CHAPITRE SEIZIEME
Le réceptacle j les nectaires^ les bractées, les iiwolucres y la cupule et la spathe.
1*. Du réceptacle.
IjE pédoncule se termine par im organe particuliei-, le réceptacle ; son importance a été en grande partie méconnue : on s'est presque borné a ne le considérer que comme le point d'insertion des parties intérieures de la fleur, et , sous ce rapport, on la concentré au fond du calice, en donnant a celui-ci une extension qu'il n'a pas toujours. Cette idée a conduit à distinguer le réceptacle en complet et en incomplet. Il est complet lorsqu'il porte immédiatement toutes les parties de la fleur renfermées dans le calice ; il est incomplet lorsqu'il ne porte que l'ovaire et par suite le frnit : les autres parties de la fleur, telles que la corolle et les étamines, s'insèrent alors sur l'ovaire (ou plutôt sur l'orifice du réceptacle), comme dans les ombelles, ou, sur le calice (c'est-kdire sur les parois du réceptacle), comme dans la ronce, le
Ï)oirier, etc. : d'où vient qu'en d'autres termes on distingue e réceptacle du fruit d'avec celui de la fleur.
Cette différence , plus apparente que réelle , dans l'insertion des parties intérieures des fleurs, a fourni des divisions systématiques, et des caractères pour la formation des genres. En considérant le fond dn calice comme constituant seul le réceptacle , on a dit que le calice était inférieur et l'ovaire supé- 77Vz/r lorsque le pistil était attaché sur le réceptacle et non adhérent avec le tube calicinal ; que l'ovaire était inférieur et le calice supérieur lorsque cet ovaire était couronné par le limbe du calice. Dans le premier cas, l'ovaire est libre y en ce qu'il ne fait point corps avec le calice : dans le second cas, il est adhérent , il fait corps avec le calice , et se confond par la suite avec le péricarpe : c'est dans ce sens que Tournefort a dit qu'alors le calice devenait le fruit. Cette distinction est importante et mérite d'être conservée-j mais en même temps
( '50) il faut rendre ie calice et le réceptacle a leurs fonctions , et renfermer l'un et l'autre dans leurs véritables limites, ainsi que je vais essayer de le faire.
Le calice n'a essentiellement d'autre fonction que celle de venir an secours de la corolle pour protéger avec elle les organes de la fécondation, et la garantir elle-même, avant son développement , des intempéries de l'alraosphère : il ne nourrit, il n'entretient aucun autre organe; m.ais combien sont grandes, combien sont importantes les fonctions du réceptacle! C'est la qu aboutissent ces sucs nourriciers qui doivent compléter la grande merveille de la végétation dans la production des fleurs et des fruits; c'est la que vont paraître successivement ces organes sexuels destinés a la fécondation des semences ; ces précieux embryons qui n'attendent, pour se convertir en véritables fruits, que la liqueur qui doit les rendre féconds; c'est la, en un mot, que se perfectionnent et mûrissent ces fruits de toute espèce, sans cesse alimentés par le sein d'où ils sont sortis, il faut donc s'attacher à bien saisir cette différence qui sépare ie calice, cette enveloppe ordinairement sèche, aride, souvent de peu de durée, du réceptacle , qui est , dans un grand nombre de plantes , épais, charnu, visqueux, tapissé de glandes nombreuses, vrai foyer de chaleur et de vie : d'où il suit, selon moi, qu'il faudrait rapporter au réceptacle les portions prétendues du calice auxquelles sont attachés, dans plusieurs familles, les étamines et les pélales (voyez calice).
C'est pour avoir méconnu les fonctions et les bornes de ces deux organes, que l'on a avancé que, dans beaucoup de plantes, comme dans la famille des rosacées, les étamines et la corolle étaient insérées sur le calice : elles peuvent bien y être soudées en partie ( en prei-ant pour caijce la portion supérieure du réceptacle ) ; mais leur basé plonge nécessairement dans le réceptacle, qui, seul, peut les alimenter. Quand on a dit que, dans les ovaires inférieurs, le calice était adhérent avec l'ovaire, on l'a confondu avec une portion du réceptacle : ici, comme dans les autres espèces, le calice est toujours libre, entier ou a plusieurs divisions. La partie qu'on a regardée comme son tube, remplit, dans ces ovaires adhérens, les fjnctions du réceptacle, et lui appartient : cette partie est onctueuse, couverte de glandes a son intérieur; elle alimente les étamineset les pétales.
