‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 151 sur 364 · VALLÉES SUBMERGÉES. RIAS · texte numérisé non relu

VALLÉES SUBMERGÉES. RIAS

vent opérer un creusement jusqu'à 100 mètres; mais alors ils Baissent parallèlement à la côte. Toutes les fois donc qu'on rencontrera, sur un rivage, des échancrures dépassant la proportion indiquée, et se prolongeant en mer sous la forme de sillons immergés, on peut affirmer qu'il s'agit de vallées, autrefois creusées à l'air libre par les eaux courantes, et depuis lors submergées par suite d'un déplacement positif du niveau de base. Ce phénomène est fréquent sur la côte septentrionale de la Bretagne. Ainsi la rivière de Portrieux se poursuit au large, sous la forme d'un sillon de 9 kilomètres de long, dont les parois sont de rocher, et dont le fond est recouvert par 35 mètres d'eau.

Les types de rivières submergées sont nombreux, et méritent d'être analysés suivant les conditions probables de leur genèse. Nous allons passer en revue les principaux. Mais auparavant nous tenons à signaler une distinction qui s'impose. Pour qu'on ait affaire à une vallée submergée, il ne suffit pas qu'un sillon défini se prolonge sous la mer, et que l'allure des courbes sousmarines trahisse une sorte de thalweg. C'est ainsi que l'estuaire du Congo se prolonge en mer sur une grande distance. A l'embouchure même, le creux produit a 609 mètres de profondeur et 5300 mètres de laideur. A 65 kilomètres de la côte, point où cesse l'échancrure et où commence la brusque déclivité de l'Atlantique, le creux a 1047 mètres de profondeur pour 11 kilomètres de largeur*. Or si l'on songe qu'à 40 kilomètres en amont de l'embouchure, le fleuve du Congo a déjà 275 mètres de profondeur; si de plus on réfléchit qu'au lieu de signes de submersion, le continent africain offre au contraire des indices d'émersion, il paraîtra évident que le sillon sous-marin du Congo n'est pas un estuaire envahi par la mer, mais bien le résultat d'une grande dislocation, par laquelle le bassin inférieur a trouvé un écoulement maritime.

Cette réserve posée, nous revenons à l'étude des structures auxquelles l'explication qui vient d'être donnée ne convient pas.

Rias. — Il est des côtes relativement escarpées qui offrent un genre particulier d'échancrures, dont le type se trouve en Espagne, sur le littoral de la Galice, où on les connaît sous le nom de rias, que M. de Richthofen a introduit dans la terminologie géographique.

Ce sont des baies entaillées dans la terre ferme sur 10 à 20 kilomètres, au plus sur 50, qui ne se ramifient pas sensiblement dans

Page 1