe sur l'élément nerveux, et les médecins qui se sont occupés de la médication arsenicale ont insisté longuement sur les propriétés antinévralgiques de cette médication.

Le miasme paludéen a une influence palhogénétique des t™plus actives sur les névralgies, qui sont alors tributaires J^néd'une médication par le sulfate de quinine ; Marrotte (a) v"lf^*' nous a tracé une belle description de ces fébri-névr algies, tentes. Aussi la première question que l'on doive adresser à une personne atteinte de névralgie est de lui demander si les accès douloureux reviennent à heure fixe ; dans ces cas, en eflet, vous pouvez être maître de la névralgie en très peu de temps en administrant le sulfate de quinine. On peut même, lorsqu'on veut augmenter cette action antinévralgique, associer le sulfate de quinine au nitrate d'aconitine cristallisé et prescrire des cacheta médicamenteux contenant 25 centigrammes du premier de ces sels et 1/4 de milligramme du second; <Jn administrera ainsi quatre cachets par jour, un toutes les six heures.

Les dia thèses, et en particulier la syphilis, l'arthritisme et Trai la dartre, sont les causes de névralgies diathésiaues qui sont '^f^* tributaires de médications différentes. Pour la première, il duthé-

siques.

(I) H existe un grand nombre On peut employer, dans ces cas,

d'observations de névralgies guéries toutes les préparations arsenicales

par les préparations arsenicales, (granules de Dioscoride, solution de

Catien (de Bruxelles) aurait surtout Boudin, liqueur de Fowler ou de

insisté sur ces faits, et Barella Pearson, arséniate de soude, etc.,

aurait obtenu par l'arsenic la cure etc.) (b). de la sciatique. *

(a) Marrotte, Féb ri-névralgie* de l'isthme du gosier (Bull, gin, de thérap., 1874).

ib) Cahen (de Bruxelles), Névralgie* guéries par le* préparation* arsenicale* iJtmm. méd. de Bruxelles, 1864). — Barella, Journ. de méd. de Bruxelles, juillet 1863. — Vanlair, Les Névralgies, leur* forme* et leur traitement. Bruxelles. 1WÎ, p. 168.

ne faut pas confondre les douleurs ostéocopes avec les douleurs névralgiques qui existent souvent réellement sous l'influence de la syphilis, dans ce cas la médication antisyphilitique dans toutes ses formes est celle qui s'impose. Pour Tarthritisme, les névralgies goutteuses sont des plus fréquentes, et la sciatique et la goutte marchent souvent de pair (a). Les moyens qui agissent le mieux contre les névralgies arthritiques et rhumatismales sont les bains, et en particulier les bains sulfureux et les bains de vapeur (i), qu'on additionne ou non ces derniers de térébenthine ou de copeaux de pin. C'est contre les névralgies dénature rhumatismale que l'on peut aussi user avec succès des eaux thermales, de Plombières, de Bourbonne et surtout d'Aix-les-Bains.

C'est encore dans ces névralgies rhumatismales que l'on peut employer le cyanure de zinc proposé par Luton, et surtout le sajicylate de soude; ce dernier médicament, comme on le sait, est un analgésique puissant et peut donner, dans ces cas, d'excellents résultats. On peutajouter à ces médicaments les antithermiques analgésiques dont j'ai déjà parlé. Enfin, quant aux névralgies si fréquentes chez les dartreux, elle sont tributaires de la médication arsenicale. du i«i- Telles sont très brièvement résumées les principales indi-

tement des diverses

nérraigief. (i) Lagrelette a surtout étudié 3° Douche froide tonique ;

l'action des bains de Tapeur et de 4° Applications froides ;

Thydrothérapie dans le traitement 5* Douches filiformes, de la sciatique. Voici comment se

classaient ces différents modifica- Quant à la sudation, elle est prêteurs : duite soit par des générateurs de

1° Sudations suivies d'une applica* vapeur sèche, soit par des génération froide; teurs de vapeur humide, soit par de»

2° Douche écossaise; emmaillotements (6).

(a) S. -C* Abbot, Sciatique et névralgie faciale aiguës traitées par V acide salie y lique et le salie y laie de soude {Boston Med. and Surg. Journ., juillet 1879). — Ë. Labbé, Névralgies traitées par le salle y laie de soude {Société de thérapeutique, Paris, 9 février 1881)*

(6) Lagrelette, Dt la sciatique. Thèse de Paris, 1869.

cations du traitement pathogénétique des névralgies ; il me reste maintenant, pour terminer cette trop longue leçon, à vous donner, en quelques mots et aussi rapidement que possible, les principales indications qui découlent de certaines formes de névralgies, et pour mettre un peu d'ordre dans notre sujet, nous commencerons par l'extrémité inférieure du corps pour remonter successivement jusqu'à la tête.

La névralgie plantaire est une des plus pénibles, surtout Tra| par l'incapacité absolue de marfcher dans laquelle elle place lewen| de l'individu ; ce sont surtout les rhumatisants et les goutteux vniçte qui en sont atteints. p,a,,ulre*

Cette névralgie est souvent rebelle et dure des mois, des années même; vous en avez pu voir dans notre service de femmes un bel exemple; il s'agissait d'un femme atteinte de rhumatisme suite de couches et qui, pendant six mois, a été retenueau lit par une névralgie plantaire. Ce qui paraît le mieux réussir en ces cas, en dehors des moyens que je vous ai déjà signalés, c'est l'application de teinture d'iode très concentrée et l'emploi de pédiluves sulfureux.

Je n' insisterai pas longuement sur la névralgie sciatique ( 1 ) ; Trti. c'est celle que l'on a pris le plus souvent pour type de la des- tc£6n* do

Tralgie

(l) La névralgie sciatique (dou- . fœtale pendant l'accouchement, les * * qu6, leur sciatique, goutte sciatique, scia- altérations osseuses de voisinage, les tique nerveuse, névralgie fémoro- méningites spinales; d'après Bailly, poplitée) est caractérisée par la Everad Home, Fournier, la bienprésence de douleurs sur le trajet norrhagie pourrait être cause de la du nerf sciatique et de ses branches, sciatique.

PI os fréquente chez l'homme que La sciatique est presque toujours

chez la femme, elle siège à peu unique, mais cependant elle peut

prés indifféremment à droite et à être double. Worms a signalé la

gauche. Elle peut être causée par fréquence de ces sciatiques doubles

des blessures, des contusions du chez les diabétiques, mais le plus

nerf, l'impression du froid humide, souvent ces sciatiques doubles sont

les névrites (Landouzy), la présence plutôt des manifestations doulou-

de tumeurs abdominales, pelviennes, reuses des affections de la moelle,

stercorales, les déplacements de Rarement, la maladie a un début

l'utérus, la pression de la tête brusque; elle s'annonce Je plus

cription de la névralgie, c'est celle aussi qui se prête le mieux à l'application de la médication révulsive dans toute sa rigueur. La névralgie sciatique est souvent une névrite, et l'on peut même presque affirmer, lorsque cette névralgie

souvent par de l'engourdissement, de la pesanteur, une sensation de froid dans tout le membre ou dans certaines parties limitées ; puis après un temps variable, la maladie éclate.

La douleur peut alors occuper différentes branches des nerfs (génitocrurale et fémoro-cutanée du nerf petit sciatique, branche articulaire du sciatique et nerf péronier, sciatique poplité externe ou interne, nerfs plantaires, etc.), rester limitée ou s'étendre progressivement. Elle est sourde, continue, contusive, accompagnée de fourmillements, de picotements ; elle présente aussi des paroxysmes, des accès : sous l'influence de la marche, des efforts, de la chaleur, ou même spontanément, on voit éclater des élancements très douloureux, des tiraillements s'irradiant sur le trajet du nerf, que le malade peut indiquer souvent très nettement avec le doigt. Ces douleurs sont exaspérées encore par la pression, par les mouvements : le malade n'ose plus remuer, cherche à éviter toutes contractions musculaires, et il reste étendu, couché sur le membre opposé.

Dans quelques cas, les malades ressentent dans les os et les articulations une douleur térébrante et profonde, qui serait, d'après Jaccoud, l'indice d'une névralgie d'origine intra-vertébrale ; lorsqu'il y a de plus des altérations delà sensibilité, consistant en fourmillements, picotements, sensation de duvet, de plumes ou des douleurs rachidiennes, spontanées ou provoquées, douleurs en

ceinture, la névralgie aurait pour origine une lésion de la moelle ou une lésion des méninges agissant sur le système spinal postérieur.

En dehors des accès, certains ma lades souffrent à peine et peuvent vaquer à leurs affaires; d'autres de viennent impotents, ne marchent que difficilement en boitant, ou même sont arrêtés tout à fait.

Outre ces douleurs, on note des troubles du côté de la sensibilité cutanée, d'après Hubert Valleroux, dans sa thèse, qui dit avoir constaté des troubles de sensibilité (au tact, i la douleur, i la température), surtout à la région postérieure de la cuisse, à quatre ou cinq travers de doigt au-dessus du creux poplité.

On constate aussi une atrophie du membre, atrophie musculaire lente dans les névralgies pures, assez précoces dans les névrites; mais dans les cas de névrites, il y a parfois aussi une hypergenèse du tissu adipeux du membre.

Quelques auteurs ont noté des changements dans la température, la coloration de la peau, des érythèmes, des furoncles, des poussées d'herpès sur le trajet du nerf.

La sciatique a une marche très irrégulière, elle peut cesser spontanément et graduellement, sa durée est fort variable, depuis quelques jours, quelques semaines, jusqu'à des an* nées. Les récidives sont fréquentes.

Voici les points douloureux indiqués par Valleix :

1° Le point lombaire, immédiatement au-dessus du sacrum ;

esl rebelle et qu'il n'existe pas de compression des nerfs, que c'est à cette inflammation que Ton doit la persistance des douleurs observées. Je crois que cette fréquence de la névrite du nerf sciatique résulte de la proximité de ce nerf de la surface de la peau et des modifications qu'il peut ainsi éprouver des influences extérieures et en particulier des modifications atmosphériques; c'est en effet la névralgie rhumatismale de beaucoup la plus fréquente. Landouzy a fait ressortir les fréquences de ces sciatiques-névrites et la précocité de quelques-unes d'entre elles; il a insisté aussi avec raison sur l'importance de l'atrophie musculaire apparaissant de bonne heure, comme signe distinclif de cette variété des sciatiques.

Au sujet de l'origine de cette amyotrophie rapide à la suite de la névrite-sciatique, l'expérimentation a fourni quelques faits très intéressants. Ainsi Gley et Mathieu ont constaté la dégénérescence wallérienne très accentuée et l'altération atrophique consécutive des muscles chez plusieurs chiens dont le nerf sciatique avait été irrité par l'interposition au milieu de ses fibres d'une mèche imbibée de solution concentrée de chlorure de sodium.

A propos de ces névralgies sciatiques rebelles je vous ferai remarquer qu'elles sont souvent liées à des affections de

2* Sacro-iliaque, au niveau de nerfs collatéraux du sciatique ;

l'articulation sacro-iliaque, en avant l°Poplité, dans le creux du jarret;

de l'épine iliaque postérieure et su- 8° Rotulien, sur le bord externe

périeure; de la rotule;

3* Iliaque, au milieu de la crête 9° Péronéo-tibial, à l'articulation

iliaque; supérieure du tibia et du péroné;

4* Fessier, au sommet de l'échan- 10° Péronier, autour du col du

crure sciatique; péroné;

5» Trochantérien, au bord supé- 11° Malléolaire, à la partie postérieur du grand troc hanter; Vieure et inférieure de la malléole

6* Les points fémoraux supé- externe;

rieurs, moyens et inférieurs, au 12° Dorsal du pied et plantaire

niveau de l'origine des principaux externe.

CLINIQUE TBBRAP., 6" édît. III. — 9

la moelle, surtout lorsqu'elles existent des deux côtés; la sciatique double essentielle est excessivement rare, et le plus souvent elle est occasionnée soit par un tabès, soit, comme Ta montré Worms (a), parle diabète.

Quesne a cherché à établir la corrélation qui existerait, d'après lui, entre l'état variqueux du membre inférieur et la sciatique : par suite de l'engorgement chronique et de la tuméfaction persistante des troncs veineux, il se produirait une névrite interstitielle à marche ascendante au niveau des branches principales du nerf. Si cette opinion est fondée, la conclusion s'impose d'elle-même : il faut rechercher avec soin l'état des veines superficielles et profondes chez les individus affectés de sciatique tenace. L'usage d'un bas élastique devient, dans le cas de constatation affirmative, un moyen rationnel et indispensable du traitement de la névralgie, ^i- Les névralgies utérines, vésicales, testiculaires ou du corviscé- don sont des affections fréquemment observées; je sais que raigi«. j>on jjscuje encore pour savoir si ces viscéralgies doivent être considérées comme des névralgies véritables, mais ce fait nous importe peu; ce qu'il faut surtout, c'est soulager les douleurs dont ces organes sont le siège. A cet égard, j'appellerai surtout votre attention sur l'utilité des cautérisations dans les névralgies utérines. Vous observerez en effet un certain nombre de femmes qui, en dehors de toute affection utérine, éprouvent des douleurs de la matrice présentant absolument tous les caractères de la névralgie; dans ces cas, la médication révulsive, largement appliquée sur le col, soit avec le cautère Paquelin, soit avec le nitrate acide de mercure, donne d'excellents résultats; enfin n'oubliez pas que, dans cette névralgie des organes contenus dans le

(a) Worms, Des névralgies symétriques dans le diabète (Acad. de méd^ Paris,

Traitement do la névralgie iloo-lorabftirc.

petit bassin , l'un des meilleurs modes d'application des médicaments calmants , c'est le suppositoire.

La névralgie iléo-lombaire (1) est souvent la cause de cruelles souffrances etbien souventeette névralgie se montre rebelle à nosmoyens les plus énergiques de traitement; c'est qu'en effet elle est souvent due à des troubles profonds du rein et en particulier à la lithiase rénale, et vous n'ignorez pas que, dans ces derniers cas de névralgie persistante, on a proposé d'enlever le rein ou bien d'ouvrir ce dernier; en un mot, on a pratiqué la néphrectomie et la néphrotomie, comme l'ont fait Léon Le Fort, Le Dentu, etc.

Je passe sous silence la gastralgie, l'hépatalgie et la plupart des névralgies abdominales, en vous renvoyant à ce que je vous ai déjà dit à cet égard à propos des maladies du foie, ^suie"

Traitement àc la nô-

(1) La névralgie du plexus lombaire siège le plus souvent à gauche, ses causes sont diverses : impression du froid, contusion, altération ou compression des nerfs par des tu* meurs osseuses ou des tumeurs du voisinage; elle peut être provoquée par un état morbide des organes génitaux, testicule, utérus et ses annexes, et exister en môme temps qu'une névralgie du col.

Elle peut occuper toutes les branches du plexus, ou quelquesunes seulement, ou chacune isolément :

1* Rameaux abdominaux fournissant le nerf iléo-scrotal ; '

2* Branche inguinale interne ;

3* Branche inguinale externe, fournissant le rameau scrotal ou labial.

La douleur, comme dans toute névralgie, est permanente, continue, sourde, contusive, ou présente des paroxysmes; ces accès sont spontanés on provoqués par la marche, des mouvements brusques, une pression

sur le nerf, etc., et restent limités aux lombes, au flanc et à la partie inférieure de l'hypogastre, ou se propagent vers Taine et jusque dans le testicule ou la grande lèvre, selon que le rameau scrotal est ou non atteint.

V irritable testes, testicule douloureux de A. Gooper, est une névralgie iléo-scrotale.

Valleix a indiqué pour la névralgie lombaire les points suivants :

1° Le point lombaire, siégeant un peu en dehors des premières vertèbres lombaires ;

2° Le point iliaque, un peu audessus de la crête iliaque;

3° Le point hypo gastrique, audessus de l'anneau inguinal et en dehors de la ligne blanche;

4° Le point inguinal, vers le milieu du ligament de Fallope;

5° Le point scrotal ou de la grande lèvre, à la partie inférieure du testicule ou dans l'épaisseur de la grande lèvre.

de l'estomac et de l'intestin, et j'arrive à la névralgie intercostale (1).

C'est là une névralgie très commune et toutes les femmes nerveuses en ont éprouvé les symptômes. Peter (a), dans ses remarquables leçons sur les points de côté, voulait que toujours la névralgie intercostale fût du côté gauche; je

(1) La névralgie intercostale (dorso-intercostale, intercosto-névralgie) est très commune, plus fréquente chez la femme que chez l'homme; elle est unilatérale ou double et siège surtout à gauche; elle est rarement unique, fréquemment plusieurs nerfs intercostaux du même côtés sont affectés en même temps.

Ses causes sont multiples : impression du froid, contusion du thorax (mais dans ce cas il se développe souvent un zona), névrite, névrome.

lésion des organes voisins, poumon (pneumonie, congestion pulmonaire, tuberculisation), plèvres (pleurésie), côtes (fractures, carie), colonne vertébrale (mal de Pott), tumeurs du médiastin, anévrysmes de l'aorte, affections cardiaques, névrite du plexus cardiaque, tumeurs de la mamelle. La névralgie peut être réflexe et survenir dans le catarrhe du tube digestif (Beau, Delioux, Hevillout, Diou), dans le cancer ou l'ulcère de l'estomac, dans les maladies utéroovariennes (Bassereau). La névralgie intercostale peut dépendre des maladies de la moelle, myélite aiguë, myélite chronique ; on l'observe aussi dans l'hystérie, la chlorose, l'anémie (dans ce cas elle siège toujours à gauche), dans la malaria, l'intoxication saturnine, la syphilis (Fournier) et le rhumatisme.

Michel Peter, dans ses Leçons sur les points de côté, définit la douleur

de la pneumonie une douleur pleurétique, et la douleur pleurétique n'est elle-même qu'une névropathie intercostale. Les douleurs, les points de côté, observés chez les phtisiques, au sommet de la poitrine, sont des névrites qui reconnaissent pour cause l'inflammation du poumon et de la plèvre.

Dans la névrite tuberculeuse, ce sont les premier, deuxième et quelquefois troisième espaces intercostaux qui sont affectés ; dans la névralgie chloro-anémique, ce sont les quatrième, cinquième et quelquefois sixième espaces, et la douleur est la plus forte au niveau de la quatrième vertèbre dorsale.

La névralgie intercostale se développe ordinairement d'une façon lente et graduelle ; la douleur est sourde, continue, mais sujette à des exacerbations qui se traduisent par des élancements dans tout l'espace intercostal ou dans une partie seulement. Ces élancements, très douloureux, peuvent naître spontanément et provoquent une dyspnée, une angoisse passagère; le plus souvent ils sont causés par des mouvements d'inspiration, des mouvements du bras, des quintes de toux ou par la pression, etc., s'irradiant quelquefois vers le cou, l'épaule, le bras, la mamelle.

La douleur de la névralgie intercostale est presque toujours circon-

(a) P. 1er, CUni'iuc médicale, t. I*p.

TKAITEMENT DES NÉVRALGIES. 133

crois qu'il y a là un peu d'exagération. Tout en reconnaissant que les manifestations névralgiques et douloureuses se montrent surtout dt* coté gauche, il n'en est pas moins vrai que cette loi subit de nombreuses infractions et que vous pouvez voir un grand nombre d'hystériques présenter leurs manifestations douloureuses et souvent anesthésiques du côté droit. Quoi qu'il en soit, cettenévralgie est tenace etrésiste non seulement à la médication révulsive, mais encore aux injections de morphine. L'hydrothérapie appliquée sur les points douloureux me parait être un des moyens les plus puissants pour combattre cette sorte de névralgie intercostale rebelle.

Parmi les causes de la névralgie intercostale, le zona thoracique joue un rôle très important. Chez certains individus, on voit les douleurs persister bien longtemps après la disparition de toute trace d'éruption : des mois et même des années. Cette remarque est vraie surtout pour les personnes âgées. Elle n'est probablement qu'un cas particulier de cette loi générale d'après laquelle les névralgies croissent en intensité et en durée avec la vieillesse, et j'arrive, pour terminer, à la névralgie du trijumeau.

L'odontalgie, qui fait partie de la prosopalgie, est, je n'ai Twipas besoin d'y insister, une névralgie des plus communes, il n'y a pas un de vous qui ne se rappelle les cruelles dou- u,*i0 leurs déterminées par le mal de dents. Ces névralgies sont

scrite, ce qui permet de la distinguer au sternum, entre les cartilages cos-

de la douleur diffuse de la pi euro- taux, pour les nerfs supérieurs

dynie. (point sternal), à l'épigastre pour les

I^es points fixes, décrits par Valleix, nerfs intérieurs (point épigastrique).

sont au nombre de trois : C'est en palpant sur ces différents

i* Le point vertébral, à la partie points qu'on reconnaîtra le siège et

postérieure de l'espace intercostal, la nature de la douleur.

un peu en dehors de l'apophyse épi- La névralgie intercostale a parfois

netise; une durée très longue, elle est très

2* Le point latéral, au milieu de rebelle dans certains cas et sujette à

l'espace intercostal; récidive.

3* Le point antérieur, répondant

t ornent de l'odon-

le plus souvent déterminées par Talvéo-périostite (1) ou par la carie de la dent, qui entraîne une altération de l'extrémité du nerf dentaire; aussi existe-t-il un procédé rapide de guérison de cette sorte de névralgie : c'est la destruction du bulbe dentaire, que Ton obtient par l'acide arsénieux, destruction sur laquelle Tomes, Magitot et Combe ont longuement insisté (a). Depuis la vulgarisation de la cocaïne, on a cherché h utiliser les propriétés analgésiques de cette substance soit dans le but de calmer la douleur due à l'inflammation de la pulpe, soit pour pratiquer l'extraction des dents. 11 y a un certain nombre de praticiens qui exécutent couramment cette petite opération, moyennant une injection interstitielle préalable de quelques centigrammes de cocaïne dans le tissu de la gencive.

Je vous signalerai aussi, parmi les nombreux moyens qui ont été employés pouf combattre l'odontalgie, l'électricité

(1) Redier (de Lille) a donné des Benjoin do Siam ) eg eg

formules qui s'appliquent particuliè- Alcool à 80° ( p

rement au traitement de l'odontalgie. ^ , , .,,,..,

Comme pansement calmant, il re- 9o*T a destruction du bulbe, il

commande surtout cette mixture : emPloie la Pâte smvante :

Teinture de benjoin du Acido arsénieux porphy-

Codcx 4. grammes. risé 2 grammes.

Teint, d'extrait d'opium.. 2 — Chlorhydrate de raor-

Chloroforme 2 — Pmne 2 —

Créosote pure 2 — Gomme adraganto pulvérisée 1 gramme .

On introduit cette mixture sur un Glycérine 1 —

petit tampon d'ouate que Ton place

dans la cavité de la dent, et Ton re- Ce pansement doit être laissé en

couvre le tout d'un peu d'ouate place vingt-quatre heures. Un seul

trempée dans la mixture occlusive pansement suflit rarement, il faut

suivante : recommencer deux ou trois fois (a).

(a) Tomes, A course of Lectures on Dental Physiology and Surgery. London, 18-48. — Magitot, Traité de la carie dentaire. Paris, 1871, p. 192, et Dictionn. encycl. de méd. et de chir., art. Dent. — Combe, De l'acide arsénieux dans ses applications à la thérapeutique de la carie dentaire (Bull, de thérap., t. XCIX, p. 485, 1880).

(b) Redier, Formulaire de l'hygiène et de la pathologie dentaire, avec les application* thérapeutiques (Bull de thérap., t. CM, p. 357, 30 octobre 1882)*

comme Ta pratiquée Bouchaud, procédé qui consiste à placer le pôle positif au niveau de la dent malade et le pôle négatif dans un point plus ou moins éloigné, et de faire ainsi passer un courant continu.

Un mot maintenant sur les névralgies faciales proprement dites (i). Ces névralgies portent tantôt sur le nerf sus-or-

(1) La névralgie faciale, tic douloureux (André), affection douloureuse de la face (Fothergillj, prosopalgie (Simon), névralgie de la face (Hallidas), névralgie tri faciale (Valleix), névralgie du trijumeau, vont par ordre de fréquence après les névralgies intercostale etsciatique.Elle peut se diviser, selon le siège de la douleur, en névralgie :

1° De la branche ophtalmique ;

£• De la branche maxillaire supérieure ;

3* De la portion sensitive du nerf maxillaire inférieur.

Elle est à peu près aussi fréquente chez l'homme que chez la femme; elle est ordinairement unilatérale.

Les causes les plus fréquentes sont :

le froid arrivant sur le visage en sueur, les caries dentaires, les confusions, les plaies de la face, les compressions du nerf par des corps étrangers; puis viennent les névromes, les tumeurs du rocher, les anévrysmes de la carotide interne, tumeur de la protubérance, fongus de la dure-mère.

