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FALAISES

la terre ferme pourrait, à la rigueur, être expliquée par le jeu exclusif de l'érosion. Cependant il serait téméraire de prétendre que le déplacement du niveau de la mer n'y ait pas en partie contribué; car, sur plus d'un point la réalité de ce déplacement, du moins dans une mesure restreinte, ne peut pas faire de doute.

Détails divers sur les falaises. — Quand les matériaux d'une falaise présentent, du haut en bas, la même compacité, l'escarpement a son pied peu encombré de matériaux, les blocs tombant en quelque sorte un à un et pouvant être rapidement débités par la vague. Mais si des formations meubles, argileuses par exemple, constituent la partie supérieure d'une falaise, elles sont exposées à (les glissements en masse qui accumulent, tout d'un coup, une grande quantité d'éboulis au pied de l'escarpement. Ainsi, près de la Hève, l'eau qui circule à travers les fentes nombreuses du couronnement crayeux délaye les sables et argiles sous-jaceuts, et ceux-ci, glissant sur les calcaires jurassiques, entraînent toute une bande de terrain qui, tombant par paquets énormes, vient former une basse falaise en avant de l'escarpement principal. La mer met plusieurs années à débiter ce placage, avant de pouvoir reprendre l'attaque directe de la falaise. Plus fréquents et localisés, mais aussi plus faciles à emporter, sont les éboulements argileux de la falaise des Vaches-Noires, dans le Calvados.

Certaines falaises, comme celles de la Normandie, sont exposées à perdre annuellement une bande de 20 à 30 centimètres de largeur. En reculant ainsi, leur crête entame tour à tour les divers ravinements dont la surface du plateau est accidentée. Si ces ravinements, œuvre de l'érosion pluviale, sont inclinés vers la mer, il en résulte des couloirs à pente rapide ou valleuses, qui permettent l'escalade de la falaise. Mais quelquefois le progrès du recul amène la crête à traverser des vallonnements inclinés en sens inverse, et allant aboutir à quelque rivière voisine. Il en peut eucore résulter, avec un abaissement de la crête en ce point, la formation d'une petite anse, l'érosion ayant plus de facilité à accomplir son œuvre là où la tranche à débiter est moins épaisse.

La hauteur d'une falaise est généralement de quelques dizaines de mètres et en atteint très rarement 150. Cela se comprend; caf supposons un pays qui plonge sous la mer avec une inclinaison de 20 pour 100, chilîre considérable, puisque la plus forte déclivité de la côte de Ligurie, entre Vintimille et Port-Maurice, est à peine supérieure à 10 pour 100. Une falaise de 150 mètres supposerait une plate-forme littorale de plus de 700 mètres de largeur.

Sur cette distance, Faction érosive des vagues serait le plus souvent amortie.

Débouché des vallées. Estuaires. — Le propre de tous les accidents de détail qui ont été décrits, et par lesquels peut se trouver interrompu le tracé généralement linéaire d'une falaise, est que nulle part les anses, criques, baies ou autres échancrures, dues à la seule érosion marine, n'ont une profondeur appréciable. Cela se comprend, puisque Faction mécanique des vagues cesse d'être efficace à partir de 10 ou i 2 mètres de fond.

De même, si un cours d'eau ordinaire débouche à la côte, son action propre cessant à la rencontre du niveau de base, Féchancrure résultante ne peut non plus descendre au-dessous du niveau delabassemer. Il en est autrement pour un cours d'eau important, qui non seulement amène une masse d'eau notable, animée d'une certaine vitesse, mais que la marée est susceptible de remonter jusqu'à une grande distance en amont, apportant un volume d'eau qui souvent est égal à cinquante fois le débit normal du fleuve. Dans ce cas, les courants ascendants ou descendants maintiennent une profondeur d'eau appréciable dans le chenal, qui devient un estuaire. Tels sont ceux de la Tamise, de la Seine, de la Loire, de la Gironde, etc. Encore faut-il, pour certains estuaires, faire la part d'un mouvement qui a partiellement submergé une ancienne embouchure. Cela paraît être le cas de la Seine, où l'on voit, en amont du Havre, des traces des anciens méandres que décrivait le fleuve, et qui ont été en grande partie mangés par l'invasion de la mer.

La profondeur des estuaires normaux dépasse rarement 20 ou 30 mètres. Encore ne se maintient-elle que dans les chenaux qui correspondent au flot montant ainsi qu'au flot descendant. Partout ailleurs les troubles apportés par le fleuve, et ceux que la marée montante y amène du large, s'élèvent jusqu'au voisinage de la surface, et encombrent la plus grande partie de l'estuaire, mais seulement au-dessous du niveau de la haute mer.

Cas d'un rivage hétérogène et vallonné. — Un pays hétérogène, formé de bandes successives, qui différent par leur relief et t)ar leur dureté, oflrira desj[conditions particulières à l'attaque des vagues, s'il se trouve que le rivage soit transversal à la direction générale des bandes parallèles. En eflet, d'une part, les zones tendres ont déjà bien des chances d'être parcourues suivant leur longueur par des cours d'eau, qui échancrent le littoral, et d'autre part, Finégale destruction des bandes de roches dures est de nature

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