Le réceptacle est très-varié clans ses formes : tantôt il est plane, étroit, élargi, quelquefois a peine sensible; d'autres fois il est épais et pulpeux, convexe ou concave; creux et fermé, comme dans les liguiers; h demi ouvert, comme dans les amhora ; large et aplati , comme dans les dorsbui i ; replié sur lui-même et presque retourné, comme dans les arctocarpus : tantôt il est campanule, mais libre, détaché de l'ovaire, portant à sa partie supérieure et glanduleuse les étamines et les pétales : cette portion se dessèche quelquefois et tombe avec le calice, qui, dans cet élat d'aridité, en est alors peu distingué, comme dans l'abricotier, le pru-^ nier , etc. ; d'autres lois le réceptacle est adhérent et fait corps avec l'ovaire, dont il devient le péricarpe quand cet ovaire est passé a l'état de fruit. Quelques modernes ont donné au réceptacle proéminent le nom de gyuophore , le distinguant , par cette expression, comme un organe particulier, quand il n'est en effet qu'une simple modification, un développement du même organe destiné aux mêmes fonctions, comme dans la fraise , la framboise, etc. On a ajouté le podogyme , autre expression créée par la passion du néologisme; mais celui-ci n'appartient pas au réceptacle, il est le pédicelle d'un ovaire rétréci à sa base. J'en parlerai ailleurs.
2**. Des nectaires.
En traitant du réceptacle, je me suis particulièrement attaché à faire connaître ses fonctions, persuadé que d'elles seules dépend la modification d'un organe : ce sont ces mêmes fonctions qui doivent en déterminer les limites, comme elles en déterminent l'organisation. A la vérité, l'organisation échappe souvent a nos recherches ; elle est presque méconnue lorsqu'elle n'est point annoncée par les formes extérieures; mais n'est-on pas toujours fondé à en soupçonner l'existence, dès qu'il y a un changement quelconque dans les liqueurs que produit un organe, ou dans les parties qu'il développe? Ces deux conditions se rencontrent dans le réceptacle : c'est de lui que sortent ces nouveaux organes qui doivent concourir a compléter l'œuvre d* la fécondation, tels que les étamines, les pistils, et cette enveloppe qui les protège, la corolle; c'est pour elles qu'il distille ces liqueurs précieuses qu'ordinairement nous ne retrouvons
( ,5,. ) plus dans les autres parties de la plante, qui forment le pollen des étamines, la pulpe savoureuse des fruits, Parome des pétales, etc. : aussi u'est-ii pas ordinairement de parties plus abondantes en glandes excrétoires; elles s'y rencontrent sous tontes sortes de formes, deviennent une nouvelle preuve des fonctions particulières confiées au réceptacle, et de la surabondance de ses sucs nourriciers. On a donné à ces glandes le nom de nectaires , dont Linné avait un peu trop étendu le sens, mais qui, réduit k sa véritable signification, ne pourra plus s'appliquer à certains appendices de la corolle, ni a des filamens d'étamines avortées.
Tout porte a croire que c'est dans ces corps nectarifères qu'achèvent de se préparer les sucs fournis par le réceptacle, et destinés au développement des parties de la fructification. M. de Clairville a exposé a ce sujet des idées propres à jeter quelque lumière sur ces organes jusqu'alors trop peu connus \ Les nectaires sont donc des corps charnus, glanduleux, ordinairement placés sur le réceptacle, mais qu'on trouve aussi sur les autres parties des fleurs, et qui distillent des sucs différens de ceux sécrétés par les glandes des pétioles et des feuilles.