Pierret a montré qu'elle pouvait survenir au début ou dans le cours de l'ataxie locomotrice ; elle peut dépendre aussi d'affections viscérales, corps fibreux utérins, troubles gastro-intestinaux, d'empoisonnement par la malaria, l'opium, le plomb, le mercure; elle peut survenir dans la goutte, le rhumatisme, la syphilis, l'anémie ; elle se serait montrée après

Traitement <1*< la prosopalgic.

la suppression des règles, d'un flux hémorroïdal, d'un exanthème habitue], après une émotion morale.

La névralgie ne débute pas ordinairement d'une façon brusque, mais graduellement; d'abord limitée à quelques rameaux nerveux, elle n'atteint les autres que progressivement.

Les malades ressentent soit des douleurs permanentes, sourdes, contusives, soit des douleurs paroxystiques, qui peuvent être spontanées ou provoquées par un acte quelconque :

mouvement, respiration d'odeurs pénétrantes, etc.

Pendant l'accès, les malades sont pris de douleurs atroces, ressentent des élancements très douloureux qui leur arrachent des cris; ils se roulent dans leur lit, s'agitent, se frappent la tète; les muscles d'un côté delà face sont le siège de contractions rapides, de secousses convulsives, de contorsions multiples se succédant à intervalles extrêmement courts. Tous les muscles ne sont pas atteints, et souvent les contractions se limitent au frontal, aux zygomatiques, aux muscles de la mâchoire.

La face devient turgescente, il y a parfois de la photophobie, du larmoiement, des bourdonnements d'oreille ; puis les secousses diminuent de fréquence, d'intensité et tout se calme : l'accès est passé pour revenir, sous la même forme, dans un temps plus ou moins éloigné.

Tous les accès n'ont pas, il est vrai,

Tic douloureux de lt face.

bitaire, tantôt sur les rameaux sous-orbitaires ; ces dernières sont les plus tenaces. Comme je vous l'ai déjà dit, elles sont surtout tributaires du traitement par l'aconitine et par le sulfate de quinine lorsqu'elles ont encore un caractère intermittent. Elles sont souvent des plus rebelles et portent non seulement sur les trijumeaux, mais encore sur le nerf facial. Sans discuter ici la question de la névralgie récurrente, question si brillamment étudiée dans ces derniers temps par Cartaz, vous savez tous que la névralgie s'accompagne souvent de contractions douloureuses, et que Ton donne à ce syndrome symptomatique le nom de névralgie épilepli forme j ou de tic douloureux de la face. C'est l'affection la plus atroce, au point de vue de la douleur, que l'homme puisse éprouver, et cela à tel point que certains se suicident pour échapper à leur mal.

C'est ici que les chirurgiens sont intervenus avec l'élon-

cette intensité et ils peuvent se borner à une simple exagération des douleurs ou à quelques élancements soudains, mais d'une durée très courte (accès épi leptif ormes).

Suivant les branches atteintes, certains phénomènes se présentent :

la photophobie, l'injection de l'œil, le larmoiement, de l'amaurose passagère (Notta), dans la névralgie du nerf ophtalmique; l'odontalgie, la sécrétion de la pituitaire, dans la névralgie du nerf maxillaire supérieur; la gène douloureuse de la déglutition, de la mastication, l'exagération de la sécrétion salivai re, dans la névralgie du maxillaire inférieur.

Le plus communément, la névralgie faciale occupe tout le trijumeau.

Les points douloureux indiqués par Valleix sont :

1° Le sus-or bitaire, au niveau du trou sus-orbitaire ;

2° Le palpébral;

3° Le nasal, à la partie interne et supérieure du nez;

4° V oculaire;

5° Le sous-orbitaire ;

6° Le malaire;

7° Le dentaire supérieur;

8° Le labial supérieur;

9° Le palatin;

10° Le pituitaire \

11° Le temporal;

12° Le temporo-maxillaire;

\y Le mentonnier;

14° Le lingual;

15° Le labial inférieur.

La névralgie faciale a une durée variable, et est très sujette à récidiver. Lorsqu'elle dure longtemps, il n'est pas rare d'observer des troubles irophiques du côté de la peau, qui peut s'hypertrophier, et du côté des cheveux, qui ont une pousse exagérée, ou tombent, ou deviennent blancs.

gation des nerfs et avec la névrectomie ; c'est ici encore que Ton a vanté les courants continus (1). A propos de ces courants, il ne faut jamais dépasser une certaine intensité (2 à 3 milliampères, par exemple) ; il faut aussi, comme Ta remarqué Àpostoli, vous servir de rhéostats et interposer dans le courant une certaine résistance pour éviter lesphosphènes qui se reproduisent à chaque modification du courant; il est bien entendu que le pôle positif doit être placé sur le point douloureux, et quant à la durée de la séance, elle doit se prolonger jusqu'à la disparition complète des phénomènes douloureux.

Il me faut, pour terminer, vous dire quelques mots de la migraine (2), qui rentre; au point de vue thérapeutique,

Les malades tombent dans un état de langueur et s'épuisent; d'autres, dans le tic douloureux à intervalles rapprochés, cherchent dans le suicide un refuge contre leurs souffrances.

(1) Letourneau a beaucoup employé Télectrisation céphalique. Cette électrisation agirait sur les vasomoteurs, et par ce moyen on pourrait diminuer la congestion céphalique et empêcher même les néoplasies cérébrales consécutives aux congestions répétées. — L'anémie cérébrale produite par les courants continus expliquerait le vertige qu'éprouve le malade sous l'influence de l'électricité et le sommeil invincible qui suit souvent les séances d'électrisation (a).

(2) La migraine, c vapeur de jolie femme, mal du bel esprit > comme disent plaisamment ceux qui ne sont pas en sa puissance, est une affection désagréable, mais peu dangereuse, qui a de tout temps exercé la sagacité et les recherches des médecins.

Traitement delà migraine.

Contre elle, bien des médications basées sur des théories parfois fantaisistes, bien des substances dictées par l'empirisme ont été essayées.

Tout a réussi au moins une fois, tout a été loué et aujourd'hui encore le traitement est surtout impuissant contre cette maladie essentiellement personnelle.

La migraine, qu'on veut rattacher à telle ou telle diathèse, à la dartre, à l'arthritisme, à la goutte, etc., était considérée autrefois comme due aux affections de l'estomac (Alexandre de T rai les), à la fermentation d'une matière bilieuse qui distendrait les membranes du cerveau (Ch. Lepois), à l'influence des esprits animaux (Hoffmann ,AVillis,Forclyce).

Plus tard on l'attribue à une maladie des sinus frontaux (Devilliers et Deschamps), à une névralgie des nerfs de la cinquième et de la septième paire (Chaussier et Pinel), à la compression du trijumeau par les

(*) Letourneau, De V électrisation céphalique (Congrès pour l'avancement des sciences, 1878, p. 913).

dans le groupe des névralgies. Vous n'ignorez pas les discussions qu'a soulevées la pathogénie de la migraine, les uns la considérant simplement comme la névralgie du trijumeau, les autres comme une névrose spéciale de ce même nerf, ou bien encore comme une névralgie du cerveau lui-

sinus caverneux gorgés de sang (Auzias-Turenne).

D'autres auteurs la considèrent comme un symptôme des lésions du système nerveux central ou périphérique ; pour d'autres (Hervez de Chegoin, Liveing), c'est une décharge du système nerveux trop chargé de fluide. Pour Piorry, la migraine est une néyralgie ascendante, partie des fibres nerveuses de l'iris. Pour Du Bois-Reymond, le point de départ de la migraine est dans le centre ciliospinal.

Les causes des accès- sont multiples et variées : un trouble de la digestion, la constipation, les promenades au grand air et au soleil, les fatigues de la vue ou de Foute, les veilles trop prolongées, les travaux intellectuels absorbants, les changements dans l'heure des repas, l'excès en plus ou en moins des aliments, la privation d'un excitant habituel (thé ou café) peuvent provoquer l'accès de migraine. Il en est de même des changements dans les habitudes, des écarts de régime, de la suppression d'un flux hémorroïdaire ou de la sueur, etc. Chez les femmes, il n'est pas rare de voir la migraine coïncider avec l'époque des règles, cesser avec elles, reparaître à la prochaine époque et disparaître complètement à l'époque de la ménopause.

Tout enfin chez les migraineux peut provoquer un accès, depuis le coup le plus léger porté sur la tête, la respiration d'une odeur quel-

conque, jusqu'à la plus légère émotion morale.

Les accès varient selon les individus. Quelquefois il y a des prodromes la veille, un appétit plus fort, de l'excitation cérébrale ou des envies de dormir; le plus souvent le malade s'est couché bien portant, mais se réveille le lendemain avec un sentiment de lassitude, de torpeur et d'inaptitude au travail; d'autres se sentent plus vifs, plus éveillés, mais ils ressentent en même temps un je ne sais quoi, bien connu du migraineux, auquel il annonce son accès.

Peu à peu la maladie se développe :

la céphalalgie apparaît; d'abord légère, limitée au front, à la tempe ou à l'orbite, elle change de place, va à la nuque, saute de droite à gauche pour revenir à droite ou inversement.

Le patient accuse une sorte de tension crânienne, de pesanteur au niveau des sinus frontaux, la sensation d'une calotte de plomb ou d'un cercle entourant la tête. La douleur, d'abord légère et limitée au front, à la tempe ou à la région or bi taire, change de place, saute de droite à gauche; les sensations varient, du reste, avec le sujet, mais le moindre mouvement exaspère la douleur, la marche, l'ascension d'un escalier donnent la sensation d'un martèlement du crâne. Les malades recherchent l'obscurité, le silence, ils restent apathiques, indifférents à tout ; cependant, lorsqu'il y a des exacerbations de la douleur, des élancements dans le crâne, dans l'orbite,

même, une cérébralgie, c'est ce [qu'a soutenu Romberg ; d'autres, enfin, comme Du Bois-Reymond, admettent que dans ce cas, la névralgie porte principalement sur la portion cervicale du grand sympathique. C'est cette hypothèse qui a

quelques-uns sont agités, nerveux, ne tiennent pas en place, jusqu'à un moment de calme plus ou moins durable. La douleur se localise à un côté (hémicranie), habituellement toujours le môme, il n'est pas rare qu'il y ait des irradiations dans la nuque, le cou, l'épaule du même côté.

Pendant ce temps la peau est pâle ou légèrement colorée, selon les sujets : les traits sont tirés, les yeux cernés, l'artère temporale bat avec force. Du côté de l'œil on peut aussi observer quelques troubles, de la diplopie, une sorte de nuage, des éblouissements, des mouches volantes, du scotome scintillant et une sensibilité douloureuse à la lumière ; l'œil en même temps parait plus petit ; les paupières, légèrement contractées, sont quelquefois animées de contractions fibrillaires; enfin le globe oculaire lui-même est douloureux. Il y a aussi perversion, chez quelques-uns de l'odorat (exagération ou abolition), de l'ouïe (bourdonnements d'oreille).

L'appétit, aboli chez certains, est augmenté chez d'autres; certaines boissons, certains aliments ne sont pas tolérés, mais un symptôme fatigant et constant, c'est une sorte de mal de mer, des nausées se terminant chez beaucoup par des vomissements qui exaspèrent la douleur ou annoncent la fin de la migraine ou tout au moins la fin de ce malaise spécial qui l'accompagne (frissonnements, horripilation, hyperesthésie cutanée, bâillements, éructations).

Les troubles cérébraux sont assez rares; Liveing a cependant signalé quelques cas d'aphasie. Charcot a signalé des cas analogues. Gûbler et Bordier disent avoir remarqué que, pendant l'accès de migraine, la respiration et la circulation se font mieux et plus facilement.

La diarrhée ou la constipation va* rient de fréquence selon les sujets ; . il en est de même de la diurèse*

La durée de l'accès est variable, et souvent en raison directe de son intensité; elle varie depuis trois, quatre, cinq et six heures jusqu'à vingtquatre, trente-six, quarante-huit heures et plus. La douleur se calme chez quelques malades insensiblement dans la journée, au milieu d'une conversation; chez d'autres, après quelques accalmies le mal reparait et ne se calme que lorsque le patient a pu se livrer au sommeil après avoir bien longtemps cherché sur l'oreiller une place qui semble ne pas être trop dure pour la tête. 11 se réveille guéri ou conservant encore une lourdeur qui se dissipera peu à peu dans la matinée ou sera le prélude d'une nouvelle crise.

Les accès, dont l'intensité est du reste extrêmement variable, se présentent parfois d'une façon fort régulière, à des époques fixes, s'éloignent peu à peu avec l'âge et disparaissent sans laisser de trace ou sont remplacés par un autre trouble (goutte, hémorroïdes, asthme, affection cutanée).

La calvitie, observée chez quelques migraineux est due plutôt au pity-

été le plus généralement admise en France, surtout par Gûbler et par Jaccoud ; il est probable, en effet, que la migraine n'est pas une névralgie simple, mais bien une névralgie complexe et portant à la fois sur le'cerveau, le trijumeau et la portion cervicale du grand sympathique.

Quoi qu'il en soit, la migraine est une affection fort pénible, fort douloureuse et pour laquelle on réclamera souvent vos soins. Pour instituer votre traitement, vous devez remonter à la cause première de la migraine, et, à cet égard, voici ce que vous constaterez : d'abord que la migraine est le plus souvent une affection diathésique, et, pour ma part, je l'ai observée très fréquemment chez les hémorroïdaires, les arthritiques, les asthmatiques. Dans ce cas, c'est surtout le traitement dirigé contre la diathèse arthritique qui paraît donner les meilleurs résultats.

D'autres fois, ce sont les causes occasionnelles des accidents migraineux qui doivent diriger votre thérapeutique. Elles peuvent être rangées dans trois groupes distincts : tantôt il faut invoquer les excès de travail, surtout d'un travail intellectuel pendant la nuit et à une lumière un peu vive. Piorry avait rattaché à la fatigue de l'œil toutes les migraines, qui n'étaient plus pour lui que des manifestations de l'irisalgie ; tantôt à des troubles anémiques : c'est la

riasis capitit qu'à la maladie elle- de bien-être qui lui fait défaut lorsmême, que les accès ont avorté sous une

Après l'accès, la santé est parfois influence quelconque,

excellente, le malade est plus dispos, La migraine semble plus fréquente

il ressent comme une sorte de dé- chez la femme; elle attaque toutes

tente du système nerveux, une sorte les classes de la société (a).

(a) Tissot, Des nerfs et de leurs maladies, t. Xf, Paris, 1873. — Bouillaud, Nosographie médicale. — Pcllctan, Coup d'œil sur la migraine et sur ses divers traitements. — Du Bois-Reymond, Arch. fur Anat.f 4" livraison, 1860, p. 461. — Gubler et A. Bordier, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, art. Migraine. — Piorry, Mémoire sur la migraine (Trait, de m éd. pratique, t. VIII, p. 75).

migraine des chlorotiques, qui survient toutes les fois qu'une cause vient affaiblir l'organisme ; tantôt enfin à une congestion très vive du côté de la tête, comme cela se produit chez les goutteux ou les arthritiques.

Dans le premier cas, vous devez faire cesser les travaux intellectuels et administrer surtout le bromure de potassium ; dans le second, vous pouvez user de l'hydrothérapie et de lamorphine ; dans le troisième vous pouvez employer les alcalins, les dérivatifs intestinaux et surtout l'aconitinc(i).

La migraine peut être également guérie par l'antipyrine, qui est cerlainement le meilleur moyen curatif que nous ayons contre celte pénible maladie. Administrée au début de l'accès, elle en a considérablement atténué l'intensité, et si on la donne assez tôt dès les premiers signes précurseurs, on peut voir l'accès avorter complètement ; en tout cas, elle

(1) Rien des traitements ont été linia sorbilis ou guarana a été surpréconisés contre la migraine, les tout le médicament le plus vanté. Ce uns ont employé la méthode révul- paullinia s'administrait par prise de si? e, telle que des vésicatoires (La- 50 centigrammes. Ce médicament barraque), le fer rouge (Albucazes, agit surtout par la grande quantité de Fabrice de Hilden), les emplâtres de caféine ou guaranine qu'il contient, lierre terrestre et de vinaigre (Ga- Plus récemment Norstrôm a vanté lien), des pommades à l'ail (Alexandre l'emploi du massage. Se basant sur de Tralles); d'autres ont employé les l'hypothèse que la migraine est le émissions sanguines soit en ouvrant plus souvent due à la présence dans l'artère temporale (Ambroise Paré, le voisinage des nerfs de noyaux Turner et Wepfer), soit en ouvrant d'induration dépendant de myosite la veine de la tempe (Portai), soit aiguë ou chronique, opinion soutenue en employant les sangsues (Tissot). par Henschen, Helleday, Yertling, D'autres enûn ont employé les médi- il affirme que le massage tel que le caments les plus divers, tels que la pratique Metzger agit sur les foyers teinture de coccinelle septem punc- d'induration et arrive à guérir la rai- UUa (Sauter), le sulfate de nickel graine. Ce massage consiste à pra- (Simpson), la liqueur de Fowler tiquer des effleurages, des frictions, (Watson). du pétrissage et des tapotements des

De tous ces médicaments le paul- points malades (a).

(c) Article Migraine par Bordier et Gublcr, in Dictionnaire encyclopédique. — Korstrûm, Traitement de la migraine par le massage. Paris, 1885.

apporte toujours un soulagement 1res notable, et le nombre des insuccès est relativement faible. La dose d'antipyrine à administrer dans la migraine varie de 1 à 3 grammes. Chez quelques malades il es t. nécessaire d'élever les doses : on peut aller ainsi de 3 à 6 grammes, suivant les besoins de la cause»

J'en ai fini avec cette longue leçon sur le traitement des névralgies, leçon qui, malgré son étendue, est encore bien incomplète ; mais je crois vous avoir fourni cependant les principaux éléments qui doivent vous guider dans votre médication, médicatioii qui occupe en thérapeutique une si haute place, puisqu'en combattant la douleur elle permet au médecin d'accomplir son devoir professionnel, qui lui dit : « Guérir le plus souvent, toujours soulager. *

CINQUIÈME LEÇON

Sommaire. — Difficulté du sujet, — Délimitation vague de l'hystérie. — Comprend un grand nombre de maladies du système nerveux. — Impossible de baser un résultat thérapeutique certain dans les cas d'hystérie.

— Traitement général de l'hystérie. — Traitement hygiénique. — De l'éducation. — Son rôle prophylactique. — Influence de l'utérus dans l'hystérie. — De la continence. — Du mariage. — Influence du mari. — Genre de vie. — Influence des chagrins. — Des excitations. — De l'alimentation — Traitement médical proprement dit. — Antispasmodique.

— Valériane. — Castoréum. — Asa fœtida. — Des bromures. — Des bains. — De l'hydrothérapie. — Moyen de l'appliquer. — Des eaux thermales. — Electricité. — Influence de l'électricité statique. — Courants continus. — Métalloscopie et métallothérapie. — Historique. — Du burquisme. — Des corps esthésiogênes. — Résultats de la métallothérapie.

— Ses modes d'application. — Métallothérapie externe. — Métallothérapie interne. — Traitement de l'attaque d'hystérie. — Eau froide. — Compression de l'ovaire. — Compression mécanique. — Electricité. — Courants continus. — Interversion des courants. — Inhalations médicamenteuses.

— Ni tri te d'amyle. — Traitement de certains symptômes de l'hystérie. — Paralysie. — Contractures. — Anesthésie. — Amaurose. — Hystérie gastrique. — Anorexie. — Vomissements. — Anurie. — Electricité. — Pulvérisation d'éther. — Gavage. — Conclusions.

En abordant devant vous, messieurs, le traitement de umii*ê l'hystérie, je ne me dissimule pas la difficulté de ma tâche. à\é1^! L'hystérie embrasse un très grand nombre d'affections du système nerveux, depuis les simples vapeurs, comme on le disait autrefois, jusqu'à cette hystéro-épilepsie que Charcot a décrite sous le nom de grande hystérie (1). Si le doit) Comme le démontrent les ob- fluenccs diverses. Elle reconnaît deux servations de Briquet, l'hystérie peut formes : la forme convulsive (petite survenir dés l'enfance, être hérédi- hystérie et grande hystérie) et la taire ou acquise, ou bien se montrer forme non convulsive. à un âge plus avancé, sous des in- L'hystérie convulsive procède par

Ui LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

maine de cette névrose est immense, ses limites sont loin d'être précises, et bien osé celui qui voudrait dans certains cas séparer le nervosisme, Thypochondrie, l'épilepsie,

accès ou attaques, précédés de prodromes plus ou moins éloignés(depuis un ou plusieurs jours, jusqu'à quelques minutes ou quelques heures) consistant en troubles psychiques, troubles des fonctions organiques, troubles de la motilité et troubles de la sensibilité.

Les troubles psychiques surviennent parfois plusieurs jours avant l'attaque, c'est un changement dans le caractère et le moral; la malade ne s'occupe plus de ses affaires, néglige complètement les soins de sa toilette, devient triste, morose, ou d'une gaieté folle, s'inquiète de tout, a des accès de jalousie, de haine, recherche le bruit et querelle à tout propos, etc.

Fréquemment, aussi, il y a des hallucinations le jour, mais plus accentuées encore la nuit. Ces hallucinations, qui se montrent toujours du côté anesthésié (Charcot), consistent en visions de chats noirs, rats gris, araignées, vipères, etc., et ces animaux courent de gauche à droite et de droite à gauche suivant que l'anesthésie siège à gauche ou à droite. 11 en est de même pour les hallucinations de l'ouïe, moins communes cependant que celles de la vision ; il y a des sifflements d'oreille, des bruits, des sons de cloche qui s'étendent du côté anesthésié, quelquefois l'hallucination de la vue est le prélude de l'attaque, la malade a les yeux fixes, grands ouverts, regardant dans le vide, puis l'accès éclate. Les troubles des fonctions organiques consistent en troubles digestifs, secrétaires, respiratoires, circulatoires; inappétence, vomissements, ou état nauséeux, ptyalisme, troubles laryn-

gés, toux laryngée (Prony), battements, spasme de la gorge, suffocation hystérique, hoquet, rires, palpitations cardiaques.

Parmi les troubles de la motilité, on constate une amyosthésie plus forte que d'habitude, des crampes douloureuses, du tremblement ou des secousses partielles (attaquant surtout le côté anesthésié) ou générales. Ces commotions épileptoldes ne précèdent parfois l'attaque que de quelques minutes. Outre les convulsions on observe aussi des contractures débutant brusquement et occupant d'abord un membre avant de de venir générales et d'immobiliser les malades dans telle ou telle attitude.

Les troubles de la sensibilité consistent en une anesthésié partielle (hémianesthésie) ou totale et devenant plus accusée si elle existait déjà. Certaines malades présentent au contraire de l'hyperesthésie, che* d'autres la sensibilité sensorielle est affectée en même temps (amblyopie, surdité, etc.).

Tels sont les prodromes éloignés de l'attaque, voyons maintenant les plus rapprochés, les phénomènes douloureux, ceux qui constituent l'aura hysterica. Vaura peut avoir un siège différent, à partir de l'hypogastre ou de l'abdomen (Pujol), des muscles droits de l'abdomen (cœlialgie) ou du creux épigastrique (Briquet), de l'ovaire (Schûtzen berger, Piorry, Wegner), ou bien encore d'autres points ou zones hystérogènes variables selon les malades.

Ces zones existent sur tous les points du corps, zones sus et sousmammaires, zones costales, iliaques

la folie mêmede l'hystérie. Aussi, comme Ta fort judicieusement dit Lasègue, ne peut-on pas aujourd'hui, et ne pourra-t-on jamais peut-être donner de définition exacte de

et ovariennes, zones dorsales supérieures et inférieures, etc. Le point le plus fréquemment observé est le point ovarien. Une compression sur un de ces points peut provoquer l'attaque, quand les convulsions n'existent pas, mais elle peut aussi l'arrêter quand elle existe déjà, à condition que la compression soit plus forte.

L'aura est spontanée ou provoquée:

si l'on comprime le point ovarien, par exemple, la malade accuse une douleur parfois assez vive, des irradiations se font vers l'épigastre, avec constriction pénible, nausées et parfois vomissements (premier nœud de l'aura); puis, si la pression continue, palpitations cardiaques, apparition du g lob us hystericus (deuxième nœud de l'aura) ; sensation d'une boule qui, partant de l'abdomen monterait dans le thorax et gagnerait le larynx. Viennentensuite des troubles céphaliques:

sifflements dans les oreilles, sensation de martèlement de la région temporale et obnubilation de la vue, sensations qui se font ressentir du côté droit ou du côté gauche, selon que l'ovaire droit ou le gauche sont comprimés. Les malades deviennent inconscientes (troisième nœud de l'aura) et l'attaque convulsive éclate : la malade tombe, mais ne pousse pas on cri unique comme l'épileptique :

elle a la face congestionnée, porte les mains à son cou comme pour arracher un lien qui l'étoufTe, laisse échapper quelques sanglots, puis le hoquet et les convulsions apparaissent. Dans quelques cas, cependant, l'attaque est subite, et la perte de connaissance instantanée.

