‹ Leçons de flore (volume 2)Chapitre 30 sur 82 · FIN DU PREMIER VOLUME · texte numérisé non relu

FIN DU PREMIER VOLUME

BRRATUM : Page 47, au tilre, extérieurs; lisez : intérieurs

M. P. J. F. TuRPiN, auteur de l'Icojiographie des Leçons de Flore, à V éditeur M. C. L. F. Panckoucke.

ONSIEUR:

En me cliargoant de l'exécution et de la composition das dessins qui forment l'ensemble de la partie iconographique des Leçons de Flore que vous publiez , je crus pouvoir remplir vos intentions, eu me bornant strictement à soixante tableaux ou quinze livraisons. Mes efforts furent toujours dirigés dans ce sens ; mais j'avais un cercle complet à parcourir , et je ne pouvais laisser de lacunes a remplir; d'nn autre côté, le nombre des objets qui devaient former ce cercle était immense. Ne voulant point restreindre l'étude de la botanique aux seuls végétaux qui croissent sous nos pas, ce qui n'aurait donné que des idées partielles sur l'orgauisation générale de ces êtres, je me décidai a puiser partout , et par-ticulièrement dans mon porte-fouille, que j'ai rempli d'un grand nombre de dessins inédits, auxquels se joignent des observations neuves, faites pendant mes voyages dans les deux Amériques, observations que je ferai connaître, comme je l'ai promis, dans l'explication des figures de l'atlas. Ces considérations seules ont porté le nombre des tableaux a soixante-quatre; ce qui formera une livraison de plus.

Ces quatre tableaux que j'ai cru devoir ajouter au nombre que vous m'aviez prescrit , présentent trop d'intérêt pour que jamais aucun de vos souscripteurs vous en adresse des reproches : le premier labbleau offre deux phénomènes de végétation très-curieux, dont l'un explique comment, par surabondance de vie, certains orgajies peuvent, en avortant, donner naissance a d'autres, qui, sans cette circonstance, n'auraient jamaisreçu de développement ; l'autre, représenté par une plante de ces heureuses contrées où la végétation ne connaît point de repos, offre un rameau portant un fruit, de l'intérieur duquel l'embjyon , au lieu d'être resté engourdi pendant quelque temps sous les tuniques de la graine, a continué de se développer en un autre rameau , qiii ,

quoique toujours fixé au fruit qui lui a donné naissance, est lui-même chargé de feuilles, de fleurs et de fruits. Ce second phénomène tend à prouver que Tintermittence n'est point naturelle aux végétaux, et que le long repos qu'éprouvent ceux de nos climats, n'est dû qu'aux circonstances environnantes.

Le second tableau se compose de plusieurs figures, qui me serviront a distinguer les végétaux en deux grandes séries uaturelles : ceux qui se bornent simplement h un axe , et ceux qui, sur cet axe, donnent naissance aux organes que je nomme appendiculaires : tels sont les feuilles cotylédo- Jiaires, les écailles des bourgeons, les feuilles, les calices, les corolles , les étamines et les phycostèmes. Ce même tableau fera connaître, en outre, quelques autres observations dans le texte explicatif que je donnerai de toutes ces figures.

Le troisième contient des portions d'axe ou tige, sur lesquelles j'ai représenté les principales dispositions des organes que j'ai nommés nœuds-vitaux. Ces organes, dont la situation relative se borne k trois principales, sont placés dans l'épaisseur du tube vivant des végétaux composés, et servent de conceptaclcs aux bourgeons ou emhryons-Jixcs qui en émanent : ce même tableau contient encore les trois modes piincipaux que ces bourgeons offrent dans leur développement; savoir : le rameau allongé ou de continuité, le rameau avorté (l'épine) , et le rameau terminé, qui est la fleur.

Le quatrième et dernier tableau présente des embryons comparés du plus simple au plus composé. Dans ce tableau, j'ai eu pour but de démontrer que tous les organes qui constituent les êtres vivans , ne sont jamais im instant les mêmes, je veux dire que, dès qu'on les compare, on s'aperçoit que toujours, sans se ressembler parfaitement, ils passent imperceptiblement d'un minimum a un ma.xinmm de développement, qui ne nous permet jamais de nous arrêter, et de pouvoir fixer d'une manière certaine ces limites arbitraires, que nous établissoiîs sur le tableau gradué de la nature.

Il me reste maintenant, monsieur, a vous entretenir d'un autre grand tableau qui doit être, en quelque sorte, la préface figurée de l'atlas , et dans lequel j'ai établi quelques idées générales sur la végétation : ce tableau qui termine l'Iconographie des Leçons de Flore, mais qui pourrait, avec le texte qui l'accompagne, former un ouvrage particulier et complet , aura pour titre : Organo graphie végétale, ou Tahlcau élémentaire et philosophique des organes extérieurs

qui constiiiLciit Vêtre végétal le plus compliqué , rangés selon rordre naturel de leur formation ou de leur degré d'importance.

