‹ Leçons de flore (volume 2)Chapitre 28 sur 82 · CHAPITRE VINGT-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIEME

Moupemens des plantes.

Lies plantes fixées a la terre par leurs racines, ou adhérentes a d'autres corps, ne peuvent avoir de mouvement de déjdaccment; privées de sensibilité, elles n'en peuvent avoir de volontaires : cependant le mouvement est nécessaire à leur existence, comme a celle de tous les êtres organiques; sans lui, point de fonctions vitales, point de développement. Il existe donc, dans les végétaux, un mouvement général, habituel et uniforme, qui affecte également toutes leurs parties; il existe des mouvemens particuliers, relatifs à la constitution et aux fonctions de chaque organe; d'autres sont dus aux impressions variables de l'atmosphère^ ou bien aux divers besoins et à la conservation des végétaux : ces derniers ne sont que momentanés, mais nécessaires quand ils sont attachés a une fonction essentielle ; accidentels quand ils dépendent uniquement de l'état de l'atmosphère.

L'exposé de ces divers mouvemens , la recherche des causes qui les produisent est, sans contredit, une des matières les plus importantes de la physiologie végétale. Je n'entreprendrai pas de traiter, dans tout son développement, un sujet qui exigerait une longue suite d'observations et une connaissance approfondie de l'organisation végétale : je m^ bornerai a ce que peuvent offrir de plus essentiel les mouvemens, que je diviserai en mouvemens de déueloppemejit^ de direction, d'élasticité y et en mouvemens météorologiques.

i ". Le mouvement de développement est le premier acte de la vie dans les végétaux r il ne cesse qu'à leur mort. Les principes alimentaires, absorbés par les plantes, en sont la première cause : il est entretenu par les fluides et autres principes constituans de la végétation; il consiste dans le balancement de la sève, des sucs propres, et leur distribution dans les divers organes ; il consiste encore dans ces sécrétions et excrétions habituelles, par lesquelles la plante repousse au dehors tout ce qui devient inutile a sa nutrition. Ce mouvement a donc pour but l'accroissement des plantes ; pour cause

immédiate, les forces vitales et roiganisation végétale, disposée de manière k ce que les trois principales fonctions des êtres vivans puissent être exécutées sans obstacle; savoir, la nutrition , la sécrétion et la conversion des alimensen sub-

stance végétale.

Ce mouvement est habituel, quoique très-ralenti et presque nul dans certaines saisons de l'aimée : c'est principalejnejit au retour du printemps qu'il s'exécute avec le plus de vigueur, lorsque la végétation éprouve l'influence d'un soleil actif. Quoique très-lent en apparence, et presque hors de la portée de nos sens, il s'effectue néanmoins avec une telle rapidité, que ses progrès nous étonnent : telle l'aiguille horaire, quoique nous ne puissions en suivre les mouvemens, marque, dans sa marche rapide, les heures, les jours, les années et les siècles. C'est ainsi que le mouvement nous échappe dans les végétaux; mais nous en voyons les effets à chaque instant : les boutons se gonflent, leurs écailles s'entr'ouvrent ; les feuilles se déroulent ; de jeunes rameaux s'élancent dans les airs; une nouvelle parure couvre la nudité de la nature.

2°. Le mouvement de direction n'est qu'une suite nécessaire du précédent; mais il offre des phénomènes si variés, si importans, qu'il mérite d'être observé dans toutes ses modifications. Chaque partie du végétal est soumise a un mouvement de direction qui lui est propre, et qui varie suivant les espèces, ainsi qu'on peut le remarquer dans les tiges, les racines, les feuilles, les rameaux, etc. Organes d'un être vivant, ils sont destinés a l'entretien et au développement d'une existence distribuée en différentes périodes, jnsqu'à ce q'u'elle soit parvenue a la production , à la maturité des fruits. Cette variété de direction est tellement constante dans chaque partie, qu'elle ne peut être changée ou anêtée que par la contrainte ; elle est tellement particulière a chaque espèce, qu'elle devient souvent un des meilleurs caractères pour les distinguer. Revenons sur des faits déjà exposés , mais nécessaires a rappeler pour Tintelligence de ce que j'ai ici a développer.