Charcot admet quatre périodes

CL! XI QUE THÊRAt*., 6* édit.

dans l'attaque ; période épileptoïde, période de clownisme, période des attitudes passionnelles et période de délire. La première période, ou épileptoïde, ressemble beaucoup à une attaque d'épilepsie avec convulsions toniques, convulsions clowniques, et résolution. La phase tonique peut se subdiviser (Richer) en tonique avec mouvements à grands rayons ou convulsions toniques, et en tonique avec immobilité tétanique ou tétanisme.

Les mouvements, dans la première phase, ressemblent beaucoup à ceux observés dans l'épilepsie partielle dite épilepsie partielle tonique {Richer); ils sont lents, étendus, généralisés ordinairement, mais avec prédominance d'un côté ; ce sont des mouvement de circumduction. Avec les membres supérieurs s'agitent aussi les membres inférieurs, et le tronc ne reste pas inerte; il se tourne de côté, se fléchit ou s'étend, le bassin exécute des mouvements de torsion ou d'avant eu arrière, la tête va de droite à gauche ou fait des mouvements de salutation plus ou moins violents.

A cette période succède la phase tonique avec immobilisation: les muscles sont comme tétanisés, la malade reste immobile ; la tête est renversée en arriére ; le cou saillant, gonflé ; la face cyanosée, bouffie. Les membres supérieurs sont immobilisés dans différentes positions, les mains crispées, le pouce contre la paume de la main recouvert par les autres doigts, les jambes étendues fortement pressées l'une contre l'autre. Le corps entier enfin est immobilisé dans diverses attitudes souvent bizarres : arc de m. — 10

l'hystérie ; on peut seulement affirmer que, par ses manifestations étranges, l'hystérie a supprimé le mot impossible de la pathologie. Gilles de la Tourelte et Cathelineau ont institué quelques recherches dans le but de savoir si la nutrition est

cercle, boule, etc. La malade a complètement perdu connaissance et il y a spasme de la respiration.

Mais bientôt (phase clownique) surviennent de brèves et rapides oscillations dans les membres tétanisés, elles se succèdent rapidement, se généralisent, la (étanisation cesse peu à peu, la respiration reprend; aune inspiration sifflante succède une expiration saccadée, puis arrive la résolution musculaire, parfois cependant incomplète et interrompue par de rapides soubresauts qui font prendre aux malades des positions étranges. La respiration devenue plus régulière reste bruyante, il y a une période de stertor.

Après la période épileptoïde, dont la durée est variable et dont une des phases peut être modifiée, prolongée au détriment de l'autre, ou même manquer, apparaît la période des contorsions et des grands mouvements.Dans la période des contorsions (clownisme), les malades prennent les attitudes les plus diverses, les plus invraisemblables; la plus commune cependant est l'attitude en arc de cercle, soit en avant, soit en arrière, soit sur le côté comme dans l'opisthotonos, l'emprosthotonos et le pleurosthotonos. Dans la phase des grands mouvements, le corps exécute des mouvements très étendus, ou bien les malades sont pris d'une sorte de rage, frappent, arrachent tout ce qui est à leur portée. Puis arrive la période des attitudes passionnelles ou des poses plastiques.

La malade est en proie a des hallucinations, et sa figure, ses poses plastiques reflètent les pensées qui

l'agitent tour à tour. Pendant cette période, la malade est tout à fait insensible aux excitations extérieures.

Dans la quatrième période, période de délire, qui succède à la troisième, avec laquelle elle se confond souvent, la connaissance est revenue en partie, la malade restant en proie a un délire entrecoupé d'hallucinations et accompagné parfois de troubles des mouvements. Le délire est souvent un délire de mémoire et les hystériques racontent une phase de leur vie; dans leur hallucination elles entendent des voix, des cloches, voient des animaux, etc.

Les troubles du mouvement consistent en une contracture générale ou partielle, persistent quelquefois après l'attaque (crampes, hoquet, secousses dans les membres et dans le ventre, etc.). Enfin l'attaque se termine souvent par une émission abondante de larmes, d'urines claires, ou de mucus vaginal.

Telle est la grande attaque d'hystéro-épilepsie ; le plus souvent elle ne reste pas isolée, elle se répète plusieurs fois de suite, les attaques s'imbriquent, pour ainsi dire, sans que la malade reprenne connaissance, ou bien elles sont séparées par un intervalle lucide plus ou moins long.

Les accès peuvent être très nombreux (jusqu'à 100 par jour) et se renouveler le lendemain et les jours suivants. Les attaques d'une même série ne présentent pas, du reste, une durée toujours égale, et l'intensité varie dans l'accès lui-même comme l'attaque elle-même peut être incomplète.

L'attaque de petite hystérie est une

TRAITEMENT DE L'HYSTÉIUE. U7

réellement modifiée chez les hystériques, surtout chez celles qui ne s'alimentent pas. Ils ont pris pour base de ces recherches l'examen de la sécrétion urinaire et sont arrivés à cette conclusion que l'hystérique présente une nutrition normale, en dehors des manifestations pathologiques de la névrose, et qu'elle ne constitue pas un être à part.

Mais, avant d'entrer dans le cœur môme de la question, Difficulté je vous dois une déclaration de principe : c'est qu'au point ^^ de vue de son traitement, l'hystérie échappe par sa nature chc* ,e8 même à toute donnée thérapeutique positive et scientifique, nques. et ceci résulte de deux causes : d'abord du rôle prépondérant que joue l'imagination dans cette déséquilibration des fonctions du système nerveux, qui fait que là où le médecin instruit, consciencieux, patient, dévoué aura échoué, le charlatan le plus éhonté réussira facilement; l'hystérie est, en effet, le terrain des miracles et des surprises. De plus, l'hystérique présente une disposition à tromper son entourage, disposition que Daily a caractérisée du nom de délire malicieux (1).

atténuation de la grande, presque des mouvements de latéralité, de pro-

toujours elle est annoncée aussi par pulsion en avant. Souvent il y a du

des prodromes : palpitations, bâille- grincement de dents; puis, au milieu

monts, lassitude, malaise, pleurs, des sanglots, le hoquet et les con-

rires sans motif plausible, sensation vulsions apparaissent,

douloureuse au niveau de l'ovaire, Dans la grande hystérie, d'après

boule remontant dans la poitrine, Charcot et Féré, au début la pupille

gagnant le cou (boule hystérique), est resserrée et contractée pendant

sifflement d'oreille, puis la malade toute la période tonique, se dilate

tombe en poussant des vociférations. pendant les grands mouvements, et

Sa tête se renverse en arrière, se pendant la phase des attitudes pas-

rairiit ; la face, pâle d'abord, devient sionnelles et du délire, elle est alter-

congestionnée ; les yeux roulent dans nativement dilatée et resserrée. La

l'orbite; la pupille dilatée, et parfois compression de l'ovaire modifie les

aussi contractée, se cache sous la dimensions de la pupille, comme elle

paupirre supérieure. La bouche s'ou- modifie la marche des attaques (a).

vrc toute grande, la langne exécute (i) A côté des troubles sensitifs ou

(a) Landouzy, Traité complet de l'hystérie. Paris, 1816. — Briquet, Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1869. — Rcrnutz, Leçons cliniques sur

État montai des hystériques.

Cet état mental des hystériques, auquel Huchard attache une si grande importance, fait que nous voyons des femmes intelligentes, mais hystériques, supporter de véritables tortures pour maintenir un état maladif que leur volonté seule a créé. Il en découle que tout résultat thérapeutique qui

moteurs, à côté ■ des phénomènes convulsifs observés dans l'hystérie, il est intéressant de rechercher quels sont les troubles qui, sous l'influence de la névrose, surviennent dans le caractère, le moral et l'intelligence des hystériques.

Un des traits dominants du caractère de ces malades, c'est la mobilité.

On les voit passer d'un mouvement à l'autre, de la joie la plus vive à la tristesse la plus grande ; elles rient, pleurent et sanglotent facilement et souvent sans motif plausible.

Elles causent avec volubilité et d'une façon fort imagée, ou restent dans le mutisme le plus absolu comme mortes; gaies aujourd'hui, elles sont demain sombres, taciturnes, comme renfoncées en elles-mêmes; aimantes et douces, elles deviennent subitement hargneuses et colères; elles détestent, haïssent ce qu'elles adoraient il n'y a qu'un instant, pour ainsi dire.

Elles cherchent même tout ce qui peut nuire à l'objet de leur haine, au besoin elles inventent des histoires, dénaturent des faits qu'elles présentent sous un jour odieux. C'est là souvent l'histoire de bien des ménages, qui paraissent tout d'abord très unis, et deviennent un enfer quand la femme est hystérique.

Les hystériques présentent, en un mot, un défaut de l'équilibre mental, qui fait qu'insensibles devant un malheur véritable, devant un désastre, elles s'affolent, au contraire, pour une niaiserie ; qui fait aussi qu'elles ne peuvent ou ne savent souvent résister à l'impression du moment.

Lorsqu'elles sont réunies plusieurs ensemble, dans un service d'hôpital, par exemple, on les voit se rechercher, se faire des confidences, pour fomenter de petites révoltes et se dénoncer Tune l'autre; leur coquetterie, leur indiscipline, leurs récriminations sans fin, troublent tout le service.

Elles cherchent à forcer l'attention et souvent mentent sans motif, pour mentir ; elles ne sont nullement atteintes; elles vont même jusqu'à jouer la comédie du suicide, annoncent que tel jour et à telle heure elles se tueront, ce qu'elles se gardent bien de faire, du reste. En un mot, elles cherchent à se rendre intéressantes et mettent leur vanité, leur orgueil ï faire croire à des affections extraordinaires. L'une dit qu'elle ne mange jamais, refuse tous les aliments qu'on lui présente, et en cachette, la nuit, avec une adresse inouïe, elle avale du pain ou des aliments qu'elle tient cachés; l'autre, devant le médecin,

l'hystérie {Gai. des hop., p. 3, 1874, et art. Hystérie du Dict. encyclopédique). — Richcr, Etudes cliniques sur l'hystéro-épilepsie, 1 vol. de 764 pages. Paris, 1881. — Charcot, Description de la grande attaque hystérique (Progrès méd., 1879, p. 17). — Ch. Féré, Notes pour servir à l'histoire de l'hystéro-épilepsie (Arch. de neurologie. Paris, 1882, p. 160). — Huchard, Traité des névroses. Paris, 1883, p. 919).

n'aura pour base que des applications sur des hystériques sera par cela même entaché d'erreur, et que Ton ne peut jamais affirmer que tel médicament ou telle médication donnera des résultats identiques dans les autres cas d'hystérie. En un mot, dans cette névrose, tout peut échouer et tout peut réussir.

Une fois ces réserves posées, et je tenais à les faire, j'aborde maintenant le traitement de l'hystérie, qui comprendra trois parties : traitement général de l'hystérie, traitement des attaques, et enfin traitement de certains symptômes hystériques.

Le traitement général de l'hystérie se subdivise lui-même en Tw|-

, . . . . #1.1 tement

traitement hygiénique et en traitement médical proprement générai dit. Commençons par le traitement hygiénique. Je donne la del^,t6~ première place dans le traitement hygiénique à l'éducation, parce qu'elle joue un rôle prophylactique considérable. Nous t«u pouvons le plus souvent, en effet, prévoir le développement unique.

vomit de l'urine qu'elle a bue en ca- sont pleines de ces faits monstrueux, chette, etc., etc. Arrivées à ce point, en proie à des Eprises de l'extraordinaire et du idées fixes, qui constituent, suivant merveilleux, elles se posent souvent Esquirol, une catalepsie de l'intellien victimes ou en héroïnes, inventent gence, ces malheureuses n'ont plus des histoires dans lesquelles elles l'entière responsabilité de leurs actes; jouent un rôle extraordinaire ; elles elles agissent sous une impulsion à s'accusent de crimes imaginaires, ou laquelle elles ne peuvent plus résisbien elles simulent des blessures, et ter, et tous les raisonnements, toutes vont jusqu'à accuser, avec une téna- les prières échouent devant leur aveucité invincible, des innocents de glement. Elles sont aliénées : Tune s'être rendus coupables de faits qui soutiendra qu'il lui manque un visn'existent que dans leur imagination cère, l'estomac par exemple, et elle et qu'elles soutiennent jusqu'au bout, ne mangera plus, se laissera mourir jusqu'à faire condamner leurs vie- de faim ; l'autre se croira en verre et limes. Les annales de la criminalité n'osera plus bouger, etc., etc. (a).

(a) Bodeau, Etude sur la folie hystérique. Thèse de Bordeaux, 1881. — Voisin, De la folie hystérique (Leçons de clinique médicale, 1880, p. 122). — Duponchel, De la folie hystérique. Thèse de Paris, 1875. — Huchard, Caractère, mœurs, étal mental des hystériques {Arch. de neurologie, mars 1882). — Daily, De l'état malicieux des hystériques (Bull, et mém. de la Soc. de thérap., 1881).

cation.

de cette névrose, car elle est héréditaire et une mère hystérique a de grandes chances de voir ses enfants névropathes ou hystériques eux-mêmes.

De rédu. Je crois que l'éducation des enfants, lorsqu'ils ont atteint l'âge de huit à dix ans, ne doit pas être laissée à la mère; il faut éloigner l'enfant, et en particulier la jeune fille, des soins affectueux, trop vifs et mal réglés dont on l'entoure, et du spectacle des troubles nerveux maternels ; il faut, en un mot, éviter tout ce qui peut provoquer l'imitation, qui joue un rôle considérable dans l'hystérie.

On devra placer l'enfant dans des pensionnats situés, autant que possible, loin de nos grandes villes; je dis pensionnats, car l'isolement est une chose nuisible dans l'hystérie, et l'éducation en commun, malgré ses grands inconvénients, présente encore dans ce cas des avantages sérieux. Vous éviterez à l'enfant, et je parle ici presque exclusivement des jeunes filles, qui sont beaucoup plus prédisposées à l'hystérie que les jeunes gens, tout ce qui peut exciter trop vivement l'imagination, les lectures de certains contes de fée ou de certains romans. Vous défendrez, si la chose est possible, l'étude du piano et surtout de l'orgue; j'ai vu, pour ma part, plusieurs hystériques qui trouvaient dans le jeu de l'orgue une excitation de leurs symptômes nerveux, et ceci résultait non seulement de l'harmonie pénétrante des sons de l'orgue, mais aussi des mouvements des membres inférieurs, qui font mouvoir les pédales de l'instrument.

Vous permettrez, au contraire, les exercices du corps, l'équitation, la gymnastique, la natation, et vous donnerez à la jeune fille une éducation forte, virile et sévère. A propos de ce mot sévère, il ne faut pas passer à un autre extrême et exagérer les sentiments religieux chez ces jeunes filles, car on développe rapidement chez elles un état de mysticisme religieux et d'extase, symptômes tout aussi dangereux

THA1TEMENT DE L'HYSTÊIUE. 151

que les autres manifestations de cette névrose proléique.

C'est généralement à l'époque de la puberté chez les jeunes filles et à l'apparition des règles que se produisent ces premières manifestations de l'hystérie (1). Quoique la vieille doctrine qui voulait placer dans la matrice elle-même le point de départ exclusif de l'hystérie et qui lui a donné son nom soit aujourd'hui abandonnée puisque nous observons des hommes hystériques et que même chez la femme cette névrose peut se développer en dehors de la vie utérine, il n'en est pas moins vrai que l'utérus joue dans cette névrose un rôle prépondérant.

Michelet a donné dans un de ses ouvrages la définition ««»«» suivante : « La femme est une matrice servie par des or- rménu. ganes. * Cette définition s'applique surtout à la femme hystérique, et l'on peut établir, comme une loi immuable, que dans l'hystérie c'est pendant la période menstruelle que se développent le plus vivement les symptômes nerveux; c'est donc à cette période que vous devez redoubler d'attention, et votre traitement doit toujours suivre ces périodes menstruelles. Cette question du rôle de l'utérus m'amène à vous parler d'un autre point du traitement hygiénique de l'hystérie auquel on a attaché une grande importance, je veux parler de la continence et du mariage, et je vous demande

(1) Briquet a montré que la mens- temps plus ou moins long quand les

truation, à l'état physiologique, est premiers accidents sont apparus;

une cause de l'hystérie beaucoup 3° chez 155 femmes, c'est-à-dire les

moins puissante qu'on ne le pensait; trois huitièmes, la menstruation était

sur 392 hystériques il a constaté que : régulière et sans douleur au moment

1* chez 102, c'est-à-dire le quart, la où l'hystérie s'est développée; 4° chez

maladie avait apparu avant que la six femmes enfin, les accidents hysté-

menstruation fût établie; 2° chez 128, riques ont apparu une ou plusieurs

c'est-à-dire un peu plus du quart, la années après la ménopause (a). menstruation se faisait mal depuis un

(«) Briquet, Traité de VhytUrie, p. 144.

tinencc.

i£2 LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

toute votre attention pour me suivre dans les détails dans lesquels je vais entrer.

Deiacon- Platon a comparé, il y a bien longtemps, la matrice à un animal qui n'a qu'un but, celui de concevoir, et qui se met en fureur dès que ces fonctions ne sont pas remplies; de là cette doctrine qui veut que la continence soit une cause de l'hystérie et que les rapports sexuels soient nécessaires pour saguérison. Cette doctrine est tellement populaire, qu'on ne peut prononcer le mot hystérie dans une famille, sans qu'immédiatement la pensée de cette continence vienne à l'idée des personnes qui entourent la malade, et dans certaines circonstances, ce mot même est une insulte. Aussi je vous conseille de ne jamais vous servir de ce mot dans votre clientèle, surtout devant la famille; dites que la malade £st névropathe, qu'elle est atteinte de nervosisme, employez toutes les circonlocutions applicables en pareil cas, mais ne prononcez jamais ce mot d'hystérie.

Cette opinion populaire est basée, il faut le reconnaître, sur des affirmations médicales, et jusque dans ces derniers temps, la plupart des médecins qui ont écrit sur l'hystérie (1 ) , et leur nombre est considérable, ont soutenu l'influence de

(1) L'antiquité, admettant que doctrines d'Hippocrate et celles de

l'hystérie n'était que la suite des fu- Galien. Ce n'est que lorsqu'on dé-

reurs de l'utérus, considérait comme couvrit que l'ovaire sécrétait des

démontrée l'influence de la conti- ovules et non pas une liqueur sémi-

nence sur cette névrose; Hippocrate nale, que l'on commença à avoir des

et Galien admettaient, sans conteste, doutes sur la doctrine gale nique, et

cette manière de voir; ils soutenaient ce fut Dubois (d'Amiens) qui, à notre

que la matière séminale devait, époque, s'éleva l'un des premiers

comme les autres matières excrémen- contre cette influence de la continence

titielles, avoir un écoulement facile» dans l'hystérie, opinion qui était sou-

et lorsque cette matière séminale, tenue alors par Georget, Brachet,

qui était de sa nature froide et Sondras, Giraud, Lélut, Gendrin, et

aqueuse, était accumulée dans l'éco- surtout par Landouzy.

nomie, elle produisait la syncope et Mais c'est Briquet qui a fait le plai-

les autres accidents hystériques. doyerle plus sérieux pour démontrer

Longtemps on s'en rapporta à la que la continence jouait un rôle se-

parole du maître et l'on adopta les condaire dans l'hystérie; il a basé

TRAITEMENT DE J/HYSTÉR1E. 153

la continence sur le développement de cette névrose. C'est Briquet qui, le premier, a eu le courage de s'élever contre cette manière de voir et les arguments qu'il a fait valoir ont, à mon avis, une haute portée. Il a montré que, lorsque Ton prend deux classes de femme qui, au point de vue des rapports sexuels, mènent la vie la plus opposée, les religieuses d'une part, où la continence est la règle, et de l'autre les Allés publiques, où l'incontinence est professionnelle, il a montré, dis-je, que l'hystérie est beaucoup plus fréquente chez les secondes que chez les premières.

D'ailleurs, ne voyons-nous pas dans nos services hospitaliers que la plupart de nos hystériques sont des femmes

son dire sur quatre cent trente cas qu'il a observés, et voici à quelle conclusion il arrive :

1* Que les femmes veuves ne sont pas plus exposées que les autres femmes à l'hystérie ; cette affection résulte bien plus souvent des affections morales auxquelles elles ont été soumises, que de toute autre cause;

â* Que, contrairement aux assertions des auteurs, l'hystérie est 1res rare au delà de l'âge de trente ans, et très commune avant cet âge;

3* Que l'hystérie paraît chez un cinquième des hystériques avant l'âge de la puberté, et qu'alors elle ne peut avoir aucun rapport avec la continence;

4* Que cette maladie est moins commune chez les femmes mariées que chez les ûlles, seulement dans la proportion de 7 à 9 ;

5* Qu'elle n'est pas plus commune chez les personnes qui pourtant vivent dans la continence, que chez les autres ; qu'elle est peut-être, au contraire, très fréquente chez

celles qui n'y vivent pas du tout ;

6° Que la satisfaction des besoins sexuels ne met nullement à l'abri de l'hystérie;

1° Qu'il est faux que les attaques d'hystérie se terminent fréquemment par l'évacuation d'un liquide provenant des organes génitaux;

8° Qu'il n'est pas vrai que, dès que les organes génitaux sont arrivés à leur développement complet, il est nécessaire que leurs fonctions soient mises en exercice sous peine d'hystérie;

9° Qu'il est possible que, dans quelques circonstances assez mal limitées, les besoins génitaux, naturellement ou artificiellement excités, et n'ayant pas une satisfaction suffisante, soient une cause d'excitation pénible de l'encéphale, de laquelle pourraient naître des dispositions à l'hystérie; mais quejusqu'àprésent, cette prédisposition doit être admise comme résultat d'induction, plutôt que comme une conséquence directe de l'observation (a).

(«) Briquet, Traité de l'hyêtërie, p. 126.

rnarUgo.

pour qui la continence n'est qu'un vain mot et qui ont une satisfaction plus que suffisante de leurs besoins sexuels. Je partage donc à cet égard absolument l'opinion de Briquet et je crois que, si la continence peut avoir une certaine influence sur l'hystérie, influence nullement démontrée scientifiquement, les excitations génitales sont tout aussi nuisibles.

du Les familles vous interrogeront souvent pour savoir s'il

est nécessaire de marier les jeunes filles hystériques ; votre rôle, messieurs, est ici tout tracé ; vous devez rester neutres dans cette question et ne pas affirmer, comme on le fait souvent, que le mariage peut guérir l'hystérie. Conseiller le mariage en pareil cas est une responsabilité que le médecin ne doit pas prendre, d'abord parce qu'il n'est pas démontré que le mariage améliore la position de l'hystérique (4), et ensuite parce que, pour amener un soulagement problématique, on condamne souvent un homme à une vie de chagrin et de malheur.

(1) Les idées hippocratiques sur la caractéristiques et furent soutenues

continence avaient une conséquence en 1560 et 1594 par Taaret et Daguet,

pratique : c'était que le mariage était et avaient pour titre : An Venus hys-

curateur dans l'hystérie, et cette doc- tericis t Landouzy, à notre époque,

trine pouvait se résumer par les mots: a soutenu que, le mariage étant

fœmina hysterica eget viriy ergo vir l'union physique et morale des êtres

prœbendus est. Valescus (de Tarente) selon le vœu de la nature, c'est l'un

est du même avis. Forestus affirme des plus puissants moyens de con-

qu'il faut marier les hystériques, sans servation et de guéri son de l'hystérie,

quoi elles s'échauffent sous l'accu- Briquet s'est élevé contre cette ma-

mulation du sperme. nière de voir, et a montré que le ma-

Sennert, Baillou, Duret, Rivière, riage modifiait peu l'hystérie; il a

renchérissent encore sur la question cité des femmes hystériques ayant eu

galénique. Bouvard Antoine, dans sa 22 accouchements et avortements. 11

thèse soutenue en 1612, ajoute même a montré que, dans 98 cas, cinquante

qu'il faut, pour que le mariage réus- fois le mariage a été nuisible, trente

sisse, qu'il ait lieu cum viro succu- et une fois sans influence et dix-sept

lento. Ces thèses, d'ailleurs, étaient fois les malades ontété améliorées (a).

(a) Briquet, Traité de rhij8lériey p. 4CI.

Il y aurait un curieux chapitre de pathologie et de philo- d« rôio sophie à écrire sur le rôle du mari dans l'hystérie. Le plus dan»™?*-. souvent ce rôle est des plus douloureux ; qu'il soit beau l6ric" comme l'Antinous, qu'il soit puissant comme Hercule, qu'il soit séduisant comme l'Amour, fils de Vénus, le mari d'une hystérique devant l'humeur changeante et capricieuse de sa femme, ne jouera qu'un rôle secondaire, et celle-ci, entraînée par les écarts de son imagination, impuissante à maîtriser les manifestations cérébrales que développe la névrose dont elle est atteinte, sera capable d'accomplir les actes Ips plus répréhensibles et les plus coupables sans en avoir presque conscience.