A l'aide de plus de cent figures représentant tons les organes qu'il est possible de rencontrer dans la composition des végétaux, j'ai parcouru tout le cercle que présentent les diverses évolutions végétales dans le développement successif de ces organes. Tous ces organes, placés comparativement, porteront, sur le tableau même, les noms que l'on est convenu de leur donner, et de plus un numéro qui renverra à la définition que je donnerai de chacun d'eux.

Ce tableau, à l'aide duquel il sera possible d'acquérir la connaissance compîette de tout ce qui tient à la structure organique des végétaux, olfre, dans sa composition, un double intérêt, celui de la connaissance de l'organe en luimême, et celui des rapports d'analogie qu'ont entre eux ces mêmes organes.

Considérés sous ce dernier point de vue, j'ai divisé ce tableau en plusieurs grandes séries d'organes : dans le sens horizontal , j'ai placé ceux qui appartiennent au système aérien des végétaux, dans la partie supérieure; et ceux, très-peu nombreux^ qui se développent sur le système terrestre , dans la partie inférieure. Apres avoir formé ces deux grandes divisions, j'en établis d'autres dans le sens vertical du tableau : la première, qui a pour titre système général^ a pour principal objet de faire connaître la ligne médiane horizontale des végétaux , par opposition a celle verticale des animaux ; dans la seconde, qui prend celui de système axifère^ sont représentés tous les organes qui naissent de la partie centrale : tels sont les pores, les poils, les glandes, les aiguillons, les nœuds-vitaux et leurs bourgeons, les embryons et leurs enveloppes connues sous le nom de fruits; vient ensuite une troisième série, qtii forme le système appendiculaire, et dans laquelle j'ai rangé ces organes, presque toujours laminés, qui distinguent les végétaux composés de ceux plus simples réduits a l'axe : ces organes sont les cotylédons ou premières feuilles du végétal, les écailles des bourgeons, les feuilles, les calices, les corolles, les etaniines et les phycostèmes.

Enfin, une quatrième série offre les trois moyens de reproduction des végétaux composés; les embryons latens, répandus et nichés dans tontes les parties du tissu cellulaire

vivant fie la plante ; les embryons fixes , avec leurs divers modes de dé\eloppement, et les embryons-graines.

Ce tableau , monsieur, est le résultat d'un grand nombre d'observations , indépei damment de ce qu'il contient un nombre considérable de figures qui m'ont demandé, pour leur cboix , leur exécution et leurs combinaisons, beaucoup plus de temps que tout l'atlas en entier : je pense que, malgré cela , vous devez l'offr-r à vos souscripteurs , comme devant fi)rmer la dix septième et dernière livraison des Leçons de Flore. Je vous engage à ne pas faire colorier ce grand tableau, qui, par son étendue, comprend plus de seize planches des Leçons de Flore, et que vous donnerez cependant comme une seule livraison. Il ne s'agit point ici de plaire aux yeux : la précision et la netteté !a plus parfaite dans les contours sont indispensables k mes démonstrations.

Voila, monsieur, les raisons qui m'ont porté à dépasser le nombre de plancbes dont nous étions convenus : j'ai préféré de prendre cette liberté plutôt que de laisser l'ouvrage incomplet. Je doute que jamais vos souscripteurs vous eu témoignent leur mécontentement : il n'en est aucun qui ne sache que si , d'un côté , il est utile de se limiter dans tout ce que l'on faitj de l'autre, ne pouvant tout prévoir, il est presque toujours impossible d'arriver jnste au point établi par avance.

C'est vous , monsieur, surtout, qui devez apprécier la justesse de mes observations : placé a la tète de grandes et utiles entreprises, vous connaissez les dilficultés innombrables que présentent, dans leur exécution, des travaux auxquels un grand nombre d'hommes distingués coopèrent 5 vous seul savez combien il est difficile , pour ne pas dire impossible , de limiter les travaux d'auteurs qui réclament chacun hautement leur indépendance, et que leur réputation a habitués aux égards du public.

Combien de fois ne vous ai-je pas vu vous affliger, lorsque, malgré vous, ce monument médical, que vous avez eu la hardiesse de commencer, et qui avance rapidement vers sa fin , s'est étendu au-deîa de vos engagemens envers le public : rassurez-vous^ monsieur, ce grand ouvrage destiné à fixer l'état denos connaissances médicales au dix-neuvièm.e siècle ; cet ouvrage auquel tant d'hommes célèbres ont contribué , marquera d'une manière brillante dans notre époque ; et celui qui en aura conçu le projet, et qui aura par son cou~

rage, ses connaissances et ses qualités estimables, conduit une entreprise aussi utile, méritera non-seulement la reconnaissance de ses compatriotes, mais encore celle de tous les hommes qui portent quelque intérêt aux progrès des lumières et des choses utiks.

Agréez, monsieur, les expressions de ma considération la plus distimjuée,

Page 1