Le phénomène le plus remarquable est celui qui a lieu au premier développement d'une plante : dès que l'embryon a' reçu le mouvement, il sort, du nœud vital, deux parties essentielles ^ qui se frayent deux routes diamétralement oppo-

( 2,63 ) secs, se prolongent dans deux milieux différens, et constituent ce que nous avons appelé la tige descendanto ou la racine^ et la tige ascendante. L'une et l'autre ont de plus une direction qui leur est propre et qui n'est pas la même dans toutes les plantes.

Cette direction, dans ses modifications, a un but déterminé, qu'il est impossible de méconnaître : c'est, comme je l'ai déjà dit, de placer les plantes dans la position la plus favorable pour qu'elles puissent absorber les fluides qui doivent les nourrir. Quoique la source des principes alimentaires des plantes se trouve évidemment dans l'eau, dans l'air, dans le sein de la terre, dans la chaleur, la lumière, sinsi que dans plusieurs fluides élastiques, il est d'ailleurs bien reconnu que le même air, la même quantité d'eau, le même degré de chaleur, la même terre , ne conviennent point h toutes; qu'il est de plus très-probable que leurs organes ne sont pas tous disposés pour absorber rigoureusement les mêmes principes. Le grand air et la lumière, si fiivorabies aux tiges et anx feuilles, font périr les racines; l'obscurité et un terrain plus ou moins humide, si convenables à ces dernières, sont presque toujours nuisibles aux premières : d'où suit la direction opposée de la tige ascendante et descendante dans deux milieux différens, et les modifications de cette direction dans les racines, ainsi que dans la disposition des rameaux et des feuilles.

Ici se présente une question physiologique, qui, à ma connaissance, n'a pas encore été abordée. Il est bien certain qu'il n'existe , dans les plantes , aucun mouvement déterminé par une volonté spéciale ; que cet acte de vitalité n'appartient qu'aux êtres sensibles : la direction de leurs mouvemens est donc purement mécanique, et la nature doit avoir suppléé en elles, par d'autres moyens, a cette volonté qui guide les animaux vers les objets destinés à les nourrir. Ceux-ci les distinguent par la vue, l'odorat ou le goût : ces moyens sont refusés aux plantes; elles n'ont donc, pour s'en emparer, que le mouvement de direction de leurs différentes parties. Ce mouvement n'étant point déterminé par la volonté , doit l'être par une autre cause.

Quelle est cette cause? Elle ne peut se trouver, selon moi , que dans l'influence exercée par les principes alimentaires sur les organes des plantes ; iiifluence qui les attire et les

force de se diriger vers le lieu où ces principes sont plus abondans : c'est donc une sorte d'attraction évidemment indiquée par un grand nombre de faits. Je me bornerai k rappeler les suivans :

Les racines se dirigent constamment vers le sein de la terre, mais non pas toujours dans la même direction : les inies s'enfoncent verticalement, d'autres obliquement; d'autres s'étendent horizontalement à sa surface, en longs jets iîabelliformps. Il en est qui s'étalent en rosette, sans être ni traçantes ni verticales : elles s'enfoncent peu, et ne veulent être recouvertes que d'une légère couche de terre ; leur force , leur configuration, sont assez généralement relatives à la tige qu'elles ont à soutenir, et leur direction , plus ou moins profonde, a la nature des sucs qui doivent les nourrir, et qui se trouvent, soit à la surface de la terre, soit plus avant dans son sein.

Ces directions ne sont constantes qu'autant que les racines n'éprouvent point d'obstacles ;, ou qu'elles ne sont point forcées de chercher ailleurs les alimens qui leur conviennent. Il est un fait observé depuis long-teujps relativement aux plantes nées dans un terrain de médiocre qualité : si, non loin de là, se trouve une terre qui leur soit plus convenable, alors les racines, abandonnant leur direction naturelle, se dirigent d'elles-mêmes vers le sol de meilleure qualité; souvent même, pour y arriver, elles surmontent tous les obstacles, se frayent un passage a travers les murs, se glissent entre les fentes des rochers, ou entre les lits pierreux qu'elles rencontrent, et, à la longue, fendent les pierres, percent le tuf, et renversent les murs les plus solides. D'oii vient cette déviation, ces efforts constamment opposés aux obstacles, sinon de cette attraction puissante qu'exercent les élémens de la nutrition sur les racines qui doivent les absorber.^

