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DIVISIONS NATURELLES. PLISSEMENTS AMERICAINS

reconnu que TxVrabie, l'Hindoustan et l'Australie se rattachaient, par leur structure, à F Afrique équatoriale et australe, de sorte que • c'étaient en quelque sorte des appendices parasites, artificiellement soudés au continent asiatique, les géographes ont pris coutume de partager Tancien monde en deux parties : au nord YEtirasie, dont tout le bord méridional (comprenant TAtlas) est une zone de grands plissements modernes; et au sud Y Indo- Afrique.

Il nous paraît qu'il serait plus légitime de distinguer trois parties : au nord, les restes depuis longtemps aplanis de l'ancien continent boréal ou paléarctiqve, comprenant le nord des Iles Britanniques, la Scandinavie, toute la Russie et la majeure partie de la Sibérie; au centre, la zone des grands plissements pyrénéens et alpins, qui est en même temps celle de^ effondrements que nous appellerons méditerranéens; au sud, les restes morcelés du vieux plateau indo-africain.

De même, en Amérique, nous distinguerons l'ancien massif canadien, homologue de la Scandinavie, et qui, à toutes les époques géologiques, s'est avancé comme un coin vers le sud; puis la zone plissée, aux sédiments secondaires et tertiaires, qui fait tout le tour de ce massif, depuis l'Alaska jusqu'aux Appalaches, zone en avant de laquelle s'est produit l'efTondrement des Antilles, dont la limite sud est formée par les chaînes vénézuéliennes, prolongement des Andes, recourbé autour du noyau de la Guyane comme s'il allait rejoindre, sous l'Atlantique, l'Atlas marocain; enfin le massif stable du Brésil, ancienne dépendance de l'Afrique, contre lequel le bourrelet des Andes s'est collé, exactement comme les montagnes de la Nouvelle-Galles du Sud et de la Nouvelle-Zélande sont venues s'appliquer contre l'extrémité australienne du plateau indo-africian.

Plissements américains. — Il reste à justifier la continuité que nous admettons ici entre les Montagnes Rocheuses et les Appalaches, continuité que semble démentir la topographie si uniforme des plaines du Texas, par lesquelles s'ouvre comme une énorme brèche entre les chaînes atlantiques et la Cordillère des États-Unis. Or il est aujourd'hui prouvé que la condition montagneuse actuelle des Appalaches, en Amérique, tient à une série de cassures peu anciennes, qui ont, par le jeu mutuel des compartiments voisins, restitué en partie, sous forme de gradins successifs, le relief d'une très ancienne chaîne de même direction. Cette chaîne était née à l'époque carboniférienne et avait été complètement rabotée

depuis lors. Aujourd'hui la saillie des Appalaches s'atténue peu à peu au sud-ouest, et la montagne semble s'enfoncer progressivement sous les plaines de l'Alabama, sans qu'on puisse comprendre quelle raison détermine cette disparition.

Mais si, au lieu de s'attacher à la saillie orographique, on suit les plis que dessinent les courbes primaires disloquées, dont les tranches apparaissent, sous les dépôts superficiels, comme formant le fond de ces plaines, on voit que les plis ne s'interrompent pas avec la fin de la montagne. Us s'infléchissent peu à peu vers l'ouest, et on les retrouve encore bien marqués, dans le Territoire indien, allant sans doute rejoindre les anciennes rides des Montagnes Rocheuses, rides qu'un effort orogénique récent a en partie ressuscitées. Et ainsi renait aux yeux du géologue la chaîne de montagnes qui, vers la fin des temps primaires, encadrait la grande pointe continentale que formait déjà la terre américaine, au temps où presque tout ce qui dépasse les Montagnes Rocheuses vers l'ouest était pour longtemps encore sous les eaux marines.

Dans cette conception, la région des Antilles jouerait, par rapport aux deux Amériques, un rôle analogue à celui que joue la grande fosse méditerranéenne entre l'ancien continent boréal et la terre indo-africaine. Pour compléter cette analogie, on revoit, sur le bord de la dépression des Antilles, les mêmes calcaires crétacés à rudistes que dans la Méditerranée européenne, et tout récemment on vient de retrouver au Mexique cette formation nummulitique qui, des Pyrénées à l'archipel Malais, est la forme méditerranéenne du tertiaire inférieur.

Nous n'avons fait, dans tout ce qui précède, qu'effleurer en passant les grandes questions de la paléogéographie. Néanmoins nous croyons en avoir dit assez, d'abord pour montrer le puissant intérêt de ces études, ensuite pour fournir un cadre général aux considérations qui vont trouver leur développement dans la description de chaque région.

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