RIVIERES SOUTERRAINES
amont duquel on se heurte immédiatement à la paroi du siphon ^ D'autres fois le mauvais fonctionnement des siphons et leurs déri-
¥ig. 106. — La source de la Bona (UerzégoviDo). — Photographie communiquée par M. Martel.
vations latérales provoquent, tantôt des inondations, tantôt des sécheresses désastreuses*.
Relation des dolines avec les cours d'eau souterrain», — C*est
i. Renseignement de M. Marte!. — 2. Martel, les Abîmes, p. 477.
spr le parcours de la Béka que s'accuse le mieux là relation qui existe entre les rivières souterraines et certains effondrements de la surface. Ainsi, après avoir disparu pendant quelque temps, la rivière se montre à ciel ouvert au fond de la j>^tite doline de Saint- Ganzian, entonnoir profond de 110 à 130 mètres. Ensuite elle perce par une arcade une étroite barrière de rocher, et se montre de nouveau, au fond de la grande doline^ dominée à Touest par un mur vertical de 160 mètres de haut. Les deux cavités ensemble ayant 400 mètres de diamètre, Tarète qui les sépare, et dont la largeur au sommet se réduit à 2 mètres, reste à 60 mètres plus bas que le rebord extrême des deux dolines réunies. Sur les parois de Tentonnoir, le travail des eaux souterraines, combiné avec Taction des eaux de surface sur les joints, a fait glisser d'énormes plaques de rochers*.
De même, une série de dolines jalonne à la surface le bras occidental de la grotte de Planina, et chacune d'elles correspond exactement à un amoncellement de débris dans la grotte.
Mais ce sont là des cas exceptionnels, et la grande majorité des dolines ordinaires du Karst (qui sont les cloups du Lot) est sans relation avec le parcours des rivières souterraines. Leur origine, encore insuffisamment expliquée, peut tenir à la fois des phénomènes de dénudation superficielle, de la corrosion chimique, et de certaines circonstances tectoniques.
Les dolines de Pola, entre Lavarigo et Marsana, font de la surface une véritable écumoire. Dans ces trous {inglutidors des Frioulans), où s'absorbent les eaux de pluie, il se fait souvent des mares temporaires, et le ruissellement y entraîne un peu de limon, fourni par la terre rouge [terra rossa) qu'engendre l'altération superficielle des calcaires.
Aussi, tandis qu'à la surface, quand on a eu l'imprudence de la déboiser, il n'y a que des pierres sur lesquelles souffle un vent de désert, les dolines forment-elles souvent de véritables oasis, où se blottissent les villages, avec leurs jardins et leurs champs. La même chose a lieu en Grèce, où plus d'une fois les seules parties cultivables se réduisent au fond des cavités d'effondrement.
La plupart des dolines ordinaires ont un diamètre moyen de 50 mètres, avec 7 ou 8 mètres de profondeur. Mais,^ en dehors de celles que nous avons mentionnées sur le parcours de la Réka, il s'en trouve de beaucoup plus considérables.
i, Martel, op. cit.