Dans d'autres cas, il faut bien le reconnaître, le mari favorise le développement de l'hystérie chez la femme par l'attention incessante qu'il apporte aux moindres manifestations qu'éprouve la malade; par les petits soins dont il l'entoure, par l'affection inquiète, exagérée, qu'il lui porte, il permet à l'hystérique de voir ses manifestations nerveuses augmenter de jour en jour. Souvent même, entraîné par le spectacle incessant de ces phénomènes nerveux, il y participe à son tour et devient névropathe par imitation. On voit alors le spectacle étrange de ces couples névropathes, le plus souvent sans enfants, où chacun, par son action mutuelle, augmente progressivemeut l'intensité des phénomènes nerveux qu'ils éprouvent, phénomènes que l'on voit disparaître lorsque l'on vient à séparer brusquement les deux époux.

Par bonheur, il n'en est pas toujours ainsi, et souvent le mari, par son sang-froid, sa sagesse, son influence morale, imprime, au contraire, à la femme une direction sage et dominante, qui atténue et modère les phénomènes nerveux.

On peut donc dire que le mariage est une cause d'amélioration chez l'hystérique lorsqu'il amène avec lui le bonheur

et le calme (1). Malheureusement, dans les conditions les plus heureuses de fortune et de situation, au milieu du bonheur le plus complet et d'une vie calme et paisible, qui devrait être sans nuage, par la déséquilibralion de son système nerveux, l'hystérique se crée des tristesses imaginaires, des craintes injustifiées qui sont pour elle une cause incessante de malheurs et de chagrins.

hes Pro- u n'est pas de genre de vie qui puisse mettre à l'abri de

ferions. , . r ° , ,

1 hystérie, et nous trouvons cette névrose répandue dans toutes les classes de la population ; l'ouvrière comme la bourgeoise sont atteinte^ par l'hystérie, et dans notre clientèle privée comme dans notre pratique hospitalière nous trouvons un nombre considérable d'hystériques.

Les campagnes fournissent aussi leur contingent à celte névrose. On a soutenu que la vie des champs préservait de l'hystérie; c'est là une profonde erreur, et nous trouvons les exemples les plus curieux et les plus rebelles de l'hystérie dans nos villages et dans nos campagnes. C'est qu'en dehors de l'hérédité, les chagrins sont une cause occasionnelle de la manifestation des troubles nerveux, et que ces chagrins peuvent nous atteindre, quelque rang que nous occupions, quelque fonction que nous remplissions.

Aujourd'hui, grâce aux travaux de la Salpêtrière, grâce

(1) Bernutz pense que le mariage anormal, est, par les préoccupations

peut, dans certains cas, être utile, de toute espèce qu'il fait naître chez

lorsque l'hystérie n'est pas poussée les jeunes filles des classes aisées et

à un trop haut degré; il fait obser- moyennes, une cause d'hystérie aussi

ver, à l'appui de son opinion : active que l'inconduite ;

1* Que le mariage précoce empê- 3° Enfin que souvent le mariage est

cherait un grand nombre de jeunes la seule façon de changer les condi-

filles appartenant aux classes infé- tions de vie pour beaucoup déjeunes

Heures de la société de se jeter dans filles dont l'hystérie est entretenue

les liaisons illicites; par l'influence fâcheuse de la famille

2° Que le célibat, qui est un état qui les entoure (a).

(a) Bernutz, art. Hystérie, in Nouv. Dict. de mid. et de chir.t t XVIII, 1873.

surtout à l'attention que nous mettons à ces recherches, nous trouvons un grand nombre d'hommes hystériques, et cela même dans nos services hospitaliers. Ces malades présentent un ensemble symptomatique absolument identique à celui des femmes hystériques, y compris le point ovarique, ce qui montre combien était erronée l'opinion de ceux qui voulaient localiser dans l'utérus et dans ses annexes l'origine de cette névrose.

Comme cause occasionnelle ou aggravante de l'hystérie, nous pouvons citer à ce propos deux genres de vie absolument opposés : ce sont d'une part la vie trop mondaine avec tous ses plaisirs et toutes ses fatigues, et d'autre part l'isolement trop complet avec l'ennui et la solitude qui l'accompagnent. Dans le premier cas, c'est l'excitation du système nerveux qui amène des troubles hystériques ; dans le second, c'est la tristesse qui pousse la malade à étudier chaque phénomène morbide qu'elle présente et à se complaire à cette étude. Il faut donc que vous cherchiez des distractions pour les hystériques, mais il faut que ces distractions ne dépassent pas certaines limites.

Quant à l'alimentation, elle ne doit pas être pour les Deiaitnévropathes une cause d'excitation, et je vous recommande surtout de défendre l'usage de certaines boissons, comme le thé et certains alcools. Je crois, en effet, que l'abus du thé est une cause occasionnelle de l'hystérie, surtout lorsqu'on n'y est pas habitué, et j'ai vu, pour ma part, certaines femmes nerveuses qui ont été améliorées en supprimant l'usage de cette boisson. Je parle, bien entendu, de ce qui se passe dans notre climat; car je comprends qu'en Angleterre et en Russie, dans ces pays froids et humides, le thé, boisson reconstituante, puisse être pris sans inconvénients.

Parmi les vins, je citerai surtout ces vins blancs capiteux et pétillants, comme le Champagne, qu'il faut proscrire

monta lion.

du régime des hystériques, ainsi que certaines liqueurs et en particulier l'absinthe. Laacereaux nous a montré, en effet, que chez les alcooliques, et en particulier, chez les absinthiques, il existait des troubles de la sensibilité assez semblables à ceux de l'hystérie, et il est possible que la plupart des hommes atteints de névropathie hystériforme ne soient que des alcooliques et en particulier des absinthiques.

On décrit môme aujourd'hui des hystéries toxiques à la tôte desquelles se placerait l'hystérie alcoolique. Cette question des hystéries toxiques a fait un pas considérable depuis les travaux récents. Lctulle Ta étudiée avec soin et a montré que certaines paralysies dites saturnines étaient en réalité des manifestations d'un état hystérique méconnu. Depuis que l'attention a été attirée sur ce sujet, les faits se sont multipliés, donnant raison à l'interprétation de Letulle. Il est probable que bon nombre des paralysies dites toxiques (saturnine, mercurielle) se rapportent à, la môme origine. Tnl- J'aborde maintenant le traitement médical proprement

totnent . .

médical, dit de l'hystérie. Ce traitement comprendra trois parties : le traitement pharmaceutique, le traitement balnéothérapique et le traitement électrique.

Trai- Le traitement thérapeutique consistait autrefois dans l'application de cette classe de médicaments que l'on décrivait sous le nom d'antispasmodiques, et c'est ici que l'on donnait surtout la valériane, le musc, le castoréum, le galbanum, l'asa fœtida (1), etc., etc. La plupart de ces médi-

(1) L'asa fœtida est une gomme- et une résine. L'huile essentielle résine qui est produite par plusieurs fournirait, par la distillation sèche, plantes de la famille des Ombellifères, de la résorcine. Cet asa fœtida est et en particulier le Scorodoma /Vr- consommé en Perse comme un contient. Cette gomme-résine nous diment, et on lui donne alors le nom vient surtout de l'Afghanistan; Fana- démets des dieux, tandis que les lyse chimique permet d'y reconnaître Allemands lui donnent le nom de une huile volatile qui donnerait, par stercus diabolicus. Celte plante ne la distillation, une huile essentielle jouirait pas d'action physiologique

temeot pharmaceutique.

spasmodiquci.

calions sont aujourd'hui à peu près oubliés, el cela pour De. ami bien des raisons : d'abord, parce que leurs effets antispasmodiques sont loin d'être démontrés ; puis surtout, parce qu'ifs ont fait place à une médication beaucoup plus active, celle par les bromures. Je n'insisterai donc pas sur toutes les nombreuses formules de potions, de sirops, de pilules, de tisanes, de suppositoires et de lavements antihystériques (1); je vous renvoie à cet égard à vos anciens formu-

bien marquée, elle donnerait a toutes les excrétions l'odeur caractéristique de Fasa fœtida. L'asa fœtida a été surtout employé dans le traitement des affections nerveuses sous forme de pilules, de lavements et de suppositoires (a).

(1) Voici quelques-unes de ces formules :

Gouttes antihystériques (Pharmacopée allemande).

Teinture d'asa fœtida... 15 grammes.

Teinture de eastoréum.. 12 — Teint, d'extrait d'opium . 4 —

Mêler. Un à deux grammes en potion ou en lavements deux à trois fois par jour.

Lacement antihystérique (Bourdon).

Extrait de valériane .... 10 grummos.

Camphre 75 centigr.

Jaune d'œuf n° 1.

Laudanum de Svdcnhaui. 20 gouttes. Eau 300 grammes.

F. s. a. un lavement.

Pilules antihystériques.

Valériane pulvérisée 8 grammes.

Galbanum 4 —

Sagapénum 4 —

A sa fœtida 4 —

F. s. a des pilules de 20 centigrammes. Trois à quatre par jour.

Pilules antihystériques (Hager).

Galbanum 80 centigr.

Myrrhe 1"20

Sagapénum 1* 20

Asa fœtida 40 centigr.

Faine médicinale 80 —

Sirop simple 95 —

F. s. a. Quarante pilules. Cinq à quinze par jour.

Pilules antihyslériques (Bailly).

Poudre de eastoréum. \ Poudre de succin. . . . f Poudre d'asa fœtida.

Poudre de valériane.

Camphre

Sirop de kurabé.

i gramme.

60 centigr.

F. s. a. des bols de 30 centigrammes. Sept à huit par jour.

Pilules antihystènques (Selle).

Poudre de galbanum.

Poudre d'asa fœtida. f

Poudre d'extrait d'an- t

géliquo /

Castoréum

Safran

Opium

aà 15 grammes.

Mêlez et agitez.

Essence de castoréum Q. S.

F. s. a. des pilules de 10 centigrammes. Deux par jour.

<«) Dujardin-BeaumcU, Dictionn. de thirap,, t. 1", art. As.v fœtida.

Bêla talôriano.

laires ; mais avant de passer à la médication bromurée, je désire vous dire quelque chose de la valériane (1), qui jouit encore d'une certaine vogue dans la cure de l'hystérie.

La racine de valériane s'administre soit à l'état d'infusion, soit à l'état de sirop, soit à l'état de valérianate, et en parti-

Êlixir fétide de Fulde.

Castoréum 16 grammes.

Asa fœlida 8 —

Esprit de corne de cerf. 4 —

Opium 4 —

Alcool reetfflé 125 —

Faire digérer pendant quatre jours.

Filtrer ; 4 grammes par jour.

Pilules antihystériques (de Breyne).

Camphre 12 grammes.

Asa feetida 12 —

Extrait de belladone .... 4 —

Extrait aqueux thébaïque. 1 gramme.

Sirop de gomme Q. S.

F. s. a. cent vingt pilules. On donne une pilule le premierjour, et l'on augmente d'une pilule par jour jusqu'à six en vingt-quatre heures.

(1) La valériane (Valeriana officinalis) est une herbe à souche vivace qui appartient à la famille des Valérianacées, et dont on utilise la racine en médecine. Cette racine répand une odeur toute spéciale qui résulte de la présence d'une huile essentielle. Cette huile essentielle est uu mélange d'acide valérianique ou t?atëri?M(C3H10O2), de valérine (CI0H16) et de valérol (C6H«°0).

L'usage de la racine de valériane est connu depuis longtemps, et il est probable que la plante que décrivaient les Grecs et les Romains sous le nom de <po5 ou phu, n'était autre chose que la valériane. On a surtout utilisé cette plante dans le traitement des maladies nerveuses, et en parti-

culier dans Tépilepsie et l'hystérie, On se sert spécialement de l'infusion en vase clos, à la dose de 15 à 30 grammes par kilogramme d'eau.

On se sert aussi de sirop et d'extrait de valériane.

L'acide valérianique,dit aussi acide valérique ordinaire ou delphinique, fait partie de la série des acides valériques, qui sont au nombre de quatre. Cet acide a été trouvé dans un grand nombre de plantes, telles que l'angélique, l'asa fœtida, le sureau, et dans les baies mûres de la boule de' neige. Ghevreul l'a découvert le premier, en 1817, dans l'huile de marsouin (delphinum phoemna), d'où le nom d'acide delphinique ou phocœnique que l'on a attribué à l'acide valérianique.

On peut retirer l'acide valérianique de la valériane, mais le plus souvent il s'obtient industriellement par l'oxydation de l'alcool amylique. Cet acide valérianique se combine avec les bases et constitue un certain nombre de valérianates qui ont été utilisés en médecine, tels que les valérianates d'atropine, de quinine, de zinc, de fer et surtout d'ammoniaque.

Le valérianate d'ammoniaque a été obtenu à l'état pur par Laboureur et Fontaine; c'est un corps très déliquescent, insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, et qui se décompose par la chaleur. Le valérianate d'ammoniaque de Picrlotest constitue par le mélange suivant :

quiame 10 grammes.

Extrait alcoolique de valériane 10 —

bromure.

TRAITEMENT DE L'HYSTÉKIE. 161

culier de valérianate d'ammoniaque. Pour ma part, je crois peu à l'action thérapeutique active de ces valérianates; j'ajoute, en terminant, que les pilules de Méglin (1), si fréquemment employées dans les maladies nervouses, renferment une quantité notable d'extrait de valériane.

Qui dit hystérie, dit bromure, et à notre époque, il n'est du pas une hystérique qui n'ait pris du bromure. C'est le bromure de potassium dont on se sert le plus souvent, mais vous pouvez aussi user des autres bromures connus, le bromure de sodium et d'ammonium, constituant ainsi des solutions polybromurées dont Charcot a vanté les effets. Voici la formule dont j'use le plus souvent :

if. Bromure de potassium \

Bromure de sodium àà 10. grammes.

Bromure d'ammonium ;

Eau 250 —

On donne une cuillerée à bouche ou une cuillerée à dessert de ce mélange matin et soir.

Je ne veux pas entrer ici dans les détails de l'action phy-

Exlrait alcoolique de va- tractif d'ammoniaque, un extrait de

lérhnc 2 grammes. valériane obtenu au moyen defalcool

Acide valérianiquc 3 - ammoniacal (a).

Sous-carbonate d'amuio-

Diaque (jusqu'à satura- (*) Voicl la formule des pilules de

tkm) Q. S. Méglin, dites pilules de jusquiame et

Eau 95 grammes. de valériane composées :

10 grammes de cette préparation correspondraient à 30 grammes de E^it^alcooliquedejus racine fraiche. On administre ce mé- "

lange à la dose de une à trois cuillerées à café dans les vingt-quatre heures. Oxyde de zinc . . . . . . . . . 10

Dannecy (de Bordeaux) a aussi préparé, sous le nom de valérianate ex- Pour 200 pilules (Codex).

(a\ Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales, 4* édit., 1876,

p. 1080. — Fluckiger et Hanbury, Histoire des drogues d'origine végétale, trad. de

j de Lanessan. Paris, 1878, t. Ier, p. 656. — Laboureur et Fontaine, Sur le valéria-

i note a" ammoniaque (Bull, de thérap., 1857, t. LU, p. 313). — Pierlot, Noie sur la

nlériane et sur l'analyse de la racine. Paris, 1862.

CLI51QUE THÉRAP., 6* édit. III. — 11

siologiquc de ces bromures, j'y insisterai longuement dans la prochaine leçon, lorsque je vous entretiendrai de la cure de Tépilepsie. Ce que je puis vous dire, c'est que ces médicaments sont les plus puissants dépresseurs de Taxe cérébrospinal, et que c'est grâce à eux que nous pouvons maîtriser ces manifestations exagérées du système nerveux. Si nous ajoutons que ces bromures ont aussi une action manifeste sur l'excitation génitale, vous comprendrez tout le parti que Ton peut tirer de ce précieux médicament dans la cure de l'hystérie; cependant je suis loin de soutenir que la médication bromurée s'applique indistinctement à tous les cas d'hystérie, et c'est parce qu'on a abusé de ce médicament, que nous voyons aujourd'hui certains médecins soutenir qu'il est plutôt nuisible qu'utile dans la cure de l'hystérie. Des indi- Il n'en est rien , messieurs ; seulement, ici comme pour les inîtenont aMlres médicaments, il faut connaître les indications et bromure, contre-indications de cette médication bromurée, et c'est la encore une des preuves manifestes de l'utilité de la clinique thérapeutique. D'abord, il faut se rappeler que, quels que soient les rapprochements que l'on ail voulu introduire entre Thystéro-épilepsie et Tépilepsie, il existe, au point de vue thérapeutique, une grande distinction entre ces deux affections ; c'est que, tandis que Tépilepsie est tributaire du traitement bromure, ce même traitement n'a jamais amené la guérison des attaques provoquées par Thystéro-épilepsie. Un maître regretté, Vulpian, répétait volontiers à ses élèves que la médication bromurée s'adresse seulement aux manifestations spasmodiques et convulsives, mais qu'elle est généralement impuissante contre un autre trouble dépendant de cette grande névrose.

Lorsque l'hystérie s'accompagnera d'insomnie, d'excitation, et, en particulier, d'excitation génitale, d'une grande agitation, de plus, lorsque la malade sera forte et robuste,

vous tirerez de la médication bromurée un excellent parti. Lorsque, au contraire, votre malade sera faible, de cornplexion débile, lorsqu'elle présentera les manifestations dépressives de cette névrose, chagrin, tristesse, pleurs, et cela sans manifestation génitale, le bromure ne peut avoir que de mauvais résultats. Car le plus grand inconvénient du bromure résulte de son action même sur le système nerveux qu'il déprime outre mesure, et les malades qui sont soumis ace traitement éprouvent une telle torpeur intellectuelle et physique, qu'il leur faut une certaine énergie pour se livrer à leurs, travaux habituels.

Un autre inconvénient, et celui qui s'oppose le plus à la médication bromurée chez noà jeunes femmes et en particulier chez nos jeunes mondaines, c'est la poussée d'acné que détermine ce traitement sur la face et les épaules, et vous verrez bien des malades refuser énergiquement ce médicament à cause de cette question de coquetterie. Je ne connais pas de moyen d'éviter cette éruption bromique, qui résulte de l'élimination du brome par la peau ; on a soutenu que l'arsenic administré a l'intérieur constituait un de ces moyens, je l'ai essayé bien souvent sans aucun résultat.

Quant à la dose à administrer, elle est variable selon les individus; mais, pour vous guider, vous devrez toujours recourir à l'examen de la sensibilité réflexe du voile, du palais et vous devrez administrer une dose assez forte pour obtenir, dans la plupart des cas, l'anesthésie du pharynx.

Malheureusement ce signe n'a pas la valeur qu'ont voulu lui attribuer certains médecins, car l'anesthésie pharyngée est la manifestation la plus constante peut-être de l'hystérie. Seulement, je suis d'avis de ne jamais donner d'une façon continue le bromure de potassium, et je crois qu'il est fort utile d'interrompre de temps en temps le traitement ; pour vous guider, vous n'avez qu'à suivre le traitement desmani*

festations nerveuses. Le plus souvent, ces manifestations se produisent au moment des règles; c'est avant, pendant, après, que vous devez administrer le bromure, mais vous devrez l'administrer de telle sorte qu'il y ait, pendant un mois, quinze jours de traitement et quinze jours de repos. Dn On a préconisé, en dehors des bromures dont je viens de

"dT™ vous parler, d'autres bromures, tels que le bromure de zinc cambre. et je bromure de camphre. Ce dernier médicament a été surtout vanté dans ces dernières années, mais son action dans le traitement de l'hystérie est des plus incertaines, et il n'agirait surtout que lorsqu'il se produit des excitations génitales; quant au bromure de zinc, j'y reviendrai lorsque je vous parlerai de la cure de l'épilepsie (1). On a préconisé l'emploi du bromure de nickel comme succédané du bromure de potassium. Ce sel peut être prescrit à des doses variant de 30 à 60 centigrammes.

do L'opium (2) joue un rôle curateur important dans l'hys-

l'opium.

(1) Le monobromure de camphre et en capsules à la dose de 50 cen-

(B«°ll*3BrO) a été découvert et décrit tigrammes à 2 grammes en vingt-

par Schwartz en 1862; il s'obtient en quatre heures (Voy. au traitement

chauffant, dans des tubes scellés, un de l'épilepsie la note sur le bro-

mélange de 1 molécule de camphre mure) (a).

et de 2 molécules de brome à 1 00°. (2) Gendrin donnait l'opium a haute

Lorsqu'il est pur, le bromure de dose : il commençait par 50 centi~

camphre se présente sous forme de grammes d'opium par jour, et attei-

prismes transparents. Sa saveur rap- gnait progressivement 60 à 75 centi-

pelle celle du camphre et de l'essence grammes avant d'obtenir des effets

de térébenthine. Il est insoluble dans narcotiques; mais, dès que ceux-ci

L'eau, mais très soluble dans l'alcool étaient obtenus, les symptômes ner-

et l'éther; il fond entre 76 et 77° veux étaient atténués. 11 affirmait, par

et bout à 274\ Le bromure de ce moyen, guérir plus de la moitié

camphre s'administre en pilules des hystériques (6).

(a) Doncflc, Du monobromure de camphre {Presse médicale belge, 1871). — Bournevillc, Sur l'emploi thérapeutique du bromure de camphre (Progrès médical,

1874, 1875, 1876). — Pétrovitz, Sur le bromure de camphre. Thèse de Montpellier,

1875. — R. Lawson, Praclit., 1875. — Palhault, Sur le monobromure de camphre. Thèse de Paris, 1877.

(6) Gendrin, Sur le traitement de l'hystérie par l'opium [Compte rendu de CAcad. de méd., 11 août 1846).

térie, mais, comme le bromure, il a ses avantagea et ses inconvénients. C'est mon maître Bernutz qui, aprèsGendrin, a surtout vanté ce traitement opiacé ; il administre le laudanum à la dose de deux gouttes deux fois par jour, et il augmente progressivement- jusqu'à quarante gouttes dans les vingt-quatre heures. Ce traitement s'adresse surtout aux formes dépressives de l'hystérie, je le crois inutile et dangereux dans les formes expansives, et comme vous le voyez, pour moi les indications du traitement opiacé seraient absolument contraires à celles du traitement bromure, ce qui s'explique d'ailleurs suffisamment par l'action excitante sur le système nerveux du premier traitement et l'action dépressive du second.

Malheureusement le traitement par l'opium a un autre inconvénient, ce sont ces hautes doses que l'on est forcé d'atteindre en pareil cas, et beaucoup d'hystériques deviennent morphinomanes. Pour éviter les inconvénients de la morphine, on a proposé d'employer le chloral (0), mais ici encore on se heurte contre les inconvénients de la médication chloralée trop longtemps continuée à des doses toujours croissantes.

Cette question des doses chez les névropathes est des plus xuuio intéressantes; les hystériques présentent, comme l'a fort ^3"! bien montré Huchard, une véritable ataxie thérapeutique, h?*i6' qui fait que tantôt elles sont empoisonnées par des doses extrêmement minimes de certaines substances, et que tantôt elles ne ressentent aucun effet thérapeutique des doses vraiment énormes d'autres médicaments ; il faut être prévenu de ce fait lorsqu'on se trouve en présence d'une hystérique.

N'oublions pas non plus qu'il existe, au point de vue de Pilllic8 do ces médicaments, une influence morale des plus positives, "^p0019-

(m) Paflioni, Application du chloral dans l'hytiérie {Gai*, med. di Torino, 3 janvier 1870).

et que c'est ici le triomphe des pilules de mica partis (a), des potions à l'extrait de taraxacum dens leonis, en un mot, de toutes ces préparations qui n'agissent que sur l'imagination de ces malades; la science fourmille de cas où, grâce à l'assurance avec laquelle elles ont été prescrites, ces pilules et ces potions ont fait disparaître chez les névropathes des symptômes d'une haute gravité.

Deia A côté du traitement pharmaceutique et même au-dessus \"pîe. de lui se pUce la balnéothérapie, qui comprend trois modes d'applicatidn : les bains, l'hydrothérapie et les eaux minérales.

Dosons Les bains chauds, et en particulier les bains prolongés (1), prolongés. oflt une tr£s j!eureuse influence dans le traitement du ner-

vosisme, surtout dans les périodes d'excitation, et Bernutz en vante beaucoup les effets. Ces bains doivent au moins durer de une heure à deux heures et on doit avoir le soin de maintenir pendant ce temps la température de l'eau au même degré. On augmente l'action thérapeutique de ces bains en y ajoutant des infusions de plantes aromatiques, comme le tilleul ou la valériane; Beau conseillait ces derniers bains dans le traitement de l'hystérie et il en faisait grand usage.

