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ÉROSION EOLIENNE

usées de telle façon que les parties dures demeurent en relief, entourées de sillons creusés par le sable quartzeux dans les portions tendres. Les rochers exposés à cette action prennent ainsi les formes les plus capricieuses, et s'accidentent de vermiculures qui font de leur surface une véritable dentelle, comme s'ils avaient été corrodés par un acide.

La flgure 109 donne bien l'idée de l'action érosive que le sable exerce sur les rochers stratifiés dans le Pamir, par une altitude

Fig. 109.

- Duoes ot Rochers façonnés par le sable au Pamir, au sud du Grand Karakoul. (Photographie do M. E. de Poncins.)

voisine de 4000 mètres, la plus forte où l'action éolienne ait encore été observée dans sa plénitude.

Cette dénudation par le vent, qui donne un aspect si caractéristique au paysage des déserts rocheux, est la corrasion de M. de Richthofen *. M. J. Walther a compris l'ensemble des phénomènes éoliens de transport sous le nom de déflation '.

C'est au Colorado que se montrent les plus beaux exemples de l'érosion éolienne. De véritables colonnes de roche, avec chapiteaux, ont été ainsi isolées sur une grande hauteur. D'autres massifs ont pris des formes architecturales qui les ont fait qualifier de monuments. Plusieurs des échancrures utilisées pour la traversée des chaînes californiennes paraissent dues à l'action du vent, qui les a creusées à la longue. Mais il convient de rappeler que cette

1. Fùhrer fur forschungsreisendc. — 2. Die Ihnudalion in der Wiisle,

action n'a pas été seule en jeu. Toujours elle se combine avec celle des averses violentes, mais rares, qui sont une des caractéristiques du climat de la contrée.

Formation des dunes. — Les matériaux désagrégés, à force d'être ballottés, finissent par subir une sorte de préparation mécanique. Tandis que les plus gros restent sur place, formant sur le sol des accumulations de cailloux et de blocs, véritables mers de pierres, les grains de 1 à 2 millimètres, trop gros pour s'élever notablement dans l'air, assez petits pour être mis en mouvement à chaque recrudescence du vent, subissent un déplacement continuel. Mais le moindre obstacle, que ce soit un rocher, une pierre, une broussaille, les arrête et donne naissance à de petites éminences, qui peu à peu deviennent des dunes.

Naturellement les dunes continentales abondent dans les

Fig. 110. — Les danes des environs] d'El Goléa (d'après M. G. Rolland). 1, calcaires compacts, polis à la surface comme nn miroir; 2, calcaires saccharoldes ; 3, grande chaîne do dunes.

régions désertiques, soit au voisinage des affleurements de grès quartzeux, soit autour des dépôts d'anciennes alluvions, qui en fournissent aisément la matière première. Chaque dune a la forme d'un croissant tournant son côté convexe du côté du vent. Les dunes s'allongent souvent en traînées, parfois de 60 kilomètres et plus, et remarquablement parallèles entre elles, comme dans î'Eig saharien. Leur hauteur est le plus souvent de 20 à 30 mètres; mais au Sahara, elle atteint iSO à 200 mètres. Par exception, on a cité une dune de 500 mètres *. En tout cas, l'influence du terrain sous-jacent sur la formation du phénomène est très visible, et c'est contre les rides du désert que s'accumulent les grandes dunes (fig. HO).

Dans l'Afrique australe, à l'est d'Angra Pequena, le terrain, sur 90 kilomètres à partir de la côte, est formé par une série d'ondulations parallèles, où le gneiss, qui constitue à lui seul le pays, s'élève progressivement jusqu'à 1500 mètres d'altitude. La sécheresse de l'air fait que le sol est presque entièrement dépourvu de végétation. Aussi l'influence éolienne a-t-elle créé, aux dépens du

1. Penck, Morphologie, II, p. 40. Ce chiffre paraît bien problématique.

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