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GRANDES DIVISIONS GÉOLOGIQUES

C'est ainsi qu*on a été conduit à distinguer, dans Thistoire de Técorce, trois grandes ères, dont chacune embrasse une notable épaisseur de sédiments : Tère primaire ou paléozoîque, l'ère secondaire ou mésozoîque^ Tère tertiaire ou néozoïque. Après quoi peut venir Tère moderne ou quaternaire, caractérisée par Tapparition de rhomme.

Durant les temps primaires, la population organique du globe se composait de types dont la plupart n'avaient que des rapports lointains avec ceux de la nature présente, ce qu'exprime le mot de paléozoîque. Les crustacés de la famille des trilobites sont spéciaux à ces premiers âges. Pendant longtemps, l'embranchement des vertébrés n'y a été représenté que par des poissons. Les amphibies apparurent ensuite, et c'est à peine si quelques reptiles véritables se sont montrés tout à fait à la fin. La végétation terrestre, très puissante mais très uniforme, était surtout constituée par des végétaux d'apparence cryptogamique, mais offrant aussi des caractères aujourd'hui réservés à des types plus élevés.

Les temps secondaires ont été marqués par la plus grande prépondérance et la dimension souvent excessive des reptiles, marins ou terrestres. Dans les mers a régné une très intéressante famille de mollusques céphalopodes, celle des ammonites y d'autant plus caractéristique de l'ère secondaire que, née avec elle, elle ne devait pas lui survivre. Les mammifères sont demeurés constamment frappés d'une sorte d'arrêt de développement, et c'est seulement au milieu de cette division des temps géologiques que se sont montrés les végétaux dicotylédones angiospermes, auxquels appartiennent les plantes à fleurs et les arbres à feuillage caduc, indices certains du jeu des saisons. Leur apparition coïncide avec le moment où les mers des latitudes moyennes ont cessé de renfermer des archipels de coraux constructeurs.

Aux temps tertiaires correspond le grand épanouissement des mammifères, ainsi que celui d'une végétation luxuriante, de plus en plus semblable à celle du temps présent. En même temps la différenciation des latitudes s'accentue, les provinces zoologiques se dessinent, et l'ère s'achève par d'imposantes manifestations glaciaires.

Divisions de second ordre. — Chacune des ères géologiques a été partagée en divisions de deuxième ordre, dont il importe que les noms soient ici mentionnés, parce qu'ils pourront revenir plus d une fois au cours des descriptions régionales, où il faudra caractériser les masses minérales d'où dépend la physionomie d'un

paysage. Ces noms s'appliquent à des systèmes^ formés chacun par une réunion à' étages^ qui embrasse une période et comprend toute une succession d'assises ayant ensemble des caractères paléontologiques communs. Les limites des systèmes et celles des étages ont été choisies de manière à correspondre, autant que possible, à d'importantes modifications, soit dans les faunes, soit dans le relief général.

Au-dessus du terrain archéen vient le système pi^écambrien, presque toujours schisteux, et où les traces organiques sont indistinctes, sans doute parce que le métamorphisme les a oblitérées. Il est surmonté par le système silurien (divisé lui-même en étages cambrieny ordovicien et gothlandien)^ où apparaît presque tout d'un coup une riche faune de crustacés et de mollusques. Ensuite vient le système dévonien, où les massifs calcaires, généralement devenus des marbres, prennent par places une grande importance, et qui sert de base au carboniférien, comprenant le tei^ain houiller, avec les grands gisements de charbon de terre de l'Europe et des États-Unis atlantiques. Enfin l'ère primaire se termine avec le système permien ou dyas^ marqué par la première apparition des reptiles.

La succession des couches secondaires débute par le trias, où abondent dans certaines régions les gisements de sel et de gypse*, tandis que dans les Alpes ce système offre des masses puissantes de calcaires et de dolomies* compactes. Le système jurassique, ainsi nommé de son développement dans les monts Jura, lui succède, divisé lui-même en trois séries; la série liasique (débutant dans les Alpes par un étage rhétien qui se lie intimement au trias) ; la série médiojurassique ; enfin la série suprajurassique, à laquelle correspondent, dans les latitudes tempérées, des massifs calcaires édifiés par les polypiers qui pouvaient alors y prospérer. Ces calcaires, comme ceux de la série sous-jacente, sont souvent oolithiques, c'est-à-dire formés de petits grains qui ressemblent à des œufs de poissons. Après le jurassique vient le système crétacé ou crétacique, lui-même composé de deux séries, infracrétacée et supracrélacée, La craie en est la roche caractéristique dans les latitudes moyennes, tandis que, plus au sud, régnent des calcaires

\. Dans les pays où le trias n'est pas franchement marin, on y distingue trois termes : l'inférieur, arénacé, c'estrà-dire gréseux, doit à sa variété de couleurs le nom de gvàs bigarré; le terme moyen est un calcaire gris, coquillier, appelé muschelkalk; et le supérieur se compose d'argiles bariolées, appelées marnes irisées ou aussi keuper. — 2. La dolomie est un carbonate double de chaux et de magnésie.

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