(1) Pomme a beaucoup vanté les longés. Ces bains peuvent avoir deux,

bains prolongés dans l'hystérie; il quatre, six et même huit heures de

regrettait que la journée n'eût que durée.

vingt-quatre heures, parce que cela Bernutz a. vu, sous l'influence de

ne lui permettait pas de les donner grands bains de six heures par jour,

aussi longs qu'il l'eût voulu. des attaques cataleptiques datant de

Beau et surtout Bernutz sont aussi sept à huit mois, disparaître complètes partisans des bains tièdes pro- tement (6).

(a) Gilbert Ballet et Landouzy, Sur un cas de contracture hystérique guérie subitement par V administration d'une pilule fulminante {mica panis) (Hevue de méd., 10 septembre 1882). — Guencau de Mussy, Clinique médicale, t II, p. 132. — Dauchez, Du rôle de l'imagination en médecine (Journ. des se. méd. de Lille, 20 décembre 1882, p. 225).

(b) Pomme, Traité des affections vaporeuses des deux sexes. Lyon, 1860; 5* édit., Paris, 1883. — Bernutz, art. Hystérie, in Nouv. Dicl. de méd. et de chir., 1873.

thérapie.

On peut expliquer les bons effets que l'on retire de ce moyen, non pas par l'introduction de la substance médicamenteuse à travers le derme, — la peau revêtue de son épiderme n'absorbe pas les substances médicamenteuses contenues dans les bains, — mais bien par l'introduction, par les voies respiratoires, des substances odorantes et volatiles que renferme la valériane. On a même, comme vous le savez, soutenu que, pour obtenir des effets thérapeutiques de la valériane, il fallait non pas l'administrer par la bouche, mais bien en inhalation. >

L'hydrothérapie joue un rôle très important dans le trai- Derhydrotement de l'hystérie; elle constitue avec le bromure les deux bases fondamentales de cette cure, mais il est très important de bien savoir comment il faut appliquer l'eau froide. Vous emploierez des douches en jet brisé et vous aurez grand soin de ne jamais administrer au début du traitement des douches froides, mais bien des douches tempérées. L'impression de l'eau froide est en effet quelquefois tellement vive chez les hystériques et détermine un tel état de suffocation, que l'on voit souvent les malades refuser, après la première douche d'eau froide, de continuer ce mode de traitement. Il faut donc commencer avec des douches tempérées de 25 à 30°, et diminuer ensuite progressivement la température de l'eau; ce n'est que lorsque l'économie se sera habituée à ce mode de traitement que vous pourrez donner des douches froides ou plutôt des douches alternantes.

Ces dernières ont quelquefois un effet stimulant trop vif et déterminent de la surexcitation ; il faut alors revenir aux douches tempérées. En un mot, chez vos hystériques, vous devez toujours débuter par des douches tempérées, et ensuite selon les périodes d'excitation ou de dépression dans lesquelles se trouve votre malade, vous devez employer Tac-

tion stimulante de la douche alternante ou les effets sédatifs de la douche tempérée. Il faut éviter, au début, de doucher la tête des malades; j'ai vu souvent les douches en pluie sur la tête déterminer des douleurs névralgiques assez vives ou bien encore des vertiges assez persistants. La durée de la douche ne devra jamais dépasser trente secondes.

D'ailleurs je me suis expliqué beaucoup plus longuement sur ce sujet dans mes conférences à l'hôpital Cochin (a) et je vous renvoie aux leçons que j'ai consacrées à l'hydrothérapie.

Vous retirerez de l'hydrothérapie ainsi appliquée d'excellents résultats ; l'eau froide ramène non seulement, comme l'a montré Thermes, la sensibilité de la peau, mais encore elle maintient l'équilibre des fonctions du système nerveux et enfin elle agit sur la nutrition en général. Mais, pour obtenir ces résultats d'une manière complète, il est souvent nécessaire de séparer la malade de son entourage et de la placer alors dans ces établissements hydrothérapiques où l'administration de l'eau froide est faite avec une grande habileté et une grande prudence ; c'est là un conseil sur lequel Charcot insiste avec juste raison. Des eaux Les eaux minérales jouent un bien faible rôle dans le traitement de l'hystérie, et, le plus souvent, comme c'est surtout l'action de l'eau froide que l'on recherche, on envoie les malades dans les stations hydrothérapiques, si nombreuses dans le centre de l'Europe et qu'on voit pulluler en Suisse et dans le Tyrol, stations dont Divonne et Aussée sont des typesassez completsetqui réunissent à l'action de l'eau froide toutes les conditions climatériques favorables à la cure des affections du sytème nerveux. En France, nous possédons une station thermale qui jouit d'une certaine réputation

(a) Dujardin-Beaumctz, Conférences de l'hôpital Cochin, 1886-1887 {Hygiène thérapeutique, p. 87. Paris, 1888).

minéralos.

Pcs bains de mer.

dans le traitement du nervosisme, c'est Néris (1); on pourrait joindre à cette eau celles d'Ussat, de Saint-Sauveur, et deForges-les-Eaux, etc.

Mais, puisque je parle des eaux minérales, il est nécessaire que j'insiste devant vous sur le mauvais résultat que Ton tire de l'emploi des bains de mer dans l'hystérie. Je vois encore beaucoup de nos confrères qui envoient leurs hystériques aux bords de la mer ; c'est là une pratique mauvaise. Pour ma part, j'ai toujours vu l'air de la mer et surtout les bains de mer déterminer des excitations telles, que les malades ont vu leurs phénomènes nerveux s'aggraver dans une notable proportion; aussi, pour moi, il y a dans l'hystérie une contre-indication évidente à l'emploi des bains de mer.

L'électricité est un des éléments secondaires, il est vrai, dc réi**de la cure de l'hystérie, mais qui nous rend encore de grands lr,c,,e' services ; elle peut, comme nous le verrons tout à l'heure,

(1) Les eaux de Nèrit (aquee Neri», eaux noires) sont des eauxhypotherraales ou hyperthermales, amétallites, peu gazeuses. Saison du 15 mai au 15 octobre (département de l'Allier). Il y a sept puits :

!• De César ou d'Enfer, qui est le plus important, 53* 9, la température extérieure étant 24° 7; 2° Innomé, 49»7, la température extérieure étant 16-; 3* Boirot-Desserviers, 46° 4, la température extérieure étant 16#; i* Dunoyer, 49°5, la température extérieure étant 22* ; 5# Falvart de Momtluc, 5*7, la température extérieure étant 20-, 6# de la Croix , 25*2, la température extérieure étant ft\ 7° du Jardin, deux puits, 25° et 28\

D'après J. Lefort, la composition des eaux serait, pour 100 grammes :

Puits

Puits

Puits

do la

du

César.

Croix.

Jardin.

Bicarbonate dc

soude

Bicarbonato de

chaux

Bicarbonate de

potasse

Bicarbonate do

magnésie . . .

Bicarbonate de

fer

traces

Bicarbonate de

manganèse . .

traces

traces

traces

Sulfate de soude

Chlorure dc so-

dium

Iodure et fluo-

rure de so-

dium

traces

traces

traces

Silice

Matière organi-

que azotée..

traces

traces

traces

Total des ma-

tières fixes..

arrêter les attaques ou en diminuer le nombre; elle peut aussi modifier la sensibilité générale, comme le fait l'hydrothérapie. Dans ce cas, c'est surtout à l'électricité statique qu'il faut avoir recours, et c'est cette méthode remise en honneur par Arthuis, et plus récemment encore par Charcot et par Vigouroux, qui donne les meilleurs résultats. C'est ici qu'il faut utiliser ces bains généraux électriques, ces pinceaux électriques, ces étincelles que je vous ai décrits dans ma leçon sur l'électricité médicale, procédés qui constituent ce qu'on a appelé la franklinisation.

Le massage et la gymnastique jouent un rôle curateur dans le traitement de l'hystérie, et j'y ai vivement insisté dans mes conférences sur l'hygiène thérapeutique. Weir- Mitchell a même basé sur l'emploi combiné du massage, de l'électricité, de l'isolement et du régime lacté un traitement qui porte son nom et qui a eu de nombreux partisans en Amérique, en Angleterre et en Allemagne. Ce traitement fort complexe et d'ailleurs fort sévère n'a pas été adopté dans notre pays. En effet, rien ne démontre sa supériorité

100 parties de gaz ont donné : Les eaux se donnent en boisson

(puits de la Croix, 2 à 6 verres), en

Puits

Puits

Puits

de la

du

César.

Croix.

Jardin

bains (d'une heure et plus), en douches d'eau (de 10 à 20 minutes) et de

Oxygène » 1.1000 1.1900 vapeur (10 à 30 minutes).

A«ote 82.52 10.2000 10.8400 0n emploie les eaux de Néris

Acide carbo- contre VhysiMe et rhypochondrie

noue 11.48 0.0393 0.0233 /L . - /, v A , . 4.

4 (bains froids), contre la soiatique es-

Total des gaz. 100.00 11.3393 12.0543 sentielle (bains généraux et douches

d'eau à 45° et 46°).

Les eaux de Néris ont des conferves Les eaux et les conferves s'admi-

très abondantes qui conservent une nistrent aussi contre les affections température uniforme de 45° même vésiculaires : herptNs, eczéma; les pendant les jours les plus froids. affections papuleuses : le lichen, le

Elles sont employées en topiques. prurigo; contre les psoriasis, l'acné, frictions, cataplasmes. Elles agissent l'urticaire.

comme émollient, d'après Richoud La cure est de vingt-cinq à trente

des Bros, tandis que, pour Laurès, jours. On n'exporte pas les eaux de elles agissent comme excitant. Néris.

sur les autres modes de traitement jusqu'ici conseillés.

A côlé de ces traitements, il en est d'autres que je désire aborder avec une extrême réserve, ce sont ceux basés sur l'hypnotisme et la suggestion. Dans ces dernières années, cette question a pris une grande importance, et nous voyons les ouvrages se multiplier sur ce point. Mais malgré la multiplicité des travaux, notre opinion n'est pas encore absolument assise sur la valeur réelle de ces procédés d'hynoptisme et de suggestion, et si chez certains hystériques on a obtenu par ces procédés la disparition de certains phénomènes nerveux et même l'éloignement des attaques, il en est d'autres au contraire, où l'on a vu ces pratiques exagérer l'excitabilité du système nerveux et être le point de départ d'accidents de la plus haute gravité. Jusqu'à nouvel ordre, je vous conseille donc, messieurs, d'être très réservés dans l'emploi de pareils moyens, surtout dans votre clientèle privée.

La suggestion parait jouer un rôle considérable dans l'hystérie. Hùckel lui attribue le rôle principal dans la plupart des phénomènes spontanés et surtout dans les phénomènes provoqués. Ces derniers (transfert de l'anesthésie, contractures, etc.), ne seraient autre chose que le résultat d'une suggestion incontestable. Quant aux phénomènes spontanés, on pourrait les expliquer aussi par une suggestion latente, inconsciente, dont les sources seraient plus difficiles à découvrir.

Spillmann (de Nancy) qui a fait une étude approfondie de l'hystérie professe la même opinion. Il va même plus loin et met sur le compte de la suggestion tous les résultats thérapeutiques que l'on obtient chez les hystériques, même ceux qui résultent de l'hydrothérapie et de l'électricité.

J'ai d'ailleurs traité cette question dans mes Nouvelles Médications (2e série). Pour ceux qui voudraient approfondir ce sujet, je les renvoie à ces leçons et surtout au livre si in-

téressant publié par Bernheim, qui est l'un des défenseurs les plus actifs de la psychothérapie (a).

Je ne vous parlerai pas de la métallothérapie qui eut son moment de vogue et à laquelle on avait donné le nom deBurquisme à cause de Burq, l'un de ses plus ardents propagateurs. Aujourd'hui cette méthode est abandonnée, parce que Ton obtient sans l'intervention des métaux, par la suggestion, les mêmes phénomènes que par l'application des métaux et qu'on est en droit de se demander si c'est le métal ou l'effet moral qui agit en pareil cas.

Nous en avons fini avec le traitement général de l'hystérie

et nous allons maintenant aborder la seconde partie de

notre sujet, c'est-à-dire le traitement de l'attaque d'hystérie,

Trai- Lorsqu'une hystérique a une attaque, vous devez la placer

H'aul- immédiatement sur un lit autour duquel on peut tourner

iuc- avec facilité; vous la débarrassez des vêtements ou des liens

qui pourraient gêner ses mouvements, puis vous procédez à

l'emploi des différents moyens qui ont été préconisés pour

mettre fin à ces attaques.

Autrefois on se servait d'eau froide que l'on jetait à la face de la malade, ou dont on flagellait son visage (1) ; dans d'autres cas, suivant en cela la pratique de Cruveilhier, qui

(1) Voici comment procédait Cru- veillent. Jamais, dans ces cas, l'eau veilhier au moment où les mâchoires ne pénètre dans le larynx, cessent d'être contractées : il intro- Anstie conseillait de faire de fortes duisait le bord d'une cuillère qui pressions sur le ventre pour repousmaintenait la bouche entr'ouverte, ser violemment l'utérus vers le baspuis, saisissant une bouteille pleine sin, car on supposait, à cette époque, d'eau, il versait, d'une façon continue, que c'était l'utérus lui-même qui, en l'eau d'une certaine hauteur dans la circulant dans les différents organes, bouche des malades. Les premières déterminait l'attaque d'hystérie, et gorgées sont le plus souvent rejetées, il suffisait, pour faire disparaître les mais le spasme de la gorge cesse, attaques, de ramener l'utérus dans les malades peuvent avaler et se ré- sa position normale. Récamier, à

(a) Dujardin-Bcaumetz, Nouvelles Médications (2* série), p. 177, Paris, 1891.

IVait lui-même renouvelée des anciens, en faisant avaler une grande quantité d'eau froide, en faisant boire les malades à la régalade ; mais depuis on a trouvé un procédé plus sûr et plus rapide, c'est la compression de l'ovaire.

Les anciens, qui attribuaient à l'utérus un rôle prépondérant dans les manifestations convulsives de l'hystérie, avaient déjà proposé des manœuvres qui consistaient soit à comprimer la matrice, soit à mettre dans le vagin des substances odorantes qui devaient agir directement sur elle, soit à vider la matrice des humeurs purulentes qu'elle devait contenir par la titillation du col utérin et des parties génitales (1). Arêtée, Galien, Aétius, Sauvages, Àmbroise Paré,

noire époque, conseillait un procédé analogue, en appliquant sur le ventre des malades un coussin avec lequel il faisait des pressions très énergiques.

Dans le peuple, cette pratique est connue depuis longtemps, et nous Torons, dans l'histoire des convulsionnâmes de Saint-Médard en particulier, le récit de femmes sur le rentre desquelles on montait, ou bien encore, sur le ventre desquelles on plaçait des pierres, ou que Ton frappait à coups redoublés avec des barres de fer ou des masses pesantes de bois.

Gustave Sadrain préfère la compression de l'ovaire au galvanisme dans le traitement de l'attaque d'hystérie («).

(1) Galien a soutenu que les femmes hystériques étaient soulagées dans leurs attaques par l'expulsion provoquée d'humeurs sécrétées par l'utérus et le vagin; les matrones devaient, par ce que Briquet appelle la confricaiion des parties génitales,

favoriser celle exécrétion. Forestus insiste longuement sur cette pratique; il recommandait d'enduire le doigt de substance aromatique et voici les détails dans lesquels il entre : t Videbatur puella laborare t tetro vapore et utero sensum elata c per spime membranas pro deploc rata habebatur... Coacti fuimus c suadere ut aliqua mulier, digito in f hoc liquore immerso, vulvam nitus t confri caret... » Dans un autre passage il rapporte un cas où : c adco c violenter, at quo semimortua habcc retur, anhelitum trahere non potec rat, frigidum exsudebal, totum cor- « pus quasi convellebatur, utero ad t superiora retracto, vix digito imc posito in vulvam cum confricatione t ad miraculum ad se rediit et ab t ore faucibus quasi erepta fuit. »

Sauvages ne manque pas d'insister sur le même procédé et il le fait ainsi : cClitoridis titillatio barbitonis c ore impudieo inslituta paroxismum c solvebat. >

Duret préconisait quelque chose de

\'«* G. Sadrain, Etude sur le traitement des attaques d'hystérie et des accès tépitrpu?. Thèse de Vnris, 1880.

Astruc parlent longuement des avantages de ces différents procédés ; et vous savez même que cette pratique est devenue populaire et vous verrez souvent des personnes faire des pressions et môme s'asseoir sur le ventre des malades pour faire disparaître des attaques d'hystérie. Mais cette pratique s'est méthodisée depuis les trayaux de la Salpêtrière qui nous ont montré qu'un des points hystérogènes des plus fréquents est la région ovarique, et qu'il suffit de comprimer cette région, soit à gauche, soit à droite, pour développer des attaques et pour les guérir, com- Voici comment se pratique cette compression : la malade de iv étant placée sur un lit résistant et peu élevé, le médecin, valre# placé à côté d'elle, plonge le poing fermé perpendiculairement dans la région ovarique sensible. Il faut déployer une certaine force pour vaincre d'abord la contraction des parois abdominales, mais, une fois cet obstacle franchi, la main pénètre dans la fosse iliaque et les phénomènes spasmodiques cessent, si l'on a soin de prolonger pendant un certain temps cette compression.

On a même construit des appareils dits compresseurs de l'ovaire, dont je vous présente quelques modèles et dont le plus simple est celui de Féré', modèle qui consiste dans une ceinture herniaire terminée par une pelote conique qui vient s'appliquer sur l'ovaire sensible. Cet appareil empêcherait, dit-on, la production des attaques d'hystérie; j'avoue que je n'ai jamais fait usage de ces compresseurs et je n'ai sur leurs

plus positif et ordonnait à un mari, qu'elle n'est pas toujours praticable dont lu femme était atteinte d'hystérie, et que l'intervention du mari n'est c ut rem cum uxore haberet; rem pas toujours possible, aussi recomc habuit et statim convaluit ». mande-t-il dans ce cas l'excitation de Ambroise Paré, qui se montre très l'utérus avec le doigt enduit de parpartisan de la méthode, reconnaît furas(a).

(a) Ilippocralc, (Euvres^ trad. de Littrc. Paris, 1853, t. V11I, p. 459, MALADIES DES jecnes filles. — Briquet, Traité de l'hystérie, p. 96.

TRAITEMENT DE l/HYSTÉRIE. 175

avantages aucune idée personnelle. On a même été plus loin casmiion et Ton a proposé un procédé plus radical que celui de la fon°B*. compression des ovaires, c'est l'ablation de ces organes, et nous voyons Battey et Peaslee pratiquer cette castration chez les hystéro-épileptiques (1 ) .

Je vous ferai remarquer à ce propos que le mot compresseur est mauvais, car il est démontré aujourd'hui que l'ovaire ne joue en pareil cas aucun rôle puisque, grâce à l'examen plus attentif de nos malades hommes, nous en trouvons un grand nombre qui sont hystériques au même litre que les femmes et qui comme elles sont ovariques, c'est-à-dire ont des points hystérogènes situés dans la fosse iliaque gauche ou droite, et bien entendu ici, l'ovaire ne peut être incriminé; mais comme chez les femmes, on peut arrêter les attaques chez les hommes par des compressions faites en ce point. Tous les hystériques, hommes ou femmes, sont loin d'être ovariques ; vous pouvez alors avoir recours à un procédé très efficace, c'est l'emploi de l'électricité.

Vigouroux et Richer nous ont montré que les courants ^hcontinus, dont on applique un des rheophores sur le front et l'autre sur un des points quelconques du corps, diminuent la durée des attaques d'hystérie ; mais il y a plus : si l'on vient brusquement à changer la direction des pôles, ce qui est très facile, comme vous l'avez vu, avez les commutateurs

(I) On a pratiqué chez la femme, revenant à chaque époque mensdans rhystéro-épilepsie, l'ablation truelle, et cette opération aurait des ovaires, proposée par Hegar, amené la disparition des attaques. Battey et Peaslee. Cette opération a Ces trois observations sont dues à été pratiquée trots fois chez des Battey, Peaslee et à Braun-Ferfemmes atteintes d'hystéro-cpilepsie wald (a).

(«) Bcgar, Die Castration der Frauen, in Sammlung klinische Vortràge, 136- 138, 1878. — Wclponcr, Extirpation beider Ovarien, Wegen Hystero-epilepsic. Ueilungs (YVïen. med. Wochemchr., n° 30, p. 803, 1879;. — Battey, Atlanta Med. md Sur g. Journ., septembre 1872, et Amer. Praclitioner, octobre 1875. — Peaslee, Tr*n*€ct. of the Amer. Gynecol. Soc, p. 340, 1876.

Inhalations do

de Trouvé et de Gaiffe, ont voit l'attaque d'hystérie cesser immédiatement. Il ne faut pas dépasser 6 à 10 milliampères, sans quoi on déterminerait des troubles trop violents du côté de l'encéphale.

Enfin, on a proposé des inhalations de substances odotubstanccs Fantes ; leur nombre est considérable et renferme les corps les plus étranges : depuis la corne de cerf, le pied d élan, le pied de bouc jusqu'à l'odeur de la chandelle qui s'éteint, ou l'odeur des poils d'homme et d'animaux, ou les plumes de perdrix, de bécasse, en passant par les parfums, comme le musc, le benjoin, l'ambre, etc., on a tout employé (1); aujourd'hui nous ne connaissons que quelques rares substances médicamenteuses qui aient une action dans l'hystérie, ce sont l'éther, le chloroforme et surtout le nitrite d'amyle.

L'éther et le chloroforme peuvent rendre quelques services ; mais cependant j'ai vu le plus souvent, lorsque j'ai recours à ce moyen, les attaques se prolonger et surtout réapparaître à la sortie du sommeil anesthésique. Le nitrite d'amyle que Bourneville a surtout expérimenté dans l'hystérie, dimi-

(I) Les substances odorantes ont usitées : la corne de cerf, le pied

été aussi employées, dans l'anli- d'élan, le pied de veau, le vieux cuir,

qui té, dans le traitement de l'hysté- la peau sèche de divers animaux, la

rie; on supposait que l'utérus avait chandelle au moment où on réteint,

pour certains parfums une grande la fumée de lampe à demi éteinte,

sympathie, et pour certaines mau- les poils d'hommes ou d'animaux,

vaises odeurs une grande antipathie, les plumes de perdrix, celles de

L'on pensait aussi, en appliquant les bécasse, les verrues des chevaux, les

premières de ces substances à l'ori- cornes de pieds de chèvre, la peau

ficc vulvaire, ramener l'utérus à sa d'un cerf tué pendant le coït, l'asa

place, ou bien, en présentant les fœtida, le cas to réuni, le galbanum,

secondes à l'ori lice des narines ou à les bitumes, la gomme ammoniaque,

la bouche, repousser la matrice etc., etc. Les parfums étaient : le

déplacée et qui comprimait les voies gingembre, le calamus aroinalicus,

respiratoires de la malade. le benjoin, le thym, le poulliot,

Les substances fétides étaient des la lavande, la cannelle, le musc,

plus nombreuses. Voici les plus l'ambre, la civette (a).

{a) Briquet, Traité de l'hystéris.

nuerail l'intensité et la fréquence des accès convulsifs. Mais il ne faut s'en servir que pendant les attaques ; car en dehors d'elles, comme je vous l'ai dit à propos de l'emploi du nitrite d'amyle dans les maladies du cœur, je l'ai vu déterminer des accès convulsifs. Pour administrer ce remède, il vous suffit de verser 5 à 10 gouttes de nitrite d'amyle sur un mouchoir et de les faire inhaler parla malade.

Je termine cette leçon en vous donnant des indications, Trti-

tement de

aussi brèves que possible, sur le traitement de quelques quelques

manifestations de l'hystérie. "tuonT

Les contractures (4) sont un des symptômes les plus *y,té"

(1) Les contractures hystériques connues depuis longtemps déjà ont été bien étudiées dans ces derniers temps par Charcot, Boumeville et Voolet. Elles peuvent être passagères et survenir pendant les attaques d'hystérie ; artificielles et provoquées par des excitations mécaniques, ou permanentes, et apparaître soit dans l'intervalle des attaques, soit après les attaques.

Nous ne nous occuperons ici que des contractures permanentes. Elles peuvent atteindre tous les muscles, affecter la forme hémiplégique ou paraplégique, frapper isolément un muscle ou tout un groupe musculaire. Elles surviennent ordinairement d'uue façon brusque et sans cause; parfois cependant, chez une hystérique atteinte d'une paralysie flasque, ou même chez un sujet qui n avait pas encore présenté de symptômes d'hystérie, il suffit d'un traumatisme quelconque, même léger, (Tud effort musculaire même, pour donner naissance à la contracture.

Les contractures s'accompagnent toujours d'un trouble de la sensibilité, soit d'anesthésie, soitd'hyper- «Kthésie de la peau.

CLINIQUE THÉRAP., 6* édît.