La forme des nectaires est très-variable : ordinairement ce sont des glandes , ou séparées et placées entre les filamens des étamines, comme dans les crucifères, etc., ou réunies en un bonrlet, en une sorte d'anneau k la base de l'ovaire, comme dans les personnées, les bignones, etc. Le nectaire, dans les rosacées, se présente sous la forme d'une lame épaisse, charnue, onctueuse, qui, au moment de la floraison , tapisse la surface intérieure du réceptacle prolongé en tube. Dans l'élégant parnasia, c'est un bouquet de glandes, partagé en cinq grajides écailles pétaliformes , divisées en six ou douze lanières très-fines, surmontées chacune d'une glande : quelquefois les nectaires sont de simples pores occupés par un suc mielleux, ou bien les divers appendices concaves de la corolle, les tubes, les éperons, au fond desquels on trouve une glande, comme dans la fumeterre bulbeuse, etc.
En étudia'it les fonctions de ces glandes nectarifères, il me semble que nous avons découNcrt la source féconde du
' Le hotani'-'ie sans maure, pag. i3G; ou'.rage bien conçu, bien écrit, €t (jui fait suite aux Lettres de J.-J. Rousseau sur la botanicjue.
( i53 ) parfum et de la suavité de nos fruits. Depuis l'instant où , faibles embryons, ils ont reçu dans l'ovaire le souille de la vie par la fécondation, ils n'ont cessé d'être abreuvés et perfectionnés par ces sucs alimentaires; mais leur surabondance est encore un autre bienfait qui ne doit point échapper à notre observation. CSous avons vu ce superflu se répandre en dehors, se réunir dans de petites cavités, dans des pores, des rainures, etc.-, sous la forme d'une liqueur douce et sucrée, qui se fait sentir aisément au palais de l'homme, et qui pourrait tenter sa sensualité, s'il lui était plus facile d'en disposer ; mais comment pourrait-il convertir ces sucs a son usage? quels instriimens inventera-t-il pour enlever ces parcelles a peine perceptibles? comment ensuite parviendra-t-il, même avec le secours de la chimie, a les mélanger, à les élaborer de manière à les réduire en une substance presqjie homogène? Ce que l'homme n'a pu faire, un faible insecte, une simple mouche l'exécute tous les jours : c'est a elle, à elle seule que la nature abandonne le superflu des sucs nourriciers du fruit; elle l'a en conséquence douée d'organes propres a exploiter ces biens précieux, auxquels son existence est attachée; elle lui a donné un suçoir très-délié pour pénétier dans les moindres replis des fleurs ; un estomac pour élaborer ce mélange de sucs divers, et les réduire en une substance homogène ; elle y a ajouté la faculté de les dégorger, et de les déposer dans des alvéoles pour'^limenter la larve ou la jeune abeille près de sortir de l'œuf, tandis que l'industrie de l'homme est ici bornée a dérober et a s'approprier, au milieu des aiguillons qui le menacent, les magasins de cette petite troupe ailée.
IN'examinons pas ici le droit de conquête, mais convenons que l'étude de la nature est l'objet le plus digne de nos contemplations , surtout lorsque, étendant la penspe , on chercha a saisir ces rapports admirables qui rendent les êtres dépendans les uns des autres. Nous venons de voir combien de simples glandes, à peine observées, nous sont devenues intéressantes : plus haut , nous les avons vues alimenter dans les fruits cette chaire savoureuse qui les enveloppe; maintenant nous y trouvons les sources fécondes d'où découle cette substance sucrée si délectable, que les anciens lui attribuaient une origine céleste On aurait peine à concevoir son Gxtrème abondance, si des milliers d'ouvriers n'étaient con-
( .5î ) tiniiellemciit occupés a l'extraire de ses réservoirs, et à en former des magasins si considérables, qu'ils suffisent à l'immense consommation que l'on en fait tous les jours, et que riiomme peut augmenter h volonté , en multipliant le nombre de ses abeilles '.
3°. Des bractées y des ùwolucres, des cupules et de la
spathe.