Cette variété de direction que nous avons remarquée dans les racines, se retrouve également dans les tiges : la plupart ont leur sommet dirigé vers le ciel ; il en est cependant d'inclinées, de couchées sur la terre; d'autres ne s élèvent qu'en s'entorti liant autour des autres plantes qui leur servent d'appui, ou rampent sur la terre lorsqu'elles ne trouvent point de soutien : il en est qui s'accrochent a d'autres corps, soit par leurs vrilles, soit par de petites racines qui sortent de leurs articulations. Il serait tiès-difficile, sans doute, dç

rendre raison de ces différentes directions : je ne doiUe pas que la plupart ne soient relatives ou au mode d'absorption, on à la nature des tluides qu'elles doivent absorber. On peut donc présumer raisonnablement, comme je l'ai déjà dit ailleurs, que les végétaux à tige rampante ont besoin des vapeurs les plus grossières, qui s'élèvent à peine à la surface de la terre; que les autres, se trouvant mieux d'un air plus léger, s'élèvent dans l'atmosphère, et sont attirés dans un milieu plus raréfié. 11 en est de même des plantes pourvues de vrilles ou de crochels, et qui ont besoin d'un appui : elles ne le recherchent que par quelque cause particulière qui les met dans une position plus favorable pour recevoir les principes alimentaires. J'ai fait voir qu'on ne pouvait attribuer cette manière d'être k la faiblesse des tiges , puisqu'il en est de beaucoup plus délicates, de tendres, d'herbacées, qui cependant conservent, toute leur vie, une position verticale, sans avoir besoin de soutien, tandis qu'un grand nombre de plantes a tige très-dure, même ligneuse, rampent constamment, ou s'entortillent autour des corps qui les avoisinent. Le mouvement de leur direction est tellement déterminé par les corps voisins, que, lorsqu'une de ces plantes est isolée, et qu'il n'existe pour elle qu'un seul appui dans son voisinage^ ses tiges se dirigent vers lui; phénomène très-remarquable, qui confirme ce que je viens d'avancer, et que j'ai bien souvent observé dans la nature. Le même phénomène existe pour les vrilles : toutes se dirigent vers les corps qui peuvent les recevoir, et dans un sens opposé à la face de la plante frappée par la lumière; elles varient de direction autant de fois que l'on déplace les corps opaques qu'elles recherchent : si elles ne peuvent les saisir, elles se courbent vers la terre, et se roulent autour de la tige ou des rameaux de la plante en forme de spirale.

L'anomalie, dans la direction des racines, se retrouve aussi dans les tiges. D'après le besoin habituel qu'elles ont de l'air et de la lumière, nous les avons vues abandonner leur direction naturelle, pour se procurer la jouissance de ces deux élémcns. Les circonstances locales déterminent leurs différentes directions ; mais la plupart de ces directions étant alors forcées et contre nature^ elles altèrent la constitution des plantes, y occasionent des difformités, et souvent les font périr. Dans tout autre cas, c'est-a-dire lorsque les tiges se

trouvent en liberté dans le milieu qui leur convient, on ne peut parvenir h changer leur direction que par la contrainte ; il faut qu'elles y soient soumises par les liens de l'esclavage : si l'œil du cultivateur les abandoLUie, si leurs liens viennent à se rompre, lenrs elTorts tendent aussitôt a reprendre leur direction naturelle. D'après ces faits, ce n'est donc pas sans fondement que j'ai cherché à établir qu'il existait, entre les plantes et leurs principes alimentaires, une sorte d'attraction qui déterminait leur direction, et la rendait variable selon les circonstances.

Les principes que je viens d'exposer pour la direction des tiges sont également applicables aux branches et aux rameaux ; mais il faut y ajouter une autre cause déterminante , celle de la situation des feuilles que les rameaux sont chargés de soutenir. Celles-ci, en étendant leur surface par leur expansion, absorbent une bien plus grande quantité de vapeurs nutritives : aussi la végétation n'est elle jamais plus vigoureuse que lorsque les feuilles se trouvent dans la position la plus favorable pour absorber les fluides et en rendre le superflu. En traitant des feuilles, j'ai exposé l'ordre dans lequel elles sont rangées sur les rameaux , d'après les fonctions qu'elles ont à remplir : j'ai lieu de croire que la direction des rameaux en est également dépendante.

