‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 127 sur 364 · LACS GLACIAIRES. SEUILS POST-GLACIAIRES · texte numérisé non relu

LACS GLACIAIRES. SEUILS POST-GLACIAIRES

sont fréquentes en Scandinavie, où la concordance de leur altitude avec celle d'un col voisin permet de reconnaître leur véritable nature.

Le district des Lacs, en Angleterre, abonde en petites cavités lacustres, dites tarns, et que Ton a regardées souvent comme des excavations creusées en pleine roche par la glace elle-même. Mais d'après les coupes données par M. Marr, un grand nombre de ces tams sont de simples lacs de barrages morainiques, dont l'émissaire, n'ayant pas retrouvé l'ancien thalweg, bloqué par la moraine ou par des avalanches, s'est créé une issue latérale dans la roche vive. De la sorte, le cours d'eau qui draine ces petits lacs n'a pas le même tracé que le thalweg obstrué de la vallée primitive, dans laquelle il finit par venir déboucher. De telles cuvettes, toujours peu profondes, ne peuvent avoir qu'une existence éphémère, et il en est un grand nombre qui sont aujourd'hui transformées en tourbières.

Changements de lit des fleuves. Seuils post-glaciaires. — Les glaciers suisses, au moment de leur grande extension, ont accumulé sur leur périphérie des amas morainiques considérables, qui ont beaucoup modifié la topographie de cette région. Plus d'un fleuve a trouvé son lit ainsi barré, après le départ des glaces, et a dû s'ouvrir un nouveau chemin. Quelquefois, en approfondissant sa vallée à travers les moraines et les cailloutis, il a réussi à retrouver l'ancien chenal. Mais il est d'autres circonstances où, au cours de l'approfondissement, il a rencontré sous les alluvions la roche en place et a dû la creuser. S'il s'y trouvait des massifs durs, des seuils en seront résultés, avec des rapides. De ce nombre est, selon M. du Pasquier % le rapide que forme le Rhône à Vernier, à 1 kilomètres en aval du lac de Genève. Cette explication parait très plausible, si l'on réfléchit qu'avant la dernière extension des glaces, les vallées alpines étaient creusées au moins jusqu'à leur profondeur actuelle. Si donc aujourd'hui des seuils se rencontrent près du débouché des lacs, c'est qu'il y a eu déplacement du cours d'eau, qui n'a pas encore disposé d'un temps suffisant pour achever le nouveau creusement, là où il avait autre chose que des matériaux meubles à aflbuiller.

Ce déplacement est évident pour le Rhin, qui, pour se diriger vers Schaffouse, passait autrefois par ce qui forme aujourd'hui la vallée sèche du Klettgau. Une fois cette vallée obstruée par les

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