DIXIÈME LEÇON
CYCLES D'ÉROSION SUCCESSIFS ANALYSE DE QUELQUES RÉSEAUX HYDROGRAPHIQUES
Notioii des cycles successifs. — L'écorce terrestre ayant subi, à bien des reprises, des efTortsde dislocation, il n'est aucune partie de la terre ferme, si ce n*est peut-être quelques territoires de très récente émersion, où le travail du modelé n'ait été plus d'une fois interrompu par des influences tectoniques actives. Il y a donc eu, sur un même point, succession de plusieurs cycles d'érosion, dont chacun d'ailleurs pouvait être plus ou moins avancé au moment de l'ouverture du cycle suivant. L'analyse rationnelle d'une topographie exige la reconstitution de ces divers cycles, et c'est une tâche qui présente en général une extrême difficulté, quand on songe a l'énorme épaisseur de terrains que Térosion a partout fait disparaître durant les âges géologiques.
Cependant certaines régions du globe, en raison de la simplicité de leur histoire, se prêtent assez bien à l'analyse des cycles successifs, au moins pour les périodes postérieures à l'ère primaire. Ce sont les contrées qui n'ont jamais été affectées par des plissements trop énergiques, et où chaque cycle s'est poursuivi assez longtemps pour pouvoir faire de la surface une pénéplaine à peu près parfaite. Dans ce cas, un observateur attentif parvient à reconnaître des lambeaux de la pénéplaine, dont les rapports mutuels l'aident à démêler la série des événements survenus. En particulier, puisqu'une pénéplaine devait être une surface peu différente d'un plan, et dont, par conséquent, les lignes de niveau étaient à peu de chose près des droites parallèles, si, après avoir reconnu un nombre suffisant de lambeaux d'une pénéplaine donnée, on réunit par des courbes les points de même altitude actuelle, on