Les muscles frappés sont dans une rigidité absolue que les efforts les plus énergiques ne parviennent pas à vaincre et qui ne cède, momentanément, qu'à une chloroformisation poussée très loin.

La durée des contractures est illimitée, elle peut durer des mois, des années, et cesser spontanément sans cause ou sous une influence morale, laissant les parties dans un état d'intégrité parfaite. La contracture peut aussi persister indéfiniment, et dans ce cas, l'autopsie permet de constater parfois un état scléreux des cordons latéraux et de la moelle.

Boumeville et Voulet divisent les contractures en contractures partielles et contractures des membres.

Les premières embrassent plus particulièrement : a, une moitié de la face, les muscles de l'œil ne sont point épargnés, d'où résultent des troubles de l'accommodation; bf les muscles de la mâchoire supérieure (trismus) ; c, la langue, et quelquefois, en outre, le voile du palais et l'œsophage ; d, les muscles du côté du cou (torticolis hystérique, qui est une des plus fréquentes manifestations de l'hystérie infantile); ey les m. - 12

riqnes.

■178 LEÇOlNS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

rebelles de l'hystérie et rien n'est plus pénible que de voir de jeunes femmes atteintes de contractures plus ou moins variées qui transforment leur existence en un véritable supplice. Ces contractures, apparaissant brusquement à la suite d'une attaque, peuvent disparaître de même à la suite d'une autre attaque. C'est là un fait que l'on retrouve dans toutes les manifestations hystériques, et vous avez pu en voir récemment un bel exemple dans nos salles; il s'agit de cette jeune fille hystérique qui entrait à l'hôpital pour des troubles gastriques, ellefut prise subitement de contractures, contractures qui disparurent à la suite d'une attaque que nous avions provoquée en l'hypnotisant; c'est donc là un moyen de curation que vous pouvez employer dans le traitement des manifestations hystériques, quelle que soit leur forme.

muscles de la vie de relation, le canal cholédoque, d'où l'ictère, le sphincter vésical, d'où la rétention d'urine.

La contracture des membres revêt plusieurs formes : monoplégique, hémiparaplégique, paraplégique, hémiplégique.

La contracture d'un membre supérieur est assez rare; dans ce cas, le membre est dans la flexion, le bras dans l'adduction, Tavant-bras en supination et demi-fléchi sur le bras, la main fléchie sur le poignet, le pouce recourbé dans la paume de la main, et recouvert par les doigts fortement fléchis. Dans la contracture du membre inférieur, c'est l'extension qui domine. Quand il y a paraplégie, le membre est dans l'adducation forcée, les genoux sont rapprochés l'un de l'autre et les pieds présentent une attitude caractéristique (pied bot hystérique) : le talon est élevé, le tendon d'Achille saillant et tendu, la face dorsale du pied renversée en dehors, sa face

plantaire excavée regarde en dedans et en arrière, la malléole externe très proéminente. La pointe du pied est fortement abaissée et les orteils sont fléchis (Richer).

11 est assez rare d'observer la forme croisée, dans laquelle le membre supérieur d'un côté et le membre inférieur du côté opposé sout frappés.

Ce qui est assez fréquent, c'est la forme périarticulaire au pied et surtout à la hanche. Lorsque les muscles du pied sont atteints, on observe ordinairement la variété de pied bot varus équi il, parfois la variété de varus direct; à la hanche, la contracture des muscles de la région pclvitrochantérienne, qui donne naissance à la coxalgie hystérique, spasmodique, nerveuse.

Dans ce cas, comme dans tous ceux où il y a doute si l'on a affaire à des hystériques, il faut avoir recours, pour le diagnostic, à la chloroformisation, qui permet d'établir la nature hystérique de l'affection*

L'électricité, la suggestion, les douches froides ont fait disparaître dans certains cas ces contractures; dans d'autres cas elles ont résisté à tout traitement et on les a vues se prolonger pendant des mois et des années. Mais, quelle que soit leur intensité, elles disparaissent momentanément sous l'influence des deux médications : le sommeil anesthésique et la compression faite d'une manière active sur le membre contracture.

Pitres, de Bordeaux, pense que les contractures des hystériques sont un phénomène toujours provoqué. D'après lui, on ne voit pas de contractures en dehors des quatre modes d'excitation suivants : cutanée, musculaire, ostéo-fibreuse et psychique. De môme que leur apparition est toujours provoquée, de même leur disparition est un fait purement artificiel qui résulte de l'emploi de certains moyens propres à modifier la modalité du système nerveux : massage, insufflation, hydrothérapie. La compression par la bande d'Esmarch que Ton applique avec succès contre ces contractures expérimentales, agit sans doute par le même procédé.

A côté de ces contractures il faut placer la paralysie, qui apparaît et disparaît avec une extrême rapidité. Cette paralysie, qui porte souvent sur les membres inférieurs, présente cette particularité curieuse qu'elle ne s'accompagne pas toujours de troubles trophiques, et l'on voit souvent des paraplégiqueshyslériques recouvrer en un instant l'intégrité de leurs mouvements. C'est ici que l'électricité, l'hydrothérapie et la suggestion peuvent nous donner des cures inespérées. En ce qui concerne la paralysie musculaire chez les hystériques, l'opinion courante veut que cette paralysie soit simple et ne s'accompagne dans aucun cas de troubles de nutrition des muscles. 11 faut revenir sur cette opinion depuis que Charcot a démontré la possibilité d'un certain

Troubles

de la

sensibilité.

i80 LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE,

degré d'atrophie des muscles chez les hystériques avérés atteints de paralysie d'origine purement névropathique. Quant aux troubles de la sensibilité (1), je ne reviendrai

(1) Les troubles de la sensibilité sont assez fréquents dans l'hystérie, mais ceux qui s'observent sont le plus souvent du côté de la peau :

l'hyperesthésie et l'anesthésie. L'hyperesthésie ou dermalgie, qui se rencontre le plus fréquemment dans l'hystérie aiguë, d'après Briquet, peut offrir plusieurs degrés ; le tact acquiert une sensibilité telle que les plus légers contacts, que l'air même provoquent une impression désagréable, et dans quelques cas même de la douleur. La dermalgie peut débuter par un point limité, puis de là gagner tout le corps; elle peut également être localisée et atteindre une moitié du corps, la face antérieure ou la face postérieure, un ou plusieurs membres. Elle s'accompagne aussi dans quelques cas, au début, d'agitation, d'excitation cérébrale (Briquet), d'engourdissements et de fourmillements dans les membres; parfois aussi on a constaté des douleurs dans les parties sousjacentes. Limitée à la région mammaire, elle peut provoquer une douleur vive de la glande et faire penser a une maladie grave (Astley Cooper, Landouzy). Localisée à la main ou au pied, elle empêche la préhension ou la marche; si elle atteint le thorax, elle gêne la respiration; si c'est la vulve et l'entrée du vagin, les rapports sexuels deviennent impossibles.

L'hyperesthésie coexiste quelquefois avec l'anesthésie dans certains points : hyperesthésie d'un côté du corps, anesthésie de l'autre côté.

Les muscles superficiels sont fréquemment atteints; sur 430 cas

d'hystérie, Briquet n'en a trouvé, qu'une vingtaine qui fussent exempts d hyperesthésie musculaire. Les pressions, les attouchements légers provoquent de la douleur, et cette douleur réside dans le muscle luimême et siège surtout aux points d'attache des muscles.

La myoxalgie ne survient que chez des sujets qui ont déjà eu des accidents hystériques (Briquet); elle apparaît après une attaque de convulsions, ou lentement, graduellement»

chez des hystériques atteintes d'anémie et en proie à des chagrins.

La myoxalgie ne s'accompagne d'aucune inflammation ni d'aucune lésion musculaire. Elle ne survient que chez des sujets qui ont déjà eu des accidents hystériques et apparaît soit après une attaque convulsive, soit lentement et graduellement chez des hystériques atteintes d'anémie et en proie à des chagrins ou à des affections morales tristes (Briquet). Sa durée est variable, elle cesse avec les causes qui l'ont produite ou sous l'influence d'un traitement approprié.

La céphalalgie, considérée par quelques médecins comme une névralgie, une migraine, est pour Briquet une hyperesthésie musculaire :

elle est caractérisée par des points douloureux soit au front, soit à la tempe, soit à la région occipitale»

soit au sommet de la tête. Le clou hystérique siège le plus ordinairement au vertex ou à l'angle antérieur des pariétaux; il occupe une étendue variable, ayant la largeur d'une pièce de 2 francs jusqu'à celle d'une pièce de 50 centimes ; il pro-

pas sur les névralgies, et je vous dirai seulement quelques mots de l'anesthésie. C'est là, comme vous le savez, un

roque une douleur assez violente parfois pour arracher des cris aux malades, et donne la sensation d'un fer chaud, d'un morceau de glace ou d'un clou qu'on enfoncerait dans le crâne.

L'épigastralgie est extrêmement commune (317 cas sur 358 ont été observés par Briquet); elle peut siéger dans les muscles droits de l'abdomen et accompagner la gastralgie. Elle précède le plus souvent l'attaque d'hystérie, augmente pendant et persiste encore quelque temps après ; elle est vive, et s'exaspère sous l'influence de la pression, de la marche, de la toux, des émotions morales ; elle gêne les mouvements et entrave la respiration.

La rachialgie, ou hyperesthésie des muscles du rachis et des vertèbres, est également fréquente (sur 430 cas, elle a été notée 306 fois par Briquet). Gomme l*épigastralgie,elle siège le plus souvent à gauche, et plus souvent dans la moitié supérieure du rachis que dans la moitié inférieure. La douleur peut être très fugace et légère; elle peut aussi être très forte et permanente et faire croire à un mal de Pott ou à une maladie de la moelle. La pression réveille cette douleur où l'exaspère quelquefois à tel point, qu'elle provoque de la suffocation, de la dyspnée, des battements de cœur, de la strangulation à la gorge et de la constriction de la glotte.

La pleuralgie est très commune chez les hystériques (sur 300 cas, Briquet l'a observée 283 fois). Elle est rare chez l'homme, elle s'étend en demi-ceinture le long d'un espace intercostal, partant de la gouttière

vertébrale, où elle semble une continuation de la rachialgie et se termine en avant, se confondant avec l'épigastralgie. Elle occupe ordinairement un espace de K à 5 travers de doigt au niveau des 5% 6% 7- et 8" côtes (Briquet). Elle est plus commune à gauche. La douleur est ou légère ou très intense et s'exaspère par la pression, la toux, les mouvements.

Sous le nom de cœlialgie, Briquet déerit l'hyperesthésie des muscles qui composent tant en avant qu'en arrière l'enceinte de la cavité abdominale; elle existerait chez la moitié des hystériques, et elle siège fréquemment dans les divers points de la paroi antérieure.

L'hyperesthésie des muscles de la partie antérieure du thorax constitue la thoracalgie. Elle est assez rare.

La miélosalgie ou hyperesthésie des membres se combine tantôt avec la dermatalgie et le plus souvent avec l'anesthésie de la peau correspondante.

Les hystériques présentent quelquefois de l'arthralgie et cette douleur se développe chez des sujets depuis longtemps en proie à la névrose, des douleurs dentaires (Sydenham), des névralgies faciales, intercostales, lombo-abdominales, des névralgies du coccyx. Rarement il y a de la névralgie sciatique. D'après Briquet, les véritables névralgies sont assez rares chez les hystériques, et chez elles ces maladies sont plutôt des complications que des effets directs de l'hystérie elle-même.

L'hyperesthésie peut aussi atteindre les organes des sens et leur faire acquérir une finesse extrême.

désordre à peu près constant chez les hystériques, mais qui

apporte dans leur existence assez peu de trouble pour que

- Lorsque l'hyperesthésie attaque le larynx et la partie supérieure de la trachée, elle donne naissance à la toux hystérique, à la suffocation pseudo-croupale et à l'asthme. La toux hystérique, plus commune chez les filles que chez les femmes qui ont dépassé la trentaine, n'est jamais un symptôme primitif. Elle peut être continue et ne cesser que pendant le sommeil, ou se montrer par accès et durer seulement quelques heures.

Le phénomène de la toux hystérique peut durer depuis quelques mois jusqu'à plusieurs années, et disparaître lentement ou brusquement. La suffocation pseudo-croupale est assez rare ; cependant elle a été telle, dans deux cas, que Michon et Velpeau ont pratiqué la trachéotomie. L'asthme (asthma uteri de Van Helmont) n'est jamais permanent, disparait souvent d'une manière brusque et alterne fréquemment avec un autre phénomène hystérique.

L'hyperesthésie des voies digestives donne naissance à la gastralgie et à l'entéralgie. La gastralgie peut être un des premiers signes de l'hystérie, et il est rare qu'elle apparaisse après vingt-cinq ans pour la première fois. Les malades commencent par perdre l'appétit, puis elles ont des goûts bizarres : mangent de la terre, de la craie, du charbon, etc.; ou ont des antipathies singulières, et ne peuvent ni voir ni manger tel ou tel aliment. Chez d'autres malades, les vomissements constituent le symptôme dominant; elles ne peuvent garder aucun aliment et le rendent avant même qu'il ait subi la moindre digestion.

La gastralgie peut éteindre com-

plètement l'appétit, le surexciter ou le pervertir. Quand les malades mangent, il n'est pas rare que Tingestion des aliments cause une douleur vive qui n'est calmée que par le vomissement. Les malades refusent alors de s'alimenter, et l'on comprend que, dans ce cas, la souffrance et l'inanition puissent rapidement amener la mort. À l'autopsie, on ne constate aucune lésion de l'organe.

Comme tous les symptômes hystériques, la gastralgie est sous l'influence des émotions morales. Elle peut cesser brusquement et être remplacée par un autre phénomène. L'entéralgie est assez rare ; Briquet ne l'a constatée que 20 fois chez 400 hystériques. Elle est caractérisée par des coliques plus ou moins vives, apparaissant et disparaissant brusquement, et accompagnées de ballonnement du ventre. En même temps, on observe de la constipation, et celleci est parfois telle, que les malades restent des semaines sans aller à la garde-robe.

On rencontre encore d'autres hyperesthésies : la néphralgie, fort rare; la cystalgie et l'hystéralgie, soit du corps, soit du col de la matrice.

Wanesthétie est commune chez l'hystérique; elle peut atteindre la peau, les sens et les muscles. Elle est générale, unilatérale, ou elle n'occupe qu'une portion restreinte des téguments; elle est complète, c'està-dire qu'elle s'accompagne de l'abolition des sensations de contact, de température et de douleur, ou bien elle est incomplète. Elle peut paraître brusquement avant ou après

jamais une malade que Ton observe pour la première fois n'appelle votre attention sur cette perte de la sensibilité. J'ai

les attaques d'hystérie; quelquefois aussi elle survient après une hyperesthésie prononcée.

Le plus souvent, l'anesthésie s'in- . stalle sourdement, à l'insu de la malade, qui n'en a conscience que lorsque le médecin la lui fait connaître. Lorsque l'anesthésie est complète, on peut transpercer les membres avec un instrument piquant, et le malade n'accuse aucune douleur, son visage reste impassible, et la piqûre ne donne que peu oo pas de sang. Ces phénomènes expliquent les mutilations que se font certaines hystériques, elles expliquent aussi les attitudes des convulsionnaires de Saint-Médard.

L'anesthésie complète s'accompagne ordinairement d'un abaissement de la température, d'un ralentissement de la circulation capillaire de la partie anesthésiée, de fourmillements et d'engourdissement dans les parties voisines et d'une faiblesse musculaire appréciable au dynamomètre» Quand l'anesthésie est très étendue, elle peut se compliquer de céphalalgie; quel que- soit l'espace qu'elle atteint, elle n'occupe jamais (Briquet) que les parties animées par les nerfs provenant de l'encéphale ou du prolongement rachidien ; jamais elle n'affecte celles qui reçoivent les nerfs principaux du grand sympathique, telles que les poumons, le tube digestif, le cœur.

La forme la plus fréquente d'anesthésie hystérique est l'hémianesthésie qui atteint la tête, les membres, le tronc d'un seul côté. Elle siège ordinairement du même côté que l'hyperesthésie organique et toujours elle s'accompagne d'un affaiblisse-

ment musculaire du même côté et souvent d'un abaissement de la température. Elle porte sur tous les modes de la sensibilité : sensibilité au tact, à la douleur, à la température; les organes des sens : la vue, l'odorat, l'ouïe et le goût sont également intéressés. Du côté de l'œil on observe i'amblyopie, l'achromatopsie, l'amaurose. Les deux yeux peuvent être atteints. Parfois un seul est affecté, et dans ce cas, l'œil sain suppléant à l'autre, les malades s'aperçoivent peu de leur affection.

L'amblyopie s'accompagne habituellement d'achromatopsie générale ou partielle : le violet disparait le premier, puis le vert, le rouge et enfin le bleu.

L'amaurose peut apparaître d'une façon brusque après une attaque d'hystérie (Briquet) ou sans aucun signe précurseur, en dehors des attaques (Landouzy).

L'oreille est plus rarement atteinte.

Du côté du nez on observe l'insensibilité de la pitui taire et la perte complète ou partielle de l'olfaction.

La perte de la sensibilité est plus souvent partielle. Du côté de la bouche : la muqueuse buccale est sensible d'un côté, insensible de l'autre; comme, du reste, une moitié des deux bords de la face interne des joues, de la voûte palatine, du voile du palais, des gencives.

Les saveurs ne sont plus perçues que d'un côté et, par suite de l'anesthésie, la mastication se fait mal.

Souvent on constate une insensibilité complète du voile du palais, et la titillation ne provoque plus aucun effet réflexe.

La durée de Yanesthésie est va-

m LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

vu à cet égard bien des malades présentant les désordres les plus étranges de la sensibilité ; j'ai observé le premier ce que j'ai appelé les femmes autographiques (1), et toujours c'est l'examen attentif du malade, mais jamais ses déclarations, qui nous a permis de constater ces désordres.

Le phénomène de Y autographisme dont on a rapporté récemment plusieurs exemples, ne se rencontre pas seule-1 ment dans l'hystérie; on le rencontre encore dans certaines variétés d'urticaire ; le doigt promené sur la surface de la peau permet de le produire avec facilité. On doit admettre, pour expliquer ce phénomène singulier, une prédisposition spéciale du système nerveux qui se rapproche sans doute de l'hystérie.

Cependant les troubles de la sensibilité jouent, au point de vue thérapeutique, un rôle important, parce que, lorsqu'ils disparaissent, on peut affirmer que la malade n'aura pas d'autres attaques d'hystérie, car il existe une relation

riable : elle peut être passagère ou plus en plus pour s'effacer au bout

se continuer pendant des mois, des de quatre à cinq heures. Les carac-

années; elle cesse avec les autres tères ainsi tracés sont assez saillants

accidents hystériques, ou sous Tin- pour que l'on puisse en tirer une

fluence du traitement, de l'applica- épreuve comme cela a été fait pour

tion des agents esthésiogènes. le musée de l'hôpital Saint-Louis.

(1) Dujardin-Beaumetz a signalé à Depuis la communication de Du-

la Société des hôpitaux, dans la jardin-Beaumetz , le nombre de

séance du 11 juillet 1879, le premier femmes autographiques s'est consi-

cas de femme autographique. Chez durablement accru et Ton a trouvé

cette malade, il suffisait de tracer sur cette même modification des vaso-

la peau des caractères ou des traits moteurs non seulement chez les hys-

pour voir se développer au bout de tériques, mais encore chez des

quelques minutes une saillie corres- hommes et des femmes indemnes de

pondant très exactement au point toute affection nerveuse. Ce symp-

touché, saillie qui dure plus ou moins tome serait donc une urticaire limi-

longtemps et qui, d'abord très limi- tée au point de la peau qui a été

tée et à contours fort nets, s'étale de touché (a).

(a) Dujardin-Beaumetz, Note sur les troubles vaso-moteurs de la peau observé* sur une hystérique, femme autographique (Bull, et mém. de la Soc. méd. des hop., t. XVI, 2* série, 1879, p. 197).

intime entre les troubles de la sensibilité cutanée et les troubles convulsifs. L'électricité statique, l'application des aimants, la suggestion, peuvent ramener cette sensibilité, mais le plus souvent d'une façon momentanée.

L'hystérie se manifeste quelquefois par des symptômes Hy*léric empruntés uniquement aux organes splanchniques : elle est alors viscérale, suivant le mot de M. Potain. Quand elle se présente sous cette forme, elle est susceptible de revêtir les marques d'affections très diverses, ce qui engendre la confusion et fournit matière à de nombreuses erreurs de diagnostic. On a décrit notamment sous le nom iPhystérie pulmonaire une certaine catégorie d'accidents qui h^cho ressemblent beaucoup à ceux de la tuberculose (hémoptysies .J^în. répétées, toux incessante, amaigrissement, sueurs). Cette pseudo-phtisie peut guérir radicalement, à la surprise de l'entourage et du médecin; mais on doit admettre aussi qu'elle est susceptible d'amener à son tour une phtisie véritable par suite de l'affaiblissement général qu'elle imprime aux malades. Cette éventualité rend difficile l'appréciation de certains faits. Mon élève Tostivint (a) a rapporté un certain nombre de ces faits d'hystérie pulmonaire observés dans mon service, mais ils ne sont pas tous très probants.

En tout cas on ne peut nier la réalité de ces manifestations viscérales de l'hystérie. Témoin ce cas observé récemment d'une /emme atteinte d'anorexie, d'amaigrissement extrême avec douleurs d'estomac et battements épigastriques. On pouvait croire d'abord à un cancer. Examen fait, il s'agissait simplement d'une hystérique invétérée atteinte de dyspepsie et de battements nerveux de l'aorte.

L'hystérie gastrique (b) est en effet une des phases les plus Hystérie

gastrique.

(a) Tostivint, De V hystérie pulmonaire. Thèse do Paris, 1888. 4fr) Ballet, Deux Cas de vomissements nerveux traités avec succès par V alimentation artificielle (Progrès méd.y 17 juin 1882, n° 24, p. 461). — Deniau, De l'hysté-

redoutables de cette névrose, car elle atteint la nutrition et amène au bout de quelque temps de tels désordres que les malades peuvent succomber. On entend par ce nom d'hystérie gastrique tous les troubles intestinaux que Ton observe chez les hystériques, depuis l'anorexie jusqu'aux vomissements incoercibles. Ces vomissements peuvent se présenter dans deux circonstances : ou bien ils succèdent à cette anurie si étrange décrite par Charcot(l), ou bien au contraire, ils se montrent d'une façon absolument essentielle. Dans le premier cas, on doit respecter ces vomissements ; dans le second cas, on doit, au contraire, s'efforcer de les faire disparaître ; aux moyens thérapeutiques dont je vous ai parlé à propos de la cure des vomissements, il faut ajouter le gavage et l'électricité.

Le gavage m'a donné dans certains cas d'excellents résultats au début de l'apparition des vomissements. Ballet a observé des faits analogues dans le service de Charcot, et vous trouverez dans l'excellente thèse de mon élève Deniau un certain nombre d'observations analogues prises dans mon service. Cependant pour espérer un succès, il est nécessaire d'intervenir à une époque peu éloignée du début des troubles gastriques; car, comme l'a très judicieusement fait remarquer Debove, les vomissements lorsqu'ils durent trop longtemps, amènent un tel affaiblissement de l'organisme, que toute intervention, lorsqu'elle est tardive, est impuissante (2).

(1) Edge a observé une hystérique cru pouvoir ainsi établir uneclassifichez laquelle l'anorexie était accom- cation palhogénique d'après laquelle pagnée d'une véritable incontinence il y avait lieu de distinguer cinq de l'urine et des matières fécales. variétés principales : par perversion

(2) Basset a fait une étude spéciale de la volonté; par diminution on des vomissements hystériques. Il a suppression du besoin de réparation ;

rie gastrique et de son traitement Thèse de Paris, 1883. — Huchard, Traité de* névroses. Paris, 1883. — Fabrc (de Marseille), De l'hystérie mscérale. Paris, 1882.

Ici Ton peut encore signaler les troubles des sens spéciaux Trouble» et en particulier ceux de la vue. Charcot a bien montré les altérations de la vision chez les hystériques (1) et j'ai observé moi-même avec le docteur Âbadie (2) un fait très curieux (Tamaurose subite chez une hystérique et qui a été guérie avec une grande rapidité par les applications métalliques. L'intervention de l'hystérie dans la production de certaines catégories de troubles visuels est un fait d'observation courante et si bien connu aujourd'hui qu'il en est devenu presque banal. Récemment plusieurs observateurs parmi

par troubles fonctionnels de la tunique musculaire de l'estomac ; par troubles de la sensiblité ; par troubles vaso-moteurs (Revue des sciences médic. deHayem, t. XXXIII).