J'ai attribué, en général, h une attraction particulière, la direction des racines et des tiges, attraction d'après laquelle ces organes se dirigent yers les substances nutritives qui leur conviennent; mais les feuilles, fixées sur leurs rameaux, d'ailleurs d'une grandeur déterminée, ne peuvent suivre que faiblement cette attraction : c'est aux branches, c'est aux tiges , par leur direction , a les placer dans la partie de l'atmosphère la plus favorable a la constitution de chaque végétal. Les feuilles alors ne vont pas chercher , mais attirent à elles les fluides élémentaires, aqueux et aériformes: peut-être même, en portant notre attention sur les grands phénomènes de la nature, trouverons-nous, dans cette force particulière d'attraction des feuilles, la cause d'après la- <juelle les nuages se réunissent de préférence sur les grandes lorêts, tandis qu'ils paraissent fuir les plaines arides. Quelques physiciens ont prétendu que l'agitation des arbres déterminait la direction des nuages sur les forêts; il paraît bien plus naturel de croire que les milliers de pores absorbans

( 26, ) que ces grands végétaux tiennent sans cesse ouverts, forcent les nuages à s'anéter aii-clessiis d'eux, et, par leur entassement, a se résoudre en pluies fécoudaiites.

3°. Les mouvemens que j'appelle météoriques sont variables et journaliers, en quoi ils diifèrent du mouvement de direction, qui est constant et habituel : ils sont occasionés par l'infiuence du froid ou de la chaleur, de Thumidité ou de la sécheresse, de la lumière ou des ténèbres, et très-probablement par l'action de plusieurs fluides particuliers qui échappent a nos observations. L'attraction, qui détermine la direction des plantes, ne me paraît pas agir, ou n'agit que très-faibieraeut dans les mouvemens météoriques, qui consistent dans le changement momentané de la situation des feuilles et des fleurs, très-rarement dans celui des tiges et des rameaux. Ces mouvemens sont bien plus sensibles que ceux qui nous ont occupés jusqu'à présent : ils paraissent être purement mécaniques , et dépendre de l'état de l'atmosphère. Il serait difficile d'assigner le degré d'influence qu'exerce, sur la situation des feuilles et des fleurs, la présence ou l'absence de la lumière, ainsi que la sécheresse ou l'humidité de l'air, et jusqu'à quel point ils agissent, soit ensemble, soit isolément, sur l'état des phuites. Auresle, l'on sait que toutes n'en sont pas également affectées , et que la plupart de celles qui en éprouvent l'action , ne prennent pas tontes la même position.

Quoi qu'il en soit, l'explication la plus naturelle de ce phénomène me paraît consister dans l'action innnédiate des fluides de l'atmosphère sur certains organes des plantes j d'autres ont cru en trouver la cause, soit dans raccélératiou ou dans le ralentissement du mouvement de la sève, soit dans la suppression de la transpiration aqueuse, dans l'absence de la lumière, plutôt que dans celle de la chaleur, soit enfla dans les alternatives de sécheresse et d'humidité. Chacune de ces opinions se trouve appuyée sur des faits, contredite par d'autres faits : n'est-il pas plus probable que toutes ces causes y contribuent plus ou moins, selon la nature des plantes, sans qu'on puisse assigner le degré de leur influence.

Pour avoir une idée de ce phénomène, que Linné a observé le premier, on peut consulter ce que ce célèbre naturaliste en a dit dans sa disserlation sur le sommeij, des

