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ÈRE PRIMAIRE

lors du silurien, il est possible qu'elle ne fût pas encore bien dessinée dès la période précédente.

En Afrique, depuis le tropique du Cancer jusqu'au Cap, Tarchéen n'est jamais bien loin du jour; mais il n'occupe pas de territoires étendus sans mélange de sédiments paléozoïques, et il en est de même pour l'Australie. On en peut conclure que si, dès les commencements de l'ère primaire, ces contrées pouvaient avoir une tendance marquée à l'émersion, rien n'autorise la supposition qu'il y existât alors des îles stables et de notable superficie. D'ailleurs la complète similitude des faunes marines primaires de l'Afrique et de l'Amérique du Sud avec celles de l'Amérique du Nord prouve que, de l'un à l'autre de ces pays, la libre communication des mers était largement assurée.

En résumé, la paléogéographie de l'ère primaire semble avoir comporté dès le début : 1" une bande de terre ferme, bien dessinée en longitude sur près de la moitié de l'hémisphère boréal, peut-être avec un appendice isolé sur la Chine et la Sibérie; 2" au sud de cette bande, une zone de sédimentation active, s'étendant en moyenne jusqu'au tropique du Cancer, et où des îlots étaient seuls émergés; 3* sur l'équateur et dans l'hémisphère austral, des mers laidement étendues, mais ne déposant nulle part une épaisseur de sédiments assez grande pour rendre un jour difficile l'apparition à la surface du substratum archéen.

Modifications gréognrapbiques de l'ère primaire. — Cet état de choses s'est modifié, durant les temps primaires, d'abord parl'aETer- . raissement définitif de certains noyaux qui n'ont plus été sujets à submersion, ensuite par la naissance de plusieurs chaînes de montagnes qui, tour à tour, sont venues se dresser contre le bord méridional du continent boréal, ajoutant chaque fois à son étendue une bande d'ondulations bientôt rabotées par l'érosion.

C'est ainsi qu'à la fin de l'époque, silurienne, les dépôts marins qui s'étaient accumulés contre le bord du continent précambrien ont été refoulés vers le nord, formant par leur émersion la chaîne calédonienne de M. Suess. Cette chaîne s'étendait de l'Ecosse à la Norvège, et son flanc sud, battu par les flots de la mer dévonienne, voyait se former à ses dépens les conglomérats et les graviers du vieux grès rouge des Orcades. Plus tard encore, après le dépôt de la majeure partie du terrain houiller, alors que les vrais reptiles, jusqu'alors inconnus, allaient faire leur apparition, les sédiments précambriens, siluriens, dévoniens et carbonifériens subirent une énergique poussée, qui les releva en une chaîne large et impor-

tante, dont on retrouve les traces depuis TArmorique, parl'Ardenne, jusqu'à la Saxe et à la Bohême ; c'est la chaîne armoricaine et variscique de M. Suess, la chaîne hercynienne^ de M. Marcel Bertrand. Juste au même instant le bourrelet des Appalaches se dressait en Amérique contre le bord de l'ancien noyau archéen, tandis que la région située à l'ouest de l'emplacement actuel des Montagnes Rocheuses continuait à demeurer presque tout entière sous les eaux marines.

Continents carbonifériens. — A ce montent l'étendue des terres émergées, sur l'hémisphère boréal, s'est trouvée plus considérable qu'elle n'avait jamais été (fig. 128). En Europe, à part quelques lagunes difficiles à délimiter, la mer était absolument reléguée dans la région méditerranéenne, et elle ne s'épanouissait qu'à l'est, où un bras assez large dans le nord allait du Caucase à la mer Blanche. Toute l'Asie, au nord de la Perse et de l'Himalaya, a dû former alors un continent, que la mer contournait à l'est*, sans s'écarter beaucoup des limites actuelles de l'océan Pacifique. Le rivage de cette mer, par le Kamtchatka et la pointe de l'Alaska, devait venir rejoindre, en Amérique, àpeu près l'intersection du 55" parallèle avec le 120'' méridien ; puis, descendant vers le conQuent du Missouri et du Mississipi, il allait toucher la nouvelle chaîne appalachienne, pour se trouver rejeté au sud, vers la Floride, les Antilles et la Guyane.