(1) L'achromatopsie est presque toujours unilatérale, même dans les cas d'anesthésie générale; la perte de la vision des couleurs se produit daos l'ordre suivant de fréquence décroissante : violet, vert, rouge, jaune et bleu. Ce sont les couleurs appelées centrales, c'est-à-dire celles dont le champ visuel est le plus étroit, violet et vert, qui disparaissent les premières, tandis qu'au contraire ce sont les couleurs périphériques, dont le champ visuel est le plus vaste, jaune et bleu, qui disparaissent les dernières (a).

(t) Voici le résumé de cette observation :

Mlle X..., âgée de seize ans, se coucha le 21 janvier avec de la douleur de tête; elle n'avait jamais

éprouvé auparavant de phénomènes hystériques; le lendemain, 22, elle se réveille complètement aveugle.

L'examen de l'œil fait par Abadie ne démontre aucune altération du fond de l'œil.

On constate que la sensibilité cutanée est perdue des deux côtés du corps; on applique trois pièces d'or à la tempe gauche, et au bout d'une demi-heure la vision se rétablit de ce côté, mais à droite la cécité persiste. L'acuité visuelle à gauche est d'un dixième. On applique des aimants qui améliorent l'œil droit et la vue de l'œil gauche.

Le 5 février, l'acuité visuelle est de deux septièmes à gauche et d'un cinquième à droite; chaque application d'aimant ou de métal amène un état de léthargie; on emploie alors l'électricité statique et celle-ci complète la guéri son et la maintient définitive (b).

(s) Charcot, Des troubles de la vision chez les hystériques (Progrès médical, 1878, p. 37). — Bonnefoy, Des troubles de la vision dans l'hystérie. Thèse de Paris, 1874. — Baron, Troubles de la vision che% les hystériques et les hystéroépiUp tiques. Thèse de Paris, 1877. — Galezowski, Progrès médical, 1879, p. 39.

{h) Dujardin-Beaumctz et Âbadie, Cécité hystérique. Amélioration par la mèlallotkértpie et les aimants ; guirison complète sous l'influence de l'électricité statique {Progrès médical, 1879).

Conclusions.

lesquels Badal (de Bordeaux) ont attribué à cette cause l'origine de troubles semblables constatés chez des individus à la suite d'accidents de chemin de fer. L'existence simultanée de phénomènes nettement hystériques chez les patients (anesthésie pharyngée) donne à cette opinion une grande apparence de vraisemblance. .

Telles sont les considérations dans lesquelles je voulais entrer à propos du traitement de l'hystérie. Les indications thérapeutiques que je vous ai fournies sont loin d'être complètes ; cependant je les crois suffisantes pour combattre d'une façon utile les principales manifestations de cette névrose. Mais, ne l'oubliez pas, messieurs, et c'est par ces mots que je désire terminer, laguérison complète de l'hystérie est bien rare : à peine une de ses manifestations est-elle maîtrisée, qu'il en surgira d'autres et, malgré tout voire savoir et toute votre énergie, vous échouerez souvent contre ces troubles nerveux sans cesse renaissants qu'enfante l'imagination toujours inassouvie de l'hystérique.

SIXIÈME LEÇON

Sommaire. — Traitement de l'épilepsie. — Curabilité et incurabilité. — Traitement général. — Pathogénie et étiologie de l'épilepsie. — Épilepsie expérimentale. — Maladie de la moelle, des nerfs, du cerveau. — Causes de l'épilepsie. — Thérapeutique de l'épilepsie symptomatique. — Traitement antisyphilitique. — Révulsion. — Épilepsie essentielle. — Physiologie pathologique. — Traitement de l'épilepsie essentielle. — Médication empirique. — Caille-lait, valériane, jusquiame, belladone, narcisse des prés, pivoine, haschisch, nitrate d'argent, oxyde de zinc, sulfate de cuivre ammoniacal. — Bromure de potassium. — Historique. — Action physiologique du bromure de potassium. — Emploi du bromure de potassium contre l'épilepsie. — Résultais du traitement. — Régies d'administration du traitement bromure. — Des bromures. — Bromures alcalins. — Bromures métalliques. — Doses. — Mode d'administration. — Durée du traitement.— Curare — Coque du Levant et picrotoxine. — Traitement de l'attaque. — Traitement hygiénique.

Je désire consacrer cette leçon au traitement de la plus redoutable des névroses, au traitement de l'épilepsie (1). Lorsque Ton parcourt les nombreuses médications pro-

(1) L'épilepsie (haut mal, morbus pitations, douleurs d'estomac, césacer, hêrculeus, mal caduc, mal de phalalgie, bourdonnements d'oreille, Saint-Jean, etc.) se divise en épilepsie éblouissements, perception d'odeurs symptomatique, idiopalhique et sym- fortes, desaveurs diverses, hallucinapathique. Elle reconnaît deux formes tions de la vue, de l'ouïe. Quelquesprincipales, le grand mal (forme con- uns ont un irrésistible besoin de mar- ▼olsive) et le petit mal (forme non cher, de courir, de sauter; d'autres convulsive). Le grand mal est sou- présentent un changement manifeste vent annoncé par des prodromes du- de caractère, deviennent ou gais ou rant quelques instants (prodromes tristes; quelques-uns même ont de .prochains) ou plusieurs heures et l'excitation cérébrale, de l'excitation même plusieurs jours (prodromes génitale, des pollutions. D'autres éloignés). enfin se plaignent de ressentir une

Les sujets présentent des troubles sensation de froid, de chatouillement

divers, lassitude, étouffemenls, pal- ou même de douleur, qui suit ordi-

posées autrefois contre cette maladie, médications incertaines et inefficaces, on comprend facilement le découragement qui avait dû saisir certains médecins et qui avait fait

nairement une marche ascendante part du pied ou d'un point éloigné pour gagner la tète plus ou moins rapidement.

Que ces phénomènes, constituant ce qu'on appelle Y aura epileptica, existent ou qu'ils fassent défaut, le malade est pris brusquement de son attaque : il pousse un cri, perd connaissance et tombe comme foudroyé, le plus souvent en avant, n'importe où, n'importe sur quel objet, sans choisir saplace comme le fait souvent l'hystérique. Sa face est d'une pâleur cadavérique; toute sensibilité est abolie, le malade est dans le coma.

Bientôt arrive la période convulsive, la face se colore rapidement, des convulsions toniques immobilisent le malade, qui reste étendu sur le dos, la tète renversée en arrière ou inclinée sur le côté, le globe de l'œil caché sous la paupière, la face est convulsée, les dents sont serrées les unes contre les autres, les membres contractures, la main renversée, le pouce dans l'adduction, fléchi dans la paume de la main. La respiration s'arrête. Celte période de tétanisme fait bientôt place à des secousses brèves, rapides, puis à des convulsions cloniques qui deviennent de plus en plus rapides et de plus en plus étendues. Les membres, tantôt dans la supination, tantôt dans la pronation, la flexion ou l'extension, sont agités de secousses continuelles.

La face est colorée, rouge, le front plissé, les yeux roulent dans l'orbite, les paupières sont agitées de frémissements, les dents grincent, les mâchoires s'écartent et se rapprochent avec force au point de briser quel-

quefois les dents, la langue est mordue plus ou moins profondément, une salive spumeuse et sanglante s'échappe de la bouche. La respiration est convulsive, inégale, bruyante.

Le cœur bat avec force. Parfois il y a émission abondante et involontaire d'urine ou de matière fécale, quelques sujets ont même des pollutions.

Après une ou deux minutes de cette période, les convulsions se ralentissent, le malade pousse un grand soupir, la respiration devient profonde et large, et s'accompagne d'un ronflement sonore, le visage devient pâle, se couvre d'une sueur abondante, et le malade s'endort profondément.

Cet état apoplectiforme dure plus ou moins longtemps, depuis quelques minutes jusqu'à quelques heures, puis le malade revient à lui, hébété, étonné, tout à fait inconscient de ce qui s'est passé. Le plus souvent il est brisé, fatigué et accuse de la céphalalgie, til est même des sujets qui gardent quelque temps de l'hémiplégie et même de l'aphasie. D'autres, au contraire, se réveillent presque instantanément, dispos et avec toute leur présence d'esprit.

Pendant l'attaque, le pouls et la température offrent quelques modifications. Le pouls, avant l'accès, est rapide, serré et acquiert de la force à mesure que l'accès avance. La température s'élève pendant l'accès à 38°, 38°5 et même à 40° pendant les accès d'une grande intensité.

L'école de la S al pê trière enseigne* que tout accès épileptique s'accompagne d'une élévation de T°. Le fait a été contesté par Vitkowski, ou du

TRAITEMENT DE L'ÉPILEPSiE. 191

prononcer contre Tépilepsie un arrêt d'incurabilité; on comprend aussi pourquoi les anciens avaient attribué une origine divine à cette affection, et pour eux le morbus sacer.

moins soumis à une autre interprétation. Eu tous cas la durée de cette fièvre est très éphémère, de quelques heures au plus ; le maximum coïncide soit avec l'apogée du nombre des accès, soit avec le sopor ; si le mouvement fébrile persiste, après le retour de la connaissance, c'est qu'il existe une complication (Revue des sciences médic, 1888).

Du côté de l'œil on observe, pendant l'aura : soit un serrement et une contraction des artères de la rétine (Brown-Séquard, Kussmaul et Tenner), soit une hyperhémie rétinienne et une congestion encéphalique.

Quelquefois l'attaque peut passer inaperçue : c'est lorsqu'elle a lieu la nuit. Le malade raconte, étonné, qu'il a uriné dans son lit, qu'il s'est trouvé le matin couché au pied de son lit, qu'il a du mal de tête ; enfin, que sa langue est gonflée et lui fait mal. 11 a eu une attaque, s'est courbé en se débattant et s'est mordu ladangue, qui est plus ou moins profondément intéressée.

Les accès de l'attaque d'épilepsie n'ont rien de fixe, ni dans leur apparition ni dans leur durée ; ils peuvent ne paraître qu'à des intervalles éloignés, ou se reproduire très souvent, plusieurs fois dans la même semaine, dans la même journée; ils peuvent s'imbriquer, pour ainsi dire, s'enchevêtrer les uns dans les autres, et constituer Y état de mal.

Les attaques n'ont pas non plus toujours la même violence, et certains phénomènes convulsifs font défaut; les couvulsions peuvent être faibles, et tout se borne à une rai-

deur générale, à une convulsion limitée, à la projection d'un membre en avant ou en arrière ou sur le côté, à un besoin impérieux de se lever, de marcher, etc.; le malade ne crie pas, ne tombe pas, pâlit fortement, puis revient à lui, inconscient et hébété.

Le petit mal, forme non convulsive de l'épilepsie, est caractérisé par des absences, des vertiges, du délire.

L'accès arrive sans prodromes. Le malade est atteint brusquement, au milieu d'une lecture, d'une conversation, d'une partie de cartes, etc., et s'arrête brusquement, étonné; il devient pâle, a le regard fixe, hébété, fait quelques grimaces; puis, deux ou trois secondes après, il reprend son occupation, complètement inconscient de ce qui s'est passé. D'autres malades tombent brusquement de leur hauteur ou glissent d'un siège, et se relèvent sans s'apercevoir de leur chute. D'autres au milieu d'une occupation, se lèvent, sortent de chez eux et reviennent sans qu'ils se souviennent de leur sortie, de leur promenade. On en voit qui, brusquement atteints, présentent quelques contractions musculaires, de la pâleur de la face, mais continuent, machinalement, d'une façon automatique, l'acte qu'ils avaient commencé.

D'autres malades sont pris de délire plus ou moins violent, de parole et d'action : subitement ils prononcent des paroles incohérentes, font des gestes bizarres, gesticulent violemment, où éprouvent le besoin de marcher, de courir, etc. Sous l'influence de ce délire impulsif et instantané (Falret), quelques-uns se

le morbus divinus témoignait assez que cette maladie était le plus souvent au-dessus des ressources de l'art. De u Mais ces sentiments de défaillance ne doivent plus exister;

dV'rép!? nous avions déjà trouvé dans les bromures une médication lepsie. qUj nous permet c^'être maîtres des attaques chez la moitié des épileptiques, et récemment, nous avons expérimenté un certain nombre de médicaments, appartenant à cette série aromatique qui nous avait déjà dotés de tant d'utiles préparations, médicaments qui, par leur action sédative manifeste sur le système nerveux et principalement sur Taxe cérébrospinal, nous permettent d'entrevoir la possibilité de la cure de l'épilepsie ou tout au moins de ses manifestations convulsives; je veux parler de l'acétanilide et de l'antipyrine.

On peut affirmer que tous les médicaments, ou à peu près tous, ont été employés contre l'épilepsie; vous n'espérez pas de moi rémunération absolument inutile de ces agents thérapeutiques ; je passerai rapidement sur certains d'entre eux pour n'insister que sur les médications véritablement efficaces. Pour mettre plus d'ordre dans cette exposition, je diviserai le traitement de l'épilepsie en deux parties : traitement général et traitement des attaques.

Traitement Pour bien saisir le traitement général curatif de l'épilepsie il est nécessaire d'entrer ici dans quelques détails sur la pathogénie de cette affection, car tantôt l'épilepsie est manifestement en rapport avec une lésion du système ner-

livrent à des actes obscènes, cri mi- le moindre souvenir de leurs actes,

ncls, et se font arrêter sous l'incul- Ces accès peuvent durer plus ou

pation d'outrages à la pudeur, de moins, quelques heures ou quelques

vol, d'homicide, d'incendie. Puis, jours; ils peuvent aussi présenter

lorsque, après un temps plus ou des rémissions ou des exacerbations

moins long, ces malheureux 're- passagères, viennent à eux-mêmes, ils n'ont pas

général.

veux, tantôt, au contraire, cette lésion nous échappe, et nous disons alors que Tépilepsie est essentielle.

Pour Tépilepsie symptomatique, la physiologie expéri- ÉPuePtio mentale et la clinique viennent nous donner des preuves 8y ^S.*' certaines de l'influence des lésions du système nerveux sur le développement de cette névrose. Brown-Séquard, en effet, par ses curieuses expériences sur le cobaye nous a montré que Tépilepsie peut être produite par la section ou l'ablation des nerfs sciatiques, et, chose plus étrange et encore mal expliquée, que cette épilepsie expérimentale frappe non seulement l'animal mutilé, mais encore sa descendance; de telle sorte que des cobayes épileptiques, par lésion des nerfs sciatiques, donnent désormais, comme l'a montré Oberteiner, des produits épileptiques.

Ces mêmes symptômes se produisent lorsque l'on atteint ÉPueps«e la moelle ou que l'on touche le cerveau (a). Westphal,en mentale. frappant à coups secs la tête d'un cobaye, le rend épileptique; Hitzig, Eulenbourg, Landois, en excitant les couches motrices cérébrales des animaux, soit par des agents mécaniques, soit par des agents chimiques, soit par l'électricité, produisent des attaques d'épilepsie. On a même localisé ces points de l'axe cérébro-spinal dont l'excitation produit Tépilepsie, et Albertoni, Koloman-Balogh ont donné à cet égard des indications fort précises. Bartholow a été plus loin, et chez un malade qui avait la substance cérébrale à nu, il a pu, en électrisant cette substance produire Tépilepsie.

(a) Brown-Séquard, Recherches expérimentales sur la production d'une affection amruUive épileptiforme à la suite des lésions de la moelle épinière (Arch. de méd.t 1856) ; Researches on Epilepsy, its artificiel production in animais and its tUology, nature and treatment in man. Boston, 1 857. — Pietro Albertoni, Influence dm cervemu sur la production de V épilepsie (Rendicondilo del ricerche speriment*U cseguiU net gabinetto di fisiologia délia R. Universita di Siena. Milan, 1876. — Bartholow, Expérimental Investigation into the functions of the human brain (The American Journ. of the Med. Sciences, avril 1874). — WestphaJ, Berliner kUnische XYochenschrifl, n" 24 et 39, 1871. — Vulpian, Epilepsie chez un cochon d'Inde qui a subi la section des nerfs sciatiques.

CLINIQUE TflÉR., 6* édl't. III. — 13

Kpilopsio

traumatique.

La clinique (1) vient confirmer d'une façon absolue ces faits expérimentaux et les annales de la science renferment un grand nombre d'observations de blessures ou d'irritalion des nerfs qui ont déterminé Pépilepsie, et il a suffi d'enlever

(1) L'épilepsie reconnaît des causes multiples, qu'on peut diviser en prédisposantes et efficientes. Elle peut être syraptomatique, idiopathique ou sympathique. La maladie parait frapper plus souvent la femme que l'homme, et de préférence aussi les individus délicats, lymphatiques, nerveux. Elle se montre vers l'âge de la puberté ou de l'adolescence ; il est rare qu'elle apparaisse après vingt-cinq ou trente ans, et dans ces cas, si on l'observe chez un individu sain jusque-là, il y a tout lieu de la croire d'origine syphilitique.

L'épilepsie peut être héréditaire; léguée aux enfants par le père et la mère ou bien par les grands parents si la névrose a sauté une génération comme on le voit souvent. Les parents pouvaient ne pas être épileptiques eux-mêmes, mais seulement atteints de névroses ou d'alcoolisme chronique susceptibles de donner naissance à la maladie.

L'épilepsie, dont la cause première paraît résider dans une excitation anormale du bulbe, peut être symptomatique de lésions des centres nerveux ou de leurs enveloppes, de lésions de la moelle cervicale déterminées par la compression (Charcot).

Les expériences de Brown-Séquard ont montré, du reste, qu'on pouvait chez un animal provoquer des convulsions épileptiques en pratiquant la section d'une partie de la moelle.

Pour le professeur Lasègue l'épilepsie tient le plus souvent à une malformation du crâne, à une asymétrie de la face. La maladie s'ob-

serve souvent aussi à la suite de traumatisme du crâne, d'enfoncement des os et de compression de l'encéphale.

Dans ces cas l'application du trépan permet parfois la guérison, s'il n'y a pas eu d'altération de l'encéphale.

A côté de l'épilepsie vraie, il faut citer les convulsions épileptiformes qui surviennent dans certaines fièvres palustres, dans les empoisonnements par l'alcool, le plomb, le mercure; dans les maladies des reins, le mal de Bright, l'urémie; dans les cas de tumeurs cérébrales (cancer), dans la paralysie générale. Ces cas différent de l'épilepsie vraie en ce que très souvent il n'y a ni le cri initial, ni la pâleur caractéristique du visage, ni l'état comateux semblable.

La syphilis est une cause fréquente d'épilepsie : les crises sont d'abord éloignées, puis se rapprochent, puis se compliquent souvent de paralysie partielle, pouvant affecter la forme monoplégique ou hémiplégique.

Les émotions morales vives, la frayeur, la colère, la joie, le chagrin, l'épuisement nerveux amené par les excès intellectuels ou physiques, les douleurs vives, les névralgies, le froid, lestempératures extrêmes sont, pour quelques auteurs, autant de causes d'épilepsie.

La blessure d'un nerf sensitif (piqûre, contusion, déchirure par une esquille osseuse), la compression de ce nerf par une tumeur du voisinage, un névrome; la présence de larves d'insectes dans les sinus frontaux peuvent amener le développement de la névrose (épilepsie sympathique

ou la cicatrice vicieuse, ou le corps étranger enfoncé dans les tissus, pour obtenir une guérison définitive. Dans d'autres cas, ce sont des blessures ou des compressions de la substance cérébrale, soit par des esquilles, soit par des abcès, soit par des tumeurs, qui ont déterminé l'épilepsie; et Ton comprend que l'enlèvement des esquilles et la disparition de ces tumeurs aient amené la guérison complète. C'est dans ces cas que l'application du trépan à la cure de

ou réflexe), il en est de même des altérations ou des affections étrangères des différents viscères, de l'estomac, de l'intestin, du foie, des reins, des organes génito-urinaires.

On admet également des épilepsies gastriques, intestinales, etc. Quelques auteurs ont rapporté des attaques survenues, surtout chez des indi vidas pléthoriques, à la suite d'ingestions d'aliments indigestes ou irritants, ou même simplement d'écarts de régime. La présence de vers dans l'intestin, une constipation opiniâtre, ont souvent amené des convulsions chei des gens prédisposés. De même cbex certaines personnes il suffit de la plus légère lésion du col utérin ou d'un déplacement de l'organe.

La menstruation a une influence manifeste sur le développement et la marche de l'épilepsie. C'est, en effet, 1* plus souvent au moment de l'établissement des règles ou à l'époque de la ménopause qu'on voit apparaître le mal caduc. Les progrès de la science ont fait abandonner graduellement l'hypothèse d'une épilepsie essentielle, non syroptoinatique. Ainsi Chaslin (Soc. de Biologie, M janvier 1889) a reconnu sur quatre cerveaux d'épilepliques l'existence d'une sclérose atrophique de la névroglie, qu'il attribue à une lésion de développement ou d'évolution

d'origine héréditaire. Cette lésion serait le point de départ des crises épileptiques. On peut inférer de ces recherches qu'il y a vraisemblablement une altération des centres nerveux à l'origine de toute affection épileplique. La doctrine des localisations cérébrales est venue apporter à cette opinion un puissant appui en servant de prétexte, dans un grand nombre de cas, à une intervention chirurgicale (trépanation) suivie de succès.

Veysset (Thèse de Paris, 1889) a fait des recherches intéressantes à la suite desquelles il a cru pouvoir conclure à une relation fréquente et étroite entre l'épilepsie et les maladies infectieuses. Le lien intermédiaire serait l'altération parenchymateuse du cerveau déterminée par la maladie, ou l'infection du sang par les ptomaïnes développées au cours de celle-ci. En tous cas l'auteur qui ne rapporte pas moins de soixante observations personnelles, se prononce formellement contre la réalité d'une épilepsie idiopathique essentielle.

Enfin il est une foule d'autres causes qui agissent par suite d'une véritable idiosyncrasie : la perception de certaines odeurs, la vue de certains objets, quelquefois la disparition des dartres, etc.

l'épilepsie symptomatique donne de bons résultais; vanlé autrefois par les anciens d'une façon empirique, le trépan, dans ces dernières années, a repris la place qu'il devait occuper, et cette place est assez considérable pour que nous voyions en Amérique un seul médecin pratiquer, en cinq années, vingt-trois fois cette opération dans des cas d'épilepsie et obtenir sepl guérisons définitives. Etcheverria, dans son importante statistique qui porte sur cent quarantecinq cas, nous a montré que quatre-vingt-treize fois le trépan avait amené la guérison (1).

Récemment encore Horsley, Péan, guidés dans ces tentatives hardies de la trépanation du crâne par les connaissances précises que nous possédons actuellement sur les localisations cérébrales, ont pu, par l'ablation de tumeurs situées dans les méninges ou dans la substance corticale du cerveau, amener la guérison des phénomènes d'épilepsie partielle causés par la présence de ces tumeurs. Épuepaic C'est dans le même groupe qu'il faut placer la médication "«que. antisyphilitique ; car le plus souvent la relation qui existe entre cette névrose et la syphilis s'explique par la présence de gommes ou de tumeurs osseuses comprimant le cerveau et la moelle, et l'on comprend facilement, comme nous l'ont montré Fournier et Dreschfeld (a), qu'un traitement ad hoc

(1 ) Voici la statistique d'Etchever- Aggravation 1

ria : Morte 28

Guérisons 39 Mason Warren cite, sur dix cas de

Améliorations 18 trépanation, trois guérisons, deux

Pas do changement 5 améliorations, cinq morts (6).

(a) Fournier, De l'épilcprie syphilitique tertiaire (Union médicale, 1875); Affection syphilitique des nerfs (Mouv. méd., 1875-1876) ; Syphilis du cerveau. Paris, 1880 ; De l'épilepsie syphilitique secondaire (Ann. de dermatologie et de syphiligraphie, 1880). — Dreschfeld, De l'épilepsie syphilitique (Brit. Med. Journ., 1876).

(b) Du trépan contre l'épilepsie (Boston Med. and Surg. Journ., 1872).— Etchcverria, Sur la trépanation dans l'hystérie par traumatisme du crâne (Arch. méd. Paris, 1878, t. 11, p. 529 et 652). — Mason Warren, Boston Med. and Surg. Journ.,

puisse guérir cette névrose. C'est encore ici qu'il faudrait placer les accidents épileptiformes occasionnés par la présence des vers intestinaux et qui disparaissent avec la sortie des helminthes qui les ont provoqués ; c'est encore ici que l'on pourrait placer la castration, que Marshall Hall a osé proposer dans les cas d'épilepsie rebelle liés à des troubles des fonctions génitales.

