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ÉROSION SOUTERRAINE

Mais il importe de ne pas oublier que la supériorité du Karst^ à ce point de vue, est essentiellement liée à la remarquable activité des eaux souterraines, qui elle-même résulte de Tabondance des pluies sur la ré^on *. Nous avons déjà dit combien était élevée, dans ce pays, la moyenne des précipitations atmosphériques. Il est certaines parties du Karst où cette moyenne est singulièrement dépassée. Ainsi à Cettigne, la pluie dépasse 2 mètres 90 par an, et à Grkvice, elle va au delà de 4 mètres. La puissance de Toutil souterrain qui détermine l'indécision du modelé est donc ici portée à son maximum.

Territoires divers d'érosion souterraine. — Les cavités en entonnoir sont fréquentes à la surface des s^fleurements de gypse et de sel gemme, où elles résultent évidemment de Tenlèvement, par les eaux, des parties solubles du terrain. Parfois c'est Finverse, et la transformation de Tanhydrite en gypse ou sulfate de chaux hydraté a pour conséquence un gonflement qui disloque les assises superposées. Mais il est aussi des cas où ces intumescences gypseuses viennent à crever au centre, engendrant ce que, dans le Mansfeld, on appelle des trous de nains.

Les calcaires du Jura sont fréquemment sillonnés de creux semblables à ceux du Karst. Mais, à côté de ces entonnoirs proprement dits, il y a aussi, sur les affleurements calcaires, des bassins fermés qui tiennent à une cause un peu différente. Le type en existe dans la forêt de Ghailluz, près de Besançon. Cette forêt correspond'à un pli synclinal, dont la surface est formée par les calcaires de la grande oolithe. On voit s'y succéder une série de dépressions ou bétoires, dont une a 2 kilomètres de long sur 400 à 500 mètres de largeur, avec 20 ou 25 mètres de profondeur au plus. De nombreux trous circulaires s'y observent. Il est clair que les eaux, appelées par la pente du synclinal, ont filtré à travers le calcaire. Arrêtées à sa base par une couche argileuse, elles ont, tant par entraînement de celle-ci que par dissolution de Foolithe, réussi à se frayer un lit caché, grâce au niveau de- base très inférieur qui les* sollicitait, et les effrondrements du calcaire, privé de support, ont causé les irrégularités de la surface, MM. de la Noë et de Marge rie ont fait remarquer que ces efibndrements étaient postérieurs à l'érosion qui a fait disparaître de la contrée les couches supérieures à l'oolithe. Il s'agit donc là d'un fait d'érosion souterraine, facilité par une influence tectonique.

1. Hassert, PeL Mit, Ergànzungshefl, n* 115. — 2. Les Formes du terrain, p. 157.

On doit encore citer le bassin fermé de Sancey, au sud delà chaîne du Lomont. De tels affaissements peuvent se produire ou s'accentuer de nos jours, et donner lieu à des tremblements de terre locaux.

Infiltrations dans les districts volcaniques. — Il est un mode de circulation souterraine dont il est nécessaire de dire un mot, à cause de Tapplication qui s en trouve faite, en particulier, dans certaines régions de l'Amérique du Nord.

C'est ainsi que, dans la partie méridionale des plateaux du Colorado, l'action volcanique a été très intense durant la (în des temps tertiaires, édifiant de grands volcans, et faisant naître des accumulations étendues de laves, de cendres et de débris. Bien que sur ce plateau il tombe annuellement plus de 50 centimètres de pluie, la surface n'en profite pas, toute l'eau trouvant à s'infiltrer de suite, grâce à la porosité des matériaux volcaniques. L'eau ainsi infiltrée parvient à retrouver les anciens lits fluviaux qui existaient avant la période des éruptions. Souvent, ces cours d'eau souterrains font naître sur leur cours des cavernes importantes, et quand le toit de ces dernières s'écroule, il en résulte à la surface des cavités d'effondrement*.

La même chose a lieu autour du Mont Shasta, où de nombreux cônes de cendres absorbent les eaux, qui reparaissent beaucoup plus bas en donnant naissance à des sources puissantes. . Dans le Nevada, les fentes qui limitent les blocs, entre lesquels le pays s'est trouvé divisé lors de son écroulement, facilitent la perte des eaux, qui reparaissent à de. très grandes distances, ayant parfois gagné, dans ce parcours souterrain, une assez haute température, qui les rend capables de dissoudre une forte quantité de substances sur leur passage. Cette dissolution se traduit par des incrustations salines quand les eaux s'évaporent *. Plus d'un point, dans le Nevada, serait inhabitable en été, sans ces sources dont l'origine première est si lointaine qu'il est impossible de l'indiquer.

i. Powell, National géographie Monographs, I, p. 94. — 2. Russell, National géographie Monographsy I, p. 104. . -- . . ,

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