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INFLUENCES ÉOLIENNES

Caractères généraux du modelé par les influences éoliennes. ~ La caractéristique commune des divers genres de modelé que nous avons considérés jusqu'ici est que le travail à accomplir y est toujours nettement déterminé, du moins tant que la marche normale du cycle ne subit aucune perturbation de la part des actions internes. Ce travail peut être, dans certains cas, plus ou moins gêné ou retardé ; mais il n'y a pas de doute sur le résultat final ; car, pour les eaux souterraines comme pour les glaciers et les eaux courantes, c'est toujours un niveau de base invariable qui préside à la régularisation des contours du terrain.

Il en est tout autrement lorsque les circonstances laissent prédominer l'action du vent, c'est-à-dire les influences éoliennes. Dans ce cas, la mobilité des particules se trouve, à la vérité, plus grande que jamais; seulement, au lieu de tomber sous l'empire d'un mode de transport qui agisse toujours dans le sens de la pesanteur, ces particules deviennent le jouet d'une puissance capricieuse, assez forte pour triompher souvent du pouvoir de la gravité. De plus, nous verrons que, dans la plupart des cas, il n'existe pas de point d appui fixe, auquel puisse se rattacher l'effort de façonnement de la surface. Au lieu de se concentrer sur un réseau bien déterminé de canaux, entre lesquels subsiste une véritable hiérarchie, l'érosion, ou pour mieux dire la dégradation, s'accomplit partout à la fois; mais elle est accompagnée d'un transport de matériaux, par lequel le travail d'un jour peut défaire celui de la veille. En outre ces matériaux, quand ils viennent se jeter en travers du chemin que les eaux courantes essayaient de se créer, rendent encore plus inefficace une action déjà fort amoindrie. Pour toutes ces causes, il n'y a pas de cycle défini, et le modelé demeure essentiellement indécis.

Conditions d'exercice de raction du vent; — La condition pour que les actions éoliennes puissent être prépondérantes est que le sol ne soit pas protégé par la végétation, qui fixe le terrain par ses racines, en même temps qu'elle concentre autour d'elles une humidité capable de donner de la cohésion même aux sols les plus

meubles. Or avant tout la végétation a besoin d'eau. C'est donc la quantité de pluie reçue en chaque lieu qui limite l'exercice de Faction éolienne. L'expérience enseigne que cette action devient bien caractérisée quand la moyenne annuelle de pluie descend au-dessous de 20 à 25 centimètres. Si cette circonstance est réalisée, et que de plus la température moyenne soit assez élevée pour que l'insolation devienne active, la contrée se transforme inévitablement en un désert.

Il y a cependant des cas où l'influence désertique peut se manifester avec une moyenne annuelle de pluie très supérieure au minimum indiqué. C'est quand le terrain est assez perméable et en même temps assez haut placé pour appeler de suite, à un niveau très inférieur, l'eau qui avait pu tomber à la surface. Ainsi se comportent certains territoires couverts de laves poreuses et de nappes de cendres volcaniques, comme aussi quelques régions de calcaire compact, où l'infiltration absorbe immédiatement la pluie qui tombe. C'est de cette façon que plusieurs parties du Karst illyrien, où d'ailleurs la température est parfois très élevée, sont devenues des déserts de pierres (ce que rappelle le nom même de la contrée). Toutefois ce mode de développement de l'action éolienne est relativement exceptionnel ; et de plus il est très souvent imputable à l'intervention de l'homme, qui a maladroitement déboisé des plateaux où une végétation forestière un peu maigre, mais suffisante, avait réussi à s'établir. Aussi ne nous occuperons-nous ici que des pays, infiniment plus nombreux, où le régime désertique est manifestement dû à l'insuffisance des pluies.

Effets de rinsolation. — Dans les pays dépourvus de végétation, l'agent par excellence de la désagrégation des éléments de la surface est V insolation. La pureté de l'air, exempt de vapeur d'eau, occasionne un rayonnement intense; aussi le froid est-il très vif pendant la nuit. Dès que le soleil apparaît et frappe le terrain de ses rayons, il en résulte une dilatation brusque, capable, comme on l'observe souvent au Texas, de faire éclater de gros blocs de rochers.

Tous les déserts se font ainsi remarquer par leurs écarts de température. Le Gobi, qui par ses froids appartient à la Sibérie, ressemble aux Indes par ses chaleurs *. Un intervalle d'une demîjournée suffit pour que le thermomètre subisse une variation de

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