RELIEF DES DESERTS
reçu une pluie de ce genre, dont Timportance a été évaluée à près de 4 millions de mètres cubes.
Une opinion assez généralement répandue, et que M. de Richthofen a tout particulièrement cherché à faire prévaloir, est que ces poussières alimentent les alentours des déserts, où, reprises parla pluie, elles engendrent le lœss, c'est-à-dire le limon jaune, qui tapisse d'abord le fond des steppes, forçant la végétation à s'élever à mesure que le sol s'exhausse par ce constant dépôt, et forme ensuite de grandes accumulations dans le voisinage des fleuves importants, comme en Chine.
Cependant cette théorie ne paraît pas devoir être admise d'une façon absolue, le lœss ou terre jaune étant surtout un produit de ruissellement, qui n'a pas besoin d'être alimenté, au préalable, par l'action éolienne, et qui, presque toujours, paraît s'être formé à une époque où les contrées voisines n'étaient pas soumises au régime désertique. En tout cas, les observations de M. Obroutchew en Mongolie ont montré que le lœss ne s'était pas accumulé dans des bassins fermés, mais sur les pentes des contrées voisines de celles où le vent soulevait les poussières.
Relation du climat désertique avec le relief. — Le climat désertique, dépendant avant toute chose de la sécheresse de l'air, peut se manifester en terrain accidenté. On en a la preuve au Pamir, où de vrais déserts de sable se montrent en pleine montagne, par près de 4000 mètres d'altitude; en Bolivie, où le désert de la Puna se présente dans les mêmes conditions; enfin au Sahara, dont certaines parties sont véritablement montagneuses.
Cependant, pour peu que les lignes de relief aient une certaine importance, elles contrarient le phénomène désertique par le refroidissement qu'elles infligent aux courants d'air, et d'où résulte une précipitation de la vapeur d'eau. Aussi la plupart des déserts sont-ils des plaines, ou complètement de niveau, ou faiblement accidentées.
Les éminences qui surgissent au sein des régions désertiques se distinguent en général par la façon brusque dont se fait le passage de versants raides et pierreux à des plaines horizontales de sables et de cailloux. C'est ce qui arrive pour les oueds ou ouadis de l'Afrique et aussi pour le Texas *. Si le ruissellement s'y accomplissait comme dans les pays d'humidité normale, un talus doucement incliné de matériaux meubles relierait les versants avec la