The building of the british isles, 2* édition
la géologie fournit un critérium d'assez haute valeur : c'est celui qui est offert par les affleurements du terrain archéen.
Il est évident que dans l'hypothèse, aujourd'hui communénnent acceptée, de la fluidité primitive du globe, les premières protubérances de la croûte ont été faites de terrains cristallisés par refroidissement; car les océans, et par conséquent les sédiments, n*ont pu exister que quand l'écorce avait cessé d'être assez chaude pour ne pas tolérer le contact de l'eau liquide. Sans doute ces protubérances originelles ont dû disparaître par la suite; mais les points où elles s'étaient produites n'en accusaient pas moins une plus grande résistance locale de l'écorce, et il est naturel de penser qu'ils ont, de préférence, offert un appui aux plus anciens essais de la sédimentation.
D'ailleurs la base des terrains stratifiés, toujours cristalline, qu'elle doive ou non cet état au métamorphisme, ne peut apparaître au jour que si elle a été découverte dès l'origine, ou si l'érosion a enlevé ce qu'elle supportait. Ce travail de dégagement a été le plus facile là où la couverture sédimentaire était le moins épaisse, c'est-à-dire vers les points qui avaient le plus de tendance à émerger. Donc la plupart des affleurements notables de terrain archéen doivent correspondre aux aires continentales les plus anciennes. Il n'y a d'exception que pour les noyaux cristallins qu'une violente poussée orogénique peut avoir portés jusqu'au jour en crevant leur couverture. Ce cas mis à part, lorsque l'archéen se voit à découvert sur de grands espaces peu accidentés, comme en Finlande, en Scandinavie, en Ecosse, au Canada, etc., tout porte à croire qu'on a réellement affaire aux plus anciens noyaux de la terre ferme; et cette conclusion devient presque certaine, si l'on peut établir que les premiers sédiments sont venus s'y appuyer sous la forme de dépôts grossiers et par conséquent littoraux. C'est précisément le cas pour l'Ecosse et la région des grands lacs américains.
La certitude est moindre pour des noyaux archéens d'étendue plus restreinte, tels que, par exemple, le Plateau Central de la France; caries eaux courantes en ont raboté la surface pendant de longs siècles, et il est possible qu'elles n'aient laissé subsister aucun vestige de certains sédiments qui autrefois l'avaient couverte. C'est pourquoi une prudence particulière s'impose à l'égard de leur histoire. Il n'en est pas moins vrai que, si l'érosion les a complètement débarrassés de toute couverture, c'est que l'œuvre présentait là moins de difficultés qu'ailleurs. Par conséquent, que