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tion, constamment obligée de parcourir de nouveaux cycles, a subi, au moins par saccades, un rajeunissement perpétuel. Chaque fois, des sédiments sont venus s'appliquer sur ceux du cycle précédent, tantôt en concordance, lorsque les assises antérieures étaient demeurées horizontales, tantôt en discordance, quand les nouvelles couches ont dû recouvrir horizontalement des dépôts déjà inclinés. Et comme, à moins de renversement, une couche sédimentaire est nécessairement plus jeune que celle qui lui sert d'appui, on a pu, par les études de stratigraphie, reconstituer toute la série des épisodes sédinientaires ; série d'ailleurs variable en chaque lieu; car, pas plus autrefois qu'aujourd'hui, les mêmes dépôts n*ont dû se former, avec la même composition, sur toute la surface terrestre à la fois. Tel dépôt manque donc ici, qui ailleurs se trouve remarquablement développé; et telle couche est à l'état calcaire en un point, tandis qu'ailleurs on la trouve représentée par des grès ou de l'argile.
Complication de Thistoire géologique. Fossiles. — La richesse et la complication de l'histoire qu'embrassent ces divers épisodes ressortira clairement, si nous disons que la série des sédiments successifs, pris avec leurs plus grandes épaisseurs, représente environ cinquante mille mètres. Or les continents de nos jours, si on les supposait entièrement nivelés par une érosion qui, au taux actuel, demanderait au moins quelques millions d'années pour s'accomplir, ne fourniraient nulle part plus de trois mille mètres de sédiments accumulés.
Aussi ne sera-t-on pas surpris d'entendre dire que, durant les longues périodes qui correspondent à cette succession de dépôts, la population organique des mers a eu le temps de se renouveler bien des fois. Ce renouvellement s'est fait, non d'une manière capricieuse et avec des retours en arrière, mais suivant un ordre déterminé, attestant la variation, également ordonnée, qui est survenue depuis l'origine dans l'ensemble des conditions physiques. A toute époque, il s'est rencontré dans les mers certains types, par exemple parmi les animaux nageurs, qui étaient répandus à peu près partout, et dont chacun n'a eu qu'une durée limitée, de sorte qu'il peut servir à fixer la date relative de l'époque correspondante. Il suit de là que l'étude des fossiles, c'est-à-dire des débris organiques enfouis dans les terrains de sédiment, vient apporter au stratigraphe de précieux éléments d'information, en lui permettant de démêler avec certitude, d'après la faune, marine ou terrestre, et aussi parfois d'après la flore,
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l'âge d*un dépôt, si bien isolé par l'érosion, que son passage à d'autres assises d'âge connu ne peut pas être directement observé. C'est de cette façon que la série des épisodes sédimentaires a. pu être reconstituée, autant du moins que le permet l'état d'avancenientdes explorations, qui sont loin d'être complètes, bien que le progrès en ait été considérable depuis une vingtaine d'années. Mais s'il reste encore beaucoup de points de détail à élucider (15 centièmes de la terre ferme sont encore absolument inexplorés même au seul point de vue géographique, et 35 autres centièmes n'ont été i objet que de reconnaissances et d'itinéraires tout à fait sommaires), les données générales ressortent de ce qui est connu avec wne netteté suffisante pour qu'on n'hésite plus aujourd'hui à les formuler.
Terrain arcliéexi. — Entre ces résultats d'ensemble, l'un des plus remarquables est le fait que la sérié sédimentaire possède une base cristalline. Dans les pays où la suite des assises a été bouleversée par d'énergiques soulèvements, on voit les couches sortir successivement les unes de dessous les autres, pour se montrer au jour par leurs tranches, et on observe toujours que les plus ^^^iennes, celles où se rencontrent les premières traces reconnaiscables de la vie organique, reposent sur un substratum très difl<érent des terrains stratifiés normaux.