Autrefois on soutenait que Pépilepsie résultait, d'une in- épiiepsie flammation chronique du cerveau et de la moelle ; on avait e°HMiiire' même constitué une variété d'épilepsie qu'on décrivait sous le nom à9 épiiepsie pléthorique. Morgagni, Fothergill, surtout Bouchet et Gazauvieilh (a) avaient soutenu cette doctrine de l'origine inflammatoire constante de l'épilepsie (1); aussi

(1) L'examen nécroscopique de l'épilepsie donne bien souvent des résultats tout à fait négatifs et rien ae vient expliquer les phénomènes observés pendant la vie ; d'autres fois cependant on trouve des altérations, soit anciennes, soit récentes, auxquelles on rapporte les phénomènes de la maladie. Laissant de côté les lésions des membres ou de certains viscères qui provoquent l'épilepsie sympathique ou réflexe (blessure des nerfs sensitifs, affections de l'estomac, de l'intestin, des organes génitaux, etc.), nous rappellerons les principales altérations décrites par les auteurs.

Du côté du crâne : un épaississemeot, une déformation soit par enfoncement à la suite de fractures, soit par la présence de corps étrangers, de tumeurs osseuses ; des vices de conformation, une asymétrie crânienne, un développement moindre de la face (Dumas, Lunier), enfin

une asymétrie fronto-faciale. D'après Lasègue, qui s'est beaucoup occupé de cette question, les asymétries qu'on observe chez les épileptiques semblent répondre à deux types : ou la face a subi ces mouvements de rotation en sens inverse du frontal, ou elle est entraînée dans la môme direction. Dans le premier cas, à la saillie frontale droite répond une saillie molaire gauche ; dans l'autre, les saillies se dessinent du même côté. La première forme est la plus commune.

Les lésions de l'encéphale sont pour les méninges : un épaississement de la dure-mère, l'ossification de la faux du cerveau, delà tente du cervelet, des fongus, des abcès, l'adhérence à l'encéphale de la pie-mère épaissie, des tumeurs, des kystes, des plexus choroïdes, les lésions de la méningo-encéphalite.

Le cerveau présente : de la pâleur ou de la congestion, du ramollisse-

(«) Bouchet et Caxauvieilb, De l'épilepsie considérée dans ses rapports avec r aliénation mentale. Recherches sur la nature et le siè§e de ces deux maladies (Arch. gén. de méd.y 1826, t. IX, p. 510, et t. X, p. 5).

avaient-ils conseillé comme traitement les saignées et une méthode révulsive aussi énergique que possible, telle que l'application de cautères, de pointes de feu, de vésicatoires et surtout de sétons. Cette médication est aujourd'hui complètement, abandonnée, elle n'a fourni d'ailleurs aucun résultat bien certain et elle était basée sur une hypothèse que les récentes recherches anatomo-pathologiques sur l'épilepsia essentielle n'ont pas confirmée.

Briconet Bourneville (a) ont décrit sous le nom d'épilepsie procursive une forme particulière caractérisée par ce fait que les accès ordinaires sont remplacés par une course ou propulsion rapide en ligne directe suivant l'axe horizontal du corps. Cette forme peut se transformer peu à peu pour s'iden-

ment ou de l'induration des substances blanche et grise, l'atrophie ou le développement incomplet des lobes cérébraux, des tumeurs de diverse nature, des tubercules, des cancers, des kystes, l'hypertrophie de la glande pituitaire, l'asymétrie ou encore l'inégalité de poids des hémisphères cérébraux; le poids moindre du cervelet, l'induration sclércuse et l'atrophie de l'une ou des deux cornes d'Amraon ou le ramollissement de ces mêmes cornes. On peut considérer ces lésions comme étant de date déjà ancienne, au moment de la mort ; parmi les lésions récentes ou paraissant telles, et jugées comme consécutives aux attaques elles-mêmes, on rencontre :

si la mort est survenue pendant ou immédiatement après une attaque, certains phénomènes de l'asphyxie; des ecchymoses sous la peau du crâne, des ecchymoses sous-pleurales, de la congestion des poumons,

du foie, de la rate, des reins, de l'injection avec taches ecchymotiques de la pie-mère, etc.

L'hyperhémie cérébrale, si fréquente, siège plutôt au niveau de la moelle allongée, dans la substance grise de l'isthme de l'encéphale; et cette hyperhémie entraîne avec elle divers changements de texture (ramollissement ou induration, hypertrophie, etc.). La congestion, avec dilatation vasculaire énorme, et le ramollissement se rencontrent souvent aux points d'origine des nerfs qui ont été animés de convulsions (hypoglosse, pneumogastrique); de même on a constaté la pigmentation des cellules ganglionnaires du sympathique cervical.

Les travaux de Luys et de Voisin (b) ont montré que les lésions peuvent se rencontrer non seulement dans le bulbe, mais encore dans la substance corticale du cerveau, dans le cervelet et les pédoncules cérébelleux.

(a) Bourneville et Bricon, Arch. de neurologie, 1888.

(b) Luys et Voisin, Arch, de méd.} décembre 1869.

tifier finalement avec l'épilepsie ordinaire. Le pronostic paraît être plus grave que dans cette dernière. L'anatomie pathologique a révélé l'existence de lésions presque constantes, qui paraissent siéger de préférence au niveau de la portion cérébelleuse de l'encéphale; cette dernière localisation rendrait compte de certains symptômes bizarres observés chez quelques malades (rotation, mouvement de manège). L'étiologie est à peu près inconnue.

Ladome a confirmé pour une part les recherches de Bourneville et Bricon. Il considère pareillement l'épilepsie procursive comme une forme propre à l'enfance et à la jeunesse. De plus il admet qu'elle aboutit souvent à la folie; mais il n'admet pas qu'il y ait de lésion constante des centres, pas plus du côté du cervelet que du côté des autres parties de l'encéphale.

Vous savez que, depuis les travaux de Schrœdervan der Kolk (a) et ceux d'Etcheverria, on a trouvé le plus souvent à l'autopsie des épileptiques des altérations portant sur le bulbe et caractérisées par un exsudât albumineux intercellulaire et des ectasies capillaires ; mais on peut se demander si ces lésions ne sont pas plutôt la conséquence des attaques d'épilepsie que leur cause réelle. Quoi qu'il en soit, il est certain que le bulbe joue un rôle prédominant dans l'épilepsie, et c'est par des modifications survenues dans la fonction du bulbe que l'on explique aujourd'hui les accès convulsifs.

La première phase de l'attaque, celle qui correspond au cri initial, à la perte de connaissance et à la contracture rioI°*le

. ' r patbolo-

tétanique de tous les muscles de l'économie, résulterait giq«o. d'une excitation du bulbe qui entraînerait l'anémie subite du cerveau et du bulbe lui-même. Puis l'asphyxie, consé-

(«) Schrœder Tan der Kolk, Ban. u. Functionem d. medulla tpinalis u. oblongela, «. nachtte Ur tache und ration. Behandlung d. Epilepsie, traduit du hollandais par W. Theile. Brunswick, 1859. — Etcheverria, On Epilepsy. New-York, 1870.

Phy-

quence de cet étal tétanique, amenant une congestion passive de ces même organes, ceux-ci reprendraient leurs fonctions et Ton verrait alors apparaître les convulsions cloniques, le stertor et la coloration bleuâtre de la face qui termine l'attaque. Cette prédominance du bulbe dans les phénomènes épileptiques nous indique lavoie thérapeutique que Ton doit suivre, et tout médicament qui viendra diminuer l'excitabilité bulbaire et l'anémie cérébrale, qui en est la conséquence, sera applicable à la cure de l'épilepsie. Mais avant d'aborder le traitement physiologique du morbus sacer, permettez-moi de dire quelques mots du traitement empirique.

du Les simples ont toujours joui d'une grande réputation

l^pirt^o! dans le traitement de l'épilepsie, et le vulgaire a accordé des vertus curatives héroïques à certaines plantes indigènes ; je dois donc vous dire quelques mots de ces différents végétaux qui, pour certains médecins, jouissent, à tort ou à raison, de vertus antiépileptiques.

Tintement Le caille-lait blanc et le caille-lait jaune (Gallium verum et végétai. Qanium mollugo) seraient des plantes possédant des vertus toutes spéciales dans la cure de l'épilepsie, si l'on s'en rapporte aux expériences de Jourdan et de Miergues fils; je crois même qu'il existe encore en France certaines communautés religieuses où Ton traite l'épilepsie soit avec le jus exprimé, soit avec l'infusion de cette plante.

La valériane, que nous avons déjà vu employer pour la cure de l'hystérie, entre aussi dans un grand nombre de préparations dites antiépileptiques, et depuis la célèbre guérison de Fabius Columna, membre d'une des familles les plus influentes de Naples, on a beaucoup employé cette valériane dans le traitement qui nous occupe ; Panarole, Gruger, Marchand, Tissot, Gibert, Bietl ont donné sur cette médication des observations favorables.

TRAITEMENT DE l/ÉPILEPSIE. 201

Je passerai rapidement sur la jusquiame, vantée par De u Storck et Hufeland; sur le narcisse des près (1), qu'ont beUtdoneemployé avec succès Dufrénois, Vieillechèse, Loiseleur-Delonchamps; sur la feuille d'oranger, conseillée par Larcher; la pivoine, indiquée par Portai, pour arriver à la belladone qui, avant l'introduction des bromures dans la thérapeutique, était une des médications les plus vantées contre Tépilepsie, médication à laquelle Trousseau avait apporté l'appui de son expérience et de son autorité. On administrait cette belladone sous forme de pilules, contenant 1 centigramme de poudre et 1 centigramme d'extrait ; on donnait une pilule matin et soir le premier mois et tous les mois on augmentait d'une pilule jusqu'à faire prendre vingt pilules matin et soir.

Toutes ces médications, y compris celle par la belladone, sont aujourd'hui complètement abandonnées; elles ont dû céder la place à des médicaments plus actifs et plus énergiques, et si je vous les ai signalées ici, c'est parce qu'elles appartiennent à l'histoire de la thérapeutique de Tépilepsie.

À côté de ces substances végétales, il faut placer les sub- Médication stances minérales qui ont été mises en usage contre le mal minért,c caduc ; ce sont surtout des métaux qui ont été conseillés en pareil cas, et nous voyons successivement l'argent, le cuivre et le zinc employés dans la cure de Tépilepsie.

Quelle action physiologique pouvaient avoir ces métaux Du mimte dans un pareil traitement? c'est ce que nous ignorons en- d'*rgenL

(1) Girrard a retiré des bulbes du podermiques à la dose de 15 à

Sërciuus p$eudo-narci$$u$ un alca- 20 centigrammes, une salivation pro-

Uiidt qu'il appelle p$eudo-narci$$ine. fuse, un écoulement par le nez et les

Cet alcaloïde, expérimenté par Rin- yeux, des vomissements et une diar-

ger, aurait donné, en injectious hy- rhée légère (a).

(•) Girrard, The Proximate Principle of Narcissus pseudo-narcistu* (The PharvucentiaU Journ., n" 214, 377, 1877).

core ; peut-être faut-il invoquera ce propos les phénomènessi étranges observés dans le burquisme. Quoi qu'il en soit, on administrait l'argent sous forme de pilules de nitrate d'argent et cela à des doses assez prolongées et assez considérables pour produire une coloration de tous lés tissus. On citait' autrefois le cas d'un aide de camp du roi Louis-Philippe qui avait été guéri de l'épilepsie par cette médication, mais avait vu ainsi changer la couleur de sa peau. J'ai moimême vu, il y a une vingtaines d'années, dans les hôpitaux de Paris, un homme transformé en nègre (Blueman, comme on l'appelait) par l'usage interne du nitrate d'argent, mais qui, malgré cette intoxication, n'avait pu être guéri de sa terrible névrose.

Le euirre Le cuivre s'administre à l'état de sulfate de cuivre ammorimî niacal et l'on suit dans ce traitement les mêmes règles que dans la cure du tic douloureux de la face. Quant au zinc (1), Loxyde de c'est à l'état d'oxyde qu'on l'utilise, et c'est surtout Herpin

zinc.

(1) L'oxyde de zinc (fleur de zinc, 2° De dix à quinze ans, dose heblaine philosophique) est un corps domadaire de 1 gramme ; accroisseblanc insipide, inodore» insoluble ment hebdomadaire de 1 gramme ; dans l'eau et qu'on obtient en chauf- 3° De un à dix ans, dose hebdofant dans un creuset au contact de madaire initiale de 50 centigrammes, l'air du zinc métallique. Cet oxyde dose de i gramme pour la deuxième de zinc est administré à l'intérieur semaine, puis accroissement hebdosous forme de pilules ou de poudre madaire de 1 gramme ; à la dose de 20 centigrammes à l* De la naissance à un an, dose 1 gramme. hebdomadaire initiale de 25 centi-

Herpin (de Genève) employait grammes, augmentation de 25 centi-

l'oxyde de zinc de la façon suivante ; grammes par semaine jusqu'à 3*50,

1° Pour les adultes, on prescrit dose hebdomadaire maxima.

pour la première semaine 3 gram- Plus tard Herpin a substitué le

mes d'oxyde de zinc et i grammes lactate de zinc à l'oxyde de zinc, il

de sucre à partager en vingt doses; donnait ce sel à la dose hebdoma-

trois doses par jour, une heure après daire initiale de 3 grammes chez les

chaque repas ; on augmente chaque adultes et de 1 à 2 grammes pour les

semaine de 1 gramme jusqu'à ce enfants suivant leur âge.

qu'on ait atteint la dose hebdoma- On a aussi conseillé comme anti-

daire de 15 grammes, que l'on conti- spasmodique le valérianate de zinc.

nue pendant trois mois encore; Devay (de Lyon), Cerulli (de Parme),

qui s'en est fait le défenseur. Sur trente-six malades, il aurait obtenu vingt-huit guérisons en employant l'oxyde de zinc, ila dose de 10 centigrammes trois fois par jour et en augmentant progressivement les doses, jusqu'à faire prendre 6 grammes en vingt-quatre heures. Comme la médication végétale, la médication métallique du mal caduc a été abandonnée, et c'est à la médication bromurée que tout le monde a aujourd'hui recours (1 ) .

Martin-Solon ont publié les observa- 1857 4 .820

lions de guérisons de névralgies et *858 2 .000

de symptômes spasmodiques par Tu- l859 2 .51 7

sage de pilules de valérianate de *®j® 2.360

zinc de 5 centigrammes et en don- :?jji V™

nant de deux à quatre de ces pilules ig63 j? 'ii;

r*pi°ur- 1864...!..*....''!'.*..!'.]'.!'.!! 22^00

Plus récemment Luton a conseillé 1865 73 .530

d'employer contre les douleurs rhu- 1866 133 .300

matismales le cyanure de zinc et 1867 133 .643

voici la formule qu'il conseille : *868 211.650

Cyanure de zinc 20 centigr. 1870 389 .900

Eau distillée de laurier- 1871 316.690

cerise 25 grammes. 1872 529 .740

Potion gommeusc...... 100 — 1873 596.620

Koi%*- 1874 741 .358

Une cuillerée à bouche toutes les

heures (a). On voit done qu'en vingt ans la

(1) Pour juger de l'emploi toujours consommation du bromure de po-

croissant du bromure de potassium tassium qui était de 3*200 en 1855,

dans les hôpitaux, il suffit de se rap- s'est élevée en 1875 à 730*910, ce

porter aux chiffres suivants donnés qu{ vjent détruire l'assertion de cer-

par Lasègue et Regnauld, qui in- tajns médecins et, en particulier,

diquent la consommation faite à la celle de Drouet, qui prétendaient que

pharmacie centrale des hôpitaux de- ja médication bromurée ne doit avoir

puis Tannée 1855 jusqu'à Tannée qu'une vogue passagère et que le

*8~5. médicament serait abandonné comme

1855 3k.200 tous ceux qui ont été conseillés contre

1856 7 .100 Fépilepsie (b).

{a) Herpin (de Genève), Du pronostic et du traitement de l'épilepsie. Paris, 1852, et Bull, de thérap., 1855, t. XLIX, p. 97, 294, 413. — Devay, Sur le valirianaU de une {Ga%. tnéd. de Pari*, 1854). — Martin-Solon, Sur le valérianate de une dans les névralgies (Bull, de thérap., t. XXVII, p. 468). — Luton, Du cyanure de %inc [BwU. de thérap., 1877, t. XCIÏ, p. 97).

tt>) Drouet, Documents pour servir à Vhistoire du bromure de potassium (Ann.

Historique Lorsque Balard (1) eut découvert le brome et qu'il eut médian montré les grandes analogies qui existaient entre cette subbrouiurfe. stance et l'iode^ on songea à substituer le premier médicament au second et ce fut surtout dans le traitement des affections syphilitiques que Ton pensa à opérer cette sub-

(1) C'est en 1826 que Balard a découvert le brome. La première application qui fut faite de ce corps et de sa combinaison avec la potasse sous le nom à' hydrobromure de potasse fut dirigée contre la scrofule et le goitre. Deux ans après la découverte de Balard, en 1828, parut un travail de Pourché, agrégé de la Faculté de Montpellier, sur remploi thérapeutique du brome. Dix ans après, en 1838» le brome et le bromure étaient de nouveau expérimentés, cette fois à la Pitié dans le service d'Andral, et Fournet rendait compte de celte expérimentation. Puis, de 1840 à 1850, Ricord à l'hôpital du Midi s'efforce de substituer le bromure de potassium à l'iodure de potassium. Puche suivit cet exemple et donna jusqu'à 20 grammes de bromure de potassium aux malades.

Les deux internes de ce médecin, Rames (d'Aurillac) et Huette (de Montargis) étudièrent les effet! physiologiques et thérapeutiques du bromure de potassium. Le premier soutint sa thèse le 25 avril 1850 et le second le 8 mai de la même année.

Rames, dans son travail, montre que le bromure de potassium à haute dose détermine l'anesthésie; il expérimente sur les animaux ce médicament et il compare Faction générale du bromure aux symptômes qui caractérisent la paralysie incomplète des aliénés. Il signale la perte de la

sensibilité du pharynx qui rend les nausées impossibles et il indique l'engourdissement du sens génésique.

La thèse de Huette est beaucoup plus complète. Il signale d'abord tous les symptômes du bromisme, qu'il décrit avec grand soin, et montre l'influence du bromure de potassium dans le traitement de la syphilis.

Locock, en 1851, appliqua le premier le bromure de potassium au traitement de l'épilepsie, et sur 15 malades il aurait eu 14 succès. Radcliffe reprit ces expériences, affirma que le nom de sir Charles Locock devait être gravé dans le souvenir reconnaissant de tous les épileptiques. Locock avait basé ses expériences sur les résultats obtenus plusieurs années auparavant (1840-1842) par un Allemand, Otto Graf, qui avait expérimenté sur lui-même le bromure de potassium et avait constaté que 0" 60 de ce sel, trois fois par jour, administrés pendant quinze jours, avaient amené une impuissance virile temporaire ; c'est ce qui conduisit Locock à employer le bromure de potassium dans l'hystérie, dans Phystéro-épilepsie, puis dans l'épilepsie.

Williams, à l'asile d'aliénés de Northampton, fit une expérience sur 37 épileptiques : 19 hommes et 18 femmes. Le bromure fut donné pendant cinq mois ; les 19 hommes» qui avaient eu 1012 attaques en cinq mois, n'en eurent plus pendant la

méd.-psych., septembre 1873). — Lasègue et Rcgnauld, la Thérapeutique jugée par le* chiffres (Arch. tnid., 1877).

stitution. De 1840 à 4850, à l'hôpital du Midi, les médecins attachés à cet hôpital, et en particulier Ricord, employèrent, à la place de Tiodure de potassium, le bromure de potassium; les premiers travaux qui parurent à cet égard et qui montrèrent les propriétés physiologiques et thérapeutiques du bromure furent faits par deux internes attachés à cet hôpital, Rames (d'Aurillac) et Huette (de Montargis).

La thèse de Rames parut le 25 avril 1850, et celle de Huette quelques semaines après, le 8 mai de la même année; il y a peu de temps, le fils de ce dernier, le docteur

durée du traitement que 706, et chez un cas de guérison de l'épilepsie.

les femmes le chiffre des attaques Puis paratt en 1866, dans le Bul-

tombade 1127 à 970. letin de thérapeutique, le travail

La même année, en 1864, Robert beaucoup plus complet du docteur

Mac-Do nnell expérimenta dans l'épi- Voisin, qui était basé sur 24 obser-

lepsie ce médicament et en obtint vations de malades épileptiques.

les mêmes résultats que Locock. A partir de ce moment la médica-

Blache, en 1865, employa le même tion se généralise et Ton voit Falret,

médicament dans un cas d'hysléro- Legrand du Saulle, Paul Max Simon,

épilepsie. Lasègue donner les résultats de leur

Bazin et Besnier publièrent en 1865 pratique (a).

(a) Otto Graf, De Kalii Bromati efficacilate interna experimenlis illustrata. Lîpsiœ, 1840; Bromkalium, 1842. — Locock, The Lancet, 1857, t. I", p. 528. — Pourché, Observation sur l'emploi du brome et de Vhydrobromate de potasse dans la scrofule et le goitre {Ephémérides mid. de Montpellier, t. VIII, p. 45 à 54, 1828). — Fournet, De V emploi thérapeutique du brome dans V arthrite chronique (Bull, de thérap., t. XIV, p. 87). — Rames, Etudes sur les effets anesthésiques et thérapeutiques du bromure de potassium. Thèse de Paris, 25 avril 1850. — Huette, Recherches sur les propriétés physiologiques et thérapeutiques du bromure de potassium. Thèse de Paris, 8 mai 1850. — Williams, On the Action of the Bromed of Potassium, 1864. — Mac-Donncl, Observations à l'appui du traitement de certaines formes S épilepsie par le bromure de potassium (Dublin Quarterly Journ. of Med. Science, 1855, et Bull, de thérap., t. LXV1I, 1864. — Blache, Hystéro-épilepsie traitée par le bromure de potassium (Bull, de thérap., t. LXVII, 1864). — Bazin et Besnier, Epilepsie guérie par le bromure de potassium (Gai. des hôpitaux, 1865). — A. Voisin, Recherches cliniques sur le bromure de potassium et sur son emploi dans le traitement de l'épilepsie (Bull, de thérap., t. LXXI, 1866) ; De tetnploi du bromure de potassium dans les maladies nerveuses (Mém. de lAcad. 4e médecine, t. XXXI, 1875). — Legrand du Saulle, Pronostic et Traitement de t épilepsie (Gaz. des hop., 1868). — Lasègue, Recherches nouvelles sur l'action du brome et des composés (Arch. gén. de méd., 1865). — Voir pour l'historique, Voisin, Etude historique et thérapeutique du bromure de potassium (Arch. gin. de méd., 1873), et Huette (Georges), Histoire thérapeutique du bromure de potassium, Thèse de Paris, 1878. — Ferrand, De la curabilité relative de l'épilepsie é la Smlpétrière. Thèse de Paris, 1881, n° 212.

Georges Huette, dans une excellente monographie sur le bromure de potassium, nous montrait le chemin parcouru depuis les premiers travaux de son père. Ces travaux, tout en nous mettant en lumière les effets physiologiques, thérapeutiques et même toxiques du bromure de potassium, n'en signalaient aucune application à la cure des névroses et en particulier à celle de Tépilepsie.

C'est Tannée suivante que Locock, reprenant un travail fait bien des années auparavant par un Allemand, Otto Graf, qui avait reconnu sur lui-même l'action dépressive du bromure sur le sens génésique, appliqua ces données le premier, en 1851, au traitement de Phystéro-épilepsie et de l'épilepsie et montra que sur quinze épileptiques traités par ce moyen il y avait eu quatorze succès. Le nom de Locock doit rester dans l'histoire de la thérapeutique, et il mérite d'être signalé à la reconnaissance publique, puisque par l'heureuse application qu'il venait de faire du bromure de potassium, il nous permettait de faire disparaître les accès épileptiques dans la moitié des cas.

Après les travaux de Locock vinrent ceux de Radcliffe, de Brown-Séquard, et surtout le travail de Williams qui montraient que l'on pouvait, en cinq mois, diminuer d'une façon très notable le nombre des attaques, sur un nombre d'épileptiques donné. A partir de ce moment, le bromure de potassium était désormais employé exclusivement à la cure de l'épilepsie, elles travaux de Voisin, de Legrand du Saulle, de Falret, de Lasègue, etc., montraient dans notre pays les résultats avantageux que Ton pouvait en attendre.

Consultez ces documents, parcourez les diverses statistiques (1) fournies par ces médecins, et vous verrez que dans

(1) Legrand du Saulle a donné une de Bicêlre que dans sa clientèle pristatistique complète portant sur 272 vée, par le bromure de potassium, épileptiques soignés, tant à l'hospice Voici comment se groupent ces faits :

plus de la moitié des cas nous pouvons modifier heureusement la situation des épileptiques ; je dis modifier et non guérir, car je me range de l'avis de ceux qui ont soutenu que la guérison définitive dans Tépilepsie vraie, par la médication bromurée, était rare, sans être pourtant exceptionnelle. Hais on peut une fois sur deux faire disparaître les attaques,

Observations cliniques de la première série. — Suspension absolue de tout accident épilep tique, point de vertiges, d'accès incomplets ou de grandes attaques.

A. Pendant cinq ans 2

B. Pendant quatre ans 17

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