‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 152 sur 364 · Buchanan, Scott, geog. Mag., III, 1887, p · texte numérisé non relu

Buchanan, Scott, geog. Mag., III, 1887, p

les terres, et dont la laideur, ainsi que la profondeur, vont en augmentant régulièrement dans la direction de la pleine mer, de sorte que la forme générale, en plan, est celle d'un coin. La profondeur à l'entrée est rarement de plus de 100 mètres, ordinairement voisine de 40 à 60, et le thalweg se prolonge un peu sous la mer avec une très faible inclinaison (3 à 7 minutes de degré). Les baies de Vigo, de la Corogne, du Ferrol, en sont les meilleurs -exemples. De petits cours d'eau débouchent au fond de ces baies, où la plage prolonge exactement le sol alluvial. Mais la puissance de ces rivières est tout à fait hors de proportion avec l'importance de ces sortes d'estuaires et surtout avec la profondeur qu'ils affectent. On échappe donc difficilement à l'idée que . ce doivent être d'anciennes vallées torrentielles et courtes, parliel- Uement submergées par suite d'un déplacement positif du niveau ide base. C'est surtout sur les côtes granitiques, comme celles de la Bretagne, que ces découpures abondent, et on peut l'attribuer à ce que l'inégalité de résistance des différentes veines du granité et des roches associées est propre à y faire naître des sillons d'érosion plus nombreux et mieux accusés que dans d'autres terrains durs.

Les rias exigeant l'existence préalable d'une vallée, ce genre de formes se développe mal sur les côtes dont la direction est parallèle à celle des terrains redressés. En revanche, les sillons se creusent aisément quand les plis sont tranchés à angle droit par le littoral. C'est la raison pour laquelle les rias abondent sur la côte de Galice, tandis qu'ils sont moins nets à l'est du cap de Peftas.

Notons aussi que les véritables rias s'observent seulement le long des mers à marées notables : ce qui prouve que l'invasion répétée du flot montant, si elle ne crée pas ces sillons, contribue, du moins à les maintenir ouverts.

Il convient de rapprocher des rias, comme accusant aussi un mouvement positif du niveau de base, deux autres modes d'échancrure des côtes, que M. Penck décrit sous les noms de calas et de scherm^, et auxquels on peut assimiler les calanques de la côte provençale, notamment celles qui accidentent le rivage du massif calcaire entre Marseille et Cassis. Les calas des îles Baléares forment de petites anses très rapprochées, pénétrant seulement d'un kilomètre environ dans une terre de relief notable, et profondes au

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