La conservation des fleurs est si importante, les organes qu'elles renferment si essentiels, que la nature a muliiplié les précautions, doublé les défenses, pour les garantir des accidens auxquels les expose leur délicatesse : tel, sans doute, a été son but dans la formation des bractées , petites folioles particulières placées soit a la base des pédoncules et des pédicelles , soit presque immédialement sous le calice, ou le long des pédoncules. Quelquefois elles diffèrent peu des feuilles, excepté par leur petitesse; plus sou\ eut elles ont une forme particulière. Considérées avant Tépanouissement des fleurs, les bractées les enveloppent àTextérieur,
» Vouloir tout expliquer par les causes finales, c''est souTcnt substit\ier au but de la nature les écarts d\ine imagination exaltée par la grandeur des phénomènes que nous offrent les œu\res de la création j clest rious écarter de la véritable route de FobserTation, pour nous jelcr dans le vaste champ des conjectures. Dans Texamen des organes des plantes, nos premières recherches doivent se porter sur les fonctions qu''i]s y exécutent, puis sur les rapports que leurs produits peuvent avoir a-\ ec ^es autres êtres de la nature. A la vérité, ces dernières considérations ne tiennent point essentiellement à Télude des a égétaux, mais elles Fembellisseut et lui donnent xm bien plus grand intérêt. Cesl ici qa''ilfaut êire très-réser-\ é dans l'application que Ton fait de ces rapports a-s ec Femploi que Thomme a su faire des végétaux ou de leurs produits Par ex,ëmple, nVst-ce pas tomber dans iVxcès, (:\\\e de prétendre que la vigne n'a été créée que pour nous procurer ime boisson agréable; le froment, que pour nous fournir un aliment quotidien ; que le qviinquina n'existe qi\e pour guérir la fièvre, etc.? A la vérité, rindusiriennmaine a su tirer parti de toutes les productions naturelles, et les convertir à son usage; mais la plupart n'ont pas avec l'homme un i'ap]!ort tellement immédiat, que son existence soit attachée exclusivement a l'une plulÔL qu'à l'autre. Il n'en est pas de même de l'abeille dont je viens de parler : il est très-
Jp.'obable que, sans le nectaire des fleurs, sans le pollen des anthères, 'abeille ne pourrait exister, que les instrumens dont elle est pourvue, ainsi que son organisation, sont relatifs aux opérations qu'elle doit exécuter. Comme la nature est très-abondante dans ses jiroduciions, elle peut en abandonner le superflu aux animaux : tel aussi a été son but; ce qui en reste est plus que suffisant pour la reproduction des espèces.
comme nous l'avons vu pour les stipules avant le développement des feuilles : si elles sont plusieurs et placées alternativement, elies s'écartent à mesure que le pédoncule s'allonge, remplacent alors les feuilles qui lui manquent, et en remplissent les fonctions : elles ont la même organisation. Dans ce cas, ce sont de véritables feuilles, mais distinguées des autres par leur situation et souvent par leur forme : on leur donne quelquefois le nom Aq feuilles florales.
On peut en général distinguer trois sortes de bractées : 1°. les bractées proprement dites ; i° . les in^olucres ; 3°. les cupules.
l^es bractées proprement dites (pi. t3, lig. 8) sont celles qui ont, avec les feuilles, le plus de ressemblance : elles ne sont distinguées comme telles, qu'autant qu'elles sont placées sur le pédoncule; autrement elies doivent être rangées parmi les feuilles. Dans les fleurs qui sont privées de bractées, comme il ai-rive snrtout aux ilenrs sessiles, solitaires, axillaires, etc., les dernières feuilles, celles qui accompagnent les fleurs, remplissent assez ordinairement, avant l'épanouissement des boutons de fleurs , les mêmes fonctions que les bractées.
On distingue les bractées, comme les feuilles, d'après leur forme, leur situation, leur nombre, leur durée, leur couleur, etc. : elles sont euibriquées lorsqu'elles sont placées entre les fleurs, avec lesquelles elles forment, par leur rapprochement, un épi serré ou une tête, comme dans la brunelle, l'origan, etc.; elles sont en chevelure o\i e\\ toupet quand, placées a l'extrémité d'un épi de fleurs, elles présentent une touffe de feuilles en forme de couronne ou de chevelure, comme dans la lavande stœchas, le basilic, la fritillaire impériale, lanan.'is^ etc. On dit qu'elles sont colorées quand elles sont tachetées , ou que leur couleur est différente de la couleur verte, comme dans Tormin, le mélampire des champs : dans quelques-unes , les couleurs sont si vives, qu'on est tenté de les prendre pour des fleurs. On voit assez fréquemnient, dans les pédoncules ramifies, des bractées générales et des bractées particulières : ces dernières pourraient être nommées bracteolc.s.