Ce qui caractérise cette formation fondamentale^ c'est qu'elle ne paraît pas constituée par des débris minéraux empruntés à des roches préexistantes. Tous ses éléments ont cristallisé les uns à côté des autres, comme cela arrive dans les roches éruptives. Seulement la plupart de ces cristaux ont une tendance à se disposer en lits parallèles, d'où résulte pour la roche une schistosité^ c'est-à-dire une faculté de se débiter en plaques ou en feuillets. Aussi le terrain fondamental est-il souvent désigné sous le nom de terrain de schistes cristallins.
Les roches dominantes de cette formation sont toujours le gneiss et les micaschistes. Le gneiss n'est autre chose qu'un granité devenu rubané par suite de l'orientation des lamelles de mica *. Les micaschistes résultent d'une association de grains cristallins do quartz avec des lamelles de mica disposées en lits,
i. Le granité se compose de cristaux juxtaposés de quartz (silice), de feldspath
mc&tG d'alumine, de potasse, de soude et de chaux) et de mica (silicate d*alumine,
^^fer et de magnésie avec un peu d'alcalis). On peut donc le considérer comme
"oe écume siliceuse, légère et réfractaire, qui a dû tout naturellement se séparer,
Sè\^^^ ^^ ^^^^^^ ^ ^* surface d'un bain de matières métalliques comme celui qui»
on toute vraisemblance, constitue la plus grande masse du noyau terrestre.
ce qui donne à la roche une grande schistosité. Plus on descend dans la masse du terrain fondamental, et moins Forientation des éléments est distincte. Le gneiss devient granitoïde, et finit par ne plus se distinguer du granité, c'est-à-dire du produit de la consolidation des magmas qui, dans Thypothèse de la fluidité primitive du globe, ont dû constituer le fond sur lequel s'est appuyée la première écorce.
Maintenant le terrain fondamental, tel que nous venons de. le décrire, représente-t-il cette écorce ])rimitive1 Ou bien cette dernière a-t-elle disparu avec le temps, refondue et altérée par cristallisation, sous rinfluence des pâtes granitiques sous-jacentes? Les schistes cristallins ne sont-ils pas des sédiments plus anciens que les autres, où le métamorphisme, c'est-à-dire l'action physique et chimique des magmas internes, aurait provoqué une recristallisation totale, effaçant les caractères sédimentaires et faisant disparaître, s'il y en avait, toutes traces de fossiles? Il est douteux que cette difficulté puisse être jamais levée d'une façon complète; car en plus d'un point, on a la preuve que le métamorphisme seul a suffi pour engendrer des roches qui ne peuvent se distinguer des gneiss ou des schistes cristallins.
Mais si la question offre une grande importance pour les géologues, elle est ici tout à fait secondaire. Il nous suffit de savoir que la série des sédiments fossilifères repose toujours sur une base entièrement cristalline, à laquelle le nom de terrain archéen a été donné par ceux qui ne veulent rien préjuger quant à son mode de formation. De toutes manières, ce terrain doit sa constitution spéciale à la profondeur, qu'il occupait dans l'origine, et il ne peut apparaître au jour que grâce à l'enlèvement ultérieur de la pellicule stratifiée qui le recouvrait; nous disons pe/Zicw/e, car c'est bien peu de chose que ce chiffre maximum de cinquante kilomètres pour son épaisseur, quand on se rappelle que le rayon terrestre en mesure plus de six mille.
Le passage du terrain archéen aux sédiments fossilifères se fait d'ailleurs progressivement, par l'intermédiaire de schistes de moins en moins cristallins, ordinairement satinés et luisants, et que l'absence complète de traces organiques a souvent fait qualifier à'azoïques.
Divisions principales des. temps géologiques. — A partir de là, les divisions de la série sédimentaire ont été établies, en tenant compte à la fois de la stratigraphie et de la paléontologie, c'està-dire des enseignements fournis par l'étude des restes fossiles.