plantes, et ce que j'en ai rapporté en traitant des fouilles. La plupart des leuiiles et des fleurs soumises à cet étonnant phénomène affectent une position différente, et, pour me servir de l'idée ingénieuse de Linné, toutes ne dorment pas de la même manière. Ce serait, sans doute, une recherche aussi curieuse que difficile, de s'assurer, par une suite d'observations, des causes qui donnent lieu à cette variéié de positions : au défaut de détails particuliers, je crois qu'où peut soupçonner, avec quelque fondement, que la différente situation des feuilles et des fleurs, soit pendant le jour ou dans l'obscurité de la nuit, est relative à leurs fonctions, tant pour l'absorption des fluides, que pour leurs sécrétions, et la conservation de ces organes précieux destinés a la reproduction. L action puissante de la lumière et de la chaleur 'peut être nuisible aux unes, favorable aux autres; les unes veulent plus d'humidité que de sécheresse, les autres plus de sécheresse que d'humidité : d'où vient que certaines fleurs ne s'ouvrent qu'aux approches de la nuit, et se ferment au retour du soleil sur notre horizon. L'air chargé d'électricité ou de trop d'humidité influe également sur les feuilles ou les fleurs de certaines plantes; d'autres deviennent tellement hygrométriques, telles que des fougères et des mousses, qu'elles conservent, même après leur mort, cette propriété remarquable. Je possède, dans mon herbier, plusieurs espèces de tricliomane de l'île de Madagascar, que je ne peux soumettre qu'avec peine dès que le temps est un peu humide : il est impossible de nier l'influence de l'atmosphère sur de telles plantes. Si l'on recherche la cause de ces phénomènes dans leur organisation, on sera peu satisfait du résultat des observations : il est cependant a remarquer que, dans un grand nombre de plantes soumises au sommeil, les pétioles, les pédoncules , et même quelquefois les rameaux et les tiges , sont articulés par un rétrécissement, où s'exécute, comme par une détente, le renversement des feuilles.

Quelques autres plantes offrent des particularités auxquelles on a essaj'é de donner une explication différente : telle est la sensitive , de laquelle il suffit d'approcher la main, pour faire contracter ses folioles et abatre ses pétioles, phénomène qui rentre naturellement dans l'influence des fluides atmosphériques; telle est encore l'atirape-mouche {dionœa muscipula, Lin.), dont les deux lobes des feuilles se rap-

( ^^9 ) procheiil avec rapidité dès qu'un insecte, ou tout autre corps étranger, vient a les toucher : on croirait presqne y reconnaître nne sorte de mouvement d'irritabilité j telle est enfin Vhedysarum s;yraus ^ plus étonnant encore par le mouvement d'oscillation de deux de s&s folioles, tandis que la troisième reste immobile D'après ces exemples et beaucoup d'autres, il s'ensuit donc que 'l'influence des fluides atmosphériques excite des monvemens différens dans les organes des plantes , monvemens relatifs a leur mode particulier d'existence, et aux fonctions vitales qu'elles ont a remplir : quelquefois aussi on est porté a croire que la puissance de l'attraction se trouve réunie a l'action de l'atmosphère, par exemple, dans les fleurs, surtout dans celles qui suivent la marche du soleil, ayant, à toutes les heures du jour, leur corolle tournée vers cet astre, comme pour en absorber plus facilement la lumière et la chaleur.

4°. Monvemens à^ élasticité. Ces monvemens, qui semblent presqne spontanés, snrtout dans les parties sexuelles des plantes, sont très-différens de ceux qui nous ont occupés jusqu'à présent : ils ont été exposés dans le vingtième chapitre Sur la fécondation des plantes ; je ferai seulement remarquer ici que la cause qui excite ces sortes de monvemens, surtout entre les étamines et les pistils, n'est pas tout a fait la même que celle à laquelle j'ai attribué les monvemens de direction : ils n'ont pas le même but. J'ai dit que les plantes, par une sorte d'attraction, allaient en quelque sorte se plonger, par leur direction, dans les milieux les plus abondans en fluides alimentaires; les mouvemens des organes sexuels, au contraire, s'exécutent par une autre sorte d'attraction qui assure la fécondation des semences. Attirés par le stigmate, c'est vers lui que se dirigent ces nuages pulvérnlens échapj)és des capsules de lanthère, et, lorsque les filamens des étamines sont susceptibles d'élasticité, ils appliquent sur le stigmate leurs anthères, souvent mobiles, et les retirent après la fécondation. Il suffît de suivre les monvemens admirables qui s'exécutent entre les étamines et les pistils, pour se convaincre de rattraction qui existe entre ces organes fécondateurs. Quant a ces mouvemeus élastiques qui ont lieu, soit dans les valves du péricarpe, comme dans la balsamine, la fraxinelle , et dans plusieurs légumineuses, soit daiis les cordons ombilicaux des se-

( ^70 ) mences, ces mouvemens, à l'époque delà dissémination des graines , annoncent moii^ une action vitale, que le terme de la végétation : ils en sont , si l'on veut , le dernier acte. C'est le moment où le fruit, parvenu à sa maturité , ne reçoit plus aucune substance alimentaire; il se dessèche; ses valves, fortement tendues, se séparent brusquement par la force de leurs ressorts, et projettent au loin les semencBS.

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