Les bractées prennent le nom d'iuvolucre lorsqu'elles sont disposées en forme de verticille ou d'anneau , soit immédiatement sous les fleurs, soit a quelque distance, autour
( 156 ) du pédoncule : tel est l'involucre du clematis caljcina, celui de Vauemoiw pulsatillciy nemorosa^ etc., l'envelopper de la fleur du passiflora fœtida (pi. i3, fig. 6) : le calice commun des fleurs composées est encore un véritable involucre (pi. 1 3 , fig. 7 ). Quelquefois Tinvolucre semble tellement faire partie du calice à la base duquel il adhère, qu'on lui a donné le nom de calicule ou de second calice, comme dans la plupart des mauves. Le calice est calicule dans l'œillet, à cause des petilcs écailles qui entourent sa base. Les plus remarquables des involucres sont ceux qui accompagnent les fleurs en ombelles : ils sont situés h la base des rayons tant des ombelles que des ombellules; ils prennent plus particulièrement le nom de collerette (pi. i3, fig. 9 et 10).
Enlin , on a rangé à la suite des bractées, et comme leuv appartenant , les cupules , que plusieurs auteurs avaient d'abord considérées comme des calices : elles sont ordinairement d'une seule pièce, renfermerit une on plusieurs fleurs femelles, et persistent avec le fruit : telle est la cupule du gland (pi. i3, fig. I ), celle du noisetier (pi. i3, fig. 2), celle du châtaignier (pi. i5, fig. 5). « On peut être surpris au premier coup d'œil, dit M. Mirbel , de voir ranger parmi les feuilles florales la cupule, qui, en général, n'a aucune ressemblance avec les feuilles ; mais il est facile de justifier ce rapprochement en montrant les transitions. Ce que nous nommons cupule dans le noisetier^ ressemble tout à fait à deux feuilles unies ensemble par leurs bords. La cupule du chêne est composée de petites écailles ou bractées soudées par leur partie inférieure j elle ne diffère pas beaucoup de certains involucres. Dans Vephedra, les gaines placées a chaque articulation, et qui sont évidemment des feuilles opposées-conjointes y se rapprochent au voisinage du fruit, et composent une suite de cupules emboîiées les unes dans les autres : on arrive donc par nuances jusqu'à la cupule du piU;, du sapin, etc. Le règne végétal offre une multitude .de transformations semblables , qui rendent toujours les analogies difficiles à saisir. » Ces observations sont sages; mais, d'après ce que j'ai dit du réceptacle, et ce que je dirai plus bas du calice, je suis très-porté à ne considérer la cupule que comme une modification particulière du réceptacle {Yojez calice).
C'est sans doute par suite de ces transformations, de ces rapports successifs , que l'on a encore placé parmi les bractées les écailles calicinales des fleurs à chaton, et ces enveloppes particulières aux plantes monocotylédones, qui, sous la forme d'une feuille membraneuse roulée en cornet, contiennent une ou plusieurs fleurs, ainsi qu'on le voit dans les narcisses , les arwn , les palmiers , etc. (pi. 1 5 , fig. 4 - ^ ) •' on leur a donné le nom de spathe. Linné les "avait rapprocliées du calice.
La spatlie est tantôt d'une seule pièce, imwalwe, comme dans le dattier, Varum; tantôt de deux pièces, bwahe ^ comme dans plusieurs espèces d'ail; à plusieurs pièces, multh'alve y le caryota .-quelquefois elle se déchire, au lieu de s'ouvrir régulièrement, comme dans plusieurs espèces de narcisse. Dans ses formes, la spathe ressemble ou à une feuille allongée, roulée à sa base, ou a un cornet obliquement évasé; quelquefois a une oreille d'àne, à une sorte de bourse, à un petit sac, etc.
La balle des graminées (pi. i3, fig. ii, 12, i3) a été également associée aux spathes, dont elle est en effet trèsrapprochée; mais comme les valves qui la composent remplissent plus immédiatement les fonctions du calice et de la corolle, j'en parlerai lorsqu'il sera questio^ de la famille des