Continent austral. — Mais le changement le plus remarquable est celui qui venait de s'accomplir dans les régions méridionales et australes. De l'Amérique du Sud, il n'y avait alors sous les eaux que la dépression des Amazones, le Pérou et une partie de la Bolivie. Si en Afrique la mer pouvait passer du Maroc au delta égyptien, et de là sur la Perse, tout le reste du continent noir était émergé, et cette émersion s'étendait à l'Arabie, à l'Hindoustan, à la presque totalité de l'Australie. D'ailleurs, la similitude des flores contemporaines autorise à croire qu'aucune mer ne passait alors entre l'Afrique et le Brésil. Ainsi non seulement l'ancienne bande continentale de l'hémisphère boréal s'était accrue au midi, et avait vu naître sur son prolongement la grande terre asiatique, mais un nouveau continent venait de s'individualiser au sud, embrassant près de detix cents degrés en longitude et capable de s'étendre en latitude sur 60 degrés. Séparé des terres boréales par un fossé

1. II importe de rappeler que le mot hercynien est souvent employé avec des acceptions très différentes. Beaucoup d'auleurs allemands en restreignent l'appliculion aux directions orographiques qui sont parallèles au Hartz. — 2. Celle indication est donnée sous la réserve des modifications que pourra nécessiter l'étude géologique, aujourd'hui à peine commencée, de TAsie septentrionale.

CONTINENTS CARBONIPERIENS

maritime sinon continu, du moins ne laissant s'établir que des communications temporaires ou précaires, fossé qui ne devait se

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fermer à l'Orient que beaucoup plus tard; enfin placé à cheval sur l'équateur et les tropiques, ce continent était destiné à demeurer

bien distinct, par sa faune et sa flore, des terres septentrionales, où régnaient de tout autres conditions physiques.

A cela ne s'est pas bornée la différence entre les deux groupes de terres. Le continent boréal s'était surtout formé par adjonction de nouvelles bandes, venant sans cesse s'appliquer, comme des ondes successives, contre le bord méridional, de plus en plus élargi, de l'ancien noyau archéen. Au contraire, dès sa naissance, le continent indo-africain^ soudé avec le Brésil (terre brésUio-éthiopienne de Neumayr), a possédé une remarquable stabilité, qui Ta rendu tout à fait impropre au ridement. Aucune chaîne de montagnes ne s'y est dressée. Seulement contre son bord occidental, la chaîne des Andes a fîni par faire naître un puissant mais étroit bourrelet, pendant qu'un autre s'appuyait, en Australie et en Nouvelle-Zélande, contre son bord oriental. Sur tout ce qui reste de sa surface, au Brésil comme en Afrique, il ne s'est plus développé depuis lors que des sédiments d'origine continentale, au dépôt desquels la mer n'a pris aucune part. L'horizontalité de ces dépots terrestres a été à peine troublée avec le temps, et l'érosion qui, à la longue, les a découpés en compartiments, a presque partout réussi à atteindre, sur les bords des lambeaux, leur substratum primaire ou cristallin.

Continents jurassiques. — Cependant l'unité du grand territoire austral ne devait pas être pour cela indéfiniment respectée. S'il n'est pas prouvé qu'aucune atteinte grave y ait été portée pendant les temps triasiques et la première partie des temps jurassiques, du moins, lorsque ces derniers ont pris fin, de larges brèches venaient de s'ouvrir, l'une entre le delta égyptien et la pointe de Madagascar (golfe éthiopien de Neumayr), une autre entre l'Arabie et l'Hindoustan (fig. 126). C'était le prélude de la dislocation du massif.

Pendant ce temps, la mer ne respectait plus en Europe que l'Ecosse, la Scandinavie, le Plateau Central et divers îlots échelonnés entre le Portugal, la Bohême et le Caucase; après quoi elle s'étendait largement sur la Russie orientale et la Perse, couvrant le Tibet, tandis qu'elle évitait la Chine et la Sibérie, sauf quelques échancrures marines aux embouchures de l'Ob, du Yeniséi et de la Lena. En somme, la dépression méditerranéenne s'était reconstituée et élargie, et au même moment une dépression analogue séparait les deux Amériques, entre le Mexique central et le Venezuela, tandis que le continent boréal continuait à s'étendre à travers l'Atlantique, de la Floride à la pointe de la

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