ÉROSION MARINE
parfois entament et ravinent le cordon littoral, sur presque toute cette étendue Tœuvre de Térosion marine est inférieure en activité à celle des phénomènes de dépôt. De plus, la constitution du cordon littoral détermine un abri, facilitant le colmatage, par les fleuves, des lagunes qui ont pu subsister en arrière. Les côtes mixtes, qui ne sont ni complètement plates ni franchement escarpées (côtes indifférences ou ausgleichkûsten de M. de Richthofen) ferment 35 000 kil., soit 33 p. 100 du total.
En résumé, les rivages qui doivent à peu près exclusivement leur forme à Térosion marine ne représentent pas beaucoup plus du dixième de la longueur des côtes, tandis qu'il y en a de cinq à six fois autant où se trahissent surtout Tinfluence des dislocations et celle des changements positifs du niveau de base.
Importance de rérosioii marine. — M. Marchai * a évalué à S 424 000 mètres cubes la quantité de matériaux que Térosion marine fait perdre chaque année aux 338 kilomètres de côtes qui s'étendent de Testuaire de la Somme à celui de la Vire, ce qui don nerait à peu près 16 mètres cubes par mètre courant. Les 250 kilomètres de la côte hollandaise, entre Cadzant et Ameland, auraient perdu 1500 kilomètres carrés dans les temps historiques *, d'où résulte une proportion de 2 à 3 mètres carrés par mètre courant. En revanche, la côte septentrionale de TAlgérie, malgré la violence des vagues, n'aurait perdu qu'une bande de 10 mètres en 12 siècles, soit 8 millimètres par an.
En résumé, si l'on tient compte de l'énorme étendue des côtes plates, où la mer apporte plus qu'elle n'enlève, il paraîtra certainement exagéré d'appliquer à l'étendue totale des rivages terrestres un taux annuel d'érosion égal au quart de celui qui prévaut pour les rivages de la Manche, soit 4 mètres cubes par mètre courant.. Il en résulterait une perte totale de un kilomètre cubCy c'est-à-dire 1 à peu près quinze ou vingt fois moins que le résultat de l'érosion parles eaux pluviales.
1. Ann. des ponts et chaussées (3), VII, 1863, p. 177. — 2. Harlog Ueys van Zonteveen, m Penck, Morphologie, II, p. 488.
DE LAPPARENT. — LcçoQS dc géogr. phys. 2« éUit. 19